Grandes Fonctions Macroéconomiques
Chapitre 3 : L’investissement
L1 Economie-Gestion, année 2022-2023
15 mars 2023
Plan du chapitre
Introduction
La théorie keynésienne de l’investissement
Le principe de l’accélérateur d’investissement
Le modèle néoclassique de l’investissement
L’investissement et le q de Tobin
Conclusion
Table of Contents
Introduction
La théorie keynésienne de l’investissement
Le principe de l’accélérateur d’investissement
Le modèle néoclassique de l’investissement
L’investissement et le q de Tobin
Conclusion
Objectifs du chapitre
I Les principales théories sur l’investissement.
I Pourquoi l’investissement dépend négativement du taux d’intérêt.
I Les éléments qui contribuent à déplacer la fonction d’investissement.
I Pourquoi l’investissement augmente dans les périodes d’expansion et diminue
dans les périodes de récession économiques.
Définition
I L’investissement ou formation du capital (FBK ) est l’acte qui consiste à acquérir
des biens et services au cours d’une période donnée pour produire
ultérieurement d’autres biens et services ⇒ l’investissement est la
composante du PIB reliant le présent et le futur.
I La formation brute de capital représente les acquisitions (nettes des cessions)
d’actifs corporels ou incorporels réalisés par les producteurs résidents. Elle
comprend :
I Des immeubles acquis par les agents économiques
I Des biens meubles achetés par les sociétés non financières et les administrations
(ex. machines et biens d’équipements)
I Des actifs incorporels (logiciels, recherche, etc)
COVID-19 et investissement
Le baromètre "Trésorerie, Investissement et Croissance" du 2ème trimestre
2020, comprend un questionnaire spécifique sur la crise du coronavirus. La
plupart des dirigeants de PME et TPE estiment que la crise amputera leur
chiffre d’affaires en 2020. Une large proportion annule ou reporte les
projets d’embauche et d’investissement.
Guerre en Ukraine et investissement
Le baromètre "Trésorerie, Investissement et Croissance" du 2ème trimestre
2022 : 55% des dirigeants comptent investir cette année, une proportion en
baisse sur le trimestre comme sur 1 an
Exemples d’investissement
I Exemples :
I Achat d’une automobile par un artisan-taxi est un investissement, achat par un
particulier est une consommation de bien durable.
I Investissements matériels (terrains, bureaux, machines) vs Investissements
immatériels (recherche et développement, logiciels)
I L’investissement peut être public ou privé, selon qu’il est le fait de l’Etat ou des
agents privé (ménages ou entreprises) ⇒ dans ce chapitre on considère seul
l’investissement privé.
I Investissement représente les décisions des dépenses relevant de la politique
budgétaire.
Types d’investissement
I A ne pas confondre investissement et épargne : l’achat de titres constitue
l’épargne et non l’investissement.
I Trois types d’investissment :
I Investissement fixe des entreprises : achat de machines, terrains, bâtiments etc.
par les entreprises (majeure partie des dépenses d’investissement 75%).
I L’investissement résidentiel : achat de logement par les ménages (est le seul
investissement possible des ménages dans la comptabilité nationale) pour y vivre ou
par les propriétaires pour les louer.
I L’investissement en stock ou variation de stock : biens (matières premières,
fournitures, produits finis ou d’encours de production) placés en stock pour produire
ou les vendre plus tard (négligeable, 1% du PIB, mais très important dans l’étude
des fluctuations économiques, à cause de sa forte volatilité).
L’investissement - introduction
I L’investissement ⇒ I = FBCF + δStock
I FBCF ⇒ formation brute de capital fixe, est l’agrégat qui mesure, en
comptabilité nationale, l’investissement (acquisition de biens de production) en
capital fixe des différents agents économiques résidents.
I La variation des stocks : toutes les matières premières, les biens intermédiaires
ou les produits finis qui ont été acquis ou produits par l’entreprise au cours de la
période mais n’ont pas été consommés ou vendus
L’investissement - introduction
I L’investissement constitue une part faible (15%) du PIB, comparé à la
consommation (60%).
L’investissement - introduction
I L’investissement est la composante la plus volatile du PIB : il joue un rôle
essentiel non seulement pour le long terme mais aussi pour l’activité
économique de court terme.
I Au niveau macroéconomique, l’investissement = épargne résulte de l’arbitrage
intertemporel entre consommation présente et consommation future.
I Corrélation entre le niveau d’investissement et la croissance. Exemple : pendant
le Trente Glorieuses pays avec taux de croissance de l’investissement les plus
élevés ⇒ plus forte croissance du PIB.
Investissement et croissance du PIB
FBCF - FR, AL
Investissement : introduction
I L’investissement est composante de la demande finale globale :
I à court terme, car les capacités de production sont considérées comme
données ;
I cause des variations de la conjoncture (théorie du multiplicateur keynesien).
I L’investissement est aussi facteur de production :
I à moyen et long terme, augmente le stock de capital (source de croissance)
Investissement : introduction
I 3 modes de financement :
I autofinancement
I émission d’action pour augmenter les fonds propres (taux de marge)
I endettement (auprès des banques ou sur les marchés financiers)
I Les déterminants de l’investissement sont généralement donnés en
fonction mode de financement.
I Quels sont les facteurs déterminants de l’Investissement ?
I Pour les classiques : taux d’intérêt,
I Pour le Keynésiens : taux d’intérêt, demande anticipée, l’usure du capital,
etc...
Table of Contents
Introduction
La théorie keynésienne de l’investissement
Le principe de l’accélérateur d’investissement
Le modèle néoclassique de l’investissement
L’investissement et le q de Tobin
Conclusion
L’investissement en Keynes
I Le montant de l’investissement courant dépend lui même de ce que nous
appellerons l’incitation à investir et nous verrons que l’incitation à investir dépend
de la relation entre la courbe de l’efficacité marginale du capital et la gamme
des taux d’intérêt afférents aux prêts d’échéances et de garanties diverses.
(Keynes 1936) Livre I, Chapitre III
L’investissement en Keynes
I La décision d’investir dépend de deux variables :
I le taux d’intérêt
I l’efficacité marginale du capital.
I L’investissement résulte d’un arbitrage entre : le coût présent de
l’investissement et les rendements futurs.
I Dans le coût présent de l’investissement on distingue :
I Coût physique : prix des biens machines
I Coût financiers : coût de l’emprunt ou coût d’opportunité (autofinancement / emprunt
/ augmentation de capital).
L’investissement et les anticipations de profit
I Les trois étapes de la décision de l’investissement d’une entreprise :
I Estimer la durée de vie de la machine ⇒ pour calculer la valeur actuelle des
profits anticipés
I Une machine se déprécie à un taux δ (annuel)
I Machine achetée en t vaut 1 − δ en t + 1 (entre 4% et 15% pour les machines et entre 2%
et 4% pour l’immobilier)
I Calculer la valeur actuelle des profits anticipés ⇒ si l’entreprise achète en t une
machine, elle génère son premier profit Π en t + 1 :
I la valeur actuelle à l’année t de ce profit en t + 1 est
Πet+1
(1 + rt )
I la valeur actuelle à l’année t de ce profit en t + 2 est
Πet+2 (1 − δ)
e )
(1 + rt )(1 + rt+1
I Décider si acheter ou non la machine ⇒ la décision dépend du rapport entre le
prix de la machine et la valeur actuelle des profits anticipés.
Principe de l’actualisation
I 1 EUR d’aujourd’hui vaut-il combien dans 1 an (2 ans,...) ?
I Pour avoir 1 EUR dans 1 an (2 ans,...) il faut combien aujourd’hui (r contant
pour simplicité) ?
Aujourd’hui 1 an 2 ans
1 EUR (1 + r) EUR (1 + r)2 EUR
1
1+r
EUR 1 EUR
1
(1+r)2
EUR 1 EUR
I r=taux d’intérêt=taux d’actualisation=taux d’escompte=taux de préférence pour le
présent=“prix du temps”
1
I
1+r
=valeur actuelle d’ 1 EUR dans 1 an
1
2 =valeur actuelle d’ 1 EUR dans 2 ans
I
(1+r)
1
I
(1+r)t
=valeur actuelle d’ 1 EUR dans t années
La décision d’investir - VAN
I Critère de la valeur actuelle nette (VAN)
I Soit un projet d’investissement nécessitant d’investir I0 sur une durée de n années et
rapportant chaque année des cash-flow CFt , t = 1, ..., n.
I On suppose les prix constants (hypothèse faite dans la suite du chapitre)=> variable
nominale=variable réelle, taux d’intérêt nominal=taux d’intérêt réel.
I La VAN (valeur actuelle nette) du projet est :
CF1 CF2 CFn
VAN = + + ... + − I0
1 + r (1 + r)2 (1 + r)n
n
X CFt
= − I0
(1 + r)t
t=1
I Critère de la VAN : VAN > 0 => le projet est rentable.
La décision d’investir - VAN
I Exemple : I0 = 66085, n = 3.
I Cash-flow : CF1 = 36000, CF2 = 24000, CF3 = 18000.
I Taux d’intérêt : r = 0, 08.
36000 24000 18000
VAN = + + − 66085 = 2213 > 0
1, 08 1, 082 1, 083
I Ce projet est rentable et peut être réalisé du fait que sa VAN est positive.
I Limite du critère de la VAN ⇒ il est sensible au taux d’actualisation choisi,
selon le taux utilisé on peut avoir une VAN positive ou négative.
Investissement selon le critère de la VAN
La décision d’investir - TRI
I Critère du taux de rentabilité interne (TRI)
I Face à cette limite du critère de la VAN, on utilise un autre critère, celui du TRI (taux
de rentabilité interne)
I TRI=taux d’actualisation qui annule la VAN du projet
I Donc, le TRI est tel que :
CF1 CF2 CFn
+ + ... + − I0 = 0
1 + TRI (1 + TRI)2 (1 + TRI)n
I Critère du TRI : si le TRI est supérieur au taux de rendement du marché (r), le projet
est rentable (sinon, l’entreprise a intérêt à placer ses capitaux sur le marché
financier au taux r) ⇒ on doit rejeter systématiquement tout projet dont le TRI est
inférieur au taux d’intérêt du marché, car sa VAN est négative.
La décision d’investir - TRI
I Exemple : I0 = 66085, n = 3.
I Cash-flow : CF1 = 36000, CF2 = 24000, CF3 = 18000.
36000 24000 18000
VAN = + + − 66085 = 0
1+x (1 + x)2 (1 + x)3
I On trouve x = 0, 1.
I Ce projet n’est rentable que pour des taux d’intérêt inférieurs à 10%.
Le critère du TRI : Choix entre plusieurs investissements
Imaginons qu’une firme ait les projets d’investissement suivants :
Si r = 5% : tous les projets seron réalisés et I sera égale à 630
Si r = 9% : les projets A, F , D et E seron réalisés et I sera égale à 430
Le critère du TRI
Au niveau macroéconomique, pour un taux d’intérêt donné, tous les projets
dont l’efficacité marginale du capital est supérieure à ce taux seront réalisé
Efficacité marginale du capitale
I Keynes définit l’efficacité marginale du capitale comme le taux d’escompte
qui, appliqué à la série d’annuités constituée par les rendements escomptés de
ce capital pendant son existence entière, rend la valeur actuelle des annuités
égale au prix d’offre de ce capital.
I Efficacité marginale du capitale = TRI de l’investissement en capital
I Critère de choix d’investissement chez Keynes : les entreprises réalisent les
projets d’investissement dont l’efficacité marginale du capital est supérieure au
taux d’intérêt.
I L’investissement agrégé est une fonction décroissante du taux d’intérêt ⇒
plus le taux d’intérêt est faible, plus le montant d’investissement est élevé, car il
y aura de plus en plus de projets rentables.
L’investissement en Keynes
Table of Contents
Introduction
La théorie keynésienne de l’investissement
Le principe de l’accélérateur d’investissement
Le modèle néoclassique de l’investissement
L’investissement et le q de Tobin
Conclusion
Le principe de l’accélérateur d’investissement- introduction
I L’entreprise ne s’intéresse pas à l’investissement en tant que tel (le flux). Ce qui
lui importe c’est le niveau de son capital (le stock).
I Kt ⇒ quantité de capital détenue au début de la période t pour la production de
la période t.
I Si le stock de capital effectif Kt est inférieur au stock de capital désiré Kt∗ alors
l’entreprise investit.
I Si on définit le coefficient de capital v = YK alors le niveau désiré du capital
dépend de la production souhaitée et du coefficient de capital.
L’accélérateur d’investissement - introduction
I Modifications du stock de capital entre t et t + 1 :
I équation d’accumulation du capital : Kt+1 = (1 − δ)Kt + It
I Kt+1 =quantité de capital détenue au début de la période t + 1 pour la production de la
période t + 1
I δ=taux de dépréciation du capital (ou taux de déclassement du capital ou taux
d’usure physique)
I It =Investissement brut (ou formation brute de capital fixe (FBCF))
I ItN = Kt+1 − Kt =Investissement net (ou investissement de capacité)
I δKt =Investissement de remplacement (ou consommation de capital fixe)
I On trouve que ⇒ It = Kt+1 − Kt + δKt
Le principe de l’accélérateur d’investissement
I Une variation de la demande de biens de consommation entraîne une
variation plus importante de la demande de biens d’investissement.
I Principe de l’accélérateur : lien entre demande anticipée et volume
d’investissement ⇒ les entreprises investissent si leurs débouchés
s’accroissent.
I John Maurice Clark (1917) : les commandes de wagons passées par les
compagnies des chemins de fer américaines dépendaient de la variation du
trafic et non de son niveau.
Les hypothèses du principe de l’accélérateur d’investissement
I Hypothèses :
I Les capacités de production sont pleinement utilisées ;
I La production s’ajuste immédiatement à la demande ;
I Le stock de capital nécessaire à la production est toujours dans une proportion
constante, i.e., le coefficient de capital :
Kt
v=
Yt
est constant.
Le principe de l’accélérateur d’investissement
a
I Face à une demande anticipée (en début de période) Yt+1 pour la période t + 1,
a
le stock de capital désiré (nécessaire à la production de : Yt+1 ) est :
a
Kt+1 = vYt+1
I L’investissement net nécessaire pour atteindre cet objectif est :
ItN = Kt+1 − Kt = v(Yt+1
a a
− Yt ) = v∆Yt+1
=> il n’y a de l’investissement que si la demande s’accélère : d’où la
dénomination d’accélérateur
L’accélérateur simple d’investissement
I Accélérateur simple : lorsque les anticipations sont myopes=> l’anticipation
de la variation de la demande est égale à la variation de la demande observée à
la période précédente.
I Anticipations myopes sur
x : xta = xt−1
I Donc :
a
∆Yt+1 = ∆Yt = Yt − Yt−1
I Donc, l’investissement est donné par :
ItN = v∆Yt+1
a
= v∆Yt = v(Yt − Yt−1 )
L’accélérateur simple d’investissement
I Selon la loi de l’accélération des investissements, le niveau des dépenses
d’investissement dans une industrie donnée dépend de la croissance
(variation) des ventes ou de la demande.
I De même, la variation des dépenses d’investissement dans une industrie
donnée dépend de la variation de la croissance des ventes.
I Si I = v∆Y , alors ∆I = v∆2 Y .
I Le coefficient d’accélération = le coefficient du capital.
I Limites : Résultats empiriques décevants à court terme, meilleurs à long terme
(Tinbergen, 1938)
L’accélérateur simple
I Si ∆Yt > 0, alors It > 0 :
I si accélération de la hausse de la demande, alors hausse de I ⇔ si ↑ ∆Yt ,
alors ↑ It
I si décélération de la hausse de la demande, alors baisse de It ⇔ si ↓ ∆Yt ,
alors ↓ It
I Si ∆Yt < 0, alors It < 0 :
I si accélération de la baisse de la demande, alors baisse de I
I si décélération de la baisse de la demande, alors hausse de It
L’accélérateur simple
Exemple pour coefficient de capital, v=3
Demande ∆D Kt = vt × Yt In ∆In
100 – 300 – –
103 3% 309 9 –
110 6,8% 330 21 133%
125 13,6% 375 45 114%
130 4% 390 15 -66%
130 0 390 0 -100%
I In : Investissement net ⇒ unités supplémentaires d’équipement de
production nécessaires pour répondre à la demande
I augmentation de la demande : augmentation plus que proportionnelle de
l’investissement
I une baisse de la demande : une baisse plus forte de l’investissement
I L’investissement, facteur de croissance et facteur de crise
L’accélérateur flexible d’investissement
I L’investissement dépend pour partie d’un terme d’accélérateur et pour l’autre
partie d’un frein :
It = λv∆Y + (1 − λ)It−1
I avec λ ⇒ coefficient d’inertie :
I si λ = 1 ⇒ accélérateur simple ;
I si λ = 0 ⇒ investissement constant ;
I si λ ∈ (0, 1) ⇒ accélérateur flexible.
L’accélérateur flexible d’investissement
I Accélérateur flexible : lorsque les anticipations sont adaptatives
(interprétation i) :
I a = λx + (1 − λ)x a , 0 < λ < 1 est le coefficient
Anticipations adaptatives sur x : xt+1 t t
d’inertie.
a ⇒ IN = K
Kt+1 = vYt+1 t+1 − Kt = v∆Yt+1 , où
I
t
a
∆Yt+1 = λ∆Yt + (1 − λ)∆Yta
I La dynamique dans l’investissement est donnée par :
ItN = v∆Yt+1
a
= vλ∆Yt + v(1 − λ)∆Yta = vλ∆Yt + (1 − λ)It−1
N
N
(car It−1 = v∆Yta )
I L’accélérateur flexible est plus proche de la réalité, car il y a une inertie relative de
l’investissement.
L’accélérateur flexible d’investissement
I Accélérateur flexible : (interprétation ii) lorsque les entreprises ont des
anticipations exactes mais l’ajustement du stock de capital est coûteux
(interprétation ii) :
I Si Kt+1 = vλYt + (1 − λ)Kt
alors
It = ∆Kt+1 = vλ∆Yt + (1 − λ)∆Kt
Intérpretaion : Lorsqu’il y a un changement dans la demande qui nécessite plus de
biens d’équipement, l’ajustement de l’investissement est étalé sur plusieurs pé-
riodes.
Accélérateur simple : l’investissement évolue directement en fonction de l’évolution
de la demande.
L’accélérateur flexible
Table of Contents
Introduction
La théorie keynésienne de l’investissement
Le principe de l’accélérateur d’investissement
Le modèle néoclassique de l’investissement
L’investissement et le q de Tobin
Conclusion
Le modèle néoclassique de l’investissement
Le modèle néoclassique étudie la décision d’investissement comme un choix
optimal des entrerprises entre les différents facteurs de production à leur
disposition : K et L
I Analyse coûts et bénéfices qui représente pour les entreprises la
détention de biens de capital
I Ce modèle analyse la décision optimale d’investissement des
entreprises en reliant le niveau d’investissement avec la productivité
marginale du capital et le taux d’intérêt
Le modèle néoclassique : Le choix des firmes
L’entreprise représentative détermine les quantités d’input (travail L∗ et capital
K ∗ ) qui maximisent ses profits avec :
I π = P × Y − C(K , L) : le profit des entreprises,
I P le prix de vente des biens,
I Y = F (K , L) la fonction de production,
I C(K , L) la fonction de coût.
Productivité marginale. Exemple pour le capital
Travail Capial Production Production Producttion
Total Moyenne Marginal
1 1 100 100 100
1 2 250 125 150
1 3 450 150 200
1 4 700 175 250
1 5 900 180 200
1 6 1050 175 150
1 7 1150 164 100
1 8 1200 150 50
1 9 1240 138 40
1 10 1270 127 30
Productivité marginale
La productivité marginal du capital (MPK ) es la quantité de production
supplémentaire que l’entreprise obtient d’une unité supplémentaire de
capital, en maintenant constante la quantité de travail.
MPK = F (K + 1, L) − F (K , L)
Variation de Y ∂f (K , L) ∆f (K , L)
= = =
Variation de K ∂K ∆K
Pour une fonction de production Cobb-Douglas : Y = AK α L1−α
MPK = αAK α−1 L1−α
1−α
L
= αA
K
Conditions d’Inada et autres hypothèses
La technologie de production néoclassiques vérifie les Conditions d’Inada :
I PMK = FK > 0 et PML = FL > 0 : la production augmente avec le
montant des facteurs
I FKK < 0 et FLL < 0 : les productivités marginales (PMK et PML) sont
décroissantes (concavité)
I Kt+1 = (1 − δ)Kt + It : le stock de capital futur est égal est stock précédent
moins la dépréciation, plus les investissements
I On raisonne à court terme : L est constant
I L’entreprise de production est propriétaire de son capital (pas de
location)
I Le capital et le bien produit sont le même bien, i.e. un même prix Pt
I Le prix est constant
Productivité marginale et capital
La PMK décroit avec K :
I L’augmentation du capital d’une unité implique un profit supplémentaire
égal au produit marginal de cette unité.
I L’unité de capital a également un prix
Le problème de la firme
{K ∗ } = argmaxk πt+1
où πt+1 = P × Yt+1 − cu × Kt − w × Lt+1
Les coûts :
I w est le coût unitaire du travail
I cu est le coût unitaire du capital
Le capital restant en fin de période k − δk = (1 − δ)Kt peut être revendu
Stock de capital optimale
I Une unité d’investissemenr coûte :
I coût d’achat initiale (en t) : Pt
I coût de détention entre t et t + 1 : rPt
car c’est le coût des intérêts (si emprunt) ou le coût d’opportunité si la firme
plaçait ses ressources ailleurs (si autofinancement)
⇒ au total : Pt + rPt = (1 + r)Pt
I et elle rapporte en t + 1 le benefice de :
∂Yt+1
I Une hausse la production de PMK = ∂Kt
I une valeur de revente future : 1 − δ
⇒ au total : Pt+1 [PMKt + (1 − δ)]
Le stock de capital optimal est tel que rendement et coût sont égaux :
Pt+1 [PMKt + (1 − δ)] = (1 + r)Pt
Stock de capital optimale
Pt+1 [PMKt + (1 − δ)] = (1 + r)Pt
Si les prix sont stables, Pt+1 = Pt , alors on a :
Pt [PMKt + (1 − δ)] = (1 + r)Pt
(1 + r)Pt
PMKt + (1 − δ) =
Pt
PMKt − δ = r
Taux de rendement réel de l’investissement = Taux d’intérêt réel
PMK r +δ
| {z } = |{z}
production additionnelle = cout unitaire
L’entreprise choisit d’investir jusqu’à ce que la productivité marginale du K
atteigne le coût d’usage du capital=r + δ
Stock de capital optimale
PMK = r + δ
Si le coût réel d’une unité de capital est inférieur à la productivité marginale
du capital :
I les entreprises ont intérêt à investir davantage, car chaque unité de
capital supplémentaire leur procure un profit plus élevé que ce qu’il leur
en coûte
Si le coût unitaire est plus élevé que la productivité
I les entreprises sont incitées à réduire le capital
La fonction d’investissement : rélation investissemet, taux d’intérêt
Investissement si :
| {z } − (r|{z}
PMK + δ) > 0
production additionnelle − cout unitaire
Donc :
IN = f (PMK − (r + δ))
Et :
I = f (PMK − r)
La fonction d’investissement : rélation investissemet, taux d’intérêt
I Pour taux d’intérêt de r1 =CU1 :
K0 , K0+1 , K0+2 , K0+2 : benefice>=coût
I Pour un taux d’intérêt de r2 > r1 =CU2 > CU1 :
Pour K0 , K0+1 : benefice>=coût
Le stock de capital optimal est donc une fonction décroissante de cu (coût
unitaire/d’usage du K)
La fonction d’investissement : rélation investissemet, taux d’intérêt
L’investissement est une fonction décroissante du taux d’intérêt : plus le taux
d’intérêt est élevé, plus le coût de financement d’une unité de capital est
élevé et donc moins les entreprises sont incitées à investir
∂K ∗
K ∗ = f (cu) avec ∂cu
< 0 et cu = r + δ
∂K ∗ ∂K ∗
Donc ⇒ ∂r
< 0 et ∂δ
<0
La fonction d’investissement
Comme Kt+1 = (1 − δ)Kt + It
L’investissement brut (FBCF) optimal est donc :
∗
It = Kt+1 − (1 − δ)Kt
∗
= Kt+1 − Kt + δKt
= ItN + δKt
I La variation du capital est appelée investissement net est fonction de
l’écart entre PMK et coût du capital ItN = f (PmK , r )
+ −
I Investissement= différence entre le stock de capital désiré et le stock de
capital existant moyennant un coefficient d’ajustement
I La fonction d’investissement ⇒ est la somme de l’investissement net et
du coût de remplacement du capital amorti
I = ItN [PMK − (r + δ)] + δKt
Le modèle néoclassique
Ce modèle nous montre pourquoi l’investissement est fonction du taux
d’intérêt :
I la hausse du taux d’intérêt réel accroît le coût du capital et réduit donc le
profit tiré de la détention du capital, ce qui décourage l’accumulation du
capital ;
I la baisse du taux d’intérêt réel réduit le coût du capital et accroît donc le
profit tiré de la détention du capital, ce qui encourage l’accumulation du
capital (stimulation de l’investissement)
Table of Contents
Introduction
La théorie keynésienne de l’investissement
Le principe de l’accélérateur d’investissement
Le modèle néoclassique de l’investissement
L’investissement et le q de Tobin
Conclusion
Décision d’investissement
I La théorie q de Tobin (Prix Nobel en 1981) : ⇒ l’investissement des entreprises
cotées en bourse est principalement déterminé par leur situation sur les
marchés boursiers.
I Si une unité additionnelle de capital accroît la valeur de marché de la firme
d’un montant supérieur à son coût d’acquisition, l’entrepreneur rationnel
devra investir.
I Tobin définit alors le coefficient q comme le rapport entre la valeur boursière de
la firme et sa valeur comptable ⇒ le coût de remplacement de son capital
La q de Tobin
Valeur de marché du capital installé
I Coefficient Tobin ⇒ q = Coût de remplacement du capital installé
I Valeur de marché du capital installé = valeur boursière de la firme = valeur
totale des actions existantes
I Coût de remplacement du capital installé = somme qu’il faut payer pour
remplacer les biens de capital incorporés dans l’entreprise
La q de Tobin
I L’Investissement est croissant en q ⇒ I = I(q) = I(q − 1)
I Si q > 1 ⇒ la valeur du capital installé excède le coût de remplacement,
l’investissement est rentable : les entrepreneurs ont intérêt à investir ;
I Si q < 1 ⇒ il est profitable pour les actionnaires de revendre les équipements
existants à leur coût de remplacement : l’investissement net devrait être négatif.
I La valeur théorique de q est 1 : en raison de la décroissance de la PMK
I Si q > 1 les entrepreneurs investissement jusqu’à ce que q soit égal à 1
I Si (q < 1) désinvestissent
L’équilibre sur le marché de location du capital
La q de Tobin : evolution
La q de Tobin
I I = I(q) ⇒ selon la théorie du q de Tobin : pour les entreprises cotées en bourse
le q de Tobin compare la rentabilité anticipée au coût réel du financement :
I une augmentation de q incite les entrepreneurs à lever des fonds.
I le q de Tobin intègre aussi l’impact négatif du taux d’intérêt sur l’investissement :
toute hausse du taux d’intérêt réduit la valeur actualisée de l’entreprise
I le q de Tobin incorpore d’autres éléments : gains de productivité du capital,
anticipations (invest. étant un pari sur l’avenir)
La q de Tobin : le cas des USA
En 2020 Tobin est à 1.70. Cela envoie le message suivant aux nouveaux
entrants :
I s’ils investissent le montant des actifs de remplacement, le marché fera
que, mécaniquement, leur investissement ne sera pas égal à la somme
investie.
I Il sera plutôt égal au montant alloué plus une prime « virtuelle » de 70%,
ce qui rend l’investissement dans cette industrie en théorie très
intéressant.
Table of Contents
Introduction
La théorie keynésienne de l’investissement
Le principe de l’accélérateur d’investissement
Le modèle néoclassique de l’investissement
L’investissement et le q de Tobin
Conclusion
La fonction d’investissement
I Forme générale de la function d’investissement I = I(Y , i) avec Y = production et
i = taux d’intérêt nominal ( = r sous l’hypothèse que π = 0)
I Investissement I ⇒ Dépense (machines, équipements etc.) en vue d’augmenter
les profits ⇒ Il est d’autant plus élevé que
I le coût de l’emprunt est faible
I les débouchés futurs sont élevés
Cas général :
I = I0 + b1 Y − b2 i
I Si I = I0 + b1 Y ⇒ variante du modèle de l’accélérateur
I Si I = I0 − b2 i ⇒ modèle néo-classique
La fonction d’investissement : Le modèle keynésien (revenu-dépense)
de base
I Le modèle keynésien (revenu-dépense) de base ⇒ on considère une économie
caractérisée par les équations suivantes :
I Dépenses publiques : G ; Revenu : Y ; Taxes : T ;
I Pas d’importations ni d’exportations
I Consommation : fonction keynésienne de type C = C0 + a(Y − T )
I Investissement : variante de l’accélérateur de type I = I0 + bY
I L’équilibre revenu - dépenses s’écrit : Y = C + I + G , soit :
Y = C0 + a(Y − T ) + I0 + bY + G
I On trouve que le multiplicateur vaut : 1/(1 − a − b)
Le modèle keynésien (revenu-dépense) de base