Sorbonne Université 1MA003, 2020-21
Corrigé de la feuille 6 : espaces vectoriels
Exercice 1.
(a) A = {(x, y, z) ∈ R3 | x + y = 0} contient (0, 0, 0) puisque 0 + 0 = 0. Pour tous
λ ∈ R, (x, y, z) ∈ A et (x0 , y 0 , z 0 ) ∈ A, on a
(λx + x0 ) + (λy + y 0 ) = λ(x + y) + (x0 + y 0 ) = 0 + 0 = 0.
Donc λ(x, y, z) + (x0 , y 0 , z 0 ) est dans A. Ceci prouve que A est un sous-espace
vectoriel du R3 , donc un R-espace vectoriel.
(b) Soit B l’ensemble des polynômes P ∈ R[X] tels que P 0 (7) = 0. Le polynôme
nul est dans B, puisque ses dérivées sont nulles. Pour tous λ ∈ R, P ∈ B et
Q ∈ B, λP + Q est un polynôme réel et
(λP + Q)0 (7) = λP 0 (7) + Q0 (7) = 0 + 0 = 0.
Donc B est un sous-espace vectoriel de R[X] donc un R-espace vectoriel.
(c) Soit C l’ensemble des fonctions en escalier sur [0, 1]. C’est une partie non
vide (contenant la fonction nulle) du R-espace vectoriel R[0,1] des fonctions
de [0, 1] dans R. Soient λ ∈ R, f ∈ C et g ∈ C. Choisissons une subdivision
{0 = x0 < · · · < xn = 1} adaptée à f et g, de sorte que f et g sont constantes
sur chaque intervalle ]xi−1 , xi [, 1 ≤ i ≤ n. Alors λf + g est aussi constante sur
chacun de ces intervalles, donc c’est une fonction en escalier, c’est-à-dire un
élément de C. On en déduit que C est un sous-espace vectoriel de R[0,1] donc
un R-espace vectoriel.
Exercice 2.
(a) La suite nulle est convergente. Si (un ) et (vn ) sont deux suites complexes
convergentes, leur somme est aussi convergente ; et, pour tout λ ∈ C, (λun )
est aussi convergente. Donc l’ensemble des suites convergentes est un sous-
espace de CN .
(b) L’ensemble des suites divergentes ne contient pas la suite nulle, donc ce n’est
pas un sous-espace de CN .
(c) La suite nulle est bornée. Soient λ ∈ C, (un ) et (vn ) deux suites bornées
respectivement par M et N . Alors la suite (λun +vn ) est bornée par |λ|M +N .
Donc l’ensemble des suites bornées est un sous-espace de CN .
(d) La suite (un ) constante à 1 est une suite réelle et i(un ) est constante à i donc
n’est pas réelle. Cela prouve que l’ensemble des suites réelles n’est pas un
sous-espace du C-espace vectoriel CN .
(e) On considère l’ensemble des suites (un ) telles que (nun ) tend vers 1, qui ne
contient pas la suite nulle : ce n’est pas un sous-espace de CN .
(f) On considère l’ensemble des suites (un ) telles que (nun ) tend vers 0. Il contient
la suite nulle. Pour tout λ ∈ C, si (nun ) et (nvn ) tendent vers 0, (n(λun + vn ))
tend aussi vers 0. Donc l’ensemble des suites (un ) telles que un = o(1/n) est
un sous-espace de CN .
1
2
(g) On considère l’ensemble des suites (un ) telles que (nun ) est bornée. Il contient
la suite nulle. Pour tout λ ∈ C, si (nun ) et (nvn ) sont bornées respectivement
par M et N , alors la suite (n(λun + vn )) est bornée par |λ|M + N . Donc
l’ensemble des suites (un ) telles que un = O(1/n) est un sous-espace de CN .
Exercice 3. Sens réciproque. Si F1 ⊂ F2 , F1 ∪F2 = F2 est un sous-espace vectoriel
par hypothèse. C’est pareil si F2 ⊂ F1 .
Sens direct. On cherche à prouver la contraposée. On suppose donc que F1 n’est
pas inclus dans F2 et que F2 n’est pas inclus dans F1 . Cela donne x1 ∈ F1 tel que
x1 ∈/ F2 et x2 ∈ F2 tel que x2 ∈ / F1 . Si x1 + x2 est dans F1 , x2 = (x1 + x2 ) − x1
devrait être dans F1 comme différence d’éléments de F1 ; mais, par hypothèse, ce
n’est pas le cas, donc x1 + x2 n’est pas dans F1 . Le même argument montre que
x1 +x2 n’est pas dans F2 : x1 +x2 ∈/ F1 ∪F2 . cela prouve que F1 ∪F2 n’est pas stable
par somme donc n’est pas un sous-espace vectoriel. D’où l’implication directe.
Exercice 4.
√ √
(a) L’expression
√ 2 ∈ Vect(1) signifie ici qu’il existe λ ∈ Q tel que 2 = λ·1 = λ.
Comme 2 est un irrationnel, ceci est faux (on l’a vu dans la première feuille
de TD).
√ √ √ √
(b) De même, si 3 ∈ Vect(1, 2), il existe λ, µ ∈ Q tel que 3 = λ + µ 2. On
élève au carré : √
3 = λ2 + 2λµ 2 + 2µ2 .
√
Si λ et µ ne sont pas nuls, on peut alors exprimer 2 comme quotient de
rationnels,
√ donc comme un rationnel, ce qui n’est pas possible. Si √ µ = 0, on
trouve 3 = λ ∈ Q, ce p qui n’est pas vrai (même argument que pour 2). Et si
λ = 0, on trouve que 3/2 est rationnel, ce qui est encore faux, pour la même
raison, que nous détaillons un peu. Si c’était le cas, on aurait des entiers p et
q tels que 3q 2 = 2p2 , avec p ou q impair. Comme le membre de droite est pair,
le membre de gauche aussi et cela force q à être pair (un produit d’impairs
2 2
est impair) : q = 2a pour un entier a. Mais √ alors p =√6a et p doit être pair :
contradiction. Ceci prouve finalement : 3 ∈ / Vect(1, 2).
n
X
Exercice 5. Soient λ1 , . . . , λn des réels tels que λi fai = 0. Alors :
i=1
∀x ∈ R, λ1 ea1 x + · · · + λn−1 ean−1 x + λn ean x = 0,
soit
∀x ∈ R, λ1 e(a1 −an )x + · · · + λn−1 e(an−1 −an )x + λn = 0.
Pour i = 1, . . . , n − 1, ai − an < 0, donc e(ai −an )x tend vers 0 quand x tend vers
+∞. On obtient donc en passant à la limite : λn = 0. Donc :
∀x ∈ R, λ1 ea1 x + · · · + λn−1 ean−1 x = 0.
En répétant cet argument, on prouve successivement que tous les coefficients λi
sont nuls. Donc la famille est libre.
Exercice 6.
3
(a) A est l’ensemble des (x, y, z) ∈ R3 tels que y = −x, c’est-à-dire l’ensemble
des vecteurs (x, −x, z) où x et z décrivent l’ensemble des réels. Notons v =
(1, −1, 0) et w = (0, 0, 1). On vient de voir que
A = {xv + zw | x, z ∈ R} = Vect(v, w).
Comme (v, w) est visiblement libre (si λv + µw = 0, (λ, −λ, µ) = (0, 0, 0),
donc λ = µ = 0), c’est donc une base de A. Et A est donc de dimension 2.
(b) B est l’ensemble des (x, y, z, t) ∈ R4 tels que
4t + z + 3y + 2x = 0
z+y+x = 0
soit, en soustrayant la seconde ligne à la première :
4t + 2y + x = 0
z+y+x = 0
x y
B est donc l’ensemble des vecteurs de la forme x, y, −x − y, − − , où x
4 2
et y sont des réels. Si on pose v = (1, 0, −1, −1/4) et w = (0, 1, −1, −1/2), cela
revient à dire que B = Vect(v, w). Et cette famille est libre (si λv + µw = 0,
(λ, µ, . . . ) = (0, 0, 0, 0), donc λ = µ = 0), donc c’est une base de B et dim B =
2.
Exercice 7. On observe qu’une matrice A est dans Sn si et seulement si ses
coefficients aij vérifient la relation aij = aji pour tous les indices i et j.
Ainsi, la matrice nulle est dans Sn . Si λ est un réel et A, B des matrices de Sn ,
les coefficients de λA + B s’écrivent
λaij + bij = λaji + bji ,
donc λA + B est dans Sn . Ceci prouve que Sn est un sous-espace vectoriel de
Mn (R).
Pour calculer ladimension
de
S2 ,
on peut
remarquer
qu’une
matrice symétrique
a b 0 1 1 0 0 0
de taille 2 s’écrit =b +a +c . Les trois matrices
b c 1 0 0 0 0 1
0 1 1 0 0 0
, et forment donc une famille génératrice. On vérifie vite
1 0 0 0 0 1
que c’est une famille libre, donc une base. La dimension de S2 est donc trois.
Passons au cas général, qui est similaire.
Soit A = (aij ) ∈ Sn . En utilisant les matrices Ek,l ∈ Mn (R) du cours (avec un
1 en position (k, l) et des 0 ailleurs), on peut écrire :
X X n
X X
A= akl Ek,l = akl Ek,l + akk Ek,k + akl Ek,l
k,l 1≤k<l≤n k=1 1≤l<k≤n
(où l’on a cassé la première somme en trois morceaux selon la position relative des
indices k et l : <, = ou >). On peut échanger les rôles des indices (muets) k et l
dans la troisième somme :
X n
X X
A= akl Ek,l + akk Ek,k + alk El,k .
1≤k<l≤n k=1 1≤k<l≤n
4
Par symétrie de A, on en tire :
X n
X
A= akl (Ek,l + El,k ) + akk Ek,k .
| {z } |{z}
1≤k<l≤n k=1
Fk,l Fk,k
Ceci montre que la famille (Fk,l )1≤k≤l≤n est génératrice de Sn . (En fait, Fkl est la
matrice avec des coefficients 1 en position (k, l) et (l, k) et des 0 partout ailleurs).
Pour vérifier que cette famille est libre, on suppose que des réels λkl vérifient
X
λkl Fkl = 0.
1≤k≤l≤n
Cela signifie :
X n
X
λkl (Ek,l + El,k ) + λkk Ek,k = 0.
1≤k<l≤n k=1
Pour tout k ≤ l, si on regarde le coefficient en position (k, l) dans cette égalité
matricielle, on trouve exactement λkl = 0. Cela prouve que la famille est aussi
libre. Et donc la famille (Fk,l )1≤k≤l≤n est une base de Sn .
Comptons le nombre d’éléments de Tn = {(k, l) ∈ N2 | 1 ≤ k ≤ l ≤ n} : l’entier l
varie de 1 à n et, à l fixé, il y a l possibilités pour l’entier k (puisque 1 ≤ k ≤ l) ; le
n
X n(n + 1)
cardinal de Tn est donc l= . (On peut le voir en dessinant n2 points
2
l=1
en carré et en comptant ceux qui sont d’un côté d’une diagonale.)
Donc Sn est de dimension n(n + 1)/2.
Exercice 8. Soit E = R[0,2] . Soit F l’ensemble des fonctions en escalier associées
à σ. C’est une partie de l’espace vectoriel E.
Si 0 ≤ a < b ≤ 2, on définit fa,b ∈ E par fa,b (x) = 1 si a < x < b et fa,b (x) = 0
sinon.
Pour a ∈ [0, 2], on définit aussi fa ∈ E par fa (a) = 1 et f (x) = 0 si x 6= a.
Un élément de F est alors exactement une combinaison linéaire des fonctions
f0,1 , f1,2 , f0 , f1 et f2 (ne pas oublier que la fonction prend des valeurs quelconques
aux points de la subdivision).
Autrement dit, F = Vect(f0,1 , f1,2 , f0 , f1 , f2 ). C’est en particulier un sous-espace
de E et on dispose d’une famille génératrice.
Vérifions que cette famille de cinq fonctions est libre. Soient des réels a, b, c, d, e
tels que af0,1 + bf1,2 + cf0 + df1 + ef2 = 0. Le membre de gauche est une fonction.
En l’évaluant aux points 1/2, 3/2, 0, 1 et 2, on trouve successivement a = 0, b = 0,
c = 0, d = 0, e = 0. Donc la famille est libre . C’est donc une base de F et la
dimension de F est 5.
Exercice 9.
(a) Comme Rn [X] est de dimension n + 1, il suffit de montrer que la famille à
n + 1 éléments qu’on considère est libre. Soient donc des réels λ0 , . . . , λn tels
Xn
que λk Pk = 0. Comme le polynôme Pn est de degré n, il s’écrit cn X n plus
k=0
des termes de plus petit degré ; ici, cn est le coefficient dominant de Pn , un
5
nombre réel non nul. Les autres polynômes Pk sont de degré au plus n − 1.
Donc en dérivant l’équation n fois, on obtient λn cn n! = 0 et donc λn = 0.
n−1
X
On est ramené à l’équation λk Pk = 0 qu’on peut dériver n − 1 fois pour
k=0
voir que λn−1 = 0. En répétant cette opération, on vérifie successivement que
λn = λn−1 = · · · = λ0 = 0. Donc (P0 , . . . , Pn ) est libre. Et c’est ainsi une base
de Rn [X].
(b) La famille considérée compte 3 éléments et R2 [X] est de dimension 3. Pour
voir que c’est une base, il suffit de vérifier qu’elle est libre. Soient trois réels a,
b et c tels que a(X + 1) + b(X − 1) + c(X 2 + 2X) = 0. Les coefficients devant
chaque puissance de X doivent être nuls : c = 0, a + b + 2c = 0 et a − b = 0.
On en déduit b = a puis a = b = c = 0. Donc la famille est libre et c’est
finalement une base.
Les coordonnées α, β, γ de X 2 dans la base (X + 1, X − 1, X 2 + 2X) sont
les nombres réels tels que X 2 = α(X + 1) + β(X − 1) + γ(X 2 + 2X). Par
identification des coefficients, cela revient à : 1 = γ, 0 = α + β + 2γ, 0 = α − β.
Les valeurs α = β = −1 et γ = 1 conviennent.
(c) A contient le polynôme nul. Si P et Q sont des combinaisons linéaires de
X 2k+1 , k ∈ N, il en de même pour λP + Q, pour tout nombre complexe
λ. Donc A est un sous-espace vectoriel de C[X]. B contient 0 = X 0, il est
stable par somme et homothétie parce que A l’est : c’est aussi un sous-espace
vectoriel de C[X].
Par définition A + B est l’ensemble des polynômes P s’écrivant
m
X n
X m
X n
X
P = ai X 2i+1 + X bj X 2j+1 = ai X 2i+1 + bj X 2j+2
i=0 j=0 i=0 j=0
où m et n sont des entiers naturels et les coefficients ai et bj sont complexes.
Cette expression recouvre tout polynôme dont le terme constant est nul, donc
A + B = {XQ | Q ∈ C[X]}. C’est l’ensemble des polynômes complexes
s’annulant en 0.
Exercice 10.
(a) Soient des réels λ et µ tels que λ sin +µ cos = 0, i.e.
∀x ∈ R, λ sin(x) + µ cos(x) = 0.
En faisant x = π/2 puis x = 0, on trouve λ = 0 puis µ = 0. Donc (sin, cos)
est une famille libre.
(b) Soit F l’ensemble des fonctions f : R → R telles qu’il existe des réels A et φ
pour lesquels on peut écrire
∀x ∈ R, f (x) = A sin(x + φ).
Pour tous A, φ, x ∈ R, on peut écrire
A sin(x + φ) = A cos(φ) sin(x) + A sin(φ) cos(x).
Ceci donne l’inclusion F ⊂ Vect(sin, cos).
Réciproquement, soit f : R → R donnée par f (x) = a sin(x) + b cos(x), pour
des constantes réelles a et b. Le vecteur (a, b) de R2 s’écrit en coordonnées
6
polaires (r cos φ, r sin φ), avec r ≥ 0 et φ ∈ R (dit autrement, le nombre
complexe a + ib s’écrit a + ib = reiφ = r cos φ + ir sin φ).
Donc pour tout x ∈ R,
f (x) = r (cos(φ) sin(x) + sin(φ) cos(x)) = r sin(x + φ).
Donc Vect(sin, cos) est inclus dans F et il y a finalement égalité entre ces deux
ensembles. Au passage, cela prouve que F est un sous-espace vectoriel, ce qui
n’est pas évident a priori.
Exercice 11. H1 ∩ H2 est un sous-espace de dimension finie comme intersection
de deux sous-espaces de dimension finie. On dispose de la formule
dim(H1 ∩ H2 ) = dim(H1 ) + dim(H2 ) − dim(H1 + H2 ) = 2n − 2 − dim(H1 + H2 ).
La somme H1 + H2 est un sous-espace de E contenant H1 . En particulier, sa
dimension est comprise entre celle de H1 et celle de E : c’est n − 1 ou n. Supposons
que dim(H1 + H2 ) = n − 1. Avec H1 ⊂ H1 + H2 et dim(H1 ) = n − 1, on en
déduit que H1 = H1 + H2 . Mais alors H2 ⊂ H1 + H2 = H1 et, par égalité des
dimensions, H2 = H1 , ce qui contredit les hypothèses. Donc dim(H1 + H2 ) = n,
i.e. H1 + H2 = E. Finalement :
dim(H1 ∩ H2 ) = 2n − 2 − n = n − 2.
Exercice 12.
(a) F1 et F2 sont deux parties de E contenant la fonction nulle. Soient λ ∈ R,
f, g ∈ E. Si f et g sont constantes, λf + g est aussi constante. Si f et g sont
d’intégrale nulle, alors
Z 1 Z 1 Z 1
(λf + g) = λ f+ g = 0 + 0 = 0.
0 0 0
Ainsi, F1 et F2 sont deux sous-espaces vectoriels de E.
(b) Soit f ∈ F1 ∩ F2 . Alors f est constante à une valeur c ∈ R et d’intégrale nulle,
donc Z 1 Z 1
0= f= c = c,
0 0
de sorte que f est nulle. Donc le sous-espace F1 ∩ F2 est réduit à {0}.
(c) Par définition, F1 + F2 est inclus dans E. Il s’agit de voir l’inclusion inverse.
Z 1
Soit f ∈ E. Notons c = f . Alors
0
Z 1 Z 1 Z 1
(f − c) = f− c = c − c = 0.
0 0 0
Donc f = (f − c) + c est la somme de f − c ∈ F1 et c ∈ F2 . Cela prouve
l’inclusion E ⊂ F1 + F2 . Avec (b), cela prouve : F1 ⊕ F2 = E.
(d) Une intégration par parties donne :
Z 1 Z 1
x x 1
xe dx = [xe ]0 − ex dx = e − 0 − (e − 1) = 1.
0 0
Ainsi, comme ci-dessus, f est la somme de f − 1 ∈ F1 et de 1 ∈ F2 .
7
Exercice 13.
(a) On suit la technique vue en cours, en considérant le trinôme associé : X 2 −
3X + 2. Ses racines sont 1 et 2. Une base de S est donc (v, w), où v = (vn )
est la suite constante à 1 et w = (wn ) = (2n ).
(b) Tout élément (un ) de S s’écrit (un ) = a(vn ) + b(wn ) = (a + b2n ), pour des
nombres complexes a et b. Les conditions initiales u0 = 1 et u1 = 3 se tra-
duisent par : a + b = 1 et a + 2b = 3, soit b = 2 et a = −1. L’unique solution
est donc (un ) = (−1 + 2n+1 ).
(c) Puisque v et w sont réelles, pour tous a, b ∈ R, av + bw est une suite réelle
de S. Réciproquement, pour tout a, b ∈ C, si u = av + bw ∈ S est réelle, en
prenant la partie imaginaire, on trouve Im(a)v + Im(b)w = 0. Par liberté de
(v, w), Im(a) = Im(b) = 0, donc a et b sont des réels. Cela prouve que les
suites réelles de S sont exactement les suites (a + b2n ), avec a, b ∈ R.
Exercice 14.
(a) Le trinôme associé est X 2 − 2X + 2, son discriminant est −4 et ses racines
√ iπ
sont 1 ± i = 2e± 4 . Donc il existe des complexes a et b tels que
√ n inπ inπ
∀n ∈ N, un = 2 ae 4 + be− 4 .
Avec les formules d’Euler, cela revient à l’existence de α, β ∈ C tels que
√ n
∀n ∈ N, un = 2 (α cos(nπ/4) + β sin(nπ/4)) .
Les conditions initiales u0 = u1 = 1 signifient :
√
α=1 et 2 (α cos(π/4) + β sin(π/4)) = 1,
√ n
d’où l’on tire β = 0. Ainsi, l’unique solution est (un ) = ( 2 cos(nπ/4)).
(b) Le trinôme associé est X 2 − (2 + 2i)X + 2i, son discriminant est nul et sa
√ iπ
racine double est 1 + i = 2e 4 . Donc il existe des complexes a et b tels que
√ n inπ
∀n ∈ N, un = 2 (a + bn)e 4 .
Les conditions initiales u0 = 1 et u1 = 0 signifient :
√ iπ
a=1 et 2(a + b)e 4 = 0,
√ n inπ
d’où l’on tire b = −1. Ainsi, l’unique solution est (un ) = ( 2 (1 − n)e 4 ).