recherche-action (Wacheux, 199675 ; Allard-Poesi et Perret, 200376), recherche-intervention (David,
2000)77, etc. En particulier, les connaissances élaborées ne sont pas nécessairement co-construites
stricto sensu avec des acteurs des organisations étudiées : même si le chercheur fonde en partie son
travail de conceptualisation sur des informations collectées auprès de membres d'organisations, bien
souvent ceux-ci participent assez peu au travail de conceptualisation proprement dit.
Dans une étude de cas contemplative, tout comme dans certaines recherches-actions au cours desquelles
le chercheur intervient seulement comme facilitateur, l'élaboration de connaissances peut s'effectuer de
manière inductive ou abductive. Le projet de recherche peut aussi viser à utiliser les situations
empiriques examinées dans l'étude de cas, ou suscitées dans la recherche-action, pour questionner ou
mettre à l'épreuve un certain nombre de notions théoriques préexistantes. Les connaissances élaborées
peuvent alors consister en des raffinements ou amendements des notions théoriques examinées.
Chapitre 1 - Inscrire son projet de recherche dans un cadre épistémologique
Paradigme épistémologique constructiviste et paradigme méthodologique interprétatif :
quelles relations ?
Pour Yanow (2000, p. 7) : le paradigme méthodologique interprétatif se présente comme une « sorte de
parapluie englobant plusieurs écoles de pensée différentes, y inclut celles puisant, explicitement ou
implicitement, dans la phénoménologie, l'herméneutique, . ; (quelquesunes) des théories critiques de
TÉcole de Frankfort, l'interactionnisme symboli que et l'ethnométhodologie, parmi d'autres ». Dans ce
paradigme méthodologique, la visée des recherches est essentiellement compréhensive : comprendre les
phénomènes ■ étudiés, tant du point de vue du chercheur que de celui du sens que les différents
acteurs concernés leur donnent, particulièrement lorsqu'il n'v a pas congruence entic ce qu'ils disent du
phénomène considéré et leur manière effective d'agir en référence a ce phénomène.
Yanow s'est attachée à dégager les principales «présuppositions philosophiques » du .
paradigme méthodologique interprétatif. Celles-ci se rattachent à la phénoménologie f
et à l'herméneutique, et s'avèrent donc cohérentes avec les hypothèses fondatrices des Ë
paradigmes épistémologiques constructivistes rappelées à la section 3.2. Ceci a les f
conséquences suivantes. D'une part, le processus de légitimation de connaissances £
élaborées dans le cadre des méthodologies interprétatives suit pour l'essentiel la même f
voie que celle, décrite plus haut, en vigueur dans les paradigmes épistémologiques j'
constructivistes. D'autre part, comme dans les méthodes interprétatives, les connais- ^
sances élaborées dans un paradigme épistémologique constructiviste reposent fonda- -,
mentalement sur une quête de compréhension des phénomènes étudies qui ne se limite g
pas à la recherche de relations causales linéaires.
Toutefois, contrairement à une idée reçue, les possibilités d'élaboration de connaissan ces dans un paradigme
épistémologique constructiviste ne se limitent pas à un usage exclusif des méthodes dites qualitatives ou interprétatives'
(Roussel et Wacheux, 2005 . Par ailleurs, les recherches s'inscrivant dans un paradigme épistémologique construcii viste
peuvent avoir d'autres « produits » que la seule compréhension de phénomènes. Dans ces recherches, il peut en effet
s'agir de « comprendre suffisamment [le monde] potn donner aux acteurs des moyens accrus de le changer de façon
plus efficace, efficiente et lucide » (Martinet, 1990, p. 21 ) ou encore de « comprendre pour faire autant que de l'uiir
pour comprendre » (Le Moigne, 2007, p.