LYCÉE L OUIS -L E -G RAND PCSI 2
M ATHÉMATIQUES , C OMPOSITION # 3
Samedi 18 décembre 2021 (8h-12h)
. L’usage de la calculatrice est interdit durant l’épreuve.
. Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision
et à la concision de la rédaction.
. Si le candidat découvre en cours d’épreuve ce qu’il croit être une erreur
d’énoncé, il le précisera dans sa copie.
A . I NÉGALITÉ DE P RÉKOPA ET L EINDLER
On fixe λ ∈ ]0, 1[ et on note f , g , h des fonctions définies et continues sur [0, 1], à valeurs dans R∗+ et véri-
fiant :
∀(x, y) ∈ [0, 1]2 , h(λx + (1 − λ)y) Ê f (x)λ g (y)1−λ
L’objectif de cet exercice est de montrer l’inégalité de Prékopa et Leindler :
Z 1 µZ 1 ¶λ µZ 1 ¶1−λ
h(x)dx Ê f (x)dx g (x)dx ( PL )
0 0 0
Z 1 Z 1
On pose F := f (x)dx et G := g (x)dx.
0 0
1. Soit (a, b) ∈ [0, 1]2 . Montrer que λa + (1 − λ)b Ê a λ b 1−λ .
2. Vérifier que les fonctions suivantes réalisent des bijections strictement croissantes de [0, 1] sur [0, 1] :
1 θ 1 θ
Z Z
φ : θ 7→ f (x)dx et ψ : θ 7→ g (x)dx
F 0 G 0
3. Montrer que φ−1 et ψ−1 sont de classe C 1 sur l’intervalle [0, 1] et déterminer leurs dérivées.
4. On pose u := λφ−1 + (1 − λ)ψ−1 . Montrer que u réalise une bijection de [0, 1] sur [0, 1].
Z 1
5. Démontrer l’inégalité PL en posant x = u(t ) dans h(x)dx.
0
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B . T HÉORÈME DE F ÉJER -J ACKSON
n sin(kt )
Pour tout n ∈ N∗ , on note σn : R → R la fonction définie par ∀t ∈ R, σn (t ) :=
X
·
k=1 k
L’objectif de cet exercice est de démontrer que, pour tout n ∈ N∗ , la propriété suivante est vraie :
∀t ∈ ]0, π[ , σn (t ) > 0 FJn
¡ ¢
1. Démontrer que FJ1 et FJ2 sont vraies.
³ ´
(n+1)t
¡ nt ¢
cos 2 sin 2
2. Démontrer que, pour tout n ∈ N∗ et t ∈ ]0, π[, σ0n (t ) = ¡t ¢ ·
sin 2
3. Soit n ∈ N∗ .
a. Justifier l’existence de t 0 ∈ [0, π] tel que ∀t ∈ [0, π], σn (t ) Ê σn (t 0 ).
b. On suppose que 0 < t 0 < π. Établir que sin(nt 0 ) = sin t 0 ou sin(nt 0 ) = 0.
I NDICATION : On s’aidera du 2. et d’une formule de factorisation de sin p − sin q, où (p, q) ∈ R2 .
4. Démontrer par récurrence que, pour tout n ∈ N∗ , la proposition FJn est vraie.
C . F ONCTIONS ABSOLUMENT MONOTONES
Une fonction f : I → R où I est un vrai intervalle est dite :
• Absolument monotone (en abrégé AM) si f ∈ C ∞ (I, R) et ∀n ∈ N, f (n) Ê 0.
• Complètement monotone (en abrégé CM) si f ∈ C ∞ (I, R) et ∀n ∈ N, (−1)n f (n) Ê 0.
Dans tout le problème, a et b désignent deux éléments de R tels que a < b.
L’objectif de ce problème est d’exposer quelques propriétés générales des fonctions AM et CM puis de dé-
montrer le théorème de Bernstein sur le développement en série entière des fonctions de ce type.
Partie I – Opérations sur les fonctions AM et CM
1. Donner une condition nécessaire et suffisante sur α ∈ R pour que la fonction définie sur R par f (x) := e αx
soit AM. Même question avec CM.
2. Soit I un vrai intervalle. Déterminer les fonctions qui sont à la fois AM et CM sur I.
3. Soit f et g définies sur un vrai intervalle I, à valeurs dans R et de classe C ∞ .
a. On suppose que f et g sont AM. Vérifier que f + g et f g sont AM.
b. Que dire de f + g et f g si f et g sont CM ?
c. On suppose I symétrique par rapport à 0. Soit h : I → R définie par ∀x ∈ I , h(x) := f (−x). Montrer
que f est CM si et seulement si h est AM.
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4. Montrer que, en cas d’existence, la composée de deux fonctions AM est AM.
1
5. a. Pour tout n ∈ N, justifier l’existence et calculer la dérivée n-ème de ψ : x 7→ sur ] − 1, 1[.
1+x
1
b. En déduire que θ : x 7→ p est AM sur ]0, 1[. On considérera la fonction ln ◦ θ.
1 − x2
c. La fonction arcsin est-elle AM sur ]0, 1[ ?
h πh
6. Démontrer que tan est AM sur 0, . On pourra montrer, pour tout n ∈ N, l’existence d’un polynôme Pn
2
réel tel que h πh
∀x ∈ 0, , tan(n) (x) = Pn (tan(x))
2
7. On suppose dans cette question que a ∈ R et que f est AM sur ]a, b[.
a. Montrer que f admet une limite ` ∈ R à droite en a. On prolonge f en a en posant f (a) := `.
b. Montrer que f est dérivable à droite en a, et que f 0 est continue à droite en a.
c. Plus généralement, montrer que f est indéfiniment dérivable à droite en a avec des dérivées dans R+ .
d. Le même phénomène se produit-il en b si b ∈ R ?
Partie II – Théorème de Bernstein sur les fonctions AM
On fixe a et b tels que −∞ < a < 0 < b < +∞ et f : ]a, b[ → R une fonction C ∞ AM. On pose, pour x ∈ ]a, b[,
n f (k) (0)
xk
X
S n ( f , x) = et Rn ( f , x) = f (x) − S n ( f , x)
k=0 k!
Le but est d’établir l’existence de α > 0 tel que ∀x ∈ ] − α, α[, S n ( f , x) −−−−−→ f (x).
n→+∞
x (x − t )n (n+1)
Z
1. a. Montrer par récurrence que, pour tout n ∈ N, ∀x ∈ ]a, b[ Rn ( f , x) = f (t )dt .
0 n!
1 n
(1 − u) (n+1)
Z
b. Établir que ∀n ∈ N et ∀x ∈ ]a, b[ Rn ( f , x) = x n+1 f (ux)du.
0 n!
2. a. On fixe n ∈ N. Montrer que la fonction x 7→ Rn ( f , x) est positive sur ]0, b[.
b. On fixe n ∈ N. Montrer que la fonction x 7→ Rn ( f , x)x −n est croissante sur ]0, b[.
µ ¶n
x
c. Soit x et y tels que 0 < x < y < b. Montrer que ∀n ∈ N, 0 É Rn ( f , x) É f (y).
y
d. En déduire que ∀x ∈ ]0, b[, S n ( f , x) −−−−−→ f (x).
n→+∞
3. On pose α := min(−a, b).
a. Soit x ∈ ] − α, 0[. Établir que ¯Rn ( f , x)¯ É Rn ( f , −x).
¯ ¯
b. En déduire que, pour tout x ∈ ] − α, α[, S n ( f , x) −−−−−→ f (x).
n→+∞
4. Énoncer et démontrer un résultat analogue pour les fonctions CM.
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C ORRIGÉ
1 . I NÉGALITÉ DE P RÉKOPA ET L EINDLER
1. La fonction ln est de classe C 2 sur ]0, 1[ et ∀t ∈ ]0, 1[, ln00 (t ) = − t12 < 0. Elle est donc concave sur ]0, 1[ d’où
ln (λa + (1 − λ)b) Ê λ ln a + (1 − λ) ln b, d’où λa + (1 − λ)b Ê a λ b 1−λ par croissance de l’exponentielle.
2. Comme f (resp. g ) est continue, on déduit du théorème fondamental du calcul intégral que φ (resp.
f (θ) g (θ)
ψ) est dérivable et, pour tout θ dans [0, 1], φ0 (θ) = F > 0 et ψ0 (θ) = G · Ainsi φ et ψ sont strictement
croissantes sur [0, 1]. Comme φ(0) = ψ(0) = 0 et φ(1) = ψ(1) = 1, on déduit du corollaire du théorème des
valeurs intermédiaires que φ et ψ réalisent des bijections de [0, 1] sur [0, 1].
3. Comme f et g sont continues, on déduit de l’expression de leurs dérivées calculées à la question précé-
dente que φ et ψ sont de classe C 1 . Comme φ0 > 0 et ψ0 > 0, on déduit du théorème de dérivation d’une
bijection réciproque que φ−1 et ψ−1 sont dérivables sur [0, 1] et
¢0 1 1 F
∀t ∈ [0, 1] , φ−1 (t ) =
¡
¢ = = ¡
φ0 φ−1 (t ) f( φ−1 (t ) ) f ◦ φ−1 (t )
¡ ¢
F
¢0 G
On a ∀t ∈ [0, 1] , ψ−1 (t ) =
¡
de façon analogue.
( f ◦ψ−1 )(t )
4. Comme λ et 1 − λ sont strictement positifs, u est strictement croissante en tant que somme de fonctions
strictement croissantes. De plus, u est continue en tant que sommes de fonctions continues. Comme
u(0) = 0 et u(1) = 1, on déduit du corollaire du théorème des valeurs intermédiaires que u réalise une
bijection de [0, 1] sur lui-même.
³ ´
5. On a dx = u 0 (t )dt = λ f ◦φF−1 (t ) + (1 − λ) g ◦ψG−1 (t ) dt , ainsi
( ) ( )
Z 1 Z 1
h(x)dx = h (u(t )) u 0 (t )dt
0 0
¢λ ¡ ¢1−λ
Soit t ∈ [0, 1]. On a h (u(t )) = h λφ−1 (t ) + (1 − λ)ψ−1 (t ) Ê f φ−1 (t ) g ψ−1 (t )
¡ ¢ ¡
d’où
á ¢ !λ−1 á ¢ !λ
0 f ◦ φ−1 (t ) f ◦ φ−1 (t )
h (u(t )) u (t ) Ê λF ¡ + (1 − λ)G ¡
g ◦ ψ−1 (t ) g ◦ ψ−1 (t )
¢ ¢
f ◦φ−1 (t ) (λ−1)λ 1−λ ( f ◦φ−1 )(t ) λ(1−λ)
d’où h (u(t )) u 0 (t ) Ê Fλ (g ◦ψ−1)(t )
³ ´ ³ ´
G = Fλ G1−λ par le 1.
( ) (g ◦ψ )(t )
−1
Par croissance de l’intégrale, on en déduit l’inégalité de Prékopa et Leindler :
Z 1 µZ 1 ¶λ µZ 1 ¶1−λ
λ 1−λ
h(t )dt Ê F G = f (x)dx g (x)dx
0 0 0
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2 . T HÉORÈME DE F ÉJER -J ACKSON
1. Comme ∀t ∈ ]0, π[, σ1 (t ) = sin t > 0 et σ2 (t ) = sin(t ) (1 + cos t ) > 0, les propositions FJ1 et FJ2 sont
vraies.
2. Soit n ∈ N∗ . La fonction σn est dérivable sur R en tant que somme de fonctions dérivables et, pour
t ∈ ]0, π[
³ ´
(n+1)t
¡ nt ¢ ! ¡ nt ¢
cos sin
à ! Ã
n n i nt i (n+1)t sin
e
µ ¶
³ ´ k − 1 2 2
σ0n (t ) = ei t = Re e i t i t ¡ 2t ¢ =
X X
cos kt = Re = Re e 2 ¡t ¢
k=1 k=1 e −1 sin 2 sin 2
3. Soit n ∈ N∗ .
a. Comme σn est continue sur le segment [0, π], on déduit du théorème de Weierstrass que σn admet un
minimum sur cet intervalle : il existe t 0 ∈ [0, π] tel que ∀t ∈ [0, π], σn (t ) Ê σn (t 0 ).
b. On déduit de la condition nécessaire d’extremum en un point intérieur que σ0n (t 0 ) = 0. On déduit de
la question 2. que sin nt20 = 0 ou cos (n+1)t
2
0
= 0, d’où la disjonction suivante :
. Cas 1. : ∃k ∈ Z tel que t 0 = 2kπ
n
· On a alors sin nt 0 = 0.
. Cas 2. : ∃k ∈ Z tel que t 0 = (2k+1)π
¡ n+1 ¢
t sin n−1
¡ ¢
n+1
· On a alors sin nt 0 − sin t 0 = 2 cos 2 0 2 0
t = 0.
4. . La proposition FJ1 est vraie par le 1.
. Soit n ∈ N tel que n Ê 2. Supposons FJn−1 . On reprend les notations de la question 2.
† Cas 1 : le minimum de σn sur [0, π] n’est atteint qu’en 0 ou π. Comme σn (0) = σn (π) = 0, on en
déduit que ∀t ∈ ]0, π[, σn (t ) > 0.
† Cas 2 : le minimum de σn sur [0, π] est atteint en t 0 ∈ ]0, π[. Pour t ∈ ]0, π[, on a
sin nt 0
σn (t ) Ê σn (t 0 ) = σn−1 (t 0 ) + Ê σn−1 (t 0 ) > 0
n
par FJn−1 et le 3. En effet, on a sin nt 0 = 0 ou sin nt 0 = sin t 0 Ê 0 puisque t 0 ∈ [0, π].
Ainsi FJn est vraie.
3 . F ONCTIONS ABSOLUMENT MONOTONES
Partie I – Opérations sur les fonctions AM et CM
1. La fonction f est de classe C ∞ en tant que composée de fonctions indéfiniment dérivables et ∀(n, x) ∈
N × R, f (n) (x) = αn e αx . Ainsi, f est AM si et seulement si α ∈ R+ et f est CM si et seulement si α ∈ R+ .
2. Soit f : I → R une fonction AM et CM sur un vrai intervalle I. On a alors f Ê 0, f 0 Ê 0 et f 0 É 0. Ainsi f 0 = 0
et f Ê 0, donc f est constante et positive sur I. La réciproque est claire.
3. Soit f et g définies sur un vrai intervalle I, à valeurs dans R et de classe C ∞ .
a. Supposons f et g AM. On sait que f + g est de classe C ∞ et
à !
n n
∀n ∈ N, ( f + g )(n) = f (n) + g (n) Ê 0 et ( f g )(n) = f (k) g (n−k) Ê 0
X
k=0 k
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Ainsi f + g et f g sont AM.
b. Supposons f et g sont CM. On sait que f + g est de classe C ∞ et, pour tout n ∈ N,
à !
n n
n n (n) n (n) n
(n) (n)
(−1)k f (k) (−1)n−k g (n−k) Ê 0
X
(−1) ( f + g ) = (−1) f + (−1) g Ê 0 et (−1) ( f g ) =
k=0 k
| {z } | {z }
Ê0 Ê0
Ainsi f + g et f g sont CM.
c. On a clairement que f est indéfiniment dérivable si et seulement si g l’est aussi. Sous cette hypothèse,
on a de plus ∀(n, x) ∈ N × R, h (n) (x) = (−1)n f (n) (−x). Ainsi f est CM si et seulement si h est AM.
4. Pour tout n ∈ N, notons HR(n) la propriété suivante : si u et v sont AM et u ◦ v est définie, alors pour tout
k ∈ 0, n, (u ◦ v)(k) Ê 0.
. HR(0) est clairement vraie car une composée de fonctions positives est positive.
. Soit n ∈ N. Supposons HR(n) vraie. Soit u et v AM telles que u ◦ v existe. Alors u ◦ v est de classe C ∞
comme composée de fonctions de classe C ∞ et (u ◦ v)0 = v 0 (u 0 ◦ v). On déduit de la formule de Leibniz
que à !
n n
(u ◦ v)(n+1) = v (k+1) (u 0 ◦ v)(n−k)
X
k=0 k
Comme u 0 et v sont AM, on déduit de HR(n) que, pour tout k ∈ 0, n, (u 0 ◦ v)(n−k) Ê 0. Ainsi, (u ◦
v)(n+1) Ê 0 et HR(n + 1) est vraie.
5. a. La fonction ψ est de classe C ∞ en tant qu’inverse d’une fonction indéfiniment dérivable. De plus, par
(−1)n n!
une récurrence immédiate, ∀(n, x) ∈ N × ] − 1, 1[, ψ(n) (x) = ·
(1 + x)n+1
b. La fonction g := ln ◦θ est de classe C +∞ en tant que composée de fonctions de classe C ∞ . De plus,
pour tout x ∈ ]0, 1[,
x
µ ¶
1 ¡ 2 0 1 1 1 1¡
ψ(−x) ψ(x)
¢ ¢
g (x) = − ln 1 − x et g (x) = = − = −
2 1 − x2 2 1 − x 1 + x 2
On déduit de la question précédente que
n! (−1)n
µ ¶
n+1 1
∀n ∈ N, ∀x ∈ ]0, 1[ , g (x) = −
2 (1 − x)n+1 (1 + x)n+1
Pour n ∈ N et x ∈ ]0, 1[, on a 1 + x > 1 − x > 0 d’où (1 − x)n+1 > (1 − x)n+1 Ê (−1)n (1 − x)n+1 et donc
g (n+1) (x) Ê 0. Comme g Ê 0, on en déduit que g est AM sur ]0, 1[. Puisque exp est AM (cf. question
I.1.), on déduit de la question I.4. que θ = exp ◦g est AM sur ]0, 1[.
c. Comme arcsin est positive sur ]0, 1[, dérivable sur ]0, 1[ avec arcsin0 = θ, on déduit de la question
précédente que arcsin est AM sur ]0, 1[.
6. Pour tout n ∈ N, notons HR(n) la propriété suivante : il existe un polynôme Pn réel à coefficients positifs
tel que h πh
∀x ∈ 0, , tan(n) (x) = Pn (tan(x))
2
. En choisissant P0 := 1, on voit que HR(0) est vraie.
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. Soit n ∈ N. Supposons HR(n) vraie : soit Pn réel à coefficients positifs tel que
h πh
∀x ∈ 0, , tan(n) (x) = Pn (tan(x))
2
On obtient alors
h πh
, tan(n+1) (x) = 1 + tan2 (x) Pn0 (tan(x)) = Pn+1 (tan(x))
¡ ¢
∀x ∈ 0,
2
où on a posé, pour tout t ∈ R, Pn+1 (t ) = 1 + t 2 Pn0 (t ). Comme Pn est à coefficients dans R+ , c’est
¡ ¢
également le cas de Pn0 et donc de Pn+1 . Ainsi, HR(n + 1) est vraie.
Comme tan est positive sur [0, π/2[ et Pn à coefficients positifs, on a tan(n) (x) Ê 0 pour tout x ∈ [0, π/2[.
Ainsi, tan est AM sur [0, π/2[.
7. a. Comme f et f 0 sont positives, f est croissante et minorée par 0. On déduit du théorème de la limite
monotone que f admet une limite réelle ` à droite en a.
b. Comme à la question précédente, on déduit des hypothèses f 0 Ê 0 et f 00 Ê 0 que f 0 admet une limite
réelle `0 ∈ R+ en 0. Comme f est continue sur [a, b[ et dérivable sur ]a, b[, on déduit du théorème de
la limite de la dérivée que f est dérivable à droite en a et que f 0 est continue à droite en a.
c. Pour tout n ∈ N, notons HR(n) la propriété suivante : f est n fois dérivable en a, f (n) est continue en
a et f (n) (a) Ê 0.
. La proposition HR(0) a été démontrée au I.7.a.
. Soit n ∈ N. Supposons HR(n) vraie. Posons g := f (n) . Comme g 00 et g 0 sont positives sur ]a, b[, g 0 est
croissante et minorée par 0 : on déduit du théorème de la limite monotone que g 0 admet une limite
L ∈ R+ en a. Comme g est continue sur [a, b[ par HR(n), on déduit du théorème de la limite de la
dérivée que g est dérivable en a avec g 0 (a) := L et que g 0 est continue en a.
d. Le contre-exemple de la fonction tangente sur [0, π/2[ prouve qu’une fonction AM sur [a, b[ (avec
b ∈ R) n’est pas nécessairement prolongeable par continuité en b.
Partie II – Théorème de Bernstein sur les fonctions AM
x (x − t )n (n+1)
Z
1. a. Pour tout n ∈ N, notons HR(n) la proposition : ∀x ∈ ]a, b[ Rn ( f , x) = f (t )dt .
0 n!
Z x
. HR(0) est vraie car, pour x ∈ ]a, b[ , f (x) − f (0) = f 0 (t )dt .
0
. Soit n ∈ N. Supposons HR(n) vraie et fixons x dans ]a, b[. Comme f est indéfiniment dérivable, on
peut effectuer une intégration par parties :
¸x Z x
(x − t )n+1 (n+1) (x − t )n+1 (n+2)
·
Rn ( f , x) = − f (t ) + f (t )dt
(n + 1)! 0 0 n!
f (n+1) (0) n+1 (x − t )n+1 (n+2)
Z x
= x + f (t )dt
(n + 1)! 0 n!
f (n+1) (0) n+1
Comme Rn+1 ( f , x) = Rn ( f , x) − x , HR(n + 1) est vraie.
(n + 1)!
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b. On obtient le résultat en effectuant le changement de variable t = ux dans Rn ( f , x).
2. a. Soient n ∈ N et x ∈ ]0, b[. Comme f est AM sur [0, x] ⊂ ]a, b[, on a f (n+1) Ê 0. De plus, pour tout t ∈ [0, x],
(x − t )n Ê 0. On en déduit que Rn ( f , x) Ê 0 par positivité de l’intégrale.
¡ x) ∈ N×]0,
b. Soit (n, ¢ b[. Comme f (x) = S n ( f , x) + Rn ( f , x) et Rn ( f , x) Ê 0, on a S n ( f , x) É f (x). Comme la
suite S n ( f , x) nÊ0 est majorée et clairement croissante par f (x), elle converge.
c. Soient n ∈ N et δn : x ∈ ]0, b[ 7→ Rn ( f , x)x −n . On déduit de la question que
(1 − u)n (n+1)
Z 1
∀x ∈ ]0, b[ , δn (x) = x f (ux)du
0 n!
Soient x et x 0 dans ]a, b[ tels que x É x 0 . Puisque f est AM, f n+2 Ê 0 et donc f (n+1) est croissante sur
]0, b[. Pour u ∈ [0, 1], on a ux É ux 0 et (1 − u)n Ê 0 donc (1 − u)n f (n+1) (ux) É (1 − u)n f (n+1) (ux 0 ) d’où
(1 − u)n (n+1) (1 − u)n (n+1)
Z 1 Z 1
f (ux)du É f (ux 0 )du
0 n! 0 n!
par croissance de l’intégrale puis δn (x) É δn (x 0 ) par multiplication par x Ê 0. Ainsi δn est croissante
sur ]0, b[.
d. Soient n ∈ N, x et y tels que 0 < x < y < b. Par croissance de la fonction δn sur ]0, b[, on a x −n Rn ( f , x) É
y −n Rn ( f , y). Comme Rn ( f , y) est majoré par f (y) (cf. la question II.2.b.), on en déduit que
µ ¶n
x
0 É Rn ( f , x) É f (y)
y
e. Soit x ∈ ]0, b[. Fixons y ∈ ]0, b[ tel que 0 < x < y < b. Comme (x/y)n f (y) −−−−−→ 0, on déduit du II.2.d.
n→+∞
et du théorème d’encadrement que Rn ( f , x) −−−−−→ 0 et donc S n ( f , x) −−−−−→ f (x).
n→+∞ n→+∞
3. a. Soit x ∈ ] − α, 0[. Par l’inégalité triangulaire ( f (n+1) étant positive car f est AM), on a
(1 − u)n (n+1)
Z 1
¯Rn ( f , x)¯ É |x|n+1
¯ ¯
f (xu)du
0 n!
Puisque f est AM, f (n+1) est croissante. Pour u ∈ [0, 1], on a ux É −ux et (1 − u)n Ê 0 et donc (1 −
u)n f (n+1) (ux) É (1 − u)n f (n+1) (−ux). Ainsi, par croissance de l’intégrale :
(1 − u)n (n+1) (1 − u)n (n+1)
Z 1 Z 1
|x|n+1 f (ux)du É |x|n+1 f (−ux)du = Rn ( f , −x)
0 n! 0 n!
¯ ¯
Ainsi ¯Rn ( f , x)¯ É Rn ( f , −x).
b. Fixons x ∈ ]−α, 0[. Comme −x ∈ ]0, α[, on déduit de I.2. que Rn ( f , −x) −−−−−→ 0, puis de la question pré-
n→+∞
cédente et du u théorème d’encadrement que Rn ( f , −x) −−−−−→ 0. Ainsi S n ( f , x) −−−−−→ f (x). Comme
n→+∞ n→+∞
Rn ( f , 0) = 0 et S n ( f , 0) = f (0) pour tout n ∈ N, cette propriété est aussi vérifiée en x = 0.
4. On déduit des questions II.3. et I.3.b. que le résultat établi à la question II.3. est également vrai sous
l’hypothèse « f CM ».
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