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Cours de Microéconomie Intermédiaire UPN

Le cours de Microéconomie Intermédiaire, dispensé par Dr. Patrick B. Mande, vise à initier les étudiants aux outils d'analyse microéconomique et à la prise de décision au niveau individuel et des entreprises. Le programme comprend des cours théoriques, des travaux dirigés, et des évaluations basées sur la participation, des exercices et un examen final. Les thèmes abordés incluent les préférences des consommateurs, les choix, les fonctions de production et l'équilibre économique.

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Cours de Microéconomie Intermédiaire UPN

Le cours de Microéconomie Intermédiaire, dispensé par Dr. Patrick B. Mande, vise à initier les étudiants aux outils d'analyse microéconomique et à la prise de décision au niveau individuel et des entreprises. Le programme comprend des cours théoriques, des travaux dirigés, et des évaluations basées sur la participation, des exercices et un examen final. Les thèmes abordés incluent les préférences des consommateurs, les choix, les fonctions de production et l'équilibre économique.

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UNIVERSITE PEDAGOGIQUE NATIONALE

UPN

MICROECONOMIE INTERMEDIAIRE
Ces notes des cours, basées sur l’ouvrage Microéconomie par Espinoza-Arredondo, A. et
Munoz, F. (2020) ont été préparées par :

Dr. Patrick B. Mande, Ph.D.


Professeur

Année Académique : 2024-2025

1
MICROECONOMIE INTERMEDIAIRE : FICHE PEDAGOGIQUE
Intitulé du cours : Microéconomie Intermédiaire
Volume horaire : 60 heures
Enseignant : Dr. Patrick B. Mande, Ph.D. ; Professeur.
Jours des cours : A déterminer.
Local : Voir Campus de l’UPN.
Année académique : 2024 – 2025
1. Description du cours
L'objectif de ce cours est d’initier les étudiants aux méthodes et outils d'analyse microéconomique,
ainsi qu'à l'étude de la prise de décision au niveau microéconomique. Il analyse les modifications
de comportements des individus et des entreprises en réponse aux variations des contraintes
auxquelles ils sont confrontés, généralement les contraintes de budgets, de prix et de coûts des
inputs.
Tout au long du cours, un accent est mis le raisonnement analytique et la modélisation
mathématique. Ceux-ci sont basés sur des principes fondamentaux évoqués à travers le cours. Les
mathématiques nous permettent de construire des modèles précis et de les réduire à leurs
composants et interactions les plus importants. Il est important de noter que, bien que les modèles
exprimés mathématiquement puissent sembler simplistes au premier abord, l'art d'être un
économiste consiste à donner un sens économique et des conclusions aux équations, dérivées et
graphiques. L'avantage est une compréhension plus profonde de l'importance que jouent la
modélisation logique et la pensée critique en économie.

2. Approche pédagogique
- Cours magistral avec travaux dirigés.
- Le support du cours est distribué aux étudiants avant le début du cours pour leur permettre
de s’en imprégner et de, chaque fois, préparer la matière prévue avant de se présenter aux
séances magistrales du cours, lesquelles sont essentiellement assurées en présentiel.
- Dans l’auditoire, le cours sera assuré en utilisant les notes du cours.
- Chaque fois, qu’un chapitre aura été traité, une session des travaux dirigés s’en suivra pour
permettre la révision des concepts et leur application. Le but étant une maitrise des concepts
et de leur application.
- Le recueil des travaux dirigés sera distribué aux étudiants en temps utile pour leur permettre
de suivre l’évolution de leur apprentissage et de maitriser les concepts, les calculs et les
raisonnements économiques.

3. Ouvrages de référence
Espinola-Arredondo, A. et Munoz-Garcia, F., (2020). Intermediate Microeconomics Theory: Tools
and Step-by-Step Examples, MIT Press, ISBN 10: 0262044234 ISBN 13: 9780262044233.
Besanko, D. et Braeutigam, R., R., (2014). Microeconomics, 5th edition, Wiley, ISBN: 978-1-118-
57227-6.
Varian, H., (2014). Intermediate Microeconomics : A Modern Approach, 9th Edition, W.W. Norton
and Company, New York.
2
Autres références : Blanchard, O., et Cohen, D., (2020). Macroéconomie, 8ème Edition, Pearson
Education.

4. Organisation du cours
Le cours s’articulera autour des chapitres suivants. Le cours théorique sera suivi par une série des
travaux pratiques avec le professeur et l’assistant et par les étudiants en groupes de travail.

Chapitre 1. Les préférences du consommateur et l’utilité


Chapitre 2. Le choix du consommateur
Chapitre 3. Effets de substitution et Effet de revenu
Chapitre 4. Les fonctions de production
Chapitre 5. Minimisation des coûts
Chapitre 6. Equilibre partiel et général.

Si le temps le permet, nous aborderons d’autres sujets tels que

Chapitre 7. Le Monopole
Chapitre 8. Mesurer la variation de revenus

5. Modes d’Evaluation
- Présence et Participation au cours (5-10%)
Les étudiants sont récompensés pour leur présence au cours et surtout pour la participation en
répondant aux questions ou pour des commentaires pertinents.

Pour juger de l’assimilation du cours, les étudiants peuvent être évalués séance tenante pour juger
de la compréhension de la matière.

- Exercices d’analyse à domicile (40-45%)


Les étudiants formeront des groupes (taille à convenir) auxquels des exercices d’applications
seront assignés et une date de remise sera convenue. Tout travail remis en dehors du délai sera
sanctionné par des points en moins.

- Examen (50%)
L’examen est à notes et livres fermés. Il portera sur toute la matière étudiée pendant le cours et
les travaux pratiques. Les questions seront intelligentes et pousseront à réfléchir. Les études des
cas et les travaux dirigés prépareront l’étudiant à aborder l’examen avec succès.

Règles à observer
1. Être présent à chaque séance de cours et des travaux pratiques. La présence au cours et aux
séances pratiques sera prélevée et elle comptera pour la note finale.
2. Eviter de se présenter au cours avec un retard de plus de 10 minutes car l’accès ne sera pas
autorisé et l’étudiant sera considéré comme absent.

3
3. Mettre les téléphones en mode silencieux, éviter le bavardage et les déplacements inutiles
car toute indiscipline sera punie sévèrement.
4. Pas de déplacement inutile pendant le cours. Tout étudiant qui veut sortir, pour une raison
légitime, demande la permission au Professeur.
5. Une pause de 10 minutes sera accordée pour permettre de souffler.
6. La tricherie et le non-respect des règles académiques, reconnues universellement et
spécifiques à l’Université Pédagogique Nationale (UPN), seront punies de façon
exemplaire.

4
CHAPITRE 1.
LES PREFERENCES DU CONSOMMATEUR ET L’UTILITE
1. Introduction
• Dans ce chapitre, nous allons aborder les points qui suivent.
o Paniers
o Préférences pour les paniers
o Fonctions d'utilité
o Utilité marginale
o Courbes d'indifférence
o Taux marginal de substitution
o Types spéciaux de fonctions d'utilité
o Un regard sur l'économie comportementale – Préférences sociales
o Annexe. Trouver le taux marginal de substitution
2. Paniers (bundle) des biens et services
• Un panier est une liste de biens et de services.
o Exemple : Si un individu consomme seulement 2 biens, 𝑥 et 𝑦 (pommes et oranges),
le paquet 𝐴 = (40,30) indique qu'il consomme 𝑥 = 40 pommes et 𝑦 = 30 oranges.

2. Préférences pour un panier des biens


• Analysons les préférences des consommateurs sur les paniers ou comment un
consommateur classe différents paniers.
• Notation pour comparer les préférences pour les paquets :
o Considérons les paniers 𝐴 = (𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) et 𝐵 = (𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 ).
o 𝐴≻𝐵, l'individu « préfère strictement » le panier 𝐴 au panier 𝐵 (« strictement »
exclut la possibilité qu'il soit indifférent entre les deux paquets).
o 𝐴∼𝐵, il est « indifférent » entre les paniers 𝐴 et 𝐵.
o 𝐴≿𝐵, il « préfère faiblement » le panier 𝐴 au panier 𝐵 (il peut être indifférent entre
les deux paniers ou préférer strictement 𝐴 à 𝐵).

5
Complétude :
• Une relation de préférence est complète si le consommateur a la capacité de comparer
chaque paire de paniers 𝐴 et 𝐵 :
o 𝐴≻𝐵 (elle préfère strictement le panier 𝐴),
o 𝐵 ≻𝐴 (elle préfère strictement le panier 𝐵), ou
o 𝐴∼𝐵 (elle est indifférente entre 𝐴 et 𝐵).
• La complétude implique que le consommateur a le temps de pouvoir comparer et classer
deux paniers.
• Nous n'autorisons pas le consommateur à répondre "Je ne sais pas comment comparer ces
deux paniers !".

Transitivité :
• Pour chaque trio de paniers 𝐴, 𝐵 et 𝐶,
o si le consommateur préfère 𝐴 à 𝐵 (𝐴 ≻ 𝐵),
o et 𝐵 à 𝐶 (𝐵 ≻ 𝐶),
o Il doit également préférer 𝐴 à 𝐶 (𝐴 ≻ 𝐶).
• Un consommateur avec des préférences intransitives aurait 𝐴 ≻ 𝐵 et 𝐵 ≻ 𝐶, mais 𝐶 ≻ 𝐴.
Ses préférences formeraient un cycle : 𝐴 ≻ 𝐵 ≻ 𝐶 ≻ 𝐴.
• Un individu avec des préférences intransitives serait sujet à l'exploitation.

Exploitation des individus intransitifs :


• Considérons 3 biens : une orange, une pomme et une banane.
• Et un consommateur avec les préférences suivantes :
o 𝑂𝑟𝑎𝑛𝑔𝑒 ≻ 𝐵𝑎𝑛𝑎𝑛𝑒 et 𝐵𝑎𝑛𝑎𝑛𝑒 ≻ Pomme mais Pomme ≻ 𝑂𝑟𝑎𝑛𝑔𝑒 (ce qui viole la
transitivité)
• Supposons qu'elle possède 1 orange et qu'elle joue à un jeu avec un vendeur de fruits. Si le
vendeur lui donne le fruit préféré, elle paie 1 $.
o Le vendeur lui propose une pomme, elle paie 1 $ parce que Pomme ≻ 𝑂𝑟𝑎𝑛𝑔𝑒.
o Ensuite, le vendeur lui propose une banane, elle paie 1 $ parce que 𝐵𝑎𝑛𝑎𝑛𝑒 ≻
Pomme.
o Ensuite, le vendeur lui propose une orange, elle paie 1 $ parce que 𝑂𝑟𝑎𝑛𝑔𝑒 ≻
𝐵𝑎𝑛𝑎𝑛𝑒.
• À la fin, le consommateur a 1 orange comme au début de l'échange, mais elle a perdu 3 $
à cause de ses préférences intransitives.

Monotonicité stricte :
• Considérons un panier initial 𝐴 et un nouveau panier 𝐵, où le paquet 𝐵 a
o La même quantité de bien 𝑥 que le panier 𝐴 (𝑥𝐴 = 𝑥𝐵 ),
o Mais plus d'unités de bien 𝑦 (𝑦𝐵 > 𝑦𝐴 ).
• Les préférences d'un consommateur satisfont la monotonie stricte si
o Il préfère strictement 𝐵 à 𝐴 (𝐵 ≻ 𝐴).

6
• Augmenter les unités d'un seul bien, comme 𝑦 dans le paquet 𝐵, produit un nouveau panier
qui est strictement préféré à 𝐴 → « plus de quelque chose est strictement préféré ».

Monotonicité :
• Encore une fois, considérons un panier initial 𝐴 et un nouveau panier 𝐵, où le panier 𝐵 a la
même quantité de bien 𝑥 que le panier 𝐴 (𝑥𝐴 = 𝑥𝐵 ), mais plus d'unités de bien 𝑦 (𝑦𝐵 > 𝑦𝐴 ),
• Tandis qu'un nouveau panier 𝐶 a plus d'unités des deux biens que le panier 𝐴 (𝑥𝐶 > 𝑥𝐴 et
𝑦𝐶 > 𝑦𝐴 ).
• Les préférences d'un consommateur satisfont la monotonie si
o il préfère faiblement 𝐵 à 𝐴 (𝐵 ≿ 𝐴),
o mais il préfère strictement 𝐶 à 𝐴 (𝐶 ≻ 𝐴).
• Si les quantités de tous les biens sont plus élevées, comme dans le panier 𝐶, le
consommateur est mieux loti « plus de tout est strictement préféré ».

Exemple 1.1 : Préférences monotones et strictement monotones.


• Considérons les paquets 𝐴 = (2,3) et 𝐵 = (2,4).
• Eric préfère strictement le panier 𝐵 au panier 𝐴 (𝐵 ≻ 𝐴).
o Si ce classement est valable pour n'importe quelles deux paquets où un seul bien
est augmenté, ces préférences satisfont la monotonicité stricte.
• Chelsea est indifférente entre 𝐵 et 𝐴 (𝐵 ∼ 𝐴).
o Si nous remplaçons 𝐵 par le panier 𝐶 = (3,4), elle préfère strictement 𝐶 à 𝐴 (𝐶 ≻
𝐴).
o Si ce classement est valable pour n'importe quelles deux paquets dans lesquels l'un
a plus d'unités de tous les biens, ses préférences satisfont la monotonicité.

Monotonicité stricte implique la monotonicité :


• Si la situation d’un consommateur s’améliore strictement si nous augmentons l'un ou
l’autre des biens, alors elle n’est pas moins bien loti, ce qui est le minimum requis pour
satisfaire la monotonicité.
o La monoticité stricte ⟹ Monotonicité
• La monotonicité et la monotonicité stricte exigent que le consommateur considère tous les
éléments de son paquet comme des biens plutôt que des mauvais (par exemple, la pollution
ou les déchets).
o Si un bien était considéré comme un mauvais, augmenter le nombre d'unités dans
le paquet initial 𝐴 produirait un nouveau paquet 𝐵 qui serait moins préféré que 𝐴.

Non-satiation

• Les préférences satisfont à la non-satiation si, pour chaque panier 𝐴, il existe un autre panier
𝐵 pour lequel le consommateur est mieux loti, 𝐵 ≻ 𝐴
o La non-satiation signifie qu'il n'y a pas de "paquet de bonheur" → le consommateur
ne peut pas être rendu plus heureux en consommant un autre paquet.

7
o La non-satiation permet au consommateur de considérer certains biens comme des
"mauvais".
o La non-satiation nécessite simplement que le consommateur trouve toujours des
paquets qu'il préfère davantage.
▪ 𝑀𝑜𝑛𝑜𝑡𝑜𝑛𝑖cité ⇒ 𝑁𝑜𝑛-𝑠𝑎𝑡𝑖𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛: Les préférences monotones impliquent
généralement la non-satiation.
▪ 𝑁𝑜𝑛-𝑠𝑎𝑡iat𝑖𝑜𝑛 ⇍ 𝑀𝑜𝑛𝑜𝑡𝑜𝑛𝑖cité: Cependant, la non-satiation ne nécessite
pas nécessairement des préférences monotones.

Example 2.2: Non-satiation des préférences.

• Considérons les paniers 𝐴 = (2,3) et 𝐷 = (2,1)

• Eric dit qu'il préfère strictement 𝐷 à 𝐴, 𝐷 ≻ 𝐴, mais il existe d'autres paniers différents de
A et D qui le rendent plus heureux que D ne le fait.
o Ses préférences satisfont-elles à la non-satiation ?

• Ses préférences, 𝐷 ≻ 𝐴, peuvent o La monotonicité nécessiterait


satisfaire à la non-satiation, mais elles A ≻𝐷.
violent la monotonicité.
• Par rapport au panier 𝐴, le panier 𝐷
diminue la quantité du bien 𝑦, tout en
laissant 𝑥 inchangé.
o Si 𝐷 ≻ 𝐴, cela signifie que 𝑦
est considéré comme un
mauvais.
o Le paquet 𝐷 est un panier
"plus préféré" → la non-
satiation est satisfaite.

8
3. Les fonctions d’utilité
• Une fonction d'utilité représente mathématiquement le niveau de satisfaction qu'un
individu éprouve en consommant un ensemble (panier) de biens.
o Exemple : Si elle consomme le panier 𝐴 = (40,30) et que sa fonction d'utilité est
𝑢(𝑥, 𝑦) = 3𝑥 + 5𝑦, son niveau d'utilité pour le panier 𝐴 est

𝑢(40,30) = 3 × 40 + 5 × 30 = 270.

o Le niveau d'utilité provenant du panier 𝐴 n'est pas aussi important que le classement
des utilités entre les paniers :
▪ Seul le classement des utilités importe → "ordinalité".
▪ Le niveau spécifique d'utilité atteint par le consommateur avec chaque
panier n'importe pas → "cardinalité".

Exemple 2.3 : Classement des utilités et transformations croissantes de la fonction


d'utilité.
• Considérons la fonction d'utilité 𝑢(𝑥,𝑦) = 𝑥𝑦 :
o Le panier 𝐴 = (40,30) produit 𝑢(40,30) = 1,200.
o Le panier 𝐵 = (20,30) génère 𝑢(20,30) = 600.
o Le consommateur préfère le panier 𝐴 au panier 𝐵 (𝐴 ≿ 𝐵).
• Considérons maintenant la fonction d'utilité 𝑣(𝑥,𝑦) = 3𝑥𝑦 + 8, qui est une transformation
croissante de 𝑢(𝑥,𝑦) :
o Le panier 𝐴 = (40,30) donne 𝑣(40,30) = 3,608.
o Le panier 𝐵 = (20,30) génère toujours 𝑣(20,30) = 1,808.
o Le consommateur préfère toujours le panier 𝐴 au panier 𝐵 (𝐴 ≿ 𝐵).
• Les préférences du consommateur entre les paniers 𝐴 et 𝐵 ne sont pas affectées (c'est-à-
dire que son classement ne change pas).

Exemple 2.4 : Test des propriétés des relations de préférence. Considérons la fonction
d'utilité 𝑢(𝑥,𝑦) = 𝑥𝑦. Nous vérifions :

a) Complétude :
• Pour chaque paire de panier, 𝐴 = (𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) et 𝐵 = (𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 ), la complétude est vérifiée lorsque:
o Soit 𝑢(𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) ≥ 𝑢(𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 ),
o Soit 𝑢(𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 ) ≥ 𝑢(𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ),
o Ou les deux, 𝑢(𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) = 𝑢(𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 ).

• Si 𝑢(𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) = 1,200 et 𝑢(𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 ) = 600, nous vérifions que 𝑢(𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) ≥ 𝑢(𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 ) car 1,200
> 600, et la complétude est satisfaite.

9
b) Transitivité :
• Pour chaque trois paniers 𝐴, 𝐵 et 𝐶, où (𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) et 𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 ≥ (𝑥𝐶 , 𝑦𝐶 ), la transitivité est
vérifiée lorsque :
(𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) ≥ (𝑥𝐶 , 𝑦𝐶 )
o Si 𝑢(𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 )) ≥ 𝑢(𝑥𝐶 , 𝑦𝐶 ) et 𝑢((𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 )) ≥ 𝑢(𝑥𝐶 , 𝑦𝐶 ),
o Alors, 𝑢(𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) = 1,200, 𝑢(𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 ) = 600 et 𝑢(𝑥𝐶 , 𝑦𝐶 ) = 300, nous vérifions que :
▪ 1,200 > 600,
▪ 600 > 300, et
▪ 1,200 > 300,
o Ce qui montre que la transitivité est satisfaite.

c) Monotonicité stricte :
• Les consommateurs ayant des préférences strictement monotones préfèrent les paquets
avec plus d'unités de n'importe quel bien.
• Pour que cette propriété soit vérifiée, nous avons besoin que 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥𝑦 soit strictement
croissante dans les deux biens. Nous pouvons le vérifier en confirmant que
𝑑𝑥(𝑥,𝑦) 𝑑𝑥(𝑥,𝑦)
= 𝑦 ≥ 0 et = 𝑥 ≥ 0.
𝑑𝑥 𝑑𝑦
o Augmenter les unités de 𝑥 entraîne une augmentation stricte de l'utilité du
consommateur tant que 𝑦 > 0.
o Si elle ne consomme pas du tout le bien 𝑦, 𝑦 = 0, augmenter le bien 𝑥 n'altère pas
le niveau d'utilité.
• Par conséquent, la monotonicité stricte n'est pas vérifiée car une augmentation de 𝑥
n'augmente pas nécessairement l'utilité du consommateur.

d) Monotonicité :
• Nous avons besoin que 𝑢(𝑥,𝑦) = 𝑥𝑦 soit faiblement croissante en 𝑥 et 𝑦.
• Nous savons qu'une augmentation de 𝑥 :

o entraîne une augmentation stricte de l'utilité du consommateur (lorsque 𝑦 > 0),


o ou n'affecte pas l'utilité (lorsque 𝑦 = 0),
o mais ne diminue jamais l'utilité.
• Un argument similaire s'applique à 𝑦.
o Ainsi, une augmentation à la fois de 𝑥 et de 𝑦 produit un nouveau panier qui
génère une utilité strictement supérieure.
• Considérons que 𝑥 est augmenté de 𝑎 > 0 et 𝑦 de 𝑏 > 0.
o Cela donne un niveau d'utilité de 𝑢(𝑥 + a, 𝑦 + 𝑏) = (𝑥 + a) (𝑦 + 𝑏).
• La monotonicité est satisfaite car 𝑢(𝑥 + a, 𝑦 + 𝑏) > 𝑢(𝑥, 𝑦).

10
e) Non-satiation:

• Cette propriété est démontrée par la monotonicité.


o Nous avons constaté qu'augmenter les quantités des deux biens produit un
nouveau panier 𝑥 + 𝑂𝑂, 𝑦 + 𝑏𝑏, qui est strictement préféré au panier original (𝑥𝑥,
𝑦𝑦).
o En partant du panier original, nous pouvons toujours trouver un autre panier pour
lequel le consommateur est mieux loti.
o Le consommateur n'est jamais satisfait.

Les fonctions d’utilité et leurs propriétés.

4. L’utilité marginale
• L’utilité marginale d'un bien est le taux auquel l'utilité change lorsque la consommation
d'un bien augmente.
o Intuitivement, de combien vous améliorez-vous en consommant une unité
supplémentaire du bien 𝑥 ?
𝑑𝑢(𝑥, 𝑦)
𝑀𝑈𝑥 =
𝑑𝑥
o Mathématiquement, l'utilité marginale du bien 𝑥 est
o Et de façon similaire pour le bien y,
𝑑𝑢(𝑥, 𝑦)
𝑀𝑈𝑥 =
𝑑𝑥
o Graphiquement, nous mesurons la pente (le taux de variation) de la fonction d'utilité
lorsque nous augmentons la quantité du bien 𝑥, en maintenant constante la quantité
des autres biens.
• Exemple 2.5 : Calcul de l’utilité marginale, MU.
1 1
o Considérons la fonction d’utilité (𝑥, 𝑦) = 𝑥 2 𝑦 2 .
o L’utilité marginale du bien x est
1 1 1 1 1 1
𝑀𝑈𝑥 = 𝑥 2−1 𝑦 2 = 𝑥 − 2 𝑦 2
2 2
11
o En réarrangeant
1
1 𝑦2
𝑀𝑈𝑥 =
2 12
𝑥
o 𝑀𝑈𝑥 > 0 lorsque l'individu consomme des quantités positives du bien 𝑥 et 𝑦, ce
qui indique qu'une unité supplémentaire du bien 𝑥 augmente son utilité.
o De manière similaire, l'utilité marginale du bien 𝑦 est
1 1 1−1 1 1 − 1
𝑀𝑈𝑦 = 𝑥2𝑦2 = 𝑥 2𝑦 2
2 2
o En réarrangeant
1
1 𝑥2
𝑀𝑈𝑦 =
2 12
𝑦
o Lorsque l’individu consume des quantités positives de biens x et y, 𝑀𝑈𝑦 > 0.

Utilité marginale décroissante.


• Les utilités marginales de la plupart des fonctions d'utilité diminuent avec la quantité de
bien que l'individu consomme,
𝑑𝑀𝑈𝑥
o 𝑀𝑈𝑥 décroît avec 𝑥, ou ≤ 0 (de même pour 𝑦).
𝑑𝑥
• Bien que davantage d'unités de bien 𝑥𝑥 augmentent le niveau d'utilité, des augmentations
supplémentaires de 𝑥𝑥 produisent des gains d'utilité plus faibles.
o Lorsque le consommateur possède peu de biens (par exemple, de la nourriture), lui
donner une unité de plus augmente beaucoup son utilité.
o Lorsqu'elle possède déjà une grande quantité, lui donner une unité de plus de
nourriture produit un petit gain d'utilité (ou aucun gain du tout!).

Exemple 2.6 : Utilité marginale décroissante.


1 1
• Considérons 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥 2 𝑦 2 ) dans l'exemple 2.5.
1
1 𝑦2
o L'utilité marginale du bien 𝑥 était 𝑀𝑈𝑥 = 2 1 .
𝑥2
o 𝑀𝑈𝑥 diminue avec la quantité que le consommateur consomme du bien 𝑥,
1
𝑑𝑀𝑈𝑥 𝑦2
=− 3 < 0 pour n’importe quelles valeurs positives de x et y.
𝑑𝑥
4𝑥 2
1
1 𝑥2
o De façon similaire, 𝑀𝑈𝑦 = 2 1 est décroissante en bien y parce que
𝑦2
1
𝑑𝑀𝑈𝑥 𝑥2
=− 3 < 0 pour toute valeur positive de x et y.
𝑑𝑥
4𝑦 2

12
4. Les courbes d’indifférence
1 1
• Cette figure représente 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥 2 𝑦 2 dans l'exemple 2.4.
o La hauteur de la « montagne » représente l'utilité que l'individu obtient en
consommant une quantité spécifique de x et de y.
• Au panier (𝑥, 𝑦) = (4,9), 𝑢(4,9) =
1 1
42 92 = 6.
• Ce niveau d’utilité peut également
être obtenu pour les paniers.
o (𝑥, 𝑦) = (6,6),
1 1
𝑢(6,6) = 62 62 = 6
o (𝑥, 𝑦) = (9,4),
1 1
𝑢(9,4) = 92 42 = 6

• La figure suivante représente une « tranche » de la montagne d'utilité à une hauteur de


𝑢 = 6.

• Cette courbe relie des paniers pour lesquels le consommateur obtient la même utilité 𝑢 =
6.
o Elle est indifférente entre la consommation de l'un ou l'autre de ces paniers.

• Courbe d'indifférence (CI) : Une courbe reliant des paniers de consommation qui
procurent le même niveau d'utilité.
1 1
o CI pour 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥 2 𝑦 2 évaluée à 𝑢 = 6.
o En résolvant pour 𝑦, nous trouvons l'expression de la courbe d'indifférence :

13
• Exemple 2.7 : Trouver les courbes d'indifférence pour deux fonctions d'utilité.
1 1
o Considérons à nouveau la fonction d'utilité 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥 2 𝑦 2 .
o Nous voulons obtenir l'expression de la courbe d'indifférence lorsque le
consommateur atteint un niveau d'utilité 𝑢 = 10.
1 1
o Cette courbe d'indifférence implique 𝑥 2 𝑦 2 = 10.
1
10
o En résolvant pour y, 𝑦 2 = 1 .
𝑥2
• En élevant les deux côtés au carré, nous obtenons la courbe d'indifférence :

2
1 2 10 100
(𝑦 2 ) =( 1) ⇒𝑦=
𝑥
𝑥2
100
• En substituant des valeurs pour le bien 𝑥 dans la courbe d'indifférence 𝑦 = 𝑥
o 𝑥 = 4, ce qui produit 𝑦 = 100 / 4 = 25 ;
o 𝑥 = 8, ce qui donne 𝑦 = 100 / 8 = 12,5 ;
o 𝑥 = 10, ce qui implique 𝑦 = 100 / 10 = 10 ;
o Nous obtenons les paniers (4, 25), (8, 12,5) et (10, 10).
o Si nous traçons ces paniers comme des points dans le quadrant positif et les relions,
nous obtenons la courbe d’indifférence pour 𝑢 = 10.
• Considérons maintenant 𝑢(𝑥, 𝑦) = 5𝑥 + 3𝑦, et 𝑢 = 9.
5
• En résolvant pour 𝑦 dans 5𝑥 + 3𝑦 = 9, nous obtenons : 𝑦 = 3 – (3) 𝑥.
• Cette courbe d'indifférence commence à 𝑦 = 3, décroît à un taux de 5/3 et croise l'axe
horizontal à 𝑥 = 9/5.
o Pour trouver l'interception horizontale, mettons 3 - (5/3)𝑥 = 0 et résolvons pour 𝑥 :
9 = 5𝑥, donc 𝑥 = 9/5.
• Nous pouvons évaluer la courbe d'indifférence à plusieurs valeurs de 𝑥 (qui doivent être
inférieures à l'interception horizontale, 9/5 = 1,8).

14
Propriétés des courbes d’indifférence
• Les courbes d'indifférence (CI) ont une pente négative.
• Cela découle de la monotonie.
• Considérons le panier 𝐴 = (𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) dans une CI à pente positive.
• La CI passant par le panier 𝐴 ne peut
pas traverser les Régions I et II car le
consommateur préfère strictement :
o Les paniers dans la Région I à
𝐴,
o Le panier 𝐴 à ceux dans la
région II.

• La CI passant par le panier 𝐴 ne peut


passer que par les Régions III et IV.
• La CI doit avoir une pente négative.

• Les courbes d'indifférence à pente négative sont appelées "convexes".


• Pour deux paniers quelconques, une ligne droite les reliant se situe :
o (1) strictement au-dessus de la
courbe, procurant une utilité
plus élevée (lorsque la courbe
d'indifférence est strictement
décroissante) ; ou
o (2) sur la courbe
d'indifférence, procurant le
même niveau d'utilité (lorsque
la courbe d'indifférence est
une ligne droite).

15
• Les courbes d'indifférence ne peuvent pas se croiser. Cela découle de la monotonicité.
o Les courbes d'indifférence dans la figure se croisent au panier 𝐴, ce qui viole la
monotonie.

o Le panier 𝐵 se trouve au nord-


est du panier 𝐶. Avec la
monotonicité, 𝑢(𝐵) > 𝑢(𝐶).

o Le panier 𝐷 se trouve au nord-


est du panier 𝐸. Avec la
monotonicité, 𝑢(𝐷) > 𝑢(𝐸).
o Les paniers 𝐶 et 𝐷 se trouvent
sur la même CI, donc 𝑢(𝐶) =
𝑢(𝐷).
o De même, 𝑢(𝐵) = 𝑢(𝐸).

• En combinant avec 𝑢(𝐵) > 𝑢(𝐶), 𝑢(𝐸)


= 𝑢(𝐵) > 𝑢(𝐶) = 𝑢(𝐷), 𝑢(𝐸) > 𝑢(𝐷), ce
qui contredit le résultat concernant les
paniers 𝐸 et 𝐷 (𝑢(𝐷) > 𝑢(𝐸)).
• La monotonie → Les courbes
d'indifférence ne peuvent pas se
croiser.

• Les courbes d'indifférence ne sont pas épaisses. Cela découle de la monotonie.


• La courbe d'indifférence épaisse représentée dans la figure viole la monotonie.
Les paniers 𝐴 et 𝐵 se trouvent dans la
même courbe d'indifférence épaisse.
Cependant, le panier 𝐵 contient des
quantités plus importantes des biens 𝑥
et 𝑦 que 𝐴. Donc,
Le consommateur n'est pas
indifférent entre 𝐴 et 𝐵.
Par la monotonie, 𝑢(𝐵) >
𝑢(𝐴).
Monotonie → Les courbes
d'indifférence ne peuvent pas
être épaisses.

16
5. Le taux marginal de substitution

• Le taux marginal de substitution (TMS) est le taux auquel un consommateur est prêt à
renoncer à des unités du bien 𝑦 lorsqu'il reçoit une unité supplémentaire du bien 𝑥, afin de
maintenir constant le niveau d'utilité.
Formellement,
𝑀𝑈𝑥
𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 =
𝑀𝑈𝑦
Lorsque 𝑀𝑈𝑥 > 0 et 𝑀𝑈𝑦 < 0,
(+)
𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 = (−) = (−)
Le taux marginal de substitution
(MRS) représente la pente de la
courbe d’indifférence.

• Diminution du MRS. La courbe d'indifférence est relativement raide pour de petites


quantités du bien 𝑥, mais devient plus plate
(1) Préférence pour la variété. Les courbes d'indifférence sont incurvées vers l'origine.
o Le consommateur est
indifférent entre des paniers
extrêmes, tels que 𝐴 et 𝐶, qui
procurent un niveau d'utilité
𝑢1.
o Il préfère des paniers plus
équilibrés, comme 𝐶, qui
procurent une utilité plus
élevée 𝑢2.

(2) Diminution de la volonté de substitution.

• À 𝐴, 𝑀𝑈𝑥 est élevé tandis que 𝑀𝑈𝑦


est faible.
o Le consommateur est disposé
à renoncer à plusieurs unités
de 𝑦 pour obtenir davantage
d'unités de 𝑥.
• À 𝐶, 𝑀𝑈𝑥 est faible et 𝑀𝑈𝑦 devient
élevé.
o La volonté de renoncer à des
unités de 𝑦 diminue une fois
qu'elle possède plus d'unités
de 𝑥.

17
Exemple 2.8 : Calculer le taux marginal de substitution
1 1
• (1) Considérons à nouveau la fonction d'utilité 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥 2 𝑦 2 de l’exemple 2.5.
1 −1 1 1 1
𝑀𝑈𝑥 2 𝑥 2 𝑦 2 𝑦 2−(−2) 𝑦
𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 = = = 1 1 =
𝑀𝑈𝑦 1 12 −12 𝑥
2 𝑥 𝑦 𝑥 2−(−2)

o où nous simplifions 1/2 au numérateur et au dénominateur ; et nous utilisons la


𝑥𝑎
propriété 𝑥 𝑏 = 𝑥 𝑎−𝑏 pour les exposants 𝑎 et 𝑏.
o 𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 est décroissante en x, ce qui donne des courbes d'indifférence incurvées
vers l'intérieur.
• (2) Considérons la fonction d'utilité 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑎𝑥 + 𝑏𝑦 où 𝑎, 𝑏 > 0
𝑀𝑈𝑥 𝑎
𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 = =
𝑀𝑈𝑦 𝑏

o 𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 est constante en x


o Par exemple, si 𝑎 = 10 et 𝑏 = 4, 𝑀𝑇𝑆𝑋,𝑦 = 2,5, indiquant que la pente de la courbe
d'indifférence est de -2,5 le long de tous ses points (c'est-à-dire une ligne droite).
• (2) Considérons la fonction d'utilité 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑎𝑥 2 + 𝑏𝑦 3
𝑀𝑈𝑥 2𝑎𝑥
𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 = =
𝑀𝑈𝑦 3𝑏𝑦 2
o 𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 est croissante en x.
o Cela donne des courbes d'indifférence incurvées vers l'extérieur de l'origine.
o La courbe d'indifférence est relativement plate pour de faibles valeurs de x, mais
devient plus raide à mesure que l'on se déplace vers la droite le long de l'axe des x.

6. Types particuliers des fonctions d’utilité

Substituts parfaits :
• Considérons les biens x et y. Le consommateur peut utiliser l'un ou l'autre sans affecter
significativement son utilité.
o Exemples : Deux marques d'eau minérale, beurre et margarine.
• La fonction d'utilité du consommateur prend la forme
𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑎𝑥 + 𝑏𝑦 où 𝑎, 𝑏 > 0.
• Cette utilité est linéaire pour les deux biens car les utilités marginales sont constantes,
𝑀𝑈𝑥 = 𝑎 et 𝑀𝑈𝑦 = 𝑏.
• Le TMS est également constant.
𝑀𝑈𝑥 𝑎
𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 = =
𝑀𝑈𝑦 𝑏

18
• Résolution pour y dans 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑎𝑥 + 𝑏𝑦,

𝑢 𝑎
𝑦= − 𝑥
𝑏 𝑏
• Les CI sont des lignes droites:
𝑢
o Dont l’origine est à 𝑏
𝑎
o Décroissant au taux 𝑏.
𝑢
o Croisant l'axe des x à 𝑎.
• La figure 2.10 illustre les CI évaluées
à 𝑢 = 1 et à 𝑢 = 2.

• Rappelez-vous que le TMS mesure la volonté du consommateur de renoncer à des unités


du bien y pour obtenir une unité supplémentaire de x, tout en maintenant son niveau de
satisfaction inchangé.
o Un TMS constant (c'est-à-dire un nombre) signifie que la volonté du consommateur
de substituer y par des unités supplémentaires de x est "toujours la même."
o Un TMS décroissant signifie que le consommateur est prêt à renoncer à plus
d'unités du bien y lorsque x devient relativement rare.

Compléments parfaits :

• Le consommateur doit consommer les biens en proportions fixes.


o Exemples : voitures et essence, chaussures gauche et droite.
• La fonction d'utilité (appelée "Leontief") prend la forme
𝑢(𝑥, 𝑦) = A min{𝑎𝑥, 𝑏𝑦} où 𝐴, 𝑎, 𝑏 > 0

o Si 𝐴 = 1 et 𝑎 = 𝑏 = 2, la fonction d'utilité se réduit à


𝑢(𝑥, 𝑦) = min{2𝑥, 2𝑦} = 2 min{𝑥, 𝑦}.

• Si le consommateur augmente la quantité de x d'une unité sans augmenter la quantité de y,


son utilité n'augmente pas nécessairement.
o Si 𝑥 ≥ 𝑦, une augmentation de x n'augmente pas son utilité.
o Si 𝑦 > 𝑥, une augmentation de x augmente son utilité.
• Considérons que le consommateur dispose de 10 unités de chaque bien, ce qui donne
𝑢(10,10) = min{2 × 10,2 × 10} = min{20,20} = 20.

19
• Si le bien x est augmenté de 10 à 11 unités, mais que le bien y reste inchangé, son utilité
reste la même.

𝑢(11,10) = min{2 × 11,2 × 10} = min{22,20} = 20.

• Augmenter la quantité d'un seul des biens ne procure pas de gains d'utilité, car le
consommateur doit profiter des deux biens en proportions fixes.
• Formellement, les préférences pour les biens complémentaires violent la propriété de
monotonie.
• Les CI (courbes d'indifférence) ont une forme en L :
o Le coin se situe aux points où
𝑎𝑥 = 𝑏𝑦.
o La pente est nulle dans le
segment horizontal.
o La pente est de −∞ dans le
segment vertical.

Cobb-Douglas:
• Le consommateur considère les biens x et y comme ni parfaitement substituables ni
complémentaires.
• La fonction d'utilité prend la forme 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝐴𝑥 𝛼 𝑦 𝛽 , où 𝐴, 𝛼, 𝛽 > 0.
• Les utilités marginales sont
𝑀𝑈𝑥 = 𝐴𝛼𝑥 𝛼−1 𝑦 𝛽 et 𝑀𝑈𝑦 = 𝐴β𝑥 𝛼 𝑦 𝛽−1,
Ce qui donne
𝑀𝑈 𝐴𝛼𝑥 𝛼−1 𝑦 𝛽 𝛼𝑦 𝛽−(𝛽−1) 𝛼𝑦
𝑀𝑅𝑆𝑥, 𝑦 = 𝑀𝑈𝑥 = 𝐴β𝑥 𝛼 𝑦 𝛽−1 = = 𝛽𝑥 .
𝑦 𝛽𝑥 𝛼−(𝛼−1)

𝛼𝑦
• 𝑀𝑅𝑆𝑥, 𝑦 = 𝛽𝑥 est décroissant en x.
• Les CI (courbes d'indifférence) sont
courbées vers l'origine et deviennent
plus plates à mesure que x augmente.

20
• Cas particuliers :
o 𝐴 = 𝛼 = 𝛽 = 1,
𝑦
𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥𝑦 ⇒ 𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 = 𝑥 .
o 𝐴 = 1, 𝛼 = 𝛽,
𝑦
𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥 𝛼 𝑦 𝛼 = (𝑥𝑦)𝛼 ⇒ 𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 = 𝑥 .
o 𝐴 = 1, 𝛽 = 1 − 𝛼,
𝛼 𝑦
𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥 𝛼 𝑦 1−𝛼 ⇒ 𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 = 1−𝛼 𝑥 .

Elasticité de l'utilité par rapport à un bien :

• Les exposants dans la fonction d'utilité Cobb-Douglas peuvent être interprétés comme des
élasticités.
• L'“élasticité de l'utilité” d'un bien x, 𝜀𝑢,𝑥 , est l'augmentation en pourcentage de l'utilité (si
𝜀𝑢,𝑥 > 0) ou la diminution en pourcentage de l'utilité (si 𝜀𝑢,𝑥 < 0) que le consommateur
ressent après avoir augmenté la quantité du bien x de 1 %. Formellement,

%∆𝑢(𝑥, 𝑦)
𝜀𝑢,𝑥 =
%∆(𝑥)

• En réarrangeant,

• Lorsque l'augmentation de la quantité du bien x est marginalement petite,

• En appliquant la définition de 𝜀𝑢,𝑥 à la fonction d'utilité Cobb-Douglas,

21
• En simplifiant, cela donne :

• Ainsi, si nous rencontrons une fonction d'utilité de type 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝐴𝑥 𝛼 𝑦 𝛽 , le coefficient 𝛼


du bien x, représente l'élasticité de l'utilité pour une augmentation marginale de x.
o Une augmentation de 1 % dans la quantité du bien x entraine une augmentation de
l'utilité de 𝛼%.
• Et 𝛽 est l'élasticité de l'utilité pour le bien y.

Quasi-linéaire :

• Les consommateurs qui utilisent tout leur revenu supplémentaire sur un seul bien, y (par
exemple, les jeux vidéo).
• Le revenu supplémentaire n'est jamais dépensé sur le bien x (par exemple, le dentifrice).
• Cette fonction d'utilité prend la forme

𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑣(𝑥) + 𝑏𝑦 où 𝑏 > 0 , et 𝑣(𝑥) est une fonction non linéaire en x.

• Exemples :
1
o 𝑣(𝑥) = 𝑥 2
o 𝑣(𝑥) = ln(𝑥)
o Tout 𝑣(𝑥) pour lequel 𝑣 ′ (𝑥) n'est pas constant, mais dépend des unités du bien x,
du bien y, ou des deux.
▪ Par exemple, 𝑣(𝑥) = 𝑎𝑥𝑦, où 𝑣 ′ (𝑥) = 𝑎𝑦 (non constant).

• Pour 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑣(𝑥) + 𝑏𝑦, les utilités marginales sont 𝑀𝑈𝑥 = 𝑣 ′ et 𝑀𝑈𝑦 = 𝑏, ce qui
donne

𝑀𝑈 𝑣 ′ (𝑥)
𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 = 𝑀𝑈𝑥 = .
𝑦 𝑏

• Pour une valeur donnée de x, le TMS est constant car il ne dépend pas de la quantité du
bien y.
1 1
• Exemple : 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥 2 + 3𝑦 où 𝑣(𝑥) = 𝑥 2 , 𝑏 = 3.

22
1 1
• Pour 𝑥 = 16, 𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 = 6√16 = 24, ce qui est constant en y.
• Les CI sont des décalages parallèles les unes des autres.
• Si nous fixons la valeur constante du
bien x (par exemple, 𝑥 = 16), la
pente de la CI (𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 ) n'est pas
affectée par la quantité du bien y.

Annexe. Calculer le taux marginal de substitution

• Nous augmentons le bien x de 1 unité et cherchons à mesurer combien d'unités du bien y


le consommateur doit abandonner pour préserver son niveau d'utilité.
• Étant donné que nous modifions simultanément les quantités de x et y, nous différencions
totalement 𝑢(𝑥, 𝑦) :

𝜕𝑢(𝑥, 𝑦) 𝜕𝑢(𝑥, 𝑦)
𝑑𝑢 = 𝑑𝑥 + 𝑑𝑥
𝜕𝑥 𝜕𝑦

• Comme le consommateur se déplace le long d'une CI, son utilité ne varie pas, ce qui
implique 𝑑𝑢 = 0.
𝑑𝑢(𝑥,𝑦) 𝑑𝑢(𝑥,𝑦)
• En utilisant ce résultat et en utilisant 𝑀𝑈𝑥 = et 𝑀𝑈𝑦 = ,
𝑑𝑥 𝑑𝑦

𝜕𝑢(𝑥,𝑦) 𝜕𝑢(𝑥,𝑦)
𝑑𝑢 = 𝑑𝑥 + 𝑑𝑦,
𝜕𝑥 𝜕𝑦
0 = 𝑀𝑈𝑥 𝑑𝑥 + 𝑀𝑈𝑦 𝑑𝑦,

• Après avoir réarrangé, −𝑀𝑈𝑦 𝑑𝑦 = 𝑀𝑈𝑥 𝑑𝑥


• Nous sommes intéressés par le taux auquel y change pour une augmentation de 1 unité de
𝑑𝑦 𝑀𝑈
x, − 𝑑𝑥 = 𝑀𝑈𝑥
𝑦

• Par conséquent, la pente de la courbe d'indifférence correspond au rapport des utilités


marginales.
• Ce rapport est appelé le taux marginal de substitution (MRS) entre les biens x et y, ou
𝑀𝑅𝑆𝑥,𝑦 .

23
CHAPITRE 2.
LE CHOIX DU CONSOMMATEUR
1. Introduction

• Contrainte budgétaire
• Problème de maximisation de l'utilité (PMU)
• Problème de maximisation de l'utilité dans des scénarios extrêmes
• Préférence révélée
• Annexe A. Méthode de Lagrange pour résoudre le PMU
• Annexe B. Problème de minimisation des dépenses
2. La contrainte budgétaire

• La contrainte budgétaire est l'ensemble des combinaisons des paniers des biens que le
consommateur peut se permettre, compte tenu du prix de chaque bien et de son revenu.
o Exemple : Le budget pour le bien x (nourriture) et y (vêtements) est

𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 ≤ 𝐼

où 𝑝𝑥 est le prix de chaque unité de nourriture;


𝑝𝑦 est le prix de chaque unité de vêtement ;
I est le revenu disponible du consommateur qu’il peut consacrer aux dépenses en
nourriture et vêtements.
• Le budget stipule que le montant total que le consommateur dépense en nourriture, 𝑝𝑥 𝑥,
plus le montant total dépensé en vêtements, 𝑝𝑦 𝑦, ne peut dépasser son revenu disponible,
I.
o Si 𝑝𝑥 = 10$ et 𝑝𝑦 = 0, et 𝐼 = 400$, sa contrainte budgétaire est

10𝑥 + 20𝑦 ≤ 400

• Les paniers (x,y) qui satisfont


o 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 ≤ 𝐼
▪ le consommateur n'utilise pas tout son revenu.

o 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼

▪ le consommateur dépense tout son revenu.

• Nous appelons 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼 la droite du budget.


• En réarrangeant la droite du budget et
en résolvant pour y,

24
𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼 − 𝑝𝑥 𝑥
𝐼 𝑃𝑥
𝑦= − 𝑥
𝑝𝑦 𝑃𝑦

𝐼
est
𝑝𝑦
l’intercept vertical et
𝑃𝑥
est la pente.
𝑝𝑦

• En posant 𝑦 = 0, et en résolvant pour


x, nous trouvons l'intercept horizontal
à

𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 0 = 𝐼

𝐼
𝑥=
𝑃𝑥
• La pente de la droite de budget nous indique combien d'unités de y auquel le consommateur
doit renoncer pour acheter une unité de plus de x.
• Si 𝑝𝑥 = 10$ et 𝑝𝑦 = 20$, la pente est

𝑃𝑥 10 1
− =− =−
𝑝𝑦 20 2

o Le consommateur doit renoncer à 1/2 unité du bien y pour acquérir une unité de
plus du bien x, car le bien y est deux fois plus cher que le bien x.
o Alternativement, elle doit renoncer à une unité du bien y pour acheter deux unités
de plus du bien x.

• Variations du revenu :
o Une augmentation du revenu
de 𝐼 à 𝐼 ′ , où 𝐼 ′ > 𝐼, déplace la
droite de budget vers
l'extérieur de manière
parallèle.
▪ À mesure que le
revenu augmente, elle
peut se permettre un
ensemble plus large de
combinaisons.

25
o Une baisse des revenus
produit l'effet opposé, un
déplacement vers l'intérieur
de manière parallèle.

• Variations des prix :


o Une augmentation du prix d'un bien, tel que 𝑝𝑥 , fait pivoter la droite du budget vers
l’intérieur.
𝐼
▪ L’intercept vertical 𝑃𝑦
n’est pas affecté
▪ L’intercept horizontal
𝐼
se déplace vers la
𝑃𝑥
gauche.

▪ Le consommateur fait face à un bien plus cher, ce qui réduit l'ensemble des
paniers qu'il peut se permettre.
▪ Une baisse de 𝑝𝑥 a l'effet opposé, déplaçant l'intercept horizontal vers la
droite.
o Un argumentaire similaire s’applique si le prix du bien y, 𝑝𝑦 , augmente.
▪ L’intercept horizontal
𝐼
n’est pas affecté
𝑃𝑥
𝐼
▪ L’intercept vertical 𝑃𝑦
se déplace vers le bas.

▪ Une baisse de 𝑝𝑦 déplace l'intercept vertical vers le haut.

26
• Question : Que se passerait-il si à la fois le revenu et le prix de tous les biens étaient doublés
?
o La droite de budget n'est pas affectée !
2𝐼
▪ L'intercept vertical de la droite du budget deviendrait , que l’on peut
2𝑃𝑦
𝐼
simplifie en 𝑃 −> aucun changement dans sa position.
𝑦
2𝐼 𝐼
▪ L'intercept horizontal est maintenant 2𝑃 , qui se simplifie à .
𝑥 𝑃𝑥
2𝑝 𝑝
▪ Et la pente ne change pas non plus, − 2𝑃𝑥 = − 𝑃𝑥.
𝑥 𝑥
o Cet argument s'applique à toute augmentation (baisse), à la fois, de tous les prix et
de tous les revenus.

3. Problème de maximisation de l'utilité (PMU)

• Le processus par lequel le consommateur choisit des paniers maximisant son utilité, c'est-
à-dire des paniers qui maximisent son utilité parmi tous ceux qu'il peut se permettre.

• Testons si les points A à D maximisent l'utilité pour le consommateur.


o Les paniers C et B ne peuvent pas être optimaux.
▪ Il atteint 𝑢1 en dépensant tout son revenu, 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼.
▪ Mais au panier A (avec la même dépense), il atteint une utilité, 𝑢2 , plus
élevée, 𝑢2 > 𝑢1 .
o Le panier D ne peut pas être optimal. Il offre une utilité plus élevée que A, mais il
est inabordable.
o Seul le panier A est optimal, où la droite du budget et les courbes d'indifférence
sont tangentes l'une à l'autre.
𝑃
• Cette condition de tangence exige que la pente de la droite de budget au panier A, 𝑃𝑥 , soit
𝑦
𝑀𝑈𝑥
égale à la pente de la courbe d'indifférence 𝑀𝑅𝑆 = 𝑀𝑈 .
𝑦

27
𝑀𝑈𝑥 𝑃
• Ainsi, le panier qui maximise l’utilité doit satisfaire la condition = 𝑃𝑥 ou après
𝑀𝑈𝑦 𝑦
𝑀𝑈𝑥 𝑀𝑈𝑦
réarrangement = .
𝑃𝑥 𝑃𝑦
o Cette condition stipule que l'utilité marginale par dollar dépensé pour la dernière
unité du bien x doit être égale à celle du bien y -> le rapport qualité/prix doit
coïncider pour tous les biens.
𝑀𝑈𝑥 𝑀𝑈𝑦
• Si > , Le consommateur obtiendrait un meilleur rapport qualité/prix avec x qu'avec
𝑃𝑥 𝑃𝑦
y, ce qui l'inciterait à dépenser davantage dans x.

Outil 3.1. Procédure pour résoudre le problème de maximisation de l'utilité (UMP) :

𝑀𝑈 𝑃
• (1) Établir la condition de tangence comme 𝑀𝑈𝑥 = 𝑃𝑥 . Multiplier en croix et simplifier.
𝑦 𝑦

• (2) Si l'expression pour la condition de tangence :


o a. Contient les deux inconnues (x et y), résoudre pour x, et insérer l'expression
résultante dans la droite de budget 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼
o b. Contient seulement une inconnue (x ou y), résoudre pour cette inconnue, et
insérer le résultat dans la droite de budget 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼.
o Ne contient aucun bien x ou y, comparer :
𝑀𝑈 𝑃
▪ Si 𝑀𝑈𝑥 > 𝑃𝑥 , mettre y=0y = 0y=0 dans la droite budgétaire et résoudre pour
𝑦 𝑦

x (solution de coin où le consommateur n'achète que le bien x).


𝑀𝑈 𝑃
▪ Si 𝑀𝑈𝑥 < 𝑃𝑥 , mettre x=0x = 0x=0 dans la droite budgétaire et résoudre pour
𝑦 𝑦

y (solution de coin où le consommateur n'achète que le bien y)..


o (3) Si, à l'étape 2, vous trouvez que l'un des biens est consommé en quantités
négatives (par exemple, 𝑥 = −2), alors mettez la quantité de ce bien égale à 0 dans
la droite budgétaire (par exemple, 𝑝𝑥 0 + 𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼), et résolvez pour le bien restant.
o (4) Si vous n'avez pas trouvé les valeurs de toutes les inconnues, utilisez les
conditions de tangence de l'étape 1 pour trouver l'inconnue restante.

Exemple 3.1 : Problème de maximisation de l'utilité (UMP) avec des solutions intérieures – I.

• Considérons un individu avec une fonction d'utilité Cobb-Douglas 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥𝑦, faisant
face à 𝑝𝑥 = 20 $, 𝑝𝑦 = 40 $, 𝑒𝑡 𝐼 = 800 $.

28
• Étape 1. Nous utilisons la condition de tangence pour trouver le panier optimal.

𝑀𝑈𝑥 𝑃𝑥
=
𝑀𝑈𝑦 𝑃𝑦

𝑦 20 𝑦 1
= ⇒ =
𝑥 40 𝑥 2

2𝑦 = 𝑥

Ce résultat contient à la fois x et y, donc nous passons à l'étape 2a.


• Étape 2a. À partir de la droite du budget, 20𝑥 + 40𝑦 = 800.
En insérant 2𝑦 = 𝑥 dans la droite du budget :
20(2𝑦) + 40𝑦 = 800
80𝑦 = 800
𝑦 = 10 unités
• Comme le consommateur achète 10 unités de y, nous passons à l'étape 4 (rappelez-vous
que nous devons nous arrêter à l'étape 3 uniquement si x ou y sont négatifs à l'étape 2).
• Étape 4. Pour trouver la consommation optimale de xxx, nous utilisons la condition de
tangence 𝑥 = 2𝑦 = 2 × 10 = 20 unités.
• Résumé : Le panier de consommation optimal est (20, 10).
𝑦 10 1
o La pente de la courbe d'indifférence, = 20 = 2 , coïncide avec celui de la droite
𝑥
𝑝 1
de budget, 𝑝𝑥 = 2
𝑦

Exemple 3.2 : UMP avec les solutions intérieures–II.

1 2
• Considérons un individu avec une fonction d'utilité Cobb-Douglas 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥 2 𝑦 3 , faisant
face à 𝑝𝑥 = 10 $, 𝑝𝑦 = 20 $, 𝑒𝑡 𝐼 = 100 $.
𝑀𝑈 𝑃
• Avant d’utiliser la condition de tangence, 𝑀𝑈𝑥 = 𝑃𝑥 , nous trouvons d’abord
𝑦 𝑦

1 13 23 1 −23 23 2 1
+
𝑀𝑈𝑥 𝑥 𝑦 𝑥 𝑦 𝑦 3 3 𝑦
= 3 = 3 = 1 2=
1 2
𝑀𝑈𝑦 2 3 3−1 2 3 −3 1 1 2𝑥
2𝑥 3+3
3𝑥 𝑦 3𝑥 𝑦
𝑀𝑈 𝑝
• Étape 1. Nous utilisons la condition de tangence 𝑀𝑈𝑥 = 𝑝𝑥
𝑦 𝑦
𝑦 10
=
2𝑥 20
𝑦=𝑥
Ce résultat contient x et y, donc nous passons à l'étape 2a.
29
• Étape 2a. En substituant 𝑦 = 𝑥 dans la contrainte budgétaire,
10𝑥 + 20𝑦 = 100,
10𝑦 + 20𝑦 = 100,
30𝑦 = 100
𝑦 ≈ 3,33 unités
• Étape 4. La consommation optimale de x peut être trouvée en utilisant la condition de
tangence :
𝑦 = 𝑥 ≈ 3,33 unités.
• Résumé. Le panier de consommation optimal est (3,33,3,33).
• Nous pouvons calculer la part du budget consacrée à chaque bien, c'est-à-dire le
pourcentage du revenu que le consommateur dépense pour le bien x et le bien y :

𝑝𝑥 𝑥 10 × 3,33 1
= =
𝐼 100 3

𝑝𝑦 𝑦 20 × 3,33 2
= =
𝐼 100 3

Ce qui correspond aux exposants de chaque bien dans la fonction d'utilité Cobb-
1 2
Douglas 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥 3 𝑦 3 .
• Ce résultat peut être généralisé à tous les fonctions d’utilité de type Cobb-Douglas
𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝐴𝑥 𝛼 𝑦 𝛽 , où 𝐴, 𝛼, 𝛽 > 0.
o La part du budget du bien x est 𝛼, et celle du bien y est 𝛽.

Exemple 3.3 : UMP avec des solutions de coin.

• Considérons un consommateur avec la fonction d'utilité 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥𝑦 + 7𝑥, et confronté à


𝑝𝑥 = 1$, 𝑝𝑦 = 2$ et 𝐼 = 10$.
𝑀𝑈 𝑝
• Étape 1. En utilisant la condition de tangence 𝑀𝑈𝑥 = 𝑝𝑥 ,
𝑦 𝑦
𝑦+7 1
= 2,
𝑥
2𝑦 + 14 = 𝑥

Ce résultat contient x et y, nous passons à l’étape 2a.


• Étape 2. En substituant 2𝑦 + 14 = 𝑥 dans la contrainte budgétaire
𝑥 + 2𝑦 = 10,
2𝑦 + 14 + 2𝑦 = 10,
4𝑦 = −4
𝑦 = −1
• Étape 3. Comme les quantités de x et y ne peuvent pas être négatives, le consommateur
veut réduire autant que possible sa consommation du bien y (c'est-à-dire 𝑦 = 0).
30
• En substituant ce résultat dans la contrainte budgétaire
𝑥 + (2 × 0) = 10 → 𝑥 = 10 unités.
• Résumé. Nous avons trouvé une solution de coin, où le consommateur utilise tout son
revenu pour acheter uniquement le bien x.
• Graphiquement, son budget optimal (𝑥, 𝑦) = (10,0) est situé à l'intersection horizontale
de sa contrainte budgétaire.
• À la solution de coin, la condition de tangence n'est pas vérifiée,

𝑀𝑈𝑥 𝑝𝑥 𝑦 + 7 𝑥
≠ ⇒ ≠
𝑀𝑈𝑦 𝑝𝑦 1 2

0+7 10
A (𝑥, 𝑦) = (10,0), >
1 2

o 𝑀𝑈𝑥 > 𝑀𝑈𝑦 , incitant le consommateur à augmenter sa consommation de x et à


diminuer celle de y.
o Une fois qu’il atteint 𝑦 = 0, il ne peut plus réduire sa consommation de y.

4. Le problème de maximisation de l’utilité dans les scénarios extrêmes

• Les biens sont considérés comme des substituts parfaits :


o Considérons l'exemple de deux marques d'eau minérale. La fonction d'utilité prend
la forme 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑎𝑥 + 𝑏𝑦, où 𝑎, 𝑏 > 0
𝑀𝑈 𝑎
o Dans ce scénario, 𝑀𝑈𝑥 = 𝑏.
𝑦

o Trois cas peuvent se présenter :


𝑎 𝑝
▪ > 𝑝𝑥
𝑏 𝑦
𝑎 𝑝𝑥
▪ <𝑝
𝑏 𝑦
𝑎 𝑝𝑥
▪ =𝑝
𝑏 𝑦

𝑎 𝑝
1. Si 𝑏 > 𝑝𝑥 , la courbe d'indifférence est plus raide que la droite de budget, ce qui produit une
𝑦

solution de coin. Le consommateur dépense tout son revenu en 𝑥. En utilisant l'approche


"meilleur rapport qualité-prix",

𝑎 𝑏
> 𝑝 , ce qui signifie que le rapport qualité-prix de 𝑥 est supérieur à celui de 𝑦. Ainsi, le
𝑝𝑥 𝑦

consommateur augmenterait sa consommation de 𝑥 tout en réduisant celle de 𝑦.

𝑎 𝑝
2. Si 𝑏
< 𝑝𝑥 , il existe une solution de coin où le consommateur dépense tout son revenu pour
𝑦

le bien 𝑦.

31
Le panier de consommation optimal se situe à l'intersection verticale de la droite de budget.

𝑎 𝑝
3. Si = 𝑝𝑥 , les courbes d'indifférence et les lignes budgétaires ont la même pente, entraînant
𝑏 𝑦

une tangence complète.

Cela se produit à tous les points de la droite de budget→ un continuum des solutions existe,
un panier donné (𝑥, 𝑦) qui satisfait 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼 maximise l’utilité.

• Les biens sont considérés comme des compléments parfaits :


o Prenons l'exemple des voitures et de l'essence. La fonction d'utilité prend la forme
𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝐴𝑚𝑖𝑛 {𝑎𝑥, 𝑏𝑦}, où 𝐴, 𝑎, 𝑏 > 0.
o Les courbes d'indifférence prennent une forme en L, avec une courbure au niveau
𝑎
d'un rayon partant de l'origine, ayant une pente de 𝑏.
o Le taux marginal de substitution (TMS) de cette fonction n'est pas défini, car la
courbure permet une pente arbitraire.
▪ Nous ne pouvons pas appliquer la condition de tangence car le TMS ne peut
pas être défini de manière spécifique pour tous les paniers.
o Les paniers optimaux exigent d’identifier les paniers pour lesquels nous ne pouvons
pas augmenter l’utilité du consommateur étant donné sa contrainte budgétaire.
o Il consomme le paquet au niveau de la courbure de sa courbe d'indifférence où
celle-ci croise sa droite de budget.
o Mathématiquement, cela nécessite
𝑏
▪ 𝑎𝑥 = 𝑏𝑦 ⇒ 𝑦 = 𝑎 𝑥, pour que le panier soit sur la courbure ;
▪ 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼, pour que le panier soit sur la droite de budget.
o Nous obtenons un système de deux équations à deux inconnues.
o En insérant la première équation dans la seconde,

o La quantité optimale de y devient

o Si 𝑎 = 𝑏 = 2 (lorsque l'individu a besoin de consommer la même quantité de


chaque bien), et 𝑝𝑥 = 10 $, 𝑝𝑦 = 20 $, et 𝐼 = 100 $, les consommations
optimales de 𝑥 et 𝑦 sont
32
𝑏𝐼 2×100 10
𝑥 = 𝑏𝑝 = (2×10)+(2×20) = unités
𝑥 +𝑎𝑝𝑦 3

𝑎𝐼 2×100 10
𝑦 = 𝑏𝑝 = (2×10)+(2×20) = unités
𝑥 +𝑎𝑝𝑦 3

5. Préférences révélées

• Auparavant, nous avons analysé comment trouver des ensembles optimaux en supposant
que nous observions les préférences du consommateur représentées par sa fonction d'utilité.
• Que faire si nous connaissons seulement les choix qu'elle a faits face à différentes
combinaisons de prix et de revenus ?
• Nous pouvons toujours vérifier si le consommateur a fait des choix optimaux en utilisant
l'Axiome Faible des Préférences Révélées (WARP).

• Considérons :
o 𝐴 = (𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 ) comme l'ensemble optimal face aux prix initiaux et au revenu
(𝑝𝑥 , 𝑝𝑦 , 𝐼).
o 𝐵 = (𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 ) comme l'ensemble optimal face aux prix finaux et au revenu (𝑝𝑥′ ,
𝑝𝑦′ ,𝐼 ′ ).

• Axiome Faible des Préférences Révélées (WARP). Si les ensembles de consommation


optimaux 𝐴 et 𝐵 sont tous deux abordables avec les prix et le revenu initiaux (𝑝𝑥 , 𝑝𝑦 , 𝐼),
alors l'ensemble 𝐴 ne peut pas être abordable avec les prix et le revenu finaux (𝑝𝑥′ , 𝑝𝑦′ ,𝐼 ′ ) :
o Si 𝑝𝑥 𝑥𝐴 + 𝑝𝑦 𝑦𝐴 ≤ 𝐼 et 𝑝𝑥 𝑥𝐵 + 𝑝𝑦 𝑦𝐵 ≤ 𝐼,
▪ alors 𝑝𝑥′ 𝑥𝐴 + 𝑝𝑦′ 𝑦𝐴 > 𝐼 ′ .
o Si les deux ensembles sont initialement abordables et que le consommateur choisit
A, elle "révèle" sa préférence pour A par rapport à B.
o Le WARP exige que A ne soit pas abordable avec les prix et le revenu finaux, sinon
le consommateur devrait toujours choisir l'ensemble initial A.
• Pensez au WARP comme une exigence de cohérence dans les choix du consommateur
lorsqu'il fait face à des prix et des revenus différents.

• Outil 3.2. Vérification du WARP :


o Vérifier la prémisse. Vérifiez si les paniers A et B sont initialement abordables, →
ils se trouvent sur ou en dessous de la ligne budgétaire, BL, (𝑝𝑥 , 𝑝𝑦 , 𝐼).
▪ 1a. Si l'étape 1 est validée, passez à l'étape 2.
▪ 1b. Si l'étape 1 n'est pas validée, arrêtez-vous. Nous pouvons seulement
affirmer que les choix du consommateur ne violent pas le WARP.

33
o Vérifier la conclusion. Vérifiez que l'ensemble A n'est plus abordable, → il se
trouve strictement au-dessus de la ligne budgétaire finale, 𝐵𝐿′ , (𝑝𝑥′ , 𝑝𝑦′ ,𝐼 ′ ).
▪ 2a. Si l'étape 2 est validée, le WARP est satisfait.
▪ 2b. Si l'étape 2 n'est pas validée, le WARP est violé.

Exemple 3.4 : Test du WARP.

• Considérons un changement de la droite de budget, de BL à BL′, dû à une diminution


simultanée de 𝑝𝑥 et de 𝐼.
• Par exemple :
o Droite de budget initiale BL, 𝑝𝑥 = 2$, 𝑝𝑦 = 2$, et 𝐼 = 100$.
o Droite de budget finale 𝐵𝐿′ , 𝑝𝑥′ = 1$, 𝑝𝑦 = 2$, et 𝐼′ = 100$.
𝐼 10 𝐼′ 7
• L'intercepte vertical de la droite de budget diminue de = = 5 unités à = 2 = 3,5
𝑝𝑦 2 𝑝𝑦
unités.
𝐼 10 𝐼′ 7
• L'intercepte vertical de la droite de budget augmente de = = 5 unités à =1=7
𝑝𝑥 2 𝑝𝑥′
unités.

• Scénario (a) WARP est satisfait.


o L’étape 1 tient. Les paniers A
et B sont abordables sous BL:
▪ A se trouve sur BL.
▪ B se trouve
strictement en dessous
de BL.
o L’étape 2 tient. Les paniers A
est inabordable sous BL′.
▪ A se trouve
strictement au-dessus
de BL′.

• Scénario (b) WARP est violé.


L’étape 1 tient. Les paniers A et B sont L’étape 2 ne tient pas. Le panier A est
abordables sous BL : abordable sous BL′ :

• A se trouve sur BL. • A se trouve strictement en dessous de


• B se trouve strictement en dessus de BL′.
BL. • Le consommateur n'est pas cohérent
dans ses choix.

34
• Scénario (c) WARP n’est pas violé.
o L’étape 1 ne tient pas. Le
panier A est abordable sous
BL mais B n’est pas
abordable :
▪ A se trouve sur BL.
▪ B se trouve
strictement au-dessus
de BL.

• Scénario (d) WARP n’est pas violé.


o L’étape 1 ne tient pas. Le
panier A est abordable sous
BL mais B n’est pas
abordable :
▪ A se trouve sur BL.
▪ B se trouve
strictement au-dessus
de BL.

35
Annexe 1. La Méthode de Lagrange pour résoudre le problème de maximisation d’utilité

𝑀𝑈𝑥 𝑝
• Nous avons utilisé la condition de tangence = 𝑝𝑥 pour trouver les combinaisons de
𝑀𝑈𝑦 𝑦

consommation optimales.
• Maintenant, nous montrons que cette condition doit être satisfaite à l'optimum du problème
de maximisation de l’utilité (UMP). L'UMP peut être exprimé comme suit :

max 𝑢(𝑥, 𝑦)
𝑥,𝑦
s/c de 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼

o Nous utilisons la droite de budget 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼 plutôt que la contrainte


budgétaire 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 ≤ 𝐼 car le consommateur dépensera toujours tout son revenu
disponible.
o Le consommateur fait face à un "problème de maximisation sous contrainte."
• Les problèmes de maximisation sous contrainte sont souvent résolus en mettant en place
une fonction de Lagrangien,

ℒ(𝑥, 𝑦, 𝜆) = 𝑢(𝑥, 𝑦) + 𝜆[𝐼 − 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦]

où 𝜆 représente le multiplicateur de Lagrange, qui multiplie la droite de budget.

• Pour résoudre ce problème, nous prenons les dérivées premières par rapport à x, y et λ,

𝜕ℒ
= 𝑀𝑈𝑥 − 𝜆𝑝𝑥 = 0
𝜕𝑥

𝜕ℒ
= 𝑀𝑈𝑦 − 𝜆𝑝𝑦 = 0
𝜕𝑦

𝜕ℒ
= 𝐼 − 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 = 0
𝜕𝜆

• Les première et deuxième conditions peuvent être réarrangées en :

𝑀𝑈𝑥 𝑀𝑈𝑦
= 𝜆 et =𝜆
𝑝𝑥 𝑝𝑦

• Comme les deux conditions sont égales à 𝜆, nous obtenons :

𝑀𝑈𝑥 𝑀𝑈𝑦
=𝜆=
𝑝𝑥 𝑝𝑦

36
Cela représente le "rapport qualité-prix" qui est égal pour tous les biens.

• Cette condition peut également être exprimée comme :

𝑀𝑈𝑥 𝑝
= 𝑝𝑥
𝑀𝑈𝑦 𝑦

Ce qui correspond à la condition de tangence utilisée dans l'analyse précédente.

• Pour information :
o Le Problème de Minimisation des Dépenses (EMP)
o Relation between UMP and EMP

37
CHAPITRE 3.
EFFETS DE SUBSTITUTION ET DE REVENU
1. Introduction
• Variations de revenu
• Variations de prix
• Effets de revenu et de substitution
• Combinaison des effets de revenu et de substitution
• Annexe A. Tous les biens ne peuvent pas être inférieurs
• Annexe B. Représentation alternative des effets de revenu et de substitution

2. Variations des revenus

• Nous analysons comment la demande d'un bien (panier de consommation optimal) change
à mesure que le revenu du consommateur augmente.
o Quatre façons de mesurer une variation de demande :

1. En utilisant la dérivée de la demande.


2. En utilisant l'élasticité-revenu.
3. En utilisant la courbe de consommation-revenu.
4. En utilisant la courbe d'Engel.

2.1. En utilisant la dérivée de la demande

• Formellement, 𝑥(𝑝𝑥 , 𝑝𝑦 , 𝐼) représente la demande du consommateur pour le bien x.


• Biens normaux. La demande d'un consommateur pour le bien xxx est normale si

𝜕𝑥(𝑝𝑥, 𝑝𝑦, 𝐼)
>0
𝜕𝐼
o Il demande plus d'unités du bien x à mesure que son revenu augmente.
o Exemple : les forfaits vacances.
• Biens inférieurs. La demande d'un consommateur pour le bien x est inférieure si

𝜕𝑥(𝑝𝑥, 𝑝𝑦, 𝐼)
<0
𝜕𝐼
o Il réduit sa consommation dès qu'elle peut se le permettre.
o Exemple : les denrées alimentaires de base.
Exemple 4.1. Augmentation du revenu dans une fonction d’utilité Cobb-Douglas.
• Considérons un individu avec une fonction d'utilité 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥𝑦, qui fait face aux prix 𝑝𝑥 ,
𝑝𝑦 et au revenu 𝐼.
• Sa consommation optimale pour le bien x (c'est-à-dire sa demande) est

38
𝐼
2𝑝𝑥
• Cette demande augmente avec le revenu car
𝜕𝑥 1
= >0
𝜕𝐼 2𝑝𝑥
• Par conséquent, le bien x est normal en consommation.
𝐼
• De même, la demande pour le bien y, 𝑦 = 2𝑝 , augmente également avec le revenu.
𝑦

2.2. En utilisant l’élasticité-revenu.


• Nous pouvons représenter la relation entre le revenu et la demande en utilisant la formule
de l'élasticité-revenu,

qui mesure la variation en pourcentage de la quantité demandée pour une variation en


pourcentage du revenu.
𝜕𝑥(𝑝𝑥,𝑝𝑦,𝐼)
o 𝜀𝑥,𝐼 > 0, lorsque le bien est normal, >0
𝜕𝐼
𝜕𝑥(𝑝𝑥,𝑝𝑦,𝐼)
o 𝜀𝑥,𝐼 < 0, lorsque le bien est inférieur, <0
𝜕𝐼
• Un bien avec 𝜀𝑥,𝐼 > 1 est considéré comme un bien de luxe.
o Une augmentation de 1% du revenu entraîne une augmentation plus que
proportionnelle de la quantité demandée de ce bien.
o Exemple : gadgets électroniques, yachts.
• Un bien avec 0 < 𝜀𝑥,𝐼 < 1 est considéré comme un bien de première nécessité.
o Une augmentation de 1% du revenu entraîne une augmentation moins que
proportionnelle de la demande.
o Exemple : eau, électricité.
• Lorsque 𝜀𝑥,𝐼 = 0, le consommateur achète la même quantité de bien, quel que soit son
revenu.
• Résumé : Types de biens selon leur élasticité-revenu.

39
Exemple 4.2 : Calcul de l'élasticité-revenu dans le scénario de Cobb-Douglas

𝐼 𝜕𝑥 𝐼
• D'après l'exemple 4.1, la demande pour le bien x est 𝑥 = 2𝑝 et = 2𝑝 .
𝑥 𝜕𝐼 𝑥
• Nous pouvons évaluer l'élasticité-revenu du bien x comme suit :

𝜕𝑥 (𝑝𝑥 , 𝑝𝑦 , 𝐼) 𝐼
𝜀𝑥,𝐼 =
𝜕𝐼 𝑥 (𝑝𝑥 , 𝑝𝑦 , 𝐼)

1 𝐼 1
= = 2𝑝 = 1
2𝑝𝑥 𝐼 2𝑝𝑥 𝑥
2𝑝𝑥

• Le bien est normal (𝜀𝑥,𝐼 > 0), mais il n'est ni un bien de luxe (ce qui nécessite 𝜀𝑥,𝐼 > 1) ni
un bien nécessaire (ce qui nécessite 𝜀𝑥,𝐼 < 1).

2.3. En utilisant la courbe de consommation-revenu.


• Illustrons le panier de consommation
optimal au revenu initial 𝐼1 , le panier
A (où 𝐼𝐶1 est tangent à 𝐵𝐿1 ).
• Lorsque le revenu augmente, la droite
de budget se déplace vers 𝐵𝐿2 , le
panier B est optimal.
• Le revenu augmente encore,
produisant 𝐵𝐿3 , le panier C est
optimal.
• La "courbe de consommation-
revenu" se dessine après avoir relié
les paniers de consommation
optimaux.

• Lorsque la pente de la courbe de consommation-revenu est :


o Positive (segment A - B), le consommateur augmente ses achats de x et y → biens
normaux.
o Négative (segment B - C), le consommateur diminue ses achats de x mais augmente
ses achats de y → l'un des biens doit être inférieur.

40
Exemple 4.3 : Calcul des courbes de consommation-revenu.

𝐼
• D'après l'exemple 4.1, la demande pour le bien x est 𝑥 = 2𝑝 et la demande pour le bien y
𝑥
𝐼
est 𝑦 = 2𝑝 .
𝑦

• Le rapport de ces demandes est :


𝐼
𝑦 2𝑝𝑦 𝑝
= 𝐼 = 𝑝𝑥 ,
𝑥 𝑦
2𝑝𝑥

Ce qui est la pente du rayon reliant l'origine (0,0) à n'importe quel panier de consommation
optimal.
𝑦 4
• Exemple : Lorsque 𝑝𝑥 = 4$ et 𝑝𝑦 = 2$, ce rapport est 𝑥 = 2 = 2.
o La consommation optimale des biens y et x maintient une relation de deux pour un.
o Graphiquement, la courbe de consommation-revenu est une ligne droite.

2.4. En utilisant la courbe d’Engel.


• La courbe d'Engel représente comment le revenu affecte la demande d'un bien, en traçant
la demande pour le bien sur l'axe vertical et le revenu sur l'axe horizontal.

• La figure 4.2a représente une courbe d'Engel à pente positive, ce qui implique que le bien
est normal.
o Le nombre d'unités achetées
augmente avec le revenu.
o Exemple : les biens
immobiliers.

41
• La figure 4.2b représente une courbe d'Engel qui a une pente positive pour les niveaux de
revenus bas, mais devient négative à un moment donné.

o Le bien est normal lorsque


l'individu n'est pas très riche.
o Il commence à considérer le
bien comme inférieur lorsqu'il
devient suffisamment riche.
o Exemple : la nourriture en
conserve ou les transports en
commun.

Exemple 4.3 : Calcul des courbes d’Engel.

𝐼
• D'après l'exemple 4.1, la demande pour le bien x est 𝑥 = 2𝑝 .
𝑥

• En résolvant pour I, nous obtenons une courbe d'Engel de :


𝐼 = (2𝑝𝑥 )𝑥.
• Cette courbe d'Engel part de zéro et a une pente de 2𝑝𝑥 (par exemple, une pente de 6 si
𝑝𝑥 = 3$).
• Cette pente est positive et constante en x, indiquant que le consommateur considère le bien
x comme normal (la demande augmente avec le revenu) pour tous les niveaux de revenu.

Remarque : Tous les biens ne peuvent pas être inférieurs.

• La figure 4.3 représente un individu ayant un revenu 𝐼1 avec une droite de budget 𝐵𝐿1 .
• Lorsque son revenu augmente à 𝐼2 , la droite de budget se déplace vers 𝐵𝐿2 . Quel panier B
le consommateur choisit-il ?
o Si B se situe dans la région a,
il augmente la consommation
de x et y.
o Si B se situe dans la région b,
il achète plus de y (normal)
mais moins de x (inférieur).
o Si BBB se situe dans la région
c, elle achète moins de y
(inférieur) mais plus de x
(normal).

• Par conséquent, soit les deux biens sont normaux, soit un seul d'entre eux est inférieur.

42
3. Variations des prix.

• Nous analysons comment la demande varie lorsque le prix d’un bien augmente.
• Il existe trois manières pour mesurer une variation de prix.
o En utilisant la dérivée de la demande
o En utilisant l’élasticité-revenu
o En utilisant la courbe consommation-prix.

3.1. En utilisant la dérivée de la demande

• Formellement, 𝑥(𝑝𝑥 , 𝑝𝑦 , 𝐼) représente la demande du consommateur pour le bien x.


o Sa courbe de demande pour le bien a une pente négative si

𝜕𝑥((𝑝𝑥 , 𝑝𝑦 , 𝐼)
<0
𝜕𝑝𝑥

▪Il achète moins d’unités de ce bien plus le bien devient plus cher, le revenu
et les prix des autres biens étant gardés constants.
o Sa courbe de demande pour le bien a une pente négative si

𝜕𝑥((𝑝𝑥 , 𝑝𝑦 , 𝐼)
>0
𝜕𝑝𝑥

o La quantité demandée et le prix vont dans la même direction.


o Ces types des biens sont appelés "biens de Giffen".

Exemple 4.5 : Variations de la demande et des prix.

• D'après l'exemple 4.1, la demande pour le bien x est D'après l'exemple 4.1, la demande
𝐼
pour le bien x est 𝑥 = 2𝑝 .
𝑥

• Si le prix du bien x augmente légèrement, les achats du consommateur répondent comme


suit :

𝜕𝑥((𝑝𝑥 ,𝑝𝑦 ,𝐼) 𝐼


= − 2𝑝2 < 0, étant donné que 𝑝𝑥 , 𝐼 > 0.
𝜕𝑝𝑥 𝑥

𝐼
o La fonction de demande 𝑥 = 2𝑝 diminue avec le prix 𝑝𝑥 .
𝑥
o Graphiquement, cette fonction de demande a une pente négative.

43
3.2. En utilisant l’élasticité-prix de la demande

• Nous pouvons représenter la relation entre le prix du bien x et sa demande en utilisant la


formule de l'élasticité-prix :

• Si nous augmentons le prix 𝑝𝑥 de 1%, la quantité demandée varie de 𝜀𝑥,𝑝𝑥 .


• Pour la plupart des biens, la fonction de demande a une pente négative, ce qui implique
que l'élasticité-prix doit également être négative.

Exemple 4.6. Elasticité-prix de la demande

• D'après l'exemple 4.1, la demande pour le bien x est D'après l'exemple 4.1, la demande
𝐼
pour le bien x est 𝑥 = 2𝑝 .
𝑥

• En utilisant la formule de l’élasticité-prix :

• Une augmentation de 1% du prix 𝑝𝑥 produit une diminution proportionnelle de la demande


(c’est-à-dire que les achats du bien x diminuent exactement de 1%).

• L'élasticité-prix croisée de la demande pour le bien y par rapport à 𝑝𝑥 est :

o Si nous augmentons le prix du bien x de 1%, la quantité demandée du bien y varie


de 𝜀𝑦,𝑝𝑥 .
𝐼
o Dans l'exemple 4.1, la demande pour le bien y est 𝑦 = 2𝑝 , ce qui implique que la
𝑦
demande du bien y est indépendante de 𝑝𝑥 .
𝜕𝑦(𝑝𝑥 ,𝑝𝑦 ,𝐼)
o Par conséquent, , entrainant que 𝜀𝑦,𝑝𝑥 = 0.
𝜕𝑝𝑥
o Une augmentation de 1% du prix du bien x n'affecte pas la demande du bien y.

44
3.3. En utilisant la courbe de consommation-prix

• La figure 4.4a illustre une diminution


du prix du bien x, de 𝑝𝑥 = 2$ dans
𝐵𝐿1 à 𝑝𝑥 = 1$ dans 𝐵𝐿2 , et à 𝑝𝑥 =
0. $ dans 𝐵𝐿3 .
• Cette figure montre également les
paniers de consommation optimaux
que le consommateur sélectionne à
chaque prix.
• Le graphique relie les paniers
optimaux A - C avec une courbe,
appelée "courbe de consommation-
prix", qui a une pente positive à tous
les niveaux de prix 𝑝𝑥 .

• La figure 4.4b illustre une situation où


l'individu augmente également sa
consommation de x, le bien devenu
moins cher.
• Pour le bien y,
Elle diminue ses achats en passant du
panier A à B (quand 𝑝𝑥 diminue de 2
$ à 1 $),
Elle augmente ses achats ensuite
(quand 𝑝𝑥 diminue encore à 0,5 $).

Exemple : Trouver les courbes de consommation-prix.

𝐼 𝐼
• D'après l'exemple 4.3, la demande pour le bien x est 𝑥 = 2𝑝 et pour le bien y est 𝑦 = 2𝑝 .
𝑥 𝑦

• Le rapport de ces demandes est :

𝐼
𝑦 2𝑝𝑦 𝑝𝑥
= =
𝑥 𝐼 𝑝𝑦
2𝑝𝑥

Ce qui donne la pente du rayon reliant l'origine (0,0) à n'importe quel panier de
consommation optimal.
o Une augmentation de 𝑝𝑥 augmente la valeur du rapport. Le consommateur tend vers
les paniers optimaux avec plus de y et moins de x.

45
o Une augmentation de 𝑝𝑦 diminue la valeur du rapport. Le consommateur achète
plus de x mais moins de y.

4. Effet de substitution et Effet revenu

• Une augmentation de la quantité demandée après une baisse des prix produit deux effets
simultanés : l'effet revenu et l'effet de substitution.
• Effet-revenu (IE)
o C'est la modification de la quantité demandée en raison d’une augmentation du
pouvoir d’achat, le prix de l’article restant constant.
▪ Un bien x moins cher permet à un individu de s'offrir plus d'unités de tous
les biens, augmentant ainsi son pouvoir d'achat.
o Une augmentation de revenu peut inciter le consommateur à augmenter (ou
diminuer) ses achats d'un bien s'il le considère comme normal (ou inférieur).
▪ Ce qui permet des effets-revenus positif (ou négatif).
• Effet de substitution (SE) :
o C'est la variation de la quantité demandée en raison d’une variation de prix, tout en
maintenant le niveau d'utilité constant.
▪ La variation de la quantité est due à un changement du prix relatif des deux
biens, et non à une augmentation du pouvoir d'achat du consommateur.
o Après une baisse (hausse) de prix, l'effet de substitution conduit toujours à une
augmentation (diminution) de la quantité demandée du bien devenu relativement
moins (plus) cher.
5. Mettre les effets de substitution et de revenu ensemble
• Effets de revenu (IE) et de substitution (SE) d'une baisse de prix pour un bien normal :
o Face à la contrainte
budgétaire 𝐵𝐿1 , le
consommateur choisit A, où il
atteint 𝐼𝐶1 , en achetant 𝑥𝐴 .
o Lorsque le prix de x diminue,
la droite de budget pivote vers
le haut jusqu'à 𝐵𝐿2 , et il
choisit le panier C avec 𝑥𝑐 .
o La différence 𝑥𝑐 − 𝑥𝐴 mesure
l'effet total (TE).

o Pour séparer l'effet total (TE) en effets de substitution (SE) et effets de revenu (IE),
nous devons déplacer 𝐵𝐿2 vers le bas (réduisant ainsi son revenu) afin qu'elle
atteigne le même niveau d'utilité qu'avant le changement de prix.

46
o La nouvelle contrainte budgétaire 𝐵𝐿𝑑 est parallèle à 𝐵𝐿2 , avec le même rapport de
prix final, et elle est tangente à 𝐼𝐶1 au niveau du panier B, où elle achète 𝑥𝐵 .

1. L'augmentation de la consommation de 𝑥𝐴 à 𝑥𝐵 reflète l'effet de


substitution (SE).
2. L'augmentation de la consommation de 𝑥𝐵 à 𝑥𝐶 reflète l'effet revenu (IE).
3. La somme de SE et IE constitue l’effet total (TE).

• IE et SE lorsqu’un bien est considéré comme inférieur.


o L'effet de revenu (IE) est
négatif, mais il ne compense
que partiellement l'effet de
substitution (SE), produisant
ainsi un effet total (TE)
positif.

• IE et SE pour un bien de Giffen.

o L'effet de revenu (IE) est


négatif, mais suffisamment
important pour compenser
l'effet de substitution (SE) et
produire un effet total (TE)
négatif.

Résumé

Exemple 4.8. Trouver l’IE et le SE pour une fonction d’utilité Cobb-Doublas.

• Considérons 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥𝑦, 𝐼 = 100 $, et 𝑝𝑦 = 1 $. Supposons que 𝑝𝑥 = 3 $ diminue à 𝑝𝑥′ =


2 $.
• Trouver le panier initial A (à 𝑝𝑥 = 3 $) :
o La condition de tangence est

47
𝑀𝑈𝑥 𝑝𝑥 𝑦 3
= ⟹ = ⟹ 𝑦 = 3𝑥
𝑀𝑈𝑦 𝑝𝑦 𝑥 1

o En insérant ce résultat dans la droite de budget , 3𝑥 + 𝑦 = 100,


100
3𝑥 + 3𝑥 = 100 ⟹ 𝑥 = unités.
6

100
𝑦=3 = 50 unités.
6

100
o A 𝑝𝑥 = 3 $, le panier optimal est 𝐴 ( 6
, 50).
• Trouver le panier final C (à 𝑝𝑥′ = 2 $) :
o La condition de tangence est

𝑀𝑈𝑥 𝑝𝑥 𝑦 2
= ⟹ = ⟹ 𝑦 = 2𝑥
𝑀𝑈𝑦 𝑝𝑦 𝑥 1

o En insérant ce résultat dans la droite de budget , 2𝑥 + 𝑦 = 100,


100
2𝑥 + 2𝑥 = 100 ⟹ 𝑥 = = 25 unités.
4

𝑦 = 2 × 25 = 50 unités.

o A 𝑝𝑥′ = 2 $, le panier optimal est 𝐶 (25, 50).


o L’effet total (TE) de la diminution de 𝑝𝑥 est une augmentation de 𝑇𝐸 = 𝑥𝑐 – 𝑥𝐴 =
100
25 − 6 ≅ 8.3 unités.

• Trouver le panier de décomposition 𝐵 :

o Le panier 𝐵 satisfait 2 conditions :


1. À 𝐵, le consommateur atteint le même niveau d'utilité qu'à 𝐴

100 100
𝑢( , 50) = 𝑥𝑦 = × 50 ≅ 833,3.
6 6

2. La droite de budget de décomposition 𝐵𝐿𝑑 a la même pente que 𝐵𝐿2 et est


tangente à la courbe d'indifférence. C'est-à-dire que
𝑀𝑈𝑥 𝑝𝑥′ 𝑦 2
= ′ ⟹ = ⟹ 𝑦 = 2𝑥
𝑀𝑈𝑦 𝑝𝑦 𝑥 1
o En résumé, les conditions précédentes indiquent que 𝑥𝑦 = 833,3 et 𝑦 = 2𝑥.
o En insérant une équation dans l'autre,
𝑥(2𝑥) = 833,3 ⟹ 𝑥 2 = 416,6 ⟹ √𝑥 2 = 416,6 ⟹
𝑦 = 2 × 20,4 = 40,8 𝑢𝑛𝑖𝑡é𝑠.
o Ainsi, le panier 𝐵 est 𝐵 = (20,4, 40,8).

48
• L'effet de substitution de la baisse de 𝑝𝑥 est
100
𝑆𝐸 = 𝑥𝐴 − 𝑥𝐵 = 20,4 − ≅ 3,74 𝑢𝑛𝑖𝑡é𝑠.
6

o Le consommateur augmente ses achats de bien 𝑥 de 3,74 unités seulement en raison


du prix plus bas de ce bien, tout en atteignant toujours le même niveau d'utilité
qu'avant le changement de prix.

• L'effet de revenu de cette baisse de prix est 𝐼𝐼𝑆𝑆 = 𝑥𝑥𝐶𝐶 − 𝑥𝑥𝐵𝐵 = 25 − 20,4 = 4,6 unités.

𝐼𝐸 = 𝑥𝐶 − 𝑥𝐵 = 25 − 20,4 ≅ 4,6 𝑢𝑛𝑖𝑡é𝑠

• Pour un rapport (ratio) de prix donné, le consommateur augmente sa consommation de bien


𝑥 de 4,6 unités car un bien 𝑥 moins cher augmente son pouvoir d'achat.

Exemple 4.9 : Trouver l'IE et le SE avec une utilité quasi-linéaire.

• Considérez 𝑢(𝑥, 𝑦) = 2𝑥1/2 + 𝑦, 𝐼 = 100 $, et 𝑝𝑦 = 1 $. Et supposons que 𝑝𝑥 = 3 $


diminue à 𝑝𝑥′ = 2 $ comme dans l'exemple 4.8.
• Trouver le panier initial A (à 𝑝𝑥 = 3 $) :
𝑀𝑈 𝑝
o La condition de tangence 𝑀𝑈𝑥 = 𝑝𝑥 devient
𝑦 𝑦

1
𝑥1/2 3 1 3
= ⟹ 1/2 =
1 1 𝑥 1
1 1 2 2 1
= 𝑥1/2 ⟹ (3) = (𝑥1/2 ) ⟹ 𝑥 = 9 ≅ 0.11 unités.
3

o En insérant ce résultat dans la droite de budget,


3𝑥 + 𝑦 = 100 ⟹ (3 × 0,11) + 𝑦 = 100 ⟹ 𝑦 = 100 − 0,33 ≅ 99,67 unités.
o A 𝑝𝑥 = 3 $, le panier optimal est 𝐴 = (0.11 ; 99.67).
• Trouver le paquet final 𝐶(à 𝑝𝑥′ = 2 $,
𝑀𝑈𝑥 𝑝𝑥
o La condition de tangence = indique que
𝑀𝑈𝑦 𝑝𝑦

1
𝑥 1/2 = 2 ⟹ 1 = 2
1 1 𝑥1/2
1 1 2 2 1
2
= 𝑥 1/2 ⟹ (2) = (𝑥1/2 ) ⟹ 𝑥 = 4 ≅ 0.25 unités

49
o Insérer ce résultat dans la nouvelle contrainte budgétaire :
2𝑥 + 𝑦 = 100
(2 × 0.25) + 𝑦 = 100
𝑦 = 100 − 0.5 = 99.5 unités
o À 𝑝𝑥′ = 2$, le panier optimal est 𝐶 = (0.25; 99.5).
o L'effet total de la diminution de 𝑝𝑥 est une augmentation de :

𝑻𝑬 = 𝑥𝐶 – 𝑥𝐴 = 0,25 − 0,11 = 0,14 unités.


• Trouver le panier de décomposition B :
o À B, le consommateur atteint le même niveau d'utilité qu'à A :
1
𝑢(0.11; 99.67) = (2 × 0.112 ) + 99.67 ≅ 100.33

o La droite budgétaire de décomposition 𝐵𝐿𝑑 a la même pente que 𝐵𝐿2 et est tangente à la courbe
d'indifférence. C'est-à-dire,
𝑀𝑈𝑥 𝑝𝑥′
=
𝑀𝑈𝑦 𝑝𝑦′
1
𝑥1/2 2 1 1
= ⟹ 1 = 2 ⟹ = 𝑥1/2
1 1 2
𝑥2
1 2 2 1
(2) = (𝑥1/2 ) ⟹ 𝑥 = 4 ≅ 0.25 unités.

o En résumé, les conditions précédentes stipulent que :

2𝑥1/2 + 𝑦 = 100.33 et 𝑥 = 0.25


o En insérant une équation dans l'autre :

(2 × 0.251/2 ) + 𝑦 = 100.33
(2 × 0.5) + 𝑦 = 100.33
𝑦 = 100.33 − 1 = 99.33 unités.
o Ainsi, le panier B est 𝐵 = (0,25 ; 99,33).
• L'effet de substitution de la baisse de px est

𝑆𝐸 = 𝑥𝐴 − 𝑥𝐵 = 0,22 − 0,11 = 0,11 unités.

• L'effet de revenu de cette baisse de prix est


𝐼𝐸 = 𝑥𝐶 − 𝑥𝐵 = 0,25 − 0,25 = 0 unités.

50
• 𝑆𝐸 = 𝑇𝐸 ∶

o Après avoir bénéficié d'un bien 𝑥 moins cher, le consommateur utilise son pouvoir
d'achat accru pour acheter uniquement plus d'unités du bien 𝑦, plutôt que
d'augmenter ses achats du bien 𝑥.

• Pour mémoire : Effet de substitution et Effet revenu alternatifs

o Equation de Slutsly.

51
CHAPITRE 4.
MEASURING WELFARE CHANGE
1. Introduction

• Surplus du consommateur
• Variation compensatoire
• Variation équivalente
• Mesurer les changements de bien-être sans effets de revenu
• Annexe : Une représentation alternative des variations compensatoires et équivalentes

2. Surplus du consommateur

• La courbe de demande identifie combien d'unités d'un bien x qu'un individu est prêt à
acheter au prix 𝑝𝑥 et avec un revenu 𝐼.
• En bref, la fonction de demande représente la disposition à payer maximale (WTP) pour le
bien.
• En comparant cette WTP maximale avec le prix que le consommateur paie, nous trouvons
une mesure du gain d'utilité qu'elle réalise en achetant le bien.
• Surplus du consommateur (SC) : La zone sous la courbe de demande et au-dessus du
prix que les consommateurs paient pour le bien.

Exemple 5.1. Trouver le SC avec une demande linéaire

• Considérons la courbe de demande 𝑝(𝑞) = 10 − 2𝑞 et un prix de marché de 𝑝 = 4$.


o La surface du triangle A mesure le SC.

o Si le prix baisse à 𝑝 = 3$, la quantité produite augmenterait à 3 = 10 − 2𝑞 ⇒ 𝑞 =


3,5 unités.
o Le surplus du consommateur (SC) augmente de la taille des zones BBB et CCC.

52
o L'augmentation du surplus du consommateur (SC) produit un nouveau SC de 9 +
3,25 = 12,25.

Exemple 5.2. Trouver le SC avec une demande non-linéaire

• Considérons la demande non linéaire issue d'une fonction d'utilité Cobb-Douglas,

𝐼
𝑥=
2𝑝𝑥

o Si 𝑝𝑥 = 4$ et 𝐼 = 100$, il achète
100
𝑥= = 12.5 unités.
2×4

o Si le prix baisse à 𝑝𝑥 = 3$, les achats augmentent à

100
𝑥 = 2×3 = 16.6 unités

o Dans ce cas, pour trouver le gain en surplus du consommateur (SC), nous devons
𝐼
utiliser l'intégrale de la fonction de demande 𝑥 = 2𝑝 entre les prix 𝑝𝑥 = 4$ et 𝑝𝑦 =
𝑥
3$ car la fonction de demande n'est pas linéaire.

53
o Et si nous essayions d'approximer le changement de surplus du consommateur (SC)
comme si la courbe de demande était linéaire ?

o Nous serions en train de surestimer la vraie variation du surplus du consommateur


car 14.59 > 14.38.

3. Variation compensatoire

• Une mesure alternative de la variation du bien-être.


• Considérons que le prix du bien y soit normalisé à 1$ :
o Nous divisons tous les prix par 𝑝𝑦 .
o Par exemple, si les prix sont 𝑝𝑥 = 4$ et 𝑝𝑦 = 3 $, les prix normalisés sont 𝑝𝑥′ =
4 3
$ et 𝑝𝑦′ = $ = 1$.
3 3
𝐼
o L'avantage est que l'ordonnée à l'origine de la droite du budget 𝑦 = 𝑝 est
𝑦
𝐼 𝐼
maintenant 𝑦 = 𝑝′ = 𝐼 = 1$.
𝑦

▪ Nous pouvons interpréter l'ordonnée à l'origine de la ligne budgétaire


comme le revenu du consommateur, ce qui facilite les comparaisons de
revenus.
• Variation compensatrice (VC) : Combien d'argent faut-il retirer (donner) à un
consommateur après une diminution (augmentation) de prix afin qu'il soit aussi bien loti
qu'avant le changement de prix.
o Il mesure le changement de bien-être dû à une variation de prix.
o Intuitivement, le consommateur est mieux (moins) loti après une diminution
(augmentation) de prix, lui permettant d'atteindre une utilité plus élevée (plus
basse).
• La VC se concentre sur le jour suivant le changement de prix et pose la question suivante
:
o Combien devons-nous réduire (augmenter) le revenu du consommateur pour qu'il
soit aussi bien loti qu'il l'était avant la diminution (augmentation) de prix ?

54
• VC avec une diminution de prix :
o Le montant d'argent que nous devons soustraire du revenu initial du consommateur
pour qu'il soit aussi bien loti qu'avant la variation de prix.

Aux prix initiaux, il fait face à


𝐵𝐿1 , achète A, et atteint 𝑢1 .
Lorsque le prix de 𝑥 diminue,
la nouvelle ligne budgétaire
est 𝐵𝐿2 , le revenu 𝐼 reste
inchangé, et elle choisit C.
La variation compensatrice
(VC) demande : combien
d'argent devons-nous
soustraire de son revenu pour
que la nouvelle droite de
budget 𝐵𝐿2 soit tangente à 𝑢1
?

o Nous faisons un déplacement parallèle de 𝐵𝐿2 vers le bas jusqu'à ce que nous
trouvions 𝐵𝐿𝐵 tangent à 𝑢1 , où elle achète le panier B.
o L'ordonnée à l'origine 𝐼𝐵 est le nouveau revenu dont elle a besoin pour acheter B.
o La variation compensatrice (VC) est 𝐼 − 𝐼𝐵 , ce qui mesure le montant d'argent que
nous devons soustraire du revenu initial du consommateur pour qu'il soit aussi bien
loti qu'avant le changement de prix.

• Exemple 5.3 : Trouver la VC d'une diminution de prix.


o Considérons un consommateur avec 𝑢(𝑥, 𝑦) = 𝑥𝑦, et 𝐼 = 100$, et un prix 𝑝𝑦
normalisé 𝑝𝑦 = 1$.
▪ Tout d'abord, nous devons trouver les fonctions de demande pour les biens
x et y :
𝑀𝑈 𝑃
▪ De la condition de tangence, 𝑀𝑈𝑥 = 𝑃𝑥 ,
𝑦 𝑦
𝑦 𝑃𝑥
= ⟹ 𝑦 = 𝑝𝑥 𝑥
𝑥 𝑃𝑦
▪ Insérant ce résultat dans la droite de budget, 𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑦 𝑦 = 𝐼,

𝑝𝑥 𝑥 + 𝑦 = 100,
𝑝𝑥 𝑥 + 𝑝𝑥 𝑥 = 100,
2𝑝𝑥 𝑥 = 100

55
▪ En résolvant pour x, nous obtenons la courbe de demande pour le bien x.

100 50
𝑥= =
2𝑝𝑥 𝑝𝑥

▪ Insérant ce résultat dans l'expression de la condition de tangence, nous


trouvons la demande pour le bien y.

50
𝑦 = 𝑝𝑥 𝑝 = 50 unités.
𝑥

o Considérez que le prix du bien x diminue de 𝑝𝑥 = 3$ to 𝑝𝑥′ = 2$, tandis que le


prix du bien 𝑦 reste 𝑝𝑦 = 1$.
▪ 1. Trouver le panier initial A.
▪ 2. Trouver le panier final C.
▪ 3. Trouver le panier de décomposition 𝐵.
▪ 4. Évaluer la variation compensatrice (CV)

56
CHAPITRE 5.
LES FONCTIONS DE PRODUCTION
1. Introduction
• Fonction de production
• Produit marginal et produit moyen
• Relation entre l'AAL et le MAL
• Isoquantes
• Taux marginal de substitution technique
• Types spéciaux de fonctions de production
• Rendements à l'échelle
• Progrès technologique
• Annexe A. Taux marginal de substitution comme rapport des produits marginaux
• Annexe B. Élasticité de substitution
2. La fonction de production
• Les inputs sont des facteurs de production tels que le travail, le capital, la terre et tout autre
élément que l'entreprise peut transformer en unités de production.
• La fonction de production représente comment une certaine quantité d'inputs est
transformée en une quantité de production 𝑞.
o Exemple : 𝑞 = 𝑓(𝐿, 𝐾)
o Cette fonction de production décrit comment des quantités spécifiques de travail 𝐿
et de capital KKK sont transformées en une quantité de production 𝑞.

• Exemple 7.1 : Exemples de fonctions de production.


o La fonction de Cobb-Douglas est 𝑞 = 𝐴𝐾 𝛼 𝐿𝛽 où A est un paramètre positif, et
𝛼, 𝛽 ∈ (0,1).
1
o Considérons 𝐴 = 3, 𝛼 = 𝛽 = 2 , 𝐾 = 4machines et 𝐿 = 9 travailleurs.
1 1
o La production maximale que l'entreprise peut générer est 𝑞 = 3 × 42 × 92 = 18
unités.
o Si au lieu de cela, l'entreprise ne produit que 14 unités, elle n’est pas en train de
gérer efficacement ses inputs disponibles.
14
▪ L'efficacité de l'entreprise est 18 = 0.77.
▪ En d’autres termes, l'entreprise présente un niveau d'inefficacité de 1 −
0.77 = 0.23.
• D'autres types de fonctions de production incluent :
o (1) 𝑞 = 𝑎𝐾 + 𝑏𝐿, où a et b sont des paramètres positifs, et 𝐾 et 𝐿 entrent de manière
linéaire.
o (2) 𝑞 = 𝐴𝑚𝑖𝑛 {𝑎𝐾, 𝑏𝐿𝛽}, où 𝐴, 𝛼, et 𝑏 sont des paramètres positifs, et 𝐾 et 𝐿
doivent être utilisés dans une certaine proportion.

57
o (3) 𝑞 = 𝐴𝐾 𝛼 + 𝑏𝐿 , où 𝐴, 𝛼, et 𝑏 sont des paramètres positifs, et un input (dans ce
cas 𝐿) entre de manière linéaire et l'autre input entre de manière non linéaire.
3. Production moyenne et production marginale

• La production moyenne (ou le produit moyen) est le nombre total d’outputs par unité
d'inputs.
𝑞
o Le produit moyen du travail est 𝐴𝑃𝐿 = .
𝐿
𝑞
o Le produit moyen du capital est 𝐴𝑃𝐾 = 𝐾.
• Exemple :
o Si une entreprise produit 𝑞 = 100 unités de production et emploie 𝐿 = 4
travailleurs, son produit moyen par travailleur est :

100
𝐴𝑃𝐿 = = 25 unités
4

o Chaque travailleur produit en moyenne 25 unités (ce qu'on appelle la "productivité


du travail").

𝑞
• Lorsque la productivité du travail dans un pays augmente, le ratio 𝐴𝑃𝐿 = doit augmenter.
𝐿
o Raisons :

1. La production totale augmente tandis que le nombre de travailleurs employés


reste constant.
2. La production totale reste inchangée, mais des travailleurs sont licenciés après
que les entreprises automatisent le processus de production.
3. La production totale augmente et plus de travailleurs sont embauchés, mais
l'augmentation de la production est plus rapide que l'augmentation du nombre
de travailleurs.

• Considérons la fonction de production 𝑞 = 100√𝐿 :


o Au point A,
𝐿𝐴 = 4
𝑞𝐴 = 200
200
𝐴𝑃𝐿𝐴 = 4 = 50 unités
o Au point B,
𝐿𝐵 = 16
𝑞𝐵 = 400
400
𝐴𝑃𝐿𝐵 = 16 = 25 unités

58
1
o Considérons la fonction de production 𝑞 = 5𝐿2 + 3𝐿 − 6
o La production moyenne du travail est
1
𝑞 5𝐿2 + 3𝐿 − 6 1 6 5 6
𝐴𝑃𝐿 = = = 5𝐿2−1 + 3 − = 1 + 3 −
𝐿 𝐿 𝐿 𝐿
𝐿2
𝜕𝐴𝑃𝐿
o Lorsque L augmente, 𝐴𝑃𝐿 augmente si ≥ 0,
𝜕𝐿

5 6
− 1 + ≥0
𝐿2
2𝐿3
6 5
− ≥ 1 ,
𝐿2
2𝐿 3

3 5 12 1
𝐿2 −2 ≥ ⟹ ≥ 𝐿2
12 5
12 2 1 2
( ) ≥ (𝐿2 )
5
144
𝐿≤ ≅ 5.76 travailleurs
25

o 𝐴𝑃𝐿 augmente (diminue) en L pour tout 𝐿 ≤ 5.76 (𝐿 > 5.76)


o 𝐴𝑃𝐿 atteint son maximum lorsque 𝐿 = 5.76 travailleurs.
• La production marginale (ou le produit marginal) est le taux auquel la production totale
augmente lorsque l'entreprise utilise une unité supplémentaire de l'un ou l'autre des inputs.
𝛥𝑞
o Le produit marginal du travail est 𝑀𝑃𝐿 = lorsque le travail est (une variable)
𝛥𝐿
𝜕𝑞
discret (discrète) ou 𝑀𝑃𝐿 = lorsque le travail est (une variable) continu
𝜕𝐿
(continue).
𝛥𝑞
o Le produit marginal du capital est 𝑀𝑃𝐿 = 𝛥𝐾 lorsque le capital est (une variable)
𝜕𝑞
discret (discrète) ou 𝑀𝑃𝐿 = 𝜕𝐾 lorsque le capital est (une variable) continu
(continue).
• Graphiquement, le produit marginal d'un intrant peut être interprété comme la pente de la
fonction de production lorsque nous augmentons marginalement la quantité de cet intrant.
o Considérons la fonction de production 𝑞 = 100√𝐿

59
Le produit marginal est décroissant.

• Exemple 7.3 Trouver le produit marginal.


1
o Considérons la même fonction de production 𝑞 = 5𝐿2 + 3𝐿 − 6
o La production marginale du travail est
𝜕𝑞 1 1 5
𝑀𝑃𝐿 = = 5 𝐿2−1 + 3 = 1 + 3
𝜕𝐿 2
2𝐿2

o Lorsque L augmente, 𝑀𝑃𝐿 diminue parce que

𝜕𝑀𝑃𝐿 5
=− 3 < 0, où 𝐿 > 0.
𝜕𝐿
4𝐿 2

▪ Des travailleurs additionnels apportent davantage de production à


l’entreprise, mais à un taux décroissant.

4. Relation entre la production moyenne 𝑨𝑷𝑳 et production marginale 𝑴𝑷𝑳

• Les courbes de 𝐴𝑃𝐿 et de 𝑀𝑃𝐿 montrent des relations intéressantes :


1. Lorsque la courbe de 𝐴𝑃𝐿 est croissante, 𝑀𝑃𝐿 se situe au-dessus de 𝐴𝑃𝐿 .
2. Lorsque la courbe de 𝐴𝑃𝐿 est décroissante, 𝑀𝑃𝐿 se situe en dessous de 𝐴𝑃𝐿 .
3. Lorsque la courbe de 𝐴𝑃𝐿 est à son maximum, la courbe de 𝑀𝑃𝐿 croise 𝐴𝑃𝐿 .

Exemple : Considérons les notes dans une classe.

• Vous passez un examen de mi-session. Quelques jours plus tard, l'instructeur informe de
l'impact de votre note de mi-session sur votre moyenne de classe :
o La note de mi-session augmente votre moyenne si la note de mi-session est
supérieure à votre moyenne précédente (𝑀𝑃 > 𝐴𝑃).

60
o La note de mi-session diminue votre moyenne si la note de mi-session est inférieure
à votre moyenne précédente (𝑀𝑃 < 𝐴𝑃).
o La note de mi-session n'affecte pas votre moyenne si la note de mi-session est égale
à votre moyenne précédente (𝑀𝑃 = 𝐴𝑃).

• La courbe de 𝑀𝑃𝐿 croise celle de 𝐴𝑃𝐿 au point maximum (le sommet) de la courbe de
𝐴𝑃𝐿 .
• Considérons la fonction de production 𝑞 = 𝑓(𝐿).
𝑞 𝑓(𝐿)
o Le produit moyen par travailleur est 𝐴𝑃𝐿 = = .
𝐿 𝐿
o Pour trouver le nombre de travailleurs, 𝐿, pour lequel 𝐴𝑃𝐿 atteint son maximum,
nous devons dériver 𝐴𝑃𝐿 par rapport à 𝐿 et trouver où cette dérivée est égale à zéro:
o En utilisant la règle du quotient :

𝜕𝐴𝑃𝐿 𝑓 ′ (𝐿)𝐿−1𝑓(𝐿)
= = 0.
𝜕𝐿 𝐿2

𝜕𝑞
o Comme 𝑓 ′ (𝐿) est le produit marginal du travail, 𝑀𝑃𝐿 = ,
𝜕𝐿

𝑀𝑃𝐿 𝐿 − 1𝑓(𝐿) 𝑀𝑃𝐿 𝑓(𝐿)


= − 2 =0
𝐿2 𝐿 𝐿

o En multipliant les deux côtés par L, nous obtenons :

𝑀𝑃𝐿 𝑓(𝐿) 𝑓(𝐿)


𝐿 − 𝐿 2 = 0 ⟹ 𝑀𝑃𝐿 − =0
𝐿 𝐿 𝐿

𝑓(𝐿)
o Notez 𝐿 = 𝐴𝑃𝐿 , alors 𝑀𝑃𝐿 = 𝐴𝑃𝐿
o Cette équation indique qu'au maximum de la courbe 𝐴𝑃𝐿 , la courbe de 𝑀𝑃𝐿 croise
la courbe 𝐴𝑃𝐿 (Figure 7.3).
▪ Lorsque la courbe de 𝐴𝑃𝐿 est croissante, la courbe 𝑀𝑃𝐿 se situe au-dessus
de 𝐴𝑃𝐿 .
▪ Lorsque la courbe de 𝐴𝑃𝐿 est décroissante, la courbe 𝑀𝑃𝐿 se situe au-
dessous de 𝐴𝑃𝐿 .
▪ Lorsque la courbe de 𝐴𝑃𝐿 atteint son maximum, la courbe 𝑀𝑃𝐿 croise 𝐴𝑃𝐿 .

61
• Exemple 7.4 : Relation entre 𝐴𝑃𝐿 et 𝑀𝑃𝐿 .
o Considérez la fonction de production des exemples 7.2 et 7.3,
1
𝑞 = 5𝐿2 + 3𝐿 − 6

o À partir de l'exemple 7.2,


5 6
𝐴𝑃𝐿 = 1 + 3 − 𝐿,
𝐿2
144
qui atteint son maximum à 𝐿 = 25 ≅ 5.76. où la hauteur devient,
5 6
𝐴𝑃𝐿 = 1 + 3 − ≅ 4.04
5.76
(5.76)2

o Si nous évaluons la courbe 𝑀𝑃𝐿 de l'exemple 7.3,


5
𝑀𝑃𝐿 = 1 + 3 ≅ 4.04, confirmant que 𝑀𝑃𝐿 croise 𝐴𝑃𝐿 à son point maximal.
2𝐿 2

5. Les isoquants

• L’isoquant est une courbe qui représente les combinaisons de travail et de capital qui
produisent la même quantité de production.
o Les zones ombrées sont non
rentables pour l'entreprise.
o Elle ne choisirait pas A2 ou A3
car elle peut atteindre la même
production avec moins
d'intrants à A.

62
Exemple 7.5 : Trouver des isoquants pour une fonction de production Cobb-Douglas.

1 1
• Considérons une fonction de production Cobb-Douglas 𝑞 = 5𝐿2 𝐾 2 .
o Pour trouver l'isoauqnt correspondant à 𝑞 = 100 unités :
▪ Insérons ce niveau de production dans la fonction de production,

1 1
100 = 5𝐿2 𝐾 2
1 1
20 = 𝐿2 𝐾 2

▪ Résolvons pour le capital K,

1 1
202 = (𝐿2 𝐾 2 )2,
400
400 = 𝐿𝐾 ⟹ 𝐾 =
𝐿
400
o Graphiquement, l'isoquant 𝐾 = :
𝐿
▪ Est une courbe qui s'approche de l'axe vertical lorsque L est proche de zéro
(mais elle ne croise jamais cet axe) ;
▪ Et qui s'approche de l'axe horizontal lorsque L est plus grand (sans jamais
le croiser).
• La pente de l'isoquante répond à la question :
Pour maintenir son niveau de production inchangé, à combien d’unités de capital l’entreprise
devrait-elle renoncer après l’embauche d’un travailleur supplémentaire ?

• Taux marginal de substitution technique (TMST ou MRTS).


o Après avoir augmenté la quantité de travail d'une unité, le TMST mesure le montant
dont le capital doit être réduit pour que la production reste constante.

63
• Intuitivement,
o Lorsque le capital est abondant, l'entreprise est prête à renoncer à de nombreuses
unités de capital pour embaucher un travailleur supplémentaire.
o Lorsque le capital devient plus rare, l'entreprise est moins disposée à le remplacer par
des travailleurs.

Exemple 7.6. Trouver le MRTS d’une fonction de production Cobb Douglas


1 1
• Considérons une entreprise dont la fonction de production est 𝑞 = 8𝐿2 𝐾 2 .
1 1 1 1 1
o 𝑀𝑃𝐿 = 8 2 𝐿2−1 𝐾 2 = 4𝐿−2 𝐾 2 .
1 1 1 1 1
o 𝑀𝑃𝐾 = 8 2 𝐿2 𝐾 2−1 = 4𝐿2 𝐾 −2 .
o Par conséquent, le TMST est
1 1
𝑀𝑃𝐿 4𝐿−2 𝐾 2 𝐾
𝑀𝑅𝑇𝑆 = = 1 1=
𝑀𝑃𝐾 𝐿
4𝐿2 𝐾 −2
Lequel est décroissant en L
• Graphiquement, la pente de l'isoquant (MRTS) diminue au fur et à mesure que l'on se
déplace vers la droite vers plus d'unités de 𝐿. En d'autres termes, l'isoquant est incurvé par
rapport à l’origine.
Exemple 7.7. Trouver le MRTS d’une fonction linéaire

• Considérons une entreprise avec 𝑞 = 𝑎𝐿 + 𝑏𝐾 où 𝑎, 𝑏 > 0.

𝑀𝑃𝐿 = 𝑎 et 𝑀𝑃𝐾 = 𝑏

• Par conséquent, le MRTS est


𝑀𝑃𝐿 𝑎
𝑀𝑅𝑇𝑆 = =
𝑀𝑃𝐾 𝑏
qui n’est pas une fonction de L ou K. C’est juste une constante.
• Si a = 6 et b=3, MRTS = 6/3=2. La pente de l’isoquant serait de -2 en tous ces points.
• Graphiquement, l’isoquant serait une ligne droite.
Types particuliers des fonctions de production
• La fonction de production linéaire prend la forme suivante

𝑞 = 𝑎𝐿 + 𝑏𝐾, où a,b sont des paramètres positifs.

• En résolvant pour 𝐾, l'isoquant de cette fonction de production est une droite


𝑞 𝑎 𝑞 𝑎
𝐾 = 𝑏 − 𝑏 𝐿, où 𝑏 est l’intercepte vertical et 𝑏 représente sa pente négative.

64
𝑎
• La pente (MRTS) est constante en tout point de l'isoquant parce que 𝑏 n’est pas une fonction
de L ou de K.
o L'entreprise peut substituer des unités de capital et de travail au même taux, quel
que soit le nombre d'inputs qu'elle emploie.

• Les fonctions de production linéaires peuvent représenter des entreprises capables de


substituer des inputs, tels que deux types d'huiles ou d'ordinateurs.

• La fonction de production à proportions fixes : L'entreprise ne peut pas substituer les


inputs et maintenir le même niveau de production.
o Au contraire, l'entreprise doit utiliser des inputs dans une proportion fixe.
o Cette fonction de production prend la forme suivante

𝑞 = 𝐴𝑚𝑖𝑛{𝑎𝐿, 𝑏𝐾} où 𝐴, 𝑎, 𝑏 sont positifs.

o Exemple : 𝑞 = 𝑚𝑖𝑛{2𝐿, 3𝐾}


o Une augmentation d'un input
sans une augmentation
proportionnelle de l'autre
input n'entraînera pas une
augmentation de la
production.

65
• En fonction des quantités de 𝐿 et 𝐾, l'entreprise se trouve dans l'un des cas suivants:

o Si 𝒎𝒊𝒏{𝒂𝑳, 𝒃𝑲} = 𝒂𝑳 (lorsque 𝑎𝐿 < 𝑏𝐾), 𝑞 = 𝐴𝑎𝐿.

En résolvant par rapport à L,


𝑞
𝐿 = 𝐴𝑎, ce qui représente une
ligne verticale.
Dans cet exemple, 𝑞 =
min{2𝐿, 3𝐾}, si l’entreprise
produit 𝑞 = 100, la ligne
verticale de l’isoquant se
produit lorsque 2𝐿 < 3𝐾 ⟹
2
𝐿 < 𝐾, où la ligne verticale
3
100
se situe à 𝐿 = = 50
2
travailleurs.

o Si 𝒎𝒊𝒏{𝒂𝑳, 𝒃𝑲} = 𝒃𝑲 (lorsque 𝑎𝐿 > 𝑏𝐾), 𝑞 = 𝐴𝑏𝐾.

En résolvant par rapport à K,


𝑞
𝐾 = 𝐴𝑏, ce qui représente une
ligne horizontale.
Dans cet exemple, 𝑞 =
min{2𝐿, 3𝐾}, si l’entreprise
produit 𝑞 = 100, le segment
horizontal de l’isoquant se
produit lorsque 2𝐿 < 3𝐾 ⟹
2
𝐿 > 3 𝐾, où la ligne
horizontale se situe à 𝐾 =
𝑞 100
= unités de capital.
𝐴𝑏 3

o Si 𝒎𝒊𝒏{𝒂𝑳, 𝒃𝑲} 𝒆𝒔𝒕 𝒔𝒐𝒊𝒕 𝒂𝑳 𝒐𝒖 𝒃𝑲 (lorsque 𝑎𝐿 = 𝑏𝐾), 𝑞 = 𝐴𝑎𝐿 = 𝐴𝑏𝐾.

Ceci se produit au point de Graphiquement, les coudes de


coude de l’isoquant. En tous les isoquants sont croisés
résolvant par rapport à K, on par un rayon provenant de
𝑎𝐿 2
obtient un coude à 𝐾 = . l’origine avec une pente de 3.
𝑏
Dans cet exemple, 𝑞 =
Voir figure 7.7.
min{2𝐿, 3𝐾}, le coude se
2𝐿
produit à 𝐾 = 3
.

66
• Le TMST n'est pas bien défini car on peut trouver une infinité de pentes pour l'isoquante à
son coude.
o Nous pouvons néanmoins dire que la pente de l'isoquante est infinie dans son
segment vertical, et nulle dans son segment horizontal.
o Ce type de fonction de production est courant dans les entreprises qui ne peuvent
pas facilement substituer les inputs sans modifier la production totale.
• Exemples :
o Entreprises de l'industrie chimique.
o Entreprises avec un processus de production hautement automatisé.
• La fonction de type Cobb-Douglas prend la forme suivante

𝑞 = 𝐴𝐿𝛼 𝐾𝛽 où 𝐴, 𝛼, 𝛽 sont positifs.


1 1
1
• Exemple : Si 𝐴 = 1 et 𝛼 = 𝛽 = 2, 𝑞 = 𝐿2 𝐾 2 .

1 1 2
𝑞2
• Nous trouvons l’isoquant : 𝑞 2 = (𝐿2 𝐾 2 ) , 𝑞 2 = 𝐿𝐾, 𝐾 = 𝐿

• La pente de l’isoquant, le TMST, devient


1
1 1 1 1
𝑀𝑃𝐿 2𝐿−
2𝐾 2 𝐾 2+2 𝐾
𝑀𝑅𝑇𝑆 = = = 1 1 =
𝑀𝑃𝐾 1 𝐿
1 1 𝐿2+2

2𝐿2 𝐾 2
• La fonction de production à élasticité de substitution constante (CES) prend la forme
suivante
𝜎
𝜎 𝜎 𝜎−1
𝑞 = (𝑎𝐿 𝜎−1 + 𝑏𝐾 𝜎−1 ) ,

où 𝜎 représente l'élasticité de substitution.

o Lorsque 𝜎 → ∞, la fonction CES coïncide avec la fonction de production linéaire,


permettant à l'entreprise de substituer des intrants.
o Lorsque 𝜎 = 0, la fonction CES converge vers une fonction de production à
proportions fixes.
o Lorsque 𝜎 = 1, la fonction CES devient la fonction de production Cobb-Douglas.

Rendements d’échelle
• Considérons que tous les inputs augmentent d’un facteur 𝜆 > 1. Ainsi, 𝐿 est augmenté à
𝜆𝐿 et 𝐾 à 𝜆𝐾, alors :

67
o Si la production augmente de manière plus que proportionnelle (𝜆𝑎 > 𝜆 où 𝑎 > 1),
l'entreprise présente des rendements d'échelle croissants.

o Si la production augmente de manière plus que proportionnelle (𝜆𝑎 < 𝜆 où 𝑎 < 1),
l'entreprise présente des rendements d'échelle décroissants.

o Si la production augmente de manière proportionnelle (𝜆𝑎 = 𝜆 où 𝑎 = 1),


l'entreprise présente des rendements d'échelle constants.

• Soit une entreprise qui double les quantités de tous les inputs (𝜆 = 2) :

o Si la production augmente de manière plus que proportionnelle (plus que le double),


nous sommes en présence des rendements d’échelle croissants.
o Si la production augmente de manière moins que proportionnelle (elle n’arrive pas
à doubler), nous sommes en présence des rendements d’échelle décroissants.
o Si la production augmente de manière proportionnelle (elle double exactement),
nous sommes en présence des rendements d’échelle constants.
Exemple 7.8 Test des rendements d’échelle.
• Considérons une fonction de production Cobb-Douglas

𝑞 = 𝐴𝐾𝛽 𝐿𝛼

• Si nous augmentons tous les inputs de 𝜆 (𝜆𝐾, 𝜆𝐿), la production totale devient :

𝑞 = 𝐴(𝜆𝐾)𝛽 (𝜆𝐿)𝛼 = 𝐴(𝜆)𝛽 (𝐾)𝛽 (𝜆)𝛼 (𝐾)𝛼


= 𝜆𝛼+𝛽 (𝐴𝐾𝛽 𝐿𝛼 ) = 𝜆𝛼+𝛽 𝑞

• La production a augmenté de 𝜆𝛼+𝛽 , ce qui donne lieu à trois possibilités :

o Si 𝛼 + 𝛽 > 1, les rendements d'échelle sont croissants.


o Si 𝛼 + 𝛽 < 1, les rendements d'échelle sont décroissants.
o Si 𝛼 + 𝛽 = 1, les rendements d'échelle sont constants.

• Considérons une fonction de production linéaire 𝑞 = 𝑎𝐿 + 𝑏𝐾.

o Si nous augmentons tous les inputs de 𝜆 (𝜆𝐾, 𝜆𝐿), la production totale devient :

𝑎(𝜆𝐿) + 𝑏(𝜆𝐾) = 𝜆(𝑎𝐿 + 𝑏𝐾) = 𝜆𝑞

o La production a augmenté de façon proportionnelle aux inputs, donc les rendements


d'échelle sont constants.

• Considérons une fonction de production à proportions fixes 𝑞 = 𝐴𝑚𝑖𝑛{𝑎𝐿, 𝑏𝐾}.

o Si nous augmentons tous les inputs de 𝜆 (𝜆𝐾, 𝜆𝐿), la production totale devient :

𝑞 = 𝐴𝑚𝑖𝑛{𝑎𝜆𝐿, 𝑏𝜆𝐾} = 𝜆𝐴𝑚𝑖𝑛{𝑎𝐿, 𝑏𝐾} = 𝜆𝑞

68
o La production répond de façon proportionnelle à une augmentation donnée des
inputs.
▪ Le processus de production de l'entreprise présente des rendements d'échelle
constants.
Le progrès technologique
• Les entreprises bénéficient souvent de progrès technologiques leur permettant de produire
davantage avec la même quantité d'inputs.
• Mathématiquement, pour une paire donnée d'inputs 𝐿 et 𝐾,

o L’entreprise peut produire 𝑞1 unités avant le progrès technologique


o Mais elle peut produire 𝑞2 unités (𝑞2 > 𝑞1) après le progrès technologique.

• Exemple : Si la fonction de production initiale de l'entreprise est 𝑞 = 𝐴1 𝐿𝛼 𝐾𝛽 , elle peut


devenir :

𝑞 = 𝐴2 𝐿𝛼 𝐾𝛽

𝑞 = 𝐴1 𝐿𝛼+𝛾 𝐾𝛽 (où 𝛾 > 0), ou

𝑞 = 𝐴1 𝐿𝛼 𝐾𝛽+𝛾 (où 𝛾 > 0)


• Exemple : Test de progrès technologique
o Considérons une entreprise dont la fonction de production passe de

𝑞 = 𝐿𝛼 𝐾𝛽 à 𝑞 = 𝐿2𝛼 𝐾𝛽
o L’entreprise bénéficie du progrès technologique parce que

𝐿𝛼 𝐾𝛽 < 𝐿2𝛼 𝐾𝛽

𝐿 < 𝐿2

o Cette condition est vérifiée quel que soit le nombre des travailleurs 𝐿 > 1.

• Types de progrès technologique


o Le progrès technologique peut être de trois types :
▪ Amélioration de la main-d'œuvre.
▪ Renforcement du capital
▪ Neutre.
• Le progrès technologique favorise la main-d'œuvre s'il augmente le produit marginal du
travail plus que celui du capital.

∆𝑀𝑃𝐿 > ∆𝑀𝑃𝐾

69
o Exemple : Si l'enseignement supérieur permet aux travailleurs d'être plus productifs
alors que le capital n'augmente pas son produit marginal aussi rapidement.
o En conséquence :
𝑀𝑃
𝑀𝑅𝑇𝑆 = 𝑀𝑃 𝐿 augmente.
𝐾

o Graphiquement, l'isoquant de l'entreprise devient plus raide après le progrès


technologique.
▪ L'entreprise est prête à renoncer à davantage d'unités de capital pour
embaucher un travailleur supplémentaire.
▪ Également connu sous le nom d'"économie de capital".
• Le progrès technologique renforçant le capital signifie que le capital augmente son
produit marginal plus rapidement que le travail.

∆𝑀𝑃𝐿 < ∆𝑀𝑃𝐾

o Exemple : Si un nouveau logiciel rend chaque unité de capital plus productive, alors
que le travail n'augmente pas autant son produit marginal.
o En conséquence :
𝑀𝑃
𝑀𝑅𝑇𝑆 = 𝑀𝑃 𝐿 diminue.
𝐾

o Graphiquement, l'isoquant de l'entreprise devient plus plate après le progrès


technologique.
▪ L'entreprise est prête à renoncer à peu (moins) d'unités du capital le plus
productif pour embaucher un travailleur supplémentaire.
▪ Également connu sous le nom d'"économie de main d’œuvre ".

• Le progrès technologique est neutre si le produit marginal du capital et du travail augmente


de la même quantité.
∆𝑀𝑃𝐿 = ∆𝑀𝑃𝐾

o En conséquence :
𝑀𝑃
𝑀𝑅𝑇𝑆 = 𝑀𝑃 𝐿 demeure constant.
𝐾

o Graphiquement, la pente de l'isoquant de l'entreprise ne change pas après le progrès


technologique.
▪ L'entreprise est prête à renoncer à autant d'unités du capital pour embaucher
un travailleur supplémentaire.

70
• Exemple 7.10 : Identifier le type de progrès technologique
o Considérons l’entreprise de l’exemple 7.9.
o Avant le progrès technologique
𝛼𝐾
𝑀𝑅𝑇𝑆𝑝𝑟𝑒 =
𝛽𝐿
o Après le progrès technologique
2𝛼 𝐾
𝑀𝑅𝑇𝑆𝑝𝑜𝑠𝑡 =
𝛽 𝐿

o En comparant les deux 𝑀𝑅𝑇𝑆𝑝𝑟𝑒 < 𝑀𝑅𝑇𝑆𝑝𝑜𝑠𝑡 ; ce qui indique que le progrès
technologique favorise la main d’œuvre.
Annexe A : Le MRTS comme ratio des produits marginaux
𝑀𝑃
• Nous montrons que la pente de l'isoquant est mesurée par 𝑀𝑃 𝐿 .
𝐾

• Considérons une entreprise dont la fonction de production 𝑞 = 𝑓(𝐿, 𝐾).


• Pour évaluer la pente de l'isoquant, nous augmentons simultanément le travail (par
exemple, d'une unité) et diminuons le capital.
• Par conséquent, nous différencions totalement la fonction de production par rapport à 𝐿 et
𝐾.
𝜕𝑓(𝐾, 𝐿) 𝜕𝑓(𝐾, 𝐿)
𝑑𝑞 = 𝑑𝐿 + 𝑑𝐾
𝜕𝐿 𝜕𝐾
𝑑𝑞 = 𝑀𝑃𝐿 𝑑𝐿 + 𝑀𝑃𝐾 𝑑𝐾

• Parce que nous nous déplaçons le long de différents points de l'isoquant de l'entreprise, le
niveau de production reste le même, ce qui implique que 𝑑𝑞 = 0. Ainsi,

𝑑𝑞 = 𝑀𝑃𝐿 𝑑𝐿 + 𝑀𝑃𝐾 𝑑𝐾,


0 = 𝑀𝑃𝐿 𝑑𝐿 + 𝑀𝑃𝐾 𝑑𝐾,
𝑀𝑃𝐾 𝑑𝐾 = −𝑀𝑃𝐿 𝑑𝐿
𝑑𝐾
• Comme nous nous intéressons à la pente de l'isoquant, nous résolvons pour − 𝑑𝐿 , ce qui
reflète le taux auquel l'entreprise doit diminuer 𝐾 si 𝐿 augmente d'une unité.

71
Annexe B : Elasticité de substitution
• L'élasticité de substitution est une mesure courante de la facilité avec laquelle une
entreprise peut substituer le travail au capital.
𝐾 𝐾
(𝐿) − (𝐿)
𝐵 𝐴
𝐾 𝐾
%∆ 𝐿 (𝐿)
𝐴
𝜎= =
%∆𝑀𝑅𝑇𝑆 (𝑀𝑅𝑇𝑆𝐵 − 𝑀𝑅𝑇𝑆𝐴 )
𝑀𝑅𝑇𝑆𝐴
• L'élasticité de substitution nous indique que, si le taux marginal de substitution du travail
𝐾
par le capital (MRTS) augmente de 1 %, le ratio capital-travail utilisé par l'entreprise, 𝐿 ,
augmente de 𝜎 %.

• Calculer le MRTS à deux points pour obtenir 𝜎.

• Si le MRTS diminue de 2/3 (soit 66, K/L diminue plus que proportionnellement de 84%.

Fonction de production linéaire

• Si l’entreprise à une fonction de production linéaire, 𝑞 = 𝑎𝐿 + 𝑏𝐾, son isoquant est une
ligne droite.
𝑎
• Le 𝑀𝑅𝑇𝑆 = 𝑏 est constant le long de tous les points de l'isoquant.

𝐾 𝐾
( ) −( )
𝐿 𝐵 𝐿 𝐴
𝐾 𝐾
%∆ 𝐿 (𝐿)
𝐴
𝜎= = = +∞
%∆𝑀𝑅𝑇𝑆 0
𝐾
• Peu importe le pourcentage de variation dans le ratio capital-travail ( 𝐿 ), l'élasticité de
substitution est infinie.
o L'entreprise peut substituer le travail au capital très facilement sans limite.

72
Fonction de production à proportions fixes

• Considérons une entreprise qui a une fonction de production 𝑞 = 𝐴𝑚𝑖𝑛{𝑎𝐿, 𝑏𝐾}.

• Le 𝑀𝑅𝑇𝑆 change de manière drastique lorsque l'on passe de la partie verticale à la partie
horizontale de l'isoquant en forme de L.
𝐾 𝐾
(𝐿) − (𝐿)
𝐵 𝐴
𝐾 𝐾
%∆ 𝐿 (𝐿)
𝐴
𝜎= = =0
%∆𝑀𝑅𝑇𝑆 +∞
o L'entreprise ne peut pas facilement substituer des unités de travail au capital sans
affecter son niveau de production.
Fonction de production Cobb Douglas

• Considérons une entreprise qui a une fonction de production 𝑞 = 𝐴𝐿𝛼 𝐾𝛽 .


• Réécrivons premièrement la définition de l’élasticité de substitution
𝐾
∆𝐿
𝐾 𝐾 𝐾
%∆ 𝐿 ∆ 𝐿 𝑀𝑅𝑇𝑆
𝜎= = 𝐿 =
%∆𝑀𝑅𝑇𝑆 (∆𝑀𝑅𝑇𝑆) ∆𝑀𝑅𝑇𝑆 𝐾
𝑀𝑅𝑇𝑆 𝐿
• Deuxièmement, nous trouvons le MRTS,

𝑀𝑃𝐿 𝛼𝐴𝐿𝛼−1 𝐾𝛽 𝛼 𝐾
𝑀𝑅𝑇𝑆 = = =
𝑀𝑃𝐾 𝛽𝐴𝐿𝛼 𝐾𝛽−1 𝛽 𝐿

• En réarrangeant l'expression du MRTS donne le ratio capital-travail.


𝛼𝐾 𝛽 𝐾
𝑀𝑅𝑇𝑆 = ⟺ 𝑀𝑅𝑇𝑆 =
𝛽𝐿 𝛼 𝐿
𝐾
𝛽 𝐾 ∆ 𝛽
∆𝑀𝑅𝑇𝑆 𝛼 = ∆ 𝐿 ⟺ ∆𝑀𝑅𝑇𝑆 = 𝛼 𝐿
(7.1.)
𝑀𝑃 𝛼𝐾
• De MRTS, 𝑀𝑅𝑇𝑆 = 𝑀𝑃 𝐿 = 𝛽 𝐿 , nous savons également que
𝐾
𝑀𝑅𝑇𝑆 𝛼
𝐾 =𝛽 (7.2.)
𝐿

• En insérant 7.1 et 7.2. dans la définition de l’élasticité de substitution,


𝐾
∆𝐿 𝑀𝑅𝑇𝑆 𝛽 𝛼
𝜎= = =1
∆𝑀𝑅𝑇𝑆 𝐾 𝛼𝛽
𝐿

73
• Par conséquent, la fonction de production de Cobb-Douglas a 𝜎 = 1, quelle que soit la
valeur des paramètres 𝐴, 𝛼, et 𝛽.
Fonction de production CES
• Considérons une entreprise avec une fonction de production
𝜎
𝜎−1 𝜎−1 𝜎−1
𝑞= (𝑎𝐿 𝜎 + 𝑏𝐾 𝜎 )

• Pour trouver son élasticité de substitution, nous obtenons d'abord son MRTS.
1 1

𝑀𝑃𝐿 𝑎𝐿 𝜎 𝑎 𝐾 𝜎
𝑀𝑅𝑇𝑆 = = 1 = ( ) ,
𝑀𝑃𝐾 − 𝑏 𝐿
𝑏𝐾 𝜎

𝑎 1 𝐾
𝑙𝑛𝑀𝑅𝑇𝑆 = 𝑙𝑛 + 𝑙𝑛 ( )
𝑏 𝜎 𝐿
1 𝐾 𝑎
𝑙𝑛 ( ) = 𝑙𝑛𝑀𝑅𝑇𝑆 − 𝑙𝑛
𝜎 𝐿 𝑏
• En multipliant les deux côtés par 𝜎,
𝐾 𝑎
𝑙𝑛 ( ) = 𝜎𝑙𝑛𝑀𝑅𝑇𝑆 − 𝜎𝑙𝑛
𝐿 𝑏
• Par conséquent, l'élasticité de substitution entre le travail et le capital est la dérivée de cette
expression par rapport à ln(𝑀𝑅𝑇𝑆),
𝐾
𝜕𝑙𝑛 ( 𝐿 )
=𝜎
𝜕ln (𝑀𝑅𝑇𝑆

• Ce qui correspond au terme 𝜎 dans l'exposant de la fonction CES.

74
CHAPITRE 6.
MINIMISATION DES COUTS
1. Introduction
• Lignes isocoût
• Problème de minimisation des coûts
• Demandes d'intrants
• Fonctions de coût
• Types de coûts
• Coût moyen et coût marginal
• Économies d'échelle, d'envergure et d'expérience
• Annexe : Problème de minimisation des coûts - Analyse lagrangienne

2. Les isocoûts

• Un isocoût représente l'ensemble des combinaisons d'inputs qui produisent le même coût
total pour une entreprise.
C’est-à-dire les combinaisons de travail (L) et de capital (K), pour lesquelles
𝑇𝐶 = 𝑤𝐿 + 𝑟𝐾
où 𝑤 > 0 est le prix de chaque unité de travail (salaire horaire) et
𝑟 > 0 est le coût de chaque unité de capital (taux d'intérêt).
𝑇𝐶 est le coût total donné encouru par l’entreprise.
𝑇𝐶 𝑤
• La figure 8.1a illustre l’isocoût 𝑇𝐶 = 𝑤𝐿 + 𝑟𝐾, ou après résolution pour 𝐾, 𝐾 = − 𝑟 𝐿.
𝑟
o Quelle que soit la fonction de production 𝑞 = 𝑓(𝐿, 𝐾), l'entreprise fait face à un
isocoût linéaire car l’isocoût n'est qu'une droite représentant les combinaisons de
travail (L) et de capital (K) qui peuvent être achetées pour un coût total donné.

75
• Une augmentation de 𝑇𝐶 entraîne une augmentation proportionnelle de l'intercept vertical,
𝑇𝐶 𝑇𝐶 𝑤
, et horizontal, , sans modifier la pente, 𝑟 .
𝑟 𝑤
o Cela se traduit par un déplacement parallèle vers le haut de l’isocoût.
o Comme l’entreprise peut supporter des coûts élevés, permettant à l'entreprise de
choisir des combinaisons d'inputs plus importantes.
𝑇𝐶
• Si les salaires 𝑤 augmentent, l'intercept vertical, reste inchangée, mais la valeur absolue
𝑟
𝑤
de la pente | 𝑟 | augmente.
o L’isocoût devient plus raide.
o L'entreprise embauchera alors moins de travailleurs en raison de la hausse des
salaires.
𝑇𝐶
• Inversement, si le taux d'intérêt 𝑟 augmente, l'interception verticale, , diminue et la valeur
𝑟
𝑤
absolue de la pente | 𝑟 | diminue.
o Ce qui rend l’isocoût plus plate.
o L'entreprise utilisera alors moins de capital en raison de l'augmentation du coût du
capital.
• Exemple 8.1
o Considérons une entreprise faisant face à 𝑤 = 10$, 𝑟 = 15$, et engageant un coût
total 𝑇𝐶 = 200$.
200
o Son isocoût serait 200 = 10𝐿 + 15𝐾, ou après avoir résolu pour 𝐾, 𝐾 = −
15
10
𝐿.
15

3. Problème de minimisation des coûts


• Nous combinons l'isoquant et l'isocoût pour déterminer combien d'unités de travail et de
capital l'entreprise embauche de manière optimale.
• Cette figure illustre une ligne isoquante où l'entreprise produit 100 unités d'inputs avec un
ensemble d'isocoûts, chacun ayant un 𝑇𝐶.

76
• Le problème de minimisation des coûts (CMP) peut être représenté ainsi :

min 𝑇𝐶 = 𝑤𝐿 + 𝑟𝐾
𝐿,𝐾
sc 100 = 𝑓(𝐿, 𝐾)
• Ce problème pose la question suivante à l'entreprise :
Choisis la combinaison d'inputs qui minimise ton coût total 𝑇𝐶 en atteignant un niveau de
production de 100 unités.

• Le CMP implique de pousser l'isocoût vers l'intérieur et d'atteindre l'isoquant où 𝑞 = 100.


o Les points B ou C ne peuvent
pas minimiser les coûts car
bien que l'entreprise atteigne
𝑞 = 100, elle le fait à un coût
qui pourrait être réduit.
o Au point A, l'entreprise
minimise son coût total et
atteint 𝑞 = 100.
o Au point D, avec des
combinaisons d'inputs moins
chères, l'entreprise n'atteint
pas le cible 𝑞 = 100.
• Les combinaisons de travail et de capital minimisant le coût de l'entreprise exigent que
l'isoquant de l'entreprise soit tangent à son isocoût.
• Cette condition de tangence implique que la pente de l'isoquant (MRTS) et de l'isocoût
coïncident,
𝑀𝑃𝐿 𝑤
=
𝑀𝑃𝐾 𝑟
𝑀𝑃𝐿 𝑀𝑃𝐾
ou après multiplication croisée : 𝑤
= 𝑟

77
𝑀𝑃𝐿 𝑀𝑃𝐾
• La condition = indique que lorsqu'elle minimise son coût, l'entreprise réarrange
𝑤 𝑟
les inputs jusqu'au point où le produit marginal par dollar dépensé sur des unités
supplémentaires de travail coïncide avec celui du capital.
o Le rapport coût-efficacité doit être le même pour tous les inputs.
𝑀𝑃𝐿 𝑀𝑃𝐾
• Si > , l'entreprise pourrait réduire ses coûts totaux en acquérant moins d'unités de
𝑤 𝑟
capital et en utilisant les économies pour embaucher plus de travailleurs qui fournissent un
produit marginal plus élevé par dollar.

Outil 8.1. Procédure pour résoudre le problème de minimisation des coûts (CMP) :
𝑀𝑃 𝑤
1. Établir la condition de tangence 𝑀𝑃 𝐿 = . Multiplier en croix et simplifier.
𝐾 𝑟
2. Si l'expression de la condition de tangence :
a. Contient les deux inconnues (𝐿 et 𝐾), résoudre pour K et insérer le résultat dans le cible
de production de l'entreprise 𝑞 = 𝑓(𝐿, 𝐾).

b. Contient une seule inconnue (𝐿 ou 𝐾), résoudre pour cette inconnue et insérer le résultat
dans le cible de production de l'entreprise 𝑞 = 𝑓(𝐿, 𝐾).
𝑀𝑃𝐿 𝑀𝑃𝐾
c. Ne contient pas d'intrant 𝐿 ou 𝐾, comparer à .
𝑤 𝑟
𝑀𝑃𝐿 𝑀𝑃𝐾
o Si > , fixer 𝐾 = 0 dans le cible de production et résoudre pour 𝐿.
𝑤 𝑟
𝑀𝑃𝐿 𝑀𝑃𝐾
o Si < , fixer 𝐿 = 0 dans le cible de production et résoudre pour 𝐾.
𝑤 𝑟
3. Si à l'étape 2 l'un des inputs est négatif (par exemple 𝐿 = −2), alors fixer la quantité de cet
intrant égale à 0 dans le cible de production de l'entreprise (par exemple 𝑞 = 𝑎0 + 𝑏𝐾) et
résoudre pour l'autre input restant.
4. Si les valeurs pour toutes les inconnues 𝐿 et 𝐾 n'ont pas encore été trouvées, utiliser les
conditions de tangence de l'étape 1 pour trouver l'intrant restant.

Exemple 8.2 : CMP avec des fonctions de production Cobb-Douglas


• Considérons une entreprise avec une fonction de production Cobb-Douglas.
1 1
𝑞 = 𝐿2 𝐾 2

cherchant à atteindre 𝑞 = 100 et faisant face à 𝑤 = 40$ et 𝑟 = 10$.


𝑀𝑃 𝑤
• Étape 1. Établir la condition de tangence 𝑀𝑃 𝐿 = 𝑟 ,
𝐾

1 −12 12
2 𝐿 𝐾 = 40 ⟹ 𝐾 = 4
1 12 −12 10 𝐿
2 𝐿 𝐾

78
• Résoudre pour 𝐾, ce qui donne 𝐾 = 4𝐿.
o Cette condition contient les deux intrants 𝐾 et 𝐿, donc nous passons à l'étape 2a.

• Étape 2a. Insérer 𝐾 = 4𝐿 dans le cible de production 𝑞 = 100, ce qui donne


1 1
100 = 𝐿2 (4𝐿)2 .

o Réarranger et résoudre pour 𝐿, ce qui donne


1
100 100
100 = (4)2 𝐿 ⟹ 𝐿 = 1 = = 50 travailleurs.
(4)2 2

o Comme l'entreprise embauche un nombre positif de travailleurs, nous passons à


l'étape 4.

• Étape 4. Insérer 𝐿 = 50 dans la condition de tangence 𝐾 = 4𝐿, ce qui donne 𝐾 = 4 × 50 =


200 unités de capital.

• En Résumé : La combinaison d'inputs minimisant les coûts est (𝐿, 𝐾) = (50,200).


o L'entreprise utilise plus de capital que de travail car le travail coûte quatre fois plus
cher que le capital tandis que leurs productivités marginales sont symétriques.

Exemple 8.3 : CMP avec des fonctions de production linéaires

• Considérons une entreprise avec une fonction de production linéaire 𝑞 = 2𝐿 + 8𝐾


cherchant à atteindre 𝑞 = 100 et faisant face à 𝑤 = 40$ et 𝑟 = 10$.
𝑀𝑃 𝑤 2 40
• Étape 1. Établir la condition de tangence 𝑀𝑃 𝐿 = 𝑟 , 8 = 10
𝐾
Ce qui ne peut pas tenir car chaque côté correspond à un nombre différent.
Comme ce résultat ne contient ni 𝐾 ni 𝐿, nous passons à l'étape 2c.
2 40
• Étape 2c. Nous obtenons < 10, l'entreprise augmente donc ses achats de capital autant
8
que possible, conduisant à une solution de coin où l'entreprise n'achète que du capital mais
pas de travail (𝐿 = 0).
• Étape 4. Insérer 𝐿 = 0 dans le cible de production de l'entreprise 100 = 2𝐿 + 8𝐾 et
résoudre pour 𝐾, ce qui donne 𝐾 = (2 × 0) + 8𝐾 = 12.5 unités.
• Résumé : La combinaison d'intrants minimisant les coûts est (𝐿, 𝐾) = (0,12,5).

4. Demandes d'intrants

• Nous utilisons maintenant l'analyse précédente dans un cadre plus général où les prix des
intrants (𝑤 et 𝑟) et le cible de production (𝑞) ne sont pas des chiffres concrets mais des
paramètres.
• Cela nous permet de trouver les demandes de travail et de capital et de faire des statistiques
comparatives.

79
Exemple 8.4 : Trouver les demandes d'intrants avec une fonction de production Cobb-
Douglas.

• Considérons une entreprise avec une fonction de production Cobb-Douglas


1 1
𝑞 = 𝐿2 𝐾 2

cherchant à atteindre 𝑞 et faisant face aux prix des intrants 𝑤 et 𝑟.


𝑀𝑃 𝑤
• Étape 1. Établir la condition de tangence, 𝑀𝑃 𝐿 = 𝑟 ,
𝐾

1 −12 12
2𝐿 𝐾 = 𝑤 ⟹ 𝐾 = 𝑤
1 12 −12 𝑟 𝐿 𝑟
𝐿 𝐾
2
𝑤
• Résoudre pour 𝐾 : 𝐾 = 𝐿.
𝑟
o Ce résultat contient à la fois 𝐾 et 𝐿, donc nous passons à l'étape 2a.
1 1
𝑤
• Étape 2a. Insérer 𝐾 = 𝐿 dans la cible de production 𝑞 = 𝐿2 𝐾 2 ,
𝑟

1
1 𝑤 2
𝑞= 𝐿2 ( 𝐿)
𝑟

Réarranger et résoudre pour 𝐿 :


1
𝑤 2 𝑞 𝑞 √𝑟
𝑞=( ) 𝐿⟹𝐿= 1 =
𝑟 𝑤 2 √𝑤
(𝑟)

𝑞 √𝑟 𝑤
• Étape 4. Insérer la demande de travail 𝐿 = dans la condition de tangence 𝐾 = 𝐿 ; ce
√𝑤 𝑟
qui donne la demande de capital.

𝑤 𝑞 √𝑟 𝑞 √𝑤
𝐾= =
𝑟 √𝑤 √𝑟

• Si nous évaluons les demandes de travail et de capital aux valeurs des paramètres de
l'exemple 8.3 avec 𝑞 = 100 unités, 𝑤 = 40$ et 𝑟 = 10$, nous obtenons les mêmes
résultats :

100√10 100√40
𝐿= = 50 travailleurs ; 𝐾 = = 200 unités de capital.
√40 √10

80
• Statique comparative avec des demandes d'intrants de l'exemple 8.4. (avec une fonction de
production Cobb-Douglas) :
𝑞 √𝑟
o Demande de travail, 𝐿 = :
√𝑤

Augmente en fonction de 𝒒. À mesure que l'entreprise cherche à produire
plus d'unités, elle doit embaucher plus de travailleurs.
▪ Diminue en fonction de 𝒘. Face à des salaires plus élevés, elle répond en
embauchant moins de travailleurs.
▪ Augmente en fonction de 𝒓. À mesure que le capital devient plus cher, le
travail devient relativement plus attractif et l'entreprise répond en
embauchant plus de travailleurs.
𝑤
o Demande de capital, 𝐾 = 𝑟 𝐿 :
▪ Augmente en fonction de 𝑞, diminue en fonction de 𝑟, mais augmente en
fonction de 𝑤.
Exemple 8.5 : Trouver les demandes d'intrants avec une fonction de production linéaire

• Considérons une entreprise avec une fonction de production linéaire 𝑞 = 2𝐿 + 8𝐾


cherchant à atteindre 𝑞 et faisant face aux prix des inputs 𝑤 et 𝑟.
𝑀𝑃 𝑤
• Étape 1. Établir la condition de tangence 𝑀𝑃 𝐿 = 𝑟 ,
𝐾

2 𝑤
=
8 𝑟

o Ce qui ne peut pas tenir car chaque côté correspond à un nombre différent. Comme
ce résultat ne contient ni 𝐾 ni 𝐿, nous passons à l'étape 2c.

• Étape 2c. Comparer le produit marginal par dollar dépensé sur les inputs,

𝑀𝑃𝐿 𝑀𝑃𝐾 2 𝑤 1 𝑤
< si < , <
𝑤 𝑟 8 𝑟 4 𝑟

Ce qui incite l'entreprise à n'embaucher aucun travailleur (𝐿 = 0).


Sinon, le produit marginal par dollar dépensé sur le travail est maintenant plus élevé
que celui du capital, impliquant que l'entreprise n'embauche aucun capital (𝐾 = 0).

1 𝑤
• Étape 4 : Si < , 𝐿 = 0.
4 𝑟

La demande de capital est trouvée en insérant 𝐿 = 0 dans le cible de production


𝑞 = 2𝐿 + 8𝐾 et en résolvant pour 𝐾,
𝑞
𝑞 = 2 × 0 + 8𝐾 ⟹ 𝐾 = ; Ce qui augmente avec 𝑞.
8

81
1 𝑤
• Si > , 𝐾 = 0. La demande de travail est trouvée en insérant 𝐾 = 0 dans le cible de
4 𝑟
production 𝑞 = 2𝐿 + 8𝐾 et en résolvant pour 𝐿 :
𝑞
𝑞 = 2𝐿 + (8 × 0) ⟹ 𝐿 = , qui augmente également avec 𝑞.
2

Statistiques comparatives avec les demandes d'intrants de l'exemple 8.5 (avec fonction de
production linéaire)
𝑞 𝑞
• Les demandes de travail et de capital 𝐿 = et 𝐾 = 8 augmentent avec la production 𝑞 que
2
l'entreprise cherche à produire.
• Une augmentation des salaires 𝑤 n'affecte aucune des demandes d'intrants sauf dans un
scénario :
1 𝑤 𝑞
o Lorsque > , l'entreprise produit en utilisant (𝐿, 𝐾) = (2 , 0), mais si 𝑤
4 𝑟
1 𝑤
augmente suffisamment pour atteindre < , l'entreprise modifie son utilisation
4 𝑟
𝑞
des intrants pour atteindre (𝐿, 𝐾) = (0, 8).

o Réponses aux variations des prix des intrants

• La demande pour un intrant diminue avec l'augmentation de son propre prix : la demande
d'inputs a une pente négative.

• La sensibilité de la demande d'inputs aux variations de son prix est mesurée par son
élasticité-prix.

∆𝐿
%∆𝐿 ∆𝐿 𝑤
𝜀𝐿,𝑤 = = 𝐿 =
%∆𝑤 ∆𝑤 ∆𝑤 𝐿
𝑤

82
𝜕𝐿 𝑤
ou si la variation dans les salaires w est infiniment petite, 𝜀𝐿,𝑤 = 𝜕𝑤 𝐿 ,
𝜕𝐿
avec 𝜕𝑤 qui représente la pente de la courbe de demande du travail.

o Si les salaires 𝑤 augmentent de 1 %, l'entreprise réduirait le nombre de travailleurs


embauchés de 𝜀𝐿,𝑤 %.

𝜕𝐾 𝑟
• De même, l'élasticité du capital par rapport à son prix 𝑟 est 𝜀𝐿,𝑤 = .
𝜕𝑟 𝐿

• Dans le cas d'une fonction de production à proportions fixes, la demande d'intrants devient
verticale car l'entreprise ne change pas sa combinaison d'inputs lorsque les prix des inputs
changent.
𝜕𝐿
o La pente de la demande de travail est 𝜕𝑤 = −∞ ; ce qui donne 𝜀𝐿,𝑤 = −∞.

• Dans le cas d'une fonction de production linéaire, la demande d'inputs est plate.
𝜕𝐿
o La pente de la demande de travail est 𝜕𝑤 = 0 ce qui donne 𝜀𝐿,𝑤 = 0.

o Réponses aux variations des prix des autres inputs

• La demande pour un input augmente lorsque nous augmentons le prix de l'autre input,
déplaçant la demande vers le haut.
o Lorsque le travail devient plus cher (augmentation de 𝑤), le capital devient plus
attractif.
𝑞 √𝑤
o Dans l'exemple 8.4, la demande de capital 𝐾 = augmente avec les salaires 𝑤;
√𝑟
𝑞 √𝑟
▪ La demande de travail 𝐿 = augmente avec le prix du capital 𝑟.
√𝑤
▪ Graphiquement, la fonction de demande de travail (capital) se déplace vers
l'extérieur lorsque le prix de l'autre input (capital ou travail) devient plus
cher.

o Réponses aux variations de la production

• Lorsque l'entreprise augmente la demande d'intrants pour produire plus d'unités de 𝑞, cet
intrant est normal.
• Lorsque les demandes d'intrants de l'entreprise diminuent avec 𝑞, l'intrant est inférieur.
• Exemple : Une entreprise avec différents types de travailleurs :

o Directeurs généraux, gestionnaires de niveau intermédiaire, vendeurs, comptables,


secrétaires, personnel informatique et concierges.
o Bien qu'elle puisse initialement embaucher plus de travailleurs dans toutes les
catégories à mesure que la production augmente, elle pourrait signer des contrats

83
logiciels lorsque la production est suffisamment grande et, par conséquent, licencier
certains secrétaires, qui deviendraient des intrants inférieurs.

5. Fonctions de coût

• Coût total. Les dépenses encourues par une entreprise lorsqu’elle embauche les quantités
optimales de travail et de capital identifiées par sa demande de travail et de capital,

𝑇𝐶 = 𝑤𝐿∗ + 𝑟𝐾 ∗ .

Exemple 8.6 : Trouver le coût total dans le cas Cobb-Douglas.


𝑞 √𝑟
• Les demandes de travail et de capital trouvées dans l'exemple 8.4 étaient 𝐿 = et 𝐾 =
√𝑤
𝑞 √𝑤
.
√𝑟

• Le coût total est

𝑞 √𝑟 𝑞 √𝑤 1 1 1 1
𝑇𝐶 = 𝑤 +𝑟 ⟹ 𝑞𝑤 2 𝑟 2 + 𝑞𝑟 2 𝑤 2 = 2𝑞 √𝑟𝑤
√𝑤 √𝑟

augmente lorsque 𝑞, 𝑟, et 𝑤 augmentent.

• Si 𝑤 = 40 $, 𝑟 = 10 $ et 𝑞 = 100, le coût total est égal à 𝑇𝐶 = 2 × 100√10 × 40 =


4000 $

6. Types de coûts
6.1. Coûts explicites vs. implicites

• Les coûts explicites impliquent une dépense monétaire directe.


• Les coûts implicites n'impliquent pas nécessairement des dépenses directes, mais ils
reflètent le coût d'opportunité d'un input.
o Ils prennent en compte la meilleure utilisation alternative de l'input que l'entreprise
abandonne en consacrant cet input à son processus de production.

• Exemple : Étudier pour un diplôme de premier cycle.


o Coûts explicites : dépenses monétaires (en espèces ou par endettement) pour
financer lesdites études.
o Coûts implicites (coût d'opportunité) : le salaire auquel vous renoncez que vous
auriez gagné pendant les années que vous consacrez à vos études.

84
• Exemple : Kaiser Aluminum.
o Il a initialement signé un contrat d'électricité à long terme à un prix de 23 $/MWh.
o En 2001, quelques mois après la signature du contrat, le prix a grimpé à 1 000
$/MWh.
▪ Le coût explicite de l'utilisation d'un mégawatt d'électricité était toujours de
23 $.
▪ Le coût implicite (le coût d'opportunité d'utiliser l'électricité dans la
production d'aluminium plutôt que de la vendre) était de 1 000 $.
o Kaiser a compris cette différence et a arrêté les fonderies pendant quelques jours
pour vendre l'électricité sur le marché libre.

6.2. Coûts irrécupérables vs. récupérables

• Les coûts irrécupérables. Coûts qui ne peuvent pas être récupérés, même si l'entreprise
choisit de fermer ses opérations.
o Exemple : Le loyer qu'une entreprise paie pour le bâtiment qu'elle utilise, si le bail
interdit la sous-location.
• Les coûts récupérables. Coûts qui peuvent être récupérés si l'entreprise devait fermer ses
opérations (récupérant une partie du coût).
o Exemple : La plupart des matières premières.

6.3. Coûts à long terme vs. à court terme

• À long terme, l'entreprise a suffisamment de temps pour faire varier la quantité de tous les
inputs autant que nécessaire.
• À court terme, la quantité d'au moins un input est considérée comme fixe.
o Exemple : Les postes de professeurs dans les universités.
▪ Acquérir un nouvel ordinateur (une forme de capital) peut être fait en
quelques heures.
▪ Embaucher un nouveau professeur nécessiterait un long processus (4-5
mois voire plus : publication d'annonces, entretiens avec les candidats,
déplacements des candidats, offre au candidat sélectionné, et négociation).
• Les coûts à court terme sont plus élevés (ou égaux, mais jamais inférieurs) que les coûts à
long terme.

Exemple 8.8 : Comparaison des coûts à long terme et à court terme.


1 1
• Considérons une entreprise avec une fonction de production Cobb-Douglas 𝑞 = 𝐿2 𝐾 2
o Le capital à court terme est fixé à 𝐾̅ = 150 unités.
o En insérant 𝐾 = 150 dans la fonction de production de l'entreprise et en résolvant pour 𝐿,
nous trouvons les unités de travail qui minimisent les coûts,

85
1 1 1 1 2 𝑞2
𝑞= 𝐿2 1502 ⟹ 𝑞2 = (𝐿 1502 )
2 ⟹ 𝑞2 = 150𝐿 ⟹ 𝐿 =
150

qui augmente avec 𝑞.

o Dans ce contexte, le coût total à court terme devient


𝑞2
̅=𝑤
𝑆𝑇𝐶 = 𝑤𝐿∗ + 𝑟𝐾 + 𝑟150
150

o En considérant les mêmes prix des inputs que dans l'exemple 8.4, 𝑤 = 40$ et 𝑟 =
10,
4
𝑆𝑇𝐶 = 1500$ + 15 𝑞 2 ,

Ce qui se situe au-dessus du coût total à long terme dans l'exemple 8.6,
𝑇𝐶 = 40𝑞.

o Si 𝑞 = 150 unités,

▪ 𝑆𝑇𝐶 = 7 500 $,
▪ 𝑇𝐶 = 6 000 $.
▪ 𝑆𝑇𝐶(150) > 𝑇𝐶(150).

o Si 𝑞 = 75 unités,
▪ 𝑆𝑇𝐶 = 75 = 𝑇𝐶(75).

𝑞 √𝑤 75√40
• Pour produire 𝑞 = 75, l'entreprise dispose de 𝐾 = = = 150.
√𝑟 √10

̅ = 75 dans le court
Ce qui correspond à la quantité fixe du capital qui est égale à 𝐾
terme.
Pour tous les autres 𝑞 ≠ 75, la quantité fixe de capital est 𝐾 ̅ = 150, 𝑆𝑇𝐶(𝑞) =
𝑇𝐶𝑇 (𝑞).

86
Aide-mémoire des coûts à court terme.

1. Le coût augmente-t-il lorsque l'entreprise augmente sa production ?


a) Oui. Le coût est variable.
b) Non. Le coût est fixe.
2. L'entreprise engage-t-elle un coût positif si elle devait arrêter ses opérations (𝑞 = 0) ?
a) Oui. Le coût est irrécupérable car il ne peut être récupéré.
b) Non. Le coût est récupérable car il peut être récupéré.

7. Coût Moyen et Coût Marginal

• Coût moyen (𝑨𝑪). Le coût total que l'entreprise engage par unité de production,

1000
o Exemple : Si 𝑇𝐶 = 1000$ et 𝑞 = 20 moniteurs, 𝐴𝐶 = = 50$ par moniteur.
50

• Coût marginal (𝑴𝑪). Le taux auquel les coûts totaux augmentent lorsque l'entreprise
produit une unité supplémentaire,

𝜕𝑇𝐶
𝑀𝐶 =
𝜕𝑞

o Graphiquement, 𝑀𝐶 mesure la pente de la courbe 𝑇𝐶 :


▪ Lorsque 𝑇𝐶 augmente, sa pente doit être positive, donc 𝑀𝐶 est positif.
▪ Lorsque 𝑇𝐶 diminue, sa pente doit être négative, donc 𝑀𝐶 est négatif.

o Les courbes 𝐴𝐶 et 𝑀𝐶 présentent une relation similaire à celle entre le produit


moyen et le produit marginal, 𝐴𝑃 et 𝑀𝑃.
o La courbe 𝑀𝐶 croise la courbe 𝐴𝐶 à son minimum.

Exemple 8.9 : Trouver le coût moyen et le coût marginal

• Considérons une entreprise avec une fonction Cobb-Douglas de l'exemple 8.4, 𝑞 =


𝐿1/2 𝐾 1/2 où 𝑇𝐶 = 40𝑞.

o Le coût moyen et le coût marginal de l'entreprise sont

.
o Ainsi, les courbes 𝐴𝐶 et 𝑀𝐶 sont toutes deux constantes et 𝐴𝐶= 𝑀𝐶.
o Graphiquement, elles sont représentées par une ligne horizontale à la hauteur de 40
$.

87
• Dans le cas de la fonction de production linéaire de l'exemple 8.7,
𝑞
o 𝑇𝐶 = 𝑟 8 quand 𝑟 < 4𝑤 (c'est-à-dire que le travail est cher par rapport au capital).
𝑞
o 𝑇𝐶 = 𝑤 quand 𝑟 > 4𝑤 (c'est-à-dire que le travail est relativement bon marché).
2
o Dans ce contexte,
𝑞 𝑞
𝑟 𝑟 𝜕(𝑟 ) 𝑟
▪ Quand 𝑟 < 4𝑤, 𝐴𝐶 = 8
= 8 et 𝑀𝐶 = 8
= 8.
𝑞 𝜕𝑞

𝑞 𝑞
𝑤 𝑤 𝜕(𝑤 ) 𝑤
▪ Quand 𝑟 > 4𝑤, 𝐴𝐶 = 2
= et 𝑀𝐶 = 2
= 2.
𝑞 2 𝜕𝑞

o Ainsi, 𝐴𝐶 et 𝑀𝐶 sont constants par rapport à 𝑞 et 𝐴𝐶 = 𝑀𝐶.


o Graphiquement, 𝐴𝐶 et 𝑀𝐶 se chevauchent, étant une ligne plate.

7.1. Élasticité de la Production par rapport au Coût Total

𝜕𝑇𝐶
• Le coût marginal 𝑀𝐶 = mesure de combien le coût total augmente si l'entreprise
𝜕𝑞
augmente sa production d'une unité.

o Cependant, cette mesure n'est pas sans unité.


o Considérons une entreprise produisant des moniteurs d'ordinateurs aux États-Unis,
et une autre entreprise produisant des voitures en Allemagne.

▪ Le MC de la première entreprise serait en $/moniteur.


▪ Le MC de la deuxième entreprise serait en €/voiture.

o Nous pouvons appliquer la définition de l'élasticité pour obtenir une mesure sans
unité de la façon dont le coût total change en fonction de la production.

88
• L'élasticité de la production par rapport au coût total est

ou, lorsque la variation de 𝑞 est petite,

𝜕𝑇𝐶
o Puisque 𝑀𝐶 = , cette élasticité peut être reécrite comme suit
𝜕𝑞

𝑇𝐶 1 𝑞
o Comme 𝐴𝐶 = , son inverse est 𝐴𝐶 = 𝐴𝐶,
𝑞

𝑀𝐶
• Lorsque 𝑀𝐶 > 𝐴𝐶, 𝜀𝑇𝐶,𝑞 = satisfait 𝜀𝑇𝐶,𝑞 > 1.
𝐴𝐶
o Les coûts totaux augmentent plus que proportionnellement à une augmentation de
1% de la production.
𝑀𝐶
• Lorsque 𝑀𝐶 < 𝐴𝐶, 𝜀𝑇𝐶,𝑞 = satisfait 𝜀𝑇𝐶,𝑞 < 1.
𝐴𝐶
o Les coûts totaux augmentent moins que proportionnellement à une augmentation
de 1% de la production.
𝑀𝐶
• Lorsque 𝑀𝐶 = 𝐴𝐶, 𝜀𝑇𝐶,𝑞 = satisfait 𝜀𝑇𝐶,𝑞 = 1.
𝐴𝐶
o Les coûts totaux répondent proportionnellement à une augmentation de 1% de la
production.

Exemple 8.10 : Élasticité de la production dans le cas Cobb-Douglas

• Considérons l'entreprise avec la fonction Cobb-Douglas de l'exemple 8.4, 𝑞 = 𝐿1/2 𝐾 1/2


où 𝑇𝐶 = 40𝑞.

o L'élasticité totale est

89
o Si l'entreprise augmente sa production de 1%, ses coûts totaux augmentent
également de 1%.

• Dans le cas de la fonction de production linéaire de l'exemple 8.7,


𝑞
o 𝑇𝐶 = 𝑟 8 lorsque 𝑟 < 4𝑤.

𝑞
o 𝑇𝐶 = 𝑤 8 lorsque 𝑟 > 4𝑤.

• Lorsque 𝑟 < 4𝑤, l'élasticité de la production devient

o Si l'entreprise cherche à produire 1% d'unités en plus, son coût total augmente de


1%.

• Lorsque 𝑟 > 4𝑤, le même argument s’applique :

8. Économies d'échelle

• Une entreprise connaît des économies d'échelle lorsque son coût moyen, 𝐴𝐶, diminue en
fonction de la production 𝑞.

o Exemples :
▪ Spécialisation des tâches.
▪ Grands investissements en capital répartis sur de grandes quantités de
production.

• Une entreprise souffre de déséconomies d'échelle lorsque son coût moyen, 𝐴𝐶, augmente
en fonction de la production 𝑞.
o Exemple : Déséconomies managériales.

90
Exemple 8.11 : Tester les économies d'échelle

• Considérons une entreprise avec 𝑇𝐶 = 𝑎 + 𝑏𝑞 + 𝑐𝑞 2 , où 𝑎, 𝑏, 𝑐 ≥ 0.

o Le coût moyen est

o Cette expression atteint son minimum à

𝑎 1/2
o Lorsque 𝑞 < ( 𝑐 ) , la courbe 𝐴𝐶 est décroissante→ économies d’échelle

𝑎 1/2
o Lorsque 𝑞 < ( 𝑐 ) , la courbe 𝐴𝐶 est croissante→ déséconomies d’échelle

𝑎 1/2
• Le minimum de la courbe 𝐴𝐶, 𝑞 = ( 𝑐 ) , pourrait également être trouvé en utilisant la
propriété que les courbes 𝑀𝐶 et 𝐴𝐶 se croisent au minimum de la courbe 𝐴𝐶.

o Premièrement, nous trouvons 𝑀𝐶,

o Deuxièmement, les courbes 𝑀𝐶 et 𝐴𝐶 se croisent là où 𝑀𝐶 = 𝐴𝐶, soit

91
o En réarrangeant et en résolvant pour 𝑞, nous trouvons

• Considérons que la fonction de coût total de l'entreprise soit

Ce qui implique que 𝑎 = 10, 𝑏 = 2, et 𝑐 = 1.

10 10 1/2
o La courbe 𝐴𝐶 devient 𝐴𝐶 = + 2 + 𝑞, qui atteint son minimum à 𝑞 = ( 1 ) ≅
𝑞
3.16 unités.
o Pour tout 𝑞 < 3.16, la courbe 𝐴𝐶 diminue en fonction de 𝑞, tandis que pour tout
𝑞 > 3.16, elle augmente en fonction de 𝑞.

• CMP – Une analyse lagrangienne

92
CHAPITRE 7.
EQUILIBRES PARTIELLE ET GENERALE
1. Introduction
• Caractéristiques des marchés parfaitement concurrentiels
• Problème de maximisation du profit
• Courbes d'offre
• Courbe d'offre à court terme
• Équilibre du marché
• Surplus du producteur
• Équilibre général

2. Caractéristiques des marchés parfaitement concurrentiels :

• Les marchés parfaitement concurrentiels présentent les caractéristiques suivantes. Ils sont:

1. Fragmentés : De nombreuses petites entreprises.


▪ Une augmentation de la production d'une entreprise n'altère pas les prix du
marché.
2. Produits non différenciés : Les consommateurs considèrent les biens produits par
toutes les entreprises de l'industrie comme identiques.
3. Information parfaite sur les prix : Les consommateurs peuvent facilement
comparer les prix des vendeurs sans encourir des coûts.
4. Libre entrée et sortie : À long terme, les entreprises peuvent entrer sur le marché
si des profits positifs peuvent être réalisés, ou sortir si elles subissent des pertes.

• Exemple : Marchés des produits agricoles (par exemple, le blé).

3. Problème de maximisation du profit

• Dans une industrie parfaitement concurrentielle, toutes les entreprises sont preneuses de
prix (elles prennent le prix du marché, noté p comme donné).
• Le problème de maximisation du profit de chaque entreprise est

max 𝜋 = 𝑇𝑅(𝑞) − 𝑇𝐶(𝑞) = 𝑝𝑞 − 𝑇𝐶(𝑞) 9.1


𝑞

1. L'entreprise choisit le niveau de production qui maximise son profit.


2. Le profit de l’entreprise est la différence entre le revenu total et le coût total
(résultant de la résolution du problème de minimisation des coûts).
• Le problème de maximisation du profit (PMP) peut être compris comme une procédure en
3 étapes:

93
1. Trouver les demandes d'inputs pour 𝐿 et 𝐾 qui minimisent le coût de l'entreprise
sous contrainte d'atteindre un niveau de production donné 𝑞 (c'est-à-dire les
combinaisons d'inputs qui résolvent le problème de minimisation des coûts).
2. Insérer les demandes d'inputs dans les coûts de l'entreprise pour obtenir son coût
total
𝑇𝐶(𝑞) = 𝑤𝐿 + 𝑟𝐾

3. Insérer 𝑇𝐶(𝑞) trouvé à l'étape 2 dans l'équation du profit de l'entreprise (9.1),

𝜋 = 𝑝𝑞 − 𝑇𝐶(𝑞)

• Une fois réalisées les étapes 1-3, différencier la fonction de profit (uniquement) par rapport
à 𝑞.

𝜕𝑇𝐶
𝑝− = 0 ⟹ 𝑝 = 𝑀𝐶(𝑞)
𝜕𝑞

• Le résultat 𝑝 = 𝑀𝐶(𝑞) indique que, pour maximiser ses profits, l'entreprise augmente sa
production 𝑞 jusqu'au point où :

o le prix de vente d'une unité supplémentaire coïncide


o avec le coût supplémentaire que l'entreprise doit engager pour produire cette unité.

• Si, au contraire, l'entreprise choisit 𝑞 pour lequel

o 𝑝 > 𝑀𝐶(𝑞), elle pourrait augmenter ses profits en produisant plus d'unités.
o 𝑝 < 𝑀𝐶(𝑞), elle pourrait augmenter ses profits en produisant moins d'unités.

• Nous vérifions que 𝑝 = 𝑀𝐶(𝑞) est une condition de maximisation (plutôt que minimiser) des
profits en trouvant la condition du second ordre.

• En différenciant 𝑝 − 𝑀𝐶(𝑞) = 0 par rapport à 𝑞,

0 − 𝜕𝑀𝐶/𝜕𝑞 < 0 tant que 𝜕𝑀𝐶/𝜕𝑞 > 0

o Si les coûts marginaux de l'entreprise augmentent avec la production, la condition


p=MC(q) garantit que l'entreprise maximise ses profits.

Exemple 9.1 : PMP dans le cas de Cobb-Douglas.

• Considérons une entreprise avec une fonction de production Cobb-Douglas comme dans
l'exemple 8.6, 𝑞 = 𝐿1/2 𝐾 1/2 .
o La fonction de coût total est 𝑇𝐶(𝑞) = 40.
o En insérant 𝑇𝐶(𝑞) dans le PMP de l'entreprise, il vient
max 𝜋 = 𝑝𝑞 − 40𝑞.
𝑞

o En différenciant par rapport à 𝑞, 𝑝 − 40 = 0 ⇒ 𝑝 = 40$.

94
• Cette figure illustre cette courbe d'offre avec une fonction de coût linéaire.

o À 𝑝 ≥ 40, l'entreprise produit


autant que possible.
o À 𝑝 < 40, l'entreprise trouve
optimal de ne rien offrir.

• Supposons maintenant que la fonction de coût de l'entreprise soit 𝑇𝐶(𝑞) = 40𝑞 2 , qui est
convexe en 𝑞.

• La condition 𝑝 = 𝑀𝐶 devient 𝑝 = 80𝑞.


𝑝
• En résolvant pour 𝑞, nous trouvons la courbe d'offre de l'entreprise, 𝑞 = 80
• Cette figure illustre cette courbe d'offre avec une fonction de coût convexe.
𝑝
o 𝑞= commence à zéro et
80
augmente en 𝑝 avec une pente
1
de 80.
o Plus le prix augmente,
l'entreprise offre davantage
d'unités.

4. Courbes d'offre

4.1. Offre de l'entreprise individuelle


• Nous utilisons le résultat du PMP de l'entreprise, 𝑝 = 𝑀𝐶(𝑞), pour obtenir la courbe d'offre
de l'entreprise.
o La correspondance de l'axe vertical à l'axe horizontal indique, pour chaque prix 𝑝,
combien d'unités l'entreprise produit pour maximiser ses profits.

95
• À long terme, il n'y a pas de coûts fixes, et la courbe de coût moyen 𝐴𝐶(𝑞) ne comprend
que les coûts variables.
L'entreprise pourrait fournir des
unités de production même
lorsque le prix du marché ppp
tombe en dessous de 𝐴𝐶(𝑞), mais
avec des pertes.
Alors, cette stratégie de
production ne serait jamais
choisie.
La courbe d'offre peut être donnée
par 𝑝 = 𝑀𝐶(𝑞), mais uniquement
sur le segment de 𝑀𝐶(𝑞) qui se
situe au-dessus de 𝐴𝐶(𝑞).

Exemple 9.2 : Trouver la courbe d'offre à long terme.

• Considérons une entreprise avec 𝑇𝐶(𝑞) = −5𝑞 + 2𝑞 2


o En différenciant 𝑇𝐶(𝑞) par rapport à 𝑞, nous trouvons :

𝜕𝑇𝐶(𝑞)
𝑀𝐶(𝑞) = = −5 + 4𝑞
𝜕𝑞

o En posant 𝑝 = 𝑀𝐶(𝑞) et en résolvant pour 𝑞, 𝑝 = −5 + 4𝑞.

𝑝+5 𝑝 5
q= = +
4 4 4

o Cette courbe, cependant, n'est pas nécessairement la courbe d'offre de l'entreprise.


Pour la trouver, nous devons d'abord trouver la courbe de coût moyen de l'entreprise

𝑇𝐶(𝑞) −5𝑞+2𝑞 2
𝐴𝐶(𝑞) = = = −5 + 2𝑞.
𝑞 𝑞

96
• Pour obtenir le point où 𝑀𝐶(𝑞) et 𝐴𝐶(𝑞) se croisent, nous fixons 𝑀𝐶(𝑞) = 𝐴𝐶(𝑞) :

−5 + 4𝑞 = −5 + 2𝑞 ⟹ 𝑞 = 0

o À 𝑞 = 0, 𝑀𝐶(0) = −5 + 4 × 0 = −5.

o Nous résumons nos résultats avec la fonction d'offre :

𝑝 5
𝑞(𝑝) = {4 + 4 𝑠𝑖 𝑝 > 0
0 𝑠𝑖𝑛𝑜𝑛
10 5 15
• Si le prix du marché est 𝑝 = 10, 𝑞 = + = = 3.75 unités.
4 4 4
16 5 21
• Si le prix du marché est 𝑝 = 16, 𝑞 = + = = 5.25 unités.
4 4 4

4.2. Offre du marché


• Nous obtenons l'offre du marché en agrégeant la courbe d'offre individuelle de chaque
entreprise.
o En additionnant horizontalement toutes les demandes individuelles de l'industrie.

Exemple 9.3 : Trouver l'offre du marché.

• Considérons 𝑁 entreprises, chacune avec la courbe d'offre individuelle trouvée dans


l'exemple 9.2 :
𝑝 5
𝑞(𝑝) = {4 + 4 𝑠𝑖 𝑝 > 0
0 𝑠𝑖𝑛𝑜𝑛
• L’offre du marché est 𝑁 × 𝑞(𝑝),
𝑝 5
𝑞(𝑝) = {𝑁 4 + 4)
( 𝑠𝑖 𝑝 > 0
0 𝑠𝑖𝑛𝑜𝑛

10 5
• À 𝑝 = 10$, chaque entreprise fournit 𝑞 = + 4 = 3.75 unités, ce qui implique une offre
4
agrégée de 𝑁 × 3.75 unités de production.

4.3. Courbe d'offre à court terme


• L'analyse précédente considère l'approche à long terme (c'est-à-dire que la quantité de tous
les inputs pourrait être modifiée).

97
• Nous analysons ensuite comment la courbe d'offre de l'entreprise est affectée si le
gestionnaire opère dans un scénario à court terme (c'est-à-dire que la quantité d'au moins
un intrant est fixe).

• Considérons
𝑇𝐶(𝑞) = 𝑎 + 𝑏𝑞 + 𝑐𝑞 2 ,
où 𝑎 ≥ 0 capture le coût fixe, 𝐹𝐶 (c'est-à-dire la partie des coûts totaux qui n'est pas
affectée par les variations de production).
𝑏𝑞 + 𝑐𝑞 2 , qui dépend de 𝑞, mesure les coûts variables de l'entreprise, 𝑉𝐶(𝑞).

o Dans ce scénario, le coût moyen devient

𝑇𝐶(𝑞) 𝑎
𝐴𝐶(𝑞) = = + 𝑏𝑞 + 𝑐𝑞
𝑞 𝑞
𝑎
où 𝑞 ≥ 0 est le coût fixe moyen, 𝐴𝐹𝐶(𝑞).
𝑏𝑞 + 𝑐𝑞, désigne le coût variable moyen, 𝐴𝑉𝐶(𝑞).

o Parce que 𝐴𝐶(𝑞) = 𝐴𝐹𝐶(𝑞) + 𝐴𝑉𝐶(𝑞), 𝐴𝐹𝐶 = 𝐴𝐶(𝑞) − 𝐴𝑉𝐶(𝑞).


o 𝐴𝐶(𝑞) se situe au-dessus 𝐴𝑉𝐶(𝑞).
o La courbe 𝐴𝐶(𝑞) se situe au-dessus de la courbe 𝐴𝑉𝐶(𝑞).

• Pour la généralité, nous pouvons permettre qu'une part du coût fixe, 𝑎, soit irrécupérable
(non récupérable) ou non irrécupérable (récupérable),
𝑎 = 𝑎𝑠 + 𝑎𝑁𝑆 ,
où 𝑎𝑠 représente le coût fixe irrécupérable ;
𝑎𝑁𝑆 représente le coût fixe récupérable.

98
• Dans ce contexte, le coût fixe moyen de l'entreprise est
𝑎 𝑎𝑠 +𝑎𝑁𝑆
𝐴𝐹𝐶(𝑞) = 𝑞 = .
𝑞

𝑎𝑁𝑆
• Et le coût moyen non irrécupérable est 𝐴𝑁𝑆𝐶(𝑞) = + 𝑏 + 2𝑞, qui est inférieur à
𝑞
𝐴𝐶(𝑞), mais supérieur à 𝐴𝐹𝐶(𝑞).
o 𝐴𝑁𝑆𝐶(𝑞) est inférieur à 𝐴𝐶(𝑞).

• Quelle est la courbe d'offre de l'entreprise dans un contexte à court terme ?


o En modifiant sa décision de production, l'entreprise peut éviter 𝐴𝑉𝐶(𝑞) et ses coûts
non irrécupérables, mais elle ne peut pas récupérer les coûts irrécupérables.
o L'entreprise produira des quantités positives tant que le prix du marché dépasse son
𝐴𝑁𝑆𝐶 car ses coûts non irrécupérables agrègent toutes ces catégories de coûts qui
peuvent être évitées ou récupérées.
o Le prix de fermeture dans un scénario à court terme se situe exactement au
minimum de l' 𝐴𝑁𝑆𝐶, au point où 𝐴𝑁𝑆𝐶 croise 𝑀𝐶(𝑞).

Exemple 9.4 : Trouver la courbe d'offre à court terme.

• Considérons une entreprise avec la même fonction 𝑇𝐶 que dans l'exemple 9.2, mais avec
10 $ de coûts fixes,
𝑇𝐶(𝑞) = 10 − 5𝑞 + 2𝑞 2 .
o Supposons que ce coût fixe soit réparti équitablement en 5 $ de coûts irrécupérables
et 5 $ de coûts récupérables.
o Dans l'exemple 9.2, nous avons trouvé 𝑀𝐶(𝑞) = 5 − 4𝑞.
o L'expression des coûts récupérables est donnée par 𝑁𝑆𝐶(𝑞) = 5 − 5𝑞 + 2𝑞 2

𝑁𝑆𝐶(𝑞) 5
o Ensuite, le coût moyen récupérable est 𝐴𝑁𝑆𝐶(𝑞) = = 𝑞 − 5 + 2𝑞.
𝑞

99
o En posant 𝑀𝐶(𝑞) = 𝐴𝑁𝑆𝐶(𝑞), nous trouvons leur point d’intersection,

5 5
5 + 4𝑞 = 𝑞 − 5 + 2𝑞 ⟹ 2𝑞 = 𝑞 .

o En résolvant pour 𝑞, 𝑞 = √2.5 = 1.58 unités.


o En insérant ce niveau de production dans la courbe 𝑀𝐶(𝑞), nous trouvons le prix
dans le scénario à court terme,

𝑝 = −5 + (4 × 1.58) = 1.32 $.

• En résumé, la courbe d'offre à court terme de l'entreprise est


𝑝 5
𝑞(𝑝) = {4 + 4 𝑠𝑖 𝑝 > 1.32 $
0 𝑠𝑖𝑛𝑜𝑛

• En comparant l'offre à court terme avec l'offre à long terme dans l'exemple 9.2,
𝑝 5
𝑞(𝑝) = {4 + 4 𝑠𝑖 𝑝 > 0
0 𝑠𝑖𝑛𝑜𝑛

o À court terme, l'entreprise a besoin d'un prix plus élevé pour commencer à produire
des quantités positives, 1.32 $, qu'à long terme, 0 $.
o À court terme, certains coûts sont fixes et irrécupérables, ce qui incite l'entreprise
à commencer à produire seulement lorsqu'elle fait face à un prix élevé.

5. Équilibre du marché

5.1. Équilibre à court terme


• À court terme, nous pouvons supposer que le nombre d'entreprises dans l'industrie, 𝑁, est
donné.
o La période est courte (par exemple, un jour ou une semaine) pour empêcher d'autres
entreprises d'entrer ou de sortir de l'industrie.
• Dans ce scénario, pour analyser la production d'équilibre et le prix du marché, nous
pouvons utiliser
o La demande du marché (demande agrégée après avoir additionné toutes les
demandes individuelles) ;
o Et l'offre du marché (offre agrégée après avoir additionné toutes les offres
individuelles).

100
Exemple 9.5 : Trouver la production d'équilibre et le prix à court terme.

• Considérons une demande de marché 𝑞 𝐷 (𝑝) = 100 − 2𝑝.


o Et la courbe d'offre agrégée de l'exemple 9.3,
𝑝 5
𝑞(𝑝) = {𝑁(4 + 4) 𝑠𝑖 𝑝 > 0
0 𝑠𝑖𝑛𝑜𝑛
o Elles se croisent lorsque 𝑞 (𝑝) = 𝑞 𝑆 (𝑝).
𝐷

𝑝 5
100 − 2𝑝 = 𝑁 ( + )
4 4
8𝑝 + 𝑁(5 + 𝑝) = 400

o En résolvant pour 𝑝,

5(80−𝑁)
𝑝= = 8 + 𝑁5(80 − 𝑁), qui diminue avec 𝑁.
8+𝑁

5(80−𝑁)
o Le prix 𝑝 = croise le prix de 1.32 $
8+𝑁

5(80−𝑁)
= 1.32,
8+𝑁

5(80 − 𝑁) = 1.32(8 + 𝑁) ⟹ 𝑁 = 61.62

o Quand 𝑁 ≤ 62 (par exemple, 𝑁 = 10),

5(80 − 𝑁) 5(80 − 10) 350


𝑝= = = ≈ 19.44
8+𝑁 8 + 10 18

5(80 − 𝑁) 110𝑁 110 × 10 1100


𝑞 = 100 − 2 = = = ≅ 61.1
8+𝑁 8+𝑁 8 + 10 18

o Quand 𝑁 > 62 (par exemple, 𝑁 = 90), chaque entreprise fixe sa production


individuelle à zéro, 𝑞 = 0, et la production agrégée est également nulle en équilibre.

5.2.Équilibre à long terme


• Dans un marché parfaitement concurrentiel :
o L'entrée d'entreprises peut se produire si les entrants potentiels peuvent réaliser plus
de profits sur ce marché que dans d'autres industries.
o La sortie d'entreprises peut se produire si les entreprises en place réalisent moins de
profits que dans d'autres industries facilement accessibles.

101
• L'industrie atteint un équilibre lorsqu'aucune entreprise n'a plus d'incitation à entrer ou à
sortir.
o Pour que cela se produise, deux conditions doivent être remplies :
1. Les profits de chaque entreprise sont nuls, 𝑝 = 𝑚𝑖𝑛 (𝐴𝑉𝐶(𝑞)).
2. La demande et l'offre agrégées se croisent, c'est-à-dire 𝑞 𝐷 (𝑝) = 𝑞 𝑆 (𝑝).

Exemple 9.6 : Trouver la production d'équilibre à long terme et le prix.

• Considérons la même demande de marché que dans l'exemple 9.5,

𝑞 𝐷 (𝑝) = 100 − 2𝑝
𝑀𝐶(𝑞) = −4 + 4𝑞, et
10
𝐴𝐶(𝑞) = − 5 + 2𝑞
𝑞

• Parce qu'en équilibre à long terme, la production de chaque entreprise, 𝑞, doit satisfaire
𝑝 = 𝑀𝐶(𝑞) = 𝐴𝐶(𝑞), nous devons avoir que

𝑀𝐶(𝑞) = 𝐴𝐶(𝑞)
10
−5 + 4𝑞 = − 5 + 2𝑞,
𝑞
10
2𝑞 = ,
𝑞
𝑞 2 = 5,
𝑞 = √5 = 2.24 unités

• 𝑞 = 2.24 unités est le niveau de production où la courbe 𝑀𝐶(𝑞) croise 𝐴𝐶(𝑞) à son
minimum.
• Toutes les entreprises produisent une production de 𝑞 = 2.24 unités, à un prix d'équilibre
de 𝑝 = 𝑀𝐶(2.24) = −5 + (4 × 2.24) = 3.94 $, qui est le prix (de fermeture) dans ce
scénario.

o Ensuite, nous utilisons la deuxième condition (aucune incitation à entrer ou à sortir)


pour obtenir le nombre d'entreprises opérant en équilibre, 𝑁 ∗ .
𝑝 5
o Nous posons 𝑞 𝐷 (𝑝) = 𝑞 𝑆 (𝑝), 100 − 2𝑝 = 𝑁 (4 + 4)
o En insérant le prix d'équilibre, 𝑝 = 3.94 $, dans cette expression, nous trouvons
que le nombre d'entreprises en équilibre est
3.94 5
100 − (2 × 3.94) = 𝑁 ( + )
4 4
92.12
𝑁∗ = = 41.21 (c’est-à-dire 41 entreprises sont actives dans l’industrie)
2.23

102
• À mesure que la demande augmente, 𝑁 ∗ augmente également.
o Par exemple, si la demande augmente de 𝑞 𝐷 (𝑝) = 100 − 2𝑝 à 𝑞 𝐷 (𝑝) = 4000 −
2𝑝, le nombre d'entreprises en équilibre passe à 𝑁 ∗ = 1786.
o Parce que toutes les entreprises produisent la même production, 𝑞 = 2.24 unités,
une augmentation de la demande attire plus d'entreprises dans l'industrie.

6. Surplus du producteur

• Le surplus du producteur (PS) est la différence entre le prix que le producteur reçoit pour
son produit, 𝑝, et son coût marginal pour produire cette unité.
o Graphiquement, le 𝑃𝑆 est représenté par la zone en dessous du prix du marché 𝑝 et
au-dessus de la courbe d'offre de l'entreprise, car cette dernière est trouvée en posant
𝑝 = 𝑀𝐶(𝑞) et en résolvant pour 𝑞.
o Rappelons que 𝑀𝐶(𝑞) vient de
𝜕𝑇𝐶(𝑞)
𝑀𝐶(𝑞) = ;
𝜕𝑞

et 𝑇𝐶(𝑞) était le résultat de la minimisation des coûts de l'entreprise.


• Le 𝑃𝑆 mesure la marge bénéficiaire que l'entreprise réalise en comparant le prix qu'elle
reçoit pour chaque unité avec l'augmentation minimale des coûts de production d'une unité
supplémentaire.

Exemple 9.7 : Trouver le surplus du producteur.

• Considérons la fonction d'offre trouvée dans l'exemple 9.6,


𝑝 5
𝑝 = −5 + 4𝑞 ⇒ 𝑞 = 4 + 4 .

o Le prix (de fermeture) était 𝑝 𝑠ℎ𝑢𝑡𝑑𝑜𝑤𝑛 = 3,94 $.


o Nous évaluons le 𝑃𝑆 lorsque le prix du marché est 𝑝 = 15 $.

103
où 𝑝 = 15 $ est le prix du marché ; 𝑝 𝑠ℎ𝑢𝑡𝑑𝑜𝑤𝑛 = 3.94$ est le prix (de fermeture) ; 𝑞 𝑠ℎ𝑢𝑡𝑑𝑜𝑤𝑛 =
15 5 20
2.24 unités produit au prix (de fermeture) ; et 𝑞 = +4= = 5 unités vendues à 𝑝 = 15 $
4 4

Ainsi,

7. Équilibre général

• Nous étendons notre analyse à des marchés avec plus d'un bien.
o Nous cherchons à trouver des prix d'équilibre pour lesquels la demande et l'offre de
chaque bien sont compatibles les unes avec les autres.
o Pour simplifier, considérons des marchés avec deux biens, 1 et 2.

• Une dotation 𝓮 ≡ (ℯ1𝐴 , ℯ2𝐴 ; ℯ1𝐵 , ℯ2𝐵 ) représente la quantité de biens 1 et 2 que les
consommateurs 𝐴 et 𝐵 possèdent lorsqu'ils ne commercent pas.

o Exemple : ℯ = (4,1; 2,3).

• La dotation 𝓮 = (4,1; 2,3) représentée en utilisant le diagramme d’Edgeworth

o La longueur de l'axe vertical représente la dotation totale du bien 2, ℯ2𝐴 + ℯ2𝐵 = 4


unités.
o La longueur de l'axe horizontal représente la dotation totale du bien 1, ℯ1𝐴 + ℯ1𝐵 =
6 unités.

• Une allocation 𝔁 = (𝓍1𝐴 , 𝓍2𝐴 ; 𝓍1𝐵 , 𝓍2𝐵 ) liste la quantité de biens 1 et 2 que les
consommateurs 𝐴 et 𝐵 consomment.
o L'allocation 𝔁 peut différer de la dotation initiale ℯ si les individus commercent
entre eux.
104
o Une allocation 𝔁 est faisable si 𝔁 ≤ 𝓮 ; c'est-à-dire que la quantité totale que tous
les individus consomment, 𝔁, ne dépasse pas la quantité totale qu'ils possédaient
initialement, 𝓮.
𝓍1𝐴 + 𝓍1𝐵 ≤ ℯ1𝐴 + ℯ1𝐵 pour le bien 1, et

𝓍2𝐴 + 𝓍2𝐵 ≤ ℯ2𝐴 + ℯ2𝐵 pour le bien 2.


• La faisabilité dit que l'allocation que les consommateurs 𝐴 et 𝐵 consomment ne peut pas
se trouver en dehors de la boîte (voir la dotation ℯ sur la figure 9.8).

7.1. Prix d'équilibre


• Prix d'équilibre. Un vecteur de prix (𝑝1, 𝑝2) est en équilibre s'il permet d’équilibrer les
marchés pour les deux biens, 1 et 2.
o La demande de chaque bien 𝑗 = {1,2} de tous les individus dans l'économie (la
"demande agrégée") coïncide avec l'offre de ce bien dans l'économie (la "demande
d'offre"), 𝑞𝑗𝐷 (𝑝𝑗 ) = 𝑞𝑗𝑠 (𝑝𝑗 ).
▪ Si 𝑞𝑗𝐷 (𝑝𝑗 ) > 𝑞𝑗𝑠 (𝑝𝑗 ), les agents pourraient facturer un prix plus élevé,
impliquant que le prix initial n'était pas en équilibre.
▪ Si 𝑞𝑗𝐷 (𝑝𝑗 ) < 𝑞𝑗𝑠 (𝑝𝑗 ), les acheteurs ne seraient pas prêts à payer aussi cher
pour le bien , ce qui va forcer les offreurs à baisser le prix.
o Lorsque 𝑞𝑗𝐷 (𝑝𝑗 ) = 𝑞𝑗𝑠 (𝑝𝑗 ), les offreurs et les demandeurs (acheteurs) n'ont aucun
incitatif à augmenter ou à diminuer les prix.
• Pour simplifier, considérons une "économie de troc" sans production, où les
consommateurs 𝐴 et 𝐵 vendent les dotations qu'ils ne consomment pas.
o L'offre de bien 𝑗 = {1,2} est donnée par la quantité totale de bien j dans les dotations
des consommateurs A et B.
o La demande du consommateur A est obtenue en résolvant son problème
d'optimisation sous contrainte, ce qui donne la condition de tangence,

o De même, la demande du consommateur B est obtenue par une condition similaire.

𝑝1
o Les demandes de ces deux individus sont compatibles si le rapport de prix 𝑝2
satisfait

105
• Cette condition dit que le marché est en équilibre lorsque les courbes d'indifférence des
consommateurs A et B sont tangentes.
o Leurs pentes, capturées par le taux marginal de substitution (TMS), coïncident.

Exemple 9.8 : Trouver une allocation et un prix d'équilibre.

• Considérons 2 consommateurs avec une fonction d'utilité Cobb-Douglas 𝑢𝑖 (𝑥1𝑖 , 𝑥2𝑖 ) =


𝑥1𝑖 𝑥2𝑖 pour chaque consommateur 𝑖.

o Les dotations initiales sont :


▪ 𝑒1𝐴 , 𝑒2𝐴 = (100, 350) pour le consommateur A;
▪ 𝑒1𝐵 , 𝑒2𝐵 = (100, 50) pour le consommateur B.

• Les consommateurs ont des préférences symétriques, mais commencent avec des dotations
asymétriques.
• Consommateur A. En utilisant sa condition de tangence

o En insérant ce résultat dans la contrainte budgétaire du consommateur A,

o Ce qui simplifie en une demande pour le bien 1 du consommateur A :

𝑝
o En remplaçant 𝑥1𝐴 = 50 + 175 𝑝2 dans la condition de tangence
1

o En résolvant pour 𝑥2𝐴 , on obtient la demande du consommateur A pour le bien 2.

106
• Consommateur B. En utilisant la condition de tangence

o En suivant les mêmes étapes que pour le consommateur A, nous obtenons que les
demandes du consommateur B sont :

o Enfin, nous trouvons les prix d'équilibre. En insérant les demandes pour le bien 1
des consommateurs A et B dans la condition de faisabilité

𝑝 𝑝 1
o En résolvant pour 𝑝2, nous trouve le ratio du prix d’équilibre de 𝑝2 = 2.
1 1
• En insérant ce ratio de prix dans les demandes des consommateurs, on obtient une
allocation d'équilibre :
o 𝑥1𝐴 = 137.5 et 𝑥2𝐴 = 275
o 𝑥1𝐵 = 62.5 et 𝑥2𝐵 = 125
• Par rapport à la dotation initiale :
o Le consommateur A renonce à 350 - 275 = 75 unités du bien 1 pour obtenir (137.5
- 100 = 37.5 unités du bien 1 supplémentaires.
o Le consommateur B gagne 75 unités du bien 1 et renonce à 37.5 unités du bien 2.

107
• Enfin, nous montrons que les deux consommateurs sont mieux lotis grâce à l'échange.
o L'utilité du consommateur A est :
▪ avec la dotation initiale : 350 × 100 = 35000,
▪ avec l'allocation d'équilibre : 275 × 137.5 = 37812.5.
o L'utilité du consommateur B est :
▪ avec la dotation initiale : 50 × 100 = 5000,
▪ avec l'allocation d'équilibre : 62.5 × 125 = 7,812.5.

7.2. Allocation efficace


• Nous examinons ensuite si les allocations d'équilibre sont efficaces.
o - Si l'allocation d'équilibre, lorsque les individus échangent des biens, est efficace,
aucune intervention gouvernementale n'est nécessaire.
o - Considérons deux hypothèses :
▪ 1. La fonction d'utilité de chaque consommateur est strictement croissante
par rapport au bien qu'il consomme, sans être affectée par la quantité de
biens consommée par l'autre individu.
▪ 2. Les marchés pour les biens 1 et 2 existent avec des prix 𝑝1 et 𝑝2 , que tous
les consommateurs prennent pour une donnée.
• Une allocation réalisable 𝒙 est efficace si l'on ne peut pas trouver une autre allocation
réalisable 𝒚 qui augmente strictement l'utilité d'au moins un individu sans réduire l'utilité
d'un autre individu.
o L'efficacité implique que les courbes d'indifférence des consommateurs A et B
doivent être tangentes, du fait qu’elles ont la même pente,

108
• Premier théorème du bien-être. Chaque allocation d'équilibre est efficace.
o L'allocation d'équilibre qui émerge lorsque les individus sont autorisés à échanger
ne peut pas être améliorée par un planificateur social qui réaffecte les biens entre
les consommateurs.
• Cependant, les marchés ne sont pas toujours efficaces. Ils sont efficaces tant que les
hypothèses (1) et (2) sont respectées.
o L'hypothèse (1) est violée lorsque les consommateurs se soucient de la quantité de
biens que d'autres consomment (exprimant de l'envie ou de la culpabilité).
o L'hypothèse (2) est violée lorsque le marché pour l'un des biens n'existe pas (par
exemple, un bien "mauvais" comme la pollution) ou, s'il existe, que les
consommateurs ont un pouvoir de marché, ne tenant pas compte des prix comme
étant donnés.
Exemple 9.9 : Trouver des allocations efficaces.
• 𝐴
Considérons les consommateurs de l'exemple 9.8. La condition de tangence 𝑀𝑅𝑆1,2 =
𝐵
𝑀𝑅𝑆1,2 donne :

o Les conditions de faisabilité pour le bien 1 et le bien 2 disent :

o En insérant ces équations de faisabilité dans la condition de tangence :

o Qu’on peut simplifier comme suit 𝑥2𝐴 = 2𝑥1𝐴


o Pour qu'une allocation soit efficace :
▪ Le consommateur A doit bénéficier de deux fois plus d'unités du bien 2 que
du bien 1.
▪ Le consommateur B doit bénéficier des unités restantes 𝑥1𝐵 = 200 − 𝑥1𝐴
unités du bien 1 et 𝑥2𝐵 = 400 − 𝑥2𝐴 unités du bien 2.
• L'allocation d'équilibre trouvée dans l'exemple 9.8 est-elle efficace ?
o Pour être efficace, la condition 𝑥2𝐴 = 2𝑥1𝐴 trouvée dans l'exemple 9.9 doit être
satisfaite.

109
o Oui ! L'allocation d'équilibre dans l'exemple 9.8 pour le consommateur A, 𝑥1𝐴 =
137.5 et 𝑥2𝐴 = 275, est efficace car :

o L'allocation d'équilibre se trouve sur la ligne des allocations efficaces.

• De manière informelle, le premier théorème du bien-être dit que si nous laissons les forces
du marché agir, un planificateur social ne pourra pas améliorer le bien-être.
o Ce théorème fournit un argument contre l'intervention sur le marché.
o Une question naturelle est de savoir si la relation inverse de celle du premier
théorème du bien-être tient également :
Peut-on dire que chaque allocation efficace peut émerger comme un résultat
d'équilibre ?
• Deuxième théorème du bien-être. Considérons une allocation efficace 𝑥̅ , et une
redistribution de la dotation initiale, de 𝒆 à 𝒆̅, qui satisfait 𝒑𝒆̅𝒊 = 𝒑𝒙
̅𝒊 pour chaque individu
𝑖 = {𝐴, 𝐵}. Alors, chaque allocation efficace peut être soutenue comme une allocation
d'équilibre donnée la nouvelle dotation 𝒆̅.
o Considérons un scénario où la société préfère, parmi toutes les allocations efficaces,
une allocation spécifique 𝒙 ̅.
o Le théorème dit que cette allocation peut émerger en équilibre si nous redistribuons
les dotations initiales et permettons aux individus d'échanger.
o Une façon de redistribuer les dotations est de taxer certains consommateurs et de
distribuer le montant collecté parmi d'autres sous forme de subvention.

110
Exemple 9.11 : Tester le deuxième théorème du bien-être.
• Les allocations efficaces dans l'exemple 9.9 satisfont 𝑥2𝐴 = 2𝑥1𝐴 , où 𝑥1𝐴 𝜖[0, 200] .
o Une allocation spécifique satisfaisant cette condition est :
▪ Pour le consommateur A :

▪ Ce qui laisse pour le consommateur B :

• Quelle redistribution de la dotation initiale peut conduire à l'émergence d'une telle


allocation en équilibre ?
o À partir de l'allocation d'équilibre dans l'exemple 9.8, nous savons que

o Cette allocation efficace peut être mise en œuvre si le planificateur social :


▪ impose une taxe 𝑡𝐵 > 0 à l'individu B,
▪ avec le montant collecté allant à l'individu A sous forme de subvention
(techniquement comme une « taxe négative », 𝑡𝐴 < 0.
• Consommateur A. La contrainte budgétaire du consommateur A en termes de subvention
𝑡𝐴 qu'elle reçoit est :

o Après avoir substitué l'équation (9.2), 𝑝1 𝑥1𝐴 + 𝑝2 𝑥2𝐴 , et sa dotation initiale


(𝑒1𝐴 , 𝑒2𝐴 ) = (100, 350),

o En résolvant pour 𝑥1𝐴 :

111
• Nous allons maintenant prendre 𝑥1𝐴 et effectuer les étapes suivantes :
o 1. Insérer l'allocation efficace spécifique que nous cherchons à mettre en œuvre :
(𝑥1𝐴 , 𝑥2𝐴 , 𝑥1𝐵 , 𝑥2𝐵 ) = (100, 200, 100, 200)
𝑝 1
o 2. Insérer le ratio de prix d'équilibre 𝑝2 = 2.
1
o 3. Normaliser le prix du bien 2, de sorte qu'en équilibre 𝑝2 = 1$, 𝑝1 = 2$:
o Alors, nous avons :

o 𝑡𝐴 = −150$ (une subvention de 150$ au consommateur A).


• Consommateur B. En appliquant la même logique, nous exprimons la contrainte
budgétaire du consommateur B en termes de la taxe 𝑡𝐵 qu'elle doit payer :

o Après avoir substitué l'équation (9.3), 𝑝1 𝑥1𝐵 + 𝑝2 𝑥2𝐵 , et sa dotation initiale


(𝑒1𝐵 , 𝑒2𝐵 ) = (100, 50),

o En résolvant pour 𝑥1𝐵 :

• Après avoir appliqué les étapes 1 à 3,

o 𝑡𝐵 = 150$ (une taxe de 150$ au consommateur B).


• Enfin, nous confirmons que la taxe imposée sur le consommateur B :
𝑡𝐵 = 150$
coïncide avec la subvention accordée au consommateur :
𝑡𝐴 = −150$

o Ainsi, le schéma de redistribution est neutre.

112
7.3. Ajouter la production à l’économie

• Jusqu’à présent, nous avons considéré des économies d'échange, sans production.
o Lorsque nous permettons aux entreprises d'intervenir, l'analyse reste valable, mais
de nouveaux éléments apparaissent.
• Allocations d'équilibre.
o Nous avons toujours besoin que chaque consommateur 𝑖 résolve son UMP, ce qui
𝑖 𝑝
donne la condition de tangence 𝑀𝑅𝑆1,2 = 𝑝1.
2
o Mais nous exigeons que chaque entreprise 𝑗 résolve son PMP, ce qui donne la
𝑗 𝑝
condition de tangence 𝑀𝑅𝑇1,2 = 𝑝1, qui désigne le taux de transformation marginal
2
de l'input 𝑗 (tel que le travail).

𝑗 𝑝
• La condition de tangence 𝑀𝑅𝑇1,2 = 𝑝1 indique que l'entreprise réorganise l'utilisation de
2
chaque entrée 𝑗 entre les productions des biens 1 et 2 jusqu'à ce que leur productivité
𝑀𝑃 1 𝑝
relative, 𝑀𝑃𝑗2, coïncide avec le rapport de prix de ces biens, 𝑝1.
𝑗 2

o En résumé, une allocation d'équilibre avec production exige

• Allocations efficaces.
o La définition de l'efficacité s'applique toujours.
▪ Une allocation est efficace si nous ne pouvons pas trouver une autre
allocation réalisable qui améliore strictement au moins un consommateur
sans rendre d'autres consommateurs moins bien lotis.
𝑖
▪ Mathématiquement, l'efficacité avec production exige que 𝑀𝑅𝑆1,2 =
𝑗
𝑀𝑅𝑇1,2, c'est-à-dire que le taux auquel les consommateurs sont prêts à
échanger des biens coïncide avec le taux auquel les entreprises sont capables
de transformer un bien en un autre.
o Les premiers et deuxièmes théorèmes du bien-être tiennent également.

113
CHAPITRE 8.
LE MONOPOLE
1. Introduction
• Barrières à l'entrée
• Problème de maximisation du profit (PMP)
• Index de Lerner et règle de tarification par élasticité inverse
• Monopole multi-usines
• Analyse du bien-être sous monopole
2. Barrières à l’entrée
« Pourquoi les monopoles existent-ils en premier lieu s'ils sont mauvais pour la société ? »

• Barrières structurelles : Les entreprises en place peuvent bénéficier d'avantages peu


attrayants pour les nouveaux entrants.
o Avantage de coût (par exemple, technologie supérieure)
o Avantage de demande (par exemple, un large groupe de clients fidèles)
• Barrières légales : Les entreprises en place peuvent être protégées légalement.
o Exemple : Brevets.
• Barrières stratégiques : Les entreprises en place peuvent prendre des mesures pour
décourager l'entrée, en se forgeant une réputation de concurrent difficile.
o Exemple : Guerres de prix.
3. Problème de maximisation du profit
• Dans une industrie monopolisée,
o Une seule entreprise décide du niveau de production, 𝑞 = 𝑄.
o Une variation de 𝑞 affecte les prix du marché, comme mesuré par la fonction de
demande inverse 𝑝(𝑞), qui diminue en fonction de 𝑞.
o Exemple (demande inverse linéaire) :
p = a − bq, où 𝑎, 𝑏 > 0
▪ Lorsque le monopole vend peu d'unités (faibles valeurs de 𝑞), les
consommateurs sont prêts à payer un prix relativement élevé pour le bien
rare.
▪ À mesure que l'entreprise offre plus d'unités (valeurs élevées de 𝑞), les
consommateurs sont prêts à payer moins pour le bien relativement
abondant.

114
• PMP : Le monopoleur choisit son niveau de production 𝑞 pour maximiser ses profits.

• En différenciant par rapport à 𝑞,

• En réarrageant,

• Par conséquent, pour maximiser ses profits, le monopoleur augmente sa production 𝑞


jusqu'à ce que
MR = MC.
o Si 𝑀𝑅(𝑞) > 𝑀𝐶(𝑞), le monopoleur aura des incitations à augmenter sa production
𝑞 car ses revenus augmentent plus que ses coûts.
o Si 𝑀𝑅(𝑞) < 𝑀𝐶(𝑞), le monopoleur aura des incitations à réduire sa production 𝑞.
• Un examen plus approfondi du revenu marginal,

• Lorsqu'un monopoleur augmente sa production d'une unité, cette unité supplémentaire


produit deux effets sur les revenus de l'entreprise :
o Effet positif. Si l'entreprise vend 1 unité de plus, elle gagne 𝑝(𝑞), et les revenus de
l'entreprise augmentent.
o Effet négatif. En offrant 1 unité de plus, l'entreprise doit réduire le prix des unités
précédemment vendues, 𝜕𝑝(𝑞)/𝜕𝑞 < 0.
• En résumé, l'effet total de l'augmentation de la production doit compenser exactement les
coûts supplémentaires de la production d'une unité supplémentaire, 𝑀𝑅(𝑞) = 𝑀𝐶(𝑞).
• Exemple 10.1 : Effets positifs et négatifs de la vente de plus d'unités.
o Considérons 𝑝(𝑞) = 10 − 3𝑞.
o Si l'entreprise augmentait marginalement sa production,
MR(q) = p(q) + ∂p(q)/ ∂q
= 10 − 3q + (−3q)
= 10 − 6q.

115
o Si l'entreprise vend 𝑞 = 2 unités,
TR(2) = p(2) × 2 = (10 − 3 × 2) × 2 = 8 $.
• L'évaluation de 𝑀𝑅(𝑞) pour 𝑞 = 2 unités donne :
𝑀𝑅(2) = 10 − 3 × 2 + (−3 × 2) = 4 − 6 = −2 $.

• Les revenus du monopoleur subissent :


o Un effet positif de 4 $ car il vend maintenant 1 unité de plus au prix de 4 $.
o Un effet négatif car vendre 1 unité supplémentaire nécessite une réduction de prix
de 3 $ sur toutes les unités précédentes.
• Globalement, ces deux effets engendrent une diminution nette des revenus de 2 $.
• Exemple 10.2 : Trouver le revenu marginal avec une demande linéaire.
o Considérons 𝑝(𝑞) = 𝑎 − 𝑏𝑞. Le revenu marginal est donné par :

• Deux propriétés de la courbe de revenu marginal :


1) 𝑀𝑅(𝑞) se situe en dessous de la courbe de demande. Nous avons :

• 2) 𝑀𝑅(𝑞) et la courbe de demande commencent à la même hauteur. À 𝑞 = 0,

• Exemple 10.3 : Trouver la production du monopole avec une demande linéaire.


o Considérons 𝑝(𝑞) = 𝑎 − 𝑏𝑞, et 𝑇𝐶(𝑞) = 𝑐𝑞, où 𝑐 > 0.
o Le monopoleur maximise ses profits en résolvant

116
o En différenciant par rapport à 𝑞, on obtient :
a − 2bq − c = 0.
o En réarrangeant, on a :

o En réarrangeant,

a − c = 2bq
o En résolvant pour l’output q,

o Nous trouvons le prix du monopole en insérant ce niveau de production dans la


fonction de demande inverse :

o Le profit du monopole est

117
o Le surplus du consommateur pour ce monopole est :

• Si la fonction de demande inverse est 𝑝(𝑞) = 10 − 𝑞 (c'est-à-dire, 𝑎 = 10 et 𝑏 = 1), et que le


coût total est 𝑇𝐶(𝑞) = 4𝑞 (c'est-à-dire, 𝑐 = 4), nous pouvons calculer la production et le prix
du monopole comme suit :

4. L’index de Lerner et la règle de tarification par élasticité inverse


• Nous pouvons réécrire la condition de maximisation du profit pour le monopole, MR(q) =
MC(q), afin de montrer une relation entre la marge, p − MC(q), et l'élasticité prix, 𝜀𝑞,𝑝 .

• La recette marginale (RM) peut être réarrangée comme suit :

• En substituant cette expression de MR(q) dans MR(q) = MC(q) , on obtient :

118
• En réarrangeant, on a :
1 1
p + pε = MC(q) ou p − MC(q) = −p ε
q,p q,p

• En divisant les deux côtés par 𝑝, cela donne :

o Expression connue sous le nom de l’index de Lerner.


▪ La capacité d'un monopole à fixer un prix au-dessus du coût marginal est
inversement liée à l'élasticité prix de la demande.

• L' Index de Lerner est également connu sous le nom d' index de marge car il mesure la
marge du prix par rapport au coût marginal.
o Lorsque la demande devient relativement élastique (c'est-à-dire un nombre plus
négatif), la marge sur le prix diminue.
o Exemple : 𝜀𝑞,𝑝 = −4,

o La marge de prix au-dessus du coût marginal diminue à 25 %.


• Lorsque la demande devient relativement inélastique, la marge de prix augmente.
o Exemple : Si 𝜀𝑞,𝑝 = −0.25,

o Ce qui signifie une marge de prix de 200 % au-dessus du coût marginal.


• Exemple 10.6 : Indice de Lerner avec une demande linéaire.
o Considérons que la fonction de demande inverse du marché est p(q) = 10 − q.
o En résolvant pour 𝑞, nous obtenons la demande directe : q(p) = 10 − p.
o Ce qui donne l’élasticité de

119
o En supposant que M(q) = 4, l’index de Lerner devient

• En réarrangeant les termes,

o Ce qui se simplifie en p − 4 = 10 − p
o En résolvant pour le prix, p = 7$

• Exemple 10.7 : Indice de Lerner avec une demande à élasticité constante.


o Considérons qu'un monopole fait face à la courbe de demande donnée par :

• Supposons que le coût marginal MC(q) = 4, l’index de Lerner devient

• Si la courbe de demande est 𝑞(𝑝) = 5𝑝−2 (c’est-à-dire 𝜀 = −2),

Que l’on peut simplifier comme suit : −2𝑝 + 8 = −𝑝 ou 𝑝 = 8$

• Si la fonction de demande change et devient 𝑞(𝑝) = 5𝑝−5


20
𝑝= =5
4
À mesure que la demande devient plus élastique, le prix diminue.

120
• Règle de tarification par élasticité inverse
o En prenant l’index de Lerner et en résolvant pour le prix,

o Connu sous le nom de la tarification par élasticité inverse.


o Exemple : si MC(q) = 4$ et 𝜀𝑞,𝑝 = −2

5. Monopole multi-usines
• Considérons un monopole produisant dans deux usines :
o 𝑞1 est la production de l'usine 1,
o 𝑞2 est la production de l'usine 2,
o 𝑄 = 𝑞1 + 𝑞2 représente la production totale à travers les usines.
• Le monopole maximise les profits globaux provenant des deux usines.

• En dérivant la fonction de profit totale 𝜋 par rapport à 𝑞1 , nous obtenons :

• En dérivant la fonction de profit totale 𝜋 par rapport à 𝑞2 , nous obtenons :

121
• Dans le cas spécial où

• Le monopole multi-usines maximise son profit à

𝑀𝑅 = 𝑀𝐶1 = 𝑀𝐶2

• Lorsque

o Cela se produit lorsque les prix sont affectés de la même manière lorsqu'une des
usines augmente sa production, si

o Le monopole multi-usines doit seulement égaliser les coûts marginaux entre les
sites.
• Lorsque

o Ce qui peut se produire si 𝑝(𝑞1 , 𝑞2 ) = 300 − 𝑞1 − 0.5𝑞2 .


o Le monopole multi-usines maximise les profits communs lorsque MR1 = MC1 et
MR 2 = MC2 .
• Exemple 10.8 : Monopole multi-usines.

o Considérons 𝑝(𝑄) = 100 − 𝑄 = 100 − 𝑞1 − 𝑞2


o Supposons que le monopole exploite deux sites.
▪ Site 1 (États-Unis) avec TC1 (q1 ) = 5 + 12q1 + 6(q1 )2
▪ Site 2 (Chili) avec TC2 (q 2 ) = 5 + 18q 2 + 3(q 2 )2
o Le monopoleur choisit q1 et q 2 pour maximiser les profits communs des deux sites.

122
o En dérivant par rapport à q1 ,

o De façon similaire, en dérivant les profits totaux par rapport à q 2 ,

o En insérant le résultat pour q 2 , dans q1 , nous obtenons

135+𝑞1
o Ce qui se simplifie en 7𝑞1 = , donnant une production optimale dans l'usine
4
des États-Unis de 𝑞1 = 5 unités.
41−5
o La production optimale dans l'usine chilienne est 𝑞2 = = 9 unités.
4
o La production totale est 𝑄 = 𝑞1 + 𝑞2 = 5 + 9 = 14 unités.
𝑞1 5
o En résumé, le monopole produit une part de = 14 ≅ 0.35 dans l'usine des États-
𝑄
𝑞2 9
Unis, et = 14 ≅ 0.65 dans l'usine chilienne.
𝑄

• L'analyse de la manière dont le monopole multi-sites (usines) détermine 𝑄 et comment il


répartit cette production entre ses sites, 𝑞1 et 𝑞2 , est analogue à un problème de « cartel ».
• Un cartel est un groupe d'entreprises (équivalent à un monopoleur avec différents sites)
coordonnant leurs décisions de production pour augmenter leurs profits communs.
o Exemple : Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

▪ Certains pays ont un 𝑀𝐶 plus bas (c'est-à-dire un coût inférieur pour extraire
un baril de pétrole supplémentaire), comme l'Arabie Saoudite.
▪ D'autres pays ont un 𝑀𝐶 plus élevé, comme l'Angola ou le Venezuela.
▪ Ils coordonnent leur production totale et la répartissent entre les participants
du cartel.

123
6. Analyse du bien-être sous le monopole
• La production est inférieure sous monopole que dans les industries de concurrence parfaite,
entraînant un prix plus élevé.
• Le surplus des consommateurs est beaucoup plus petit que sous la concurrence parfaite,
car les clients paient plus par unité et achètent moins d'unités.
• En revanche, les profits sont plus élevés.
• Cependant, le gain de profit de l'entreprise ne compense pas la perte de surplus des
consommateurs, entraînant une perte nette de bien-être social.

• Exemple 10.9 : Trouver la perte de bien-être due à un monopole.


o Considérons p(q) = 10 − q et MC(q) = 4.

124
• La perte de bien-être sous ce monopole est calculée comme suit :

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