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Intégrales généralisées et convergence

Le document présente des exercices de mathématiques sur l'analyse, incluant des intégrales définies et généralisées. Chaque exercice aborde des concepts tels que la convergence des intégrales et les techniques d'intégration, avec des solutions détaillées. Les résultats incluent des expressions pour les intégrales et des démonstrations de convergence pour divers cas.

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Intégrales généralisées et convergence

Le document présente des exercices de mathématiques sur l'analyse, incluant des intégrales définies et généralisées. Chaque exercice aborde des concepts tels que la convergence des intégrales et les techniques d'intégration, avec des solutions détaillées. Les résultats incluent des expressions pour les intégrales et des démonstrations de convergence pour divers cas.

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Faculté des Sciences et Techniques de Tanger

Département de Mathématiques
GEGM/Analyse 2/Année 2024-2025
Travaux Dirigés :N ◦ 2
Z 1 Z 1

Exercice 1. 1. Posons I1 = ln(1+t) dt et I1 (x) = ln(1+t) dt pour


−1 x
x ∈] − 1, 1].
(a) Donner en fonction de x l’expression de I1 (x).
(b) Déduire la convergence et la valeur de I1 .
Z +∞ √
2. Considérons l’intégrale généralisée I2 = e− x
dx.
0
Z t √
(a) Expliciter I2 (t) = e− x
dx en fonction de t sur l’intervalle
0
]0, +∞[.
(b) Déduire que I2 est convergente et calculer sa valeur.
Z +∞
2
3. (a) Montrer que I3 = dx converge.
2 x −x +x−1
3 2

2
(b) Décomposer en éléments simples la fraction 3 .
x −x +x−1
2

(c) En déduire la valeur de I3 .


Solution. 1. (a) Expression de I1 (x) .
On utilise une intégration par parties. Posons :
u = ln(1 + t) et dv = dt
1
Alors du = 1+t dt et v = 1 + t. En appliquant l’intégration par
parties, on obtient :
Z 1 Z 1
1+t
I1 (x) = ln(1 + t) dt = [(1 + t) ln(1 + t)]1x − dt
x x 1+t
Z 1

= [(1 + t) ln(1 + t)]1x − [Link]


x
= [(1 + t) ln(1 + t)]1x − [t]1x
= 2 ln(2) − (1 + x) ln(1 + x) − 1 + x)

(b) Convergence et valeur de I1 .


La fonction ln(1+t) est définie et continue sur ]−1, 1] et l’intégrale
I1 est une intégrale généralisée. Le problème se pose au point −1
et on a,
Z 1

I1 = ln(1 + t) dt
−1
Z 1

= lim + ln(1 + t) dt
x→−1 x
= lim + I1 (x) = 2 ln(2) − 0 − 1 + (−1) = 2 ln(2) − 2 .
x→−1

1
√ I2 (t).
2. (a) Expression de
Posons u =√ x, alors x = u2 et dx = 2u du. Si x = 0, u = 0 et si
x = t, u = t. Donc,
Z
√ Z

t t
−u
I2 (t) = 2ue du = 2 ue−u du
0 0

En utilisant une intégration par parties, on obtient :


Z

t
I2 (t) = 2 ue−u du
0
Z

√ t √ √
−u
= [−2ue t
]0 + 2 e−u du = [−2ue−u ]0 t − [2e−u ]0 t
0

Ainsi :
”

— t  √ √ √ 
I2 (t) = 2 −ue−u − e−u 0 = 2 − te− t − e− t + 1
√ √
= 2 − 2e− t (1 + t)

(b) Convergence et valeur de I2 . On a :


Z +∞ √
I2 = e− x
dx
0

En utilisant l’expression de I2 (t) trouvée précédemment et en fai-


sant tendre t vers +∞, on a :
√ √ √
I2 = lim I2 (t) = 2 − 2 lim e− t − t)e− t = 2.
t→+∞ t→+∞

Ainsi : I2 = 2, donc I2 est convergente.


3. (a) Convergence de I3 .
Pour 2 ≤ x, on a :
0 < x2 < x3 −x2 +x−1 ⇐⇒ 0 < x3 −2x2 +x−1 ⇐⇒ 0 < x2 (x−2)+x−1.
Donc,
2 2
0≤ ≤ 2 , ∀x ≥ 2.
− +x−1 x3 x x2
Z +∞ Z +∞
2 2 1
Alors, I3 = dx ≤ 2 dx. Comme dx
2 x −x +x−1
3 2 x 2 x2
converge, I3 converge également.
(b) Décomposition en éléments simples : x3 −x22+x−1 .
On factorise le dénominateur : x3 − x2 + x − 1 = (x − 1)(x2 + 1).
Ainsi :
2 A Bx + C
= + 2 ,
x −x +x−1
3 2 x−1 x +1
avec A, B, C ∈ R à déterminer. En multipliant par le dénomina-
teur commun, on obtient :
2 = A(x2 + 1) + (Bx + C)(x − 1)

2
En développant et en identifiant les coefficients :

2 = Ax2 + A + Bx2 − Bx + Cx − C,

2 = (A + B)x2 + (−B + C)x + (A − C),


On obtient le système :
8
>
>
<
A+B =0
>
−B + C = 0
>
:
A−C =2

En résolvant :

A = 1, B = −1, C = −1

Ainsi :
2 1 x+1
= −
x3 − x2 + x − 1 x − 1 x2 + 1
(c) Valeur de I3 . On a :
Z +∞  
1 x+1
I3 = − 2 dx
2 x−1 x +1
Z +∞  
1 x 1
= − 2 − 2 dx
2 x−1 x +1 x +1
Z t 
1 x 1
= lim − 2 − 2 dx
t→+∞ 2 x−1 x +1 x +1
 t
1 2
= lim ln |x − 1| − ln(x + 1) − arctan(x)
t→+∞ 2 2
1 2 1
= lim ln |t − 1| − ln(t + 1) + ln(5) − arctan(t) + arctan(2)
t→+∞ 2 2
t−1 1
= lim ln √ 2 + ln(5) − arctan(t) + arctan(2)
t→+∞ t +1 2
1 − 1t 1
= lim ln È
1
+ ln(5) − arctan(t) + arctan(2)
t→+∞ 1 + t2 2
1 π
= ln(5) − + arctan(2).
2 2

Exercice 2. 1. Étudier la nature des intégrales suivantes :


Z +∞ Z +∞ Z 1
esin t t2 − 2t + 5 ex − 1
J1 = dt, J2 = dt, J3 = dx
2 t2 1 (1 + t2 )2 0 x
Z 1 Z +∞ ‚ Œ Z +∞
ln(t) 1 e−u
J4 = √ dt, J5 = sin √ arctan(t) dt, J6 = √ du
0 t 1 t 0 3
u

3
Z 1 ‚ Œ Z +∞
1 sin t −t
2. Montrer que sin √ arctan(t) dt, e dt et
Z +∞  
0 t 0 t
1
sin(t2 ) sin dt sont absolument convergentes.
0 t3
Solution. Étude de la nature des intégrales.
esin t
1. La fonction 2 est positive et 0 ≤ esin t ≤ e, donc :
t
esin t e
0≤ 2
≤ 2
t t
Z +∞
1
Comme dt converge, J1 converge également.
2 t2
2. Pour t ≥ 1, le numérateur t2 − 2t + 5 est équivalent à t2 , et le dénomi-
nateur (1 + t2 )2 est équivalent à t4 au voisinage de +∞. Ainsi :

t2 − 2t + 5 t2 1
2 2
∼ 4
= 2
(1 + t ) +∞ t t
Z +∞
1
Comme dt converge, J2 converge également.
1 t2
x x
3. La fonction x 7−→ e x−1 est continue sur ]0, 1] et lim e x−1 = 1, donc la
x→0
fonction
Z 1 x
se prolonge par continité en 0. Ainsi l’intégrale généralisée en
e −1
0, dx, est convergente ;
0 x
Z 1
ln t
4. L’intégrale J4 = √ dt est généralisée au point 0 car la fonction
0 t
x 7−→ ln√ t est définie et continue sur ]0, 1]. D’aute part, cette intégrale
t
est une intégrale de Bertrand avec α = 12 < 1, donc elle est convergente.
 
1 1 π
5. On a, sin √ ∼ √ et arctan(t) ∼ . Ainsi :
t +∞ t +∞ 2
‚ Œ
1 π
sin √ arctan(t) ∼ √
t 2 t
Z +∞
1
Comme √ dt de Riemann diverge (α = 12 ) < 1), alors l’intégrale
1 t
J5 diverge également.
Z +∞ −u
e
6. L’intégrale J6 = √ du est généralisée en 0 et en +∞.
0 3
u
Z 1 −u Z 1 Z 1
e 1 1
On a, √ du ≤ 1 du. Or, 1 du est une intégrable généralisée
0 3
u 0 u3 0 u3
de Riemann sur ]0, 1] avec α = 13 < 1, donc elle convergente.
Au voisinage de +∞, on a :
Z +∞ Z +∞
e−u
√ du ≤ e−u du.
1 3
u 1

4
Z +∞

Or, e−u du est une intégrable généralisée convergente. Donc,


1
Z +∞ Z +∞ −u
e−u 0 e
√ converge également. Ainsi, l intégrale √ du converge.
1 3
u 0 3
u
Convergence absolue
Z 1 ‚ Œ
1
7. (a) L’intégrale sin √ arctan(t) dt, est généralisée au voisi-
0 t 

nage de 0. Or sin √1t arctan(t) ≤ arctan(t), pour tout
Z 1

∈]0, 1], et comme


t arctan(t) dt est convergente, alors
Z 1 ‚ Œ 0
1
sin √ arctan(t) dt, converge absolument.
0 t
Z 1
sin t −t
(b) On a, e ∼+ e−t . L’intégrale e−t dt est convergente, donc
Z 1
t 0 0
sin t −t
e dt est aussi convergente.
0 t
Pour tout t ≥ 1, on a : sint t e−t ≤ e−t . Comme l’intégrable
Z +∞ Z +∞
−t sin t −t
e dt est convergente, alors e dt est convergente.
1 Z +∞
1 t
sin t −t
Par suite, e dt est absolument convernete.
0 t
1
(c) On a, ∀t ∈]0, 1], sin(t2 ) sin( 3 ) ≤ sin(t2 ) . Or, sin(t2 ) ∼+ t2 .
Z 1
t 0

Comme l’intégrale t2 dt est convergente, donc


Z 1 0
1
sin(t2 ) sin( 3 ) dt est aussi convergente.
0 t
2 1 1
On a, sin(t ) sin( 3 ) ≤ sin( 3 ) . Or, sin( t13 ) ∼ t13 . Comme
Z +∞
t t Z +∞
+∞
1 1
l’intégrale 3
dt est convergente, alors sin( 3 ) dt est
1 t 1 t
aussi convergente. Ainsi, l’intégrale converge absolument.

Exercice 3. 1. Soient a et b deux réels tels que b > a ≥ 0. Montrer que


b−a
| arctan b − arctan a| ≤ .
1 + a2
Z +∞

2. Déduire la convergence de (arctan(x + 1) − arctan(x)) dx.


0
Z t

3. On pose F (t) = (arctan(x + 1) − arctan(x)) dx et G(t) =


Z t+1 0

arctan(x) dx.
t
(a) Calculer G(0).
(b) Calculer par encadrement la limite lim G(t).
t→+∞

5
(c) Vérifier que F (t) = G(t) − G(0).
Z +∞

4. Déduire la valeur de (arctan(x + 1) − arctan(x)) dx.


0
b−a
Solution. 1. Inégalité | arctan b − arctan a| ≤ .
1 + a2
On utilise l’inégalité des accroissements finis pour la fonction arctan,
qui est dérivable sur R avec arctan0 (x) = 1+x1
2 . Ainsi :

b−a
| arctan b − arctan a| ≤ sup | arctan0 (x)| · |b − a| =
x∈[a,b] 1 + a2
Z +∞

2. Convergence de (arctan(x + 1) − arctan(x)) dx.


0
On a :
1
| arctan(x + 1) − arctan(x)| ≤ .
1 + x2
Z +∞
1 π
Comme 2
dx = converge, l’intégrale
0 1+x 2
Z +∞

(arctan(x + 1) − arctan(x)) dx
0

converge également.
3. (a) Calcul de G(0). On a :
Z 1

G(0) = arctan(x) dx
0

En utilisant une intégration par parties, on obtient :


Z 1 Z 1
x
arctan(x) dx = [x arctan(x)]10 − dx
0 0 1 + x2
 1
1 1
= x arctan(x) − ln(1 + x2 ) = arctan(1) − ln(2)
2 0 2
π 1
= − ln(2).
4 2
4. Limite de G(t) quand t → +∞.
La fonction arctan est une fonction croissante sur R. Donc pour t ≥ 0,
on a :
t ≤ x ≤ t + 1 =⇒ arctan(t) ≤ arctan(x) ≤ arctan(t + 1).
Alors,
Z t+1 Z t+1 Z t+1

arctan(t) dx ≤ G(t) = arctan(x) dx ≤ arctan(t + 1) dx


t t t
=⇒ arctan(t) ≤ G(t) ≤ arctan(t + 1).
π
Comme lim arctan(t) = lim arctan(t + 1) = , on a :
t→+∞ t→+∞ 2
π
lim G(t) = .
t→+∞ 2

6
5. Vérification de F (t) = G(t) − G(0). On a :
Z t Z t+1

F (t) = (arctan(x + 1) − arctan(x)) dx , G(t) = arctan(x) dx.


0 t

En décomposant F (t) :
Z t Z t

F (t) = arctan(x + 1) dx − arctan(x) dx,


0 0
Z t+1 Z t

= arctan(x) dx − arctan(x) dx,


1 0
Z Z 1  Z t
t+1
= arctan(x) dx − arctan(x) dx − arctan(x) dx
0 0 0
Z t+1 Z 1

= arctan(x) dx − arctan(x) dx
t 0
= G(t) − G(0)
Z +∞

6. Valeur de (arctan(x + 1) − arctan(x)) dx. On a :


0
Z +∞

(arctan(x + 1) − arctan(x)) dx = lim F (t) = lim (G(t) − G(0))


0 t→+∞ t→+∞
 
π π 1
= − − ln(2)
2 4 2
π 1
= + ln(2).
4 2

Exercice 4. La fonction Γ d’Euler est définie par l’intégrale généralisée :


Z +∞

Γ(x) = tx−1 e−t dt.


0

1. Montrer que Γ(x) est convergente pour tout x > 0.


2. Montrer, en utilisant une intégration par parties, que ∀x > 0, Γ(x +
1) = xΓ(x).
3. En déduire la valeur de Γ(n) pour tout n ∈ N.
Z +∞
2 √
4. Sachant que l’intégrale de Gauss e−t dt = π, calculer la valeur
€ Š −∞
1
de Γ 2
.
Solution. La fonction Γ d’Euler est définie par l’intégrale généralisée :
Z +∞

Γ(x) = tx−1 e−t dt


0

1. Convergence de Γ(x) pour x > 0.


Pour montrer que Γ(x) converge pour tout x > 0, on décompose l’inté-
grale en deux parties :
Z 1 Z +∞
x−1 −t
Γ(x) = t e dt + tx−1 e−t dt.
0 1

7
– Sur [0, 1] : La fonction
Z
tx−1 e−t est équivalente à tx−1 en 0+ , car
1
e−t ∼+ 1. Comme tx−1 dt est convergente car x > 0, alors l’in-
0 Z 1
0
x−1 −t
tégrale t e dt converge aussi par le cirtère d’équivalence.
0
– Sur [1, +∞[ : On a lim t2 tx−1 e−t = lim tx+1 e−t = 0. Comme
t→+∞ t→+∞
Z +∞
R +∞
t2 dt est convergente, l’intégrale 1 tx−1 e−t dt converge égale-
1
ment.
Ainsi, Γ(x) converge pour tout x > 0.
2. Relation de récurrence Γ(x + 1) = xΓ(x).
On utilise une intégration par parties pour démontrer cette relation.
Posons : u = tx et dv = e−t dt. Alors :

du = xtx−1 dt et v = −e−t

En appliquant l’intégration par parties :


Z +∞ Z +∞
” —+∞
Γ(x + 1) = tx e−t dt = −tx e−t 0
+x tx−1 e−t dt
0 0

+∞
Le terme [−tx e−t ]0 s’annule aux bornes, car :

lim tx e−t = 0 et lim tx e−t = 0


t→0+ t→+∞

Ainsi, on obtient :
Z +∞

Γ(x + 1) = x tx−1 e−t dt = xΓ(x)


0

3. Valeur de Γ(n) pour n ∈ N.


On utilise la relation de récurrence Γ(x + 1) = xΓ(x) et la valeur de
Γ(1) : Z +∞
Γ(1) = e−t dt = 1
0
Par récurrence, pour tout entier n ≥ 1 :

Γ(n + 1) = nΓ(n)

En appliquant cette relation n fois, on obtient :

Γ(n + 1) = n! où n! = n · (n − 1). ... .1

Ainsi, pour tout n ∈ N :

Γ(n) = (n − 1)!

8
€ Š
4. Calcul de Γ 12 .
On sait que l’intégrale de Gauss est donnée par :
Z +∞
2 √
e−t dt = π
−∞

En utilisant le changement de variable u = t2 , on a :


Z +∞ √
−t2 π
e dt =
0 2
1
D’autre part, en posant x = 2
dans la définition de Γ(x) :
 
Z +∞
1 1
Γ = t− 2 e−t dt
2 0

En effectuant le changement de variable t = u2 , on a dt = 2u du, et :


 
Z +∞ Z +∞
1 1 −u2 2
Γ = e · 2u du = 2 e−u du
2 0 u 0

Ainsi :   √
1 π √
Γ =2· = π
2 2
Conclusion La fonction Γ d’Euler est bien définie pour x > 0, vérifie la
relation de récurrence
€ Š
1 √ + 1) = xΓ(x), et pour n ∈ N, on a Γ(n) = (n − 1)!.
Γ(x
En particulier, Γ 2 = π.

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