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Divorce en Islam : Tradition et Réforme

Le document traite du divorce en Islam, en particulier du Talaq, qui est une pratique traditionnelle permettant au mari de divorcer unilatéralement. Il examine les abus potentiels liés à cette pratique et les réformes législatives modernes, comme la Moudawana de 2004 au Maroc, qui visent à protéger les droits des femmes et des enfants tout en encadrant le processus de divorce. La recherche soulève la question de la conciliation entre les pratiques traditionnelles et les exigences juridiques contemporaines pour assurer une justice équitable.

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Divorce en Islam : Tradition et Réforme

Le document traite du divorce en Islam, en particulier du Talaq, qui est une pratique traditionnelle permettant au mari de divorcer unilatéralement. Il examine les abus potentiels liés à cette pratique et les réformes législatives modernes, comme la Moudawana de 2004 au Maroc, qui visent à protéger les droits des femmes et des enfants tout en encadrant le processus de divorce. La recherche soulève la question de la conciliation entre les pratiques traditionnelles et les exigences juridiques contemporaines pour assurer une justice équitable.

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Le divorce entre

expression et
consécration

Présenté par : aya el houachi

Encadré par : PROF HILALI Mohamed

Année scolaire : 2024 – 2025


1
2
1
REMERCIEMENT

Tout d'abord, je remercie Dieu, le Tout-Puissant et Miséricordieux, qui m'adonné la


force et la patience d'accomplir ce modeste travail. En second lieu, jetiens à exprimer
ma profonde gratitude à toutes les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à
la réalisation de cet exposé .Je remercie chaleureusement, Monsieur HILALI
Mohamed , pour son encadrement, sa disponibilité et ses précieux conseilstout au
long de ce travail. Son expertise et sa patience ont été inestimables pour la
concrétisation de ce projet.

INTODUCTION

Le divorce, en Islam, est «l'acte licite le plus détesté d Allah» Le divorce a toujours été un
sujet central dans les débats sociaux et juridiques, situé à l’intersection entre des pratiques
culturelles anciennes et des exigences légales contemporaines. Dans les sociétés
musulmanes, et particulièrement au Maroc, le divorce verbal, comme le Talaq, représente
une tradition profondément enracinée, alors que les réformes législatives modernes, telles
que la Moudawana de 2004, cherchent à encadrer ce processus afin de protéger les droits
des individus impliqués. Cette situation soulève une question clé : comment allier les formes
traditionnelles de divorce avec les exigences des systèmes juridiques modernes pour
garantir une justice équitable ?
firmait Montesquieu : « Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. » Ainsi, la
pertinence de ce sujet réside dans sa capacité à interroger les cadres juridiques actuels et
leur adaptation à un contexte socioculturel évolutif.

Problématique : Comment concilier les pratiques traditionnelles du Talaq en droit


musulman, qui confèrent au mari un pouvoir unilatéral dans la rupture du mariage, avec
l’encadrement juridique moderne instauré par la Moudawana, visant à protéger les droits des
femmes et des enfants et à garantir une procédure équitable de divorce ?
Pour répondre à cette problématique, cette recherche s’articulera en deux axes :Dans une
première partie, le divorce sera analysé comme une pratique ancrée dans la tradition
islamique, en détaillant le Talaq en droit musulman et ses conséquences sociales et
pratiques. Puis, dans une deuxième partie, la consécration juridique de cette pratique sera
étudiée à travers la Moudawana, en mettant en lumière les dispositions légales qui régissent
le divorce et les objectifs poursuivis par cet encadrement juridique.

2
PLAN

I. Le divorce comme expression : une pratique ancrée dans la


tradition islamique
A. Le Talaq en droit musulman
•Origine et fondement religieux du Talaq : droit du mari de rompre l’union par
une déclaration verbale.
• Les conditions légales du Talaq dans la Charia : intention,
consentement, absence de contrainte.

B. Les conséquences sociales et pratiques du Talaq verbal

• Abus liés à la pratique du Talaq unilatéral (divorces répétés ou


impulsifs).
• Les injustices potentielles envers les femmes et les enfants.
II. La consécration juridique : encadrement du divorce par la Moudawana

A. Les dispositions légales régissant le divorce

•Articles 79 à 93 de la Moudawana : rôle central du tribunal dans l’homologation du


divorce.
•Obligation de présenter une demande écrite et de respecter une procédure
judiciaire.

B. Les objectifs de cet encadrement


•Prévenir les abus et protéger les droits des femmes et des enfants.
•Garantir un processus équitable, incluant la réconciliation et la médiation.

3
I-Le divorce comme expression : une pratique
ancrée dans la tradition islamique

Le divorce dans le droit musulman repose sur des principes religieux et une pratique
ancienne, qui ont évolué au fil du temps tout en restant fondés sur la tradition
islamique.
A. Le Talaq en droit musulman
Le Talaq est un divorce unilatéral prononcé par le mari, fondé sur les préceptes du
Coran et de la Sunna, et qui impose des conditions spécifiques pour être valide.
• Origine et fondement religieux du Talaq : droit du mari de rompre l’union
par une déclaration verbale.
Le Talaq en droit musulman est une forme de divorce unilatéral qui permet au mari
de rompre le mariage par une déclaration verbale. Ce mécanisme est fondé sur les
préceptes du Coran et de la Sunna (les traditions du Prophète Mohammed):La
survenue d'un divorce oral qui remplit ses piliers et ses conditions, et est prononcé
par le mari en vertu de sa capacité et de sa volonté consciente, et avec les termes
juridiques qui indiquent le divorce, et c'est ce sur quoi les musulmans se sont
installés depuis l'époque du Prophète - que Dieu le bénisse et lui accorde la paix -
jusqu'à nos jours, sans exiger de témoignage ou de documentation.
en particulier sur le verset du Coran dans la sourate Al-Baqarah (229):
“ ‫ٱل َّط َل ٰـ ُق َم َّر َتا ِۖن َف ِإ ْم َسا ٌۢك ِب َم ْع ُرو ٍف َأ ْو َت ْس ِري ٌۢح ِب ِإ ْح َس ٰـ ٍۗن َو َلا َي ِح ُّل َل ُك ْم َأن َت ْأ ُخ ُذو۟ا ِم َّم ٓا َءا َت ْي ُت ُمو ُه َّن َش ْي ًٔـا ِإ َّل ٓا َأن َي َخا َف ٓا َأ َّلا ُي ِقي َما ُح ُدو َد ٱل َّل ِۖه َف ِإ ْن ِخ ْف ُت ْم َأ َّلا ُي ِقي َما‬
‫” ُح ُدو َد ٱل َّل ِه َف َلا ُج َنا َح َع َل ْي ِه َما ِفي َما ٱ ْف َت َد ْت ِب ِه ۗۦ ِت ْل َك ُح ُدو ُد ٱل َّل ِه َف َلا َت ْع َت ُدو َه ۚا َو َمن َي َت َع َّد ُح ُدو َد ٱل َّل ِه َف ُأ ۟و َل ٰٓـ ِئ َك ُه ُم ٱل َّظ ٰـ ِل ُمو َن‬1
“le divorce est permis deux fois, après quoi, ou bien ils se réconcilient, ou bien, si le
divorce se répète, le mari doit permettre à son épouse de repartir chez ses parents”.
Le Talaq est le droit exclusif du mari, et sa procédure implique plusieurs étapes :
1. Déclaration verbale : Le mari prononce la formule de divorce (“Talaq”)
de manière claire et sans ambiguïté, généralement à trois reprises, bien que le
divorce puisse être effectif après une seule déclaration, selon l’école juridique.
2. Iddah : Après le prononcé du divorce, la femme doit observer une
période de iddah (attente), durant laquelle elle ne peut pas se remarier. Cette
période permet de vérifier qu’il n’y a pas de grossesse et de réfléchir à la
réconciliation ou à la séparation définitive.
3. Possibilité de réconciliation : Si le mari prononce le Talaq une ou
deux fois, la réconciliation est encore possible, mais si le Talaq est prononcé trois

1
la sourate Al-Baqarah (229)

4
fois, le divorce devient final, et la femme doit attendre la fin de son iddah avant de se
remarier, même avec un autre homme, si elle le souhaite.
Droit comparé sur le Talaq verbal

Dans plusieurs pays musulmans, des réformes encadrent le Talaq verbal pour limiter
les abus :
1.Égypte :Depuis 1929, la loi exige des témoins ou une preuve écrite pour
reconnaître le Talaq juridiquement. En 2000, le Khula permet aux femmes de
demander le divorce.2
[Link] : Depuis 1956, seul un tribunal peut prononcer un divorce,
interdisant le Talaq verbal.
[Link] : Le Talaq verbal est valide, mais soumis à l’approbation d’un
tribunal religieux.
[Link] : Le Triple Talaq verbal a été interdit en 2019 comme pratique
discriminatoire.
[Link] : La Moudawana (2004) impose une validation judiciaire pour tout
divorce, avec tentative de réconciliation.
Analyse
Les réformes visent à protéger les femmes et les enfants, en réduisant les divorces
impulsifs et injustes, tout en conciliant droit religieux et justice sociale.
Dans la Charia, le Talaq (divorce) est encadré par des conditions légales spécifiques
pour garantir qu’il soit valide et conforme aux principes islamiques. Ces conditions
sont les suivantes :
• Les conditions légales du Talaq dans la Charia : intention,
consentement, absence de contrainte.
1. L’intention (Niyyah)
• Le Talaq doit être prononcé avec une intention claire et consciente de mettre
fin au mariage.
• L’homme doit être en pleine possession de ses facultés mentales et ne pas
agir sous le coup de l’impulsivité ou de la colère extrême.
• Si le Talaq est prononcé par erreur, par plaisanterie, ou dans un état de
confusion mentale (maladie mentale ou intoxication), il peut être considéré comme
invalide, selon certaines écoles juridiques.
2. Le consentement libre et éclairé
• Le Talaq doit être prononcé librement, sans coercition ni pression extérieure.

2
Égypte : Loi n°25 de 1929 sur les dispositions personnelles et réformes introduites en 2000 (Khula).

5
• Si le mari est contraint par une tierce partie ou menacé, le Talaq peut être
annulé, car il ne respecte pas le principe du libre arbitre.
3. L’absence de contrainte
• Le mari doit être exempt de toute contrainte physique ou morale lorsqu’il
prononce le Talaq.
• La contrainte ou l’intimidation est contraire aux enseignements de l’Islam, qui
exigent que toute action juridique soit prise de manière volontaire.
4. Conditions supplémentaires
• Période de pureté (Tuhur) : Le Talaq doit être prononcé en dehors de la
période de menstruation de l’épouse, afin d’éviter toute décision hâtive liée à des
conflits momentanés.
• Absence de relations conjugales récentes : Si le Talaq est prononcé pendant
une période où des relations conjugales ont eu lieu, il peut être invalidé, selon
certaines interprétations.
• Formulation claire : Le Talaq doit être exprimé de manière explicite, dans des
termes clairs et compréhensibles. Les formulations ambiguës peuvent entraîner des
désaccords quant à la validité du divorce.3
B. Les conséquences sociales et pratiques du Talaq verbal
Le Talaq verbal, qui permet au mari de prononcer un divorce par une simple
déclaration, peut entraîner des conséquences sociales et pratiques significatives,
notamment lorsqu’il est utilisé de manière abusive ou impulsive.
• Abus liés à la pratique du Talaq unilatéral
Divorces répétés ou impulsifs :
 Dans certaines cultures, le Talaq est prononcé sans réflexion ni considération
des impacts sur la famille.
 Certains maris utilisent le Talaq comme un moyen de pression ou de
chantage, ce qui dénature le principe de justice et d’équité promu par la
Charia.
 Le divorce impulsif, souvent fait sous le coup de la colère ou de l’émotion,
peut être regretté par le mari, mais peut causer des dommages irréversibles,
notamment après la prononciation du troisième Talaq qui rend la réconciliation
impossible sans passer par le mariage avec un autre homme (Halala).
 Incohérence dans l’application :
L’absence de témoins ou de document officiel peut rendre difficile la
vérification de la validité du divorce, conduisant à des litiges et à des
malentendus entre les parties.

•Les injustices potentielles envers les femmes et les enfants


3
Maroc : Moudawana, Dahir n° 1-04-22 du 3 février 2004 portant promulgation du Code de la famille.

6
Vulnérabilité des femmes :
•Le Talaq verbal, lorsqu’il est exercé unilatéralement, peut laisser les femmes
dans une situation de précarité sociale et économique, surtout si elles n’ont pas de
soutien familial ou financier.
•Les femmes peuvent être abandonnées sans recours, en particulier dans les
cas où le mari refuse de fournir une pension ou de respecter les droits post-divorce
(comme la période d’attente ou le Nafaqah – l’entretien financier).
Impact sur les enfants :
•Les divorces impulsifs ou abusifs créent souvent un environnement instable
pour les enfants. Ils peuvent souffrir psychologiquement d’un manque de stabilité
familiale et financière.
•Les enfants issus de ces unions risquent également d’être privés de leurs
droits, comme l’accès à une éducation de qualité ou à un environnement équilibré.
Marginalisation des femmes divorcées :
•Dans certaines sociétés, les femmes divorcées sont stigmatisées, ce qui
limite leurs opportunités de se remarier ou de subvenir à leurs besoins.
•La pratique abusive du Talaq peut également renforcer des stéréotypes de
domination masculine injuste, contraire à l’esprit d’égalité et de protection prôné par
l’Islam.

II. La consécration juridique : encadrement du


divorce par la Moudawana

A. Les dispositions légales régissant le divorce


La Moudawana (Code de la famille marocain) consacre des règles spécifiques visant
à encadrer le divorce afin d'assurer un équilibre entre les droits des parties et de
protéger les plus vulnérables. Les articles 79 à 93 du Code établissent un cadre
juridique strict autour de la procédure :
Rôle central du tribunal : La Moudawana confie au tribunal un rôle primordial dans
l’homologation du divorce. Toute rupture du lien matrimonial doit être validée par une
autorité judiciaire, ce qui empêche les divorces unilatéraux sans contrôle.
L’article 80 du Code de la famille marocain (Moudawana) dispose :“Le demandeur
du divorce doit présenter une demande en ce sens au tribunal compétent, qui tente

7
la réconciliation des époux. Si cette tentative échoue, le tribunal autorise le divorce et
fixe les droits et obligations qui en découlent.”4

Procédure judiciaire obligatoire :selon Article 81 du Code de la famille marocain :


“Le divorce ne peut être prononcé que par le juge, après avoir entendu les
parties et après une tentative de conciliation entre elles. En cas d’échec de la
conciliation, le juge prononce le divorce conformément aux règles légales.” 5Le
conjoint souhaitant divorcer est tenu de déposer une demande écrite auprès du
tribunal compétent.
Le processus inclut une série d'étapes procédurales visant à examiner les raisons du
divorce et à garantir le respect des droits des deux parties.
Ces dispositions assurent que le divorce ne soit pas laissé à la seule initiative privée,
ce qui pourrait engendrer des abus ou des injustices.
B. Les objectifs de cet encadrement
Le législateur marocain, en encadrant strictement le divorce, poursuit plusieurs
objectifs sociaux et juridiques :
Prévention des abus :L'obligation de passer par le tribunal vise à prévenir les abus
liés à des pratiques traditionnelles ou patriarcales. Cela protège particulièrement les
droits des femmes et des enfants, qui sont souvent les parties les plus vulnérables
dans de telles situations.
Protection des droits familiaux :La procédure garantit le respect des droits
financiers, comme la pension alimentaire et la garde des enfants.
Les femmes, en particulier, bénéficient d’une protection juridique contre les formes
arbitraires de rupture.
Promotion de la réconciliation :
La Moudawana encourage la réconciliation entre les époux avant de valider la
décision de divorce. Le tribunal peut ainsi proposer des solutions alternatives ou
orienter les parties vers une médiation.
Équité et transparence :
L’intervention judiciaire garantit un processus impartial, équilibré, et conforme à la loi,
protégeant ainsi les intérêts de toutes les parties impliquées.
En somme, l'encadrement juridique instauré par la Moudawana constitue un outil
fondamental pour réguler les divorces, réduire les inégalités de traitement et
promouvoir la stabilité sociale.

4
Code de la famille marocain, article 80, Loi n° 70-03 promulguée par le dahir n° 1-04-22 du 3 février
2004, Bulletin officiel n° 5173 du 14 février 2004.
5
Code de la famille marocain, article 81, Loi n° 70-03 promulguée par le dahir n° 1-04-22 du 3 février
2004, Bulletin officiel n° 5173 du 14 février 2004.

8
Pour illustrer l’application concrète de ces principes , il est essentiel de se
référer à la jurisprudence, qui, à travers ses arrêts, éclaire la pratique du droit
et en précise les contours :
-Arrêt de la Cour de Cassation marocaine n° 57/2006 (3 mai 2006)6
Cet arrêt met en lumière le rôle du tribunal dans l'homologation du divorce
conformément aux articles 79 à 93 de la Moudawana.
Faits :
Un mari a procédé à un divorce unilatéral sans recourir au tribunal ni respecter les
procédures prévues par la Moudawana. L'épouse a contesté cette décision en
invoquant l'illégalité de l'acte, car aucune demande écrite n'avait été soumise au
tribunal, ni aucune tentative de réconciliation organisée.
Décision :
La Cour de Cassation a annulé la procédure de divorce initiée par le mari, soulignant
que la Moudawana impose :
L’intervention obligatoire du tribunal pour valider toute décision de divorce.
Le respect des droits des parties, notamment des femmes et des enfants, par des
mécanismes de médiation et de réconciliation prévus par la loi.
L’obligation de suivre une procédure écrite et formalisée, faute de quoi l'acte de
divorce est nul.
Analyse juridique :
Cet arrêt réaffirme la portée impérative des articles 79 à 93 de la Moudawana, qui
visent à :
Prévenir les abus potentiels du droit de divorce unilatéral, en le soumettant au
contrôle judiciaire.
Protéger les intérêts des enfants et des femmes, souvent les plus vulnérables lors de
conflits familiaux.
Instaurer un équilibre entre les droits des deux parties grâce à des procédures
comme la médiation et la réconciliation.
-Arrêt de la Cour de Cassation marocaine n° 139/2007 (4 avril 2007)7
Faits :
Dans cette affaire, une épouse a saisi le tribunal pour contester un divorce prononcé
par le mari, arguant qu'il n’avait pas respecté les étapes obligatoires prévues par la
Moudawana, notamment l’obligation de présenter une demande judiciaire écrite et de
passer par une phase de réconciliation supervisée par le tribunal.
Décision :
6
Arrêt de la Cour de Cassation marocaine n° 57/2006 (3 mai 2006)
7
Arrêt de la Cour de Cassation marocaine n° 57/2006 (3 mai 2006)

9
La Cour de Cassation a annulé le divorce et rappelé :
Le rôle central du tribunal dans toute procédure de divorce, conformément à l’article
79 de la Moudawana.
L’exigence impérative de convoquer les deux parties pour tenter une réconciliation
avant de prononcer le divorce, en application de l’article 81.
L’importance de protéger les droits de l’épouse et des enfants, en veillant au respect
des procédures légales.
Motifs de la décision :
La Cour a jugé que le divorce unilatéral sans intervention judiciaire est contraire aux
principes fondamentaux de la Moudawana, qui visent à :
Garantir l’équité entre les parties.
Protéger les droits des femmes, souvent lésées par des procédures non conformes.
Mettre en place un cadre légal pour prévenir les abus en soumettant le divorce au
contrôle judiciaire.
Analyse :
Cet arrêt souligne que la Moudawana ne reconnaît pas de validité juridique à un
divorce prononcé sans respecter la procédure formelle imposée par les articles 79 à
93. Il met également en lumière l’objectif de la loi de privilégier la médiation et la
réconciliation dans l’intérêt des parties, notamment des enfants.

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages
-Badran, M. (2008). Feminism in Islam: Secular and Religious Convergences. Oxford
University Press.
-Khan, M. A. (2015). Islamic Family Law in a Changing World. Cambridge University
Press.
-Zaki, M. (2011). Le Code de la famille marocain : Une réforme pour l’équité. Editions
Dar Al-Kutub.
-.El Amrani, A. (2015). La Moudawana : Une analyse juridique et sociale des
réformes du droit de la famille au Maroc. Editions Le Fennec.

Thèses
-Ahmed, N. (2020). The Legal and Social Consequences of Talaq in Contemporary -
Muslim Societies. PhD Thesis, University of London.

10
-Bouzidi, N. (2017). Le Divorce dans la Moudawana : Enjeux juridiques et sociaux.
Thèse de doctorat, Université Mohammed V, Rabat.
Articles
-Farooq, M. (2019). "The Reform of Talaq in Modern Islamic Jurisprudence." Journal
of Islamic Law and Society, 31(3), 246-265.
-Othman, A. (2017). "Talaq and Its Legal Consequences in Contemporary Islamic
Law." Islamic Law and Society Review, 45(1), 51-72.
-El Khatib, H. (2010). "L’impact de la Moudawana sur les droits des femmes en cas
de divorce." Revue Marocaine de Droit et de Sciences Sociales, 22(3), 45-61.
-Ben Ali, F. (2013). "Les objectifs sociaux de la Moudawana : Une vision d’avenir
pour le divorce au Maroc." Journal of Moroccan Legal Studies, 15(2), 120-138.
Autres sources
-Moudawana, Dahir n° 1-04-22 du 3 février 2004 portant promulgation du Code de la
famille
-Égypte : Loi n°25 de 1929 sur les dispositions personnelles et réformes introduites
en 2000 (Khula
- Arrêt de la Cour de Cassation marocaine n° 57/2006 (3 mai 2006)
-Arrêt de la Cour de Cassation marocaine n° 57/2006 (3 mai 2006)

11

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