DS 1 15 septembre 2021 MP*
type Centrale - Mines (4 heures)
Dans tout le problème, n désigne un entier naturel et Q le premier quadrant du plan R2 (muni de sa structure
euclidienne naturelle), i.e. Q = R+ ◊ R+
On appelle S l’ensemble des suites réelles (Un )nØ0 vérifiant la relation de récurrence (R) suivante :
Un2 + Un≠1
2
pour tout n Ø 1, Un+1 =
2
et telles, de plus, que l’on ait : U0 Ø 0 et U1 Ø 0.
On associe à tout élément (x, y) de Q la suite U (x, y) appartenant à S définie par U0 = x et U1 = y.
Le terme de rang n de U (x, y) sera noté Un (x, y) ou, si aucune ambiguïté n’est possible, par Un .
Enfin, ⁄ désignant un élément de [0, +Œ], E⁄ désignera l’ensemble des éléments (x, y) de Q tels que la suite U (x, y)
ait pour limite ⁄.
La partie IV ne dépend que de la partie I.
Première partie : Généralités
1.a) Déterminer les suites constantes appartenant à S.
1.b) Quelles sont les limites possibles finies ou infinies d’une suite appartenant à S ?
1.c) Montrer que, si une suite appartenant à S a trois termes consécutifs égaux, c’est une suite constante.
1.d) Montrer que, si une suite appartenant à S a deux termes consécutifs égaux à 1, c’est une suite constante.
1.e) Que peut-on dire d’une suite appartenant à S dont un terme autre que les deux premiers est nul ?
2) Soit une suite (Un )nØ0 appartenant à S et non constante.
2.a) Comparer les signes de Un+1 ≠ Un et de Un ≠ Un≠2 pour n Ø 2.
2.b Montrer que, s’il existe N Ø 1 tel que UN +1 soit supérieur ou égal à UN ≠1 et à UN , la suite (Un )nØ0 est
strictement croissante à partir d’un certain rang.
On établirait de même que, s’il existe N Ø 1 tel que UN +1 soit inférieur ou égal à UN ≠1 et à UN , la suite (Un )nØ0
est strictement décroissante à partir d’un certain rang. La démonstration correspondante n’est pas demandée.
Ô
2.c) Déterminer les limites des suites U (x, y) pour x = 2, y = 0 et pour x = 2, y = 0.
3) Soit une suite (Un )nØ0 non constante, appartenant à S ; on suppose de plus que, quel que soit N , la suite
(Un )nØN n’est ni strictement croissante, ni strictement décroissante.
On ne cherchera pas, dans cette question à démontrer l’existence de telles suites.
Montrer que les deux suites (U2n )nØ0 et (U2n+1 )nØ0 sont strictement monotones et de sens contraire. Montrer que
la suite (Un )nØ0 converge vers 1. On pourra montrer que U0 et U1 sont distincts et envisager les deux cas U0 < U1
et U0 > U1 .
4) Établir, pour une suite (Un )nØ0 non constante appartenant à S, l’équivalence des propriétés suivantes :
(i) II existe un entier N Ø 0 tel que UN Ø 1 et UN +1 Ø 1.
(ii) La suite (Un )nØ0 est strictement croissante à partir d’un certain rang.
(iii) La suite (Un )nØ0 tend vers +Œ.
On pourra, pour cela, établir que, si une suite (Un )nØ0 vérifie la propriété (i), tous ses termes sont, à partir d’un
certain rang, strictement supérieurs à 1.
5) Établir de même, pour une suite (Un )nØ0 de S non constante, l’équivalence des propriétés suivantes :
(i) II existe un entier N Ø 0 tel que UN et UN +1 soient inférieurs au sens large à 1.
(ii) La suite (Un )nØ0 est strictement décroissante à partir d’un certain rang.
(iii) La suite (Un )nØ0 tend vers zéro.
6) Montrer que E0 , E1 , E+Œ sont non vides. Quelle est leur réunion ?
Deuxième partie
Dans cette partie, on montre que E1 a moins deux éléments.
Pour (x, y) œ Q, on désigne par ⁄(x, y) la limite dans R de U (x, y).
1) Comparer ⁄(x, y) et ⁄(xÕ , y Õ ) dans l’hypothèse où (x, y) et (xÕ , y Õ ) vérifient : x Æ xÕ et y Æ y Õ .
2) On considère deux couples (x, y) et (xÕ , y Õ ) éléments de Q avec (x, y) œ E1 .
2.a) Montrer que, si l’on a pour un entier N Ø 1 et un pour un réel Á > 0 :
UN ≠1 (x, y) + Á Æ UN ≠1 (xÕ , y Õ ) et UN (x, y) + Á Æ UN (xÕ y Õ )
alors, pour tout n Ø N , on a : Un (x, y) + Á Æ Un (xÕ , y Õ ).
2.b) Donner la valeur de ⁄(xÕ , y Õ ) dans les deux cas suivants :
• x Æ xÕ , y Æ y Õ et (x, y) ”= (xÕ , y Õ ) ; • x Ø xÕ , y Ø y Õ et (x, y) ”= (xÕ , y Õ ).
3.a) Montrer que l’on peut définir la borne supérieure a > 0 de l’ensemble des x Ø 0 tels que ⁄(x, 0) soit nul.
3.b) Que dire de ⁄(x, 0) pour 0 Æ x < a ?
3.c) Déterminer (en justifiant la méthode employée) la valeur décimale approchée à 10≠2 près par défaut de a.
4.a) Montrer que, pour tout n, la fonction x ‘æ Un (x, 0) est continue.
4.b) Montrer que, si la suite U (a, 0) tendait vers zéro, il existerait Á > 0 tel que la suite U (a + Á, 0) tende vers zéro ;
on pourra utiliser pour cela la question (I.5).
4.c) Montrer de même que, si la suite U (a, 0) tendait vers +Œ, il existerait Á > 0 tel que la suite U (a ≠ Á, 0) tende
vers +Œ.
4.d) En déduire ⁄(a, 0). Que vaut ⁄(x, 0) pour x > a ?
4.e) Montrer que, pour y > 0, la suite (Un (a, y))nØ0 tend vers +Œ.
Troisième partie
Étude de E0 , E1 , E+Œ (Ces notations sont définies dans le préambule)
1) Soit x compris au sens large entre 0 et a. Établir l’existence d’un point unique de E1 ayant l’abscisse x.
On note désormais Ï(x) l’ordonnée de ce point et la courbe décrite par le point (x, Ï(x)) quand x varie de 0 à a.
Déterminer à l’aide de les ensembles E0 , E1 , E+Œ .
2.a) Montrer que Ï est strictement décroissante. Déterminer Ï(1) et Ï(a).
1 2 +y 2
2
2.b) À l’aide de la relation Un (x, y) = Un≠1 y, x 2 , établir la relation :
’x œ [0, a] , x2 + Ï2 (x) = 2Ï [Ï(x)] .
1 2
a2
2.c Calculer Ï(0), Ï 2 .
3. a) Soit y compris au sens large entre 0 et Ï(0). Montrer qu’il existe un point unique de E1 d’ordonnée y.
3.b) Montrer que Ï est continue.
4.a) Étudier les variations de x2 + Ï2 (x) pour x œ [0, a]. En déduire que est située dans une couronne circulaire
que l’on précisera.
Montrer que Ï est dérivable en 0 et déterminer ÏÕ (0).
Ô 1 Ô 2
4.b) Établir, pour x œ [0, a], l’inégalité Ï(x) Ø ax ≠ x2 . On pourra comparer les suites U (a, 0) et U x, ax ≠ x2 .
Qu’en résulte-t-il pour le comportement de Ï au voisinage de a ?
4.c) En admettant que Ï est dérivable pour x = 1, calculer ÏÕ (1) et tracer la représentation graphique de Ï.
Quatrième Partie
Étude de la rapidité de croissance des suites croissantes de S.
1) Soit (Un )nØ0 une suite quelconque appartenant à S.
1 2 1
Démontrer, pour tout n Ø 2, les inégalités Un Æ Un+1 Æ Un + Un2 .
2 2
2) Soit (Un )nØ0 une suite appartenant à S et tendant vers +Œ.
Un
On pose Vn = et zn = 2≠n ln [Vn ] où ln désigne le logarithme népérien.
2
2.a) Établir que la suite (zn ) tend vers une limite L (on se servira de la série de terme général zn+1 ≠ zn ). Cette
limite dépend de U0 et U1 : on ne cherchera pas à l’évaluer.
2.b) Les hypothèses restant les mêmes, établir la double inégalité :
1
L≠ < zn < L pour n assez grand.
2n V n
En déduire un équivalent de Un lorsque n tend vers +Œ (on posera eL = M ).
Que peut-on dire de la différence entre Un et cet équivalent ?
3) On prend U0 = 2, U1 = 2. Déduire de ce qui précède une valeur approchée de L à 10≠6 près. Quel est le nombre
de chiffres dans l’écriture décimale de U20 ?
On considère ici une suite (Un )nØ0 appartenant à S, non constante et tendant vers zéro. Établir qu’à partir d’un
certain rang, on a :
2
Un+1 Æ Un≠1 .
En déduire l’existence de deux constantes A et B (A > 0 et B > 1) telles que, pour tout n, on ait Un Æ A.B ≠2 .
n/2