Résistance Des Matériaux (RDM)
Abir BOUHAMED
Maitre assistante en Génie Mécanique ISSAT
Docteur ingénieur en Génie Mécanique ENIS
Institut Supérieur de Sciences Appliquées et de Technologie de Gabès (I.S.S.A.T)
ÉCOLE NATIONALE D’INGÉNIEURS DE SFAX (ENIS)
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Introduction
Définition de l’RDM
La Résistance Des Matériaux (RDM) est une des branches de la mécanique qui permet l’étude
des contraintes et des déformations.
Les contraintes mécaniques peuvent être vues comme des « efforts de cohésion » de la matière
et sont homogènes à une pression (généralement exprimée en méga-Pascal MPa).
Les déformations d’un objet physique s’observent par un changement de forme de celui-ci
et/ou de variation dans ses dimensions. Les déformations sont sans unités.
Exemples de structures mécaniques
Pécheur traversant un pont
Panneau de signalisation Gilet pare balle
préhistorique 2
militaire
Introduction
Justificatif et objectif de l’RDM
L’avant « catastrophe »:
De l’endommagement vers la rupture
Problème multi échelle (macro et micro)
Différentes étapes précédant la « catastrophe »
(3)
(2)
Effondrement partiel
(1)
Fissure macro Emerge en surface
(4)
Amorce de fissures
taille critique propagation Effondrement total 3
Introduction
• Est-ce que le matériau résiste?
• D’un point de vue mécanique
comportement mécanique du matériau
propriétés matériau
Essais sur matériaux
4
Introduction
plusieurs effets sur ma structure
Différents types de
sollicitations
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Introduction
Hypothèses de RDM
RDM est une théorie simplifiée qui s’intéresse qu’à des solides particuliers, les solides
déformables. Pour pouvoir utiliser la RDM, des restrictions ou hypothèses sont nécessaires. Ces
hypothèses portent sur :
Le matériau étudiés
la disposition de la matière ou la géométrie
Les forces extérieures : les liaisons et efforts extérieurs
Les déformations
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Introduction
Hypothèses de RDM
1- Hypothèses sur le matériau
On suppose que le modèle physique étudié est constitué d’un matériau continu, linéaire,
homogène et isotrope Un matériau est dit linéaire lorsque
Un matériau est dit continu lorsqu’il les déformations sont
ne présente pas de fissures et/ou de proportionnelles aux contraintes.
cavités à l’intérieur.
Un matériau est homogène lorsqu’il
possède les mêmes propriétés en tout
Un matériau est isotrope lorsqu’il
point (tous les éléments du matériau
possède les mêmes propriétés
ont une structure identique). La plupart
mécaniques en tous les points et dans
des matériaux en ingénierie satisfont à
toutes les directions autour de ces
ce critère ( métaux, plastique, ..)
points.
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Introduction
Hypothèses de RDM
2- Hypothèses sur la géométrie
Les corps étudiées en RDM sont des solides à géométrie simplifiée. Le modèle
associé est la poutre.
Une poutre est un élément de matériau dont la longueur (L) est très supérieure
aux dimensions transversales.
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Introduction
Hypothèses de RDM
2- Hypothèses sur la géométrie
La poutre comprend une infinité de sections (S) qui
possèdent toutes un centre de gravité G.
La ligne passant par tous ces centres de gravité s'appelle
la ligne moyenne.
La poutre ne sera représentée que par une ligne moyenne.
G
A B A B
G
Ligne moyenne Section droite
Poutre
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Introduction
Hypothèses de RDM
3- Hypothèses sur les forces extérieures
Type d’actions mécaniques extérieures
les efforts extérieures exercées sur la poutre sont principalement de deux types : charge
concentrée (force ou moment) ou charge répartie (uniforme, linéaire,…)
1- Charge isolée ou force en N
2- Charge linéaire uniformément répartie p en N/m
3- Charge linéaire répartie uniformément
4- Charge linéaire répartie décrite par une fonction quelconque.
5- Moment d’un couple en N.m
6- Un torseur complet composé d’une résultante et d’un moment résultant. 10
Introduction
Hypothèses de RDM
3- Hypothèses sur les forces extérieures
• Exemple de modélisation d’actions mécaniques extérieures
On modélise une poutre par sa ligne moyenne et sa section
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Introduction
Hypothèses de RDM
4- Hypothèses sur les déformations
• Influence des déformations
– On se place dans le cadre de petites déformations , c’est-à-dire, qu’elles restent faibles
par rapport aux dimensions de la poutre : domaine élastique.
Hypothèse de Navier-Bernoulli
Les sections planes et droites (normales à la ligne
moyenne) avant déformation, restent planes et
droites après déformations (normales à la ligne
moyenne déformée).
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Introduction
Hypothèses de RDM
4- Hypothèses sur les déformations
Hypothèse de Barré de Saint Venant
Dans une section droite (S) éloignée de la zone où les charges sont appliquées,
la répartition des déformations et des contraintes ne dépend que des efforts
appliqués.
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Introduction
La modélisation, une étape clé dans le calcul des structures
Pour être en mesure de réaliser ces études, il est nécessaire de procéder à la modélisation du
problème. L’étape de modélisation consiste à appliquer un certain nombre d’hypothèses
simplificatrices à un problème réel de façon à pouvoir traduire mathématiquement ce problème.
Exemple: Étude de la déformée de la structure en « L » supportant les panneaux de
signalisation sous le poids de ces panneaux.
Le poids des panneaux est modélisé par des
efforts ponctuels.
La structure par une poutre d’Euler-Bernouilli.
La liaison au sol par une liaison encastrement.
la modélisation est une représentation très simplifiée d’un problème réel.
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Introduction
Les enjeux du calcul des structures
BUT de la RDM
d'assurer qu'on utilise, dans un système donnée,
Le bon matériau + une quantité minimale contraintes
économiques + allègement
tout en satisfaisant aux contraintes de RESISTANCE
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Modélisation des actions et des liaisons mécaniques
Liaisons mécaniques
Dans un mécanisme, quand une pièce est en contact avec une autre, il y a entre ces deux pièces
une liaison mécanique.
La liaison entre 2 pièces se caractérise par le nombre de mobilités que peut avoir l’une des
pièces par rapport à l’autre.
Ces mobilités sont appelés degrés de liberté. Ces degrés de liberté correspondent aux
mouvements élémentaires et sont au nombre de 6 :
- 3 translations Tx, Ty, Tz
- 3 rotations Rx, Ry, Rz
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Modélisation des actions et des liaisons mécaniques
Liaisons mécaniques
La poutre est liée à l’environnement extérieur par différentes liaisons : appui simple, appui
double, encastrement.
Les trois liaisons usuelles du modèle poutre
Blocage en translation Deux blocage en Deux blocage en translation
selon Y translation selon X et Y Blocage en rotation
2 mobilités 1 mobilité 0 mobilité
1 inconnue 2 inconnues 3 inconnues
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Modélisation des actions et des liaisons mécaniques
Actions mécaniques
On nomme une action mécanique toute cause susceptible de maintenir un corps au repos, de
créer ou de modifier un mouvement ou bien encore de créer une déformation.
Type d’actions mécaniques extérieures
Les efforts extérieures exercées sur la poutre sont principalement de deux types :
- Charge concentrée (force ou moment)
- Charge répartie (uniforme, linéaire,…)
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Modélisation des actions et des liaisons mécaniques
Actions mécaniques
Charge Concentrée (Force ou moment)
Force
On appelle force, l’action mécanique qui s’exerce mutuellement entre deux particules
ponctuelles. Une force est appliquée en un point P et se modélise par l’ensemble d’un point et
d’un vecteur F.
Une force aura tendance à mettre une particule en mouvement de translation.
Moment
Le moment d’une force (P, F) s’exprime au point A par la relation : M A (F)
= AP ∧ F
L’unité du moment est le Newton-mètre (N.m). On remarque qu’il est possible d’appliquer la
formule précédente en un autre point (ici le point B) : M B (F)
= BP ∧ F
En combinant les deux équations précédentes, on obtient alors :
M B (F)
= M A (F) + BA ∧ F Transport des moments
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Modélisation des actions et des liaisons mécaniques
Actions mécaniques
Charge repartie
Une charge distribuée le long d’un segment de la poutre de façon uniforme ou non uniforme.
2- Charge linéaire uniformément répartie p en N/m
3- Charge linéaire répartie uniformément
4- Charge linéaire répartie décrite par une fonction quelconque.
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Torseurs des efforts de cohésion
Principe de calcul
Les efforts intérieurs ou de cohésion sont les efforts qui agissent à l’intérieur des poutres et qui
assure l’équilibre ou la cohésion de la structure sous l’action des charges extérieures exercées.
Les efforts intérieurs sont calculés avec le principe fondamental de la statique à partir des
actions extérieures agissant sur la poutre.
A partir d’un plan de coupe imaginaire (de section
(S) et centre de gravité (G)), on divise la poutre en
deux tronçons fictifs. Chaque tronçon est en équilibre
et l’application du PFS, à l’un ou à l’autre, permet de
faire apparaitre et de calculer les efforts intérieurs
exercés entre les deux tronçons au niveau de la
Poutre cylindrique
coupure.
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Torseurs des efforts de cohésion
Principe de calcul
Coupe imaginaire
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Torseurs des efforts de cohésion
Équilibre de la poutre
Considérons une poutre (E), en équilibre par rapport au repère R ( A, x, y, z ) sous l’effet
des actions mécaniques exercées par le milieu extérieur noté (H).
L’ensemble des actions mécaniques de
(H) sur (E) qu’il s’agisse de forces
concentrées ou réparties sera désigné
par des forces extérieurs de (H) sur (E)
est noté
{τ ( H →E ) }
L’équilibre se traduit par
{τ ( H →E ) } {}
0
= une poutre (E)
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Torseurs des efforts de cohésion
Équilibre de la poutre
{τ } {}
0
= R ( H → E ) =
0
M A ( H → E ) =
( H →E )
0
Avec: R ( H → E ): Résultante des actions mécaniques extérieures de (H) sur (E).
M A ( H → E ) : Moment résultante en A des actions mécaniques extérieures de (H) sur (E).
Tronçon E1 Tronçon E2
une poutre (E)
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Torseurs des efforts de cohésion
Équilibre du tronçon (E1)
L’équilibre du tronçon (E1) de la poutre (E) se traduit par:
{τ ( H1→E1) } {}0
=
Avec: H1: Le milieu extérieur pour (E1) qui comprend: - Milieu extérieur (H)
- Tronçon (E2)
Les actions mécaniques exercées par le tronçon (E2) sur (E1) à travers la section (S) sont
extérieures pour (E1) mais intérieurs pour la poutre (E).
La connaissance des notions dites de cohésion ou actions élastiques et leur répartition
à travers la section (S) constitue l’un des buts de la RDM.
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Torseurs des efforts de cohésion
Équilibre du tronçon (E1)
Les éléments de réductions en G du torseur {τcoh } sont alors:
R ( E2 → E1)
R ( H → E1)
{τcoh }G =
=
−
M G ( E2 → E1)
G M G ( H → E1)
G
Composantes des efforts intérieurs
Mfy
R
G = Nx + T y y + T z z Ty
Mt
M
G = M t x + M fy y + M fz z
N
Effort normal : N Tz
Ty
Effort tranchant : T = Mfz
Tz
Moment de torsion : M
t M fy
Moment fléchissant : M f =
M fz 26
Torseurs des efforts de cohésion
Équilibre du tronçon (E1)
Les éléments de réductions du torseur de cohésion
N Mt
{τ }coh
= Ty Mfy
Tz Mfz
(G,R)
•N, effort normal : force de direction parallèle à la courbe
moyenne ;
•T, effort tranchant : force perpendiculaire à la ligne moyenne et
provoquant un cisaillement
•Ty : effort tranchant selon y,
•Tz : effort tranchant selon z ;
•Mf, moment fléchissant : moment dont le vecteur est
perpendiculaire à la courbe moyenne et provoquant une flexion :
•Mfy : moment fléchissant selon y,
•Mfz : moment fléchissant selon z ;
•Mt, moment de torsion : son vecteur a pour direction x.
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Torseurs des efforts de cohésion
Différents types de sollicitations
Les sollicitations sont classées suivant le nombre des composantes non nulles du
torseur de cohésion, on définit:
- Une sollicitation est dite simple si une seule composante du torseur de cohésion est
non nulle.
- Une sollicitation est dite composée si au moins deux composantes du torseur de
cohésion sont non nulles.
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Torseurs des efforts de cohésion
Différents types de sollicitations
Traction
•N, effort normal : force de direction parallèle à la courbe moyenne ;
{τ
Pour une poutred’axe longitudinal
N 0
}
x
coh = 0 0
0 0
(G , R )
Pour une poutre d’axe longitudinal
{τ
y 0 0
}
coh = N
0
0
0
(G , R )
Pour une poutre d’axe longitudinal
{τ
z 0 0
}
coh = 0
N
0
0
(G , R )
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Torseurs des efforts de cohésion
Différents types de sollicitations
Cisaillement
•T, effort tranchant : force perpendiculaire à la courbe moyenne et provoquant
un cisaillement
•Ty : effort tranchant selon y,
•Tz : effort tranchant selon z ;
{τ
0 0
}
coh = Ty
0
Tz 0 (G , R )
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Torseurs des efforts de cohésion
Différents types de sollicitations
Torsion
•Mt, moment de torsion : son vecteur a pour direction parallèle à la courbe
moyenne ;
x
{τ
0 Mt
y
}
coh = 0
0
0
z 0 (G , R )
y
{τ
0 0
}
z
coh = 0 Mt
x 0 0
(G , R )
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Torseurs des efforts de cohésion
Différents types de sollicitations
Flexion
•Mf, moment fléchissant : moment dont le vecteur est perpendiculaire à la courbe moyenne et
provoquant une flexion :
•Mfy : moment fléchissant selon y,
•Mfz : moment fléchissant selon z ; Plan de flexion (X , Z)
z
{τ
0 0
x
}
coh = 0
Mf
y
Tz 0 (G , R )
Plan de flexion (X ,Y)
{τ
y 0
0
x
}
coh = Ty
0
0 M f z (G , R )
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Torseurs des efforts de cohésion
Éléments de réduction des actions de cohésion
y
Mfx Mfy Mi
G
Mt
(g) Ty Tx Nz Z
Ri
x
Tx
Efforts tranchants Cisaillement
Ri Ty
Torseur des actions
de cohésion Nz Effort normal Traction Compression
{T }
i
Mfx Moments de
flexion Flexion
Mi Mfy
Mt Moment de torsion Torsion
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TD1
Application 1
La figure ci-dessous représente une tige assimilée à une poutre cylindrique AB de longueur
L=200 mm. La tige se repose sur un appui simple au point A et un appui double au point B. La
tige doit supporter une charge F=1000N concentrée en C.
On
= donne: AC 150x
= ; AB 200x
1- Déterminer les torseurs des actions
mécaniques aux points de sollicitations A, B
y
et C.
2- Déterminer les inconnues de liaisons en A
F et B.
C x
3- Déterminer les torseurs de cohésion.
4- Tracer les diagrammes de sollicitations et
en déduire la valeur maximale du moment
fléchissant.
24
TD1
Application 2
La poutre est considérée en équilibre sur deux appuis simples en A et B. Elle est chargée par une
charge répartie q le long du segment AC.
On donne: AB=L ; AC= L/2
1- Déterminer les torseurs des actions mécaniques exercées sur la poutre.
2- Déterminer les inconnues de liaisons.
3- Déterminer les torseurs de cohésion.
4- Tracer les diagrammes de sollicitations et en déduire la valeur maximale du moment
fléchissant.
A C B
25
TD1
Application 3
26
TD1
Application 4
27
TD1
Application 5
28