Gestion des flux énergétiques photovoltaïques
Gestion des flux énergétiques photovoltaïques
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THESE
par
YANN RIFFONNEAU
Le 23 octobre 2009
Titre :
JURY
Cher lecteur,
La partie que tu t’apprêtes à lire est sans doute la plus difficile à écrire, car la plus
personnelle. A l’heure où j’entame cet avant propos, le manuscrit de thèse a été entièrement
rédigé et validé par les rapporteurs, et la thèse a été soutenue voilà maintenant plus d’une
semaine. J’ai donc une totale liberté pour exprimer mes pensées, mes impressions et les émotions
et que j’ai ressenties pendant cette thèse mais aussi tout au long du parcours que j’ai suivi pour
atteindre ce stade. Outre l’ensemble de mes sentiments, cet avant propos contient également tous
les remerciements que je souhaite adresser aux personnes envers lesquelles je serai toujours
reconnaissant.
Comment ne pas conclure ce manuscrit, qui représente la fin de mes études, sans me
remémorer le commencement de mon cycle scolaire ?
Le début de mon parcours fut relativement laborieux. L’école primaire fut très difficile et je
profite de cet avant propos pour contredire mon instituteur de CM2 qui avait insisté auprès de
mes parents sur le fait que je ne ferai jamais de longues études. Comme quoi, l’opinion d’un
instituteur peut parfois être faussée, et j’espère que mon cas lui permettra de donner un sens à
l’expression « ne jamais dire jamais ». C’est au collège que j’ai découvert les mathématiques et la
physique et que j’ai décidé de m’orienter dans cette filière pendant le lycée, au dépend de ma
seconde langue, l’Allemand. C’est après le bac qu’apparaît une anecdote assez intéressante quand
on connaît la fin de mon parcours. Ne sachant pas clairement comment m’orienter, je me suis
inscrit à l’IUT Génie Électrique et Informatique Industriel de Tours, ma ville natale. Cependant,
après la visite de l’IUT pendant les journées portes ouvertes, l’ambiance et l’atmosphère me
rappelant de mauvais souvenirs de lycée et me mettant mal à l’aise, j’ai radicalement décidé de
ne pas suivre le cursus de génie électrique. Je garderai une mauvaise image de ce domaine
pendant toutes mes études, et j’irai même jusqu'à me jurer de ne pas travailler dans ce milieu !
Suite à ma décision, j’ai choisi le cursus universitaire. J’ai obtenu mon DEUG de « Science de
la Matière » à l’université François Rabelais (Tours), pendant lequel je découvre les « vraies »
mathématiques et confirme mon attirance pour la physique. J’en profite pour remercier le
2 Avant propos
Est ensuite venue l’envie de partir à l’étranger, de découvrir une autre culture et d’en profiter
pour quitter le cocon familial. Je désirai faire une licence de physique dans un pays anglophone
mais j’appris que les relations internationales de l’Université François Rabelais n’avaient aucun
contact dans le domaine. Mon seul moyen de partir était de créer une relation avec une
université étrangère dans le domaine de la physique. Ainsi, je remercie Jean-Claude SAURET, le
directeur du département de physique de l’université de Tours, et plus particulièrement le
professeur Claude BARABES pour avoir accepté de créer un échange avec l’université de Dublin
en Irlande. Grâce à ces deux personnes, et au professeur Peter HOGAN de UCD (University
College Dublin), nous avons mis en place le premier échange international en physique de
l’université François Rabelais. Cela m’a permis de passer une année scolaire à Dublin, en licence
de physique à UCD. Cette année là fut extrêmement riche en émotion et en apprentissage, et se
révèle comme une période clé dans ma vie. J’ai appris une manière différente de penser, autant
au niveau scientifique que social, et je me suis imprégné d’une autre culture que j’ai adoptée avec
grand plaisir et qui fait maintenant partie de moi. Pour cela, je suis tout d’abord très
reconnaissant à l’ensemble des membres de « UCD Mountaineering Club » de l’année 2003-2004.
Ne pouvant citer tous les membres, je me permets de nommer John Ross MACMAHON, Mark
CLEARY et Niall LEHANE avec qui j’ai partagé de très bons moments et qui sont devenus des
amis importants. C’est grâce à ces personnes que j’ai découvert les plaisirs de la montagne (et
oui, en Irlande c’est possible !), ce qui a influencé mon choix de la région Rhône-Alpes pour la
suite de mes études. Je remercie également les élèves de la promotion 2003-2004 du cursus «
Applied physic », notamment Brian et Kelly qui m’ont accueilli à bras ouverts et ont facilité mon
intégration à l’université. Évidement, il reste mes colocataires de l’époque, Ulli, Peter, Owen,
David et Steven. Toutes ces personnes ont participé à mon épanouissement personnel sans lequel
je ne serai pas arrivé à ce stade aujourd’hui.
C’est également pendant cette année à Dublin que j’ai décidé de modifier mon cursus
universitaire, initialement tout tracé dans la physique fondamentale. L’envie de travailler sur
l’énergie photovoltaïque (que je ne connaissais presque pas à l’époque) m’est apparue pendant le
cours de physique des matériaux du professeur Luis Leon Vintro que je remercie au passage.
Depuis, je suis toujours resté fasciné par le concept de créer de l’électricité à partir de la lumière.
J’ai également choisi de quitter la physique fondamentale en observant mes professeurs.
Avant propos 3
Messieurs (et très rarement Mesdames), j’ai le regret de vous annoncer que votre trop grande
passion pour la physique (mais cela est aussi vrai pour les autres matières) se traduit par un
comportement et une philosophie de vie qui, souvent, n’incite pas à copier votre exemple. D’après
mes interprétations personnelles, un niveau avancé dans la recherche fondamentale nécessite
une implication tellement importante que cela prend, à mon goût, trop de place dans l’esprit et la
vie d’une personne. Je me permets de féliciter ceux qui se sentent concernés, car je ne les critique
pas mais au contraire, les admire.
Après toutes ces réflexions, j’ai décidé de suivre un Master (et oui, c’est l’année du changement
du cursus universitaire en LMD) intitulé VERDEC (Valorisation des Énergie Renouvelables et
des DEChets) à l’université de Savoie à Chambéry. Cette formation a modifié ma vision du
monde grâce à une forte sensibilisation à la politique énergétique et ses conséquences,
particulièrement sur l’environnement. Je remercie tous les professeurs de cette formation qui,
malgré un enseignement parfois un peu extrémiste qui m’a influencé, m’ont transmis leurs
motivations et leurs envies de s’impliquer, comme chacun le peut, à l’élaboration d’un monde
meilleur. Ce master a également été très riche au niveau personnel, et je suis fier des personnes
que j’y ai rencontrées. Je parle, bien évidement, de tous les élèves de la promotion des deux
années de master entre 2004 et 2006. Je citerai ceux qui sont devenus des amis proches, c'est-à-
dire Lucie, Bénédicte, Cédric, Nicolas, Aurélien et Franck (malgré tout !). Un remerciement
particulier à Sébastien KRAFT et Audrey COHADE qui m’ont beaucoup aidé et soutenu pendant
les moments difficiles, et continuent encore. Vous faites presque partie de la famille !
Mon goût pour la recherche, influencé par mon cursus universitaire initial, et mon envie de
participer au développement de la filière photovoltaïque sont les principaux facteurs qui m’ont
poussé à faire un doctorat. La naissance de l’INES sur le site de Savoie Technolac en 2006 fût
l’opportunité idéale pour m’intégrer dans le domaine de l’énergie solaire. Après avoir effectué
mon stage de master dans les locaux encore vides de l’INES, j’obtiens une bourse de l’ADEME et
un co-financement du CEA/INES pour effectuer une thèse en collaboration avec le G2Elab. Ainsi,
je remercie l’ADEME pour son soutien financier et son implication dans les énergies
renouvelables, l’environnement et la maîtrise de l’énergie. Je remercie également Eric PEIRANO
et plus récemment Stéphane BISCIGLIA pour avoir représenté la partie technique de l’ADEME
et suivi mes rapports bi-annuels. Merci également à Eliane JANOT et Valérie PINEAU pour
leurs aides et leur support administratif à l’ADEME. Un remerciement aussi au CEA pour son
co-financement et pour m’avoir accepté pour ce travail.
Voici donc venu le temps des sentiments et des remerciements concernant les trois années de
thèse concrétisées par ce manuscrit. Il faut admettre que la première année fut relativement
4 Avant propos
Mes recherches ont commencé à prendre un sens avec l’arrivé de Franck BARRUEL et son
affiliation en tant que co-encadrant. Franck, un grand merci pour tout ce que tu as fait pour moi.
Merci de m’avoir supporté pendant deux ans et demi, d’avoir passé du temps à lire, corriger et
essayer de comprendre mes idées, mes rapports et mes envies avec tout le mal que j’ai à
m’exprimer. Merci de ne jamais avoir « lâché le morceau » et de m’avoir poussé vers l’avant. Et
surtout, merci pour ton soutien pendant la période la plus difficile que j’ai eu à vivre, sans lequel
tout aurait pu s’arrêter. Je te serai toujours reconnaissant de ne pas m’avoir jugé pour ce qui
s’est passé. Merci de m’avoir aidé et encouragé à continuer. Et enfin, merci d’y avoir cru. J’espère
ne pas t’avoir déçu.
Cette thèse n’aurait jamais vu le jour et n’aurait jamais abouti sans un directeur de thèse
aussi formidable que Seddik BACHA. Cher Seddik, tu m’as accueilli à bras ouvert au moment où
j’en avais le plus besoin. Tu as accepté de me prendre en charge et de m’intégrer dans l’équipe
SYREL du G2Elab. Grâce à toi j’ai repris goût à mon travail et confiance en moi. Tu m’as redirigé
pour que je trouve le chemin qui est le mien. Tu m’as énormément apporté, d’un point de vue
scientifique bien sûr, mais encore plus d’un point de vue humain. Tu es tellement chaleureux,
enthousiaste et bon vivant que tu transmets la bonne humeur autour de toi. Je suis content des
moments que nous avons passés ensemble et je suis fier d’être aller en Kabylie, ta région natale,
avec toi. Tu m’as fais découvrir ton pays, tes amis et ta façon de penser. Tu as participé à mon
ouverture d’esprit et tu as eu un rôle important dans mon épanouissement personnel tout au long
de ces années. Je ne pouvais pas rêver mieux comme directeur de thèse. Seddik, merci pour ça, je
n’oublierai pas. Et surtout, j’espère que l’on vivra encore de belles choses ensemble dans l’avenir.
J’ai passé environ la moitié du temps de la thèse dans les locaux de l’INES, sur le site de
Savoie Technolac au Bourget du Lac. Je souhaite particulièrement remercier les personnes qui,
plus que des collègues, sont devenues de véritables amis. Je parle de Virginie RENZI, Julien
KHOLER, Kelli MAMADOU et Séverine BAILLY. Vous m’avez soutenu dans tous les moments
difficiles, même les plus délicats. Vous m’avez énormément aidé à avancer et à y croire pour aller
Avant propos 5
au bout. J’ai passé d’excellents moments avec vous et je compte bien que cela continue. Merci à
vous.
professionnelles ou non. Vous m’avez transmis votre inépuisable dynamisme et votre joie de
vivre. Avec vous, je n’avais aucune raison de m’inquiéter. Je vous remercie pour tous les conseils
que vous m’avez donnés. J’ai vécu des instants merveilleux et très intenses avec vous. Surtout ne
changez pas. Même si nous allons êtres séparés, nous nous retrouverons car c’est évident.
Sincèrement, je ne vous remercierai jamais assez. Je remercie également le reste de la
communauté Colombienne de Grenoble (Diana, Johana, Maylin, Claudia et Claudia, John…)
pour tout l’aide qu’elle m’a apporté et les inoubliables moments passés ensemble.
Pour clore cette autobiographie sur mon cursus scolaire, je tiens à remercier les personnes qui
ont pris le temps d’étudier mon travail et qui ont autorisé à conclure ce parcours par la
soutenance de thèse. Je parle évidement du jury de thèse. Ainsi, je remercie le professeur
Cristian NICHITA pour avoir accepté de présider ce jury et être rapporteur de ce travail. Merci
au professeur Bernard MULTON pour sa forte implication dans son rôle de rapporteur et dans la
pertinence de ses remarques qui m’ont permis d’améliorer mon travail. Merci à Stéphane PLOIX
et Jean-Pierre JOLY pour avoir accepté de faire partie de ce jury. J’étais honoré de la présence de
chacun d’entre vous pendant la soutenance de cette thèse.
Jusqu'à présent, je n’ai parlé que mon parcours scolaire, mais il est évident que je ne serai pas
rendu à écrire l’avant propos d’une thèse de doctorat sans la rencontre avec d’autres personnes
en dehors de mes études.
Je souhaite offrir un grand remerciement à Jérémie GAUTHIER qui n’est malheureusement
plus de ce monde pour le recevoir. J’ai passé toute mon adolescence avec lui et je n’ai que de bons
souvenirs. Grâce à lui j’ai découvert beaucoup de choses, et je ne le remercierai jamais assez pour
son humour, son imagination et ses réflexions, ainsi que pour tout le soutien et l’aide qu’il m’a
donnés.
Merci à mes amis d’enfance Mathieu ROULET et Mathieu CHAIGNEAU avec qui j’ai partagé
des voyages et des moments inoubliables. On se connaît depuis toujours et, au travers tout ce que
l’on a partagé, vous m’avez beaucoup aidé à faire un choix au moment des décisions importantes.
Je voudrais enfin remercier toutes les personnes avec qui j’ai partagé mes passions. Je vais
commencer par le club de gymnastique de Saint Pierre des Corps, et plus particulièrement
Olivier et Stéphanie KERO ainsi que Franck et Stéphanie AVERTI. Vous avez façonné toute ma
jeunesse et sans vous j’aurais sûrement pris d’autres directions. Vous êtes presque une deuxième
famille. Également un grand merci aux clubs et aux équipes masculines de gymnastique de
Chambéry et de Grenoble. J’ai toujours été très chaleureusement accueilli et facilement intégré.
J’ai rencontré des gens de milieux totalement différents, ce qui m’a permis de prendre du recul,
de voir les choses autrement et d’oublier tous les soucis quotidiens. Merci à vous tous qui
Avant propos 7
contribuez à maintenir une très bonne ambiance dans ce sport. Je n’oublierai pas non plus toutes
les personnes avec qui j’ai partagé mon amour pour la musique. Merci aux musiciens avec qui j’ai
joué et partagé la scène à Tours, Chambéry et Grenoble. Une considération particulière à Ewen
GÜR avec qui j’ai toujours pris un grand plaisir à jouer et qui m’a beaucoup aidé à trouver mon
orientation au travers d’interminables discussions.
Enfin, je suis très reconnaissant au groupe d’amis de longue date composé de Guillaume
DELEA, Thibault JOURDAIN, Simon DECAY et Mélanie LAMBERT. Nous avons tous pris des
parcours différents, et le temps passé avec vous m’a fait beaucoup évoluer. Merci pour tout votre
soutien, vos conseils et votre aide depuis que l’on se connaît. Sans vous, je n’en serai pas là.
Pour finir, je souhaiterai donner le plus fort des remerciements à mes parents Agnès et Pascal
RIFFONNEAU, ma sœur Caroline et mon frère Hadrien. Sans vous, tout ce qui vient d’être écrit
n’aurait pas lieu d’être. C’est grâce à l’éducation que vous m’avez donnée, aux voyages que l’on a
fait ensemble et à tout ce que l’on a partagé que j’en suis arrivé à ce stade. Vous m’avez toujours
soutenu et aidé chaque fois que j’en ai eu besoin. Vous étiez toujours là pour moi, ni trop ni pas
assez, juste comme il faut. Vos conseils m’ont été, et seront toujours, d’une aide précieuse. Et
surtout, vous avez toujours cru en moi, quelque soit mes décisions et les situations. Je vous
remercie pour tout l’amour que vous m’offrez chaque jour.
Cher lecteur, cet avant propos est maintenant terminé. J’ai essayé de donner un aperçu des
rencontres et du parcours qui m’a permis d’aboutir à ce manuscrit de thèse. J’espère n’avoir
oublié personne, et si c’est le cas, ce n’est pas par mauvaise intention. Je te souhaite maintenant
une bonne lecture, et j’espère que ce travail t’apportera une aide, quelle qu’elle soit, pour la
réalisation de tes projets futurs.
Table des matières
Chapitre 3 : D’une gestion restreinte à une gestion optimale par programmation dynamique .... 75
3.1 Problématique de la répartition de l’énergie......................................................................... 75
3.1.1 Formulation du problème................................................................................................ 75
3.2 Application d’une gestion restreinte...................................................................................... 79
3.3 Outils d’optimisation.............................................................................................................. 85
3.3.1 Définitions ....................................................................................................................... 85
3.4 Synthèse des méthodes d’optimisation.................................................................................. 87
3.4.1 État de l’art et choix de la méthode de résolution .......................................................... 90
3.5 Programmation dynamique et algorithme de Bellman......................................................... 93
3.6 Exploitation de l’algorithme de Bellman............................................................................... 98
3.6.1 Application à l’écrêtage de pointe au moindre coût ........................................................ 98
3.6.2 Résultats et comparaison avec la gestion restreinte .....................................................106
3.6.3 Application pour l’écrêtage avec l’énergie photovoltaïque.............................................109
3.7 Conclusion .............................................................................................................................113
Conclusion Générale................................
Générale................................................................
................................................................................................
..................................................................................
.................................................. 141
Bibliographie................................
Bibliographie ................................................................
................................................................................................
.............................................................................................
............................................................. 145
Introduction générale
Depuis quelques années, la communauté scientifiques est concentrée sur la menace présumée
la plus préoccupante pour l’avenir de la planète : le réchauffement climatique. Ce phénomène est
la conséquence de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité humaine
[IPC-09]. Entre 75% et 85% des émissions dans le monde sont imputables au secteur de l’énergie.
La Figure 0.1 montre la répartition des émissions de CO2 (principal gaz à effet de serre rejeté)
par secteur en France en 2008 [CIT-08]. Les émissions engendrées par la transformation
d’énergie proviennent majoritairement du sous-secteur de la production d’électricité, dont le
secteur résidentiel et tertiaire est le principal consommateur à hauteur de 65% (Figure 0.2).
Même avec une production d’électricité d’origine nucléaire d’environ 80%, la transformation
d’énergie représente encore 16% des émissions de dioxyde de carbone en France.
Transformation
d’énergie
Transports 16%
Résidentiel et tertiaire
34% Industrie 65 %
Industrie
31 %
25%
Résidentiel et tertiaire
23%
Transport Agriculture
Agriculture
2% 3% 1%
Les énergies renouvelables se manifestent comme une solution potentielle à la réduction des
émissions de gaz à effet de serre. Parmi les moyens de production prometteurs (micro éolien,
micro hydraulique…), le photovoltaïque (PV) apparaît aujourd’hui comme le plus approprié et le
plus abouti à la production d’électricité d’origine renouvelable pour l’habitat. Ajoutons à cela la
libéralisation du marché de l’électricité qui introduit des changements majeurs dans le domaine
de l’énergie. La multiplication des producteurs indépendants et des productions décentralisées, le
mixte énergétique et la fluctuation des tarifs en sont les principales conséquences.
Dans ce cadre, nous souhaitons répondre à la question suivante : comment l’énergie PV peut
elle participer à la production d’électricité pour l’habitat, sachant que celui-ci est très
majoritairement connecté au réseau ?
12 Introduction
Le développement de l’énergie PV connectée au réseau est limité par deux freins principaux :
1) Le coût de l’énergie produite (trop élevé par rapport aux prix de l’électricité actuels)
2) Production intermittente et décalage entre production et consommation
« Dans la vie, il n'y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les
solutions
solutions suivent ».
Les politiques incitatives ont crée ces forces. Maintenant, il faut faire suivre les solutions.
Alors quelles sont les solutions sur le long terme ?
Avant même les subventions, la solution la plus élémentaire pour réduire les coûts est
d’optimiser l’utilisation de l’énergie, c'est-à-dire de faire corréler la production et la
consommation. Deux moyens sont envisageables :
- Contrôle de la consommation
- Contrôle de la production
Le contrôle de la consommation a déjà fait l’objet de certaines études [HA-07]. Il a été montré
que le contrôle de la consommation est une solution très efficace à condition qu’elle soit acceptée
par l’usager. Cela nécessite d’importants moyens technologiques (particulièrement sur
l’identification des charges) et un changement de comportement de l’utilisateur. Cette solution
n’est donc envisageable qu’à long terme et reste encore difficile à mettre en place dans les
prochaines années.
Introduction 13
Les systèmes PV sont classés en deux grandes catégories selon la manière dont l’énergie est
utilisée [IEA-08] [LUG-03] [RAH-88] :
- Systèmes isolés et autonomes
- Systèmes raccordés au réseau
1.1.1 L’isolé
Le rôle des systèmes autonomes est d’alimenter un ou plusieurs consommateurs situés dans
une zone isolée du réseau électrique. Comme on le remarque sur la Figure 1.1 qui représente
l’exemple d’un système PV autonome, un système de stockage est associé aux générateurs PV
pour assurer l’alimentation à chaque instant et pendant plusieurs jours malgré l’intermittence de
la production. Ce système de stockage représente une part très importante du coût de
l’installation, et ces conditions de fonctionnement sont très contraignantes [DEL-06]. Par
conséquent, des systèmes de gestion de l’énergie ont été développés afin d’optimiser la durée de
vie du système de stockage et de réduire les coûts de fonctionnement. La gestion de l’énergie
dans les systèmes PV autonomes est encore un thème de recherche très présent dans le domaine
du photovoltaïque [THI-09] [WAN-08] [DIA-08] [LOP-06]. Nous nous inspirerons de ces études
pour notre application.
16 Chapitre 1 - Problématique et état de l’art
Générateur PV
Courant continu
Courant alternatif
= =
=
Onduleur Régulateur
Conversion du courant continu
en courant alternatif
Banc de
stockage
Charges / Consommation
+ +
- -
La Figure 1.2 représente un système PV connecté au réseau électrique, dont le rôle principal
est de contribuer à la production d’électricité d’origine renouvelable sur le réseau. D’un point de
vue de la physique, l’énergie produite par les modules est directement consommée par les
charges locales de l’habitat. L’éventuel surplus de production par rapport à la consommation
instantanée est injecté sur le réseau. Le réseau est utilisé en appoint à la production PV.
Actuellement, il est interdit d’utiliser un élément de stockage dans ces systèmes pour des raisons
économiques que nous expliquons ci-dessous.
Générateur PV
Courant continu
Courant alternatif
= Onduleur
Boîtier de connexion
au réseau
Charges / Consommation
Le contexte énergétique actuel fait que l’énergie photovoltaïque n’est pas concurrentielle face
aux prix de vente de l’électricité sur le réseau (quand celui-ci est présent) [EDF-09] [HES-07].
C’est pourquoi, face aux réglementations sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre
(cf. protocole de Kyoto [UNN-98]) et à la réduction des ressources en énergie fossile (et par
conséquent à l’augmentation de leurs coûts), de nombreux états ont mis en place des mesures
1.1 - Les systèmes photovoltaïques pour l’habitat 17
Nous présentons les mesures incitatives mises en place pour le photovoltaïque connecté au
réseau dans deux pays qui sont respectivement le cas français et le cas allemand.
a) Cas français
En France, deux solutions de câblage sont proposées et sont présentées sur les Figure 1.3 et
1.4, avec « FiT » le tarif d’achat de l’énergie PV (Feed in Tarif) et « EgP » le prix de vente de
l’électricité sur le réseau (Electricity gird Price) [HES-07]. Ces solutions se distinguent
uniquement par la position des compteurs. Du point de vue de la physique, l’énergie produite par
le générateur PV est toujours consommée en priorité par les charges locales, et seul le surplus est
injecté sur le réseau.
Sur la Figure 1.3, le compteur C3 permet de vérifier qu’il n’y a pas de consommation d’énergie
par le système PV pour éviter les fraudes par l’ajout d’un élément de stockage. En effet, sans ce
compteur il serait possible de mettre un élément de stockage que l’on chargerait au prix « EgP »
et que l’on déchargerait sur le réseau au tarif « FiT ». Le compteur C3 doit donc toujours être égal
à zéro.
Compteur d’énergie Compteur de non
injectée consommation
C1 C3
=
FiT
Réseau
Générateur PV Compteur d’énergie
consommée EgP
C2
Consommation
(Charges)
FiT EgP
Réseau
Générateur PV
Consommation
(Charges)
Pour un abonnement « option base », l’électricité est vendue environ 0.11 €/kWh [EDF-09].
Depuis le 1er Juillet 2006, le tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque en France métropolitaine
pour la solution « achat de la totalité » est de 0.55 €/kWh si l’installation est intégrée au bâti, et
0.33 €/kWh dans le cas contraire [DGE-07] [JRF-06]. De plus, des subventions ont été mises en
place sous la forme d’un crédit d’impôt de 50% sur le coût du matériel. Des aides supplémentaires
sont également possibles auprès de la région d’implantation [HES-07].
Avec les tarifs actuels, on remarque que la solution « achat de la totalité de la production PV »
est économiquement la plus intéressante pour le particulier. Le temps de retour d’une
installation PV intégrée au bâti peut ainsi être inférieur à 10 ans. Par conséquent, la puissance
PV connectée au réseau en France est en très forte croissance (c.f. Figure 1.17). La politique mise
en place joue donc parfaitement sont rôle incitatif. Cependant, elle conserve deux inconvénients
majeurs :
1) Politique non durable : l’objectif absolu des politiques incitatives est de promouvoir l’énergie
PV sans pour autant la subventionner à long terme. Si la puissance installée continue à
augmenter aussi rapidement, l’état ne sera plus en mesure de subventionner l’énergie PV. Les
subventions actuelles créent un déséquilibre trop important par rapport aux autres sources
d’énergie, qu’il va falloir réduire en modifiant les politiques incitatives [IEA-09] [GRA-08].
2) Dévalorisation du potentiel de l’énergie PV : la démarche actuelle n’incite ni à la sobriété et
ni à l’efficacité énergétique, qui sont deux facteurs essentiels au développement durable. Pour le
moment, l’énergie PV est considérée comme une source inépuisable et minoritaire qui ne peut se
développer que si elle est subventionnée. Ce raisonnement dévalorise le potentiel de l’énergie PV
qui ne deviendra significatif que lorsque les concepts de sobriété et d’efficacité seront assimilés
[KAN-06] [NEG-08].
1.1 - Les systèmes photovoltaïques pour l’habitat 19
b) Cas Allemand
FiT EgP
Réseau
Générateur PV
Consommation
(Charges)
Figure 1.5 : Schéma de principe du nouveau système de comptabilité de la nouvelle loi allemande sur les systèmes
PV raccordés au réseau [BUN-08]
Les tarifs imposés par la nouvelle loi allemande sont indiqués dans le Tableau 1.I en fonction
de l’année d’installation du système. Le prix de l’électricité est estimé sur la base d’une
augmentation de 3% par an. L’autoconsommation est favorisée car, dans chaque cas on a :
Gain autoconsommation > Gain injection_totale ⇔ ScT > (FiT – EgP) (1.3)
20 Chapitre 1 - Problématique et état de l’art
Tableau 1.I : Tarif d’achat de l’énergie selon la loi Allemande de 2008 en fonction de l’année d’installation
[BUN-08]
Tarif
Tarif d’autoconsommation
FiT (c€/kWh)
(c /kWh) EgP (c€/kWh)
(c /kWh)
Année d’installation « ScT » (c€/kWh)
(c /kWh)
(C1) (C2)
(C3-
(C3-C1)
2009 43,01 25,01 19,01
2010 39,57 23,01 19,8
2011 36,01 20,94 20,17
2012 32,77 19,05 20,77
2013 29,82 17,37 21,40
2014 27,13 15,78 22,04
2015 24,69 14,36 22,70
2016 22,47 13,07 23,38
2017 20,45 11,89 24,08
1.2.1 La consommation
La Figure 1.7 montre la consommation d’électricité en France par secteur entre 1985 et 2007
[MIN-09]. On remarque la même tendance à l’augmentation que la consommation mondiale qui
devrait continuer dans les prochaines décennies quel que soit le scénario envisagé [EIA-09] [IEA-
07]. La Figure 1.8 montre la part de consommation d’électricité par secteur pour l’année 2007. Le
résidentiel et le tertiaire occupent les 2/3 de la consommation totale. Cela est la conséquence du
nombre de ménages, et donc de logements, qui croit plus vite que la population, de l’amplification
1.2 - La consommation et la production d’électricité 21
16000 500
450
14000
400
Energie consommée (GWh)
200
6000
Transport Transport
150
4000
100
2000 Industrie Industrie
50
0 0
1971 1976 1981 1986 1991 1996 2001 2006 1985 1990 1995 2000 2005
Année Année
Figure 1.6 : Consommation d’énergie électrique dans le Figure 1.7 : Consommation d’énergie électrique en
monde et par secteur entre 1971 et 2006 [IEA-08] France et par secteur entre 1985 et 2007 [MIN-09]
Résidentiel et tertiaire
Industrie 65 %
31 %
Transport Agriculture
3% 1%
Figure 1.8 : Part de la consommation d’électricité primaire totale de chaque secteur en France en 2007 [MIN-09]
La Figure 1.9 et 1.10 présentent les profils de charge globale journaliers type pendant les
jours ouvrables et le dimanche, pour trois périodes de l’année (hiver, été et mi-saison). Les
journées types présentées sont celles utilisées par RTE pour les prévisions [RTE-08b], soit :
- Hiver :
• Mardi 9 décembre 2008 pour le jour ouvrable
• Dimanche 14 décembre 2008
22 Chapitre 1 - Problématique et état de l’art
- Été :
• Mercredi 25 juin 2008 pour le jour ouvrable
• Dimanche 29 juin 2008
- Mi-saison
• Mercredi 15 octobre 2008 pour le jour ouvrable
• Dimanche 12 octobre 2008
La Figure 1.11 montre les profils de charge hebdomadaires type pour les trois périodes de
l’année. Ils correspondent aux semaines qui débutent le 08 décembre pour l’hiver, le 23 juin pour
l’été et le 13 octobre pour la mi-saison.
4 4
x 10 x 10
8.5 7.5
8 7
7.5 6.5
Hiver
7 6 Hiver
Puissance (MW)
Puissance (MW)
Eté
Mi-saison Eté
6.5 5.5
Mi-saison
6 5
5.5 4.5
5 4
4.5 3.5
4 3
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h) Temps (h)
Figure 1.9 : Courbe de charge d’une journée-type pendant Figure 1.10 : Courbe de charge d’une journée-type
les jours ouvrables pour 3 périodes de l’année [RTE-08a] le dimanche pour 3 périodes de l’année [RTE-08a]
4
x 10
9
Hiver
Ete
8 Mi-saison
7
Puissance (MW)
3
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
Jour de la semaine
Les courbes de charges en jours ouvrables possèdent des différences notables en formes et en
niveaux, mais présentent néanmoins des caractères communs :
- Un minimum de consommation atteint en fin de nuit (4h ou 5h). A cette période, la
consommation est restreinte au processus industriels à feu continu, à l’éclairage public, aux
veilles des appareils électroniques et, en hiver, au chauffage.
- Une montée rapide à partir de 6h, liée à la reprise des activités chez les particuliers, les
transports ferroviaires, les industriels et le tertiaire.
- Un pic de consommation en fin d’après midi imputable aux activités de fin de journée dans les
bureaux, la reprise de la consommation résidentielle et le pic d’activité des transports en
commun.
Les différences, quant à elles, sont imputables essentiellement au chauffage, qui explique la
différence de niveau entre l’hiver et les autres périodes de l’année, et aux consommations
additionnelles d’éclairages. En hiver, la tombée de la nuit provoque une pointe vers 19h, plus
tardive en été et mi-saison. De la même manière, les besoins d’éclairage le matin en hiver
positionnent le maximum de consommation vers 9h, tandis qu’il tend à se décaler vers 12h au fur
et à mesure que le jour se lève plus tôt.
Les différences entre jours ouvrables et dimanches sont principalement dues à l’interruption
d’une partie des activités industrielles, et de la quasi-totalité des commerces et des bureaux. La
pointe « du matin » est décalée autour de 13h mais la pointe du soir est conservée sur la même
plage horaire et par conséquent imputable à l’activité résidentielle.
On notera le sursaut de consommation à 23h, commun à tous les profils et principalement dus
à la production d’eau chaude sanitaire, généralement assurée par un chauffe eau électrique. Le
déclenchement systématique des chauffes- eau électriques à cette période de la journée est
associé à une tarification à deux niveaux du type « heures pleines/heures creuses ».
b) Secteur résidentiel
Les courbes de charges présentées sur la Figure 1.9 et la Figure 1.10 correspondent à la
somme des courbes de charge de chaque usager observées au niveau du réseau de distribution.
De par l’effet de foisonnement, ces courbes ne sont pas représentatives d’un secteur ou d’un type
de consommation. Dans notre cas, on s’intéresse au secteur résidentiel dont la consommation
électrique est croissante.
Compte tenu des différents comportements des habitants, il n’existe pas de profil « type » de
consommation pour le secteur résidentiel. Cependant, il est possible d’identifier une forme
globale de la courbe, qui ressemblerait à celle du dimanche présentées sur les Figures 1.10. Le
premier pic de consommation du dimanche est supposé apparaître plus tôt pendant les jours
ouvrables, tandis que l’on conserve le pic de fin d’après midi pour tous les jours de la semaine
24 Chapitre 1 - Problématique et état de l’art
[SID-03]. Sans prétendre généraliser un profil « type » pour le résidentiel, on se basera sur la
forme des courbes de consommations présentées sur la Figure 1.12 et 1.13 qui sont issues
d’interprétations personnelles.
Puissance (kW)
Puissance (kW)
Hiver
Été Hiver
Mi-saison Été
Mi-saison
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h) Temps (h)
Figure 1.12 : Courbe de charge résidentielle pour une Figure 1.13 : Courbe de charge résidentielle pour une
journée-type pendant les jours ouvrables pour 3 périodes journée-type pendant le dimanche pour 3 périodes de
de l’année l’année
Le Tableau [Link] présente la quantité d’énergie produite en France par type de source [RTE-
08]. Une forte majorité de l’électricité produite est d’origine nucléaire. L’hydraulique est la
seconde source de production avant les centrales thermiques à combustibles fossiles. Les énergies
renouvelables hors hydraulique sont largement minoritaires mais présentent les plus fortes
croissances.
La Figure 1.14 montre la puissance fournie par chaque type de source pendant la semaine de
référence d’hiver qui commence le 08 décembre 2008 [RTE-09]. Le nucléaire (et les installations
au fil de l’eau non représentées car mineures) assure la base, le thermique classique est ensuite
utilisé en semi-base. Enfin est utilisée l’hydraulique pour les pointes (comprenant les écluses, les
usines de lac et les STEP (Station de Transfert d’Énergie par Pompage)). Les STEP
interviennent en dernier recours, notamment à cause du coût de l’eau à remonter. Les centrales
thermiques classiques produisent encore de l’énergie à faibles coûts mais sont, de toute évidence
les plus émettrices de gaz à effet de serre.
1.2 - La consommation et la production d’électricité 25
Tableau [Link] : Énergie électrique produite en France par type de source [RTE-08]
4
x 10
10 Nucleaire
Charbon+gaz
Fioul
8 Hydraulique
Puissance (MW)
0
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
Jour de la semaine
Figure 1.14 : Puissance fournie par chaque source de production pendant une semaine type d’hiver [RTE-09b]
b) Le réseau
D’un point de vue global, le gestionnaire adapte en permanence la production des centrales
électriques pour maintenir l’équilibre entre la production et la consommation, essentielles au
26 Chapitre 1 - Problématique et état de l’art
maintien de la sûreté. Le réseau est, à priori, construit et dimensionné pour un sens unique des
flux d’énergie partant des centrales de production vers les points de consommation, comme
indiqué sur la Figure 1.15 [RTE-09] [RAM-06].
Production Transport
400kV/63kV
400kV/63kV
(47 000km)
Répartition
(50 000km)
HTB/HTA
HTB/HTA 63kV/20kV
63kV/20kV
HTA/BT
20kV/400V
Distribution
Consommation HTA/BT
20kV/400V
HTA BT
U=20kV U=400V
∆U=±5% ∆U=+6%
-10%
modification des flux de puissance, ce qui impacte le plan de tension le long de la ligne. Soit
l’exemple d’un générateur PV raccordé le long de la ligne comme représenté sur la Figure 1.16.
Sans PV
Avec PV
1.06
Tension (pu)
Surtension !
0.9
Distance (m)
PL1
QL1
∆VN
PPV
Vres
N
VN
X R
Transformateur
QPV
PL2
QL2
Figure 1.16 : Insertion d’une PDE le long d’une ligne d’un réseau de distribution basse tension
La chute de tension « ∆VN » (en pu) entre le poste source et le point de raccordement est
déterminée par l’équation (1.4).
R × PN + X × Q N (1.6)
∆V N =
VN
Dans le réseau de distribution basse tension, la résistance linéique est beaucoup plus
importante que la réactance linéique de sorte que cette dernière peut être négligée (R >> X). La
formule (1.6) peut donc s’écrire :
R × PN (1.7)
∆V N =
VN
Dans ce cas, la chute de tension le long de la ligne dépend directement de la puissance active
fournie par la PDE. Si celle-ci est supérieure à la somme des puissances actives demandée par les
charges 1 et 2, alors « ∆VN » est positif et la tension augmente le long de la ligne. Cela devient
problématique en cas de forte production et de faible consommation, car la tension peut dépasser
la limite contractuelle autorisée, comme illustré par la courbe rouge sur la Figure 1.16.
60 120
Annuelle
Cummulée
50 100
Cummulée (MW)
40 80
30 60
20 40
10 20
0 0
2 003 2 004 2 005 2 006 2 007 2 008 2 009
Année (30/06)
Figure 1.17 : Puissance PV annuelle et cumulée raccordée au réseau en France métropolitaine depuis 2003 [SOL-
09]
4000
3510
3500
3044
3000
2500
Nombre
2000
1500
1000
465
500
286
183 202 201
73 10 1 1 2 1
0
0 1 2 3 4 5 10 30 100 300 500 1000 3000 5000
Puissance crête des installations (kW)
Figure 1.18 : Puissances des installations PV raccordées au réseau de distribution en France en Septembre 2008
[ERD-08]
L’objectif proposé par le Grenelle de l’environnement et confirmé par les pouvoirs publics est
d’atteindre une puissance PV installée de 5400 MW en 2020. Cet objectif apparaît atteignable à
condition que les mécanismes d’aides incitatifs soient maintenus pendant une durée suffisante.
30 Chapitre 1 - Problématique et état de l’art
Dans son bilan prévisionnel 2009, le gestionnaire de réseau de transport RTE a fait une étude
statistique de l’impact de l’énergie PV sur la courbe de consommation globale, à l’horizon 2020,
en considérant que l’objectif de 5400 MW de puissance PV installés est respecté [RTE-09]. Du
point de vue global, la production PV est corrélée avec la courbe de consommation. Puisque le
photovoltaïque est une énergie « fatale » (production non contrôlée), la production PV vient
directement se soustraire à la courbe de consommation et écrêter la pointe de midi, comme
observée sur la Figure 1.19 et la Figure 1.20. L’impact du PV est notable en été mais très faible
en hiver.
Figure 1.19 : Modélisation approchée de l’insertion du PV dans la courbe de charge en juillet 2020 [RTE-09a]
Figure 1.20 : Modélisation approchée de l’insertion du PV dans la courbe de charge en janvier 2020 [RTE-09a]
part importante des installations, la courbe de charge locale est rarement corrélée avec la
production PV. Dans ce cas, deux solutions sont envisageables :
1) La production PV qui n’est pas consommée localement est transportée, via le réseau
électrique, vers un consommateur plus éloigné. C’est la vision dite « globale » de RTE utilisée
pour modéliser l’insertion de la production PV sur la courbe de charge en 2020. Dans ce
raisonnement, la production PV n’étant pas contrôlée, la courbe de consommation qui reste à
satisfaire par d’autres moyens de production dépend des conditions météorologiques, ce qui
ajoute un degré de difficulté au maintien de l’équilibre sur le réseau. Dans ces conditions, la
production d’origine PV sur le réseau restera limitée à une valeur mineure de la production
totale.
2) La production PV qui n’est pas consommée est stockée localement pour être utilisée à un
autre moment. Cela nécessite l’ajout d’un système de stockage d’électricité qui va apporter
l’avantage majeur de maîtriser la production photovoltaïque, initialement intermittente. Cette
démarche s’inscrit dans un contexte futur prévisible correspondant à une réduction des
subventions de l’énergie PV ainsi qu’une augmentation et une fluctuation des prix de l’électricité.
1.4 L’intérêt
L’intérêt du stockage
Notre étude se concentre sur les systèmes PV pour le secteur résidentiel, dans le contexte d’un
marché de l’électricité libéralisé avec une restriction des subventions de l’énergie solaire. Dans ce
cadre, on souhaite réaliser l’écrêtage de la consommation en optimisant l’utilisation de l’énergie
photovoltaïque en intégrant un élément de stockage. Cette application apporte des services
autant pour le particulier que pour le gestionnaire du réseau de distribution.
La tarification variable de l’électricité pour le particulier devenant de plus en plus courante
(avec un tarif élevé corrélé avec les pointes de consommation), l’écrêtage de pointe permet de
réduire de façon notable la facture énergétique. Cela peut également réduire la puissance
d’abonnement et donc le coût d’accessibilité au réseau.
Pour le distributeur, un appel de puissance moins important pendant les périodes de forte
demande réduit les risques de congestions dans le réseau. De plus, l’appel à des centrales de
production de pointe, généralement les plus coûteuses et les plus émettrices de gaz à effet de
serre, est limité.
La production d’électricité d’origine photovoltaïque pour l’écrêtage de la consommation
s’inscrit dans une démarche d’efficacité énergétique, de réduction de la consommation et de
diminution de l’émission de gaz à effet de serre.
1.4 - L’intérêt du stockage 33
Consommation
•Baisse la facture énergétique
PV
Ecrêtage •Limite la puissance d’abonnement réseau
•Diminue le risque de congestions
•Réduit l’appel aux centrales d’appoint
Limite max
•Réduit l’émission de CO2
Puissance (KW)
Temps (h)
La Figure 1.22 présente le classement des moyens et des technologies de stockage proposé par
le parlement européen pour les applications réseau et transport [PAR-08] [ESA-07] [MUL-03].
Ecrêtage de
pointe
Heures
Batteries
Batteries Redox-flow Pompage
Air-Metal
hydraulique
Batteries NAS
pp éne
Batteries Li-ion
lic rg
at ie
Batteries Ni-Cd
io
ns
Batteries Plomb-acide
Minutes
A uis
pp sa
p
lic nc
Volants d’inertie
at es
Secondes
io
ns
1 KW 10 KW 100 KW 1 MW 10 MW 100 MW
Puissance de fonctionnement
Figure 1.22 : Comparaison des moyens de stockage en fonction de la puissance de fonctionnement et de la durée de
la décharge [PAR-08]
34 Chapitre 1 - Problématique et état de l’art
Dans notre cas, pour l’application d’écrêtage de pointe de consommation du type résidentiel, la
puissance de fonctionnement est de l’ordre du kW (3 à 12kW), pour des temps de décharge
compris entre une minute et plusieurs heures. D’après la Figure 1.22, on constate que les
accumulateurs électrochimiques constituent le moyen de stockage le plus adapté à notre
application.
Le choix de la technologie d’accumulateur va dépendre du coût d’investissement (en €/kWh et
en €/kW) et de la durée de vie des batteries dans les conditions de fonctionnement correspondent
à l’application choisie. Les coûts de chaque technologie sont présentés sur la Figure 1.23 tandis
que la durée de vie et les rendements sont illustrés sur la Figure 1.24.
10000
Coût par unité d’énergie ($/kWh extrait)
Li-ion
1000
Ni-Cd
Plomb
NAS Zinc-air
acide
Redox-flow
100
Air-métal
10
Les batteries « Metal-air » sont les plus compactes mais leurs faibles rendements et durée de
vie les éliminent naturellement de notre analyse [PAR-08]. Les batteries de technologie Plomb
acide sont actuellement les plus utilisées pour les applications photovoltaïques. Elles sont
principalement avantagées par leurs faibles coûts pour des rendements satisfaisants. Leur
inconvénient majeur est leur durée de vie qui est la plus courte des technologies comparées. La
technologie Nickel-Cadium (Ni-Cd) présente un coût plus élevé que les batteries au Plomb, pour
une durée de vie supérieure mais un rendement plus faible. Des efforts sont nécessaires pour
faire du Ni-Cd une technologie concurrentielle pour l’application photovoltaïque. La technologie
Lithium-ion (Li-ion) s’annonce comme la concurrente la plus prometteuse. Sa durée de vie et son
rendement sont parmi les meilleurs des accumulateurs électrochimiques. Le coût est encore
important par rapport à la technologie Plomb mais une baisse significative dans les prochaines
années est attendue de sorte que le Li-ion devienne la technologie la plus intéressante pour les
applications PV.
1.5 - Système proposé pour l’étude 35
90
NAS
80 Red
ox-
Plomb acide flow
70
Ni-Cd
60
50
Air-métal
40
100 1000 10000 100000
Durée de vie en Nb de cycle à 80% DOD
Figure 1.24 : Durée de vie et rendement des différentes technologies de batteries [ESA-07]
D’après la comparaison que nous venons de réaliser, la technologie Li-ion semble la plus
appropriée pour notre application. Cependant, face aux rares données expérimentales et au peu
de modèles comportementaux des batteries au Li-ion pour application PV, nous avons préféré
utiliser la technologie Plomb acide dans notre étude. Nous verrons que le choix de la technologie
ne modifie pas l’outil développé dans cette thèse. Si un modèle d’accumulateur Li-ion adapté est
proposé, l’outil développé pourra aisément l’utiliser pour fournir les résultats avec cette
technologie.
Notre étude porte sur un système multi sources et multi charges composé d’un générateur
photovoltaïque (source), d’un banc de stockage d’accumulateurs électrochimiques (source ou
charge), de charges locales considérées comme un profil de consommation (charge) et du réseau
électrique (source ou charge).
Nous définissons l’architecture électrique du système comme la nature des connexions (AC ou
DC) entre les sources et les charges et par conséquent le nombre et la nature des convertisseurs
(DC/DC ou DC/AC) qui assurent ces connexions. Un système hybride composé de plusieurs
sources et de plusieurs charges peut être construit selon plusieurs architectures électriques [BID-
36 Chapitre 1 - Problématique et état de l’art
06]. Dans les cas d’un système PV avec stockage connecté au réseau, on recense deux
architectures selon la nature du bus entre le générateur PV et les batteries, qui sont
représentées sur la Figure 1.25 et la Figure 1.26.
= Bus AC
Réseau
Générateur PV
+
-
Batteries
Charges
Figure 1.25 : Architecture du système hybride avec un bus en courant alternatif (AC)
= Bus DC =
=
Réseau
Générateur PV
=
=
+
-
Batteries
Charges
Figure 1.26 : Architecture du système hybride avec un bus en courant continu (DC)
ACDC) qui pourraient être réduites avec une architecture DC. On peut facilement construire le
système avec un bus en courant AC en ajoutant le stockage et l’élément de conversion
correspondant à une installation PV classique connectée au réseau.
Pour notre application, nous avons choisi d’utiliser une architecture avec un bus DC,
initialement pour des raisons matérielles du banc expérimental, que nous n’avons
malheureusement pas eu le temps d’utiliser. Ce choix correspond également à une vision plus
lointaine d’un réseau électrique en DC dans l’habitat. En effet, n’oublions pas que la plupart des
charges du résidentielle fonctionnent initialement en DC. Ces charges sont aujourd’hui toutes
adaptées au réseau AC mais une conversion d’énergie (donc une perte) est toujours nécessaire.
1.5.2 Nécessité d’
d’une gestion
Système de supervision
Etape de commande
Commande du hacheur
locale
réversible
Flux d’informations
Ibat*(t)
IPV(t)
IDC IAC
= =
=
Commande
+
-
Flux d’informations
Figure 1.27 : Système de supervision proposé pour la gestion de l’énergie dans le système PV hybride étudié
1.6 - Conclusion 39
1.6 Conclusion
Par définition, un générateur photovoltaïque (PV) transforme l’énergie des photons (de la
lumière) en électricité [CNR-09] [SER-92]. L’effet photovoltaïque est réalisé par les cellules
photovoltaïques correspondant à des semi conducteurs dont la structure électronique à été
modifiée (insertion d’impuretés). Nous ne détaillerons pas plus le fonctionnement de ces cellules,
mais pour plus de détails sur ce sujet, nous conseillons de se référer aux ouvrages [LUG-03]
[RIC-97] [SER-92]. Dans notre cas nous nous intéressons uniquement aux propriétés électriques
des générateurs photovoltaïques, et particulièrement à leurs comportements en puissance.
L’association de cellules photovoltaïques forme un module, et nous appellerons « générateur
photovoltaïque » un module ou l’association de plusieurs modules. On considère que le
comportement en puissance d’un générateur photovoltaïque est identique à celui d’une cellule.
42 Chapitre 2 - Modélisation et méthode de pré-dimensionnement
Nous soulignons qu’il existe plusieurs technologies de cellules PV dont les caractéristiques
sont différentes [MEY-04] [LUG-03]. Dans la suite de notre étude, nous utiliserons un module
composé de cellules au Silicium polycristallin, qui est actuellement la technologie la plus utilisée
car elle offre le meilleur compromis entre le coût et les performances.
Un générateur PV est considéré comme un générateur de courant dont l’intensité dépend
principalement de l’intensité de la lumière incidente (irradiation ou éclairement, noté « E » en
W/m²) et de la tension imposée aux bornes du module. Par conséquent, on représente la
caractéristique d’un module PV par sa production de courant en fonction de la tension imposée à
ces bornes pour un éclairement donné. On parle alors de courbe (ou caractéristiques)
courant/tension (I/V). La puissance de sortie d’un module est le produit du courant et de la
tension. Les Figure 2. et 2.2 représentent les courbes I/V d’un module pour différentes
irradiations et différentes températures de cellules [PHO-09].
Courant (A)
5.5
Courbe de puissance
constante
5 1 kW/m²
x 200 W
4.5
Courbe de I/V
4
0.8 kW/m²
x
3.5 150 W
3
0.6 kW/m²
x Point de puissance
maximum (MPP)
2.5
0.5 kW/m²
x 100 W
2
0.4 kW/m²
x
1.5
50 W
1
0.2 kW/m²
x
0.5
0.1 kW/m² x
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48
Tension (V)
Courant (A)
5.5
5.5
Courbe de puissance
constante
55
Point de puissance
x x x x maximum (MPP)
4.5
4.5 200W
200W
44
175
175 WW
Courbe de I/V
3.5
3.5
150
150 WW
33
125 WW
125
2.5
2.5
22
1.5
1.5
0°C0°C
25°C
25°C
11
45°C
45°C
50°C
50°C
0.5
0.5
00
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48
Tension (V)
Figure 2.2 : Caractéristique I/V d’un module PV en fonction de la température des cellules [PHO-09]
Le modèle du générateur PV que nous proposons est basé sur les informations suivantes :
- La puissance crête du module « PSTC » dans les conditions standard de test STC (pour Standart
Test Conditions en anglais)
- La température de cellule de fonctionnement nominale (NOCT pour Nominal Cell Temperature
en anglais)
- Le coefficient de température « γ » des cellules PV
La puissance crête d’un module est la puissance maximale qu’il fourni dans les conditions STC
qui sont :
ESTC = 1000 W/m²
Tcell, STC = 25°C
Vvent = 1m/s
Avec « Tcell » la température des cellules et « Vvent » la vitesse du vent. Tous les modules sont
caractérisés par leur puissance crête qui fait actuellement office de principal critère de
performance et de comparaison.
La température de fonctionnement nominale des cellules est la température qu’atteignent les
cellules PV dans les conditions NOCT qui sont :
ENOCT = 800 W/m²
Tamb, NOCT = 20°C
Vvent = 1m/s
La puissance du générateur PV au MPP est calculée avec l’équation (2.1) [SKO-09] [LUG-03]
[KEN-03] [MAR-02] [KIN-97] [RIC-97]. La température de fonctionnement des cellules « Tcell »,
calculé avec l’équation (2.2), est obtenue à partir de la NOCT (°C), de la température ambiante
« Tamb », et de l’irradiation « E ».
γ
Pmpp = PSTC ×
E
× 1 − × (T cell − T cell ,STC ) × Ns × Np (2.1)
E STC 100
2.1 - Modélisation de la production photovoltaïque 45
Figure 2.3 : Puissances de sortie en fonction de l’irradiation et la température ambiante pour le modèle proposé et
les mesures expérimentales
On observe des écarts entre le modèle et les mesures à faibles et fortes irradiations (200 W/m²
< et >700 W/m²), ce qui correspond aux conditions pour lesquelles le coefficient de température et
le rendement des modules ne sont pas linéaires en réalité, contrairement au modèle utilisé
[GEU-07].
Compte tenu de la complexité des modèles non linéaires des modules photovoltaïques, nous
utiliserons le modèle linéaire décrit par les équations (2.1) et (2.2). Ce modèle décrit
convenablement le comportant du générateur PV pour les irradiations comprises entre 200W et
700W, ce qui correspond à la majorité des conditions de fonctionnement pour notre application.
Dans la suite de notre étude, nous utiliserons les valeurs des paramètres « PSTC », « γ » et
« NOCT » présentés dans le Tableau 2.I comme référence pour construire le générateur PV du
système étudié.
46 Chapitre 2 - Modélisation et méthode de pré-dimensionnement
D’un point de vue système, un accumulateur électrochimique est considéré comme une source
de tension. Les variables d’entrée sont le courant et la température ambiante, et les variables de
sortie sont l’état de charge de la batterie et la tension à ses bornes.
La tension de circuit ouvert « E » aux bornes d’un accumulateur au plomb est fonction de
l’activité du matériau actif et de la température de la batterie. Elle peut être calculée à partir de
l’équation de Nernst [LIN-02] :
R ×T [ ox ]
E = E 0 +× × log (2.3)
n×F [ red ]
Avec « E 0 » la différence de potentiel entre les électrodes dans les conditions standard (T =
298°K et P = 101 300 Pa), « F » la constante de Faraday, « n » le nombre de moles dans la
réaction, « T » la température ambiante, « R » la constante des gaz parfaits, et [ox] et [red]
l’activité des couples oxydo-réducteur intervenant dans la réaction.
Une batterie au plomb pour application PV est composée de plusieurs éléments de tension
nominale de 2V chacun. Les configurations les plus courantes sont 6 ou 12 éléments en série pour
atteindre une tension de batterie de 12 V ou 24 V. La tension d’une batterie au plomb varie en
fonction du courant qui y transite, de son état de charge et de son état de santé. La tension de
12 V ou 24 V par laquelle on caractérise une batterie au plomb correspond à la tension au repos,
pleinement chargée et sans dégradation. Les Figure 2.4 et 2.5 montrent l’évolution de la tension
aux bornes d’une batterie plomb pour différents courants de charges et de décharges. Ces courbes
ont été construites à partir de mesures expérimentales réalisées personnellement sur le site de
l’INES à Chambéry. Les batteries testées sont de technologie plomb ouverte à plaques tubulaires,
du fabriquant Exide technology, modèle OPzS Solar 70.
14.5
C10 / 5
14
C10 / 10
C10 / 20
Tension (V)
13.5 C10 / 50
C10 / 100
13
12.5
12
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120
Temps (h)
Figure 2.4 : Tension d’un accumulateur au Plomb en fonction du temps et du courant de charge
(6 éléments en série)
On remarque que plus le courant est important, donc plus on extrait de quantité de charge,
plus la tension chute rapidement. Pour une opération à courant constant, quel que soit le type
d’opération (charge ou décharge) et la valeur du courant, la courbe a un comportement linéaire
sur une large plage de temps. Nous verrons que cette propriété nous servira pour modéliser le
comportement en tension de l’accumulateur.
48 Chapitre 2 - Modélisation et méthode de pré-dimensionnement
13
12.5
C10 / 50
11.5
C10 / 20
11 C10 / 10
C10 / 5
10.5
Figure 2.5 : Tension d’un accumulateur au Plomb en fonction du temps et du courant de décharge
(6 éléments en série)
La capacité d’une batterie, c'est-à-dire la quantité de charge que l’on peut réellement extraire
par une décharge complète à courant constant, dépend des conditions d’utilisation.
Généralement, le constructeur donne la capacité nominale, qui est une estimation de la capacité
dans des conditions de décharge spécifique. A titre d’exemple, la capacité nominale « C10 » est la
capacité mesurée après une décharge de 10 heures avec un courant de C10/10 jusqu'à une tension
de 1.7V par élément. Cette remarque est importante pour estimer la quantité de charge dans la
batterie en fonction du courant de décharge. La loi de Peukert [LIN-02] [BOD-77] permet de
calculer la capacité d’une batterie au plomb en fonction du régime de décharge par rapport à une
capacité de référence :
n −1
I
Cy =Cx × x (2.5)
I
y
Avec :
Cy : capacité recherchée pour le courant de décharge Iy
Cx : capacité connue pour le courant de décharge Ix
n : coefficient de Peukert dépendant de la technologie de batterie plomb utilisée et du régime
de courant. Valeurs comprises entre 1.2 et 1.6 pour les batteries plomb acide.
Soit « Cref(t) » la capacité de référence connue et « Qbat(t) » la quantité de charge, en Ah,
échangée avec les batteries entre l’instant initial « t0 » et l’instant « t », alors l’état de charge est
défini par la formule suivante :
2.2 - Modélisation du stockage électrochimique 49
Q bat ( t 0 ) + Q bat ( t )
SOC ( t ) = (2.6)
C ref ( t 0 )
Avec « Qbat(t0) » la quantité de charge initiale dans la batterie.
On souligne que la capacité de référence varie en fonction des dégradations subies. Par
conséquent, l’estimation de l’état de charge dépend de deux calculs, qui sont respectivement la
perte de capacité en fonction des conditions de fonctionnement et la quantité de charge échangée
avec les batteries « Qbat(t) ».
L’utilisation des batteries au plomb dans les applications photovoltaïques impose des
conditions de fonctionnement contraignantes, ce qui augmente les dégradations et la baisse des
performances de l’accumulateur [JOS-04].
La modélisation du vieillissement et la baisse des performances des batteries au plomb en
fonction des conditions de fonctionnement est encore très mal maîtrisée et reste un sujet de
recherche important [SCH-07] [WEN-05]. Le vieillissement d’un élément de stockage est très
délicat à formuler car il dépend de multiples propriétés intrinsèques à la technologie de
l’accumulateur. Le régime de fonctionnement, le nombre de cycles et la profondeur de décharge
de chaque cycle sont les facteurs les plus influents sur le vieillissement, particulièrement pour
les accumulateurs électrochimiques au plomb.
Actuellement, la durée de vie d’un accumulateur électrochimique au plomb est estimée à
partir du nombre de cycles équivalents à pleine charge, noté « EFC » pour Equivalent full cycle
en anglais, qu’il peut délivrer pendant sa période de fonctionnement. Cette valeur est calculée à
partir des données du constructeur avec l’équation (2.7). Soulignons que cette formulation
suppose l’hypothèse forte d’une cyclabilité inversement proportionnelle à la profondeur de
décharge « DOD ».
Avec :
Nref cycle : Nombre de cycle à la profondeur de décharge de référence
DODref : Profondeur de décharge de référence
Par définition, la profondeur de décharge est égale à la capacité qui n’est pas disponible dans
l’accumulateur telle que :
50 Chapitre 2 - Modélisation et méthode de pré-dimensionnement
Généralement, « Nref cycle » et « DODref » sont des données fournies par le constructeur. Elles
peuvent également être issues d’abaques ou de résultats expérimentaux. La batterie est
considérée comme inutilisable une fois qu’elle a fournie la quantité d’énergie égale à « Ebat ». Ce
modèle permet uniquement d’estimer le nombre de cycle que peut subir une batterie en fonction
de la profondeur de décharge. Il ne permet pas d’estimer le vieillissement et l’état de santé de
l’accumulateur tout au long de sa durée de vie. Il convient donc de développer un modèle plus
approprié à nos besoins afin d’optimiser la gestion de l’élément de stockage.
Dans cette partie, nous présentons la modélisation de la tension, l’état de charge et l’état de
santé des accumulateurs électrochimiques de technologie Plomb.
a) Tension
L’évolution de la tension aux bornes d’un accumulateur au Plomb est délicate à modéliser
compte tenu des nombreuses réactions qui interviennent [DEL-06] [LIN-02]. De nombreux
modèles ont été proposés, basés sur les processus électrochimiques, des circuits équivalents, ou
des lois empiriques [INS-09] [DEL-06] [GER-02] [SER 00] [COP-93] [SHE-65]. Généralement, ces
modèles sont lourds en capacité de calcul et prennent de nombreux paramètres en compte qui
sont difficiles à identifier. Dans notre cas, on souhaite développer un modèle comportemental
simple, sans chercher à correspondre parfaitement aux valeurs expérimentales.
Nous proposons le modèle linéaire décrit par les équations (2.9) et (2.10) qui se basent sur la
forme des courbes expérimentales présentés sur les Figures 2.6 et 2.7..Les paramètres « V0ch »,
« V0dch », « a » et « b » sont des constantes à déterminer.
Les paramètres des équations (2.9) et (2.10) sont identifiés à partir des nouvelles courbes de
tension en fonction de l’état de charge présentées sur les Figures 2.6 et 2.7. Ces courbes sont
issues de mesures expérimentales réalisées personnellement sur le site de l’INES. Les
2.2 - Modélisation du stockage électrochimique 51
et
Qbat(t0) = 0 en charge
Qbat(t0) = Cref (t0) en décharge
On remarque que la forme de la courbe de tension varie en fonction du courant et que plus le
courant est fort, plus la tension a un comportement linéaire. Les paramètres sont identifiés par
une interpolation linéaire des courbes de régime 5h (courant égale à « C10/5 ») car c’est le régime
qui correspond le plus à notre application. La Figure 2.8 montre les courbes mesurées et
interpolées, avec les équations correspondantes. Les erreurs les plus importantes apparaissent
en début et fin de charge, lorsque la courbe réelle n’est pas linéaire. Afin de limiter les
dégradations de l’accumulateur, nous imposerons un fonctionnement uniquement dans la plage
d’état de charge entre 20% et 90%. Dans cette plage de fonctionnement, le modèle linéaire
représente convenablement le comportement de la tension.
13.5
13
C / 100
10
12.5 C / 50
10
Tension (V)
C / 20
10
12
C / 10
10
11.5 C /5
10
11
10.5
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Profondeur de décharge (DOD en % )
Figure 2.6 : Tension en décharge en fonction de l’état de charge d’un accumulateur au plomb à plaques tubulaires
(6 éléments en série)
52 Chapitre 2 - Modélisation et méthode de pré-dimensionnement
14.5
14
C10 / 5
Tension (V) 13.5
C10 / 10
13
C10 / 20
C10 / 50
12.5
C10 / 100
12
11.5
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Etat de charge (% )
Figure 2.7 : Tension en charge en fonction de l’état de charge d’un accumulateur au plomb à plaques tubulaires
(6 éléments en série)
14.5
14
13.5
Vbat (Ibat >0) = 12.94 + 1.46 x SOC
13
Tension (V)
Mesures charge
Modèle charge
12.5
Mesures décharge
Modèle décharge
12
Vbat (Ibat < 0) = 12.13 - 1.54 x (1-SOC)
11.5
11
10.5
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
SOC ou DOD (% )
Figure 2.8 : Courbe de tensions modélisées et expérimentales en fonction de l’état de charge (6 éléments en série)
Les valeurs des paramètres des équations (2.9) et (2.10) obtenues sont présentées dans le
Tableau [Link]. Le modèle de tension des accumulateurs pendant les charges et les décharges est
alors décrit par les équations (2.12) et (2.13) avec « Nbelts_s » le nombre d’éléments en série.
L’estimation de l’état de charge dans des conditions irrégulières de cyclages (application PV)
est difficile car, comme nous l’avons souligné précédemment, la capacité d’un accumulateur au
plomb (et donc la quantité de charge disponible) dépend du régime de fonctionnement.
Généralement, deux moyens d’estimer l’état de charge sont utilisés, qui sont le calcul à capacité
de référence fixe et le calcul à capacité de référence variable. Au travers l’exemple à la fin de ce
paragraphe, nous verrons que ces deux méthodes ne permettent pas de prendre en compte la
dynamique qui intervient dans l’accumulateur, et ne sont donc pas adaptés à des conditions
irrégulières de cyclages comme celles correspondants aux application PV.
Dans cette thèse, nous proposons d’utiliser la méthode d’estimation de l’état de charge et de
l’état de santé qui est mieux adaptée aux conditions de cyclages irrégulières. Cette méthode de
calcul a été développée par [Link] dans son travail de thèse sur l’estimation de l’état de
charge et de l’état de santé des batteries au plomb [DEL-06]. Pour chaque courant de
charge/décharge, les quantités de charge extraites et injectées sont calculées avec un coefficient
de pondération permettant de prendre en compte les conditions d’utilisation. Ainsi, quel que soit
54 Chapitre 2 - Modélisation et méthode de pré-dimensionnement
Soit « Cbat (t0) » la capacité initiale en Ah, « Cbat » la capacité disponible en Ah, et « Qd » et « Qc »
respectivement les quantités de charge déchargée et chargée en Ah. On a :
L’indice « tk » permet de souligner que chacune des valeurs est revue à chaque pas de temps.
La capacité de référence est variable en fonction du vieillissement de la batterie (état de santé).
Le modèle de perte de capacité que nous avons développé est présenté dans la partie sur l’état de
santé « SOH ».
L’état de charge et l’état de santé sont donnés par les expressions suivantes :
C bat ( t k )
SOC ( t k ) = (2.15)
C ref ( t k )
C ref ( t k )
SOH ( t k ) = (2.16)
C ref ( t 0 )
Avec « Cref (t0) » la capacité de référence initiale fournie par le constructeur avant toute
utilisation de l’accumulateur et « Cref (tk) » la capacité de référence à l’instant « tk » après
utilisation (vieillissement). La particularité du modèle réside dans le calcul de « Qd » et « Qc » :
Qd = ∑ α1 (
k ( I bat <0 )
I bat ) × α 2 ( T ° ) × I bat × t k (2.17)
Qc = ∑ β1 (
k ( I bat >0 )
SOC ) × β 2 ( Qd ) × I bat × t k (2.18)
( n −1 )
I bat
α1 = avec Ibat < 0 (décharge) (2.19)
I bat ,ref
Tableau [Link] : Valeurs du coefficient de Peukert « n » en fonction du régime de décharge utilisé dans le modèle
(technologie Pb plaques tubulaires) [DEL-06]
1
α2 = (2.20)
1 + 0.0075 ×( T amb − T ref )
Tableau [Link] : Valeurs du coefficient « β1 » en fonction de l’état de charge utilisé dans le modèle
déchargée calculée sans les coefficients d’équivalence. Le coefficient « β2 » est alors donné par la
relation :
∑ α1 (
k ( I bat <0 )
I bat ) × α 2 ( T ) × I bat × t k
β2 = (2.21)
k( I
∑ 0I)bat
<
×t k
bat
Ce coefficient est un point tout à fait innovant dans le calcul de l’état de charge. Il permet de
maintenir la fiabilité du calcul dans des conditions de cyclage irrégulières comme celles
rencontrées dans les applications photovoltaïques.
A titre de comparaison, nous allons calculer l’état de charge d’une batterie après une décharge
à courant variable avec le modèle à capacité de référence fixe, à capacité variable et le modèle
d’[Link] que nous venons de présenter.
Soit une batterie avec les conditions initiales suivantes :
- Cref = C10 = 100Ah
- Idref = 10A
- Qbat(t0) = 100Ah (quantité de charge initiale)
L’état e charge final calculé est de 76.7%. On remarque bien qu’avec un calcul à capacité de
référence fixe, la variation de la capacité en fonction du courant de décharge n’est pas prise en
compte. La décharge à 80A doit avoir un impact beaucoup plus fort et aboutir à un état de charge
2.2 - Modélisation du stockage électrochimique 57
plus faible. Ce modèle ne prend pas en compte la dynamique des courant et n’est pas adapté à
des conditions de cyclage irrégulières.
n −1 1.5 −1
I 10
C bat 2 = C ref × ref = 100 × = 35.3 Ah (2.24)
I 80
y
Le calcul de l’état de charge devient alors laborieux puisque l’on a deux capacités de
références. Laquelle choisir pour faire le calcul ? Faut il calculer l’état de charge à la fin de la 1er
décharge (Id = 8A) avec la capacité de référence Cbat1, puis calculer à nouveau l’état de charge
après la deuxième décharge avec Cbat2 ? Dans ce cas, quelle quantité de charge initiale utiliser
dans le calcul de la deuxième décharge ? Doit-on se référer à la capacité de référence de 100Ah ou
de 35.3Ah ? Dans tous les cas, la méthode entraîne des discontinuités dans le calcul de l’état de
charge qui peuvent être problématiques pour l’algorithme de gestion d’énergie.
Une solution à cette discontinuité est d’utiliser un courant moyen de décharge, et donc
d’obtenir une seule capacité de référence correspond au courant moyen. Dans notre exemple,
nous trouvons :
10
10 × 1 + 80 ×
Id = 60 = 20 A
(2.25)
10
1+
60
On trouve alors un état de charge de 53.4%. Le reproche que l’on peut faire à cette méthode
est que le courant de décharge moyen ne permet pas de prendre en compte les conditions
dynamiques de fonctionnement de l’accumulateur. En effet, une décharge de 1h10 à un courant
de 20A n’a pas les mêmes effets qu’une décharge de 8A pendant 1h suivie d’une décharge de 80A
pendant 10min. Ce modèle n’est donc pas adapté à des conditions de cyclage irrégulières.
- Modèle proposé :
La capacité de référence reste fixe :
Cbat = 100Ah.
Nous utilisons le coefficient d’équivalence « α » pour calculer la quantité de charge déchargée
en fonction du courant de décharge.
Pour Id = 8A on a :
α1 = 1 car c’est le courant de référence et donc :
|Qbat1(t)| = α1 × 10A × 1h = 1 × 10A × 1h = 10 Ah =10 Ah (2.28)
Pour Id = 80A on a :
n −1 1.5 −1
Id 80
α 2 =
= = 2.82 (2.29)
Id ref 10
|Qbat2(t)| = α2 × 80A × 10/60 h = 2.82 × 80 Î 10/60 = 37.6 Ah (2.30)
Donc
|Qbat(t)| = 10 + 37.6 Ah = 47.6Ah (2.31)
On obtient un état de charge de 52.4%. Avec la méthode proposée, nous pouvons prendre en
compte les conditions dynamiques du courant sans introduire de discontinuités dans le calcul de
l’état de charge. Pour cela, nous considérons cette méthode comme la plus adaptée à des
conditions de cyclage irrégulières
2.2 - Modélisation du stockage électrochimique 59
Nous proposons maintenant de modéliser l’état de santé des batteries au Plomb, qui est un
paramètre influent sur le choix de la stratégie de gestion. On définit le vieillissement d’un
accumulateur comme la baisse de ses performances (essentiellement « Cref » et « V 0 ») en fonction
de son utilisation. Comme nous l’avons souligné dans les caractéristiques des batteries au Plomb,
le vieillissement dépend principalement du régime de fonctionnement, du nombre de cycles et de
la profondeur de décharge de chaque cycle. Le calcul généralement utilisé, caractérisé par le
nombre de cycles équivalents « EFC » (équation (2.7)), permet d’estimer la durée de vie d’un
accumulateur (en nombre de cycles), mais ne fournit aucune information sur l’évolution des ces
performances. Afin de prendre en compte le vieillissement dans le choix de la stratégie de
gestion, nous avons besoin d’estimer les performances au fur et à mesure du fonctionnement. On
propose donc d’intégrer le paramètre état de santé « SOH », qui traduit le vieillissement et les
nouvelles performances à chaque instant. Notre modèle se base sur la définition de l’état de santé
de l’équation (2.16), rappelé ci-dessous.
C ref ( t k )
SOH ( t k ) = (2.33)
C ref ( t 0 )
Dans notre cas, on considère le vieillissement comme une perte de capacité de stockage, c'est-
à-dire une réduction de la capacité de référence initiale « Cref (t0) ». L’état de santé est alors défini
comme le rapport entre la nouvelle capacité après le calcul de vieillissement « Cref ( tk ) » et la
capacité de référence initiale « Cref (t0) ». On propose donc un modèle de perte de capacité en
fonction des conditions de fonctionnement, basé sur des résultats expérimentaux réalisés à INES
dans le laboratoire des systèmes solaire [LEM-08]. La procédure de test est un vieillissement
accéléré d’un facteur 10, avec un profil de charges et de décharges correspondant à la norme
IEC 61427. L’évolution de l’état de charge correspondant à la norme IEC 61427 est schématisée
sur la Figure 2.9. Le nombre de batteries testées pour chaque technologie est indiqué dans le
Tableau 2.V.
L’objectif des tests réalisés à INES était de mesurer la perte de capacité des accumulateurs en
fonction du nombre de cycles équivalents à pleine charge « EFC » qu’ils ont subis. Le nombre de
cycles équivalents à pleine charge est calculé avec l’équation (2.7). On observe sur la Figure 2.9
les résultats (adaptés par rapport à la capacité de référence mesurée) pour plusieurs
accumulateurs identiques de technologie Plomb. On remarque une disparité des résultats qui fait
ressortir la difficulté à établir un modèle général de vieillissement. Dans notre cas, on définit une
zone de vieillissement autour des courbes mesurées pour ensuite établir une relation
60 Chapitre 2 - Modélisation et méthode de pré-dimensionnement
mathématique modélisant le vieillissement. Plusieurs études ont montré que la perte de capacité
peut être considérée comme linéaire par rapport à la profondeur de décharge [GUO-08] [HUA-
06]. On propose donc de modéliser le vieillissement par une relation linéaire en traçant la droite
qui passe par le milieu de la zone. La Figure 2.10 présente les zones obtenues et les droites
correspondantes pour les différentes technologies d’accumulateurs testées. La perte de capacité
est calculée par rapport à la capacité initiale de référence « Cref (t0) » fournie par le constructeur.
0
-10
-20
-40
-50
-60
-70
-80
-90
-100
0 50 100 150 200 250 300
Nombre de cycle équivalent pleine charge (EFC)
Figure 2.9 : Résultats de tests de vieillissements pour un type d’accumulateurs au Plomb à plaques tubulaires
[LEM - 08]
-10
-20
-30
Perte de capacité (%)
-40
-50
-60
-70
Pb plaques planes
-80 Pb tubulaire
NiCd
-90 Li-ion
-100
0 50 100 150 200 250 300
Nombre de cycle équivalent pleine charge (EFC)
Figure 2.10 Synthèse des résultats de vieillissement pour différentes technologies [LEM-08]
2.2 - Modélisation du stockage électrochimique 61
Tableau 2.V : Pertes de capacité et coefficient Z après 1000 EFC de 4 technologies d’accumulateurs
électrochimiques
A titre d’exemple, la Figure 2.11 représente la durée de vie des accumulateurs en fonction de
la profondeur de décharge, pour chaque technologie présentée dans le Tableau 2.V. Pour cet
exemple, les batteries sont considérées hors d’usage après avoir perdue 30% de leur capacité
initiale.
4
x 10
18
Pb plaques planes
16 Pb tubulaire
Ni-Cd
Durée de vie (nombre de cycles)
14 Li-ion
12
10
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Profondeur de décharge (% )
Figure 2.11 : Nombre de cycle pour perdre 30% de la capacité initiale en fonction de DOD pour différentes
technologies de stockage électrochimiques
Si l’opération est une décharge, les pertes de capacité sont calculées avec l’équation linéaire
(2.35) conformément aux valeurs du Tableau 2.V. Avec l’équation (2.34) on calcule la nouvelle
capacité « Cref (k) » que l’on intègre dans l’équation (2.33) pour estimer l’état de santé [DEL-2006].
62 Chapitre 2 - Modélisation et méthode de pré-dimensionnement
Le calcul du vieillissement par les équations (2.34) et (2.35) traduit une baisse des
performances par des pertes de capacité de référence, ce qui apparaît dans le calcul de l’état de
charge au travers l’équation (2.15) La Figure 2.12 compare la durée de vie (en nombre de cycles)
d’un accumulateur au Plomb (plaque plane) en fonction de la profondeur de décharge de chaque
décharge, calculée avec le modèle proposé (basé sur le résultats expérimentaux et calculée avec
(2.33), (3.34) et (3.35)) et le modèle classique défini par l’équation (2.7). Dans cet exemple, on
considère que la batterie doit être remplacée lorsqu’elle a perdu 30% de sa capacité initiale de
référence (donc SOH = 70%). On remarque que le modèle proposé, basé sur les mesures
expérimentales, estime un vieillissement moins rapide que le calcul classique.
14000
Calcul classique
Modèle proposé
12000
Durée de vie (nombre de cycles)
10000
8000
6000
4000
2000
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Profondeur de décharge (% )
Figure 2.12 : Comparaison de la durée d’une batterie au Plomb à plaques tubulaires entre le calcul classique et le
modèle proposé [LIN-02]
Dans notre cas, les convertisseurs sont considérés comme des boîtes noires avec un rendement
de conversion qui dépend de la puissance d’entrée. Généralement, les constructeurs fournissent
la courbe de rendement du convertisseur en fonction de la puissance de sortie normalisée par
rapport à la puissance de sortie nominale. La Figure 2.13 montre la courbe de rendement
mesurée sur un onduleur SMA 1100 [SMA-06]. Les mesures ont été effectuées sur le site de
l’INES à Chambéry, par [Link]. Le rendement est calculé à partir des mesures de
2.3 - Modélisation comportementale de l’électronique de puissance 63
puissances en entrée et en sortie de l’onduleur. Cette courbe de rendement est utilisée pour
calculer le rendement européen « ηEU » par la formule (2.36) [VAL-08]. Ce paramètre fait office
de référence pour caractériser le rendement d’un convertisseur. Le rendement européen calculé à
partir des mesures est égal à 90.3%, tandis que la fiche technique du constructeur indique 91.3%.
ηEU = 0.03 × η5% + 0.06 × η10% + 0.13 × η20% + 0.10 × η30% + 0.48 × η50% + 0.2 × η100% (2.36)
93
92
91
90
Rendement η conv (%)
89
88
87
86
85
84
83
82
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120
Pin / Pin,norm (% )
Figure 2.13 : Courbe de rendement d’un onduleur SMA 1100 mesurée sur le site de l’INES
Pour modéliser le rendement du convertisseur, on se base sur le modèle de pertes décrit par
l’équation (2.37).
Pin
In = (2.38)
Pin ,nom
Par définition on a :
In × ηconv = In - ∆In (2.39)
On écrit donc :
In × (1 – ηconv) = k0 + k1 × In + k2 × In 2 (2.40)
64 Chapitre 2 - Modélisation et méthode de pré-dimensionnement
k0 k1 k2
0.0094 0.043 0.04
On remplace les coefficients par leurs valeurs dans l’équation (2.40) pour obtenir le modèle de
rendement de conversion décrit par l’équation (2.41) :
η conv = 1 −
1
In
(
0.0094 + 0.043 × In + 0.04 × In 2 ) (2.41)
La Figure 2.14 compare la courbe de rendement mesurée avec la courbe modélisée. On obtient
une erreur moyenne de 0.17%. Le rendement européen « ηEU » calculé à partir de la courbe
modélisée est égale à 90.2%.
L’équation (2.41) sera utilisée pour calculer le rendement des trois convertisseurs du système,
qui sont le hacheur PV, le convertisseur DC/DC réversible aux bornes des batteries et l’onduleur
réversible.
92
91
90
Mesures
89
Rendement η conv (%)
Modèle
88
87
86
85
84
83
82
0 20 40 60 80 100 120
Pin / Pin,norm (% )
Figure 2.14 : Comparaison du rendement d’un onduleur PV entre les mesures et le modèle proposé
2.4 - Méthode de pré dimensionnement 65
Edch journalier
4
Pres max PBAT max PV
3 CONSO
CONSO - PV
2
Puissance (kW)
-1
-2
-3
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 2.15 : Schéma d’une courbe de distribution de la puissance consommée sur le réseau en tenant compte de la
production photovoltaïque
4
Pres max
2
Puissance (kW)
-1
-2
~16%
-3
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Pourcentage de temps cumulé (% )
Figure 2.16 : Courbe de distribution de la puissance consommée sur le réseau en tenant compte de la production
photovoltaïque pour l’exemple de la Figure 2.15
2.4 - Méthode de pré dimensionnement 67
Les calculs sont détaillés ci-dessous. Ils sont réalisés pour chaque journée.
Soient « ∆Preseaudch » et « ∆Preseauch » les puissances de charges et de décharges des batteries
nécessaires pour respecter les contraintes sur la puissance échangée avec le réseau. Ces
puissances sont calculées avec les équations (2.44) et (2.45).
{
Pmax dch ( t ) = max ∆Pres dch ( t )
t
} (2.46)
Les énergies journalières sont obtenues par intégration des « ∆Pres » sur chaque jour « j » tel
que :
24
dch dch
( j) = ∫ ∆Pres ( j ,t ) . dt , ∆Pres ( j ,t ) > 0
dch
E (2.48)
j =1 à 365
t =0
24
ch ch
E ch ( j ) =
j =1 à 365
t
∫ ∆Pres
=0
( j ,t ) . dt , ∆Pres ( j ,t ) > 0 (2.49)
Ej max ch = max
j
{E ch
( j) } (2.51)
Soit « η bat » le rendement moyen de décharge et de charge des batteries, et « Vbatmoy » la tension
moyenne, considérée constante égale à 12V par batterie. Conformément aux limites sur l’état de
charge, les capacités de stockage nécessaires en décharge et en charge sont, en ampère-heure :
dch
dch Ej max
Cj bat = (2.52)
× η bat
moy
V bat ×( SOC max − SOC min )
ch
ch Ej max
Cj bat = moy (2.53)
V bat × ηbat ×( SOC max − SOC min )
On choisit la capacité de stockage la plus élevée pour s’assurer de respecter les contraintes
même dans le cas le plus défavorable. Compte tenu du besoin de prédictions annuelles pour
réaliser le dimensionnement, le résultat doit être interprété comme une estimation et non une
valeur exacte. Par conséquent, afin d’assurer le respect des contraintes en conditions réelles (qui
seront forcément différentes de celles prédites), nous proposerons de légèrement sur-
dimensionner la capacité des batteries par rapport au résultat de l’étude de dimensionnement.
Dans le cas de l’application à l’écrêtage de pointe, on applique uniquement une limite haute de
puissance échangée avec le réseau. Dans ce cas, la méthode de pré-dimensionnement que nous
venons de présenter permet de calculer la capacité de stockage nécessaire pour assurer
l’écrêtage, et de déterminer les périodes de décharge des batteries. Avec cette méthode, nous
n’avons pas calculé les périodes de charge, ni la stratégie appliquée (valeur des puissances et
source de charge (PV ou réseau)). Le dimensionnement étant basé sur la quantité d’énergie
maximum à fournir pour assurer l’écrêtage conformément aux états de charge limites de la
batterie, nous avons donc indirectement supposé que l’accumulateur est toujours pleinement
chargé avant chaque décharge. Cette hypothèse est importante car elle suppose une stratégie de
gestion en conséquent. Nous verrons dans le chapitre suivant quelle gestion cette hypothèse
impose et quelles sont ses limites.
2.5 - Application pour l’écrêtage de pointe 69
4
Puissance (kW)
0
Lun. Mar. Mer. Jeu. Ven. Sam. Dim.
Jours
Figure 2.17 : Courbe de consommation mesurée pendant la 1ère semaine de Février 2009
Pour créer un profil annuel, on suppose que la consommation des appareils électriques est
identique tout au long de l’année, tandis que celle du chauffage est variable en fonction de la
saison. On considère que la puissance maximale de chauffage est atteinte pendant le mois de
février. On crée un profil annuel en conservant la forme hebdomadaire de la courbe mesurée,
mais en modifiant les valeurs de la partie chauffage en appliquant le coefficient du Tableau [Link]
par rapport à sa puissance maximale. Cette approche peut être améliorée en intégrant les
données de l’éclairement saisonnier ou des analyses plus fines de la consommation [SID-03].
70 Chapitre 2 - Modélisation et méthode de pré-dimensionnement
Tableau [Link] : Coefficient de puissance de chauffage utilisé pour obtenir un profil de consommation annuel
(interprétation personnelle)
4
Puissance (kW)
0
Janv. Fev. Mars Avril Mai Juin Juil. Aout Sept. Oct. Nov. Dec.
Mois
Figure 2.18 : Profil annuel de consommation électrique (données brut moyennées sur 10min)
1200
1000
800
Irradiation (W/m²)
600
400
200
0
Jan. Fev. Mars Avril Mai Juin Juil. Aout Sept. Oct. Nov. Dec.
Mois
Figure 2.19 : Profil annuel d’irradiation sur le plan du générateur PV (données brut 2007 moyennées sur 10min)
2.5 - Application pour l’écrêtage de pointe 71
40
20
10
-10
Jan. Fev. Mars Avril Mai Juin Juil. Aout Sept. Oct. Nov. Dec.
Mois
La Figure 2.21 montre la courbe de distribution annuelle de l’énergie échangée avec le réseau,
avec et sans générateur PV. On observe que l’on injecte de l’énergie sur le réseau environ 25% du
temps, ce qui est élevé par rapport au temps de production du générateur PV. Ce résultat traduit
l’important décalage entre la consommation et la production.
On applique le dimensionnement proposé sur une année, avec les profils de consommation,
d’irradiation et de températures de référence et les valeurs du Tableau [Link]. On ne considère
pas de limite basse de puissance échangée avec le réseau, c’est à dire que l’injection d’énergie est
autorisée (Presmin = – ∞). Les résultats sont présentés dans le Tableau [Link].
Pchargesmax 5.6 kW
PPV crête 3 kW
Presmax 3 kW
Techno bat Pb plaques tubulaires
ηbat 0.9
Vbatmoy 120 V (10 batteries en
séries)
SOCmin 0.2
SOCmax 0.9
72 Chapitre 2 - Modélisation et méthode de pré-dimensionnement
6
Conso
5 Conso + PV
Puissance (kW) 2
-1
-2
-3
0 20 40 60 80 100
Pourcentage de temps (%)
Figure 2.21 : Distribution de l’énergie échangée avec le réseau avec et sans générateur PV pour les profils annuels
de références
Pmaxdch 2.6 kW
Cjbatdch 72 Ah
Soit « PconvPV max » et « PconvPV mom » la puissance maximale et nominale du convertisseur DC/DC
aux bornes du générateur PV :
PconvPV max = PPV crête (2.54)
PconvPV mom = PPV crête × 0.9 (2.55)
Soit « Pond max » et « Pond mom » la puissance maximale et nominale de l’onduleur bidirectionnel :
Pond max = PconvPV max + PconvBAT max (2.58)
Pcond mom = Pond max × 0.9 (2.59)
On récapitule les caractéristiques de système étudié dans le Tableau 2.X. Nous utiliserons ce
dimensionnement pour toutes les prochaines simulations dans la suite de ce document.
Pchargesmax 5.6 kW
PPV crête 3 kW
Techno bat Pb plaques tubulaires
Vbatmoy 120 V (10 batteries en
séries)
Pmaxdech 2.3 kW
Cbat 100 Ah
PconvPV max 3 kW
PconvPV mom 2.7 kW
PconvBAT max 2.3 kW
PconvBAT mom 2.07 kW
Pond max 5.3 kW
Pond mom 4.77 kW
2.6 Conclusion
chaque décharge. De plus, cette stratégie n’est pas forcément optimale autant du point de vue
énergétique que financier.
A partir du modèle comportemental du système et du dimensionnement proposé, nous allons
maintenant développer des stratégies de gestion d’énergie. Grâce à la modélisation, il va être
possible d’anticiper l’état du système en fonction des données prévisionnelles pour proposer des
stratégies optimales selon un critère de performance.
Chapitre 3
La Figure 3.1 représente le système étudié introduit dans le chapitre 1. Sur cette figure sont
indiqués les flux de puissance possibles, leurs conventions de signe respectives et les
composantes du système. On rappelle que les composantes « SOC » et « SOH » correspondent
respectivement à l’état de charge et l’état de santé définies dans le chapitre 2§2.2.
76 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
= = Tarifs(t)
=
Pres(t)< 0
Réseau
Générateur PV Pbat(t) > 0 Pbat(t) < 0 Pcharges(t)> 0
=
=
+
-
Batteries
SOC(t), SOH(t) Charges
Le système est formé de cinq composantes de sorte que le vecteur composantes « V(t) »
s’écrive :
v 1 ( t ) Pres ( t )
v 2 ( t ) Pbat ( t )
V ( t ) = v 3 ( t ) = PPV ( t ) (3.1)
v 4 ( t ) Pch arg es ( t )
v ( t ) Tarifs( t )
5
Les composantes « V3 », « V4 » et « V5 » sont des données d’entrée imposées, sur lesquelles nous
n’avons aucun contrôle. Cela signifie que l’on prend l’hypothèse que la production PV (i.e son
point de fonctionnement) et que les charges ne sont pas pilotées. La puissance réseau « Pres(t) » et
la puissance des batteries « Pbat(t) » sont les inconnues à déterminer en fonction de l’état du
système. À chaque instant, l’état du système est caractérisé par son vecteur d’état « X(t) », formé
de cinq composantes telles que :
x 1( t ) SOC ( t )
x 2( t ) SOH ( t )
X ( t ) = x 3( t ) = PPV ( t ) (3.2)
x 4( t ) Pch arg es ( t )
x ( t ) Tarifs( t )
5
3.1 - Problématique de la répartition de l’énergie 77
L’état de charge et l’état de santé des batteries dépendent du courant qui y transite. Ces deux
composantes sont calculées avec les équations (2.14) à (2.27) Conformément à la convention de
signe, les lois de la physique imposent l’équilibre des puissances à chaque instant tel que :
La puissance réseau est déterminée explicitement par l’équation (3.3) à partir de la puissance
des batteries, ce qui fait de cette dernière la seule inconnue. La composante « Pbat(t) » est calculée
à partir de la tension aux bornes de la batterie « Vbat » et du courant « Ibat » qui y transite par la
relation (3.4).
Puisque les batteries imposent la tension à leurs bornes, l’inconnue est le courant qui y
transite. Le courant « Ibat(t) » est donc la variable de commande (ou de décision) du système. Il
permet de faire passer le système d’un état à un autre, et de trouver la valeur de l’autre variable
« Prés(t) ». Le vecteur commande « U(t) » s’écrit alors :
L’équation (3.3) est la première contrainte imposée, que nous formulons par la relation (3.6).
Les autres contraintes du problème de répartition de l’énergie sont exprimées par les équations
(3.7) à (3.10).
En imposant des bornes sur la puissance échangée avec le réseau « Pres(t) » par la contrainte
(3.10), on souhaite écrêter la courbe de consommation. Les contraintes (3.7), (3.8), (3.9),
respectivement sur l’état de charge, l’état de santé et la puissance des batteries, sont des
contraintes physiques. On considère que le système ne peut pas fonctionner si elles ne sont pas
vérifiées, donc les solutions correspondant au dépassement de ces contraintes sont éliminées. On
impose une limite de puissance de charge des batteries car le modèle d'état de charge ne prend
78 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
pas en compte de la puissance (le rendement de charge β ne dépend que de l’état de charge SOC).
Sans contrainte et conformément au modèle d’état de charge, il serait possible de charger
complètement les batteries en quelques secondes avec une puissance très élevées, alors que cela
n’est pas réaliste. En pratique, le rendement de charge dépend de la puissance et du courant de
charge. La limite de puissance de charge permet donc de « compenser » cette faiblesse du modèle
que nous utilisons. Les contraintes physiques sont prioritaires face aux contraintes d’ordre
économique, telles que celles imposées sur la puissance réseau (3.10). Les contraintes sur la
puissance échangée avec le réseau ne sont pas nécessairement strictes, c’est-à-dire que le
système peut fonctionner même si elles ne sont pas vérifiées. Dans le cas d’une optimisation, on
impose un coût de pénalité sur le critère de performance lors du non respect de cette contrainte.
Dans ce cas, la solution est pénalisée mais n’est pas éliminée.
Le bilan de puissance (3.6), qui doit être vérifié sur le bus DC, doit tenir compte du rendement
de chaque convertisseur que nous n’avons pas introduit explicitement dans l’équation afin de
simplifier la formulation du problème. Conformément au schéma de la Figure 3.1 les valeurs de
la puissance PV (« Ppv ») et de la puissance batteries (« Pbat ») incluent déjà le rendement des
convertisseurs DC/DC. Le calcul doit donc tenir compte uniquement du rendement du
convertisseur DC/AC qui dépend de la puissance qui y transite (hypothèse que le rendement est
identique dans les 2 sens de conversion). On obtient la relation explicite d’équilibre par la
démarche suivante :
2) PDC (t) ≥ 0
PDC ( t ) (3.14)
Pres ( t ) = + Pch arg es ( t )
η ACDC ( PDC ( t ))
P PV ( t ) + Pbat ( t ) (3.15)
⇔ + Pch arg es ( t ) − P res ( t ) = 0
η ACDC
3.2 - Application d’une gestion restreinte 79
Ainsi, la contrainte (3.6) d’équilibre des puissances s’exprime par les deux équations (3.13) et
(3.15) en fonction du bilan de puissance sur le bus DC. On obtient alors une contrainte sous
forme discontinue et non linéaire (au travers du calcul des rendements de conversion).
Dans un premier temps, nous proposons une gestion dite « restreinte », c'est-à-dire qui est
basée sur des règles pré définies. Le mode de fonctionnement est imposé en fonction de la valeur
de la puissance photovoltaïque et de la consommation. Cette gestion est dite « restreinte » car elle
ne prend pas en compte l’état de santé des batteries « SOH » dans les règles prédéfinies.
Le principe de la gestion restreinte est basé sur les trois principales règles suivantes :
1) L’énergie photovoltaïque est en priorité utilisée pour alimenter les charges
2) Les batteries sont déchargées uniquement pour assurer la fonction d’écrêtage de pointe
quand le PV n’est pas suffisant.
3) Les batteries sont rechargées dès que possible avec la source disponible (PV ou réseau)
La dernière règle est la plus contraignante mais est nécessaire pour assurer que les batteries
soient pleines avant chaque décharge. En effet, comme nous n’avons aucune information sur
l’avenir (ni pour les périodes de décharge, ni pour les périodes de production PV), nous devons
utiliser la moindre occasion pour charger les batteries. Nous sommes ainsi sûrs qu’elles
contiendront assez d’énergie pour la prochaine décharge qui n’est pas anticipée.
L’organigramme de la gestion restreinte proposée est présenté sur la Figure 3.2. La démarche
est la suivante :
On applique cette gestion sur le système étudié avec le dimensionnement du Tableau 2.X et
les profils de consommation, d’irradiation et de température ambiante présentés dans le chapitre
2§2.5. Le Tableau 3.I rappelle les caractéristiques du système, y compris le dimensionnement.
Les paramètres de la simulation sont donnés dans le Tableau [Link]. On considère une restriction
des subventions de l’énergie PV de sorte que le tarif d’achat soit égal au tarif de l’électricité sur le
réseau (« FiT » = « EgP »).
Pchargesmax 5.6 kW
PPV crête 3 kW
Techno PV Si poly cristallin
Coût inv PV 5000 €/kWc
Cbat(0) 100 Ah
SOC(0) 90 %
Nb bat série 10
Nb branches parallèles 1
Techno Bat Pb plaques tubulaires
Coût inv bat 200 €/kWh
t=0
PPV(t), Pcharges(t)
PPV(t), Pcharges(t)
SOC(t) SOC(t)
N N
SOC(t) < SOCmax Pbat(t) ≤ 0
Y Y
N N Pbat(t) = 0
SOC(t) > SOCmin Pbat(t) ≥ 0
Étape 3
Vérification des contraintes batteries
Y Y (Pbat et SOC)
N Pbat(t) = Pbatmax
Pbat(t) ≤ Pbatmax
N Pbat(t) = Pbatmin
Pbat(t) ≥ Pbatmin
Y
Bilan de puissance pour trouver Pres(t) en
Étape 4
Si Pbat est modifiée, alors bilan de puissance
fonction de la nouvelle valeur de Pbat(t) pour trouver Pres(t) en fonction du nouveau Pbat(t)
N
Pres(t) ≤ Presmax
Y Étape 5
Vérification des contraintes réseau
avec le nouveau Pbat(t)
N
Pres(t) ≥ Presmin
Y
Vbat(t)
Pbat(t) / Vbat(t) Contraintes
réseau non
respectées !!
Ibat(t)
Impossible de vérifier toutes les contraintes. On applique
une commande qui vérifie les contraintes batteries mais
pas celles sur le réseau
Système réel
La Figure 3.3 montre la nouvelle courbe de distribution obtenue avec la gestion restreinte. On
remarque que l’application d’écrêtage de la consommation à 3 kW est satisfaite. La Figure 3.4
montre une simulation temporelle réalisée sur la journée exemplaire du 22 février 2007. Sur
cette figure sont tracés les profils de consommation, de production PV, de puissance échangée
avec le réseau en présence du stockage, et de la puissance échangée avec les batteries. Cette
figure nous permet d’analyser la stratégie de gestion appliquée conformément aux trois
principales règles prédéfinies
On remarque que l’énergie PV est bien utilisée en priorité pour alimenter les charges car la
production seule suffit pour écrêter le pic de consommation entre 13h et 15h sans avoir recours
aux batteries. Les batteries sont déchargées uniquement pour assurer la fonction d’écrêtage
quand la production n’est pas suffisante, entre 2h et 6h dans notre exemple.
Conformément à la règle prédéfinie, les batteries sont rechargées dès que possible avec la
source disponible. Dans notre exemple, cela intervient juste après la décharge entre 6h et 9h.
Avec cette stratégie, on remarque que la principale source de charge est le réseau électrique. La
production PV, qui serait suffisante pour assurer la recharge complète, est en grande partie
injectée sur le réseau. Notre objectif étant de réaliser l’écrêtage avec de l’énergie d’origine
renouvelable, on considère qu’avec la gestion restreinte l’énergie photovoltaïque n’est pas
valorisée. De plus, il n’est pas possible de contrôler l’état de charge des batteries, ce qui pourrait
s’avérer utile pour optimiser le point de fonctionnement des accumulateurs et pour maîtriser la
quantité d’énergie initiale dans les batteries en début de chaque journée. Enfin, si on ajoute une
contrainte, par exemple une limite sur la puissance injectée « Pres min », la stratégie « charge des
batteries dès que possible » n’est plus adaptée et n’assure pas le respect de la limite basse
supplémentaire. Il faut alors établir d’autres règles, ce qui devient très laborieux.
Malgré tous ces reproches, nous en concluons que tant qu’il n’y a pas de prédictions sur le profil
de consommation et la production PV, la stratégie de charge de la gestion restreinte est la seule
qui assure que les batteries contiennent assez d’énergie pour la prochaine décharge afin de
garantir l’écrêtage de pointe.
3.2 - Application d’une gestion restreinte 83
4
Conso + PV + stockage
3
Puissance (kW) 1
-1
-2
-3
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Pourcentage de temps (% )
Figure 3.3 : Courbe de distribution annuelle de la puissance échangée avec le réseau avec un système de stockage
et la gestion restreinte
4
PV
CONSO
3 BAT
RES
2
Puissance (kW)
-1
-2
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 3.4 : Profils journalier des puissances dans le système avec la gestion restreinte pour une journée
exemplaire (22 Février 2007)
La gestion basée sur des règles pré définies est adaptée aux problèmes à un seul objectif avec
des contraintes strictes qui suppriment tous degrés de liberté. Les systèmes autonomes sont un
bon exemple des cas pour lesquels la gestion restreinte est adaptée.
Suite à ces conclusions et conformément à la structure du système de gestion proposée dans le
chapitre 1, nous allons proposer une gestion basée sur des prédictions de la consommation et de
la production photovoltaïque. A partir de ces informations, nous allons calculer la stratégie de
gestion optimale conformément à un objectif. Nous allons voir comment définir l’objectif pour
obtenir une stratégie de gestion qui optimise l’utilisation de l’énergie PV pour l’écrêtage de
pointe. L’objectif sera exprimé en termes économiques, ce qui va permettre de prendre en compte
le coût de vieillissement des batteries qui est l’un des paramètres les plus importants dans le
calcul d’une stratégie optimale. Dans ce cas, les tarifs de l’électricité sur le réseau (vente et
injection) seront également considérés. Avant de proposer un algorithme de gestion, nous allons
maintenant étudier les méthodes d’optimisation qui sont plus adaptées à nos besoins.
3.3 - Outils d’optimisation 85
3.3.1 Définitions
x 1( t )
M
X ( t ) = x i ( t ) tel que " « i » e [1, n], xi (t) e { Ex } (3.16)
M
x n( t )
u1( t )
M
U ( t ) = u i ( t ) que l’on peut choisir pour modifier « X(t) » (3.17)
M
u n ( t )
Par définition, les relations entre les commandes (composantes du vecteur « U(t) ») et l’état du
système sont les équations d’états. Le système est contraint si au moins une des valeurs des
composantes qui forment le vecteur d’état est restreinte à une partie { Cxi } de l’espace { Ex },
c'est-à-dire [HIR-96] :
Système contraint si et seulement si
(3.18)
' « i » e [1, n] tel que xi (t) e { Cxi } Õ { Ex }
L’espace { Cx } est l’ensemble des solutions admissibles, défini par des contraintes sous formes
d’égalités et/ou d’inégalités à respecter, et/ou de bornes à ne pas dépasser [HIR-96] [MAN-04].
Remarquons que le vecteur commande peut aussi être contraint, ce qui ajoute un degré de
complexité au problème.
Min ( ou Max ) J ( X )
X X
X e { Cx } Õ { Ex }
La dynamique d’un phénomène est représentée par plusieurs variables. Dans ce contexte, le
nombre de variables devient bien plus important qu’en statique, ce qui complexifie le problème et
sa résolution.
Dans le cas d’une optimisation en contexte dynamique, nous dirons que l’avenir est connu et
certain si l’on connaît formellement la valeur de toutes les variables à tous les instants. Si on ne
connaît pas la valeur de toutes les variables, on dit que l’avenir est inconnu ou incertain (même
3.4 - Synthèse des méthodes d’optimisation 87
Sur la Figure 3.5 nous proposons une synthèse et une classification des méthodes
d’optimisations basée sur les références bibliographiques [NEO-09] [MEL-08] [VAL-08] [KES-07]
[CAI-04] [MAN-04] [DES-03] [HIR-96] [SAK-84] [KAU-68] [WOO-65].
88 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
On propose de classer les problèmes d’optimisation en deux catégories selon la nature des
variables :
dépendent des choix des critères de convergence et de qualité. D’autres algorithmes s’inspirent de
processus réels pour aboutir à une solution optimale en minimisant la complexité du problème.
Citons entre autres la méthode du recuit simulé, inspirée d’un processus utilisé en métallurgie,
et les algorithmes de colonies de fourmis ou d’essaim particulaire, basés sur le principe de
collaboration entre individus auto organisés pour chercher une meilleure solution dans l’espace
des possibilités. On remarquera l’inconvénient majeur de ces méthodes qui réside dans le choix
de nombreux paramètres déterminants sur la solution, qui sont souvent déterminés de façons
empiriques.
Dans notre cas, l’algorithme d’optimisation doit fournir la stratégie qui optimise l’indice de
performance tout en respectant les contraintes. Si les données d’entrée sont variables mais
inconnues ou incertaines, la stratégie est calculée avec des données d’entrée prévisionnelles, d’où
une stratégie prévisionnelle. Dans ce cas, puisqu’une erreur de prédiction est inévitable
(perturbations), l’application de la stratégie prévisionnelle en boucle ouverte n’aboutit plus à la
performance optimale. Pour obtenir la performance optimale conformément aux conditions
réelles, il faut réaliser une optimisation réactive [NAS-69].
Au travers un état de l’art sur les méthodes d’optimisation utilisées pour résoudre les
problèmes de gestion de l’énergie, nous allons choisir une méthode pour notre application.
90 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
Dans le cas d’une optimisation paramétrique, la répartition de l’énergie est obtenue avec des
algorithmes de gestion de l’énergie sans optimisation, que nous assimilons à des algorithmes de
prise de décision basés sur des règles heuristiques (« rules-based algorithms » en anglais) [CER-
08] [ASH-01] [HE-05]. La gestion consiste à imposer différents modes de fonctionnement (qui
assurent de vérifier les contraintes) correspondant à des scénarii définis à priori en fonction des
valeurs des données d’entrées [HUA-09] [DIA-08] [WAN-08] [SEN-06]. On trouve un exemple
simple d’algorithme de prise de décisions en appendice de [GON-08], et dans [JAL-97]. Les modes
de fonctionnement imposés étant définis généralement par intuition (règles heuristiques), ils ne
correspondent pas nécessairement à la stratégie optimale [WAN-06] [GON-08]. On réalise alors
simplement de la gestion de l’énergie.
Dans ce cas, l’optimisation est réalisée sur les paramètres de décision de l’algorithme ou sur la
taille des composants (valeurs seuils de décision, taille du générateur PV ou éolien, capacité de
stockage…) [HUA-09] [DIA-08] [WAN-08] [SEN-06]. L’objectif est alors de déterminer les valeurs
des paramètres qui optimisent l’indice de performance. Généralement, c’est une optimisation
globale annuelle qui nécessite des données prédictives [ASH-01] [FUN-98] [DUF-06]. Les
algorithmes de prise de décisions réduisent la complexité du problème, donc ils ont un très faible
3.4 - Synthèse des méthodes d’optimisation 91
besoin en capacité de calculs et sont ainsi faciles à implanter dans un microcontrôleur [KES-08]
[GON-08] [WAN-06] [LU-05]. Nous nous inspirerons de la littérature concernant l’optimisation
paramétrique pour réaliser les algorithmes de gestion de l’énergie sans optimisation, présentés
au chapitre 3 lors de la première approche du problème de répartition de l’énergie. Par la suite,
souhaitant réaliser l’optimisation de la gestion de l’énergie, nous nous inspirerons des études
présentées ci dessous concernant ce sujet.
simulation (période de 24h avec pas discrétisation 10min). De plus, la vitesse de résolution peut
être améliorée en appliquant des modifications qui réduisent le nombre de calculs [KOO-05].
La programmation quadratique (QP ou SQP) permet de résoudre rapidement les problèmes
d’optimisation sous contraintes lorsqu’ils sont formulés avec les multiplicateurs de Lagrange.
Cependant, cette méthode impose que la fonction objectif soit convexe, ce qui, généralement,
nécessite des modifications sur les modèles du problème [LU-05] [KOO-05]. La programmation
quadratique demande moins de capacités de calcul et de mémoire que la PD, ce qui en fait la
méthode favorite pour réaliser une optimisation réactive [CER-08] [KES-08] [KES-07].
L’optimisation réactive est réalisée lorsque l’on travaille avec des données d’entrée variables
en avenir incertain. Dans ce cas, on souhaite générer les références qui assurent l’optimisation
globale en fonction des valeurs des données mesurée en temps réel (ou à chaque pas de temps
pour les problèmes discrets). Les deux méthodes utilisées pour réaliser une optimisation réactive
que nous avons recensées dans la littérature sont la programmation dynamique [GON-08] [KOO-
05] et la programmation quadratique (problème formulé avec les multiplicateurs de Lagrange)
[KES-08] [KES-07] [KOO-05]. Dans chaque cas, le système est discrétisé de sorte que le problème
corresponde à minimiser une fonction à chaque pas de temps, qui dépend de la valeur des
données d’entrée pendant ce pas de temps. Ainsi, l’optimisation réactive nécessite des
informations sur un avenir proche, plus facile à obtenir que l’estimation sur toute la période
étudiée dont a besoin l’optimisation prévisionnelle. Le choix de la méthode pour réaliser
l’optimisation réactive dépend du moyen d’obtenir la prédiction de l’avenir proche. Une première
solution est de faire une estimation en fonction des mesures au temps présent, ce qui suppose
d’avoir un modèle de prédiction « court terme » [KES-07] [KOO-05].
La deuxième méthode est utilisée en re-formulant le problème avec les multiplicateurs de
Lagrange. Dans ce cas, une prédiction de la valeur du multiplicateur « λ » est nécessaire [KES-
08] [KES-07] [KOO-05]. Cette estimation peut être obtenue par un régulateur PI intégré dans
une boucle fermée qui mesure l’état de charge des batteries [KES-08] [KES-07] [KOO-05]. On
obtient ainsi une estimation en temps réel facile à implémenter dans un microcontrôleur.
Cependant, nous rappelons que la fonction objectif doit être convexe, ce qui nécessite une
simplification du problème. Dans la référence [KOO-05], il est montré que cette simplification est
généralement à l’origine des écarts sur le résultat par rapport à la solution optimale réelle.
Suite à cet état de l’art, nous avons choisi d’utiliser la programmation dynamique sous forme
discrète. Nous allons réaliser une optimisation prévisionnelle que l’on va réajuster en temps réel
en fonction des perturbations. Les modèles n’ont pas besoin d’être simplifiés car les contraintes et
la fonction objectif peuvent être de n’importe quelles natures. Nous présentons maintenant en
3.5 - Programmation dynamique et algorithme de Bellman 93
détail la méthode d’optimisation utilisée pour réaliser la programmation dynamique. C’est une
méthode graphique qui correspond à un algorithme de recherche du plus court chemin proposé
par [Link] [KAU-68] [BEL-58] [BEL-52].
L’algorithme de Bellman est une méthode déterministe qui permet de trouver le plus court
chemin entre un état initial et un état final dans un graphe d’état orienté pondéré [KAU-68]
[BEL-58] [BEL-52]. Un graphe d’état G(X,U) est défini comme 2 ensembles finis disjoints de
sommet {X} et d’arc {U}, représentant respectivement les états du système et les transitions entre
chaque état. Un graphe est orienté si tous ses arcs sont orientés, c'est-à-dire s’il existe une
extrémité terminale T(u) et une extrémité initiale I(u) associée à chaque arc. Un graphe est
pondéré si à chaque arc est associée une valeur correspondant au coût de passage entre le
sommet de l’extrémité initiale et le sommet de l’extrémité terminale. Dans notre cas, nous
appelons cette valeur le poids de l’arc, noté p(u).
A titre d’exemple, considérons le graphe d’état G(X,U) de la Figure 3.6. C’est un graphe
orienté car il existe une extrémité terminale et initiale associée à chaque arc. Les 2 ensembles {X}
et {U} sont :
- État du système {X} = {x0, x1, x2, x3, x4, x5, x6} = {0,1,2,3,4,5,6}
- Arcs entre chaque état {U} = {u0,1, u0,2, u0,3, u1,2, u1,3, u1,6, u2,3, u2,4, u3,5, u3,6, u4,5, u4,6, u5,6}
L’ensemble des poids associés aux arcs est :
- {P} = {1, 5, 2, 3, -1, 6, 2, 3, 4, 3, 5, 1, -2}
U1,5
1 P(u1,5) = 6
5
P(u 5
P(
U3,5
4
1
u 1,3
P(u1,2) = 3
U0,1 U5,6
,6
=
)= U1,3
)=
5)
)=
1
3,
u 0, U1,2
u
-2
P(
P(
-1
U4,6
P(
u U0,2
2
U2,3 U4,5
1
=
P(u
0,
=
2)
3)
=
6)
5
2,
4,
u
u
P(
U2,4
P(
2 P(u2,4) = 3 4
• I(u) = « xi »
• T(u) = « xj »
- Un chemin qui aboutit au sommet « xi » est une trajectoire possible entre le sommet initial
« x0 »et le sommet « xi ». Le coût d’un chemin est la somme des poids des arcs constituant ce
chemin. Le coût du chemin qui aboutit au somment « xi » est noté C(xi).
On appelle une « politique » d’un état « xi » à « xj », notée zxi,xj, l’ensemble des décisions prises
pour former le chemin entre l’état « xi » et l’état « xj ». Une politique plus avantageuse
conformément à un critère de performance (prédéfinie) est appelée « politique optimale » [BEL-
52]. L’algorithme de Bellman est une méthode récursive qui fonctionne de proche en proche. On
cherche le plus court chemin qui aboutit à chacun des sommets du graphe, avec la contrainte
suivante :
- On ne calcule le chemin le plus court qui aboutit à un sommet « xj » que si l’on a déjà calculé les
chemins les plus courts qui aboutissent à tous ses prédécesseurs.
C( xj ) = P( u xi, xj ) + C( xi ) * (3.20)
Avec :
C(xi)* : Coût du plus court chemin qui aboutit au sommet « i ».
P(uxi,xj) : Poids de l’arc entre le sommet « i » et le sommet « j ».
Soit { W } l’ensemble des prédécesseurs de « xj ». Le coût du plus court chemin pour aboutir à
« xj » est :
[
C ( x j )* = Min P ( uw i ,xj ) + C ( w i ) *
wi
] (3.21)
On note « wi* » le prédécesseur pour lequel on aboutit au sommet « xj » avec le coût le plus
faible.
3.5 - Programmation dynamique et algorithme de Bellman 95
On considère Xi pour i = 0 à N les sommets du graphe G(X,U), et p(uij) le poids associé à l’arc
uij entre le sommet « xi » et le sommet « xj ». On initialise les valeurs de coût des chemins C(xi)* à
+ ∞, sauf pour le sommet initial pour lequel C(x0)* = 0. On étudie successivement chaque arc du
graphe en respectant la contrainte sur l’ordre, tel que :
Ainsi, on obtient le plus court chemin pour aboutir à chacun des sommets du graphe. Une fois
le sommet final « xN » atteint, on obtient le chemin le plus court à partir de son prédécesseur
optimal tel que:
Soit « n » le nombre de sommets qui composent le chemin optimal :
xn* = xN, et pour l’indice « k » décroissant de « n » à 1 on a :
x k −1* = w x k * *
L’algorithme de Bellman, dont l’organigramme est présenté sur la Figure 3.7, est basé sur le
principe d’optimalité énoncé ci-dessous et se traduit par la formule (3.21) [BEL-52].
Principe d’optimalité
« Une politique est optimale si, à une période donnée, quelles que soient les décisions
précédentes, les décisions qui restent à prendre constituent une politique optimale en regard du
résultat des décisions précédentes. »
Hypothèse 3.1
3.1 :
Le poids de l’arc « P( uxi,xj ) », alors qu’on se trouve dans l’état « i » et que l’on prend la décision
« uxi,xj », ne dépend que de ces deux éléments et pas du tout des décisions antérieures qui ont
permis d’aboutir en « i »
96 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
Etat initial
Sommet « j » = 0, C(x0)* = 0
N = nombre maximum de sommets
j = j+1
i=0
C( x i )* ≠ ∞
et N
∃ u( i , j ) tq I ( u ) = x i et T ( u ) = x j
N
C(xj)* > p(ui,j) + C(xi)*
i = i +1
N
i≠j
Y
N
i≥N
N
j≥N
Sommet final = N
xn*= w(N)*
xn-1 = w(xn*)*
Fin
1) L’état initial est le sommet « 0 ». Comme il n’a pas de prédécesseur, le sommet initial
est considéré comme déjà étudié. Par définition, on a C(x0)*= 0.
2) x1 est le seul sommet dont tous les prédécesseurs ont été étudiés (x0). On commence
donc par étudier le sommet « 1 ».
3) C(x1)* = min [P(u0,1)+C(x0)*] = 1
4) Il est maintenant possible d’étudier le sommet « 2 » car tous ses prédécesseurs (« 0 » et
« 1 ») ont été étudiés.
5) C(x2)* = min [P(u0,2), C(x1)*+P(u1,2)] = min [5,4] = 4. Le chemin le plus court pour
aboutir à x2 est de passer par x1.
6) Il est possible d’étudier le sommet « 3 » et « 4 » car tous leurs prédécesseurs ont été
étudiés. On choisit arbitrairement de commencer par x3.
7) C(x3)* = min [P(u0,3), C(x1)*+P(u1,3), C(x2)*+P(u2,3)] = min [2, 0, 6] = 0. Le chemin le
plus court pour aboutir à x3 est de passer uniquement par x1.
8) C(x4)* = C(x2)* + P(u2,4) = 7. Le chemin le plus court pour aboutir à x4 est de passer par
les sommets « 1 » et « 2 ».
9) Tous les prédécesseurs du sommet « 5 » ont été étudiés.
10) C(x5)* = min [C(x1)*+P(u1,5), C(x3)*+P(u3,5), C(x4)*+P(u4,5)] = min [5,4,12] = 4. Le
chemin le plus court pour aboutir au sommet « 5 » est de passer par les sommets « 1 »
et « 3 ».
11) Tous les prédécesseurs du sommet final « 6 » ont été étudiés.
12) C(x6)* = min [C(x3)*+P(u3,6), C(x4)*+P(u4,6), C(x5)*+P(u5,6)] = min [6,8,2] = 2. On a
déterminé le chemin le plus court entre le sommet initial et le sommet final. Il faut
passer par les sommets « 1 », « 3 » et « 5 ».
3.6.1 Application
Application à l’écrêtage
l’écrêtage de pointe au moindre coût
Nous allons maintenant présenter comment nous avons appliqué l’algorithme de Bellman à
notre système pour réaliser de l’écrêtage de pointe au moindre coût. L’indice de performance est
la somme des flux de trésorerie (équation (3.22) et (3.23), cash-flow en anglais) qui est défini
comme la différence entre les encaissements et les décaissements générés par l’activité (ici
production ou consommation d’énergie). Dans notre cas, on prend en compte le coût de
remplacement des batteries « BrC » (Batteries remplacement Cost) suite à leur vieillissement.
3.6 - Exploitation de l’algorithme de Bellman 99
Par convention, un cash flow négatif correspond à une dépense et un cash flow positif correspond
à un bénéfice.
T
J ( t ,T ) = ∑CF ( t )
t =t0
(3.22)
Avec :
CF ( t ) = Pres ( t ) × FiT ( t ) × ∆t − [(Pres ( t ) × EgP ( t ) × ∆t ) + BrC ( t ) ] (3.23)
Pres ( t ) <0 Pres >0
- L’ensemble des arcs {U } correspond aux changements d’état de charge pendant un intervalle de
temps «∆t ». Il n’existe pas d’arcs entre les états du même pas de temps. Le poids de chaque arc
est égal au flux de trésorerie du changement d’état de charge correspondant.
L’état de charge initial est « SOC0 », c’est le seul sommet qui n’a pas de prédécesseur. Afin de
comparer des politiques de même ordre, on impose l’état final « SOC (T) » identique à l’état
initial. Tous les arcs sont orientés dans le même sens, du temps « t » au temps « t+∆t ». C’est un
graphe d’état orienté qui n’a pas de circuit et qui respecte les conditions d’application de
l’algorithme de Bellman énoncées dans la section précédente et rappelées ci-dessous :
- Le sommet initial est le seul sommet sans prédécesseur
- Le graphe G(X,U) n’a pas de circuit, c'est-à-dire qu’il n’existe pas de chemin dont le sommet
initial et le sommet final sont identiques (tous les arcs sont orientés dans le même sens).
100 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
? ∆SOC02
∆t)
SOC1(1.∆ ∆t)
SOC1(2.∆ ∆t)
SOC1(3.∆
SOC0 ?
∆SOC03 + δSOC
? N états
?
∆t)
SOC2(1.∆ ∆t)
SOC2(2.∆ ∆t)
SOC2(3.∆
∆SOC0N
Figure 3.8 : Représentation du problème sous la forme d’un graphe de Bellman pour 3 pas de temps
- L’autonomie :
Par définition, l’autonomie d’un système de stockage est le temps minimal de décharge pour
atteindre l’état de charge minimal à puissance maximale, à partir d’une charge complète. Ainsi,
l’autonomie impose une limite de variation de l’état de charge.
3.6 - Exploitation de l’algorithme de Bellman 101
L’équation (3.26) représente la contrainte sur la variation d’état de charge imposée par la
durée de vie et l’autonomie.
On applique l’algorithme de Bellman sur le graphe du même type que celui de la Figure 3.8. À
la fin de la simulation, on connaît les chemins minimaux qui aboutissent à l’état final. Le chemin
optimal est le chemin au flux de trésorerie final maximal. On obtient ainsi le profil de charge du
système de stockage qui aboutit à la facture énergétique minimale, aussi appelé « politique
optimale ». La Figure 3.9 représente l’application de l’algorithme de Bellman sur le graphe de la
Figure 3.8 dans un cas simple avec les valeurs du Tableau [Link].
T 3.∆t
δSOC 0.1
SOCmin 0.2
SOCmax 0.9
SOC0 0.5
A chaque arc « u(i,j,t) » du graphe de la Figure 3.8 est associée une variation d’état de charge
« ∆SOC » telle que :
• I(u(i,j,t)) = SOCxi(t)
• T(u(i,j,t)) = SOCxj(t+∆t)
Le poids d’un arc u(i,j,t) est égal à la valeur du flux de trésorerie associée à la variation d’état
de charge « ∆SOC ». Le calcul du poids d’un arc correspond à la formulation (3.23) avec « FiT » le
tarif d’achat de l’énergie PV, « EgP » le prix de l’électricité et « BrC » le coût de remplacement des
batteries.
102 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
Valeur du cash-flow CF11= p01 CF11
P111
SOC 0.2 0.2 SOC 0.2 0.2
SOC 0.2 0.2
p211
p01 CF21= p02 CF21
0.3 0.3 0.3 0.3 0.3 0.3
0 0 0 P311
p02
0.5 0.5 CF31= p03 CF31
0.5 0.5 0.5 0.5
0.4 0.4 P81 1
p03 0.4 0.4 0.4 0.4
p08
∆SOC < ∆SOCmin
1) Graphe d’état du système 2) Étude des poids des arcs au 1er pas 3) Étude des poids des arcs qui
de temps aboutissent à l’état 1 au 2ième pas de
temps
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
CF11 CF12= p02+ p211 CF11 CF12 CF11 CF12
SOC 0.2 0.2 SOC 0.2 0.2 SOC 0.2 0.2
p12 1
4) Détermination du chemin le plus 5) Étude des poids des arcs qui 6) Détermination du chemin le plus
court pour aboutir à l’état 1 au 2ième pas aboutissent à l’état 2 au 2ième pas de court pour aboutir à l’état 2 au 2ième pas
de temps temps de temps
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
CF11 CF12 CF11 CF12 CF11 CF12
SOC 0.2 0.2 SOC 0.2 0.2 SOC 0.2 0.2
p381
p831
7) Étude des poids des arcs qui 8) Détermination du chemin le plus 9) Étude des poids des arcs qui
aboutissent à l’état 3 au 2ième pas de court pour aboutir à l’état 3 au 2ième pas aboutissent à l’état 8 au 2ième pas de
temps de temps temps
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
CF11 CF12 CF11 CF12 CF11 CF12
SOC 0.2 0.2 SOC 0.2 0.2 SOC 0.2 0.2
p112
CF21 CF22 CF21 CF22 CF21 CF22
0.3 0.3 0.3 0.3 p212 0.3 0.3
0 0 0
CF31 CF32 CF31 CF32 p312 CF31 CF32
0.5 0.5 0.5 0.5 0.5 0.5
0.4 0.4 0.4 0.4 0.4 0.4
CFfinal = CF22+ p212
p812
10) Détermination du chemin le plus 11) Étude des poids des arcs qui 12) Détermination du chemin le plus
court pour aboutir à l’état 8 au 2ième pas aboutissent à l’état final court pour aboutir à l’état final
de temps
Figure 3.9 : Application de l’algorithme de Bellman pour notre application dans un cas simple (3 pas de temps)
3.6 - Exploitation de l’algorithme de Bellman 103
P ( u( i , j ,t )) = CF ( x i , x j ,t ) = Pres( x i , x j ,t ) × FiT ( t ) × ∆t − (Pres( x i , x j ,t ) × EgP( t ) × ∆t ) + BrC( t ) (3.27)
Pres <0 Pres >0
Pour calculer le poids d’un arc, il convient donc de déterminer la puissance échangée avec le
réseau « Pres(xi,xj,t) » et le coût de remplacement des batteries « BrC(xi,xj,t) »
correspondant [GER - 03].
Les batteries ont été modélisées d’après le modèle présenté dans le chapitre 2§2.2. La
puissance échangée avec les batteries correspond à la variation d’état de charge « ∆SOC » fournie
en entrée du modèle. La puissance réseau est calculée avec le bilan de puissance (équations
(3.13) et (3.15)) à partir du résultat fourni par le modèle de batterie et des composantes d’entrés
« PPV » et « Pcharges ». Si « Pres » ou « ∆SOC » ne respectent pas leurs contraintes (3.10) et (3.26)
alors le passage de l’état de charge initial « xi » à l’état de charge final « xj » n’est pas admissible
et une autre solution doit être envisagée. La Figure 3.10 schématise le processus de calcul de
« Pbat » et « Pres ».
Contrainte (3.50) PPV(t) Contrainte (3.19)
∆SOC min < ∆SOC < ∆SOC max Pcharges(t) Pres min ≤ Pres ( t ) ≤ Pres max
Modèle Bilan de
∆SOC Pbat(x,y,t) Preseau(x,y,t)
batterie puissance
Figure 3.10 : Schéma du processus de calcul de « Pbat » et « Pres » pour les arcs du graphe
Perte de capacité
Technologies Z
après 1000 EFC (%)
Pb plaques
plaques planes 30 3×10-4
Pb tubulaire 5 0.5×10-4
Ni-
Ni-Cd 6 0.6×10-4
Li-
Li-ion 1.7 0.17×10-4
Si l’opération est une décharge, les pertes de capacité « ∆Cbat » sont calculées à partir du
Tableau [Link] et de l’équation (3.29). La nouvelle capacité est obtenue par l’équation (3.28). Les
104 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
équations (3.30) et (3.31) correspondent au calcul de l’état de santé des accumulateurs [DEL-
2006].
− Z × [SOC xj ( t + ∆t ) − SOC xi ( t ) ]
C bat ( x i ,t )
SOH xj ( t + ∆t ) = (3.31)
C bat ( 0 )
∑ BrC ( t ) = BiC
t tel que SOH =1
(3.34)
∆SOH ( x i , x j ,t )
BrC ( x i , x j ,t ) = BiC × min (3.35)
1 − SOH
Etat initial
Sommet « j » = 0, C(x0)* = 0
N = nombre maximum de sommets
u(i,j)
Y
N
∆SOCmin< ∆SOC(xi,xj,t) < ∆SOCmax
u(i,j)
Calcul de p(uij)
p( ui,j )
Y
Pbat(xi,xj,t)
Y
SOH(xi,xj,t) PPV(t) Calcul de Pres
Bilan de puissance C(xj)* = p(ui,j) + C(xi)*
Pcharges(t)
wj* = xi
Calcul de BrC N
Presmin< Pres(xi,xj,t) < Presmax i = i +1
Équations (3.33) à (3.36)
Y N
i≠j
Y
BrC(xi,xj,t) Pres(xi,xj,t)
N
i≥N
Calcul du Cash-flow Y
Équation (3.51)
N
p( ui,j ) j≥N
Sommet final = N
xn*= w(N)*
xn-1 = w(xn*)*
Fin
Figure 3.11 : Organigramme de l’algorithme de Bellman avec calcul détaillé du poids des arcs appliqué à la gestion
d’énergie dans le système PV hybride
106 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
T
Min J ( t ,T ) ⇔ Min ∑CF ( t ) (3.36)
t =t0
Avec
PPV (t) + Pbat (t) + Pcharges (t) – Pres (t) = 0 (3.37)
SOC min ≤ SOC ( t ) ≤ SOC max (3.38)
SOH ( t ) ≥ SOH min (3.39)
Pbat min ≤ Pbat ( t ) ≤ Pbat max (3.40)
Pres min ≤ Pres ( t ) ≤ Pres max (3.41)
La contrainte « Pres max » n’est pas considérée comme stricte, c'est-à-dire que l’on ne supprime
pas les stratégies qui ne respectent pas cette limite, mais on applique une pénalité sur le critère
de performance si elle n’est pas vérifiée telle que :
Contraintes et pas de
de simulation
Preseaumax / Preseaumin 3 / -∞ kW
Pmaxch / Pmaxdch 2.5 / 2.7 kW
SOCmin / SOCmax 0.2 / 0.9
SOHmin 0.7
Pas de simu ∆t 10 min
Contexte économique
EgP (constant) 0.11 €/kWh
FiT (constant = EgP)
EgP) 0.11 €/kWh
GpF (constant) 1.10 €/kWh (10 × EgP)
3.6 - Exploitation de l’algorithme de Bellman 107
3.5
3 Gestion restreinte
Gestion optimale
2
Puissance (kW)
-1
-2
-3
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Pourcentage de temps (% )
Figure 3.12 : Courbe de distribution de la puissance échangée avec le réseau avec une gestion par programmation
dynamique
La Figure 3.13 montre les profils de puissance dans le système pour la même journée que nous
avons utilisée en exemple pour la gestion restreinte.. La vente d’énergie stockée à partir du
réseau n’est pas autorisée, elle n’apporte donc aucun gain financier. Par conséquent la stratégie
optimale consiste à ne décharger les batteries que pour réaliser l’écrêtage lorsque le PV n’est pas
suffisant. La stratégie de décharge est donc identique à celle de la gestion restreinte. En
revanche, on observe une stratégie de charge différente de la gestion restreinte. Cette fois ci, les
batteries sont rechargées avec l’énergie PV qui est donc considérée comme valorisée. La quantité
d’énergie PV injectée sur le réseau est donc beaucoup plus faible.
Dans le cas de la simulation annuelle, on laisse l’état de charge libre en imposant uniquement
qu’il soit identique en début et en fin d’année. Dans ce contexte, on remarque que les batteries
sont chargées avec le réseau entre 15h et 17h en prévision du jour suivant. Cette charge n’est pas
possible avec le surplus de PV l’après midi à cause de la discrétisation de l’état de charge des
108 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
batteries. Entre 8h et 10h, l’état de charge des batteries est compris entre 20% et 50%, et donc le
rendement charge est très bon (conformément au tableau [Link]). La charge s’effectue par pas de
« 2.∆SOC » (0.02) avec une puissance de 1.8 kW. Après 10h, l’état de charge des batteries dépasse
50% et le rendement de charge chute à 0.7. La charge s’effectue donc avec le pas de discrétisation
minimum d’une valeur de 0.01 avec une puissance de 1.2 kW. L’idéal serait d’utiliser le reste du
PV pour charger encore plus les batteries afin d’éviter d’utiliser le réseau plus tard (ici entre 15h
et 17h). Mais une charge plus importante entre 10h et 13h ne pourrait s’effectuer que par un pas
de discrétisation de « 2∆.SOC », ce qui doublerait la puissance nécessaire à 2.4kW. Le PV ne
produisant pas assez pendant cette période, la charge est maintenant à « 1.∆SOC » et une
puissance de 1.2kW. Une plus forte discrétisation permettrait une gestion encore plus optimisée
mais engendrerait un nombre de calcul beaucoup plus important.
4
PV
CONSO
3 BAT
RES
2
Puissance (kW)
-1
-2
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 3.13 : Profils journalier des puissances dans le système avec la gestion optimale pour une journée
exemplaire (22 Février 2007)
800
Gestion restreinte
700 Gestion optimale
600
Flux de trésorerie (€)
500
400
300
200
100
0
Janv Fev Mar Avr Mai Jui Jui Aou Sep Oct Nov Dec
Mois de l'année
Figure 3.14 : Flux de trésorerie pendant l’année avec la stratégie restreinte et optimale
Grâce à la programmation dynamique, nous avons pu déterminer une stratégie de gestion qui
réalise l’écrêtage de la consommation de manière optimale conformément à un critère de
performance. Sur la Figure 3.13, on remarque que l’abondante majorité de l’énergie PV est
injectée sur le réseau. Cela peut traduire plusieurs causes :
- La consommation n’est pas corrélée avec la production PV
- Le contexte économique n’incite pas à stocker l’énergie PV pour assurer la fonction d’écrêtage
- Le système est surdimensionné. La puissance crête PV est trop importante par rapport aux
besoins pour assurer l’écrêtage donc tout le surplus est injecté.
Le prix d’achat de l’énergie PV étant égal au prix de vente de l’électricité sur le réseau et le
contexte économique n’incite pas particulièrement à stocker la production PV. Compte tenue de
la quantité d’énergie suffisante à produire pour réaliser l’écrêtage calculée dans le §2.5 (environ
550 kWh), on constate que le générateur PV est surdimensionné (3 kW × 1100 kWh/kWc/an =
3300 kWh). On rappelle que notre objectif initial est de valoriser l’énergie PV connectée au
réseau en garantissant la fonction d’écrêtage de la consommation à partir de la source
110 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
renouvelable. D’après les résultats présentés, l’énergie photovoltaïque n’est pas utilisée
efficacement. Nous proposons de modifier le contexte économique pour inciter à stocker l’énergie
PV qui sera ensuite valorisée en écrêtant la consommation.
=
=
+
-
Batteries
Charges
Figure 3.15 : Schéma de principe de la tarification appliqué pour l’application d’écrêtage avec l’énergie PV
Le système de stockage est considéré comme une charge car il est placé entre le compteur de
production PV et les compteurs d’énergie injectée et consommée. Compte tenu des tarifs
appliqués, la production PV sera en priorité utilisée pour alimenter les charges ou charger les
batteries, et seulement le surplus sera injecté. L’énergie stockée sera ensuite utilisée pour écrêter
la consommation et éviter de payer la pénalité.
Tableau [Link] : Valeur des paramètres de simulation pour l’écrêtage de pointe avec l’énergie PV par
programmation dynamique
La Figure 3.16 montre la puissance échangée avec le réseau dans le cas Français et Allemand
pendant la journée exemplaire du 22 février, et la figure 3.17 montre les profils d’état de charge
correspondants.
4
PV
RES fr
3 RES all
BAT fr
BAT all
2
Puissance (kW)
-1
-2
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 3.16 : Puissance échangée dans le système dans un contexte Français sans subvention et le contexte
Allemand (journée du 22 février)
90
80
FR
ALL
70
Etat de charge (%)
60
50
40
30
20
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 3.17 : États de charge des batteries dans un contexte Français sans subvention et le contexte Allemand
(journée du 22 février)
112 Chapitre 3 - D’une gestion restreinte à une gestion optimale
Dans le contexte Français, l’énergie auto consommée n’étant pas rémunérée, l’énergie PV est
en priorité utilisée pour charger les batteries tant que la contrainte sur « Pres » est vérifiée. C’est
pour cela que les batteries sont chargées dès que le générateur PV produit. Si la puissance PV
n’est pas suffisante pour faire varier l’état de charge d’un pas « ∆SOC », alors on utilise le réseau
en appoint.
Dans le contexte Allemand, l’énergie auto consommée étant rémunérée, l’énergie PV est en
priorité utilisée pour alimenter les charges, même si la contrainte sur « Pres » est vérifiée. Les
batteries sont chargées avec le PV uniquement lorsque la production solaire est supérieure à la
consommation.
Dans l’exemple présenté, on observe que cette différence de gestion réduit la quantité
d’énergie PV injectée sur le réseau dans le cas Allemand. Cependant, sur la courbe de
distribution annuelle présentée sur la Figure 3.18, on remarque que la différence d’énergie PV
annuelle injectée sur le réseau entre les deux gestions est minime. Nous nous attendions à une
différence plus importante entre les courbes. Même avec une gestion qui incite à auto consommer
et stocker l’énergie PV, une importante partie de la production PV est injectée sur le réseau. Cela
traduit le sur-dimensionnement du générateur PV par rapport à l’écrêtage de pointe à 3kW et à
la courbe de consommation. En effet, conformément à la Figure 2.17, la consommation n’est
jamais supérieure à 3kW pendant les mois d’été (juin, juillet et août) alors que la production PV
est maximum. Ainsi, toute la production en été est injectée sur le réseau dans le cas Allemand et
Français. C’est pourquoi les courbes de distributions sont aussi similaires.
4
Français
3 Allemand
2
Puissance (kW)
-1
-2
-3
0 20 40 60 80 100
Pourcentage de temps (% )
Figure 3.18 : Distribution annuelle de la puissance échangée avec le réseau dans le cas Français sans subvention
et le cas Allemand
3.7 - Conclusion 113
Se pose alors la question d’un dimensionnement optimale : quelle serait la taille du générateur
PV et de l’élément de stockage qui assureraient la fonction d’écrêtage de pointe tout en
optimisant l’utilisation de l’énergie PV (c'est-à-dire qui minimisent l’énergie injectée sur le
réseau et qui maximisent l’écrêtage à partir du générateur PV) ?
Avec la gestion optimale que nous proposons, nous pourrions maintenant optimiser le
dimensionnement, mais cela n’a malheureusement pas été réalisé par manque de temps. Par
conséquent, nous garderons ce dimensionnement pour la suite de nos exemples tout en
considérant qu’il n’est pas optimal.
3.7 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons développé des algorithmes de gestion d’énergie pour l’étape
prévisionnelle du système de supervision proposé au chapitre 1. Nous avons montré qu’une
gestion basée sur de simples règles de comparaison atteint ces limites sur l’efficacité de
l’utilisation de l’énergie PV. Avec la méthode de programmation dynamique, nous avons ensuite
développé un algorithme d’optimisation qui calcul la stratégie optimale conformément à un
critère de performance économique. Nous avons validé son efficacité en comparant les résultats
avec la gestion dite « restreinte ». Enfin, nous avons exploité l’algorithme d’optimisation pour
montrer dans quel cadre l’énergie PV est utilisée pour la fonction d’écrêtage de pointe. Nous en
avons déduit qu’un générateur de 3kW crête est surdimensionné pour cette application.
Dans la suite de nos travaux, nous allons utiliser l’algorithme d’optimisation pour une gestion
journalière. Pour calculer la stratégie optimale, nous aurons besoin de données prévisionnelles.
Dans ce cas, quelle sera la performance de la stratégie prévisionnelle s’il y a une erreur de
prédiction ? Les contraintes seront-elles encore respectées ? Faudra-il modifier la stratégie ? La
réponse à ces questions introduit la notion de gestion réactive qui fait l’objet du chapitre suivant.
Chapitre 4
identique à l’état de charge initial. Ainsi, aucune énergie « gratuite » précédemment stockée dans
les batteries n’est utilisée.
Afin d’offrir un degré de liberté maximum au système, la limite sur « Presmax » est considérée
comme une pénalité (et non une contrainte) qui engendre une dépense calculée de la même
manière que dans le §3.6.2 et rappelée ci-dessous :
Le Tableau 4.I rappelle les caractéristiques du système sur lequel on travaille. Le Tableau [Link]
présente la valeur des paramètres de la simulation réalisée à titre d’exemple. Sur la Figure 4.1,
sont présentées les données d’entrée de la période de simulation qui correspond aux 22 et 23
février 2007.
Pchargesmax 5.6 kW
PPV crête 3 kW
Techno PV Si poly cristallin
Coût inv PV 5000 €/kWc
Cbat(0) 100 Ah
SOC(0) 50 %
Nb bat série 10
Nb branches parallèles 1
Techno Bat Pb plaques tubulaires
Coût inv bat 150 €/kWh
6
PV
Conso
5
Puissance (kW)
3
0
0 12 24 36 48
Temps (h)
Figure 4.1 : Données d’entrée de la simulation sur 48h pour la gestion au jour le jour (22 et 23 février 2007)
Le profil d’état de charge optimal calculé au jour le jour est présenté sur la Figure 4.2. On
remarque que la contrainte sur l’état de charge final de chaque journée est bien respectée.
100
90
80
70
Etat de charge (%)
60
50
40
30
20
10
0
0 12 24 36 48
Temps (h)
Figure 4.2 : Profil d’état de charge optimal calculé pour 48h au jour le jour
La gestion au jour le jour est meilleure qu’une gestion annuelle car les données prévisionnelles
sont plus précises et plus fiables. Cependant, nous ne sommes toujours pas à l’abri d’erreurs de
prédictions, même sur un avenir à court terme de 24h.
118 Chapitre 4 - Vers une gestion réactive
Jusqu'à présent, nous avons calculé la stratégie de gestion optimale à partir de données
prévisionnelles de l’irradiation, la température ambiante et la consommation (on considère que
les prix de l’électricité sont parfaitement connus). Les prévisions sur ces données ne pouvant être
parfaites, des erreurs par rapport aux valeurs réelles sont inévitables (perturbations). Comment
évolue le système si on applique la commande prévisionnelle en présence de perturbations ?
Faut-il modifier la commande prévisionnelle à chaque erreur de prédiction ? Si oui, pourquoi et
comment ? Pour répondre à ces questions, on propose d’étudier l’évolution du système dans le cas
où on applique la stratégie prévisionnelle en présence de perturbations pendant une journée de
référence exemplaire (22 février 2007).
Sur la Figure 4.3 sont présentés le profil de consommation prévisionnel (considéré égal au
profil réel), la production PV prévisionnelle et la production PV réelle de la journée de référence
du 22 février. On considère une erreur sur la disponibilité de l’énergie photovoltaïque de sorte
que la production réelle soit deux fois plus faible que celle prévue.
4
PV prév
3.5 PV réel
Conso
3 (prév = réel)
Puissance (kW)
2.5
1.5
0.5
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
100
80
40
20
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.4 : Stratégie de gestion des batteries prévisionnelle pour la journée de référence du 22 février 2007
2.5
Puissance (kW)
1.5
0.5
-0.5
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.5 : Puissance échangée avec le réseau en présence d’une perturbation « PV/2 » en appliquant la stratégie
prévisionnelle en chaîne ouverte
On remarque qu’entre 13h et 14h, la puissance échangée avec le réseau est supérieure à la
limite imposée de 3 kW. L’algorithme d’optimisation anticipe une importante production
photovoltaïque entre 13h et 14h en même temps qu’une forte consommation. Il prévoit alors
assez d’énergie pour alimenter les charges sans utiliser les batteries et sans dépasser la limite.
Suite à la perturbation non anticipée, la production PV n’est pas suffisante pour assurer cette
opération et l’énergie manquante est soutirée au réseau ce qui aboutit au dépassement de la
limite.
120 Chapitre 4 - Vers une gestion réactive
Définition 4.1
4.1 : Perturbation
Perturbation critique
Perturbation suffisamment importante pour que les contraintes du problème ne soient plus
vérifiées lorsque l’on applique la stratégie de gestion prévisionnelle.
D’après les définitions ci-dessus, la perturbation « PV/2 » est une perturbation critique entre
13h et 14h. C’est une perturbation non critique le reste du temps.
Selon l’importance de la pénalité imposée, la rentabilité du système peut être mise en jeu si
les contraintes ne sont pas respectées. De plus, les contraintes étant formulées en fonction de
l’application à réaliser, le système ne joue plus son rôle initial si celles-ci ne sont plus vérifiées.
Dans cas, on propose de corriger la stratégie prévisionnelle en fonction des perturbations afin que
le système continue à jouer son rôle initial sans remettre en cause sa rentabilité.
A l’identique de la gestion restreinte, la correction restreinte est basée sur des règles de
correction pré définies. La commande prévisionnelle est modifiée en fonction des perturbations
de sorte que les contraintes soient toujours vérifiées.
4.2.1 Algorithme
Le vecteur commande « U(t) » présenté dans le chapitre 3§1.1 ne contenant qu’un seul élément
« Ibat(t)* », le courant des batteries (où la puissance « Pbat(t)* » comme dans l’algorithme de la
Figure 4.6) est la seule commande sur laquelle on peut agir pour modifier la stratégie
prévisionnelle. Donc, lorsqu’une contrainte sur « Pres(t) » est violée, on calcul la nouvelle
commande « Ibat(t) » qui assure de vérifier la contrainte. L’état de charge « SOC » et la puissance
des batteries « Pbat » dépendent directement de la commande en courant imposée aux batteries.
Ces paramètres sont contraints par les relations (3.7) et (3.9) rappelées ci-dessous par les
relations (4.1) et (4.2).
Ibat(t) * Étape 1
Calcul de la puissance batterie Pbat(t) en
Vbat(t) fonction de la commande prévisionnelle Ibat(t)
Ibat(t) * × Vbat(t)
Pbat(t)
SOC(t)
SOC (t)
N N
SOC(t) < SOCmax Pbat(t) *≤ 0
Y Y
Étape 2
Vérification des contraintes physique par
rapport à l’état de charge SOC
N N
SOC(t) > SOCmin Pbat(t)* ≥ 0 Pbat(t) *= 0
Y Y
Pbat(t) *
PPV(t), Pcharges(t)
PPV(t), Pcharges(t)
N Pres(t)* = Presmax
Pres(t)* ≤ Presmax
Étape 4
Y
Étude de la nature des perturbations
N Pres(t)* = Presmin
Pres(t)* ≥ Presmin
N N
SOC(t) < SOCmax Pbat(t) ≤ 0
Y Y
N N
SOC(t) > SOCmin Pbat(t) ≥ 0 Pbat(t) = 0 Étape 6
Vérification des contraintes physiques
sur la nouvelle commande
Y
N
Pbat(t) ≤ Pbatmax Pbat(t) = Pbatmax
N
Pbat(t) ≥ Pbatmin Pbat(t) = Pbatmin
Ces contraintes étant des contraintes physiques, elles sont prioritaires sur celles de la
puissance réseau et doivent impérativement être vérifiées par la nouvelle commande. Si ce n’est
pas le cas, alors on impose une commande qui vérifie les contraintes physiques mais pas celle sur
la puissance réseau. Dans ce cas, le système est mal dimensionné et il n’est pas possible de
vérifier toutes les contraintes à cet instant.
4.2.2 Résultats
Résultats et interprétations
4
PV prév
3.5 PV réel
Conso
3 (prév = réel)
Puissance (kW)
2.5
1.5
0.5
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.7 : Données d’entrée réelles et prévisionnelles pour les algorithmes d’optimisation et de correction
124 Chapitre 4 - Vers une gestion réactive
100
Prévisionnelle
90 Aprés correction
80
70
Etat de charge (%)
Correction uniquement SOC finaux différents !
pendant les périodes critiques !
60
50
40
30
20
10
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.8 : Profils d’état de charge des batteries prévisionnel et réel corrigé sans optimisation
4
Sans correction
3.5 Avec correction
2.5
Puissance (kW)
1.5
0.5
-0.5
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.9 : Puissance échangée avec le réseau en présence de perturbations avec la commande prévisionnelle et la
correction sans optimisation
On observe bien que la stratégie est modifiée uniquement pendant la période critique et que
l’on applique la commande prévisionnelle le reste du temps. Grâce à la correction, la puissance
échangée avec le réseau ne dépasse plus la limite entre 13h et 14h car la charge des batteries est
limitée. De plus, celles-ci sont déchargées pour assurer le respect des contraintes (Figure 4.8).
En présence de perturbations non critiques, la stratégie prévisionnelle n’est plus optimale
mais n’est pas modifiée pour autant. Par conséquent, la stratégie corrigée assure le respect des
contraintes mais n’assure pas l’optimisation conformément aux conditions réelles.
4.3 - Correction par une optimisation réactive 125
De plus, l’inconvénient de cette méthode de correction est qu’elle n’anticipe pas les
conséquences de la modification de la stratégie sur l’état de charge final des batteries. Un
changement de la stratégie prévisionnelle aboutit donc forcément à un état de charge final
différent. On observe ce phénomène sur la Figure 4.8.
On en déduit que la correction restreinte n’est pas une solution satisfaisante pour la gestion
au jour le jour. On considère cette méthode comme un système de sécurité qui assure le respect
des contraintes mais qui ne garantit pas l’état de charge des batteries à la fin de la journée.
Principe d’optimalité
« Une politique est optimale si, à une période donnée, quelles que soient les décisions
précédentes, les décisions qui restent à prendre constituent une politique optimale en regard du
résultat des décisions précédentes. »
Rappelons que nous avons appliqué le principe d’optimalité pour calculer la stratégie optimale
prévisionnelle. Dans ce cas, le principe d’optimalité se traduit par la formule (3.22) rappelée ici
en (4.3).
[
C ( x j )* = Min P ( uw i ,xj ) + C ( w i ) *
wi
] (4.3)
Avec :
126 Chapitre 4 - Vers une gestion réactive
C(xj)* : Coût du plus court chemin qui aboutit au sommet « i » (connu car calculé
précédemment).
{W} l’ensemble des prédécesseurs de « j »
Uwi,xj : Arc entre le sommet « j » et le sommet précédent « i »
P(uwi,xj) : Poids de l’arc entre le sommet « j » et son prédécesseur « i ».
Sous la forme (4.3), le principe d’optimalité permet de déterminer le chemin le plus court entre
l’état initial et l’état auquel on se place. Le résultat est l’arborescence des sous politiques
optimales qui associe à chaque sommet le coût minimum pour atteindre ce sommet à partir du
sommet initial. Prenons l’exemple du graphe de la Figure 4.10 qui montre le résultat de
l’algorithme de Bellman pour une simulation qui dure 3 pas de temps (figure identique à celle de
l’étape 12 de la figure 3.9).
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
CF11 CF12
SOC 0.2 0.2
CF21 CF22
0.3 0.3
0
CF31 CF32
0.5 0.5
0.4 0.4
CFfinal = CF22+ p212
CF81 CF82
0.9 0.9
Figure 4.10 : Arborescence des sous politiques optimales obtenue à la fin de l’application de l’algorithme
d’optimisation (exemple avec trois pas de temps)
Quel que soit l’état auquel on se place, la Figure 4.10 nous informe sur les politiques (et les
coûts optimaux associés) qui ont permis d’aboutir à l’état présent (i.e. les décisions antérieures).
Par exemple à l’état « 0.3 » au pas de temps « 2 ∆t », on apprend que le coût minimal pour
atteindre cet état à partir de l’état initial vaut « CF22 » et que le chemin correspondant passe par
l’état « 0.2 » au pas de temps précédent (« 1 ∆t »).
l’instant présent) et l’état de charge final imposé. Soit {Y} l’ensemble des successeurs (sommets
suivants) du sommet « xi », alors la correction par une optimisation réactive se traduit par la
formule (4.4) ci-dessous.
C ( x i )* = Min [P ( u xi , yj ) + C ( y j ) * ] (4.4)
yj
Avec C(yi)* le coût du plus court chemin entre le sommet « j » et le sommet final.
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
CF’11 CF’12
SOC 0.2 0.2
CF’21 CF’22
0.3 0.3
0
CF’31 CF’32
0.5 0.5
0.4 0.4
CF’final = CF’11+ p012
CF’81 CF’82
0.9 0.9
Figure 4.11 : Arborescence des sous politiques optimales obtenue avec l’algorithme de Bellman en sens inverse
(exemple avec trois pas de temps)
Si on lit le graphe de la Figure 4.11 dans le sens direct, le coût associé à chaque état
correspond aux coûts des sous politiques optimales qui aboutissent à l’état de charge final
imposé. Par exemple à l’état « 0.2 » à la période « 1.∆t », on apprend alors que le coût de la
128 Chapitre 4 - Vers une gestion réactive
politique optimale pour aboutir à l’état final vaut « CF ’11 » et que le chemin correspondant passe
par l’état « 0.3 » au pas de temps suivant (« 2.∆t »).
La valeur des poids des arcs en sens inverse et en sens direct est identique car le calcul
respecte l’hypothèse 3.1 énoncé au chapitre 3§3.5 que nous rappelons ci-dessous.
Hypothèse
Hypothèse 3.1 :
Le poids de l’arc « P( uxi,xj ) », alors qu’on se trouve dans l’état « i » et que l’on prend la décision
« uxi,xj », ne dépend que de ces deux éléments et pas du tout des décisions antérieures qui ont
permis d’aboutir en « i »
Théoriquement, la stratégie optimale calculée en sens inverse est identique à celle calculée en
sens direct, mais cela n’est pas forcément vrai s’il existe plusieurs chemins dont les coûts sont
équivalents. Pour mettre cela en évidence, on propose de déterminer le plus court chemin à
travers le graphe de la Figure 4.12 avec les deux sens de résolution. Le coût associé à chaque arc
correspond au flux de trésorerie (« CF » pour cash flow). Les sommets représentent l’état de
charge des batteries. L’état final imposé est égal à l’état initial qui vaut 0.5. Le poids des arcs est
marqué en rouge.
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
x1 x3
SOC 1
0.4 0.4
U3
2
U7
U4
1
0
U1
5
U
0
1 2 1
0.5 0.5 0.5 0.5
U2 U6 U8
x0 x2 x4 x5
Figure 4.12 : Graphe exemplaire pour comparer le calcul de la stratégie optimale entre le sens direct et le sens
inverse
Si on applique cette règle dans le cas du sommet « x3 », alors on choisit le chemin qui
provient du sommet « x1 » (état de charge identique égale à 0.4).
5) CF*(x4) = min [P(u4) + CF*(x1), P(u6) + CF*(x2)] = min [2, 3] = 2. Le chemin le plus
court pour aboutir à x4 est de passer par x1.
6) CF*(x5) = min [P(u7) + CF*(x3), P(u8) + CF*(x4)] = min [2, 3] = 2. Le chemin le plus
court pour aboutir à x5 est de passer par x3 et x1.
On trouve alors que le chemin le plus court entre l’état initial et l’état final est de passer
par les sommets x1 et x3. Le coût de ce chemin, dessiné en traits pleins rouges sur la
Figure 4.13, est égal à 2.
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
x1 x3 Sens direct
SOC 0.4 0.4 Sens inverse
Figure 4.13 : Chemins les plus court calculé en sens direct et en sens inverse
Puisque les deux stratégies aboutissent aux mêmes coûts, le choix n’a pas d’impact sur le
résultat final. Cependant, il sera important de savoir que la stratégie optimale dépend du sens de
calcul lorsque nous comparons la stratégie prévisionnelle avec celle corrigée. Il ne faudra pas
confondre les différences dues au sens du calcul et celles dues à la correction.
Désormais, nous calculerons la stratégie prévisionnelle en sens inverse pour obtenir
l’arborescence des sous politiques optimales et des coûts restants (de la même forme que la
Figure 4.11). Nous allons maintenant montrer comment réajuster la stratégie prévisionnelle à
partir de l’arborescence obtenue et du principe d’optimalité.
Avec la méthode d’optimisation utilisée, une erreur de prédiction sur un pas de temps « ∆t » se
traduit par une erreur sur le poids des arcs pendant ce pas de temps. Dans ce cas, le
réajustement est composé de 2 étapes qui sont :
1) Calcul du nouveau poids des arcs du pas de temps pendant lequel il y a une perturbation.
2) Détermination de la nouvelle politique optimale conformément aux nouveaux poids des arcs.
A titre d’exemple, reprenons le graphe des états de charge et l’arborescence des sous politiques
optimales associée de la Figure 4.11. Supposons que l’on se trouve en l’état « 0.3 » au pas de
temps « 1.∆t ». Par une mesure faite au temps « 1.∆t » on anticipe une perturbation pendant le
pas de temps à venir « ∆t ». On souhaite alors calculer la nouvelle politique optimale à suivre
connaissant les coûts restants et les sous politiques optimales pour atteindre l’état final. Le
raisonnent, schématisé sur la Figure 4.14, est le suivant :
1) Calcul du nouveau poids des arcs sur le pas de temps « ∆t » (entre le sommet « 0.3 » et
tous les sommets du pas de temps suivant « 2.∆t ») en présence de la perturbation.
On obtient alors l’ensemble des sous politiques optimales qui restent à prendre
compte tenu du résultat des décisions précédentes.
2) Application du principe d’optimalité pour déterminer la nouvelle politique optimale.
4.3 - Correction par une optimisation réactive 131
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
CF’12
SOC 0.2 0.2
CF’21 CF’22
0.3 0.3
0
CF’32
0.5 0.5
0.4 0.4
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
CF’12
SOC 0.2 0.2
P’’211
CF’22
P’’221
0.3 0.3
0
P’’231
CF’32
0.5 0.5
0.4 0.4
Nouveaux poids
P’’281
des arcs
CF’82
0.9 0.9
Perturbation
2) Mesure au temps « 1.∆t » et anticipation d’une perturbation sur le pas de temps à venir, calcul des nouveaux poids
t 0 1. ∆ t 2. ∆ t 3. ∆ t
CF’12
SOC 0.2 0.2
CF’22
0.3 0.3
0
CF’32
0.5 0.5
0.4 0.4
Figure 4.14 : Détails de l’étape de correction pour la solution « mise à jour des données prévisionnelles »
132 Chapitre 4 - Vers une gestion réactive
A travers cet exemple, on comprend le besoin de l'arborescence des sous politiques optimales
et des coûts restants pour réaliser une optimisation réactive. Cela justifie le calcul en sens
inverse.
La Figure 4.14 illustre une méthode de correction particulière que l’on appelle correction par
« anticipation court terme des données d’entrée ». Par des mesures à chaque pas de temps, on
prévoit la valeur des données d’entrée sur le prochain pas de temps (prévision à court terme). Si
les nouvelles prévisions sont différentes des prévisions initiales, on calcule le nouveau poids des
arcs sur le prochain pas de temps et on corrige la commande prévisionnelle en conséquence. Dans
l’exemple présenté sur la Figure 4.14, la méthode de prévision à court terme consiste simplement
à considérer la valeur mesurée comme constante sur le prochain pas de temps. Une meilleure
correction pourrait être obtenue avec une méthode de prévision plus évoluée. L’organigramme de
la méthode de correction par une optimisation réactive est présenté sur la Figure 4.15.
On souligne qu’il existe d’autres méthodes de réajustement que nous ne détaillons pas ici
(« mise à jour de l’état des batteries », « calcul des variations »,…).
4.3 - Correction par une optimisation réactive 133
Étape 1
Prévision à court terme des données Mesures à chaque pas de temps et prévisions à
court terme des données d’entrées
d’entrées
PPV(tt+∆t)
Pcharges (tt+∆t)
Tarifs (tt+∆t)
P*PV (t t+∆t)
Données P*charges (t t+∆t)
prévisionnelles initiales Tarifs *(t t+∆t) Étape 2
Comparaison des nouvelles prévisions avec les
prévisions initiales
Y Y Y
PPV(tt+∆t)
Pcharges (tt+∆t)
Tarifs (tt+∆t)
{ Puij (tt+∆t) }
Étape 3
En présence de perturbation, calcul du nouveau
poids des arcs et de la nouvelle commande
Application du principe d’optimalité sur optimale à appliquer
SOC(t), SOH (t)
l’arborescence des sous politiques
optimales calculée en sens inverse
Pbatj (tt+∆t) }
Pbat(t) / Vbat(t)
Ibat(t)
Nous allons présenter les résultats de la correction proposée sur trois cas d’études :
1) Erreur de 50% sur la disponibilité de l’énergie PV (cas identique à celui de la correction
restreinte)
2) Passages de nuages au dessus du générateur PV qui sont initialement non prévus
3) Données prévisionnelles initiales lissées
On travaille toujours avec le même système dont les caractéristiques sont rappelées dans le
Tableau 4.I. On se place pendant la journée de référence du 22 février avec les données d’entrées
prévisionnelles et réelles présentées sur la Figure 4.16. Les Figures 4.17 et 4.18 comparent
respectivement les profils d’état de charge prévisionnel et corrigé, et le profil prévisionnel et
corrigé de la puissance échangée avec le réseau.
4
PV prév
3.5 PV réel
Conso
3 (prév = réel)
Puissance (kW)
2.5
1.5
0.5
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
100
Prévisionnelle
90 Avec correction opt
80
70
Etat de charge (%)
Différence due au sens de
calcul
60
50
40
30
20
Modification dés la 1ére
10 perturbation
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.17 : Profil d’état de charge des batteries après la correction par réajustement dans le cas d’une
perturbation « PV/2 » pendant la journée de référence (22 février)
4
Différence due au sens de Sans correction
3.5 calcul Aprés correction opt
2.5
Puissance (kW)
1.5
0.5
Figure 4.18 : Profil de puissance échangé avec le réseau après la correction par réajustement dans le cas d’une
perturbation « PV/2 » pendant la journée de référence (22 février)
Sur la Figure 4.18, on remarque les modifications dues au sens du calcul de la solution
prévisionnelle en début de journée. Le coût de la stratégie est identique si la charge des batteries
est effectuée à 0h ou à 2h. La stratégie prévisionnelle est calculée en sens direct, tandis que la
stratégie corrigée se base sur le calcul en sens inverse. Il faut donc faire attention à ne pas
confondre cet écart avec une correction à cause des perturbations.
136 Chapitre 4 - Vers une gestion réactive
On propose maintenant d’étudier le cas d’une perturbation plus réaliste qui correspond au
passage de nuages au dessus du générateur PV. On suppose que les nuages n’étaient
initialement pas prévus de sorte que la production PV prévisionnelle soit identique à celle de la
Figure 4.16. On suppose également qu’il n’y a aucune erreur sur le profil de consommation et les
tarifs de l’électricité (EgP et FiT). On simule le passage de nuages en divisant la production PV
prévisionnelle chaque demi-heure par un nombre aléatoire compris entre 1.2 et 5 (chaque 30min
entre 8h et 15h). Le profil de consommation et la production PV réelle avec le passage des nuages
sont présentés sur la Figure 4.19. Les résultats sont présentés sur les Figure 4.20 et 4.21.
4
PV réel
3.5 Consomation
3
Puissance (kW)
2.5
1.5
0.5
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.19 : Production PV réelle en présence de nuages pendant la journée de référence (22 février 2007)
4.3 - Correction par une optimisation réactive 137
100
Prévisionnelle
90 Avec correction opt
80
70
Etat de charge (%) 60
50
40
30
20
10
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.20 : Profils d’état de charge des batteries après la correction par réajustement dans le cas d’une
perturbation « passage de nuages » pendant la journée de référence (22 février)
4
Sans correction
3.5 Aprés correction opt
3
2.5
2
Puissance (kW)
1.5
1
0.5
0
-0.5
-1
-1.5
-2
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.21 : Profil de puissance échangé avec le réseau après la correction par réajustement dans le cas d’une
perturbation « passage de nuages » pendant la journée de référence (22 février)
On remarque que la présence de nuages est une perturbation critique à 13h et 15h et que la
correction assure toujours le respect des contraintes dans cette situation. On remarque la
robustesse de la méthode de correction car les modifications de la stratégie ne varient pas de
façon aussi aléatoire ni aussi fréquemment que les perturbations.
138 Chapitre 4 - Vers une gestion réactive
Dans ce cas d’étude, on suppose que les données prévisionnelles initiales sont moins précises
et moins fiables. Jusqu’à présent, nous avons utilisé des prévisions avec un pas de temps de
10min. Cette précision est difficile à obtenir pour une anticipation de 24h, et le pourcentage
d’erreur avec ce pas de temps est important. Il est plus facile d’avoir des données prévisionnelles
sur 24h avec un pas de temps de l’ordre de 1h ou 30min.
On se place dans le cas où les données prévisionnelles sur la consommation sont moyennées
sur 30min de sorte que le profil soit lissé par rapport au profil réel, comme indiqué sur la Figure
4.22. La stratégie de charge des batteries et la courbe de puissance échangée avec le réseau après
la correction par rapport aux données réelles sont présentées sur les Figures 4.23 et 4.24. La
stratégie dite « idéale » correspond au cas où toutes les perturbations sont anticipées, c'est-à-dire
que les prédictions sont parfaites (correspondants aux données réelles de la Figure 4.22).
4
PV
3.5 Conso prév (30min)
Conso réelle (10min)
3
Puissance (kW)
2.5
1.5
0.5
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.22 : Profils de consommation prévisionnel et réel dans le cas où les prévisions sont lissées pour la journée
de référence (22 février)
4.3 - Correction par une optimisation réactive 139
100
Prévisionnelle
90 Avec correction opt
Idéale
80
70
Etat de charge (%) 60
50
40
30
20
10
0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.23 : Profils d’état de charge des batteries après correction par réajustement dans le cas de la courbe de
consommation prévisionnelle lissée (22 février)
4
Sans correction
3.5
Avec correction opt
3
2.5
2
Puissance (kW)
1.5
1
0.5
0
-0.5
-1
-1.5
-2
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24
Temps (h)
Figure 4.24 : Puissance échangée avec le réseau après correction par réajustement dans le cas de la courbe de
consommation prévisionnelle lissée (22 février)
On remarque que les corrections à appliquer sur la stratégie de charge des batteries pour
répondre à la courbe de charge réelle sont très faibles. Les variations rapides autour de la
moyenne sont compensées avec le réseau tant que les contraintes sont respectées. Puisque les
perturbations sont faibles (valeurs réelles toujours autour de la moyenne prévisionnelle), la
stratégie corrigée suit de très prés la stratégie prévisionnelle.
140 Chapitre 4 - Vers une gestion réactive
Au moment de la perturbation critique (6h), les batteries sont à leur état de charge minimum
et il n’est pas possible de les utiliser pour limiter la puissance soutirée au réseau. On voit que la
stratégie idéale serait de charger les batteries en début de journée afin d’assurer la décharge
suffisante pendant la période critique. Cependant, cela nécessite d’anticiper la perturbation
critique plusieurs pas de temps à l’avance.
Cet exemple montre la limite de la méthode de correction proposée. La stratégie est modifiée
uniquement pendant les perturbations qui ne sont pas anticipées. La stratégie prévisionnelle ne
peut pas être modifiée à priori pour assurer la disponibilité du stockage pendant une
perturbation future. Si le degré de liberté est limité pendant une perturbation critique (par
exemple les batteries sont à leur état de charge minimum), il n’est pas possible d’assurer le
respect des contraintes.
4.4 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons développé les algorithmes de l’étape réactive du système de
supervision proposé dans le chapitre 1§1.5.2. Nous nous sommes concentré sur une gestion
journalière qui à été calculée avec la méthode d’optimisation du chapitre 3. Cette stratégie, dite
« prévisionnelle », est basée sur des données prédictives sur lesquelles des erreurs sont
inévitables. Dans ce cas, la stratégie prévisionnelle ne garantie plus forcément la fonction
d’écrêtage de pointe en conditions réelles.
Nous avons présenté deux algorithmes dits « réactifs » capables de modifier la stratégie
prévisionnelle en fonction des erreurs de prédiction pour assurer le bon fonctionnement du
système. Nous avons montré qu’une correction simple, uniquement face aux perturbations
critiques, est très restrictive pour une gestion au jour le jour. La deuxième méthode proposée est
une correction par une optimisation réactive basée sur le principe d’optimalité de Bellman et sur
la programmation dynamique. Avec cette méthode, nous avons pu imposer l’état de charge final
des batteries, ce qui est indispensable pour assurer un degré de liberté maximum pour la journée
suivante.
Nous avons montré la robustesse de l’optimisation réactive face à des perturbations réalistes
sur la production PV. Grâce à une gestion réactive, il est possible d’utiliser des données
prédictives « lissées » plus faciles à obtenir et qui facilitent les calculs de l’étape prévisionnelle.
La correction par réajustement proposée était basée sur une anticipation des perturbations sur le
prochain pas de temps. Au travers un exemple, nous avons montré que cette méthode n’est pas
toujours suffisante pour garantir le respect de contraintes. De meilleurs résultats pourraient être
obtenus avec une méthode de prédiction des perturbations plus évoluée.
Conclusion Générale
Les travaux réalisés pendant ce doctorat ont étés menés dans l’objectif de faciliter l’intégration
de l’énergie photovoltaïque sur le réseau électrique. Pour cela, nous avons proposé d’associer un
système de stockage au générateur intermittent. L’objectif de la thèse était de développer un
outil de gestion des flux d’énergie.
Nous avons présenté deux moyens de réaliser la gestion de l’énergie. La première proposition
est une stratégie simple basée sur des règles prédéfinies. L’avantage de cette gestion est qu’elle
fonctionne en instantané sans avoir recours à des données prévisionnelles. L’inconvénient est que
l’optimisation globale (économique, énergétique…) n’est pas garantie. La deuxième solution
proposée est un système de supervision organisé en quatre étapes, dont nous avons développé
l‘étape prévisionnelle et l’étape réactive. A partir de données prévisionnelles, l’algorithme que
nous avons développé détermine la stratégie de gestion optimale conformément à un critère de
performance économique. Des erreurs de prédiction étant inévitables, cette stratégie
prévisionnelle ne garantit pas le respect des contraintes en condition réelles. C’est pourquoi nous
avons développé des algorithmes réactifs faces aux perturbations. Une méthode de correction
optimale a été proposée avec laquelle nous avons réalisé une gestion journalière optimale.
Au final, nous avons développé un outil de gestion d’énergie réactif qui constitue le cœur du
système de supervision qui a été proposé au début de nos travaux. La fonction de l’installation
hybride et le paramètre à optimiser sont choisis par l’intermédiaire des contraintes imposées et
du contexte économique. On obtient ainsi un contrôle de la source intermittente pour une
meilleure efficacité de l’installation et une intégration plus flexible sur le réseau. Le résultat
proposé par l’outil est une valeur de courant à injecter ou à extraire des batteries à chaque pas de
temps. La discrétisation minimum est d’une minute car une valeur inférieure augmente
exponentiellement les calculs de la programmation dynamique qui devient alors trop exigeante
pour être implémentée dans un microcontrôleur.
Les travaux présentés dans ce mémoire possèdent des incomplétudes et les perspectives sont
donc nombreuses. Tout d’abord, la phase de test prévue au départ (soit sur simulateur temps-réel
soit sur un prototype) n’a pas pu être menée. Elle permettra probablement de mettre en avant
des limites d’intégration et de réajuster les lois de gestion en conséquence.
142 Conclusion générale
Les applications et les objectifs fixés par l’outil de gestion peuvent être multipliés. Nous avons
présenté comment limiter l’effet des pointes dans un système restreint tel que l’habitat mais la
vision plus large devra être étudiée. Autrement dit, comment gérer un lotissement, un village,
une ville ou une région face à leur cahier des charges tous différents (stockage localisé ou
délocalisé, foisonnement des charges…). La gestion pourrait se faire non seulement sur le critère
économique mais également sur le critère environnemental en tenant compte par exemple de
l’impact CO2 d’une stratégie de gestion. L’outil pourra également être utilisé pour toutes autres
applications de gestion, comme par exemple pour les véhicules hybrides dont nous nous sommes
inspirés pour réaliser l’optimisation réactive.
La recherche de la stratégie optimale passe par la modélisation du système dont les
paramètres les plus délicats à estimer étaient l’état de charge et l’état de santé des batteries qui
ne sont pas des paramètres mesurables. Le choix du mode de fonctionnement du système étant
basé sur ces paramètres, la qualité d’estimation est primordiale pour une stratégie réalisable. Il
serait donc intéressant de comparer les stratégies proposées avec différents modèles d’état de
charge et de vieillissement.
L’étape de prédiction joue un rôle majeur dans le système de supervision. Plus les données
prévisionnelles sont proches des données réelles, moins la stratégie prévisionnelle à besoin de
s’adapter. La prédiction des informations météos est aujourd’hui assez évoluée pour anticiper la
production PV journalière avec une marge d’erreur que l’étape réactive est capable de compenser
(le passage de nuages étant la source d’erreur la plus importante). En revanche, le profil
journalier de consommation du particulier reste très difficile à anticiper.
Dans cette thèse nous avons géré la production PV pour la faire corréler avec la consommation.
Evidement, une autre approche est de pouvoir gérer la consommation. L’objectif serait alors de
piloter les charges pour faire corréler la consommation avec la production solaire. Des travaux
ont déjà été menés dans ce sens [HA-07]. Cependant, il ne faut pas perdre de vue qu’il est plus
difficile, en terme d’acceptabilité de l’utilisateur final (qui a le dernier mot !), de gérer (et/ou de
décaler) la consommation que de gérer la production. Dans une vision à plus long terme, la
stratégie idéale correspondra à une gestion de la consommation associée à une gestion de la
production.
Il serait intéressant, grâce à l’outil de gestion, d’inverser les objectifs. En effet nous pourrions
envisager quelles seraient les politiques (politiciennes) optimales (par exemple en terme
d’incitation financière). Un ou des tarifs d’achat avec des lois dégressives pourraient être
analysés.
Une perspective que nous avons longuement testée mais qui n’a pourtant pas abouti est
d’utiliser les stratégies de gestion pour faire du dimensionnement optimal. Il serait pertinent, en
Conclusion générale 143
fonction d’un profil de charge, de définir quelles seraient les tailles minimales du système PV et
du stockage.
Également dans une démarche de minimisation de la consommation on peut également se
poser la question de la structure même du réseau de l’habitat. En présence de production PV, de
stockage, de charges électroniques, est ce que le réseau interne de l’habitat en 230V alternatif est
toujours pertinent ?
Enfin, je prends la liberté de terminer ce mémoire avec une citation qui me semble très proche
de nos préoccupations de chercheurs, et qui traduit la contradiction actuelle de notre mode de
raisonnement et la problématique environnementale :
« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ».
(Albert Einstein)
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Résumé :
Mots clés :
Abstract :
The work done during this thesis contributes to the intensive penetration of the photovoltaic
electricity production into the electric grid. Photovoltaic energy holds an immense potential, in
particular in the housing sector, but its intermittent nature limits its large scale development. In
this thesis, we propose to add a storage element to the grid connected photovoltaic system
(housing application).
First, we introduce the notion of energy management in these systems called « hybrids systems ».
The objective is to reduce the peak power consumption and production. Next, we propose and
study optimized energy strategies based on predictive indications of irradiation, ambient
temperature, power consumption and electricity grid prices. Finally, we bring theoretical
solutions to the real time energy management, notably by proposing a solution to the problem of
prediction uncertainty.
Keywords :