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En établissant son jugement
de l’autre sur la vérité
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Semaine 42 l jour du Omer 39
midda 39 l En établissant son jugement
de l’autre sur la vérité.
Inspirer la vérité à son prochain
Juger son prochain favorablement nécessite, comme nous
l’avons vu plus haut, d’avoir une certaine agilité d’esprit. Le
Saba de Kelm parle ainsi " d’esprit tordu ".
Le Tana de notre michna vient ici nous mettre en garde sur les
limites que ce jugement ne doit pas dépasser. Nous n’avons
pas l’obligation, lorsque nous jugeons notre prochain
favorablement, d’imaginer des circonstances atténuantes
complètement improbables, dénuées de tout réalisme. La
vérité doit nous guider dans notre jugement de l’autre. Sans
cela, on risque de déformer notre façon de réfléchir et cela
peut avoir des conséquences dramatiques sur notre limoud.
Il faut se préserver à tout prix de faire entrer des idées qui
ne soient pas Emet dans notre tête.
On enseigne, dans la Gemara Souccah (28a), que Rabbi Eliezer
avait témoigné sur lui-même qu’il n’avait jamais dit quoi
que ce soit qu’il n’ait pas entendu de la bouche de son Rav.
Pourtant, le traité Avot de Rabbi Natan (6:3) nous enseigne
que Rabbi Eliezer a fait descendre sur terre des paroles
qui n’ont jamais été entendues par aucune personne. S’il en
est ainsi, il a forcément délivré des enseignements qu’il n’a
pas entendus de son maître. Comment concilier ces deux
enseignements a priori contradictoires ?
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Le mouvement du Moussar l’explique ainsi. Il est évident que
Rabbi Eliezer a dévoilé des enseignements nouveaux qu’il
n’avait donc pu entendre de son maître. Toutefois, il ne l’a fait
qu’après avoir " tamisé " ses hidouchim et s’être assuré qu’ils
étaient parfaitement en accord avec les enseignements de
son maître. C’est aussi une des définitions de cette midda,
à savoir être capable d’établir sa réflexion toranique sur les
enseignements de son Rav.
Le Hatam Sofer avait une jolie expression, à l’égard de
ses élèves, pour illustrer cette midda : Je ne suis pas
regardant si vous rapportez mes Hidouchim en vos noms, mais je
le serai si vous rapportez vos Hidouchims en mon nom !
Obstacles à l’acquisition de cette midda
Notre réalité est souvent une grande illusion !
Étymologiquement, l’illusion vient du latin illudere : se
jouer de. Ce mot apparaît donc comme l’état de celui qui est
trompé (par lui-même ou par l’extérieur).
L’illusion est un voile qui filtre la réalité pour en faire
notre réalité. Les illusions représentent un mécanisme de
survie mis en place dès l’enfance, pour nous permettre de
supporter des événements trop douloureux ou pour vivre la
vie d’un autre. Vivre une illusion, c’est vivre un rêve éveillé.
A qui la faute ? La société du divertissement nous offre une
panoplie sans fin de moyens de s’échapper de la réalité pour
vivre des vies par procuration. Ce sont des millions de gens
qui passent des heures à jouer avec leurs consoles pour
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vivre la vie d’un hologramme sans foi ni loi ou de la dernière
doublure du meilleur footballeur du monde. L’industrie
cinématographique n’a jamais été aussi prolifique. La
télévision monopolise le cerveau de milliards d’individus
dans le monde avec ses programmes de télé-réalité. Notre
société est la plus formidable machine à produire des
scènes de vie qui n’en sont pas, sans parler "des amis made
in Facebook". Pourquoi sommes-nous si amateurs de ce
monde illusoire ?
La vraie vie est pourtant ce qui, par essence, peut procurer
les joies les plus merveilleuses. Imaginez un coucher de
soleil, le sourire de votre enfant, la neige qui tombe sur
votre visage. Rien ne vaut la vie !
Une des réponses que l’on peut apporter est que vivre sa
vraie vie est extrêmement responsabilisant. Cela nécessite
un engagement de chaque instant, où on ne peut pas être
passif. Or on a parfois peur de prendre ses responsabilités.
Tout notre travail consiste à devenir qui nous sommes
vraiment. Une des premières étapes, pour ce faire, est
de prendre conscience de ces illusions, de les voir et les
reconnaître. Ensuite, il s’agit de nous mettre en action pour
ne plus nous laisser leurrer par elles. Retrouver le choix
de nos actions nous demandera une certaine pratique qui
nécessite de la patience et de la persévérance.
Au lieu de voir les événements de votre vie comme vous les
imaginez, apprenez à les voir comme ils sont réellement.
Quand vous pourrez voir chaque chose comme elle est, vous
vous verrez également comme vous êtes.
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Un vrai adulte répond à la vie en anticipant les événements
et en faisant face aux situations, alors qu’un enfant est
plutôt dans la réaction. Tout ce que nous avons à faire est
de devenir conscient du monde réel. Devenir conscient,
c’est réaliser ce que l’on fait au moment où on le fait. Une
bonne façon de commencer à investiguer sur le chemin qui
mène vers soi serait de vous poser honnêtement la question
: suis-je vraiment heureux ? Cette simple question peut vous
amener à découvrir des schémas qui vous feront ouvrir
les yeux sur la valeur de la vie. Suis-je quelqu’un de emet.
Jusqu’où tiens-je mes engagements ?
Démasquez-vous ! Aussi pénible que cela paraisse, c’est la
meilleure façon d’être soi et d’atteindre notre véritable but
dans la vie.
Exercices pratiques
• Notez sur une feuille de papier toutes les étapes de
votre journée et analysez-les sous le spectre suivant :
étais-je moi-même ou non ?
• Prenez une personne avec qui vous êtes en froid et
voyez comment vous pourriez aujourd’hui la juger
positivement.
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