la poursuite de la revue de la littérature dans le domaine du développement durable et la collecte d'informations dans
les études de cas.
Ensuite étude de cas dans deux groupes. Collecte d'informations par « observations dans les magasins des deux
groupes, analyse de documents et entretiens auprès de certains managers » dans un but de triangulation des
informations recueillies. Le traitement des informations a conduit à un nouvel approfondissement théorique de
certaines idées ayant émergé dans les études de cas, tel que le niveau d'incorporation de la notion de développement
durable dans leurs stratégies (Payne et Raiborn 2001).
• Conception d'une grille de lecture organisée autour des 3 thématiques progressivement dégagées : structure
de gouvernance pour le développement durable, comportement éthique dans le groupe, apprentissage par
rapport au développement durable.
• Conception de propositions de type conceptuel et de type opératoire tels que par exemple (voir aussi encadré
1.8) : « Les groupes multinationaux gagnent à préserver des objectifs de développement durable construits et
périodiquement améliorés à partir des échanges entre leurs intentions d'action et les demandes des parties
prenantes internationales et locales. » (Proposition de type conceptuel) ; « Les groupes multinationaux
gagnent, en transparence et légitimité, à publier annuellement comment se fait l'évolution du partage de
résultats financiers avec les différentes parties prenantes, tant au niveau international qu'au niveau local dans
chaque filiale. » (Proposition de type opératoire.)
Sources : extraits de Barin Cruz L, Avila Pedrozo E, Chebbi H, « Le processus de formation d'une stratégie intégrée dans
développement durable entre siège et filiales : cas de deux groupes français de la grande distribution », Management
International, 12/2,2008, p. 81-95. ; voir aussi complément 10 du site compagnon).
Chapitre 1 - Inscrire son projet de recherche dans un cadre épistémologique 33
Lors de la construction du canevas, pour appréhender les relations récursives entre ses différents
aspects, il est judicieux de les aborder conjointement en veillant à expliciter au fur et à mesure les
raisons sous-jacentes aux choix effectués tout en s'assurant de leur cohérence et pertinence mutuelles.
Le chercheur a aussi à réfléchir, non seulement à l'admissibilité de la méthode envisagée en fonction du
paradigme épistémologique dans lequel la recherche est inscrite (voir sections 5.1 et 5.2), mais aussi à
son caractère praticable, c'est-à-dire à la capacité que le chercheur aura à la mettre en œuvre
effectivement. Souvent, par exemple, nombre d'informations pertinentes pour la recherche sont
confidentielles. Ainsi, si le projet est de comprendre les processus stratégiques effectivement à l'œuvre
dans une entreprise selon la « perspective de la pratique en stratégie »71, il est indispensable que le
chercheur puisse assister à diverses réunions considérées comme stratégiques (et donc confidentielles)
par des acteurs de l'entreprise considérée. La plupart du temps, dans les études de cas dites
contemplatives (Savall et Zardet, 2004)72, le chercheur n'est pas autorisé à participer à ce type de
réunions, ni à étudier de documents relatifs à la stratégie de l'entreprise ou à ses activités de veille
stratégique. Une manière de contourner cette difficulté est de mener une recherche dite transformative
(Savall et Zardet, 2004)73 dans cette entreprise, par exemple une recherche-intervention portant sur la
conception/mise en place de processus favorisant l'intégration d'idées émergentes dans le déploiement
de la stratégie d'une entreprise : le chercheur étant directement impliqué dans la conception/mise en
place de ces processus, il est de facto habilité à participer à toutes les réunions correspondantes et a
accès à un grand nombre de documents jugés confidentiels par les acteurs de l'entreprise. Mais une telle
approche ne va pas sans soulever d'autres difficultés, en particulier celle de réussir à « vendre » une
recherche transformative à une entreprise. Évidemment, il faut aussi veiller à ce que cette méthode soit
compatible avec le paradigme épistémologique de référence.
5.1. Dans un paradigme épistémologique positiviste :