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Aire et intégration en mathématiques

Le document traite de l'intégration en mathématiques, en commençant par la notion d'aire et en introduisant des concepts fondamentaux tels que l'aire d'un rectangle et les fonctions en escalier. Il définit l'intégrale comme l'aire sous une courbe pour des fonctions continues et positives, et explore les propriétés de l'intégration, y compris la linéarité et les inégalités. Enfin, il aborde les primitives et la notion de valeur moyenne d'une fonction sur un intervalle donné.

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Aire et intégration en mathématiques

Le document traite de l'intégration en mathématiques, en commençant par la notion d'aire et en introduisant des concepts fondamentaux tels que l'aire d'un rectangle et les fonctions en escalier. Il définit l'intégrale comme l'aire sous une courbe pour des fonctions continues et positives, et explore les propriétés de l'intégration, y compris la linéarité et les inégalités. Enfin, il aborde les primitives et la notion de valeur moyenne d'une fonction sur un intervalle donné.

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Intégration

En maths, on aime partir de notions simples. Ici, on s'intéresse à quelque chose que vous connaissez
tous : la notion d'aire

I) Introduction

1) Aire d'un rectangle


Quelles aires connaissez-vous ?
La formule à la base de ce chapitre : Arectangle = largeur × longueur

longueur

largeur

si cercle : pourquoi πR2 ? Dans ce chapitre nous allons retrouver toutes les formules d'aire à partir
de l'aire du rectangle et à l'aide de la théorie de l'intégration

f (x)
Dans un repère (O, →−ı , →
− ) orthogonal, on consi-
dère le rectangle de sommet M (x, y) et O(0, 0).
L'aire est alors A = x × y .
M (x, y)
Remarque : Une unité d'aire ( u. a. ) est l'aire du y
rectangle de sommet M (1, 1). Repère orthogonal,
pas forcément un carré.

f (x)

− 1 unité d'aire x x
O

O →
−ı x

1
f (x)

Dans ce même repère, on considère le rectangle M1 (x1 , y) M2 (x2 , y)


ci-contre, entre les points M1 (x1 , y), M2 (x2 , y) et y
l'axe des x.
L'aire est alors A = (x2 − x1 ) × y .

O x1 x2 x

f (x)

Si on veut calculer l'aire d'objets plus compliqués


qu'un rectangle, par exemple un demi-cercle, il
faut une formule qui décrive l'objet, par exemple
le bord. Donc des fonctions.
x2 O x1 x

2) Fonctions en escalier
Si f est une fonction dénie sur [a, b], on cherche à calculer l'aire entre la courbe Cf et l'axe des x.
Toujours la même idée : l'aire la plus simple à calculer, c'est l'aire d'un rectangle. Quelles fonctions ?
Constantes, constantes par morceaux.

Exemple 1 Soit f la fonction dénie sur [−1; 2] par f (x) = 3.


f (x)
3
Aire entre Cf et l'axe des x, sur l'intervalle [−1; 2] :
(2 − (−1)) × 3 = 3 × 3

−1 O 2 x

Exemple 2 (Généralisation) Soit f la fonction constante f (t) = B sur R. L'aire entre t = 0 et


t = x est · · · = Bx.
f (x) = 1 sur [−1; 1[

Exemple 3 Soit f la fonction dénie sur [−1; 2] par f (x) = 2 sur [1; 2]
Quelle est l'aire qui nous intéresse, ici ?

2
f (x)
3
Aire entre Cf et l'axe des x, sur l'intervalle [−1; 2] :
• Premier rectangle : 2 × 1
• Second rectangle : 1 × 3
Donc au total : A = 2 × 1 + 1 × 3.

−1 O 2 x

Les fonctions constantes par morceaux, appelées fonctions  en escalier , sont à la base du calcul
d'aire.

II) Intégration de fonctions positives

1) Dénition
Cette aire dont on parle, on va lui donner un nom Dans tout ce paragraphe, les fonctions sont
positives, c'est à dire que f (x) ≥ 0 ∀x ∈ Df .
Dénition 1 Soit f une fonction continue et positive (c'est-à-dire f (x) ≥ 0 ∀x) dénie sur [a, b], et
Cf sa courbe dans un repère (O, → −ı , →
− ) orthogonal.
L'intégrale de a à b de f est l'aire de la portion de plan comprise entre la droite x = a, la courbe Cf ,
la droite x = b et l'axe (Ox). Elle est notée
Z b
f (x)dx
a

C'est un nombre réel.

Z b
La variable x est ici une variable muette, on peut la noter t ou n'importe quoi. f (t)dt
a

f (x)

Z b
f (x)dx
a

O a x
b

3
Z
f (x)dx comme  y × (x2 − x1 )  de l'exemple du rectangle, et , comme Somme
Utiliser la notation intégrale dans tous les exemples précédents
Z 3 Z 11 Z x
Exemple 4 Calculer tdt, tdt, tdt. Que remarque-t-on ?
0 0 0

2) Construction de l'intégrale
Nous allons traiter le cas des fonctions croissantes, essentiellement via un exemple et des lectures graphiques. Mais on peut aussi faire les calculs
proprement, les idées sont les mêmes.
Soit f : [a, b] → R une fonction continue positive. On suppose f croissante pour simplier. C'est très artisanal. On bidouille, on compte.

Graphiquement Calculs
f (x) aire des rectangles noirs
≤ aire des rectangles rouges
b−a b−a b−a b−a b−a
où xk = a + k
4

u2 = f (x0 ) + f (x1 ) + f (x2 ) + f (x3 ) 4


4 4 4 4
b−a b−a b−a b−a
≤ f (x1 ) + f (x2 ) + f (x3 ) + f (x4 ) = v2
f (x) 4 4 4 4
O a b x
b−a b−a b−a b−a
u3 = f (x00 ) + f (x01 ) + f (x02 ) + · · · + f (x07 ) b−a
8
b−a
8
b−a
8
b−a
8
b−a où x0k = a + k
≤ f (x01 ) + f (x02 ) + · · · + f (x07 ) + f (x08 ) = v3 8
8 8 8 8
O a b x
f (x)
b−a (n) b−a (n) b−a (n) b−a (n)
un = n
f (x0 ) + n f (x1 ) + n f (x2 ) + · · · + n f (x2n −1 )
2 2 2 2
b−a (n) b−a (n) b−a (n) b−a (n)
≤ n
f (x 1 ) + n
f (x 2 ) + · · · + n
f (x 2n−1 ) +
n
f (x2n ) = vn
2 2 2 2
b−a
où xk = a + k n . Pour chaque un , vn on a un découpage (x(n)
(n)
k )k∈{1,...,n} .
2
O a b x
2 −1 n n 2
b−a X b−aX
On dénit donc des suites un = n f (xk ) et vn = n
(n)
f (xk ).
(n)
2 k=0
2 k=1
• Comme f est croissante, un ≤ vn pour tout n ∈ N.
• (un ) est croissante et (vn ) est décroissante (voir les dessins ci-dessus, les découpages sont imbriqués).
• La fonction f est continue, donc lim un − vn = 0.
n→∞
Donc les suites (un ) et (vn ) Zsont adjacentes. D'après le cours sur les suites, elles convergent vers une
b
même limite, que l'on note f (x)dx.
a

III) Fonctions de signe quelconque


Désormais f (x) ∈ R, sans plus de précision.
Dénition 2 Soit f une fonction continue dénie sur [a, b], et Cf sa courbe dans un repère (O, →
−ı , →
− )
orthogonal.
Z b
f (x)dx est l'aire de la portion de plan précédente, comptée positivement lorsque Cf est au-dessus
a
de l'axe (Ox) et négativement lorsque Cf est au-dessous.

f (x)

+ +

aO x
b

5
Exemple 5
f (x)
3
Soit f la fonction dénie sur [−1; 2] par

f (x) = −1 sur [−1; 1[




f (x) = 2 sur [1; 2]


Z 2
f (x)dx = −2 × 1 + 1 × 3
−1
−1 O 2 x

Dénition 3 Soit f une fonction continue dénie sur [a, b], avec donc a ≤ b. On pose
Z a Z b
f (x)dx = − f (x)dx
b a

Quand on va dans le sens −→


−ı sur l'axe (Ox), on met un signe  − .

IV) Propriétés

1) Chasles
−→ −−→ −→
Rappel 1 (vecteurs) AB + BC = AC .

Propriété 1 Soit f : I → R une fonction continue, et a, b, c ∈ I .


Z b Z c Z c
f (x)dx + f (x)dx = f (x)dx
a b a

Démonstration. Cas a ≤ b ≤ c : Faire un dessin, les aires s'additionnent, comme dans le cas des
fonctions en escalier.
Autres cas : se ramener au cas précédent. 

Z 1
Exemple 6 Calculer x3 dx. Généraliser au cas de f impaire sur un domaine symétrique par
−1
rapport à 0.
Z n Z n+1
x x
Exemple 7 Pour tout n ≥ 0, on pose un = dx. Montrer que un+1 = un + dx.
0 x+1 n x+1
Que peut-on conjecturer sur les variations de (un ). Le prouver à l'aide de la propriété 3.

6
2) Linéarité
Propriété 2 Soit f : [a, b] → R et g : [a, b] → R deux fonctions continues, et K ∈ R.
Z b Z b Z b
1) f (x) + g(x)dx = f (x)dx + g(x)dx
a a a
Z b Z b
2) Kf (x)dx = K f (x)dx
a a

Démonstration.
1) Reprenons l'approximation par des rectangles : pour la première intégrale ils seront de hauteur
(f (x) + g(x)) et de largeur ∆x [dessin], donc une aire
A = (f (x) + g(x))∆x = f (x)∆x + g(x)∆x
2) La démonstration se fait de la même façon, mais on peut vouloir l'écrire plus formellement.
Si (u0n ) est la suite associée à l'intégrale de
Z b
Kf et (un ) celle associée à f , il est immédiat que
Z b
un = Kun . Donc en prenant les limites :
0
Kf (x)dx = K f (x)dx.
a a


Z x
Exemple 8 Calculer At + Bdt. à l'aide des exemples 2 et 4.
0

3) Positivité et inégalités
Z b
Propriété 3 Soit f : [a, b] → R une fonction continue. f ≥ 0 ⇒ f (x)dx ≥ 0.
a

Démonstration. Tout est positif, en particulier les suites (un ) et (vn ) (sommes de trucs positifs),
Z b
donc leur limite, c'est-à-dire f (x)dx, est positive. 
a

Z b Z b
Propriété 4 Soit f, g : [a, b] → R deux fonctions continues. f ≤ g ⇒ f (x)dx ≤ g(x)dx.
a a

Démonstration. f ≤ g ⇒ 0 ≤ g − f et on se ramène à la proposition 3, puis on utilise la linéarité.




Z 1
Exemple 9 Soit un = 1 + tn dt. Montrer que (un ) est décroissante minorée, en déduire la conver-
0
gence de (un ). (Attention : on ne peut pas en déduire la valeur de la limite).

V) Moyennes

Dénition 4 Soit
Z b
f : [a, b] → R une fonction continue, avec a < b. La valeur moyenne de f sur [a, b]
1
est le réel f (x)dx.
b−a a

La formule est bien homogène, et cohérente si on revient aux petits rectangles.

7
Exemple 10 Calculer la moyenne de la fonction f : [a, b] → R constante f (x) = B . Est-ce cohérent ?
Propriété 5 (inégalité de la moyenne) Soit f : [a, b] → R une fonction continue, et m, M ∈ R
tels que m ≤ f ≤ M . Alors Z b
1
m≤ f (x)dx ≤ M
b−a a

Démonstration. Conséquence immédiate de la croissance de l'intégrale (prop. 4). De plus, le résultat


est graphiquement intuitif (comme pour la prop 4). 

7 √
Z
Exemple 11 Encadrer 1 + xdx.
1

VI) Primitives
Dans tout ce paragraphe, la variable dans l'intégrale (=variable muette) sera notée t. Les fonctions
sont dénies sur un intervalle I , non nécessairement fermé.

1) Dénition
Dénition 5 Soit f : I → R une fonction continue. Une primitive de la fonction f est une fonction
dérivable F : I → R telle que
F0 = f

Remarque 1 Une primitive n'est PAS unique. Il y en a plusieurs possibles. Quelle autre primitive ?
Propriété 6 Soit f : I → R une fonction continue. Si F est une primitive de f , alors F + K est
aussi une primitive de f , où K est une constante xée.
Démonstration. (F + K)0 = F 0 = f 

Exemple 12 1) Une primitive de 1 : x = x1 /1


2) Une primitive de x : x2 /2
dessin]

2) Propriétés
La propriété la plus FONDAMENTALE du chapitre
Propriété 7 Soit f : I → R une fonction continue, et F une primitive de f . Alors
Z b
f (t)dt = F (b) − F (a)
a

Notation 1 Une notation condensée pour le membre de droite est [F (t)]ba .

8
Propriété 8 Soit f : I → R une fonction continue. Soit x0 ∈ I xé (il faut bien commencer quelque
part). La fonction F : I → R dénie par
Z x
F (x) = f (t)dt
x0

est une primitive de la fonction f .

Z x
Démonstration. Soit F dénie sur I par F (x) = f (t)dt pour un certain x0 ∈ I .
x0
Z x+h
Calculons : pour tout x ∈]a, b[, pour tout h, F (x + h) − F (x) = · · · = f (t)dt.
x
Pour simplier laZpreuve, on suppose f croissante autour de x, et h > 0.
x+h
Il vient f (x)h ≤ f (t)dt ≤ f (x + h)h (c'est juste les rectangles u0 et v0 ). Ainsi, en divisant par
x
h,
F (x + h) − F (x)
f (x) ≤ ≤ f (x + h)
h
Donc, en passant à la limite (théorème des gendarmes) lorsque h → 0,
F (x + h) − F (x)
lim = f (x)
h→0 h
Ce qui entraîne F dérivable et F 0 = f . Donc F est une primitive de f . 

Réciproquement...

Exemple 13 Déterminer une primitive de f (x) = x. De g(x) = 23x.


Exemple 14 Déterminer une primitive de f (x) = x2 , de g(x) = x3 .

3) Primitives usuelles
Si on connaît bien ses dérivées usuelles, on sait déjà ses primitives. Dans chaque ligne, lorsque l'on
dérive F , on doit trouver f . En fait, intégrer, c'est reconnaître des dérivées usuelles. à faire trouver
par les élèves

9
Fonction f Primitive F Domaine de dénition de F

k constante kx R

x2
x R
2

xn+1
xn R n∈N
n+1

1 1
− R∗ exemple
x2 x

1 1 1
− × 2 R∗ exemple
x3 2 x

1 1 1
− × n−1 R∗ n ∈ N, n ≥ 2
xn n−1 x

1 √
√ 2 x ]0; +∞[
x

1
ln(x) ]0; +∞[
x

exp(x) exp(x) R

cos(x) sin(x) R

sin(x) − cos(x) R

Remarque 2 Comme dans le cas de la dérivation, les 6 premières lignes du tableau peuvent se
xα+1
regrouper sous une seule formule : pour tout α ∈ R − {−1}, la primitive de xα est .
α+1
(pour le domaine de dénition ad hoc).
Exemple 15 Proposer deux primitives de chacune des fonctions suivantes :
1) f (x) = 2x + 1
1
2) g(x) = x2 −
x
3) h(x) = cos(3x)
Exemple 16 Calculer les intégrales suivantes :
3 −2 3
t −1
Z Z
2t + 1dt dt
−1 −5 t

10
4) Formules
Les formules de dérivation ont aussi leurs analogues pour l'intégration, sur le même principe. Soit
f, g : I → R une fonction et F et G des primitives respectives. Ce sont les conséquences immédiates
de la linéarité de l'intégrale (prop 2).

Fonction Primitive

K.f K.F

f +g F +G

Soit u : J → R une fonction dérivable, telle que les composées ci-dessous soient bien dénies. les
conditions ne sont pas les mêmes à chaque ligne, bref  on ne s'en préoccupe que dans des cas
concrets.

Fonction Primitive

u0 × g ◦ u G◦u
un+1 n 6= −1
u0 un
n+1
u0
ln |u|
u
u0 eu eu

Remarque 3 Les dernières lignes sont des conséquences de la première,


√ pour des cas particuliers de
fonctions g . Bien entendu nous avons la même chose pour x 7→ x et les fonctions trigonométriques.

Exemple 17 Calculer les intégrales suivantes :



1 4
e t
Z Z
1
dt √ dt
0 3t + 2 1 2 t

VII) Intégration par parties


Nous n'avons pas encore utilisé une des formules de dérivation les plus classiques. Dans ce paragraphe,
tout tourne autour de
(uv)0 = u0 v + uv 0

Théorème 9 (intégration par partie) Soit u et v deux fonctions [a, b] → R dérivables, telles que
leurs dérivées soient continues. Alors
Z b Z b
0
u(t)v (t)dt = [u(t)v(t)]ba − u0 (t)v(t)dt
a a

Démonstration. On sait que (uv)0 = u0 v + uv0 , donc en particulier u0 v + uv0 = (uv)0 , ce qui nous
donne nalement
uv 0 = (uv)0 − u0 v

11
En intégrant entre a et b cette égalité, il vient
Z b Z b
0
uv dt = (uv)0 − u0 vdt
a a
Z b Z b
0
= (uv) dt − u0 vdt
a a
Z b
= [uv]ba − u0 vdt
a

(on note u et v au lieu de u(t) et v(t) juste pour alléger les notations, mais c'est Mal.) 

Exemple 18 Le principe, c'est de reconnaître quelque chose que l'on sait intégrer à l'intérieur d'un
produit. En s'arrangeant, s'il y a plusieurs possibilités, pour que u0 v soit plus sympathique que u0 v .
Z 1
1) tet dt
0
Z π

2)
2
t sin tdt
0
3) Déterminer une primitive de ln.

12
Quelques constructions plus propres et plus rigoureuses.

I) Fonctions en escalier
Les fonctions constantes par morceaux, appelées fonctions  en escalier , sont à la base du calcul
d'aire.
Dénition 6

II) Intégration de fonctions positives

1) Fonctions en escalier
L'aire sous la courbe, pour une fonction en escalier est très simple à construire : c'est l'aire des petits
rectangles. Il sut de compter.
Dénition 7

2) Construction de l'intégrale
Dans tout ce paragraphe, f : [a, b] → R est une fonction continue positive.
Il faut quelques résultats sur les fonctions continues (faisant intervenir la notion de  compacité ).
Théorème 10 Toute fonction continue sur un segment [a, b] est bornée et atteint ses bornes.
C'est-à-dire que l'on peut parler du maximum ou du minimum d'une fonction continue sur un segment
[a, b].

Propriété 11 Soit f : [a, b] → R une fonction continue. Alors, pour tout ε > 0, il existe η > 0 tel
que, pour tout x1 , x2 ∈ [a, b], |x1 − x2 | ≤ η ⇒ |f (x1 ) − f (x2 )| ≤ ε.
Remarque 4 C'est presque la dénition de la continuité, mais pas tout à fait. La continuité nous
dit que, si on se place en x1 ∈ [a, b], alors on peut trouver η > 0 tel que pour tout x2 ∈ [a, b],
|x1 − x2 | ≤ η ⇒ |f (x1 ) − f (x2 )| ≤ ε.
La propriété nous dit que, si on est sur un segment [a, b], alors on peut choisir un η > 0 qui conviendra
pour tous les x1 ∈ [a, b].
Pour construire les suites (un ) et (vn ), on va construire des fonctions en escalier qui encadrent f .

Construction. Soit n ∈ N xé. On dénit les fonctions


 gn : [a, b] → R et
 hn : [a, b] → R par
k k+1
gn (b) = hn (b) = f (b) et : ∀k ∈ {0, . . . , 2n − 1} ∀x ∈ n
(b − a), n (b − a)
2 2

gn (x) = min f (x) et hn (x) = max f (x)


x∈[ 2kn (b−a), k+1
2n
(b−a)] x∈[ 2kn (b−a), k+1
2n
(b−a)]

 
k k+1
Si on note Ik,n = n (b − a), n (b − a) notre découpage de l'intervalle [a, b]. la dénition s'écrit
2 2

∀k ∈ {0, . . . , 2n − 1} ∀x ∈ Ik,n gn (x) = min f (x) hn (x) = max f (x)


x∈Ik,n x∈Ik,n

Ces fonctions sont bien dénies, d'après le théorème 10 : on peut prendre les max et min sans craintes.
(Il est conseillé de faire un dessin pour les cas n = 1 et n = 2, pour comprendre.)

1
On pose Z b Z b
un = gn (x)dx vn = hn (x)dx
a a
qui sont bien dénies, puisque gn et hn sont des fonctions en escalier.

Preuve que (un ) et (vn ) sont adjacentes. Pour tout n ∈ N, gn ≤ gn+1 par construction. Donc
un ≤ un+1 et (un ) croissante. De même, on montre que (vn ) est décroissante.
Le point le plus délicat est de montrer que lim un −vn = 0. Commençons par regarder les fonctions :
n→+∞
   
∀n ∈ N ∀k ∈ {1, . . . , n} ∀x ∈ Ik,n gn (x) − hn (x) = min f (x) − max f (x) (1)
x∈Ik,n x∈Ik,n

Soit ε > 0 et η > 0 qui convient comme dans la proposition 11, et on pose n0 tel que la longueur de
b−a
Ik,n0 ( ) soit plus petite que η . Ainsi, pour tout n ≥ n0 et pour tout k ∈ {1, . . . , n},
2n0
   
∀x1 , x2 ∈ Ik,n |x1 −x2 | ≤ η ⇒ ∀x1 , x2 ∈ Ik,n |f (x1 )−f (x2 )| ≤ ε ⇒ min f (x) − max f (x) ≤ ε
x∈Ik,n x∈Ik,n

En choisissant pour x1 le point où le min est atteint (théorème 10) et pour x2 le point où le max est
atteint (théorème 10). Revenons à (1) :
   
∀n ≥ n0 ∀k ∈ {1, . . . , n} ∀x ∈ Ik,n |gn (x) − hn (x)| = min f (x) − max f (x) ≤ ε
x∈Ik,n x∈Ik,n

Recollons  ∀k ∈ {1, . . . , n} ∀x ∈ Ik,n  en  ∀x ∈ [a, b] , on trouve :

∀n ≥ n0 ∀x ∈ [a, b] |gn (x) − hn (x)| ≤ ε


Ce qui nous donne
Z b Z b
∀n ≥ n0 |un − vn | ≤ |gn (x) − hn (x)|dx ≤ εdx = (b − a)ε
a a

Ainsi lim (un − vn ) = 0.


n→+∞

III) Fonctions de signe quelconque


Désormais f (x) ∈ R, sans plus de précision.
Dénition 8 Soit f : [a, b] → R une fonction. On dénit les parties positives et négatives ainsi :
• f+ : [a, b] → R est la fonction dénie par f+ (x) = max(f (x), 0) pour tout x ∈ [a, b],
• f− : [a, b] → R est la fonction dénie par f− (x) = − min(f (x), 0) pour tout x ∈ [a, b].

Remarque 5 f = f+ − f− , et les fonctions f+ et f− sont positives.


Remarque 6 Si f est continue, les fonctions f+ et f− sont aussi continues.
Maintenant on peut dénir tout simplement l'intégrale d'une fonction de signe quelconque.
Dénition 9 Soit f : [a, b] → R une fonction continue,
Z b Z b Z b
f (x)dx = f+ (x)dx − f− (x)dx
a a a

Exercice 1 Dénir l'intégrale d'une fonction à valeur dans C.

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