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Étude des matrices nilpotentes et endomorphismes

Le document traite des matrices nilpotentes et des endomorphismes associés, en présentant des résultats théoriques et des démonstrations sur leurs propriétés. Il aborde des cas particuliers, des réductions de matrices, ainsi que des concepts tels que les valeurs propres et les polynômes caractéristiques. La seconde partie généralise ces résultats et inclut des applications pratiques et un algorithme pour calculer le nombre de partitions d'un entier.

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Étude des matrices nilpotentes et endomorphismes

Le document traite des matrices nilpotentes et des endomorphismes associés, en présentant des résultats théoriques et des démonstrations sur leurs propriétés. Il aborde des cas particuliers, des réductions de matrices, ainsi que des concepts tels que les valeurs propres et les polynômes caractéristiques. La seconde partie généralise ces résultats et inclut des applications pratiques et un algorithme pour calculer le nombre de partitions d'un entier.

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DS 3 10 novembre 2021 MP*

type Centrale - Mines (4 heures)

La partie I de ce problème permet de démontrer quelques résultats sur les matrices et les endomorphismes nilpotents
et aborde l’étude de cas particuliers qui seront généralisés dans la partie II.
Notations et rappels
Dans tout le sujet, n désigne un entier naturel non nul et E un C-espace vectoriel de dimension n.
Si M 2 Mn (C), on note M T la transposée de M .
Si M est une matrice de Mn (C), on définit la suite des puissances de M par M 0 = In et, pour tout entier naturel k,
par la relation M k+1 = M M k .
De même, si u est un endomorphisme de E, on définit la suite des puissances de u par u0 = IdE et, pour tout entier
naturel k, par la relation uk+1 = u uk .
Une matrice M est dite nilpotente s’il existe un entier naturel k > 1 tel que M k = 0. Dans ce cas, le plus petit entier
naturel k > 1 tel que M k = 0 s’appelle l’indice de nilpotence de M .
Soit B une base de E, un endomorphisme de E est nilpotent d’indice p si sa matrice dans B est nilpotente d’indice p.
0 1
0 ··· ··· ··· 0
B .. C
B1 . . . .C
B C
B . . . C
On pose J1 = (0) et, pour un entier ↵ > 2, J↵ = B0 . . . . .
.C 2 M↵ (C).
B C
B .. . . .. .. .. C
@. . . . .A
0 ··· 0 1 0
Si A 2 Mn (C) et B 2 Mm (C), on note diag(A, B), la matrice diagonale par blocs
✓ ◆
A 0
diag(A, B) = 2 Mn+m (C).
0 B

Plus généralement, si A1 2 Mn1 (C), A2 2 Mn2 (C), · · · , Ak 2 Mnk (C), on note


0 1
A1 0 ··· 0
B .. C
B 0 A2 . C
diag(A1 , A2 , . . . , Ak ) = B
B .. ..
C 2 Mn +n +···+n (C).
C 1 2 k
@ . . 0A
0 ··· 0 Ak

I Premiers résultats
Q 1. Que peut-on dire d’un endomorphisme nilpotent d’indice 1 ?

I.A - Réduction d’une matrice de M2 (C) nilpotente d’indice 2

On suppose que n = 2. Soit u un endomorphisme de E nilpotent d’indice p > 2.

Q 2. Montrer qu’il existe un vecteur x de E tel que up 1 (x) 6= 0.


Q 3. Vérifier que la famille uk (x) 06k6p 1
est libre. En déduire que p = 2.

1
Q 4. Montrer que Ker(u) = Im(u).
Q 5. Construire une base de E dans laquelle la matrice de u est égale à J2 .
Q 6. En déduire que les matrices nilpotentes de M2 (C) sont exactement les matrices de trace et déterminant nuls.
I.B - Réduction d’une matrice de Mn (C) nilpotente d’indice 2

On suppose que n > 3. Soit u un endomorphisme de E nilpotent d’indice 2 et de rang r.

Q 7. Montrer que Im(u) ⇢ Ker(u) et que 2r 6 n.


Q 8. On suppose que Im(u) = Ker(u). Montrer qu’il existe des vecteurs e1 , e2 , . . . , er de E tels que la famille
e1 , u(e1 ), e2 , u(e2 ), . . . , er , u(er ) est une base de E.
Q 9. Donner la matrice de u dans cette base.
Q 10. On suppose Im(u) 6= Ker(u). Montrer qu’il existe des vecteurs e1 , e2 , . . . , er de E et des vecteurs v1 , v2 , . . . , vn 2r
appartenant à Ker(u) tels que e1 , u(e1 ), e2 , u(e2 ), . . . , er , u(er ), v1 , v2 , . . . , vn 2r est une base de E.
Q 11. Quelle est la matrice de u dans cette base ?

I.C - Valeurs propres, polynôme caractéristique, polynômes annulateurs d’une matrice nilpotente

Dans cette partie, A désigne une matrice de Mn (C).

Q 12. Montrer que, si A est nilpotente, alors 0 est l’unique valeur propre de A.
Q 13. Quelles sont les matrices de Mn (C) à la fois nilpotentes et diagonalisables ?
Q 14. Montrer qu’une matrice est nilpotente si, et seulement si, son polynôme caractéristique est égal à X n .
Q 15. Montrer la réciproque de la question 12.
Q 16. Montrer qu’une matrice triangulaire de Mn (C) à diagonale nulle est nilpotente et qu’une matrice nilpotente
est semblable à une matrice triangulaire à diagonale nulle.
Q 17. Démontrer que, si A est une matrice nilpotente d’indice p, alors tout polynôme de C[X] multiple de X p est
un polynôme annulateur de A.

On suppose que P est un polynôme annulateur de A nilpotente.

Q 18. Démontrer que 0 est racine de P .


Q 19. On note m la multiplicité de 0 dans P , ce qui permet d’écrire P = X m Q où Q est un polynôme de C[X] tel
que Q(0) 6= 0. Démontrer que Q(A) est inversible puis que P est un multiple de X p dans C[X].

I.D - Racines carrées de matrices nilpotentes

Pour une matrice V 2 Mn (C) donnée, on dit qu’une matrice R 2 Mn (C) est une racine carrée de V si R2 = V .
On se propose d’étudier l’existence et les valeurs de racines carrées éventuelles de certaines matrices nilpotentes.
0 1
1 3 7
I.D.1) On note A = @2 6 14A et u l’endomorphisme de C3 canoniquement associé à A.
1 3 7

Q 20. Calculer la trace et le rang de A. En déduire, sans aucun calcul, le polynôme caractéristique de A.
Montrer que A est nilpotente et donner son indice de nilpotence.
Q 21. Démontrer que A est semblable à la matrice diag(J2 , J1 ). Donner la valeur d’une matrice P inversible telle
que A = P diag(J2 , J1 ) P 1 .

2
On cherche à déterminer l’ensemble des matrices R 2 M3 (C) telles que R2 = A. On note ⇢ l’endomorphisme
canoniquement associé à R.

Q 22. Démontrer que Im(u) et Ker(u) sont stables par ⇢ et que ⇢ est nilpotent.
Q 23. En déduire l’ensemble des racines carrées de A. Indication : on pourra considérer R0 = P 1 RP .

I.D.2) On se propose dans cette question d’étudier l’équation matricielle R2 = J3 .

Q 24. Soit R une solution de cette équation. Donner les valeurs de R4 et R6 , puis l’ensemble des solutions de
l’équation.

I.D.3) En général, soit V 2 Mn (C) une matrice nilpotente d’indice p. On se propose d’étudier l’équation R2 = V .

Q 25. Montrer que, si 2p 1 > n, alors il n’existe aucune solution.


Q 26. Pour toute valeur de l’entier n > 3, exhiber une matrice V 2 Mn (C), nilpotente d’indice p > 2 et admettant
au moins une racine carrée.

II Deuxième partie
On cherche dans cette partie à généraliser les résultats des sous-parties I.A et I.B.

II.A - Réduction des matrices nilpotentes

On suppose n > 2. Soit u un endomorphisme de E nilpotent d’indice p > 2.

Q 27. Démontrer que Im(u) est stable par u et que l’endomorphisme induit par u sur Im(u) est nilpotent.
Préciser son indice de nilpotence.
Q 28. Pour tout vecteur x non nul de E, on note Cu (x) l’espace vectoriel engendré par les uk (x) k2N
; démontrer
que Cu (x) est stable par u et qu’il existe un plus petit entier s(x) > 1 tel que us(x) (x) = 0.
Q 29. Démontrer que x, u(x), . . . , us(x) 1 (x) est une base de Cu (x) et donner la matrice, dans cette base, de
l’endomorphisme induit par u sur Cu (x).
t
M
Q 30. Démontrer par récurrence sur p qu’il existe des vecteurs x1 , . . . , xt de E tels que E = Cu (xi ).
i=1
Indication : on pourra appliquer l’hypothèse de récurrence à l’endomorphisme induit par u sur Im(u).
t
M
Q 31. Donner la matrice de u dans une base adaptée à la décomposition E = Cu (xi ).
i=1

II.B - Partitions d’entiers

On appelle partition de l’entier n toute suite finie (↵1 , . . . , ↵k ) 2 (N⇤ )k telle que

↵1 > · · · > ↵k et ↵1 + · · · + ↵k = n.

On note n l’ensemble des partitions de l’entier n. Ainsi, 1 = {(1)}, 2 = {(2), (1, 1)}, 3 = {(3), (2, 1), (1, 1, 1)}.
Soit u un endomorphisme de E nilpotent d’indice p et de rang r.

Q 32. Montrer qu’il existe une partition = (↵1 , . . . , ↵k ) de n et une base B de E dans laquelle la matrice de u est
égale à la matrice N = diag(J↵1 , . . . , J↵k ).

3
Q 33. Soit ↵ un entier naturel non nul. Calculer le rang de J↵j pour tout entier naturel j. En déduire que J↵ est
nilpotente et préciser son indice de nilpotence.
Q 34. En déduire la valeur de ↵1 .
X
Q 35. Pour j 2 N, on note ⇤j = {i 2 J1, kK | ↵i j}. Démontrer que rg(N j ) = (↵i j).
i2⇤j

Q 36. Démontrer que, pour tout j 2 N⇤ , l’entier dj = rg(uj 1) rg(uj ) est égal au nombre de blocs J↵i dont la taille
↵i est supérieure ou égale à j.
Q 37. Donner la valeur de l’entier k, nombre de blocs J↵i intervenant dans N .
Q 38. Pour tout entier j compris entre 1 et n, exprimer le nombre de blocs J↵i de taille exactement égale à j.
Q 39. On suppose qu’il existe une partition 0 de l’entier n et une base B 0 de E telles que la matrice de u dans B 0
soit égale à N 0 . Montrer que = 0 .
Q 40. Quel est le cardinal maximal d’un ensemble de matrices nilpotentes, toutes de même taille n, telles qu’il n’y
ait pas dans cet ensemble deux matrices semblables ?

II.C - Applications
0 1
0 1 2 2 1
B0 0 0 0 0C
B C
Q 41. Soient A la matrice B B0 1 0 0 0CC et u l’endomorphisme canoniquement associé à A. Déterminer
@0 1 0 0 0A
0 1 1 1 0
la partition de l’entier 5 associée à u et donner la matrice N .
Q 42. À l’aide du résultat de la question 31, démontrer que si M 2 Mn (C) est nilpotente, alors M , 2M et M T sont
semblables.
Q 43. À l’aide du résultat de la question 15, démontrer que si M et 2M sont semblables, alors M est nilpotente.

II.D - Un algorithme de calcul du nombre de partitions de n

Pour j 2 N, on note Yn,j l’ensemble des partitions de n dont le premier terme ↵1 est inférieur ou égal à j et yn,j le
cardinal de Yn,j ; on pose y0,0 = 1.

Q 44. Calculer yn,1 .

On se propose de montrer que, si 2 6 j 6 n, alors yn,j = yn,j 1 + yn j,min(j,n j) .

Q 45. Démontrer que cette égalité est vraie pour j = n.


Q 46. Pour j < n, vérifier que yn,j = yn,j 1 + yn j,j . Conclure.
Q 47. Calculer les yn,j pour 1 6 j 6 n 6 5 en présentant les résultats sous la forme d’une tableau.
Q 48. Écrire une fonction Python qui prend en argument un entier n > 1 et qui renvoie yn,n .
Q 49. Comparer ce résultat à celui de la question 40.

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