accepter la conception explicite, programmatique que le constructivisme est une théorie de la
connaissance, et non pas une théorie de ce qui est. »
Les hypothèses fondatrices - « allant aux racines » — du paradigme épistémologique
constructiviste radical sont présentées dans le tableau 1.1 et mises en parallèle avec celles du
paradigme constructiviste selon Guba et Lincoln.
Le tableau 1.1 met en évidence que le paradigme épistémologique constructiviste radical est plus «
ouvert » que le paradigme épistémologique constructiviste selon Guba et Lincoln, puisqu'il ne pose
aucune hypothèse fondatrice limitative sur la nature du réel (parce que de telles hypothèses sont
invérifiables compte-tenu de l'hypothèse épistémologique de ces paradigmes). En particulier, les
connaissances développées dans ce paradigme valent aussi bien s'il se trouve exister de multiples réels
socialement construits que s'il existe un réel unique tel qu'il est en lui-même.
Deux points importants sont à retenir des éléments qui viennent d'être présentés. D'une part, les
paradigmes qualifiés d'interprétativiste et de constructiviste « modéré » sont très proches du paradigme
épistémologique constructiviste radical tel que conceptualisé et développé par Glasersfeld, Le Moigne,
et Riegler, présenté ci-avant. D'autre part, ce paradigme épistémologique constructiviste radical est
profondément différent du constructivisme également qualifié de « radical » par Girod-Séville et Perret,
puisque ce dernier repose sur l'hypothèse selon laquelle « l'essence de l'objet n'existe pas » (Girod-
Séville et Perret, 1999, tableau 1.1, p. 14).
Par ailleurs, comme cela est argumenté dans le complément 9 du site compagnon, le paradigme
épistémologique constructiviste radical, qui constitue un paradigme épistémologique explicitement
fondé, alternatif aux paradigmes épistémologiques positivistes, soutient épistémologiquement le
paradigme des sciences de l'artificiel, qui quant à lui, comme nous l'avons vu à la section 2, constitue
un paradigme scientifique alternatif à celui des sciences naturelles classiques. Voir également le
complément 11 du site compagnon pour les liens de filiation qui apparaissent entre les travaux de
Bachelard et ceux de Simon.
Enfin, cette présentation des hypothèses fondatrices des paradigmes épistémologiques montre que la
spécification du paradigme épistémologique dans lequel un chercheur inscrit sa recherche est un acte
fondateur et fondamental, qui a des conséquences sur toute la suite et notamment sur la
validation/légitimation des résultats de sa recherche.
4. Les notions de validation et de légitimation
La question de comment établir la validité de théories peut être considérée comme réglée dans les
paradigmes épistémologiques positivistes depuis la contribution décisive de Popper (1959)65 (section
4.1). Le terme de validation ayant une forte connotation dans un contexte scientifique, nous verrons
ensuite que dans les paradigmes épistémologiques constructivistes le terme de légitimation lui est
préféré pour exprimer la valeur des savoirs élaborés (section 4.2). À nouveau, nous détaillerons
davantage la question de la légitimation que celle de la validation qui a déjà fait l'objet de
développements nombreux.
Chapitre 1 - Inscrire son projet de recherche dans un cadre épistémologiq
4.1. La validation dans le paradigme épistémologique positiviste