Séance 3 : Confronter des points de vue sur un projet d’aménagement urbain ou périurbain
dans votre région.
Capacité : identifier les acteurs intervenant dans l’aménagement d’un territoire
urbain ou périurbain en confrontant les points de vue.
Notions :
Aménagement du territoire : politiques et interventions programmées de l’Etat
ou des collectivités territoriales sur un territoire donné dans le but de le
façonner.
Conflits d’usage : rivalité entre différents usagers pour un même espace ou une
même ressource.
Objectifs de développement durable : énoncé par l’ONU, ces objectifs visent
à réconcilier les progrès économiques, la cohésion sociale et la préservation de
l’environnement
Document 1 : L’engorgement urbain à Paris, 2021 Document 2 : le plan du métro parisien
Document 3 : le plan du RER en Ile de France
Les statisticiens les appellent les « navetteurs ». Chaque jour, en Île-de-France, ces actifs quittent leur
commune de résidence ou leur arrondissement parisien pour rejoindre leur travail. Un ballet qui concerne
environ 4 millions de personnes – les trois quarts des travailleurs de la région, selon l’Insee –, occasionnant
cohue dans les transports et bouchons sur les routes.
Difficile de préciser le temps moyen que les navetteurs consacrent à cette migration pendulaire : 68 minutes
aller-retour selon le ministère du Travail, 84 minutes d’après l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU). «
Ce temps a fortement augmenté depuis les années 1970, pointe Frédérique Prédali, urbaniste transport à l’IAU.
Environ 500 000 actifs franciliens passent quotidiennement plus de deux heures dans leur voiture et 1 million
dans les transports en commun, ce qui dégrade leur qualité de vie. »
Ces chiffres dépassent en effet, et de loin, la durée idéale du trajet domicile-travail, évaluée à 16 minutes dans
une étude de l’université de Californie (2001). Soit un temps relativement court pour arriver frais et dispos au
travail le matin, et suffisamment long pour pouvoir décompresser avant de rentrer chez soi le soir.
[…] Au-delà de 40 minutes de trajet, ils restent en moyenne 16 minutes de moins par jour au travail que les
autres. L’équivalent, sur une année, de huit jours ouvrés.
Comment alléger la vie des navetteurs ? Plusieurs solutions émergent. Parmi les plus évidentes, la
consolidation de l’offre de transports en commun. Le tramway, qui avait disparu de la région à la fin des années
1930, est de retour. Depuis 1992, dix lignes ont été créées, et quatre sont en projet. Le Tram 13 Express,
en cours de réalisation dans les Yvelines, connectera Saint-Cyr-l’École à Saint-Germain-en-Laye en 30
minutes, contre une heure actuellement.
Réduire les temps de parcours, c’est aussi l’objectif du Grand Paris Express. Concrètement, il s’agit de
prolonger la ligne 14 du métro et de créer quatre nouvelles lignes. « Elles seront connectées au réseau de
transport existant, précise Catherine Barbé, directrice des partenariats stratégiques de la Société du Grand
Paris. Il sera plus simple de se rendre d’un point à un autre de l’Île-de-France sans passer par Paris, et
plus rapide de rejoindre le cœur de la capitale. Le Grand Paris Express reliera également les trois aéroports
(Orly, Le Bourget, Roissy-Charles-de-Gaulle), les quartiers d’affaires, les pôles scientifiques, ce qui facilitera
l’accès à l’emploi. »
Mobilité : une si lointaine banlieue... Quelles solutions pour réduire le temps de trajet des Franciliens ? Corinne
Soulay, publication 24 avr. 2019
Document 4 : les mobilités domicile-travail en Ile de France
Sur la route, comme dans les transports en commun, la fin des années 2000 est marquée par une très nette
dégradation des conditions de mobilité en Île-de-France. Les difficultés de transport s’aggravent, notamment
parce que, les mobilités se faisant plus complexes, les attentes des usagers concernant la ponctualité
deviennent de plus en plus grandes : pour un voyageur, 95 % de fiabilité pour une ligne signifie qu’il est
susceptible d’avoir un problème tous les vingt trajets. Sur la base d’un aller-retour par jour, cela veut dire un
incident tous les quinze jours. Sauf que, s’il y a une correspondance, les pannes et retards de chaque portion
du trajet se cumulent : le même voyageur n’est donc plus exposé à un problème toutes les deux semaines mais
à un problème par semaine. Si, faute d’entretien du matériel ou parce que l’augmentation du trafic impose des
tensions plus importantes sur l’exploitation du réseau, l’indice de fiabilité tombe à 90 % (ce qui s’est passé à la
fin des années 2000 sur un nombre croissant de lignes), il suffit d’avoir à effectuer deux correspondances pour
connaître des problèmes de transport tous les jours…
Grand Paris : L'émergence d'une métropole, Chapitre 6. Controverses autour du Grand Paris, État des lieux en
2000, Frédéric Gilli, Presse de Science Po, 2014
Document 5 : le projet du Grand Paris
Sur la première figure, nous constatons une énorme concentration de l’emploi : 19 communes – sur 1274, soit
1,5% ̶ forment une tache rouge centrale qui cumule la moitié de l’emploi régional, dans un vaste océan « gris »
qui couvre les 1255 municipalités restantes.
Sur la deuxième carte, nous observons une dispersion trois fois plus élevée de la main-d’œuvre en bleu, qui
reflète bien la localisation géographique de la population francilienne et l’historique de l’urbanisation de
l’agglomération : 61 communes sur 1274 – soit 4,7% – regroupent la moitié des actifs franciliens ayant un
emploi.
Sans surprise, les deux cartes coïncident fort mal, traduisant la dissociation domicile/travail qui caractérise l’Île-
de-France et les besoins de mobilité qui en résultent. Le réseau du Grand-Paris-Express ne constitue guère
une solution, car il relie entre eux les « pôles d’excellence » cumulant les emplois, ce qui ne représente que 3%
de la demande de transport.
Bien entendu, les besoins principaux de déplacements portent sur les liaisons domicile-travail entre des bassins
d’habitat (donc de main-d’œuvre) et des pôles d’emplois. Une fonction relativement bien assurée par la ligne 15
Sud, mais très insuffisamment par la ligne 18 Orly-Versailles et pas du tout par la ligne 17 Nord.
Grand Paris, un projet controversé, Jacqueline Lorthiois,
Document 7 : les controverses du Grand Paris
Après avoir exposé la problématique du transport à Paris, expliquez comment le projet du Grand Paris
répond à cette problématique et ses limites.
1. Quel est le problème du transport à Paris ? doc 1, 2, 3 et 4
2. Quel est le projet du Grand Paris ? Doc 5 et 6
3. Est-ce le projet du Grand Paris permet de résoudre le problème de la question 1 ? Doc 7