Les Fondamentaux des métaux de base en Bourse
Le marché des métaux de base est très surveillé par les investisseurs. Découvrez comment analyser ce
secteur et comment l’évolution de ce type de matière première permet d’anticiper l’évolution de la
conjoncture économique.
Les métaux de base : définitions et explications
Les métaux de base sont des métaux non transformés et obtenu par extraction minière. Ils sont utilisés
dans l’industrie et dans la fabrication d’alliages plus complexes. Le cuivre, le zinc, l’étain, l’aluminium, le
nickel et le plomb sont considérés comme les métaux de base.
Ces derniers sont disponibles en plus grandes quantités que les métaux précieux ou les métaux rares, ce
qui explique leur prix faible en comparaison.
Intérêts économiques de suivre les métaux de base
Les métaux de base sont utilisés dans la quasi-totalité des industries (télécommunication,
infrastructures, immobilier, transport…) et sont donc la base du développement économique d’un pays.
Les prix des métaux de base influencent les pays producteurs de façon positive lorsque les prix
augmentent mais pénalisent les pays consommateurs.
A l’inverse une pression baissière sur les prix de ce type de matière première aura un effet positif sur les
consommateurs et négatif sur les producteurs.
Les cycles économiques, c’est-à-dire les phases d’expansion et de contraction, ont une forte influence
sur le prix des métaux de base, dont le cours peut évoluer fortement en cas de ralentissement ou
d’accélération de l’économie. En effet ce type de matière première est généralement le premier impacté
en cas de retournement de l’économie, à la hausse comme à la baisse.
L’explication tient du fait que les sociétés qui utilisent les métaux de base dans leur production
ajusteront leurs achats de matières premières par anticipation en cas de modification des perspectives
de croissance et les prix devraient être sous pression avant même que l’économie ralentisse.
Production et consommation des métaux de base dans le monde
Nous avons vu qu’il existe 6 métaux de base et chacun d’entre eux à des propriétés et des utilisations
qui lui sont propres. La demande est tirée par les zones économiques consommatrices comme les Etats-
Unis et l’Europe et la production est plutôt tirée par les pays en développement et la Chine.
Par ailleurs étant donné la progression régulière de la population mondiale et le développement
industriel de nombreuses zones économiques, la demande pour les métaux de base ne cesse de
progresser même si certains de ces métaux sont recyclables quasiment à l’infini comme le cuivre.
Les facteurs d’influence des cours des métaux de base
La conjoncture économique mondiale est le principal facteur d’influence car cela conduira les
producteurs et consommateurs à ajuster leur production et leur demande. Lors de phase de craintes sur
le futur de l’économie, comme celles amenées par la guerre commerciale ouverte par Donald Trump à
l’encontre de la Chine en 2018, les investissements auront tendance à baisser et les sociétés devraient
se montrer plus prudentes, les conduisant à réduire leurs achats et notamment leurs achats de matières
premières. Logiquement une moindre demande aura un impact sur les prix des producteurs qui
tenteront de réduire leur production pour stabiliser le niveau des prix.
Au-delà des cycles économiques nous surveillons le déficit ou le surplus (soit la différence entre l’offre et
la demande) sur ces marchés ainsi que le niveau des stocks. En effet certains marchés sont en situation
de surplus comme le Zinc alors que d’autres présentent un déficit, comme le cuivre.
Ce facteur conduit également les producteurs à ajuster leurs capacités de production afin de stabiliser
les prix. A titre d’exemple le géant minier Glencore, qui comptait pour 8,5% de la production mondiale
de cuivre en 2018 avait fermé des mines d’extraction du métal rouge en 2015 afin d’endiguer la baisse
du prix de ce métal de base, considéré comme baromètre de l’économie mondiale.
Glencore avait ensuite réouvert progressivement ses mines mais le marché du cuivre fait ressortir un
déficit en 2019 qui devrait s’amplifier en 2020 et probablement à moyen terme.