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Médecine Légale : Thanatologie et Mort

Le document traite des activités thanatologiques en médecine légale, notamment la définition de la mort, les signes de la mort, et les critères de diagnostic de la mort cérébrale. Il aborde également les phénomènes cadavériques précoces et tardifs, ainsi que les méthodes de datation de la mort. Les objectifs pédagogiques incluent l'identification des techniques de datation et la classification des morts selon leurs formes médico-légales.

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Médecine Légale : Thanatologie et Mort

Le document traite des activités thanatologiques en médecine légale, notamment la définition de la mort, les signes de la mort, et les critères de diagnostic de la mort cérébrale. Il aborde également les phénomènes cadavériques précoces et tardifs, ainsi que les méthodes de datation de la mort. Les objectifs pédagogiques incluent l'identification des techniques de datation et la classification des morts selon leurs formes médico-légales.

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MEDECINE LEGALE

THANATOLOGIQUE

Pr. Ahmed BELHOUSS

20 mars 2025
Activités thanatologiques
de la Médecine Légale

Toute opération médico-légale ayant trait au


cadavre
 La mort
 La levée de corps
 L’autopsie médico-légale
 La certification du décès
LA MORT

Pr. Ahmed BELHOUSS

20 mars 2025
Objectifs pédagogiques

 Définir la mort
 Lister les signes de la mort
 Enumérer les critères de diagnostic d’une mort
cérébrale
 Identifier les phénomènes cadavériques précoces et
tardifs
 Lister les techniques de la datation de la mort dans la
phase précoce et moyenne
 Classer les morts selon leurs formes médico-légales
Plan
I- Définitions
II- Mort cérébrale
III- Sémiologie post mortem
IV- Phénomènes cadavériques précoces
V- Phénomènes cadavériques tardifs
VI- Datation de la mort
VII- Formes médico-légales de la mort
I- Définitions

 Concept de représentation abstraite

 Arrêt irréversible des fonctions vitales suivi d’une décomposition lente du

corps

 Processus en trois stades : mort apparente – mort relative – mort absolue

« Les cellules vivent ensemble et meurent séparément »

 Absence d’une définition légale de la mort

 Critère neurologique : arrêt irréversible des fonctions encéphaliques associant

perte de conscience, perte des fonctions sensitives et motrices, conduisant

inéluctablement à l’arrêt cardiaque et respiratoire


II- La mort cérébrale

 En 1959, notion de coma dépassé ou mort encéphalique

 Trois conditions :

• Arrêt irréversible de toutes les fonctions cérébrales

• Elimination de toutes les étiologies pouvant simuler la mort cérébrale :

intoxications, hypothermie, troubles métaboliques

• Constance des signes de la mort cérébrale pendant un délai d’observation

minimum.

Intérêt : possibilité d’effectuer des prélèvements d’organes sur un

cadavre à cœur battant en vue de greffe.


II- La mort cérébrale

Arrêté du ministre de la santé du 10 novembre 2003 fixant les

signes cliniques et paracliniques concordant pour le constat de

la mort cérébrale.

A- Signes cliniques :

- coma profond, flasque aréactif.

- abolition de tous les réflexes du tronc cérébral.

- absence totale de ventilation spontanée vérifiée par une épreuve

d’hypercapnie.
II- La mort cérébrale

B- Signes paracliniques :

- 2 EEG isoélectriques pendant une durée minimale

de 20 mn, réalisés à 4 h d’intervalle minimum (ou 24h

après si nourrisson < 2 ans).

- En cas de doute, angiographie cérébrale objectivant

l’arrêt circulatoire cérébral.


II- La mort cérébrale

Arrêté du ministre de la santé du 18 janvier 2011 modifiant l’arrêté du

ministre de la santé du 10 novembre 2003 fixant les signes cliniques et

paracliniques concordant pour le constat de la mort cérébrale.

B- Signes paracliniques :

- Soit un angioscanner montrant l’arrêt de la circulation cérébrale

- Soit un EEG plat (tracé isoélectriques) enregistré sur un patient avec une

température centrale au dessus de 35°C

- En cas de doute sur l’EEG, angiographie cérébrale objectivant l’arrêt

circulatoire cérébral.
III- Sémiologie post mortem

Signes de la mort : 2 groupes

A- Signes négatifs de la vie : signes précoces mais relatifs

• Arrêt cardio-circulatoire et respiratoire : auscultation cardio-respiratoire, palpation


des trajets artériels.

• Abolition de toute conscience, sensibilité ou réflexes, perte de tonus musculaire,

pâleur, refroidissement, mydriase fixe.

B- Signes positifs de la mort : signes absolus mais relativement tardifs

• Signes semi-récents : phénomènes cadavériques précoces ( refroidissement, rigidité,

lividités, déshydratation )

• Signes tardifs : phénomènes cadavériques tardifs ( autolyse, putréfaction )


IV- Phénomènes cadavériques précoces

A- Refroidissement :
• Equilibration thermique avec le milieu ambiant (baisse de 1°C par heure en

moyenne ).

• Dépend de la température ambiante, de l’habillement, de l’air ambiant, de la

corpulence, de la température au moment du décès, de la position du cadavre,

de l’âge...

• Courbe sigmoïde comportant 3 phases : (plateau thermique initial, phase

intermédiaire de décroissance rapide et phase terminale de décroissance lente) .


IV- Phénomènes cadavériques précoces

B- Rigidité :
• Contraction musculaire post mortem avec accrochage définitive des filaments d’actine et

de myosine des muscles lisses et striés faute d’ATP.

• Installation descendante, prédominante aux fléchisseurs des MS et aux extenseurs des MI.

• Affecte les pupilles, le cœur, les vésicules séminales et prostate, les muscles horripilateurs.

• Débute entre 02 h et 06 h, maximum entre 06 h et 12 h, ne se reconstitue plus si elle est

rompue après 12h, se résout avec le début de la putréfaction ( 2 à 3 jours ).

• Installation rapide parfois instantanée si effort important avant le décès ou hyperthermie

(spasme cadavérique ).

• Installation lente si froid, faible chez sujet âgé et nourrisson


Photo montrant l’effet de la rigidité qui maintient des genoux en extension
chez un cadavre malgré les forces gravitationnelles
IV- Phénomènes cadavériques précoces

C- Lividités (ou hypostases) :


• Tâches de couleur rouge pourpre au niveau des zones déclives secondaires à

l’accumulation du sang dans les petits vaisseaux.

• Absence des lividités au niveau des zones d’appui et des zones comprimées.

• Débutent entre 30 mn et 03 h, maximum entre 08 h et 12 h.

• Deviennent fixes après 12 h-24 h ( ne disparaissent plus à la vitro-pression et ne

changent plus avec la position du cadavre ) hémolyse et infiltration de

l’hémoglobine dans les tissus.


IV- Phénomènes cadavériques précoces

C- Lividités ou hypostases :
• Accumulation au niveau des organes internes : hypostase viscérale.

• Les lividités sont différentes des ecchymoses (extravasation sanguine).

• Coloration varie selon l’état de l’Hb :

* Rouges cerises dans les intoxications au CO

* Rouges briques dans les intoxications au cyanure

* Brunâtres dans les affections méthémoglobinisantes

* Sombres dans les asphyxies.


Photo montrant des lividités déjà installées visibles ici sur la partie déclive latérale
gauche du tronc
Photo montrant des lividités qui s’effacent à la vitropression
IV- Phénomènes cadavériques précoces

D- Déshydratation :
• Perte de poids 15 à 20 g/Kg/j.

• Affaissement des globes oculaires, opacification de la cornée, pli cutané.

• Tâche noire scléroticale : déshydratation de la sclérotique laissant

apparaître le pigment choroïdien.

• Parcheminement des abrasions cutanées qu’elles soient anté ou post

mortem.

• Déshydratation rapide : peut aboutir à une momification partielle ou totale.


Photo montrant l’opacification cornéenne et l’apparition de la tache noire scléroticale
Photo montrant le parcheminement post mortem d’une abrasion cutanée
V- Phénomènes cadavériques tardifs

A- Autolyse :
• Sans intervention microbienne, altérations précoces.

• Résultat de l’action des enzymes cellulaires.

• Début avec le pancréas et les surrénales qui deviennent succulents

(premières heures).

• Paroi digestive lisse, luisante.

• Ramollissement du cerveau en quelques jours (effacement des circonvolutions,

bouillie crémeuse jaunâtre en 10 jours, puis masse grise verdâtre en 30 jours)


V- Phénomènes cadavériques tardifs

B- Putréfaction :

• Secondaire à l’action des germes en majorité anaérobies.

Pullulation microbienne :

Odeur : Coloration : Gonflement :


H2S, CH4, NH3, dégradation de l’Hb H2S, CH4, NH3,
amines putréfactives Sulfuhémoglobine CO2
sulfure ferreux
VI- Phénomènes cadavériques tardifs

 Chronologie de la putréfaction :
• Débute vers 48h par la tache verte abdominale au niveau de la FID
( sulfuhémoglobine ).
• Circulation posthume par production de gaz intra-vasculaire et distension
abdominale.
• Phlyctènes : remplies de liquide rouge foncé putréfactif avec décollement de
l’épiderme : jusqu’à 1 semaine.
• Distension de tout le corps, protrusion des yeux et de la langue, cheveux et ongles
facilement détachables : 2 à 3 semaines.
• Noircissement du corps, encéphale pâteux gris verdâtre, cœur aplati, poumons
affaissés : 1 à 4 semaines.
• Décharnement progressif sous l’effet des travailleurs de la mort jusqu’à la
squelettisation en quelques mois à quelques années.
Photo montrant l’apparition de la circulation posthume et la tache verte
abdominale avec extension au thorax
Photo montrant la circulation posthume, le décollement épidermique avec
parcheminement cutané, gonflement généralisé, noircissement du visage,
protrusion des yeux et de la langue
V- Phénomènes cadavériques tardifs

C- Les évolutions particulières :


 L’adipocire :
 Processus de saponification des graisses neutres contenues dans le tissu
adipeux sous l’action de lipases endogènes et d’enzymes bactériennes.
 Formation d’un mélange d’acides gras et de savons d’ammonium
constituant une substance cireuse blanc grisâtre, grasse au toucher.
 Mode d’évolution fréquent des corps ayant séjourné longtemps dans l’eau.
 La momification :
 Dessiccation rapide du corps dans une atmosphère chaude et sèche, durable.
 Mode d’évolution fréquent dans un climat sec et aride comme dans le
sahara.
La mort :
Phénomènes cadavériques tardives

Photo montrant une transformation adipocire d’un corps repêché de la mer


Photo montrant une momification d’un corps retrouvé dans le désert
LA MORT

Pr. Ahmed BELHOUSS

25 mars 2025
Objectifs pédagogiques

 Définir la mort
 Lister les signes de la mort
 Enumérer les critères de diagnostic d’une mort cérébrale
 Identifier les phénomènes cadavériques précoces et tardifs
 Lister les techniques de la datation de la mort
dans la phase précoce et moyenne
 Classer les morts selon leurs formes médico-
légales
VI- Datation de la mort :
Phase précoce

A- Schéma de Vibert :
 Cadavre chaud, souple, sans lividité : décès < 06h.
 Cadavre tiède, rigide, lividités effaçables : 06h < décès <12h.
 Cadavre froid, rigide, lividités immuables : 12h < décès < 24h.
 Cadavre froid, rigidité a disparu, tâche verte : décès >36h.
B- Etat de la vidange gastrique : vidange complète en 2-3 h.
C- Méthodes thermographiques :
 Utilisation de thermomètre à thermo-couples électroniques ( température
ambiante, cérébrale si décès < 06h, rectale au delà )
 Formules de B. Knight
 Utilisation de courbes normographiques avec évaluation des facteurs correctifs
Exemple 1:
T° ambiante:15°
T° rectale: 27°
Poids corps nu: 70 Kg
Air calme
Cf. = 1

Résultat:
Délai post-mortem de
13,6h +/- 2,8h donc
entre 10,8h et 16,4h.
VI- Datation de la mort :
Phase moyenne

A- Entomologie : faune des cadavres


 Développement en cycle allant de l’oeuf à l’insecte adulte en passant par le stade larvaire et la

pupaison

 Les différentes insectes qui se succèdent en « escouades » sur le cadavre sont attirés par les

odeurs dégagées

 Identification de huit escouades colonisant le cadavre.

* La première escouade :

- mouche bleue (calliphora vicina), mouche verte(lucilia cesar), mouche domestique ( musca

domestica). Ponte diurne seulement, presque immédiate.

- Eclosion en moins de 24h, stade larvaire de 6 à 10 jours, pupaison en 6 à 12 jours, cycle total

de 14 jours en moyenne.
VI- Datation de la mort :
Phase moyenne

A- Entomologie : faune des cadavres


* La deuxième escouade : diptères sarcophagides (sarcophaga) (1 et 6 mois)

* La troisième escouade : coléoptères et lépidoptères (3 à 9 mois)

* La quatrième escouade : coléoptères du genre Corynètes (10 mois)

* La cinquième escouade : famille des Silphides et des Histérides (2 ans)

* La sixième escouade : famille des acariens (2 à 3 ans)

* La septième escouade : coléoptères et lépidoptères (apparait quand le cadavre est

entièrement desséché)

* La huitième escouade : Tenebrio obscurus et Ptinus brunneus (plus de 3 ans)


La ponte

Les œufs
Larve

Pupe
Amas de pupes
VI- Datation de la mort :
Phase moyenne

B- Marqueurs de scène :
• Mémoire du téléphone portable
• Journaux et lettres non ouvertes
• Lumières éteintes ou non
• Habillement de la victime
• Types d’aliments dans la poubelle
• Dernière fois vu vivant par les voisins ou autres...
VI- Datation de la mort :
Phase tardive post squelettisation

A- Apparences physiques

 Os gras au toucher et odorant : moins d’un an à l’air libre et de 5 ans

dans le sol.

 Persistance de parties molles non momifiées : moins de 3 ans.

 Persistance de ligaments et tendons sur les os inhumés : 5-7 ans

B- Tests physiques

C- Tests histologiques

D- Tests chimiques et sérologiques


VI- Datation de la mort :
Messages clés

 Toutes les méthodes de détermination du moment de la mort

ne sont qu’approximatives. Plus le décès est ancien et plus la

détermination est entachée d’incertitude.

 Les meilleurs méthodes, bien que non scientifiques, ne sont

pas médicales : ce sont par exemple le témoignage de personnes

assistant au décès.
VII- FORMES MEDICO-LEGALES
DE LA MORT

- Les morts naturelles : Souvent issue fatale d’une maladie


- La mort subite : Mort naturelle, de survenue soudaine, qui emporte un sujet en
bon état de santé apparent contre toute attente. Mais le caractère inattendu de cette
mort la rend suspecte
- Les morts violentes : accidentelle, criminelle, suicidaire, mort violente avec
intention non déterminée
- Les morts suspectes : Mort de cause indéterminée ou susceptible de procéder
de l’intervention d’un tiers
Les morts médico-légales = morts violentes et/ou suspectes. Elles doivent être
déclarées à l’autorité judiciaire ou faire mentionner l’obstacle à l’inhumation
dans le certificat de décès.
VII- Formes médico-légales de la mort

A- Les morts naturelles :


 Mort naturelle :
Souvent issue fatale d’une maladie. Le décès n’étonne pas.
 Mort subite :
- Mort naturelle, de survenue soudaine, qui emporte un sujet
en bon état de santé apparent contre toute attente.
- Cela exclut toute forme de mort violente.
- Mais le caractère inattendu de cette mort la rend suspecte
VII- Formes médico-légales de la mort

B- Les morts violentes :

 Accident

 Crime

 Suicide
VII- Formes médico-légales de la mort

C- Les morts suspectes :


* Morts dont la cause est indéterminée et/ou qui prennent un
caractère suspect du fait de certaines circonstances de survenue.
* Morts susceptibles de mettre en cause un tiers.
Article 77 CPP : « En cas de découverte d’un cadavre, qu’il s’agisse
ou non d’une mort violente, mais si la cause en est inconnue ou
suspecte, l’OPJ qui en est avisé informe immédiatement le procureur
du roi, se transporte sans délai sur les lieux et procède aux premières
constatations.
Le procureur du roi se rend sur place s’il le juge nécessaire, et se fait
assister de personnes capables d’apprécier la nature et les
circonstances du décès.... ».
VII- Formes médico-légales de la mort

* Les conditions rendant une mort suspecte


1- Qualité du sujet : magistrat, témoin, nouveau né, dealer.
2- Circonstances du décès : rixe, altercation…
3- Lieu : lieu de travail, cabinet médical, terrain vague, prison…
4- Symptômes terminaux : digestifs (empoisonnement) hémorragie
génitale (avortement)…
5- Invraisemblances : lividités non compatibles, traces de violence
6- Rumeur publique ou renseignements de la famille
7- Mort subite
8- Découverte de cadavre, cadavre putréfié, squelettisé
MORTS SUSPECTES

NATURELLE VIOLENTE

accident homicide

suicide
CONDUITE PRATIQUE DEVANT
UNE MORT SUSPECTE

ENQUETE + LEVEE DU CORPS + AUTOPSIE + EXAMENS


COMPLEMENTAIRES

CONCLUSIONS

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