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Compactification ℓ-adique du groupe R

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Compactification l-adique de R

Jean-François Jaulent

To cite this version:


Jean-François Jaulent. Compactification l-adique de R. Proyecciones- Revista de matemática, 2008,
27 (3), pp.219–235. ฀hal-00198960v2฀

HAL Id: hal-00198960


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Submitted on 6 Jan 2008

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Compactification ℓ-adique de R

Jean-Franois Jaulent

Rsum. Nous construisons un groupe topologique compact Rℓ , qui contient naturelle-


ment comme sous-groupes denses la fois le groupe additif rel R et le groupe ℓ-adique
Qℓ pour un premier donn ℓ, et nous en tudions quelques unes des proprits. En appen-
dice, nous montons que cela donne une description arithmtique du solnoide ℓ-adique
Sℓ classiquement dfini en termes de feuilletages.

Abstract. For a given prime number ℓ, we construct a compact topological group


Rℓ which contains both the real additive group R and the ℓ-adic one Qℓ as dense
subgroups ; thus we study some of its properties. This construction gives an arithmetic
description of the so-called ℓ-adic solenoid Sℓ classically defined in terms of foliations.
hal-00198960, version 2 - 6 Jan 2008

Introduction
Soit ℓ un nombre premier et Rℓ = {0, 1, . . . , ℓ − 1} l’ensemble des entiers
naturels infrieurs ℓ. Il est bien connu que toute srie de la forme
P+∞ n
n0 an ℓ ,
o les an sont pris dans Rℓ et n0 dans Z, converge dans le complt ℓ-adique Qℓ
du corps des rationnels ; et qu’inversement tout nombre ℓ-adique q s’crit de faon
unique comme somme d’une telle srie.
De faon semblable, toute srie de la forme
Pn0 −1 n
−∞ an ℓ ,
converge dans le corps des rels R ; et inversement tout rel positif r s’crit comme
somme d’une telle srie, laquelle est mme unique ds lors que les an ne sont pas
ultimement gaux ℓ − 1.
On peut donc demander s’il est possible de construire un espace topologique
convenable, contenant de faon naturelle Qℓ ainsi que R, quip de surcrot de
lois prolongeant celles de Qℓ et de R, dans lequel donner un sens univoque
l’expression
+∞
X
an ℓ n ,
−∞

indpendamment de la csure utilise pour la calculer en l’crivant formellement :


Pn0 −1 n
P+∞ n
−∞ an ℓ + n0 an ℓ .

1
On s’aperoit aisment qu’il n’est pas raisonnable d’esprer prolonger contin-
ment la multiplication dans un tel espace, puisque les suites de terme gnral ℓn et
ℓ−n convergeant vers 0 dans Qℓ et dans R respectivement, leur produit, qui est
constant et gal 1, devrait alors converger galement vers 0, ce qui est videmment
absurde. Il faut donc renoncer obtenir un anneau topologique.
L’objet du prsent travail est ainsi de construire trs simplement un groupe
topologique ablien et compact que nous notons Rℓ , qui contient naturellement
la fois R et Qℓ comme sous-groupes denses, et qui permet de donner un sens
prcis chaque somme q + r d’un nombre ℓ-adique q et d’un nombre rel r, donc
finalement toute somme infinie du type prcdent.
Nous verrons en appendice que le groupe obtenu Rℓ s’identifie canonique-
ment au solnoide ℓ-adique Sℓ dfini classiquement en termes de feuilletages et
qui intervient naturellement dans des questions lies l’tude de certains systmes
dynamiques ou de probabilits.

1. Rappels sur R et sur Qℓ ; construction du groupe Rℓ


Rappelons d’abord brivement comment sont construits usuellement les com-
plts du corps Q des rationnels relativement ses diverses valeurs absolues.
On sait, par le thorme d’Ostrowski (cf. e.g. [3] ou [7]), que les topologies de
Q qui sont dfinies par des valeurs absolues non triviales sont :
(i) la topologie relle, qui correspond la valeur absolue usuelle dfinie par :
| x |∞ = max{x, −x} ;
(ii) les topologies ℓ-adiques, donnes par les valeurs absolues dfinies par :
| x |ℓ = ℓ−νℓ (x) ,
o νℓ (x) dsigne l’exposant du premier ℓ dans la factorisation du rationnel x 6= 0.
Dans tous les cas, le procd de compltion, valable d’ailleurs pour tout espace
mtrique E (cf. e.g. [9]), permet de regarder Q comme un sous-espace topologique
dense d’un espace complet, qui est videmment Q∞ = R dans le premier cas et Qℓ
dans le second. Dans le contexte qui nous intresse, la mthode algbrique standard
consiste prendre l’anneau des suites de Cauchy de rationnels (pour la mtrique
considre) et le quotienter par l’idal maximal form des suites qui convergent vers
0. On obtient ainsi un corps commutatif sur lequel la valeur absolue se prolonge
de faon naturelle, ce qui en fait un espace mtrique complet (et mme localement
compact) qui contient Q comme sous-espace dense.
Faisons choix maintenant d’un nombre premier arbitaire ℓ. Nous avons alors :
Théorème 0. Soit ℓ ∈ N un nombre premier et Rℓ = {0, 1, . . . , ℓ − 1}. Alors :
Pn0 −1
(i) Tout rel r s’crit : r = ± −∞ an ℓn , avec les an dans Rℓ et n0 dans Z ;
cette criture est unique si les an ne sont pas ultimement gaux ℓ − 1.
P+∞
(ii) Tout nombre ℓ-adique q s’crit de faon unique : q = m0 an ℓn , avec les
an dans Rℓ ; et on a : | q |ℓ = ℓ−m0 , si am0 est son premier chiffre non nul.
P
(iii) Dans chaque cas, les sommes finies z = ± nm00 an ℓn dcrivent le sous-
groupe Z[1/ℓ], lequel est dense dans le groupe Qℓ comme dans R.

2
Nous allons plonger R et Qℓ dans groupe topologique ablien en les recollant
suivant le sous-groupe dense Z[1/ℓ]. Comme indiqu dans l’introduction,
Pm le point
essentiel de notre construction est que toute somme finie n00+1 an ℓn doit avoir
mme image qu’elle soit regarde dans Qℓ ou dans R. Cette observation nous amne
donc poser :
Définition 1. Nous appelons ℓ-adifi du groupe additif R le groupe ablien Rℓ
quotient de la somme directe du groupe ℓ-adique Qℓ et du groupe additif rel R
par l’image diagonale du sous-groupe Z[1/ℓ] des rationnels ℓ-entiers :
Rℓ = (Qℓ ⊕ R)/Z[1/ℓ].
Le groupe Rℓ est un groupe divisible qui contient canoniquement Qℓ et R.
L’application naturelle de R (respectivement de Qℓ ) dans Rℓ tant videmment
injective, nous identifierons un rel r et un nombre ℓ-adique q avec leurs images
respectives dans Rℓ , de sorte que nous avons ainsi par construction :
Qℓ ∩ R = Z[1/ℓ].
De faon semblable nous noterons q + r la somme dans le groupe ablien Rℓ
du nombre ℓ-adique q et du rel r, somme qui n’est autre que la classe dans Rℓ
du couple (q, r) de Qℓ ⊕ R. Un tel nombre sera dit un rel-ℓ-adique.
Remarque. Les groupes additifs Qℓ et R tant tous deux divisibles, le quotient
Rℓ l’est aussi. On prendra garde cependant au fait que Rℓ n’est pas uniquement
divisible ; ainsi on a bien, par exemple :
q + r = n (q/n + r/n),
pour tout entier naturel n > 1 ; mais (avec les mmes conventions d’criture) :
1/n + 0 6= 0 + 1/n,
ds que n est tranger avec ℓ, puisque 1/n n’est pas alors dans l’anneau Z[1/ℓ].
Plus gnralement, pour k = 0, · · · , n − 1, les n lments xk donns par :
xk = (q + k)/n + (r − k)/n
sont alors distincts dans Rℓ mais vrifient tous l’identit : nxk = q + r.
Il suit de l que le groupe Rℓ contient des lments de torsion. Nous verrons
plus loin que ceux-ci constituent mme un sous-groupe dense de Rℓ .
L’criture x = r + q n’tant pas unique du fait de notre construction, il est
intressant de disposer nanmoins d’une criture standard d’un rel-ℓ-adique x :
Théorème 2 (Lemme de reprsentation). Tout rel-ℓ-adique x s’crit de faon
unique :
x = [x] + {x}, avec [x] ∈ Zℓ et {x} ∈ [0, 1[.
Nous disons que l’entier ℓ-adique [x] est la partie entire et que le rel {x} est la
partie fractionnaire de x. En d’autres termes, nous avons :
Rℓ = Zℓ ⊕ [0, 1[.
P+∞
Preuve. Partons d’un rel-ℓ-adique x = q + r ; crivons q = n0 an ℓn la reprsen-
P
tation canonique de sa partie ℓ-adique q ; puis notons q ′ = −1 n
n0 an ℓ ∈ N[1/ℓ]
P+∞ n
la partie non entire de q et z = 0 an ℓ sa partie entire. Nous avons ainsi :
x = z + r′ avec r′ = r + q ′ ∈ R et z ∈ Zℓ . Ecrivant alors x′ = [x′ ] + {x′ } la
dcomposition du rel x′ comme somme de sa partie entire [x] ∈ Z et de sa partie
fractionnaire {x′ } ∈ [0, 1[, nous obtenons comme attendu :
x = (z + [x′ ]) + {x′ } ∈ Zℓ + [0, 1[,

3
ce qui tablit l’existence de la dcomposition annonce.
L’unicit rsulte immdiatement de l’identit :
Zℓ ∩ [0, 1[= Zℓ ∩ Z[1/ℓ] ∩ [0, 1[ = Z ∩ [0, 1[ = {0}.

Remarque. Dans la dcomposition directe prcdente, le sous-groupe rel R et le


sous-groupe ℓ-adique Qℓ s’crivent respectivement :
R = Z ⊕ [0, 1[ et Qℓ = Zℓ ⊕ [0, 1[ℓ ,
o [0, 1[ℓ dsigne l’ensemble des rationnels ℓ-entiers de l’intervalle [0, 1[.
Corollaire 3. Tout rel-ℓ-adique x s’crit de faon unique comme somme
+∞
P P
−1
an ℓ n + an ℓ n ,
0 −∞
P+∞ P
d’un entier ℓ-adique q = 0 an ℓ ∈ Zℓ et d’un rel r = −1
n n
−∞ an ℓ ∈ [0, 1[, o
les an sont pris dans Rℓ et non ultimement gaux ℓ − 1 pour n ≪ 0.
Corollaire 4. Soit a ∈ Z un entier relatif fix. Tout rel-ℓ-adique x s’crit alors
de faon unique :
x = [x]a + {x}a , avec [x]a ∈ ℓa Zℓ et {x}a ∈ [0, ℓa [.
En d’autres termes, nous avons la dcomposition directe :
Rℓ = ℓa Zℓ ⊕ [0, ℓa [.

2. Proprits topologiques du groupe Rℓ


Nous allons maintenant dfinir une distance sur Rℓ en faisant choix d’une
valeur absolue | | valeurs dans R+ . Pour viter toute confusion, nous notons :
(i) |r|∞ = max{r, −r}, la valeur absolue usuelle sur R, et
(ii) |q|ℓ = ℓ−νℓ (q) , la valeur absolue normalise sur Qℓ .
Cela tant, la valeur absolue sur Rℓ peut tre dfinie de la faon suivante :
Définition 5. Nous appelons valeur absolue d’un rel-ℓ-adique x = q + r la
quantit :
|q + r| = inf max{ |q + z|ℓ , |r − z|∞ },
z∈Z[1/ℓ]

laquelle est encore donne par la formule :


|x| = min{max{ |[x]|ℓ , |{x}|∞ } , max{ |[x] + 1|ℓ , |1 − {x}|∞ }}.

Preuve. Il s’agit de vrifier que les deux formules sont quivalentes, autrement dit
que la borne infrieure dans la premire formule est atteinte pour la valeur de z
qui correspond la dcomposition standard x = [x]+ {x} donne par la proposition
2, ou pour la mme valeur augmente de 1, ce qui correspond la dcomposition
x = ([x] + 1) + ({x} − 1).
Or l’existence mme de la dcomposition standard x = [x] + {x} entrane :
|x| ≤ max{ |[x]|ℓ , |{x}|∞ } ≤ 1 ;
de sorte que la borne infrieure doit tre recherche parmi les dcompositions x =
(q + z) + (r − z) qui vrifient simultanment |q + z|ℓ ≤ 1 et |r − z|∞ ≤ 1, i.e.
q + z ∈ Zℓ et r − z ∈ [−1, +1] ; ce qui ne laisse gure que les deux possibilits
annonces.
Remarque. La valeur absolue | | ainsi dfinie concide donc avec la valeur absolue
normalise | |ℓ sur Zℓ et avec la valeur absolue usuelle | |∞ sur ]− 1/2, +1/2 [.

4
Théorème 6. L’application (x, y) 7→ |x − y| est une distance sur Rℓ qui est
invariante par translation ; elle fait de Rℓ un groupe topologique contenant la
fois Qℓ et R comme sous-groupes denses.
Preuve. Vrifions d’abord que nous avons bien l une distance : L’quivalence
|x| = 0 ⇔ x = 0
tant immdiate, compte tenu de l’expression de la valeur absolue, ainsi que l’i-
dentit |x| = | − x|, seule pose problme l’ingalit triangulaire. Or, si x = q + r
est une dcomposition d’un rel-ℓ-adique x donnant sa valeur absolue (en ce sens
qu’on a : |x| = max{ |q|ℓ , |r|∞ }) et x′ = q ′ + r′ une dcomposition analogue
pour x′ , il vient :
|x + x′ | ≤ max{ |q + q ′ |ℓ , |r + r′ |∞ } ≤ max{ |q|ℓ , |r|∞ } + max{ |q ′ |ℓ , |r′ |∞ } ;
ce qui donne, comme attendu :
|x + x′ | ≤ |x| + |x′ | .
En rsum, il suit de l que Rℓ est bien un groupe topologique.
Ce point acquis, l’invariance par translation provient directement de la dfi-
nition mme de la distance. Enfin, le sous-groupe Z tant dense dans Zℓ et l’ensem-
ble [−1/2, 1/2[ℓ := Z[1/ℓ] ∩ [−1/2, 1/2[ l’tant dans [−1/2, 1/2[, il rsulte de la
remarque prcdant le thorme que le sous-groupe
Z[1/ℓ] = Z ⊕ [−1/2, 1/2[ℓ
est lui-mme dense dans :
Rℓ = Zℓ ⊕ [−1/2, 1/2[.
En particulier, il suit comme annonc que Qℓ et R sont denses dans Rℓ .
Nous pouvons maintenant tablir la compacit du groupe Rℓ , qui justifie le
titre de cette note :
Théorème 7. Le groupe topologique Rℓ est compact et connexe. Nous disons
que c’est le compactifi ℓ-adique du groupe additif rel R.
Preuve. Pour voir que Rℓ est compact, considrons la suite exacte courte :

// Zℓ ι // Rℓ π // T = R/Z // 0
0
induite par l’injection canonique ι de Zℓ dans Rℓ . D’un cot, l’expression de
la valeur absolue donne plus haut montre que ι est isomtrique ; de l’autre, la
dcomposition canonique Rℓ = Zℓ ⊕ [0, 1[ montre que son conoyau s’identifie
(comme groupe topologique) au tore T = R/Z. La compacit de Rℓ rsulte donc
de celle des deux groupes Zℓ et T.
Ce point acquis, la connexit est immdiate : en effet, le sous-groupe dense R
tant bien enchan (pour sa mtrique naturelle donc, a fortiori, pour la mtrique de
Rℓ ), l’espace Rℓ , qui est simultanment compact et bien enchan, est connexe.
Comme tout groupe compact (et, plus gnralement, tout groupe localement
compact), le groupe Rℓ admet donc une mesure de Haar :
Corollaire 8. Le groupe Rℓ admet une unique mesure positive µ de masse 1 qui
est invariante par translation ; celle-ci est caractrise sur les compacts lmentaires
ℓn Zℓ ⊕ [α, β] (avec 0 ≤ α ≤ β < 1) par la formule :
µ(ℓn Zℓ ⊕ [α, β] ) = ℓ−n × (β − α).
En particulier les sous-groupes Qℓ et R sont µ-ngligeables dans Rℓ .

5
Proposition 9. Pour tout x0 de Rℓ , la composante connexe par arcs de x0 dans
Rℓ (i.e. l’ensemble des extrmits des chemins dans Rℓ d’origine x0 ) est la droite
affine x0 + R passant par x0 . En particulier, l’espace Rℓ n’est pas connexe par
arcs.
Preuve. Translatons par 1/2 la dcomposition donne par le thorme 2 ; puis
crivons :
Rℓ = Zℓ ⊕ [−1/2, 1/2 [,
et notons ici x = z + r la dcomposition correspondante d’un rel-ℓ-adique x. Par
dfinition de la distance sur Rℓ , pour tout x de Rℓ , la boule ouverte de centre x
et de rayon 1/ℓ est caractrise par :
B(x, 1/ℓ) = x + ℓZℓ + ]− 1/ℓ, 1/ℓ [.
Soit alors X | t 7→ x(t) un chemin dans Rℓ , d’origine x0 = x(0) et d’extrmit
x1 = x(1). La continuit uniforme de X sur le segment I = [0, 1] nous fournit un
η > 0 tel que pour toute η-chane 0 = t0 < t1 < · · · < tm = 1 de [0, 1], les points
xk = x(tk ) vrifient les ingalits : |xk − xk−1 | < 1/ℓ, pour k = 1, . . . , m.
En particulier, sur chaque intervalle Ik = I ∩ ]xk − η, xk + η[ la fonction x(t)
prend ses valeurs dans la boule B(xk , 1/ℓ), ce qui permet d’crire localement :
x(t) = xk + zk (t) + rk (t), avec zk (t) ∈ ℓZℓ et rk (t) ∈]− 1/ℓ, 1/ℓ [.
cel tant, l’application t 7→ zk (t), qui est continue de Ik dans Zℓ , est videmment
constante, puisque Ik est connexe tandis que Zℓ est totalement discontinu. Il
suit de l que x(t) − xk est rel pour t ∈ Ik ; et finalement que x(t) − x0 est
valeurs dans R pour tout t ∈ I.
Rciproquement, pour tout x1 = x0 + r ∈ x0 + R, l’application X | t 7→ x(t) =
x0 + t r est clairement un chemin d’origine x0 et d’extrmit x1 .

Remarque. Convenons de dire qu’une partie C de Rℓ est convexe lorsque pour


tout couple (a, b) d’lments de C on a simultanment :
b − a ∈ R, ainsi que l’inclusion [a, b] = {a + t(b − a) | t ∈ [0, 1]} ⊂ C.
Avec ces conventions, la composante connexe par arcs d’un lment x de Rℓ est
tout simplement le plus grand convexe contenant x.

3. Sous-groupe de torsion Rtor


ℓ et sous-groupes ferms de Rℓ
Prcisons d’abord la structure du sous-groupe de torsion de Rℓ :
Proposition 10. L’ensemble Rtorℓ des lments de torsion de Rℓ est un sous-
groupe dnombrable dense de Rℓ et s’identifie au quotient Q/Z[1/ℓ] via le mor-
phisme τ qui un rationnel s ∈ Q associe la classe τ (s) dans Rℓ du couple
(s, −s) ∈ Qℓ ⊕ R.
En particulier, il vient :
Corollaire 11. Pour tout entier naturel m > 0 tranger ℓ, le groupe Rℓ possde
un unique sous-groupe de cardinal m : il est cyclique et c’est le noyau mRℓ de la
multiplication par m ; et c’est aussi l’image par τ du sous-groupe (1/m)Z[1/ℓ]
de Q.
Preuve. Soit x = q + r un lment de m-torsion dans Rℓ , i.e. vrifiant mx = 0, pour
un m > 0 de N. De l’galit mx = mq + mr = 0 dans Rℓ , nous concluons :

6
mq = −mr ∈ Z[1/ℓ],
disons :
mq = −mr = n/ℓa avec n ∈ Z et a ∈ N ;
ce qui montre que q = −r est un nombre rationnel. En d’autres termes, l’appli-
cation :
τ | Q ∋ s 7→ s − s ∈ Rℓ ,
qui un rationnel s associe la classe du couple (s, −s) dans Rℓ , est un pimor-
phisme du groupe additif Q sur le sous-groupe de torsion Rtorℓ . Comme son
noyau est clairement Z[1/ℓ], nous obtenons par passage au quotient l’isomor-
phisme annonc :
Rtor
ℓ ≃ Q/Z[1/ℓ].
En particulier, pour tout m tranger ℓ, le sous-groupe de m-torsion de Rℓ est le
groupe cyclique :
mRℓ = τ ((1/m)Z[1/ℓ]) ≃ (1/m)Z[1/ℓ]/Z[1/ℓ] ≃ Z/mZ.

Enfin, la densit de Rtor


ℓ dans Rℓ rsulte de celle de Q dans le produit Qℓ × R.
Corollaire 12. Le sous-groupe de torsion Rtor ℓ ne possdant pas d’lment d’ordre
ℓ, il suit en particulier que Rℓ lui-mme est uniquement ℓ-divisible, i.e. que l’on a :
∀x ∈ Rℓ ∃! y ∈ Rℓ x = ℓy.
On retrouve l le fait que Rℓ est naturellement un module sur l’anneau Z[1/ℓ].
Intressons nous maintenant aux sous-groupes compacts de Rℓ .
Il est bien connu que les sous-groupes ferms G de R autres que R lui-mme,
sont discrets et de la forme aZ pour un a de G. Il en rsulte que les sous-groupes
ferms du tore T = R/Z, autres que T lui-mme, sont les sous-groupes cycliques
discrets Tm = (1/m)Z/Z ≃ Z/mZ, pour m ≥ 1.
D’un autre ct, on sait que les sous-groupes ferms de Qℓ , autres que Qℓ lui-
mme, sont le sous-groupe nul, qu’il est commode d’crire ℓ∞ Zℓ , et les groupes
compacts ℓa Zℓ , pour a ∈ Z, lesquels sont isomorphes Zℓ . Ces sous-groupes
ne sont plus algbriquement monognes, comme dans le cas rel (ils ne sont pas
isomorphes Z), mais le restent topologiquement (car fermetures respectives de
sous-groupes isomorphes Z).
Théorème 13. Les sous-groupes compacts du groupe topologique Rℓ sont :
(i) Les sous-groupe triviaux : le sous-groupe nul 0 et le groupe Rℓ lui-mme.
(ii) Les sous-groupes finis mRℓ de Rtor
ℓ , cycliques d’ordre m tranger ℓ.
(iii) Les sous-groupes compacts ℓa Zℓ de Qℓ , procycliques et isomorphes Zℓ .
(iv) Les produits mRℓ × ℓa Zℓ , avec ℓ ∤ m et a ∈ Z, lesquels sont procycliques
donc topologiquement monognes.
Preuve. Soit donc G un sous-groupe ferm non trivial de Rℓ et Gℓ = G ∩ Qℓ son
intersection avec Qℓ .
Le sous-groupe Gℓ n’est pas dense de Qℓ , puisqu’il serait alors dense dans
Rℓ , ce qui entranerait G = Rℓ , contrairement l’hypothse. C’est donc que nous
avons Gℓ ⊂ ℓb Zℓ pour un b de Z. Et comme la topologie sur le groupe compact
ℓb Zℓ est induite aussi bien par celle de Qℓ que par celle de Rℓ , il suit de l que
Gℓ est un sous-groupe compact de ℓb Zℓ . En fin de compte, nous avons donc soit
Gℓ = {0}, soit Gℓ = ℓa Zℓ pour un a de Z. Examinons successivement ces deux
ventualits :

7
(i) Si Gℓ est nul, le groupe G rencontre trivialement Zℓ de sorte que la restric-
tion G de la projection canonique π de Rℓ sur T = Rℓ /Zℓ est un isomorphisme
de G sur π(G). Le groupe G s’identifie alors un sous-groupe ferm de T, c’est
dire soit T lui-mme, soit l’un de ses sous-groupes finis Tm . Mais, si π(G) tait
gal T, la reprsentation standard des lments de G ferait intervenir toutes les
parties fractionnaires possibles ; de sorte que G contiendrait en particulier un
lment de la forme z + 1/ℓ avec z ∈ Zℓ et 1/ℓ ∈ [0, 1[, que nous pouvons aussi
bien crire (z + 1/ℓ) + 0 avec z + 1/ℓ ∈ Qℓ \ {0}, puisque 1/ℓ est dans Z[1/ℓ], ce
qui est exclu, G tant suppos renconter trivialement Qℓ . Il suit donc : π(G) = Tm
pour un m ≥ 1, comme annonc. Ainsi G est alors fini, et c’est le sous-groupe de
m-torsion mRℓ .
(ii) Si Gℓ n’est pas nul, nous avons Gℓ = ℓa Zℓ pour un a de Z ; crivons :
Rℓ = ℓa Zℓ ⊕ [0, ℓa [,
et πa la projection canonique de Rℓ sur le quotient Rℓ /ℓa Zℓ ≃ R/ℓa Z ≃ T. Ici
encore, l’image πa (G) est un sous-groupe compact de T, et ce n’est pas T car
le groupe G contiendrait alors en particulier un lment de la forme z + ℓ−(a+1) ,
pour un z de ℓa Zℓ , c’est dire (z + ℓ−(a+1) ) + 0, avec z + ℓ−(a+1) ∈ Gℓ \ ℓa Zℓ , ce
qui est absurde. Ainsi donc, l’image πa (G) est cyclique d’ordre, disons, m ; de
sorte que dans la dcomposition ci-dessus de Rℓ , le sous-groupe G est donn par :
G = ℓa Zℓ ⊕ {0, ℓa /m, . . . , (m − 1)ℓa /m}.
En fin de compte, G est alors le produit direct du sous-groupe compact ℓa Zℓ
de Qℓ et du sous-groupe fini ℓa (mRℓ ) = mRℓ . Il suit de l que m n’est pas un
multiple de ℓ et que G n’est autre que la primage de ℓa Zℓ par la multiplication
par m :
1 a
G= m ℓ Zℓ := {x ∈ Rℓ | mx ∈ ℓa Zℓ }.
En particulier :
Corollaire 14. Les sous-groupes ferms infinis de Rℓ sont Rℓ et les primages de
Zℓ dans les multiplications par les lments de Z[1/ℓ].
Corollaire 15. Les sous-groupes discrets de Rℓ sont les sous-groupes finis m Rℓ .
Preuve. Un tel sous-groupe est ferm donc compact et, par consquent, fini.
Corollaire 16. Soit G = Z x un sous-groupe monogne non nul de Rℓ . Alors :
(i) Si x est d’ordre m dans Rtor
ℓ , G est le groupe cyclique discret mRℓ .
(ii) Si x s’crit ζ + q avec ζ d’ordre m dans Rtorℓ et q 6= 0 dans Qℓ , de ℓ-
valuation a ∈ Z, le goupe G est dense dans le produit direct du groupe
cyclique discret mRℓ et du groupe compact infini ℓa Zℓ .
(iii) Enfin, si x n’est pas dans Rtor
ℓ + Qℓ , le sous-groupe G est dense dans
Rℓ .
Preuve. Cela rsulte de la classification des sous-groupes ferms de Rℓ donne par le
Thorme : si G n’est pas dense dans Rℓ , sa fermeture G est alors un sous-groupe
propre compact de Rℓ , ce qui montre que x s’crit alors ζ + q, avec ζ dans Rtor ℓ
et q dans Qℓ . Soit alors m l’ordre de ζ et a ∈ Z la ℓ-valuation de q.
(i) Si q est nul, G est videmment le groupe cyclique discret mRℓ .
(ii) Sinon, G contient Z mq, qui est dense dans ℓa Zℓ , d’o le rsultat annonc.

4. Endomorphismes de Rtor
ℓ et dualit de Pontrjagin.
Considrons maintenant le dual de Pontrjagin du groupe Rℓ , i.e. le groupe

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Rb ℓ = Homcont (Rℓ , T)
des morphismes continus de Rℓ dans le tore T = R/Z ≃ Rℓ /Zℓ .
Si χ ∈ Rb ℓ est un caractre continu sur Rℓ , son image Im χ est alors un sous-
groupe compact du tore T et son noyau Ker χ un sous-groupe compact de Rℓ .
Si χ n’tait pas surjectif, son image Im χ serait un sous-groupe fini Tm du
tore T, et il suivrait :
(Rℓ : Ker χ) =| Im χ |= m,
contrairement la classification des sous-groupes ferms de Rℓ donne plus haut.
Ainsi χ est surjectif, son image Im χ = T est connexe par arcs ; et comme Rℓ
ne l’est pas, son noyau Ker χ est non donc trivial. Or s’il tait fini, nous aurions :
T = Im χ ≃ Rℓ /mRℓ ≃ Rℓ ,
ce qui est encore exclu, pour des raisons de connexit par arcs. Il vient donc :
1 a
Ker χ = m ℓ Zℓ , pour un a de Z et un m ≥ 1,
d’o, par factorisation, le diagramme commutatif o toutes les flches sont des
isomorphismes :
1 a χ̄
Rℓ / m ℓ Zℓ // Rℓ /Zℓ ≃ T
p88
pppp
φ p
pp
 ppp
Rℓ /Zℓ ≃ T
Dans celui-ci l’isomorphisme φ est induit par la multiplication par l’lment m/ℓa
de Z[1/ℓ] ; et comme le groupe des automorphismes du tore T se rduit {±1}, il
suit de l que le caractre χ est induit par la multiplication par ±m/ℓa.
En d’autres termes, nous avons donc :
Théorème 17. Le groupe R b ℓ = Homcont (Rℓ , T) des caractres continus de Rℓ
s’identifie au groupe additif discret Z[1/ℓ].
Remarque. La suite exacte courte canonique de modules discrets :

// Z π̂ // Z[1/ℓ] ι̂ // Tℓ∞ = Z[1/ℓ]/Z // 0


0

peut ainsi tre regarde comme duale de la suite exacte courte de modules com-
pacts :

// Zℓ ι // Rℓ π // T = R/Z // 0 .
0
Corollaire 18. Les endomorphismes continus non triviaux du groupe topologique
Rℓ sont les applications φ :
x 7→ ±m/ℓν x avec ±m/ℓν ∈ Z[1/ℓ].
En d’autres termes, ce sont les homothties pour sa structure de Z[1/ℓ]-module.
En particulier, l’image de φ est Rℓ et son noyau le sous-groupe fini m Rℓ .
Preuve. Soit φ un endomorphisme continu non nul du groupe topologique Rℓ .
Puisque Rℓ est uniquement ℓ-divisible, φ est en particulier un Z[1/ℓ]-morphisme.
Or, d’un ct, l’image φ(R) du sous-groupe connexe par arcs R est alors un
sous-groupe connexe par arcs (donc contenu dans R) et il est non nul (sans quoi
φ serait nul sur un sous-groupe dense) ; de sorte qu’il vient : φ(R) = R. Posant
ρ = φ(1) ∈ R, nous concluons que φ(z) concide avec ρz pour tout z ∈ Z[1/ℓ].

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Et d’un autre ct, le compositum χ = π ◦ φ de φ avec la surjection canonique
π de Rℓ sur T est alors un caractre continu de Rℓ , donc de la forme : x 7→ ρ0 x
modulo Zℓ , pour un ρ0 ∈ Z[1/ℓ], en vertu du thorme ci-dessus.
Rassemblant ces deux rsultats, nous obtenons (ρ − ρ0 )z ∈ Zℓ pour tout
z ∈ Z[1/ℓ] ; d’o, comme attendu : ρ = ρ0 ∈ Z[1/ℓ]. Et φ, qui concide avec la
multiplication par ρ sur la partie dense Z[1/ℓ], est l’homothtie de rapport ρ.
Scolie 19. Avec les conventions d’criture donnes dans la section 1, la primage
d’un rel-ℓ-adique x = q + r de Rℓ (avec q ∈ Qℓ et r ∈ R) par l’endomorphisme
φ : z 7→ ±m/ℓa z est forme des m lments :

xk = ± (qℓν + k)/m + (rℓν − k)/m , pour k = 1, · · · , m − 1.
Remarque. La construction du compactifi de R peut bien videmment tre mene
en prenant simultanment plusieurs nombres premiers ℓ1 , · · · , ℓn . L’exemple le
plus clairant eu gard la numration usuelle, est ainsi celui du compactifi dcimal
R10 , i.e. du produit amalgam de R et de Q10 = Q2 × Q5 au-dessus de l’anneau
des dcimaux D = Z[1/10]. Dans ce cas, les endomorphismes continus du groupe
R10 sont les homothties pour sa structure de D-module.
Bien entendu, il est aussi possible de faire intervenir simultanment toutes les
places de Q. Dans ce cas, le groupe obtenu R,b qui est le produit amalgam de R
et de Qb ≃ Q Qℓ au-dessus de Q , s’identifie au dual de Pontrjagin de Q.

5. Appendice : lien avec le solnode ℓ-adique


Pour tudier la dynamique d’une application continue f sur un espace topologique
X, il est classique d’introduire la limite du systme projectif :
f f f
Y = lim (X ←− X ←− X ←− · · · )
←−
dfini par les itres de f (cf. e.g. [4], Ch. 11). Dans le cas particulier o X est le
cercle unit U = {z ∈ C | |z| = 1} du plan complexe, et f l’application z 7→ z ℓ ,
l’espace obtenu est le solnode ℓ-adique :

Sℓ = {(yn )n∈N ∈ UN | yn = yn+1 ∀n ∈ N}.

Maintenant, en identifiant le tore T = R/Z au cercle unit U via l’application ex-


ponentielle t 7→ exp(2iπt), on obtient l’isomorphisme de groupes topologiques :

Sℓ ≃ {(xn )n∈N ∈ TN | xn = ℓxn+1 ∀n ∈ N}.

Et, sous cette dernire forme, il est ais de reconnaitre le compactifi Rℓ de R dfini
plus haut :
P+∞
Proposition 20. L’application qui un rel-ℓ-adique x = n=−∞ an ℓn ∈ Rℓ
Pn−1
associe la famille des troncatures (xn )n∈N , avec xn = k=−∞ ak ℓn−k + Z ∈ T,
compose avec l’exponentielle complexe t 7→ exp(2iπt), ralise un isomorphisme
de groupes topologiques ϕ du compactifi Rℓ de R sur le solnode ℓ-adique Sℓ .
+∞
X  n−1
X 
ϕ : Rℓ ∋ x = an ℓn 7→ exp 2iπ ak ℓk−n ∈ Sℓ
n∈N
n=−∞ k=−∞

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Preuve. Observons que ϕ prend bien ses valeurs dans la limite projective Sℓ ⊂ UN
et que c’est un morphisme de groupes. La condition de projectivit xn = ℓxn+1
montre que les chiffres ak (pour k ∈ Z) associs une famille cohrente (xn )n∈N de
TN sont bien dfinis et qu’ils sont uniques ; en d’autres termes que ϕ est bijective.
Enfin, il est clair que ϕ est continue pour les topologies naturelles de Rℓ et de
Sℓ , donc bicontinue puisque les espaces de dpart et d’arrive sont compacts, Rℓ
d’aprs le thorme 7 et Sℓ par le thorme de Tychonov.
On retrouve ainsi le fait que le compactifi ℓ-adique Rℓ est connexe mais non
connexe par arcs, plus prcisment qu’il est localement isomorphe comme tout
solnode au produit d’un espace euclidien (en l’occurrence T) et d’un espace to-
talement discontinu (en l’occurrence Zℓ ) ; ce qu’affirme explicitement le Lemme
de reprsentation donn dans la section 1 (Th. 2).
Coda. Donnons pour conclure quelques illustrations simples de cette interprta-
tion arithmtique du solnode ℓ-adique :
(i) Transport par ϕ le plongement canonique x 7→ 0 + x de R dans Rℓ ,
introduit dans la section 1, devient le morphisme continu et injectif
x 7→ (exp((2iπx/ℓn ))n∈N ,
de R dans Sℓ usuellement considr en analyse harmonique (cf. e.g. [5]) ou
en thorie des probabilits (cf. e.g. [6]).
(ii) L’tude algbrique des endomorphismes continus de Rℓ effectue dans la
section 4 montre directement que le noyau Ker φ d’un tel endomorphisme
est toujours d’ordre tranger ℓ ; ceci gnralise notamment le rsultat d’im-
parit donn dans [1] dans le cas ℓ = 2.
(iii) La reprsentation explicite des racines n-imes d’un lment ϕ(x) du soln-
ode p-adique propose dans [2] peut s’obtenir en transportant par ϕ les
points de n-division de x dans Rℓ :
– si le rel-ℓ-adique x s’crit x = q + r avec q ∈ Zℓ et r ∈ R, et si n est
tranger ℓ, ce sont les images par ϕ des n points de n-division de x
dfinis par xk = (q + k)/n + (r − k)/n, pour k = 1, · · · , n − 1, avec les
conventions d’criture expliques dans la section 1 ;
– si n s’crit n = mℓν avec ℓ ∤ m, ce sont les images des m points distincts
xk = (qℓ−ν + k)/m + (rℓ−ν − k)/m, pour k = 1, · · · , m − 1, puisque le
groupe additif Rℓ est uniquement ℓ-divisible.

Remerciements. L’auteur remercie tout particulirement C. Deninger (Muenster)


et H.W. Lenstra (Leiden) pour leurs commentaires clairants sur la version prlim-
inaire de ce travail.

Rfrences
[1] J.M. Aarts & R.J. Fokkink, Mappings on the dyadic solenoid, Comment. Math.
Univ. Carolinae 44 (2003), 697–699.
[2] P. Becker-Kern, Explicit representation of roots on p-adic solenoids and non-
uniqueness of embeddability into rational one-parameter subgroups, Proc. Indian
Acad. Sci. ( paratre).
[3] N. Bourbaki, Élments de mathmatique - Algbre commutative, Hermann (1964).
[4] A. Candel & L. Conlon, Foliations I, Graduate Studies in Math. 23 (2000).
[5] E. Hewitt & K.A. Ross, Abstract Harmonic Analysis I , Springer (1963).

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[6] H. Heyer, Probability Measures on Locally Compact Groups, Springer (1977).
[7] S. Lang, Algebra, Springer-Verlag (2002).
[8] K. Mahler, Introduction to p-adic Numbers and their functions, Cambridge Uni-
versity Press (1981).
[9] L. Schwartz, Topologie et Analyse fonctionnelle, Hermann (2000).

Jean-Franois Jaulent
Institut de Mathmatiques de Bordeaux
Universit Bordeaux 1
351, cours de la libration
F-33405 Talence Cedex
email : jaulent@[Link]

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