PRIAPISMES
I GENERALITES
A Définition
C’est une érection anormalement prolongée douloureuse
et irréductible, survenant en dehors de toute stimulation
sexuelle et n’aboutissant pas à une éjaculation.
B Intérêt
Urgence urologique et andrologique pouvant aboutir à une
fibrose cicatricielle des corps caverneux et entrainant une
impuissance irréversible.
C Physiologie de l’érection
3 phases :
_Flaccidité (système nerveux sympathique)
_Tumescence : (Afflux de sang)
_Rigidité :(compression de veine dorsale)
D Physiopathologie
Il y a deux types de priapisme :
_ Le priapisme de stase
cas de la drépanocytose (viscosité sanguine)
cas Neuromusculaire (déséquilibre ortho et
parasympathique « medicament »)
Sur le plan vasculaire c’est un problème de ralentissement
de la vidange de corps caverneux.
_ Le priapisme à haut débit c’est le cas ou il y a
augmentation de débit de sang le corps caverneux.
cas de fistule artère veineuse
II Diagnostic positif
1 Clinique
C’est une urgence médico chirurgicale dont le diagnostic
est essentiellement clinique.
a. L’interrogatoire recherche :
La durée du priapisme (heure de survenue).
Les circonstances de déclenchement déterminent le
diagnostic étiologique (médicament, injection
intracaverneuse).
Une notion récente de chirurgie pénienne.
Un traumatisme pénien.
b. Examen physique
Il recherche une érection des corps caverneux qui sont
rigides alors que le corps spongieux est flasque.
La présence d’une douleur spontanée à la pression de la
verge qui signe un début d’ischémie.
Par contre on peut avoir une tumescence du gland qui
renseigne sur le type à haut débit. (Il faut penser à une fistule).
La ponction évacuatrice du corps caverneux permet de
différencier les 02 types de priapismes :
Pour le type de priapisme de stase, le sang est noîratre
visqueux et incoagulable. Dans le priapisme à haut débit le
sang est rouge et fluide (sang artériel).
2 Paraclinique
- Gazometrie : hypoxie, hypercapnie
- La PHmetrie : acidose
- Cavernographie qui peut être contributive dans le
priapisme à haut débit en montrant une fistule artério
caverneuse.
- l’hémogramme
- Bilan de l’hémostase
- Electrophorèse de l’hémoglobine
III. Diagnostic différentiel
Erection prolongée.
IV. Diagnostic étiologique 4 Formes étiologiques
1. Les priapismes mécaniques.
a. Les causes hématologiques :
Leucémie myéloide chronique
Drépanocytose
Autres: Thrombocytémie essentielle, la polyglobulie
primitive (maladies de vaquez)…
b. Les causes vasculaires
- Thrombophlébites infectieuses
- les hémodialysés
c. Causes néoplasiques
- cancer de la verge
- cancer de la prostate
- cancer des testicules
- cancer de la vessie
- les métastases des cancers de rein ou du tube digestif.
d. Causes traumatiques
Les traumatismes péniens ou périnéaux peu violents
Les traumatismes de la bourse (selle de vélo)
2. Les priapismes neurogènes
a. Causes centrales
les traumatismes crâniens (contusion)
les tumeurs cérébrales ou cérébelleuses
la pendaison
b. Les causes périphériques
- les urétrites
- les prostatites
- les corps étrangers dans l’urètre
- rétrécissement urétraux
- les calculs vésicaux
c. Causes toxiques
- Anesthésiques : Kétamine
- les neuro leptiques
- les Alpha bloquants : Prazosine
3. Priapismes iatrogènes
- injection intra caverneuse
- caverject
- la chirurgie de revascularisation des impuissances
4. Priapismes idiopathiques 30 à 50%
III EVOLUTION
Non traité l’évolution va se faire pendant plusieurs jours ou
plusieurs semaines puis survient une détumescence qui est
faussement rassurante car progressivement s’installe une
fibrose caverneuse irréversible responsable d’impuissance.
Traité ou bien suivi, l’obtention de la flaccidité est de règle.
Il y a des risques de récidives précoces ainsi le malade doit être
surveillé à l’hôpital pendant 24 à 48h.
IV Traitement
A. Buts
- éviter les complications
- Prévenir les récidives
B. Les moyens
1. Médicament
Injection de substances vasoactives dans le corps
caverneux : (Effortil, adrénaline, sérum salé isotonique).
2. Chirurgicaux
On fait un drainage cavernospongieux (faire communiquer
le corps caverneux et le corps spongieux) On peut le faire au
trocart ou selon la technique de ALGHORAB : incision unilatérale
ou au besoin bilatérale de la peau du gland (0,5 cm de la
couronne) jusqu’à atteindre l’albuginée du corps caverneux puis
faire une expression du sang noirâtre.
C. Indications
1. Lorsque la durée est comprise entre 1 à 4h :
- injection intracaveneuse d’éffortil : 0,5 cc toutes les 15
mn
- ou la rincette d’adrénaline toutes les 30 mn : on dilue 1
cc dans 9 cc de SSI.
2. Quant c’est plus de quatre (4) H
La ponction au trocart.
3. Si échec : traitement chirurgical