Implication des parents sur la santé sexuelle
Implication des parents sur la santé sexuelle
INTRODUCTION ............................................................................................................ 2
PREAMBULE ................................................................................................................. 4
3. DISCUSSION......................................................................................................... 26
4. CONCLUSION ....................................................................................................... 43
5. BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................... 44
6. ANNEXES ............................................................................................................. 48
Introduction
Les parents, dans leur rôle éducatif, accompagnent leur fille dès l’enfance pour
découvrir son nouveau corps. Ils sont là pour répondre à ses questionnements, et pour
l’orienter vers les bons comportements. Ce rôle important des parents est souvent
source d’inquiétude pour eux.
Effectivement, je me suis rendu compte, dans les différents stages réalisés au
cours de mes études de sage-femme ou lors d’échanges avec mon entourage, que le
sujet de l’accompagnement de la jeune fille durant la puberté et le début de sa vie
sexuelle est un sujet abstrait pour beaucoup de parents engendrant de nombreux
questionnements, comme par exemple :
« ma fille ne souhaite pas prendre de pilule, je lui ai dit que c’était obligatoire pour ne
pas avoir d’enfant »
« Ma fille a ses petites lèvres qui dépassent des grandes, est-ce normal ? »
« Elle me demande quand réaliser des tests IST, je ne sais pas quoi dire »
C’est en partant de ces constatations, que je me suis demandée si les parents ont les
connaissances nécessaires pour accompagner leur adolescente dans le début de
sa vie sexuelle. Mais également si les parents se sentent impliqués dans cette
éducation.
Il est important que les parents aient les connaissances appropriées pour accompagner
leur jeune fille durant ce passage à la vie adulte. C’est durant cette période que les bons
réflexes se mettent en place.
Définition OMS : « La santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social
dans le domaine de la sexualité. Elle requiert une approche positive et respectueuse de
la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences
sexuelles qui soient sources de plaisir et sans risque, libres de toute coercition,
discrimination ou violence. » (2)
3
A travers cet exposé, nous allons dans un premier temps définir les termes du sujet
et parler de l’adolescence. Pour mener cette recherche, une étude quantitative
descriptive a été réalisée dont les résultats obtenus ainsi que la méthodologie employée
sont détaillés dans une seconde partie. Enfin, une analyse de ces résultats sera
effectuée. Une ouverture et des perspectives d’amélioration dans la transmission de
l’information seront également mises en avant.
L’objectif principal de cette étude est d’apprécier les connaissances des parents sur la
santé sexuelle regroupant les thématiques de la puberté, de la contraception, des IST
et du vaccin HPV. De cet objectif principal, découlent ensuite des objectifs secondaires
qui sont :
- Savoir si les parents se sentent impliqués dans cette éducation et assez
informés.
- Savoir s’il existe des facteurs favorisant la mauvaise connaissance des parents.
- Explorer les éventuels moyens d’amélioration de l’information dans un objectif
d’étendre les connaissances de la population, afin de permettre aux
adolescentes d’être mieux accompagnées.
- L’étude a aussi une visée pédagogique, car elle interroge les parents et leur
permet d’augmenter leurs connaissances, par le biais des corrections données
en fin de questionnaire ainsi que des fiches récapitulatives sur les différents
thèmes du questionnaire et des liens vers des sites internet pouvant les aider.
Le but de notre étude était d’élaborer des pistes de réflexions afin d’améliorer la
prévention et l’accès à l’éducation sexuelle pour les jeunes.
4
Préambule
Durant leur puberté, de nombreuses jeunes filles se posent des questions sur
leur nouveau corps. Ces questions aident à l’appropriation et l’acceptation de la
personne qu’elles sont en train de devenir. Parmi les questions récurrentes, le
développement de la poitrine et l’anatomie de la vulve ressortent. (3). Mais alors, est-ce
que les parents, lorsque leur fille les sollicite, savent trouver les mots et l’aiguiller vers la
découverte de son nouveau corps ? Est-ce que le dialogue sur la sexualité, l’anatomie
féminine est toujours tabou aujourd’hui ? Les parents se sentent-ils impliqués dans cette
éducation ? Dans des études les jeunes expriment la volonté de discuter et d’ouvrir la
conversation avec les parents (4) mais qu’en est-il des parents ?
Éducation
Le milieu familial est le premier milieu d’apprentissage de l’enfant et par
conséquent son premier cadre de référence. L’éducation, c’est préparer l’enfant à
s’intégrer dans la société, lui donner des moyens de construire sa personnalité, d’être
autonome. Ainsi l’éducation est à la fois un acte de transmission de valeurs et
d’apprentissage de bons réflexes. La transmission des connaissances via le dialogue
est une forme d’accompagnement et d’apprentissage pour devenir un adulte sain et
capable de prendre ses propres décisions. L’adolescence est un moment d’inquiétude
pour les parents « va-t-elle faire les bons choix, « va-t-elle suivre les bonnes personnes».
Au 19ème siècle, pour protéger l’innocence des filles, des éducateurs (masculins)
estimaient qu’il fallait dissimuler les réalités de la sexualité et un silence s’installait
autour de la sexualité. On laissait alors l'initiation de l'épouse à l'époux, qui assurait
par là son prestige et son influence.
Au début du 20ème siècle, la connaissance est centrée sur les médecins. Les
médecins se sont manifestés les premiers et beaucoup insistaient pour que les mères
informent leurs filles en vue de prévenir de pénibles surprises telles que la syphilis.
Cependant, en parler en public ou à l’école était encore inenvisageable, à l’image d’un
médecin Docteur Carpentier, condamné par la justice française pour avoir distribué un
tract destiné aux jeunes intitulé « apprenons à faire l’amour »… Ensuite de nombreux
ouvrages voient le jour « l’éducation féministe des filles », « comment j’ai instruit mes
filles » et un enseignement secondaire à l’intention de filles est mis en place mais ces
cours occultaient en réalité les données relatives à la procréation, à la sexualité et au
corps féminin.
- Une faible utilisation des préservatifs chez les jeunes : 56 % des jeunes, ayant
entre 16 et 28 ans, affirment ne pas utiliser de préservatifs selon une enquête de
mutuelle Heyme. (16)
C’est à travers toutes ces constatations que nous pouvons nous rendre compte qu’il
s’agit d’un problème majeur et qu’il faut accentuer la prévention et l’éducation des
adolescents parce que cela constitue de nombreux risques pour leur santé physique et
mentale et peut bouleverser leur vie.
Car les jeunes n’ont pas les connaissances nécessaires pour débuter sainement leur vie
sexuelle selon de nombreuses études (19)(20) et sont de plus en plus influencés par
internet et l’accès aux contenus pornographiques qui donnent des représentations de la
sexualité qui ne sont pas satisfaisantes ou suffisantes et stigmatise les pratiques. (21)
Mais alors, est ce qu’à l’école les jeunes ont des cours d’éducation à la
sexualité ? Selon le ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse, au collège et
lycée « Au moins trois séances annuelles d'éducation à la sexualité sont mises en
place dans les collèges et les lycées ». Mais malgré la loi de 2001, d'après une enquête
réalisée par le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE) en 2016,
25 % des écoles élémentaires, 11 % des lycées et et 4 % des collèges déclarent n'avoir
mis en place aucune action ou séance d'éducation sexuelle.
C’est parce que les institutions pédagogiques ne mettent pas en place ces cours que
nous avons cherché un autre interlocuteur pour ces jeunes : les parents ! Mais alors,
sont-ils armés pour le faire ?
8
1. Matériel et méthode
1.1 Type d’étude
Il s’agit d’une étude quantitative descriptive transversale réalisée à l’aide d’un
questionnaire.
1.2 Population
Les critères d’inclusion sont les suivants : Avoir une fille entre 11 et 18 ans. Ces
limites ont été fixées car 11 ans c’est le début de la vaccination contre les HPV, et 18
ans car c’est l’âge moyen auquel l’enfant quitte le foyer familial. Tous les milieux socio-
éducatifs sont acceptés et il faut avoir accès à internet pour répondre au questionnaire
numérique. Le but étant de pouvoir faire un état des lieux des connaissances des parents
étant actuellement impliqués par cette problématique d’éducation à la vie sexuelle chez
leur fille.
1.3 Le support de l’étude
Le questionnaire est présenté en annexe 1. Il a été créé sur le logiciel Google
Forms. Le questionnaire a été préalablement testé sur des membres de mon entourage,
permettant ainsi de rectifier des items non compris pas une population n’étant pas dans
le domaine médical, de chronométrer la durée du questionnaire et de m’assurer de la
bonne compréhension des questions.
Les questions étaient à choix multiples ou à choix simple. Certaines questions étaient
semi-ouvertes, afin de permettre aux personnes d’émettre leurs propositions,
suggestions et de ne pas influencer certaines réponses avec la présence de
propositions. La réponse aux questions générales était obligatoire. Les questions sur les
connaissances n’étaient pas obligatoires.
J’ai diffusé le lien Google Forms du questionnaire sur mon profil Facebook le 1
octobre 2021 durant 20 jours. Malgré les nombreux partages, cela n’a pas suffi pour
atteindre en nombre la population cible. La publication sur de nombreux groupes
Facebook sur différentes thématiques (sport, cuisine, décoration, groupes parents
d’élèves etc.) a permis d’obtenir plus de réponses. Un lien a également été envoyé par
mail à l’association nationale des parents d’élèves (fcpe), il a été aussi relayé via mail,
groupes d’amis, par les membres de mon entourage permettant ainsi de toucher un
public n’ayant pas Facebook. Le questionnaire numérique a l’avantage de permettre aux
répondants de choisir leur moment pour répondre et de garantir l’anonymat.
L’objectif principal de notre étude était de réaliser un état des lieu des
connaissances dans parents ayant une fille entre 11 et 18 ans. Le niveau de
connaissance des parents a été évalué en pourcentage de réponses correctes pour
chaque question. Les réponses fausses ou incomplètes ont été regroupées en réponses
incorrectes. Les réponses manquantes ont été séparées.
1.7 Outils
Dans un premier temps, les données ont été récoltées par le logiciel Excel®. Les
différents graphiques ont été réalisés via ce logiciel. Dans un second temps, les données
ont été exportées via le logiciel R Commander® pour être étudiées. La description des
variables quantitatives a été faite sous forme de moyennes et de médianes. La
description des variables qualitatives a été faite sous forme d’effectifs et de
pourcentages.
Pour les analyses de corrélation, via le logiciel R Commander® des test de Chi2 ont été
réalisés. Les différences entre les sous-groupes étaient considérées comme
statistiquement significatives si la p-value était inférieure à 5%. Le calcul de l’odds ratio
et de l’intervalle de confiance à 95 %, nous a permis d’évaluer la force de l’association
entre les différentes variables. L’effectif est nommé n.
11
2. Résultats de l’étude
149 questionnaires ont été collectés. Aucun questionnaire n’a été exclu car tous
correspondaient à la population ciblée.
La population est décrite dans un diagramme en barre ainsi qu’un tableau récapitulatif.
Les variables quantitatives ont été décrites sous forme de moyennes avec écarts-types
et les variables qualitatives ont été décrites sous forme d’effectifs et de pourcentages.
L’effectif est nommé n (n = 149).
Le critère principal de recrutement étant l’âge des filles, le diagramme suivant montre
que ce critère a été respecté. Les 149 parents interrogés avaient 177 filles. Elles ont en
moyenne 14 ans avec un écart type de 2,35. Nous pouvons voir que l’âge le plus
représenté est 11 ans (21,5%) et le moins représenté est de 17 ans (8,7%).
Les mamans ont répondu en grande majorité : 133 répondantes soit 89%. L’âge des
parents est compris entre 30 ans et 60 ans, et ils ont en moyenne 43 ans. Ils sont mariés,
pacsés ou en concubinage à 82 %, et sont athées ou croyants non pratiquant à plus de
78%.
Dans la population, environ 46% ont obtenu un diplôme égal ou supérieure à la licence
et le niveau baccalauréat était le plus représenté à hauteur de 25%.
En moyenne ils ont 2 à 3 enfants, et leur(s) fille(s) habite(nt) le plus souvent avec les
deux parents.
12
N= 149
Moy (± ET) n (%)
Participants
Mère 133 (89)
Père 13 (9)
Couple 2 (<1)
Belle-mère 1 (<1)
Diplôme
Aucun 1 (0.7)
Brevet des collèges 0 (0)
CAP / BEP 14 (9.4)
Baccalauréat 37 (25)
BTS / DUT 30 (20)
Licence 30 (20)
Master 33 (22)
Doctorat 4 (2.7)
Appartenance religieuse
Athée 56 (37.6)
Croyant non pratiquant 60 (40.4)
Croyant pratiquant 15 (10)
Non répondant 18 (12)
Situation familiale
Marié / pacsé /concubinage 122 (82)
Séparé / divorcé 24 (16)
Famille monoparentale 8 (5)
Filles habitent
Avec deux parents 102 (68.5)
En alternance chez chacun de 19 (13)
ses parents
Avec l’un de ses parents 25 (17)
exclusivement
Seule 5 (3)
En foyer 2 (1)
Pour rappel l’objectif principal de l’étude était d’apprécier les connaissances des
parents sur la santé sexuelle regroupant les thématiques de la puberté, de la
contraception, des IST et du vaccin HPV.
Voici les résultats des 11 questions, 10 QCM et 1 schéma. Nous avons découpé les
questions de connaissances en 4. Les tableaux plus détaillés avec les réponses par
item permettent de décrire les résultats plus précisément et nous présentons également
dans cette partie les scores (sur 5) obtenus à chaque question.
Nous pouvons noter qu’en général la moyenne est obtenue sur presque chaque
question, mais que les écart-types sont importants. Cela montre que les connaissances
sont très inégales entre les personnes de la population.
Quand nous regardons plus en détails les réponses aux questions nous voyons
également que les connaissances sont inégales et incomplètes.
14
N = 149
QUESTIONS n (%)
1) Concernant la pilule
- Elle fait partie des contraceptions les plus fiables 116 (78)
- Elle peut rendre stérile 9 (6)
- On ne peut pas la prendre avant 12 ans 25 (17)
- Si on oublie seulement un jour de la prendre, un 125 (84)
risque de grossesse existe
- Si on la prend, pas besoin de préservatif pour se protéger 1 (<1)
des IST
- Pour la plupart des pilules, un retard de prise moins 42 (28)
de 12 heures n’est pas considéré comme un oubli
- Je ne sais pas 1 (<1)
- Manquant 1
2) La contraception en générale
Pour les questions 7 et 8, la moyenne est plus élevée et seulement 7 personnes soit
moins de 5% ne savaient pas comment peut se faire la contamination par les IST.
Quand nous regardons plus en détail les réponses aux questions nous voyons que les
connaissances sont inégales et incomplètes.
N= 149
QUESTION n (%)
5) Concernant le vaccin anti-HPV
Concernant les IST, les parents savent que le préservatif est la seule
contraception qui protège des IST, mais ne connaissent pas toutes les IST en particulier
les hépatites sexuellement transmissible ni le chlamydiae ou le gonocoque. Nous
pouvons tout de même dire que malgré la méconnaissance sur les types d’IST, les
parents connaissent le principal, c’est-à-dire : comment s’en protéger. Nous avons
également noté que plus de 86% savent que lorsque que le partenaire n’était pas stable,
il est recommandé de réaliser un dépistage IST après un rapport sexuel à risque. Ces
connaissances sont une base essentielle à transmettre à son enfant au début de sa vie
sexuelle afin de ne pas engendrer des conduites à risques. Pour aller plus dans les
détails, nous avons relevé que plus de 21% pensaient que les IST se dépistent toutes
par prise de sang.
18
2.2.3 Connaissances concernant la puberté et les menstruations
Moy (± ET) Nombre de bonnes Nombre de
réponses à la personnes ayant
question entière obtenu 0
Question 9 2,6 (1,6) 31 (21) 16
Question 10 1,8 (1,8) 24 (16) 53 (36)
Tableau 6. Score obtenu pour les deux dernières questions
Pour la question sur les menstruations (question 9), la moyenne obtenue est de 2,6 et
seulement 21% ont réussi à obtenir toutes les bonnes réponses. La question sur la
puberté (question 10), a obtenu une moyenne faible de 1,8 sur 5, et 53 personnes n’ont
aucune réponse soit 36% de la population. Ces disparités se voient également sur les
réponses par items, où nous voyons bien que les connaissances ne sont pas complètes.
N = 149
QUESTION n (%)
9) Concernant les menstruations (règles)
N = 109
Manquant = 40
Pour cette question, seulement 109 personnes ont répondu. Le nombre de bonnes
réponses totales est de 14 soit 13 %, nous pouvons clairement voir une fois de plus que
les connaissances sont inégales et largement insuffisante. Seulement 15,6% ont réussi
à placer correctement le méat urinaire.
40 personnes n’ont pas répondu à cette question, plusieurs hypothèses sont possibles :
un manque de connaissance, ne pas avoir vu la question, ne pas souhaiter y répondre.
Mais ce chiffre est tout de même révélateur d’un sujet tabou et sans doute méconnu
pour beaucoup.
En conclusion, nous pouvons dire clairement que les connaissances sur la santé
sexuelle ne sont pas complètes, qu’elles sont inégales en fonction des sujets et
évidemment des parents et qu’en générale elles sont insuffisantes.
21
2.3 Implication des parents et facteurs prédictifs
Un score de connaissance a été calculé pour chaque personne avec le barème 5/3/1/0.
La note obtenue était sur 55 puis remise sur 20 pour être plus simplement analysée. Les
résultats de ce score sont retranscrits dans ce tableau :
Notes / 20
Note minimale 2.9
Note maximale 16.36
Moyenne 9,69
Médiane 9.45
1er quartile 7.27
3ème quartile 12.36
Nous pouvons voir que la moyenne est de 9,69. A partir de la médiane, la population a
été divisée en 2 groupes : le premier groupe ayant obtenu une note inférieure à 9 (64
parents) et le deuxième groupe ayant obtenu une supérieure à 9 (85 parents).
N’avoir aucun diplôme jusqu’au DUT ou BTS est un facteur favorisant la mauvaise
connaissance. Au contraire un diplôme supérieur à la licence est associé à un meilleur
niveau de connaissance. De même, les parents ayant répondu qu’ils n’étaient pas assez
informés (inférieur à 7) ont obtenu des moins bonnes notes de façon significative
(p=0,031).
Nous pouvons également voir ici que ni l’âge des parents (p=0,25), ni l’âge de leur fille
(p=0,64), ni leur situation familiale, leur religion, leur nombre d’enfant et le lieu de vie de
leur fille ne se sont révélés être des facteurs favorisants du niveau de connaissance en
matière de santé sexuelle.
Nous aurions pu penser que l’âge des parents pouvaient influencer leurs connaissances
car nous savons que dans les anciennes générations ce sujet était tabou et rarement
évoqué durant leur parcours scolaire ou à la maison mais dans notre étude, ce facteur
n’est pas revenu significatif.
23
2.3.2 Savoir si les parents se sentent impliqués dans cette
éducation et assez informés.
Schéma 3. Histogramme sur le niveau d’information ressenti par les parents sur une
échelle de 1 à 10.
Comme nous pouvons le voir, les réponses sont étalées avec une note minimale de 1
et la maximal est de 10. La moyenne est de 7,15.
Nous avons été étonnés de voir qu’en général, les parents se sentent bien informés avec
50% d’entre eux qui donnent une note supérieure à 7 sur 10. Seulement 12 parents
donnent une note inférieure à 5 soit 8%. Les parents se disent informés mais n’ont pas
les connaissances sur tous les sujets, ce qui n’est pas logique.
• Interlocuteur de référence
A la question « Dans l'idéal, qui selon vous devrait être l'interlocuteur de référence pour
commencer à parler de sexualité / contraception ? » plusieurs réponses étaient
possibles.
La question « votre fille vient vous demander une contraception, vers qui l’orientez-
vous ? » était une question ouverte à réponse courte afin de ne pas influencer le choix
des parents en proposant des réponses. Plusieurs réponses pouvaient être proposées.
A cette question 2 parents n’ont pas répondu.
Par ordre décroissant, les parents avaient proposé le gynécologue à 61,2% (90
réponses), 42 avaient proposé la sage-femme (28,5%), le médecin généraliste avait
été proposé par 35 parents (23.8%), ensuite le planning familial évoqué par 5 parents
(3,5%). 2 parents avaient proposé le pédiatre (1.4%) et 1 avait proposé la pharmacie
(<1%). Il y a également deux pères qui avaient dit qu’ils orientaient leur fille vers leur
mère (1,4%).
Mais alors, les parents se sentent ils impliqués dans ce rôle éducatif ? Nous pouvons
répondre que oui car plus de la majorité (74%) disent avoir déjà abordé le sujet
avec leur fille.
A travers la section commentaire libre, nous avons pu voir que cette éducation était
importante pour les parents. Plusieurs nous ont dit qu’après ce questionnaire ils allaient
se renseigner davantage, qu’ils se rendaient compte qu’ils n’avaient finalement pas
toutes les connaissances : « Très intéressant. Je me rends compte de ma
méconnaissance et vais par conséquent me renseigner. Merci », « je me rends compte
que je ne connais pas les parties de l'anatomie intime féminine », « Je suis incapable de
décrire l'anatomie féminine correctement ! Incapable de répondre sans me questionner...
Merci ».
Beaucoup d’autres ont témoigné également leur intérêt et leur implication : « Il est
important de parler de tout ça naturellement aux enfants », « Aucun tabou ni avec ma
fille ni avec mon fils ». Parfois même certains utilisent ce questionnaire pour aborder ce
sujet qui peut être encore tabou pour certains parents : « je vais refaire ce questionnaire
avec ma fille ».
25
Pour les parents qui ont décidé de ne pas en parler, quelles sont leurs raisons ? Sur les
39 parents ayant répondu négativement à la question « avez-vous déjà abordé ces
sujets avec votre fille », 32 ont répondu :
Justifications n (%)
Je la trouve trop jeune 10 (31.2)
Ma fille ne souhaite pas en parler 5 (15.6)
Ma fille n’a pas posé de question 4 (12.5)
Je ne suis pas à l’aise 4 (12.5)
Je laisse la mère 3 (9.4)
Je ne souhaite pas en parler, ce n’est pas à moi 3 (9.4)
Je n’ai pas trouvé le bon moment 2 (6.25)
Je ne suis pas assez informé 1 (3.1)
Tableau 10. Raisons évoquées par les parents de ne pas avoir parlé à leur(s) fille(s)
de la santé sexuelle évoquée durant le questionnaire.
Il y a-t-il des facteurs statistiquement significatifs qui font que les parents ne souhaitent
pas prendre place dans ce rôle ? L’âge de leur fille est-il un facteur influant pour ces
parents ?
Parents ayant déjà Parents n’ayant P-value
parlé de ces sujets jamais parlé
Niveau d’information
ressenti (/10)
≤6 31 (20,8) 22 (14,8) 0,0015
³7 79 (53) 17 (11,4)
Note obtenue au test des
connaissances (/20)
<9 39 (26,2) 25 (16,8) 0,0019
>9 71 (47,7) 14 (9,4)
Age des parents
≤ 42 ans 31 (20,8) 12 (8,1) 0,35
³ 43 ans 79 (53) 27 (18,1)
Statut
Mère 102 ( 67) 32 (21,5) 0,16
Père 7 (5) 6 (4,5)
Religion
Athée 44 (33,6) 12 (9,2) 0,39
Croyant 54 (41,2) 21 (16)
Tableau 11: Influence des caractéristiques de l’échantillon sur leur implication dans
l’éducation à la sexualité
26
Ici, trois facteurs influent sur l’implication des parents et l’ouverture du dialogue
pour l’éducation à la sexualité : la connaissance des parents sur les sujets évalués,
leur niveau d’information ressenti et l’âge de leur fille. En effet, plus les parents ont
les connaissances et plus ils se ressentent informés, plus la probabilité qu’ils aient déjà
parlé de ces sujets avec leur fille est élevée (p=0,0019 / p=0,0015). De même, plus leur
fille est âgée, plus les parents ont abordé ce sujet avec elle (p=0,00036).
En revanche, on aurait pu penser que plus les parents étaient jeunes plus le dialogue
était ouvert sur ce sujet mais nous pouvons voir ici que l’âge des parents n’influe pas.
De même, ni la religion, ni le lieu de vie de leur fille ne se sont révélés être des facteurs
prédictifs d’implication des parents.
3. Discussion
D’autre part, le sujet intéresse les parents et ils souhaitent s’impliquer dans cette
éducation sexuelle envers leur fille. Bien que le sujet soit souvent évoqué dans les lois,
les campagnes de prévention, les parents sont souvent oubliés les laissant avec leurs
connaissances liées à l’époque à laquelle ils ont grandi. Cela peut donc expliquer en
partie le manque de connaissance actuel.
27
• Force de l’étude :
La principale force de l’étude réside dans l’actualité de son sujet. En effet, en matière de
santé publique, il est important d’augmenter ces connaissances afin de limiter les
répercussions sur la population. De nombreuses campagnes de prévention sont mises
en place ainsi que des journées internationales : le 4 septembre pour la journée de la
santé sexuelle. Mais malgré cela, il persiste une méconnaissance des jeunes mais
également des parents.
D’autre part, notre population est assez homogène entre l’âge des filles, l’âge des
parents et leur niveau de diplôme ce qui permet une bonne représentativité de notre
population, cela a pu être réalisé grâce au réseau social facebook et au bon nombre de
partage. De plus, le choix du support informatisé a permis la réalisation d’un
questionnaire garantissant l’anonymat et pouvant être largement diffusé.
L’étude avait également un autre point fort qui est de n’avoir pas de biais de
mémorisation. En effet, le recrutement exigeait d’avoir une fille entre 11 et 18 ans ce qui
rendait les parents actuellement impliqués par l’éducation sexuelle de leur fille.
Nous avons pu mener des actions de prévention et d’éducation par le biais de nos
réponses libres d’accès en fin de questionnaire et des conseils laissés sur les différentes
thématiques. Cette démarche éducative permettait d’encourager le questionnement,
d’apporter des connaissances supplémentaires et d’améliorer la prévention.
• Limites de l’étude :
Biais de sélection :
Il pourrait exister un biais de sélection dans cette étude. En effet, les personnes qui
participent volontairement aux études sont le plus souvent intéressées par le sujet et
assez à l’aise pour en parler. C’est un des désavantage des réseaux sociaux car on ne
sait pas qui répond et surtout on reste cloisonné dans certains groupes de parents qui
s’y intéressent. Il est donc possible que les connaissances et l’implication des parents
soient surestimées par l’étude. Et que ces réponses ne soient pas représentatives du
point de vu des parents en général.
28
De plus, n’avoir choisi que les filles est un biais de sélection. Nous avons fait ce choix
pour rester le plus homogène possible dans nos réponses mais en contrepartie nous
n’avons pas d’informations sur les garçons, même si l’éducation à la sexualité est tout
aussi importante pour eux.
Biais de classement :
De même, comme dans toute étude, il pourrait exister un biais de classement car les
personnes n’ayant pas bien compris les questions pouvaient ne pas remplir le
questionnaire correctement.
On peut éventuellement noter aussi un biais de positivité par la façon dont les questions
ont été posées. En effet, quelques-unes étaient des questions à choix multiples fermées
pouvant avoir influencé les réponses. L’absence de questions ouvertes a cependant
permis une facilité d’analyse non négligeable et a supprimé le biais de l’interprétation de
ces réponses.
De plus dans notre étude il est important de souligner que nous analysons les
connaissances des parents, mais qu’il existe une différence entre connaitre et
transmettre l’information. C’est-à-dire qu’on peut être très au point sur les sujets mais ne
pas avoir les bons outils pédagogiques ce qui ne permet pas une bonne transmission
de l’information. Nous avons dans notre étude un reflet des connaissances mais pas de
ce qui est transmis à l’enfant.
Limite de reproductibilité :
La force de cette étude est discutable en raison du faible nombre de participants (n=149)
représentant une population beaucoup plus large ne permettant pas de généraliser les
résultats à la population générale. Le faible nombre de réponses récoltées peut venir du
moyen de distribution des questionnaires. La distribution principale s’est faite via le
réseau social Facebook or sur ce réseau la tranche d’âge la plus présente est les 25-34
ans ce qui peut expliquer notre pourcentage de participation. Ce taux de participation
peut également être expliqué par les différents critères d’exclusion de l’étude en
particulier l’âge de leur fille (11 et 18 ans).
Il est également important de souligner que notre étude ne remplit pas les conditions
strictes des sondages d’opinions. Ici aucun quota ou marges d’erreurs n’ont été utilisé.
Notre étude ne peut donc pas être généralisée à la population mais seulement donner
des suppositions sur les connaissances d’une population ciblée.
29
La population :
Une très grande majorité de la population est féminine, ce qui peut montrer que la
puberté et la santé sexuelle sont des préoccupations plus maternelles que paternelles
ou est-ce un bais de l’étude via la méthode de recrutement ? Nous pouvons supposer
qu’en ce qui concerne l’éducation sexuelle de la fille au sein du foyer, les mères sont
plus impliquées. Les pères évoquaient dans de nombreux commentaires libres la
difficulté d’en parler et leur souhait de laisser cette éducation à la mère. L’interlocuteur
de référence le plus choisi par notre population pour parler de tous ces sujets à leur fille
est la mère ce qui montre également la place importante que les mères se donnent dans
cette éducation.
Dans notre échantillon, les parents avaient plus de filles âgées entre 11 et 14 ans (101)
qu’entre 15 et 18 ans (76), ce qui peut influencer leur implication car ils peuvent ne pas
se sentir encore concernés lorsque leur fille est moins âgée.
• Caractéristiques de la population
Selon l’INSEE et les caractéristiques démographiques des ménages et familles
(22) publié en 2019 et la fiche thématique sur les familles avec enfant du rapport
publié en 2015 (23).
Cette étude est réalisée afin de connaitre les caractéristiques de chaque foyer français.
Sur les 8,0 millions de familles avec enfants de moins de 18 ans, 1,9 millions sont
des familles monoparentales, soit 23 %. Dans notre étude, 25% des filles étudiées
habitent exclusivement avec l’un des deux parents. La moyenne d’enfants par femme
est de 2 selon l’INSEE ce qui correspond également à notre population (moyenne de
2,5).
Parmi ces enfants qui vivent avec un seul de leurs parents, 84 % vivent principalement
avec leur mère et 16 % avec leur père. Puisque majoritairement, les filles vivent avec
leur mère cela peut expliquer notre forte participation des mères dans notre étude et leur
plus grande implication dans l’éducation sexuelle de leur fille.
Selon l’INSEE l’âge moyen des mères à l’accouchement est de 30,9 ans. Ce qui fait un
âge moyen de 41,9 ans (+11) pour les mères ayant un enfant de 11 ans et 48,9 ans (+18
ans) pour les mères ayant un enfant de 18 ans. La moyenne des deux donnent un âge
moyen de mère ayant un enfant entre 11 et 18 ans de 45,4 ans. Ce chiffre reste dans
les mêmes proportions que notre étude qui retrouvait un âge moyen de 43,2.
30
Toujours selon l’INSEE la répartition des parents ayant un diplôme n’est pas homogène.
En moyenne 35 % ont le niveau brevet, BEP, CAP, et 20% niveau baccalauréat, 20%
cursus universitaire court et 20% pour le cursus universitaire long. Ces chiffres
contrastent avec notre étude car notre population avait obtenu le niveau BEP, CAP à
10%, le niveau baccalauréat à 25%, le cursus universitaire court (BTS, DUT, licence) à
40% et le cursus universitaire long à 25%. Le fait d’avoir dans notre échantillon moins
de personnes peu diplômées peut influencer le niveau de connaissances et les réponses
obtenues lors de notre questionnaire.
• Connaissances
Dans un premier temps, on leur demandait simplement « combien d’orifice une femme
a-t-elle dans ses parties intimes ? » et de les nommer. Dans le second, on leur présentait
un diagramme avec sept structures annotées (grandes lèvres, petites lèvres, clitoris,
urètre, vagin, périnée, anus), et on leur demandait d’étiqueter autant d’entre elles que
possible tout comme dans notre étude.
Seulement 46% des participants ont correctement identifié que les femmes ont trois
orifices. Les plus fréquemment mentionnés étaient le vagin (67 %), l’anus (55 %) et
l’urètre (35 %). Sur les 51% de personnes qui ont étiqueté l’urètre, 51% l’ont étiqueté
correctement et les 49% restants l’ont étiqueté comme le clitoris. Cette confusion ressort
également dans notre étude. Dans cette étude, il y a des femmes des pays anglo-saxons
ce qui est bien différents de notre étude mais nous voyons les mêmes méconnaissances
sur le basique de l’anatomie féminine ce qui renforce le fait que l’anatomie féminine a
31
été et est toujours un tabou qui réside dans le monde malgré des campagnes de
prévention différentes en fonction des pays.
Selon une autre étude qui interrogeait les adolescents sur les moyens de contraceptions
par questionnaire papier à 297 élèves de lycées générales et technologiques. Étude
menée par MASSE Fleur, sage-femme intitulé « Connaissances des adolescents
en matière de contraception » 2015. Les connaissances sont, comme dans notre
étude, incomplètes. La conduite à tenir en cas d’oubli de pilule est méconnue par les
lycéens. Un élève sur quatre pense que le stérilet ne peut être utilisé que par des
femmes ayant eu des enfants. Seuls 45,1% des élèves savent que l’implant ne peut pas
se mettre n’importe où sur le corps. Ces lacunes en matière de contraception ressort
également chez les parents dans notre étude. Une première supposition peut être que
de mauvaises informations passent lors la transmission intra-familiale. Ou que ce sont
les professionnels de santé qui n’informent pas assez précisément et sur tous les
aspects les parents et les enfants lors des consultations. C’est un sujet qui est compliqué
car nous savons qu’une contraception est quelque chose de personnel, il est donc
important d’être accompagné par un professionnel de santé afin de trouver celle qui
correspond le mieux à chaque individu.
Mais d’où vient ce problème ? Pourquoi les femmes ne connaissent pas elle-même leur
propre corps ? Toujours selon cette étude, 42% des femmes pensent que les règles sont
encore taboues dans notre société. Les hommes connaissent mal le corps des femmes,
les enfants connaissent mal le corps des femmes, et les femmes connaissent elles aussi
extrêmement mal leur propre corps. Parce qu’il y a un tabou autour de la nudité, de la
sexualité féminine.
32
• Implication des parents
Chap 3, L’éducation sexuelle sous le regard des jeunes, des parents et des
professionnel·les
Maryvonne Charmillot, Caroline Jacot-Descombes, Àgnes Földhazi (2021)
Droit Humain et éducation sexuelle (27)
Cette étude est menée en plusieurs parties, la première interroge par entretien des
jeunes âgés de 13 à 16 ans, au total 70 entretiens. La deuxième partie interroge 14
mères et 13 pères ayant un enfant âgé de 13 à 16 ans.
Les parents évoquaient leur rôle important dans cette éducation (tout comme dans notre
étude.) Pour eux, la transmission d’informations sur ce que signifie la sexualité, la
transmission de la notion de respect, la prévention et la protection (maladies, grossesses
non voulues), font partie de leur rôle. Concernant les contenus transmis à leurs enfants,
la majorité des parents interviewés citent la prévention comme message central : la
prévention des risques en lien avec la sexualité comme la protection contre les
grossesses non désirées ou les maladies sexuellement transmissibles.
Dans ces entretiens, les parents évoquaient le fait qu’ils souhaitent être les premières
personnes à qui leurs enfants s’adressent pour parler de sexualité et des relations
amoureuses et ils ne souhaitent pas les laisser seul·es avec ces questions. Mais cette
volonté d’assumer l’éducation sexuelle entre souvent en contradiction avec des
pratiques éducatives parentales plutôt passives, en attente des questions des enfants.
Dans les familles comprenant les enfants et deux parents, la répartition des rôles pour
l’éducation sexuelle varie. La répartition majoritaire, dans les entretiens, est binaire : les
mères éduquent leurs filles et les pères leurs fils. Ce qui peut expliquer notre faible
pourcentage de participation des pères dans notre étude, puisque eux même lors des
entretiens évoquent laisser la mère gérer cette éducation.
Cette étude est contrastée par une autre étude montrant à l’inverse que les parents ont
du mal à s’impliquer dans cette éducation. En effet le laboratoire Terpan, avec l'aide
du Planning Familial (28), est parti à la rencontre de 516 jeunes entre 12 et 25 ans à
travers toute la France.
Plus de 42% des répondant.e.s n'ont pas parlé ou ne projettent pas de parler de sexualité
avec leurs parents par pudeur pour 62%, par jugement pour 20% ou encore par peur
pour 14,4%. Et pourtant ils et elles sont plus de 62% à dire qu'en matière d'éducation
sexuelle, les parents ont la plus grande responsabilité après l'école et les pouvoirs
33
publics. Pourquoi existe-t-il une différence entre l’étude précédente et notre étude qui
montrait que les parents souhaitaient s’impliquer versus cette étude montrant que 42%
des parents n’ont pas encore abordé le sujet avec leur enfant. Cela peut être expliqué
par un plus grand intérêt des personnes ayant répondu à notre étude et donc une plus
grand implication de leur part dans cette éducation ce qui a augmenté notre
pourcentage. Cela peut également être expliqué par le fait que le laboratoire Terpan a
interrogé les enfants. Il peut exister une différence entre la perception des enfants et des
parents sur l’ouverture du dialogue au sein de la famille. Peut-être que les parents
pensent avoir abordé le sujet alors que les enfants estiment le contenu inapproprié et
donc ne pas en avoir parlé avec leur parents.
Chap 3, L’éducation sexuelle sous le regard des jeunes, des parents et des
professionnel·les
Maryvonne Charmillot, Caroline Jacot-Descombes, Àgnes Földhazi (2021)
Droit Humain et éducation sexuelle (27)
Etude menée auprès des jeunes. Les lieux évoqués pour parler d’éducation sexuelle
selon les jeunes sont l’école et chez les parents. Dans notre étude nous avons vu que
les parents souhaitaient s’impliquer dans cette éducation mais qu’en est-il des enfants ?
Souhaitent ils en parler avec leur parents ?
Selon cette étude et les jeunes interrogés, certains affirment en avoir déjà discuté avec
leurs parents, qu’ils n’ont aucun problème à en parler avec eux et considèrent même
que c’est plus confidentiel. Cependant pour d’autres c’est plus compliqué. Ils privilégient
dans ces cas-là, les frères et sœurs. Les jeunes évoquent également un décalage
générationnel et une éducation des parents axée sur les limites et les côtés négatifs de
la sexualité. Plusieurs jeunes estiment qu’informer leurs enfants est un devoir pour les
parents.
34
Nous voyons ici que les avis sont partagés mais qu’en général les jeunes souhaitent en
discuter et qu’il faut améliorer la communication des parents pour qu’elle soit plus
positive et plus axé sur les pratiques des nouvelles générations. Pour comparer avec
notre étude, nous avons vu à travers certaines réponses, notamment sur la puberté et
les menstruations que l’image du corps féminin n’était pas toujours vu d’une façon
positive (poitrines asymétriques, prise de poids, contraintes des règles). Les nouvelles
générations sont influencées par les mouvements d’acception et d’estime de soi venus
des Américains « body positive »(29) mais également par les influences de la mode
comportant des codes physiques parfois loin de la réalité. Comme ces jeunes le
soulignaient il est donc important d’expliquer aux parents l’éducation positive.
Les jeunes évoquaient également le décalage générationnel, dans notre étude, nous
n’avons pas trouvé de différence significative entre l’âge des parents et les
connaissances. Cependant il y a quand même plusieurs générations d’écart entre notre
population d’étude (moyenne âge 43 ans) et la population ciblée (les jeunes filles de 11
à 18 ans) ce qui peut creuser des différences et notamment le numérique qui est devenu
une des sources d’informations importantes pour les jeunes et qui donne libre accès à
divers contenus.
• Sources d’informations
Le monde du virtuel s’est énormément développé ces dernières années à travers les
réseaux sociaux notamment et les jeunes générations sont influencées par les effets de
mode sur internet. Ils y trouvent de nombreuses informations et notamment l’accès
facilité à la pornographie, l’exposition de la sexualité sur les réseaux sociaux ou le
cyberharcèlement angoissent car ils s’exercent dans des espaces incontrôlables. (31)
Une étude réalisé par CRIPS Sud intitulé « Place d’internet et du numérique dans la
vie relationnelle et sexuelle des jeunes » en 2017 (32) qui interroge les jeunes entre
13 et 19 ans retrouve que parmi les 15-18 ans, 49% des filles et 61% des garçons
35
déclarent avoir déjà communiqué avec des inconnus et plus de 4 sur 10 ont déjà
rencontré physiquement certains de ces inconnus. Enfin, les jeunes ont également été
interrogés sur les contenus choquants qu’ils avaient pu rencontrer. 77, 8% des filles de
15 à 18 ans et 63% des garçons de 15 à 18 ans sont déjà tombés sur des contenus
pornographiques. Parmi eux, 56,1% des garçons et 20,45% des filles ont volontairement
regardé des contenus interdits pour leur âge. Parmi les jeunes concernés, 4 sur 10 n’ont
parlé à personne de ces contenus tandis que 45% en ont parlé à une personne de leur
âge et 13% à un adulte. Les adolescents, filles comme garçons, sont de plus en plus
nombreux à avoir déjà surfé sur un site pornographique, tandis que l’âge moyen du
premier visionnage est en baisse fixé à 14 ans en 2017. Nous voyons bien ici que la
communication entre adolescent et adulte n’est pas ouverte et qu’il est important de
l’améliorer afin de limiter les risques pour les jeunes (fausses représentations, risques
de cyber harcèlement, de mauvaises rencontres, de désinformation).
En effet, actuellement il existe une bataille sur qui attribue l’information et plein de site
conspirationnistes et pro-life essayent de se frayer un chemin jusqu’aux adolescents qui
sont les plus vulnérables (33). Il est donc important que les parents soient au courant de
ce qui circule sur le net afin d’informer leur enfant et d’ouvrir le dialogue. Les
professionnels de santé ont également un rôle à jouer en informant les jeunes de leur
vrai droit, comme par exemple pour l’IVG et les dates limites afin que ces jeunes ne
soient pas influencés par les mauvaises informations circulant sur internet.
Mais internet est également un outil, parmi d’autres, qui relie les jeunes générations avec
la société et qui peut être utilisé pour faire circuler des messages de prévention. Nous
pouvons citer par exemple des étudiants de l’Université Clermont Auvergne ont mis
en ligne une série de quatre vignettes vidéo (34) sur la difficulté de parler de sexualité
avec ses enfants. Des vidéos qui se veulent ludiques et accessibles à tous afin d’aider
les parents dans leur rôle éducatif. Cela rejoint notre étude et le souhait des parents
d’être aidés pour ouvrir le dialogue avec leur enfant et notamment pour savoir quand en
parler. Ces dernières années, les réseaux sociaux se sont développés et les
professionnels de santé en ont profité pour faire passer des messages de prévention et
notamment sur Instagram où nous pouvons retrouver sous forme de poste ou de courtes
vidéos des professionnels tels que des gynécologues ou des sages-femmes parler de
contraceptions, de palpation mammaire ou également de vulve.
36
3.4 Pistes de réflexions et propositions
Nous avions dit en introduction que les préventions aux collèges et lycées n’étaient pas
toujours effectuées. Une première piste d’amélioration peut être sur ce point-là en
effectuant plus de contrôles afin d’obliger les établissements scolaires à les mettre
en place.
Dans les autres pays, comme par exemple aux Pays-Bas, la prévention sexuelle en
milieu scolaire est effectuée bien plus tôt, dès la maternelle ou une première approche
de la sexualité s’effectue avec les enfants à partir de quatre ans, comme au Royaume-
Uni (35). Les institutrices et instituteurs répondent à des questions simples et instinctives
comme : à quoi ressemble mon corps ? Pourquoi le corps des filles et des garçons n’est
pas le même ? C’est quoi faire l’amour ? Le but : instaurer un dialogue autour du corps,
du sexe de la reproduction et même des relations. Selon le média Nederlandse Omroep
Stichting (NOS), les Pays-Bas restent le pays où il y a le moins d’IVG au monde : 8,6
grossesses sur 1 000 sont interrompues aux Pays-Bas et cela peut être expliqué parce
qu’il y a moins de grossesses involontaires aux Pays-Bas, notamment chez les
adolescentes, qu’en France. Les jeunes sont plus et mieux informés et osent plus
facilement aborder le sujet du sexe et de la sexualité avec des adultes ou même entre
eux. En favorisant une éducation sexuelle simple et accessible aux enfants et aux
adolescents, les Pays-Bas ont levé le tabou autour du sexe. Une autre piste
d’amélioration serait donc de débuter l’éducation sexuelle bien plus tôt pour rendre
le dialogue plus libre.
Et contrairement à certaines idées reçues, selon l’UNESCO il est clairement établi que
l’éducation sexuelle a un impact positif sur la santé sexuelle et reproductive, notamment
37
en contribuant à réduire les infections sexuellement transmissibles (IST), le VIH et les
grossesses non désirées. Il est prouvé que l’éducation sexuelle n’entraîne pas une plus
grande précocité de l’activité sexuelle, mais qu’elle a un impact positif sur les
comportements sexuels sains et peut même retarder les premiers rapports sexuels et
accroître l’utilisation des préservatifs. (36) Alors parlons-en !
Le parent est l’acteur principal de la santé de son enfant. Les professionnels de santé
doivent le placer à ce rang d’acteur principal dans la prévention et pour cela lui donner
toutes les cartes pour prendre les meilleures décisions possibles pour son enfant et lui
transmettre les bons gestes.
Mais alors, pour quelles raisons cette prévention n’est pas toujours bien faite par les
professionnels de santé ? Nous pouvons soulever l’hypothèse du manque de temps
lors des consultations de médecine générale par exemple où les parents viennent avec
leur enfants. Ce moment serait idéal pour commencer à aborder en famille les questions
autour de la sexualité et aborder la fenêtre de vaccination du vaccin HPV.
Du côté des sages-femmes, nous savons qu’elle a une place particulière au cœur de la
vie des femmes. Elle peut voir en consultation aussi bien la mère que la fille et la place
comme actrice principale de l’éducation et de la prévention. Bien que le but de notre
étude n’était pas de comprendre la place de la sage-femme selon les parents, nous
avons vu qu’il n’était pas encore ancré dans l’esprit des personnes que la sage-femme
a un rôle en dehors de la grossesse et qu’elle peut assurer des consultations de
gynécologie. En effet, la sage-femme a été citée par seulement 28,5% des parents pour
38
la première consultation de contraception de leur fille, bien loin derrière les 60% du
gynécologue. Rappelons que pour la grande majorité de ces premières consultations, la
sage-femme, dans son rôle physiologique et de profession médicale, est une des
interlocutrices de référence pour accompagner ces jeunes femmes. Ce chiffre est
d’autant plus significatif parce que les parents ont pu être influencés (et donc augmenter
le pourcentage) car ils savaient qu’ils répondaient à un questionnaire de mémoire de
sage-femme.
De nombreuses choses sont mis en place afin de permettre une meilleure accessibilité
à la contraception. Par exemple, il existe des consultations de première contraception
pour les adolescentes avec les sages-femmes ou encore il existe une confidentialité
pour la contraception pour les adolescents, mais ce sont des choses qui ne marchent
pas. En effet « Moins de 1 % des délivrances de contraceptifs aux mineures utilise les
mesures de gratuité et secret » selon le rapport établi par l’inspection générale des
affaires sociales (11) et la première consultation de contraception effectuée par la sage-
femme est encore quelque chose de méconnu. Améliorer ces points permettrait
d’augmenter la prévention. Mais quelles sont les raisons ? En matière de secret, la
complexité de la procédure reposant sur l’utilisation d’un numéro d’inscription au
répertoire (NIR) anonyme à la place des identifiants de la mineure rebute les
pharmaciens selon l’inspection des affaires sociales (11). Une première idée serait de
faciliter les démarches pour aider les professionnels de santé à utiliser ce dispositif.
De plus il est important de continuer à promouvoir notre métier, pas seulement pour
la reconnaissance, mais surtout pour nos patientes. Pour permettre à la population une
meilleure prise en charge de leur sexualité et permettre en matière de santé publique
une meilleure observance des contraceptions, une augmentation de la vaccination HPV,
une diminution des IST chez les jeunes, une diminution de l’utilisation des contraceptions
d’urgence et des IVG. En effet, la sage-femme a un grand rôle à jouer sur ces nombreux
sujets, car elle possède une grande capacité d’écoute, d’éducation thérapeutique, parce
qu’être sage-femme c’est avoir un regard médical sur les situations tout en ayant une
grande part d’accompagnement psychologique.
39
• Un tabou encore bien ancré dans le monde
Dans de nombreux pays, les femmes sont considérées comme impures quand elles ont
leurs règles. Par exemple, Au Népal et en Inde, les femmes n’ont pas le droit de toucher
de la nourriture ou les récoltes car elles pourraient causer malheur à leur famille et
communauté. En Bolivie, on dit aux filles que le sang des règles peut provoquer des
maladies graves, comme des cancers, pour les autres personnes.
Les mythes qui entourent les règles jouent un rôle important dans la place des femmes
dans leur communauté ainsi que dans la perception que les femmes ont d’elles-mêmes.
Dans les pays occidentaux aussi, le tabou et l’invisibilisation des règles persistent. (38)
Mais ce tabou a de nombreuses conséquences sur les femmes et leur droit selon Care
une association qui lutte, dans plus de 100 pays, contre la pauvreté et les inégalités en
particulier pour les femmes (38) :
- Selon certaines cultures les femmes peuvent être exilées de leur maison pendant
ses menstruations
- Peut provoquer un décrochage scolaire en manquant des jours d’écoles : Le
tabou des règles est l’une des causes de la déscolarisation des filles dans le
monde (faute de protections ou de toilettes dans les écoles).
- Peut provoquer une précarité menstruelle. Parce que ne pas parler des règles
c’est également occulter le côté financier des protections périodiques. En France,
elle concernerait plus d'1,7 million de femmes qui n'ont pas de quoi acheter des
protections menstruelles.
- La honte d’avoir ses règles et ne pas oser en parler : En France, 44% des
femmes ont honte d’avoir leurs règles. Et nombreuses sont celles qui ignorent
tout des menstruations avant de les avoir pour la première fois.
Le contrôle du corps des femmes est ancien parce que la domination masculine était
tournée vers un objectif central, le contrôle de la maternité. C’est ainsi que le corps des
femmes a longtemps été exhibé ou caché. A partir du droit de vote des françaises en
1944, de la libération sexuelle des années 68 en passant par le droit à l’avortement en
1975, ce siècle voit la conquête de leur corps par les femmes. Car les mouvements
féministes ont bien compris que cette libération passerait par la réappropriation de ce
corps et le droit d’en disposer librement. Mais tous ces siècles, où le corps de la femme
est passé sous silence, laisse aujourd’hui encore des traces. A travers l’éducation
familiale au cours des années ce tabou était aussi largement retrouvé (39)
40
Un ouvrage de Gruère-Arnaud intitulé « Les professionnels face à la sexualité des
adolescents » parle d’éducation sexuelle dans la famille p 47,57.(40) Elle démontre que
c’est tout une génération qui n’a pas bénéficié d’éducation sexuelle à la maison. En effet,
durant la 3ème république, la chasteté des futurs adolescents passe par l’« innocence »
dont découle l’ignorance. On croit que la connaissance conduit au « vice ». Aussi, les
adultes ne parlent pas de sexe devant les enfants, ils surveillent leurs paroles, ils cachent
également leur corps et dissimulent son fonctionnement physiologique. L’accouchement
et la grossesse sont « néantisés », tout comme les règles. Un tiers des filles ignore tout
de la reproduction, un tiers a des connaissances très floues et un tiers fait figure
d’autodidacte de la sexualité. Ensuite pèsent en France la religion et les péchés.
Certains gestes et mots sont considérés comme « sales ». Les enfants désignent leur
sexe comme « le péché » et les adultes eux-mêmes, victimes de l’éducation reçue,
cache leur sexualité. Sur la sexualité des adolescents pèse donc un imaginaire de la
culpabilité et du dégoût. À cet âge, le discours jusque-là asexué vise principalement les
filles : il s’agit de mettre en place une stratégie de dissuasion pour éviter la grossesse,
la hantise de tous les parents. A partir de 1945, on assiste à un début de libération
sexuelle. Mais ce ne sont que les prémices et toutes ces années où le corps et la
sexualité sont passées sous silence laisse des traces sur les générations passées. C’est
ainsi que nos grands-parents ont reçu une éducation succincte, qu’ils ont transmise à
nos parents et qui se transmet aujourd’hui.
Pour lutter contre ce phénomène, il est important de libérer la parole. En tant que
professionnel de santé nous devons en discuter librement avec nos patientes parce
qu’une mère informée est plus susceptible de transmettre à ses enfants. En libérant la
parole au sein de la famille cela contribue à libérer la parole au sein de la société.
41
• Proposition d’actions de prévention
Nous pouvons faire ressortir quelques idées d’actions pouvant être mises en place :
- Faire les préventions aux collèges et lycées et s’assurer qu’elles soient mises
en place.
- Commencer les préventions dès le primaire voir maternelle.
- Discuter de santé sexuelle avec les jeunes et pas seulement de contraceptions.
Il est important de discuter de respect du corps, de consentement,
d’acceptation de soi, de processus physiologique du corps afin qu’ils
comprennent mieux le leur.
- Questionnaires dans les salles d’attente pouvant être réabordés lors des
consultations. Des affiches concernant les tabous du corps où des messages
de prévention peuvent être mis dans les salles d’attente de façon stratégique.
Par exemple, l’âge de la vaccination HPV pourrait être affiché dans les salles
d’attente des médecins traitants.
- Sensibilisation des professionnels de santé sur la prévention.
- Développer le travail en réseau et pluri disciplinaire entre lycée et CPEF.
- Augmenter la visibilité des consultations de sage-femme.
- Envisager des consultations sages-femmes sur la vie féminine conjointement
mère-fille.
- Faire évoluer les consultations (médecin traitant, sage-femme) avec nos
patientes ayant des adolescents afin de leur donner toutes les
informations nécessaires à ouvrir le dialogue.
- Pour les consultations de gynécologie réalisées par les sages-femmes, il faudrait
aborder avec les jeunes mais également avec les mères de façon systématique
certains sujets comme le vaccin HPV. Une sage-femme devrait rappeler à ses
patientes (ayant une fille dans l’âge de la vaccination anti-HPV) la période de
vaccination et l’utilité du vaccin. De plus nous avons vu que l’anatomie féminine
n’est pas encore quelque chose d’acquis. Il est important de connaitre notre
corps, pour le découvrir, pour le respecter, pour notre estime de soi. La sage-
femme devrait donc, comme il est souvent fait lors des premières séances de
rééducation du périnée, commencer le suivi gynécologique de ses nouvelles
patientes par montrer les planches d’anatomie et rappeler la physiologie des
cycles menstruels.
- Donner des lieux ressources comme les centres de planification et d’éducation
familiale pour des consultations de contraceptions, des centres d’IVG, des
sages-femmes réalisant les IVG médicamenteuses, les pharmacies de proximité
42
pour les contraceptions d’urgence par le biais d’une plaquette pouvant être
transmise à l’enfant.
- Il pourrait être organisé des conférences ou café-débat sur ces sujets qui
permettraient aux parents de comprendre l’utilité du vaccin, de comprendre les
besoins de leur fille et certains éléments clefs sur la contraception, la puberté et
les modifications psychologiques liées à cette période particulière.
En ce qui concerne les études sur les connaissances des hommes en matière de
contraception. Un étude qualitative réalisée en 2020 intitulée « Comment les
adolescents garçons parlent-ils de contraception avec leurs partenaires sexuelles
? » (41) a interrogé des jeunes garçons de 13 à 19 ans sur leur connaissances et
implications dans la contraception : la notion de protection contre les IST et les
grossesses par le préservatif est acquise. Ce sont : l'école qui fournit une base des
connaissances, la mère, les amis pour leur expérience et internet avec méfiance. Une
autre étude réalisée en suite de couche intitulée « La connaissance des pères sur la
contraception » retrouve également en général une bonne connaissance des
contraceptifs par les hommes. (42)
Existe-il une meilleure connaissance des garçons sur la contraception et surtout sur le
préservatif, une meilleure communication sur ces sujets ? Est-ce parce qu’il n’existe pas
de tabou dans la société autour du corps masculin et donc une meilleure éducation ? En
effet dans les livres pédagogiques il est retrouvé le sexe masculin depuis de nombreuses
années tandis que le clitoris est apparu seulement en 2016 dans un manuel. Est-ce
parce qu’il y a une meilleure communication au sein de la famille entre parents et fils ?
Existe-t-il le même tabou au sein de la famille ? Pour cela il serait intéressant de faire
une étude comparative afin de savoir si les parents s’impliquent de la même façon dans
cette éducation, de savoir si les pères sont plus présents que les mères. Il serait
également intéressant de savoir sur quels sujets portent cet éducation : la
contraception ? Les IST ? Les risques de grossesse ? Le consentement ? Le respect de
l’autre ?
43
4. Conclusion
Les résultats de notre enquête réalisée auprès des parents mettent en évidence un
manque de connaissance concernant la contraception, les infections sexuellement
transmissibles et la puberté. Ce manque de connaissance ne peut pas leur permettre de
prévenir de manière optimale leur fille et donc de permettre une augmentation de la
vaccination HPV, une diminution des IST chez les jeunes, une diminution de l’utilisation
des contraceptions d’urgence et des IVG.
Cette étude a également montré que les parents souhaitent s’impliquer dans cette
éducation mais ne trouve pas forcément le bon moment, ni les bonnes informations pour
en parler. Les professionnels de santé et notamment les sages-femmes ont un rôle à
jouer pour permettre une augmentation des connaissances des parents en exerçant leur
rôle d’éducateurs à la santé et à la parentalité, d’autant plus que les parents sont
demandeurs d’informations et souvent soucieux du bien-être de leurs enfants.
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la jeune femme. Rev Sage Femme. juin 2017;16(3).
- Richard-guerroudj. profession Sage-femme : cancer du col, vers un dépistage
organisé. mars 2017;(233).
3. VIDAL. Que faire en cas d’oubli de la pilule ? [Internet]. VIDAL. 2020 [cité 4 nov
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4. Ameli. Comment choisir sa contraception ? [Internet]. [cité 4 nov 2021]. Disponible
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8. Leslie Fornero. Règles : tout savoir sur les menstruations et leur durée [Internet].
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9. Ameli. Comprendre les changements à la puberté [Internet]. 2020 [cité 11 nov 2021].
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10. Jennifer Knudtson ,. Les faits en bref: La puberté chez les filles [Internet]. Manuels
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f%C3%A9minin/la-pubert%C3%A9-chez-les-filles
11. loop. La vulve, c’est quoi ? Anatomie, fonction, maladie. Loop. 2021.
48
6. Annexes
6.1 Questionnaire
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Comme vous le voyez, le méat urinaire est séparé du vagin, on peut donc uriner sans
avoir à enlever le tampon. Toutefois il faut le changer régulièrement pour éviter le choc
toxique. Une jeune fille vierge peut mettre des tampons.
Voici quelques liens pour s'informer et à donner à votre fille si elle le souhaite :
- [Link]
- [Link]
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Résumé
Buts : La santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social dans
le domaine de la sexualité. La prévention auprès des jeunes est un enjeu de
santé publique et repose sur des mesures simples qui font l’objet de
recommandations à travers les écoles. Pourtant ces mesures ne sont pas
suffisantes. Face à ce constat, cette étude a cherché un autre interlocuteur pour
ces jeunes : les parents, et s’intéresse à la connaissance et implication des
parents sur la santé sexuelle de leur adolescente et ainsi comprendre comment
améliorer la prévention.
Conclusion : Pour aider ces jeunes à entrer dans une sexualité saine et avoir les
connaissances nécessaire, il faut renforcer les connaissances des parents à ce
sujet. Il faut former et encourager les professionnels recevant ces parents et
notamment les sages-femmes à délivrer l’information à temps et notamment
utiliser le début de la vaccination anti-HPV pour ouvrir le dialogue.
Summary
Objectives : Sexual health is a state of physical, mental and social well-being in
sexuality. Prevention among young people is a public health issue and is based
on simple measures that are recommended through schools. However, these
measures are not sufficient. Faced with this observation, this study looked for
another interlocutor for these young people: the parents, and was interested in
the knowledge and involvement of parents in the sexual health of their teenagers
and thus understand how to improve prevention.
Conclusion : In order to help these young people enter into a healthy sexuality
and have the necessary knowledge, parents' knowledge on this subject must be
reinforced. It is necessary to train and encourage the professionals who receive
these parents and in particular the midwives to deliver the information in time
and in particular to use the beginning of the anti-HPV vaccination to open the
dialogue.