Sous-axe : Le divorce et la prostitution, deux réalités dénoncées par Olympe
de Gouges pour défendre l’émancipation des femmes
Dans La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges ne se
limite pas à revendiquer l’égalité abstraite entre hommes et femmes : elle s’attaque aussi à des
injustices concrètes, comme le refus du droit au divorce et la marginalisation des prostituées.
Pour elle, le mariage ne doit pas être une prison. Dès 1790, dans sa pièce La Nécessité du
divorce, puis dans ses écrits politiques, elle réclame la liberté pour les femmes de quitter un
mari violent ou infidèle. Elle exige que le divorce soit reconnu comme un droit naturel, au
même titre que pour les hommes. Cette revendication, reprise dans ses commentaires de la
Déclaration, vise à garantir aux femmes une véritable autonomie juridique. Grâce à l’action de
militantes comme elle, le divorce sera finalement légalisé en 1792, avec des droits presque
égaux pour les deux époux.
En parallèle, Olympe de Gouges aborde aussi la question de la prostitution, qu’elle considère
comme un symptôme de la misère sociale féminine. Dans le postambule de la Déclaration,
elle imagine une prostituée s’adressant à un homme riche pour dénoncer l’hypocrisie
masculine : ce sont les hommes qui exploitent les femmes pauvres, tout en les rejetant. Elle
écrit : « Vous vous plaignez de leur corruption, mais c’est vous qui la provoquez. » À travers
ce passage audacieux, elle donne une voix à celles qui, d’habitude, sont ignorées et méprisées.
Elle dénonce une société qui prive les femmes d’éducation, de travail et de droits, les forçant
ainsi à vendre leur corps pour survivre.
Ainsi, en défendant à la fois le droit au divorce et la dignité des prostituées, Olympe de
Gouges montre que l’émancipation des femmes passe par une réforme en profondeur des lois,
des mœurs et des mentalités. Elle affirme que sans justice concrète, les grands principes de
liberté et d’égalité restent des mots vides pour la moitié de l’humanité.