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Étude des signaux lumineux en scintillateurs

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Université Claude Bernard Lyon 1

Institut de Physique Nucléaire de Lyon


Groupe Matière Nucléaire

Stage de M2

Etude de la collection du signal lumineux


produit dans un scintillateur de la
collaboration PARIS.

Auteur : Encadrant :
Idir BOUCHENEB Olivier STEZOWSKI

25 Juin 2014
2
Remerciements

Je tiens à remercier tous les enseignants que j’ai eu, ici en France ou en Algérie, d’avoir partagé
leurs connaissances et leur savoir qui m’ont donné les moyens, l’envie et la curiosité de comprendre
(en partie) la physique et d’aimer cette science.
Je remercie mes parents et toute ma famille, pour tous leurs sacrifices et la patience qu’ils ont eu
pour que je puisse atteindre mes objectifs et de m’avoir encouragé à poursuivre dans la voie que j’ai
choisie.
Je remercie tous mes amis et plus particulièrement Ali, Alexiane, Gaby, Ghani, Guillaume, jérôme,
Lounis, Nabil, Sabrina et Victor (j’en ai certainement oublié quelques uns), avec qui j’ai apprécié
chaque seconde passée à discuter de la science, de la société, de la politique ou tout simplement de la
vie.
Je remercie tous les membres de l’UCBL et de l’IPNL, particulièrement du groupe Matière
Nucléaire pour leur accueil chaleureux et toutes les aides qu’ils m’ont apportées. Je remercie Olivier
pour avoir été un très bon encadrant, pour sa patience (il en a fallu pour comprendre ce que je
disais), ses conseils et tout ce qu’il m’a appris. Je remercie Clément, Émeline, Guillaume et Iulia
avec qui j’ai partagé beaucoup de bons moments et plus particulièrement les pauses cigarettes. Je
remercie Camille et Daniel pour leurs cours de Physique Nucléaire et l’aide qu’ils m’ont apportée
pendant mon stage. Je remercie aussi Nadine pour son aide et son accueil.

3
4
Introduction

Suite à la découverte des rayons X par Rögen, en 1895, grâce à la fluorescence visible de
K2 P t(CN )4 sur une plaque de verre, et leur utilisation devenue très fréquente, des méthodes de
détections plus efficaces devaient être mises en place pour pouvoir exploiter pleinement ces rayons. En
effet, indécelable à l’œil, ces nouveaux rayons avaient été accompagnés par la fabrication de nouveaux
matériaux capables de les absorber efficacement et dont le développement a donné naissance aux
scintillateurs.
Sous condition que la particule incidente aie assez d’énergie pour ioniser un atome dans le
matériau scintillateur, celui-ci est capable de convertir cette énergie en lumière visible ou proche du
visible, qu’on appelle lumière de scintillation ou photons de scintillation. Les photons de scintillation
peuvent être collectés dans un photomultiplicateur et transformés en un signal électrique mesurable.
Il existe cinq types de scintillateurs : Les scintillateurs liquides, les plastiques, les verres, les gaz
inertes et finalement les cristaux inorganiques[7] dont fait partie les scintillateurs de la présente étude,
et auquel feront références les termes scintillateur et cristal dans la suite de ce document.
Le détecteur que nous avons été amenés à étudier pendant mon stage est un calorimètre développé
par la collaboration PARIS pour SPIRAL2[9] (Système de Production d’Ions Radioactifs en Ligne de
2ème génération), qui l’utilisera dans le domaine de la physique nucléaire en raison de ses bonnes
caractéristiques.

⇒ ⇒

(a) (b) (c)

Figure 1 – Figure représentant les différentes étapes de construction du détecteur PARIS.

Comme exposé sur le figure (1.a), le scintillateur de base est composé de deux cristaux, le LaBr3
de petite profondeur et le NaI de grande profondeur, collés optiquement l’un à l’autre, qu’on appelle
configuration phoswich. En raison du prix élevé du LaBr3 , le choix de cette configuration s’imposait
pour contrer sa petite profondeur, alors des tests ont été effectués et le NaI s’est avéré le meilleur
compagnon dans cette configuration.
Ensuite, le phoswich est recouvert d’une mince couche réfléchissante puis encapsulé dans de
l’aluminium qui servira à mettre en place des clusters (3 × 3) comme on peut le voir sur la figure
(1.b). Ces clusters seront finalement montés pour obtenir un multidétecteur (voir figure (1.c)) de
forme compacte qui permet d’optimiser les paramètres de détection et qui recouvre un angle solide
le plus large.
Mon stage est donc porté sur l’étude des signaux lumineux provenant de ce phoswich, principale-
ment pour étudier les effets de la configuration phoswich sur les cristaux.
Donc, dans ce document seront présentés les résultats que nous avons obtenus au cours de mon
stage, des vérifications et confirmations ou infirmations des résultats obtenus, grâce à des simulations
ou des signaux expérimentaux, des précédents stagiaires ayant travaillés sur ce sujet[3][5][4] . Avant
d’entreprendre l’exposition de ces résultats, je commencerai par présenter, dans le chapitre 1,
les différents processus d’interaction des particules incidentes avec la matière du scintillateur, le

5
6

fonctionnement des détecteurs à la création des photons de scintillation, les propriétés des cristaux
scintillants et finalement des observables caractérisant la qualité d’un détecteur. Dans le chapitre
2, je définirai l’expérience par laquelle ont été générés les signaux que nous avons étudiés ainsi que
les conditions dans lesquelles elle a été menée, et je finirai ce chapitre par les vérifications que nous
avons effectuées sur ces données. Dans le chapitre 3, j’exposerai les résultats que nous avons obtenus
grâce aux études sur l’aspect énergétique et temporel des données. Le chapitre 4 sera basé sur les
simulations effectuées pendant mon stage, je commencerai par exposer un cadre général sur ces
simulations et les résultats que nous en avons tirés.
Table des matières

Introduction 5

1 Notions physiques 9
1.1 Les différents processus d’interaction des photons incidents avec la matière : . . . . . 9
1.1.1 L’effet photoélectrique : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.2 La diffusion Compton : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.3 Création de paire : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2 Fonctionnement d’un scintillateur et génération du signal : . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.1 Le scintillateur : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.2 Émission et collection du signal : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3 Les propriétés des scintillateurs : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4 Les observables caractéristiques d’un détecteur : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4.1 Efficacité : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4.2 Résolution : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.5 Le cristal LaBr3 : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.6 Temps de montée et temps de décroissance - ajustement des signaux : . . . . . . . . 14
1.6.1 Méthode 1 - ajustement des signaux un par un : . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.6.2 Méthode 2 - ajustement de Imax = f (E) : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

2 L’expérience, récupération et vérification des données 15


2.1 L’expérience : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 Récupération et vérification des données : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.1 Lignes de base : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.2.2 Position des débuts des signaux : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.3 Spectre d’énergie : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

3 Traitement des données et résultats 21


3.1 Spectre d’énergie : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.1.1 Variation de la position du photopic en fonction de la profondeur : . . . . . . 22
3.1.2 Variation de l’intégrale du photopic en fonction de la profondeur : . . . . . . 23
3.1.3 Variation de la résolution en fonction de la profondeur : . . . . . . . . . . . . 23
3.2 Caractéristiques temporelles de la configurations phoswich : . . . . . . . . . . . . . . 24
3.2.1 Détermination des temps de montée et des temps de décroissance : . . . . . . 24
3.2.2 Confirmation des valeurs de τm et τd : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.2.3 Variation des temps de décroissance et de montée en fonction de la profondeur : 25
3.3 Étude de la variation de Imax /E : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

4 Les simulations 29
4.1 Quelques notions sur les simulations sous GEANT4 : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
4.2 Définition des paramètres de simulation utilisés : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
4.2.1 La géométrie du détecteur : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.2.2 La physique du détecteur : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.2.3 Les actions de la simulation : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.3 Etudes de l’aspect temporelle des signaux de simulation : . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.3.1 Études des signaux à leurs créations : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

7
8 TABLE DES MATIÈRES

4.3.2 Études des signaux à la photocathode : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32


4.4 Etudes de l’aspect énergétique des signaux de simulation : . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.4.1 Variation des positions des pic d’énergie : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.4.2 Variation de l’intégrale des pics en fonction de la profondeur : . . . . . . . . . 33
4.4.3 Variation de la résolution en fonction de la profondeur : . . . . . . . . . . . . 33

Conclusions générales et perspectives 35

A Appendices 37
A.1 Calcul du maximum du signal : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
A.2 Spectre d’énergie d’une source de 60 Co 137 Cs : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
A.3 Application de la méthode de séparation des signaux : . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
Chapitre 1

Notions physiques

1.1 Les différents processus d’interaction des photons inci-


dents avec la matière :
Une particule entrant dans le détecteur interagit avec celui-ci suivant trois processus différents.
Chaque processus est présent dans une large gamme d’énergie, mais se voit dominant pour certaines
valeurs de celle-ci. En plus de l’interprétation des spectres d’énergie, la connaissance de ces processus
permet d’expliquer le fonctionnement et l’étude des détecteurs.
Dans l’ordre croissant des énergies nous avons l’effet photoélectrique, la diffusion Compton et la
création de paire électron-positron.

1.1.1 L’effet photoélectrique :


Le photon incident est totalement absorbé par un électron qui accède à des états d’énergie plus
élevée ou comme dans notre cas, c’est-à-dire à des énergies incidentes assez élevées (Eγ >> Eionisation ),
l’électron sera arraché à son atome. Ce dernier cas est plus intéressant car l’électron libre va interagir
et exciter d’autres électrons qui émettront des photons, ce qui est le moyen utilisé pour générer un
signal électrique dans le détecteur qui nous concerne.
La section efficace d’interaction de ce processus, pour une énergie fixe, augmente avec Z 2 (nombre
atomique) et donc avec la densité du cristal. Le LaBr3 est un matériau très dense.

1.1.2 La diffusion Compton :


Si le photon est diffusé par effet Compton, celui-ci cède une partie de son énergie à l’électron qui
suivra le même processus que dans le cas de l’électron arraché par effet photoélectrique. Le photon
incident après avoir cédé une partie de son énergie sortira du détecteur, ou alors il sera absorbé par
un autre électron.
Ici, on va donc mesurer une énergie inférieure à celle du photon incident, ou bien deux énergies
qu’on pourrait sommer pour obtenir l’énergie totale transportée par le photon.
Comme pour l’effet photoélectrique, la section efficace de diffusion dépend du nombre atomique,
et celle-ci devient dominante par exemple pour le NaI de 0, 6 − 0, 7 MeV jusqu’à 110 − 120 MeV. Au
delà, la création de paire électron-positron devient le processus le plus probable.

1.1.3 Création de paire :


Le photon incident crée une paire d’électron-positron, le positron s’annihilant avec un électron
de la matière et produit à son tour deux rayonnements γ de 511 keV. En atteignant des énergies
supérieures à 100 MeV où la création de paire est plus dominante, on pourra détecter trois pics
d’énergie : l’énergie totale de la particule incidente et deux autres énergies correspondant à l’énergie
totale moins 511 keV ou 2 × 511 keV respectivement si un ou deux des photons créés par l’annihilation
du positron arrive à s’échapper du détecteur.

9
10 CHAPITRE 1. NOTIONS PHYSIQUES

1.2 Fonctionnement d’un scintillateur et génération du sig-


nal :

Étape 2 : Interaction du photon avec le


Étape 1 : Photon incident.
détecteur.

Étape 4 : Déplacement des photons de


Étape 3 : Création des photons de scintillation.
scintillation.
Figure 1.1 – Figure représentant les étapes de détection et création des photons de scintillation
dans un cristal scintillant.

La physique du fonctionnement d’un détecteur à scintillation peut être découpée en deux parties,
d’abord l’interaction de la particule avec le détecteur dont il faut comprendre les différents processus
afin de remonter aux caractéristiques de la particule incidente, puis la partie génération du signal
qui décrit la création des photons de scintillation et leur transport vers le photomultiplicateur.

1.2.1 Le scintillateur :
Notre étude se porte sur les scintillateurs inorganiques, spécialement le LaBr3 et son couplage
avec le NaI, et la compréhension de comportement de ce phoswich à la détection d’un rayon γ.
Lorsqu’une particule incidente entre dans le cristal, et si elle a une énergie suffisante, elle ionise
un atome dans le matériau et fait passer l’électron arraché de la bande de valence vers la bande
de conduction, créant par cet effet une paire électron-trou primaire. L’électron primaire possède
une énergie suffisante pour générer dans sa course des électrons-trous secondaires par collisions. Ce
processus se poursuit jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’énergie suffisante pour ioniser d’autres atomes.
Par la suite, une nouvelle étape est enclenchée, la thermalisation, pendant laquelle les électrons
reviennent vers le bas de la bande de valence en émettant des photons dont l’énergie est la différence
entre l’état initial et l’état final.
Cependant, ce processus génère des photons d’énergies assez importantes pour pouvoir ioniser
d’autres atomes, ainsi les photons ont de fortes probabilités d’être réabsorbés. Pour résoudre ce
problème, des impuretés sont introduites dans le cristal, jouant le rôle d’un activateur, qui donnent
lieu à des niveaux d’énergie métastables supplémentaires entre la bande de conduction et la bande de
valence, et ainsi la désexcitation de l’électron se fait en plusieurs parties, ce qui permet de produire
des transitions à énergies plus petites.
Désormais, avec l’introduction de ces impuretés, le détecteur est caractérisé par les nouveaux
états stables, apportant au détecteur des propriétés qui peuvent être retrouvées dans les signaux
collectés, comme nous allons le voir dans le prochain chapitre.
1.3. LES PROPRIÉTÉS DES SCINTILLATEURS : 11

Le fait que les photons générés soient optiques est très important car, devant être dirigés vers le
photomultiplicateur, lorsqu’ils tentent de s’échapper, ils seront renvoyés vers l’intérieur du détecteur
grâce à une couche réfléchissante déposée sur les parois du détecteur, ce qui est possible seulement
si la lumière est visible. Une autre raison de l’importance des photons optiques est le fait que les
photomultiplicateurs sont plus efficaces dans cette bande d’énergie.
L’interaction des rayonnements γ avec la matière a lieu suivant les différents processus abordés
plus haut, l’énergie déposée par le photon incident ne correspond pas toujours à son énergie initiale,
et afin de pouvoir correctement l’extraire et la reconstituer, il est important de comprendre ces
différentes interactions du photon avec la matière du détecteur.

1.2.2 Émission et collection du signal :


L’émission du signal correspond à la création des photons de scintillation, celle-ci a lieu lorsque le
matériau excité, par l’absorption du photon incident, se met à émettre de la lumière d’une manière
isotropique dans le visible. Afin de collecter le maximum de ces photons, on dépose une couche
réfléchissante sur la surface du détecteur, permettant de renvoyer ces photons vers l’intérieur de
façon à atteindre le photomultiplicateur.
La réflexion sur les surfaces du détecteur est caractérisée par le facteur de réflexion du matériau
le recouvrant, les indices du milieu de LaBr3 et NaI et le type de réflexions subi individuellement
par un photon de scintillation (Lambertienne, spéculaire ...).
Le facteur de réflexion intervient dans les pertes des photons réfléchis sur cette surface, ainsi que
par l’angle d’absorption des photons incidents.
Les indices des deux milieux interviennent lorsque le photon passe d’un matériau à un autre
suivant un angle inférieur à l’angle d’absorption et va donc être absorbé.
Finalement, et en plus du facteur de réflexion, la perte d’énergie augmente avec le nombre de
réflexions que subit le photon de scintillation. Le temps que passe le photon dans le détecteur dépend
aussi du nombre de réflexions, et ce temps va participer à élargir la fonction de dispersion des photons
de scintillation, modifiant potentiellement les valeurs des temps de montée et de décroissance.
Lorsque les photons de scintillation arrivent à la photocathode, ils arrachent des électrons qui vont
être amplifiés par des anodes. Les anodes ont la propriété de libérer un certain nombre d’électrons
proportionnel à la différence de potentiel appliquée à ses bords. Ainsi, en mettant une suite d’anodes,
chacune renvoyant les électrons vers la prochaine, et permettant par cette avalanche de multiplier le
nombre d’électrons par un facteur de l’ordre de 105 ph/phincident .

1.3 Les propriétés des scintillateurs :


Comme nous l’avons vu plus haut, lorsque le matériau est excité, les différents atomes se
désexcitent en émettant les photons de scintillation qui sont dans le cas de LaBr3 de l’ordre de 63000
ph/MeV, cette émission est caractérisée par plusieurs paramètres : Le temps de montée et le temps
de décroissance (rapide et lent), le premier est très rapide, et le deuxième est, dans le cas de NaI, de
250 ns pour le rapide et 1000 ns pour le lent. Dans le cas de LaBr3 , il ne possède qu’un seul temps
de décroissance qui est de 16 ns[6][2] . On peut donc voir une très grande différence des temps de
décroissance, grâce à quoi on peut remonter au scintillateur qui a détecté le photon incident. Pour ce
faire, on intègre le signal sur un temps très court (∆tc ) et on le compare à l’intégration de la totalité
du signal (∆tl ).
R ∆tc
signal
Rs = R ∆tl (1.1)
signal
Si Rs ≈ 1 alors le photon est absorbé principalement dans le LaBr3 et dans le NaI si Rs ≈ 0.
Avec ces éléments, on peut voir que chaque cristal émet les photons de scintillation suivant une
distribution temporelle bien défini. On donne ici la meilleur fonction qui représente cette distribution :
   
I(t) = Iγ N exp − τtd 1 − exp − τtm avec t > 0
(1.2)
= Iγ i(t, τm , τd , N )
12 CHAPITRE 1. NOTIONS PHYSIQUES

Où τm et τd sont respectivement le temps de montée et le temps de décroissance. En effet,


i(t) représente la distribution temporelle des photons de scintillation, N est l’amplitude de cette
distribution, en ajoutant le Iγ , qui a dans notre cas à la dimension de l’énergie, on transforme cette
fonction en distribution temporelle de l’énergie transportée par ces photons.
On peut imaginer le cas où le photon incident diffuse dans le premier cristal, et arrive à atteindre
le deuxième cristal après cette diffusion. Ce photon est donc détecté totalement mais à deux endroits
différents, et on collecte alors des photons de scintillation créés suivant les deux distributions
temporelles des deux cristaux. On obtient donc un signal de la forme :

I(t > 0) = aIγ1 i(t, τm1 , τd1 , N1 ) + (1 − a)Iγ2 i(t, τm2 , τd2 , N2 ) (1.3)
Où les τmi et τdi représentent respectivement les temps de montée et les temps de décroissance
de chaque cristal. Le facteur a (a <= 1) permet de pondérer les proportions de chaque distribution
dans le signal.
La différence de temps entre la composante montante et la composante décroissante du signal,
comme nous allons le voir, apparait clairement dans les signaux où, après les temps de montée qui
sont rapides, la décroissance est exponentielle avec un temps de décroissance long. Cependant, comme
dans le cas de NaI, on observe parfois deux temps de décroissance caractéristiques, une composante
lente et une composante rapide, qui peuvent s’expliquer par le fait que les milieux activateurs opèrent
suivant trois processus créant trois effets différents :
– Luminescence : L’électron retourne dans l’état fondamental en émettant de la lumière, ce
processus forme la composante rapide.
– Trapping : L’électron, dans ses étapes de désexcitation, peut revenir dans la bande de conduc-
tion en absorbant de l’énergie thermique, pour finalement revenir dans son état fondamental, ce
qui prend du temps contrairement à la luminescence. Ce processus forme donc la composante
lente.
– Quenching : L’électron dissipe son énergie sous forme thermique et n’émet donc pas de
rayonnement.

1.4 Les observables caractéristiques d’un détecteur :


Généralement, on caractérise un détecteur, de point de vue de son pouvoir de recueillir des
informations sur un événement, par son efficacité et sa résolution.

1.4.1 Efficacité :
Lorsque une particule entre en interaction avec le détecteur, il n’est pas toujours possible de la
détecter, encore moins lorsque l’on veut détecter des particules émises par une source éloignée, c’est
à dire prendre en compte la forme du détecteur et son emplacement par rapport à cette source et où
des particules peuvent passer à coté ou ne pas atteindre le détecteur.
À ceci s’ajoute le fait que la détection d’une particule dépend aussi de sa nature, de son énergie
et de la nature de la matière de détecteur. C’est à dire que le processus d’interaction avec la matière
et la section efficace d’interaction d’un photon, d’un neutron ou d’une particule chargée par exemple
sont différents.
Pour ces raisons on définit plusieurs efficacités pour rendre compte de ces différentes contraintes,
ici nous allons en énumérer quatre.

L’efficacité intrinsèque :
L’efficacité intrinsèque est définie comme le rapport du nombre de particules détectées par le
nombre de particules atteignant le détecteur.
Ndétectées
int = (1.4)
Nentrants
Ce rapport caractérise donc l’efficacité d’un détecteur à émettre un signal lorsqu’une particule
entre dans le détecteur.
1.5. LE CRISTAL LABR3 : 13

Efficacité absolue :
L’efficacité absolue est le rapport entre le nombre de particules détectées et le nombre de particules
émises par une source isotropique.
Ndétectées
abs = (1.5)
Némises
Elle prend donc en compte la géométrie du détecteur et l’efficacité intrinsèque, on peut ainsi la
définir comme :
abs = int géo (1.6)
où géo est l’efficacité géométrique, qui dépend de la fraction de l’angle solide par lequel le détecteur
voit la source.

L’efficacité de photopic (Photopeak) :


Suivant la même définition que l’efficacité absolue, ici on ne prend en compte que les particules
correctement détectées (i.e totalement absorbées), c’est à dire le pic d’énergie recueilli correspond à
l’énergie de la particule incidente.

Npic
pic =
Némises

Le pic sur total (Peak on total) :


Ici on définit p.o.t comme le rapport entre le nombre de particules correctement détectées et le
nombre de particules détectées :

Npic pic
p.o.t = = (1.7)
Ndétectées abs

1.4.2 Résolution :
La précision par laquelle est détectée l’énergie de la particule incidente est définie par la résolution.
L’énergie détectée ne correspond pas toujours à l’énergie de la particule incidente, mais celle-ci suit
la loi statistique d’une gaussienne lorsque l’on veut détecter un nombre important de particules ayant
la même énergie.
La distribution en énergie de ces particules est donnée par :
(E−E0 )2
f (E) = N0 e 2σ 2 (1.8)

où :
– N0 : La hauteur du pic.
– E0 : L’énergie correspondant au maximum du pic.
– σ : une constante reliée à la largeur du pic.
Avec une statistique suivant cette loi, on peut définir la résolution d’un détecteur par :

∆E
R= (1.9)
E
Avec ∆E la largeur à mi-hauteur du pic.

1.5 Le cristal LaBr3 :


Le LaBr3 est un cristal qui possède un grand nombre atomique et une grande densité, et offre donc
une très bonne efficacité de détection des rayons γ (voir 1.4.1). Il offre aussi la meilleure résolution
en énergie grâce à son grand facteur de scintillation et la linéarité de en fonction de l’énergie des
photons incidents.
14 CHAPITRE 1. NOTIONS PHYSIQUES

L’un des isotopes de l’un de ces constituants, le 138 La, abondant à 0, 09%, possède une période
de demie vie de 5, 025 × 1010 années. Il est instable et donne alors une self-activité au cristal qui
peut apparaitre dans les spectres d’énergie. Le 138 La se désintègre dans 66, 4% des cas par capture
électronique en 138 Ba*. Ce dernier, retournant à son état fondamental, émet un photon de 1436 keV.
Dans les 33, 6% des cas qui restent il se désintègre, par émission β − , en 138 Ce* qui retrouve son état
fondamental en émettant un photon de 786keV.

1.6 Temps de montée et temps de décroissance - ajustement


des signaux :
1.6.1 Méthode 1 - ajustement des signaux un par un :
Les données, comme nous allons le voir, donnent l’enregistrement du signal en sortie du pho-
tomultiplicateur. Après relecture, nous allons entreprendre de les ajuster pour en sortir certaines
caractéristiques, telles que les temps de montée et les temps de décroissance.
Afin d’ajuster le signal qui a la forme donnée par l’équation (1.2), nous avons utilisé cinq
paramètres d’ajustement : le temps de montée (τm ), le temps de décroissance (τd ), le début du signal
(t0 ), l’amplitude du signal (Iγ N ) et finalement une constante (I0 ) pour prendre en compte les cas où
le signal est décalé par rapport à l’axe des abscisses.
Ainsi, la fonction d’ajustement devient :
(    
I0 + Iγ N exp − (t−t τ
0)
1 − exp − (t−t0 )
τ si t > t0
I(t) = d m (1.10)
I0 si t < t0
On pourrait ajouter une contrainte à cette fonction, qui puisse aider l’algorithme d’ajustement,
en intégrant (1.10). on obtient alors :
Z ∞
τd2
   
τm τd
E= I(t) = Iγ N τd − = Iγ N (1.11)
0 τm + τd τm + τd
K(τm + τd )
⇒N = (1.12)
τd2
Où K est une constante dépendant du scintillateur (K ∝ nph / keV ), et donc constant au cours
d’une expérience. On peut remarquer que E n’est rien d’autre que l’énergie transportée par la totalité
des photons de scintillation, dans le sens où Iγ , comme on l’a dit auparavant, est l’énergie transportée
par un photon, et plus précisément dans notre expérience, il représente l’énergie transportée par
chaque électron recueilli à la sortie du photomultiplicateur.

1.6.2 Méthode 2 - ajustement de Imax = f (E) :


Une autre méthode est d’ajuster la distribution donnée par : Imax = f (E). En effet, on peut
calculer Imax qui est le maximum du signal (voir l’appendice A.1 pour plus de détail) :
    ττd
τm + τd τm τm m
Imax (E) = 1− ×E (1.13)
τd2 τd + τm τm + τd
Ainsi, cette deuxième méthode permet d’obtenir τm et τd , mais ne donne pas d’information sur
les signaux individuels. C’est à dire que l’étude des signaux en fonction de leur temps de montée et
temps de décroissance ne peut être menée avec cette méthode.
Chapitre 2

L’expérience, récupération et
vérification des données

2.1 L’expérience :
L’expérience qui a été faite cette année a déjà été réalisée en 2013, mais l’utilisation d’un
préamplificateur n’a pas permis une étude approfondie des signaux.

Figure 2.1 – Figures représentant l’expérience : elle consiste à faire un scan sur la profondeur du
phoswich. En : rouge) LaBr3 , blue) NaI, noir) Photomultiplicateur.

En effet, en raison de la fréquence (100M Hz) d’échantillonnage de la carte TNT2-D utilisée


l’année dernière, le signal est échantillonné toutes les 10 ns, ce qui ne permet pas de mettre en
évidence les temps de montée qui sont autour de 10 ns ni le temps de décroissance de LaBr3 qui est
de 16 ns. Si un préamplificateur est utilisé juste après le photomultiplicateur, celui-ci, déformant le
signal, impose certaines caractéristiques, comme nous pouvons le constater sur la figure (2.2.a) où
tous les signaux représentent le même temps de décroissance alors que dans la figure (2.2.b) on peut
voir deux types de signaux bien distincts de par leur temps de décroissance.
L’expérience consiste à envoyer un rayon γ collimaté à différentes positions réparties sur la
longueur du détecteur. La source des rayons est un échantillon de 137 Cs. Le tableau (2.1) liste les
positions et leurs distances par rapport à la photocathode.
On peut s’attendre, vue les conditions de l’expérience, à ce que majoritairement la particule
incidente soit détectée à la même position suivant l’axe z, et dans différents angles et distances dans
le plan (xy). Grâce à ce dispositif, on pourra étudier l’influence de la configuration phoswich en
fonction de la profondeur à laquelle une particule a été détectée.

15
16 CHAPITRE 2. L’EXPÉRIENCE, RÉCUPÉRATION ET VÉRIFICATION DES DONNÉES

Les 50 premiers signaux (Avec preamplificateur). Exemple de signaux enregistres


250

Amplitude (a.u)
Amplitude(a.u).

6000

200
5000

4000
150

3000

100
2000

1000
50

0
0 1000 2000 3000 4000 5000
Temps(*10ns). 0
600 700 800 900 1000 1100 1200 1300 1400
Temps (ns)

(a)
(b)

Figure 2.2 – Figures représentant les 50 premiers signaux extraits des données : a) De l’expérience
menée l’année dernière où un préamplificateur a été utilisé. b) De l’expérience de cette année où le
préamplificateur a été supprimé afin d’avoir les signaux moins déformés.

Distribution des temps de decroissance


Couprs

4500 htemp
Entries 150000
4000 Mean 2823
RMS 480.8
3500

3000

2500

2000

1500

1000

500

0
500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500
temps de dcoirssance (*10ns)

Figure 2.3 – Figure représentant la distribution des temps de décroissance des signaux collectés en
2013. La distribution présente un pic autour de 280 ns, qui caractérise le temps de décroissance du
préamplificateur.

Le choix de 137 Cs comme source est lié au


fait qu’il ne possède qu’un seul pic γ. En effet, le
137
Cs, par émission β − , se désintègre en un état
excité de 137 Ba* avec une période de 30 années,
qui se désexcite vers l’état fondamental en
émettant un rayonnement γ de 661, 7 keV avec
une période de 2, 55 min.

2.2 Récupération et vérification des données :


Les données se présentent sous forme de 15 fichiers contenant 10000 signaux chacun, et chaque
fichier correspondant à une position définie à laquelle le 137 Cs est positionné. L’extraction de ces
données, leur traitement et leur affichage se fait par l’intermédiaire du langage de programmation
C++ et le logiciel ROOT [8] qui offre de grandes possibilités et rapidités de traitement.
Nous avons donc commencé par écrire un code nous permettant de récupérer ces données et
2.2. RÉCUPÉRATION ET VÉRIFICATION DES DONNÉES : 17

Table 2.1 – Liste des positions de la source des rayonnements.


Matériau Référence Distance (mm)
A 112
B 117
Matériau Référence Distance (mm)
C 127
K 267
D 147
L 277
E 167
NaI LaBr3 M 287
F 187
N 297
G 207
O 307
H 227
I 247
J 257

d’enregistrer chaque signal dans un histogramme, code que nous avons amélioré au cours du temps.
Le programme est divisé en cinq classes C + +, chacune héritant de la précédente et à laquelle nous
ajoutons des informations spécifiques à une tâche que nous voulons effectuer. Notre choix pour cette
méthode permet la réutilisation de notre programme par d’autres personnes, car il offre beaucoup de
méthodes permettant de l’adapter à des cas spécifiques, lui permet d’effectuer tous les tests que nous
avons faits pendant le stage, et lui facilite les modifications ou améliorations.
Après la récupération des données, nous avons fait des tests sur les signaux pour vérifier leurs
stabilités.

2.2.1 Lignes de base :


Les signaux originaux sont inversés, nous les avons donc réinversés et ramenés leurs minimums
à zero. Pour ce faire, nous avons calculé les lignes de base, c’est à dire le minimum en l’absence
de signal. Nous avons moyenné sur 500 ns à partir de 0 ns, et avons dessiné la distribution de ces
moyennes pour s’assurer que les lignes de base restent stables avec le temps. Nous avons donc obtenu
la figure (2.4). On peut voir que la variation de la ligne de base est très faible devant les amplitudes
des pulses. En effet, alors que les amplitudes des signaux varie de 30 u.a à 600 u.a, la distribution
des lignes comporte une largeur à mi-hauteur de 0.01 u.a.

Distribution des lignes de base.


Coups

Entries 150000
1600 Constant 1538
Mean 607.6
1400 Sigma 0.07561

1200

1000

800

600

400

200

0
607.3 607.4 607.5 607.6 607.7 607.8 607.9
Amplitude (u.a)

Figure 2.4 – La figure représente la distribution des lignes de base.


18 CHAPITRE 2. L’EXPÉRIENCE, RÉCUPÉRATION ET VÉRIFICATION DES DONNÉES

2.2.2 Position des débuts des signaux :


Généralement et notamment dans l’expérience qui nous concerne, l’enregistrement des signaux
est conditionné principalement sur deux instruments, le trigger et la carte d’acquisition.
Le trigger est utilisé pour choisir les signaux à enregistrer. Dans notre cas, le signal en sortie du
photomultiplicateur va vers la carte d’acquisition qui possède un buffer qui garde continuellement en
mémoire temporaire ces signaux. Mais avant d’atteindre la carte d’acquisition, le signal est copié et
envoyé vers un trigger. Ce dernier a pour fonction de vérifier si l’amplitude du signal dépasse un
seuil que l’on définit. Si c’est le cas, le trigger envoie un signal à la carte d’acquisition qui va copier
le contenu du buffer dans une mémoire permanente.
Ainsi, les débuts des signaux récupérés dans les données sont définis par les temps de réponse
de la carte d’acquisition et du trigger ainsi que les temps qu’il faut pour que les différents signaux
atteignent les différents instruments de traitement. Avoir un trigger qui possède un temps de réponse
rapide est important dans notre cas pour éviter de couper les signaux dont nous étudions précisément
la forme.
Nous avons donc récupéré les débuts des signaux de nos données et obtenu leur distribution. On
peut voir sur les figures (2.5.a) et (2.5.b) que les distributions sont larges et que le trigger, vis-à-vis
de son temps de réponse, est un peu fluctuant.

Distribution des debuts des signaux de le NaI Distribution des debuts des signaux dans le LaBr3
Coups

Coups

3500
900
3000
800

700 2500

600
2000
500

400 1500

300
1000
200
500
100

0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 800 850 900 950 1000
Debut du signal (ns) Debut du signal (ns)

(a) (b)

Figure 2.5 – Figures représentant la distributions des positions des débuts des signaux : a)Dans le
NaI. b)Dans le LaBr3 .

Cependant, dans notre cas, ce n’est pas la stabilité de la position des pulses sur la fenêtre qui nous
importe du moment où ces pulses sont pris dans leur totalité et que nous possédons des algorithmes
qui permettent de retrouver cette position.

2.2.3 Spectre d’énergie :


Après ces vérifications, nous avons dessiné le spectre d’énergie pour s’assurer que les signaux sont
causés par la détection d’une particule. En effet, alors que la source est collimatée et la probabilité
que ses émissions atteignent le détecteur est très faible, il arrive que le détecteur génère des signaux
dûs au bruit, généralement lorsque le seuil du trigger est trop bas. On peut observer sur les figures
(2.6.a) et (2.6.b) les erreurs que peuvent engendrer ce genre de signaux.
Sur la figure (2.6.a) nous avons représenté un spectre d’énergie reconstitué à partir des premières
données de l’expérience, et on peut remarquer que celui-ci ne correspond pas à un spectre du
137
Cs car on observe deux pics de très basse énergie alors que le 137 Cs possède une seule raie de
désintégration. Il ne correspond pas non plus à un spectre d’énergie en raison de l’absence du fond
Compton. L’expérience a donc été refaite est nous avons reçu les nouvelles données avec lesquelles
nous avons obtenu le spectre de la figure (2.6.b), qui correspond bien au spectre d’émission γ d’une
source de 137 Cs.
2.2. RÉCUPÉRATION ET VÉRIFICATION DES DONNÉES : 19

Mauvais spectre d'energie Bon spectre d'energie


Coups

Coups

10000 7000

6000
8000

5000

6000
4000

3000
4000

2000
2000
1000

0 0
10000 20000 30000 40000 50000 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000
Energie (u.a) Energie (u.a)

(a) (b)

Figure 2.6 – Figures représentant deux spectres d’énergie : à gauche un spectre d’énergie reconstitué
à partir de signaux triggant sur du bruit, et à droite sur des signaux causés par de vrais évènements
dus à la détection de particules.
20 CHAPITRE 2. L’EXPÉRIENCE, RÉCUPÉRATION ET VÉRIFICATION DES DONNÉES
Chapitre 3

Traitement des données et


résultats

3.1 Spectre d’énergie :


L’amplitude des signaux est proportionnelle à l’intensité de courant créés par les électrons
arrachés à la photocathode, le nombre de ces électrons étant proportionnel au nombre de photons de
scintillation, il l’est donc à l’énergie déposée par le photon incident. On a pour l’intensité de courant
en fonction de la charge électrique :

dQ(t)
i(t) = (3.1)
dt

Spectre d'energie
Coups

6000 NaI
LaBr3
5000

4000

3000

2000

1000

0
0 5000 10000 15000 20000 25000
Energie (u.a)

Figure 3.1 – Le spectre d’énergie obtenu en intégrant les signaux.

En intégrant donc le signal, on peut retrouver la charge collectée. Et répétant cette opération sur
tous les signaux, on peut reconstituer le spectre γ du faisceau incident. Le spectre qu’on obtient est
représenté sur la figure (3.1). On peut observer le pic photoélectrique du 137 Cs vers le canal 12000,
ainsi que la partie correspondant à l’effet Compton, on observe aussi un pic autour du canal 25000
qui correspond au pile-up, c’est à dire aux processus dans lesquels deux photons ont été détectés au
même moment. Aussi, on peut tirer de cette figure les premières caractéristiques du phoswich, qui
sont la grande résolution et la meilleure efficacité du LaBr3 par rapport au NaI.

21
22 CHAPITRE 3. TRAITEMENT DES DONNÉES ET RÉSULTATS

3.1.1 Variation de la position du photopic en fonction de la profondeur :


Comme nous l’avons dit précédemment, l’énergie transportée par un signal est proportionnelle aux
nombre de photoélectrons arrachés à la photocathode. Ces mêmes photoélectrons sont proportionnels
au nombre de photons de scintillation créés par la détection d’une particule. Et finalement, ce nombre
de photons de scintillation est proportionnel à l’énergie de la particule incidente. Il peut néanmoins
varier en fonction de la profondeur.
En effet, si les impuretés sont distribuées non-uniformément dans les cristaux, ceux-ci vont
émettre un nombre de photons de scintillation qui varient en fonction de la profondeur. Un autre effet
pouvant causer une variation de ce nombre serait la collection du signal, c’est-à-dire que les photons
de scintillation subissent des effets différents, en fonction de la profondeur, lors de leur déplacement
dans les cristaux pour atteindre le photomultiplicateur. Ces deux suppositions pourraient expliquer
la variation du nombre de photons de scintillation pour la même énergie, et donc la variation de la
position des pics en fonction de la profondeur qu’on observe sur la figure (3.2.a).

Variation de la position des pics en fonction de la profondeur Variation de la position des pics en fonction de la profondeur
14000 14000
Position (u.a)

Position (u.a)
NaI NaI
LaBr3 LaBr3
Frontiere Frontiere
13500 13500

13000 13000

12500 12500

12000 12000

11500 11500

11000 11000

10500 10500

10000 10000
100 150 200 250 300 100 150 200 250 300
Pronfondeur (mm) Pronfondeur (mm)

(a) (b)

Figure 3.2 – Figures représentant la variation de la position des photopics : a) Où on peut remarquer
une variation brutale autour de 170 mm due à une modification des paramètres d’acquisition pendant
l’expérience. b) Après correction, sur les données, de l’erreur de manipulation.

Sur cette figure, on observe une variation brutale à 252 mm qui est la frontière entre les deux
cristaux. À droite de cette frontière, la valeur de la position du pic est importante en raison du grand
nombre de photons de scintillation générés par le LaBr3 . La tendance globale de cette courbe est
une diminution de la valeur de la position du pic lorsqu’on s’éloigne du photomultiplicateur.
On peut observer aussi une autre chute de la valeur de la position des pics à la sixième position
(autour de 170 mm), ceci est certainement dû à une modification des paramètres d’acquisition
pendant l’expérience. En effet, le seuil du trigger a été modifié au sixième scan, ce qui ne devrait pas
avoir d’effet sur le spectre d’énergie mis à part le fait que désormais des évènements correspondant
à des énergies plus petites sont enregistrés alors que, auparavant, ils étaient ignorés, et donc le
spectre d’énergie inclura des énergies plus basses. Cependant, nous supposons que la haute tension
du photomultiplicateur a été changée par mégarde en modifiant le seuil du trigger, ce qui a eu pour
effet la baisse des amplitudes des signaux et donc, pour la même énergie initiale, les intégrales des
signaux sont plus petites après le cinquième scan qu’avant celui-ci, et donc le spectre d’énergie est
décalé à gauche pour les scans effectués après cette position. Il est à noter qu’une tendance lisse a
déjà été observée par plusieurs équipes : sur la figure (3.2), nous avons donc apporté une correction
à la figure en déduisant, à partir des points six et sept, la valeur qu’aurait eu le cinquième point
s’il n’y avait pas eu cette modification de tension. Ainsi, l’écart entre les valeurs de la cinquième
position avant et après la correction a été déduit aux autres points de un à cinq.
On observe finalement sur ce graphe corrigé que malgré le fait que, pour la même énergie, le NaI
produit prés de la moitié seulement de photons de scintillation que le LaBr3 , lorsque la particule
incidente est détectée prés de la photocathode, le nombre de photons de scintillation collectés est
plus grand que le nombre de photons de scintillation collecté lorsque la particule est détectée dans le
LaBr3 . Cet effet témoigne de l’importance du nombre de photons de scintillation absorbés, à cause de
la couche réfléchissante ou des cristaux eux mêmes, car lorsque on est proche du photomultiplicateur,
ces photons sont créés avec un angle solide assez important pour qu’une grande partie de ces photons
3.1. SPECTRE D’ÉNERGIE : 23

atteignent la photocathode sans presque faire de réflexion.

3.1.2 Variation de l’intégrale du photopic en fonction de la profondeur :


En intégrant les pics correspondant au 662 keV du 137 Cs, on obtient la figure (3.3). Intégrer les
pics revient à compter le nombre de photons incidents ayant été détectés avec la bonne énergie sur
les 10000 au total. Donc cette intégrale est proportionnelle à l’efficacité photopic du phoswich. De
même, grâce à cette étude, on peut obtenir l’évolution du pic sur total du phoswich pour une énergie
incidente de 662 keV.
Variation de l'integrale du pic en fonction de la profondeur
600 ×10
3
Integrale (u.a)

NaI
LaBr3
Frontiere

500

400

300

200

100

0
100 150 200 250 300
Pronfondeur (mm)

Figure 3.3 – Figure représentant la variation de l’intégrale des photopics en fonction de la profondeur.

Sur la figure (3.3), on peut remarquer que l’efficacité du phoswich est meilleure du côté du LaBr3 .
Cependant, en prenant les deux cristaux séparément, l’efficacité est meilleure au centre de chaque
cristal. En effet, la probabilité qu’une particule soit diffusée dans le détecteur et arrive à s’échapper
est plus grande aux bords des cristaux qu’à leur centre, ce qui explique cette tendance.

3.1.3 Variation de la résolution en fonction de la profondeur :


Comme nous l’avons dit précédemment, la largeur des pics est proportionnelle à la résolution
d’un détecteur. En effet, plus cette largeur est fine et mieux sont séparés deux évènements d’énergie
proches. Donc plus la largeur est petite et plus la résolution est meilleure.
En calculant la résolution du phoswich pour les différentes positions de la source, nous avons
obtenus la figure (3.4). On observe que la résolution est meilleure dans le LaBr3 , où elle est en
moyenne de 4.2%, ce qui montre que la configuration phoswich détériore la résolution de ce cristal
(rappelons que la résolution du LaBr3 seul est de l’ordre de 3% à 662 keV).
Dans le NaI, on voit que lorsqu’on est proche du photomultiplicateur, la résolution du phoswich
est très mauvaise mais elle s’améliore très rapidement, pour attendre une moyenne de 9%, et restera
stable jusqu’au début du LaBr3 . Ici aussi, on voit une détérioration de la résolution à cause de la
configuration phoswich (La résolution du NaI seul est de l’ordre de 7 − 8% à 662 keV).
Cependant, pour la fabrication du détecteur PARIS, où ces phoswichs seront utilisés pour une
détection frontale des rayons γ, la majeure partie de ces photons vont être détectés dans le LaBr3 .
On peut donc conclure que PARIS possèdera une bonne résolution et une très grande efficacité.
24 CHAPITRE 3. TRAITEMENT DES DONNÉES ET RÉSULTATS

Variation de la resolution du phoswich en fonction de la profondeur

18

Resolution (%)
NaI
LaBr3
16 Frontiere

14

12

10

0
100 150 200 250 300
Pronfondeur (mm)

Figure 3.4 – Figure représentant la variation de la résolution du phoswich en fonction de la


profondeur.

3.2 Caractéristiques temporelles de la configurations phoswich :


La configuration phoswich, comme nous l’avons vu, détériore les caractéristiques des cristaux
LaBr3 et NaI. En effet, celle-ci diminue la résolution du détecteur, et étudier ces changements peut
s’avérer crucial dans une expérience. Notamment séparer les évènements détectés par l’un ou l’autre
des deux cristaux apporte de meilleurs informations sur la particule incidente.
Ici nous allons voir comment, à cause du collage optique des deux cristaux, la reconstitution des
évènements impose la prise en compte de certains paramètres, comme la profondeur à laquelle la
particule incidente a déposé son énergie.

3.2.1 Détermination des temps de montée et des temps de décroissance :


Les temps de décroissance :

Comme on peut l’observer sur la figure (2.2.a), les signaux sont représentés par deux types de
décroissance, une rapide et une longue. Nous avons utilisé la fonction fit de ROOT , pour ajuster les
signaux avec la fonction (1.10). Nous avons récupéré les temps de décroissance τd et avons dessiné
leur distribution pour les quinze positions de la source de 137 Cs.
On voit donc sur la figure (1.10) les deux pics correspondant aux deux temps de décroissance
du LaBr3 (19 ns) et du NaI(230 ns). Ceux-ci présentent une différence par rapport aux temps
de décroissance de NaI et LaBr3 donnée dans le chapitre 1, et cela peut provenir de l’effet de la
couche réfléchissante déposée sur la surface du détecteur, car les photons de scintillation produits
doivent généralement effectuer plusieurs réflexions sur les parois des détecteurs avant d’arriver au
photomultiplicateur, ce qui peut étendre leur dispersion. Il y a aussi l’effet du photomultiplicateur
qui, à cause de sa fonction de réponse, pourrait introduire une élongation des temps caractéristiques
des photons de scintillation.

Les temps de montée :

De la même manière, nous avons déterminé les temps de montée. En revanche, nous avons
rencontré des difficultés en raison de la faible valeur de τm qui rend l’ajustement très sensible aux
fluctuations du signal.
On observe sur la figure (3.6) les deux distributions correspondant au temps de montée du LaBr3
(17 ns) et NaI(24 ns). On remarque aussi que les distributions sont plus dispersées que celles des
temps de décroissance, ce qui témoigne de la sensibilité à leur appliquer l’ajustement.
3.2. CARACTÉRISTIQUES TEMPORELLES DE LA CONFIGURATIONS PHOSWICH : 25

Distribution des temps de decroissance

Coups
Coups
htemp
Entries 150000

8000
Mean 117.4
RMS 102.3

LaBr3
7000 NaI
6000

5000

4000

3000

2000

1000

0
0 50 100 150 200 250
Temps de de
Temps decroissance
decroissance(ns)
(ns)

Figure 3.5 – La distribution des temps de décroissance. On peut voir les deux pics représentant les
temps de décroissance du NaI à 230 ns et du LaBr3 à 19 ns

Distribution des temps de montee


Coups

NaI
2200
LaBr3
2000

1800

1600

1400

1200

1000

800

600

400

200

0
5 10 15 20 25 30 35 40 45
Temps de montee (ns)

Figure 3.6 – La distribution des temps de montée. On peut voir les deux pics représentant les temps
de montée du NaI à 24 ns et du LaBr3 à 17 ns

3.2.2 Confirmation des valeurs de τm et τd :


Afin de vérifier la validité des valeurs des temps de montée et des temps de décroissance obtenus
avec l’ajustement, on peut utiliser la deuxième méthode exposée dans le chapitre 1 (voir section 1.6).
Le résultat de cette méthode exposé dans la figure (3.7), où nous avons représenté la corrélation
entre l’énergie et la maxiumum du signal. On remarque alors deux lignes droites bien distinctes.
Chacune de ces droites correspond à Imax dans (1.13). En dessinant par dessus Imax en donnant à
τm et τd les valeurs données par les ajustements, la fonction (1.13) se superpose avec la distribution
Imax = f (E).

3.2.3 Variation des temps de décroissance et de montée en fonction de


la profondeur :
A l’issue de la même étude sur des signaux de simulation[3] (sous GEANT4 [1] ) effectuée l’année
dernière, il a été conclu que les temps de montée semblaient varier en fonction de la profondeur. Ce
résultat est d’une grande importance s’il est vérifié sur les données expérimentales.
En effet, si les temps de montée varient en fonction de la profondeur, ceci permettrait de localiser
26 CHAPITRE 3. TRAITEMENT DES DONNÉES ET RÉSULTATS

Correlation entre l'energie et l'ampltitude du signal

Imax (u.a)
600

500

400

300

200

100

0
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000 40000 45000
Energie (u.a)

Figure 3.7 – Figure représentant la corrélation entre l’énergie et Imax . La fonction Imax (E, τm , τd )
est aussi dessinée avec τm = 17 ns et τd = 19 ns pour la première droite et τm = 24 ns et τd = 230 ns
pour la deuxième.

l’endroit dans le scintillateur où a eu la détection, ce qui ajouterai une information spatiale sur la
détection d’un grand intérêt pour l’analyse de données.

Variation des temps de décroissance


Nous avons représenté sur la figure (3.8) la distribution des temps de décroissance pour chaque
position de la source. On peut observer sur cette figure que les temps de décroissance ne varient pas
en fonction de la profondeur.

Distribution des temps de decroissance


Coups

Position 11
600
Position 12

500
Position 13

400 Position 14

Position 15
300

200

100

0
16 18 20 22 24
Temps de decroissance (ns)

Figure 3.8 – Figure représentant les distributions des temps de décroissance en fonction de la
profondeur : chaque couleur correspondant à une position de la source de 137 Cs.

Sur cette figure, nous avons représenté uniquement les temps de décroissance dans le LaBr3 , car
ceux-ci ayant des valeurs relativement petites comparées à celle du NaI, si les temps de décroissance
varient alors cette variation serait plus marquante dans le LaBr3 .
Le résultat de cette étude est déjà connu. En effet, la composante décroissante des signaux étant
longue, il est possible de l’ajuster avec une exponentielle est d’obtenir une très bonne approximation
des temps de montée. En revanche, la composante montante est très courte, l’algorithme d’ajustement
que nous avons appliqué nous a permis d’obtenir des résultats nouveaux malgré une sensibilité aux
3.3. ÉTUDE DE LA VARIATION DE IMAX /E : 27

fluctuations des signaux.

Variation des temps de montée


La figure (3.9) représente les distributions des temps de montée en fonction de la profondeur. On
peut remarquer que les temps de montée ne varient pas en fonction de la profondeur.

Distribution des temps de montee


400
Coups
Position 15
Position 14
350 Position 13
Position 12
300 Position 11
Position 10
Position 9
250
Position 8
Position 7
200
Position 6
Position 5
150 Position 4
Position 3

100 Position 2
Position 1

50

0
5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Temps de montee (ns)

Figure 3.9 – Figure représentant les distribution des temps de montée en fonction de la profondeur :
chaque couleur correspondant à une position de la source de 137 Cs.

Des simulations ont montré que les temps de montés semblaient varier en fonction de la profondeur,
le résultat que nous avons obtenu va permettre de contraindre les paramètres utilisés dans ces
simulation.

3.3 Étude de la variation de Imax /E :


D’après l’équation (1.13) si τm et τd sont constants alors Imax ∝ E. En étudiant la variation de
Imax /E et s’il est invariant en fonction de la profondeur alors l’invariance de τm et τd est vérifiée.

Distribution de Imax/E
Coups

Position 1
400
Coups

400
Position 2
350 Position 3
300 Position 4
350 Position 5
250

Position 6
NaI
200

Position 7
300 150

Position 8
100
Position 9
0.0037 0.0038 0.0039 0.004 0.0041 0.0042 0.0043 0.0044
Position 10
250 Imax/E (u.a)

240
Position 11
220
htemp11
Entries 9930
Position 12
200 Mean 0.02636

200
RMS 0.0005695

180 Position 13
160
Position 14
140

120 Position 15
150 100

80

60

40
LaBr3
20

100 0
0.0255 0.026 0.0265 0.027 0.0275
Smax

50

0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
Imax/E (u.a)

Figure 3.10 – Figure représentant les distribution des Imax /E en fonction de la profondeur : chaque
couleur correspondant à une position de la source de 137 Cs.

Dans la figure (3.10) nous avons représenté la distribution de Imax /E en fonction de la profondeur,
et on peut remarquer qu’il reste invariant.
28 CHAPITRE 3. TRAITEMENT DES DONNÉES ET RÉSULTATS

Sur cette figure, on distingue un pic à 0.004 et à un autre à 0.025 qui correspondant respectivement
aux Imax /E du NaI et LaBr3 . Cette étude nous a donc permis, en plus de vérifier l’invariance des temps
de monté et des temps de décroissance, d’initier une piste pour une nouvelle méthode permettant de
séparer les signaux correspondant à chaque scintillateur.

Figure 3.11 – Figure représentant la corrélation entre adctot et adcfast : On peut distinguer, comme
pour la figure (3.7), deux lignes droites correspondant aux différents cristaux.

Actuellement, la méthode utilisée consiste à intégrer la totalité du signal pour obtenir l’énergie
notée adctot , puis d’intégrer le signal sur un temps court pour obtenir adcfast . Grâce à cette méthode,
on arrive à obtenir la figure (3.11) qui représente la corrélation entre adctot et adcfast et sur laquelle il
ne reste qu’à sélectionner pendant l’expérience l’une des deux droites correspondant aux signaux qui
nous intéressent pour ne prendre en compte que ceux-ci. Cependant, cette méthode est compliquée
à mettre en place, car la sélection sur des graphes en deux dimensions s’effectue par des contours
établis à la main.
En revanche, pendant l’expérience, il suffirait par exemple de sélectionner les signaux dont Imax /E
est autour de 0.025 pour pouvoir identifier les signaux provenant du LaBr3 . Ce qui pourrait se faire
par une simple coupure.
Chapitre 4

Les simulations

4.1 Quelques notions sur les simulations sous GEANT4 :


GEANT4 est un simulateur de passage de particules dans la matière. Il possède des outils permettant
de définir tous les paramètres utiles à la simulation. La mise en place d’une simulation sous GEANT4
repose sur trois définitions principales :
La géométrie : il faut définir la configuration du détecteur, sa géométrie, les matériaux de sa
fabrication et ses zones sensibles aux interactions.
La physique : il faut définir les particules utilisées ainsi que tous les processus physiques pris en
compte dans la simulation.
Les actions : il faut définir les actions prises en compte pendant la simulation, c’est à dire les
évènements à suivre et les actions à effectuer.
Après avoir défini tous les paramètres utiles, il suffit de lancer GEANT4 en précisant le nombre de
particules incidentes, et GEANT4 s’occupe, grâce à de multiples algorithmes de génération de nombres
aléatoires, de simuler un très grand nombre des différents processus et évènements pouvant avoir lieu
dans le détecteur.

4.2 Définition des paramètres de simulation utilisés :


Les simulations que nous avons effectuées sont basées sur le modèle de l’expérience décrite dans le
chapitre 2. Elles consistent à faire un scan sur la profondeur d’un phoswich. En revanche, en raison
du petit nombre de photons de scintillation collectés à la photocathode et pour contrôler le point
d’émission, nous avons opté pour une source monoénergétique de 30 keV positionnée sur l’axe central
du phoswich. Ainsi, lorsque le photon incident est créé, il sera absorbé rapidement en raison de sa
faible énergie.
Pour obtenir un signal intense à la photocathode, nous avons défini le NaI avec un nombre de
photons de scintillation émis de 38000 ph/30keV et de 63000 ph/30keV pour le LaBr3 . Les positions
de scan et leurs distances par rapport à la photocathode sont résumées dans le tableau (4.1).

Table 4.1 – Liste des positions de la source des rayonnements dans les simulations.
Matériau Référence Distance (mm)
Matériau Référence Distance (mm) D 147,4
A 198,2 E 111,8
LaBr3 B 177,8 NaI F 76,2
C 157,4 G 40,6
H 50

29
30 CHAPITRE 4. LES SIMULATIONS

4.2.1 La géométrie du détecteur :


Le détecteur est composé de deux cristaux scintillants, leurs paramètres principaux sont donnés
dans le tableau (4.2). Il possède des caractéristiques aussi proche que possible du phoswich réel. En
revanche, les matériaux utilisés pour la couche réfléchissante étant confidentiel, la société qui fabrique
les cristaux n’a pas voulu donner des informations sur leurs indices de réflexions.

Table 4.2 – Liste des paramètres principaux du détecteur.


Paramètre LaBr3 NaI
Dimension [cm3 ] 5, 08 × 5, 08 × 5, 08 5, 08 × 5, 08 × 15, 24
Position (x,y,z) [cm, cm, cm] (0,0,0) (0,0,25.8)
Indice de réflexion aux surfaces 0.97 0.97
Type de réflexion surfacique Lambertienne Lambertienne
Temps de montée [ns] 17 24
Temps de décroissance [ns] 19 230 et 1000
Photon de scintillation (ph/30keV) 63000 38000

La photocathode du photomultiplicateur quant à elle est en aluminium est positionnée juste


après le NaI et elle sert uniquement à capter les photons optiques (absorption totale).

4.2.2 La physique du détecteur :


La physique du détecteur est défini de sorte à prendre en compte les trois processus d’interaction
décrits dans le chapitre 1. PARIS, qui a mis en place la définition de cette physique, l’a définie de sorte
à prendre en compte la majorité des évènements pouvant avoir lieu dans le phoswich LaBr3 /NaI.

4.2.3 Les actions de la simulation :


Les particules incidentes sont des photons d’énergie égale à 30 keV. Pour les évènements, création
et dépôt d’énergie, GEANT4 enregistre entre autres les informations suivantes pour les photons incidents
et les photons de scintillation :
– TL : le temps local, c’est-à-dire repéré par rapport au moment de la création de la particule.
– TA : le temps absolu, c’est-à-dire repéré par rapport au moment de création des particules
incidentes.
– fE : l’énergie.
– ID : l’endroit où a eu lieu l’évènement : 0 pour l’extérieur du détecteur, 1, 2 et 3 respectivement
à l’intérieur du cristal LaBr3 , du cristal NaI et de la photocathode.
– fK : le nombre de dépôts d’énergie.
– fX, fY, fZ : les positions où ont eu lieu toutes les interactions.
Sont listés ici que les paramètres utiles à notre étude, sinon GEANT4 enregistre les différentes
positions, le nombre d’interactions, ...

4.3 Etudes de l’aspect temporelle des signaux de simulation :


4.3.1 Études des signaux à leurs créations :
Avec des rayonnements γ incidents monoénergétiques (30 keV ), nous pouvons construire les
signaux à la photocathode. Pour ce faire, on procède de la manière suivante :
1. Nous faisons une boucle sur tous les photons incidents.
2. Pour chaque photon incident, nous faisons une boucle sur tous les photons de scintillation créés
par chaque dépôt d’énergie.
3. Pour chaque photon de scintillation, on remplit un histogramme avec son TA si les conditions
suivantes sont vérifiées :
– Il est créé dans le cristal où se trouve la source.
– Il a déposé toute son énergie dans la photocathode.
4.3. ETUDES DE L’ASPECT TEMPORELLE DES SIGNAUX DE SIMULATION : 31

Quelques signaux ainsi reconstitués sont présentés sur la figure (4.1).

Simulation: exemples de signaux Simulation: spectre d'energie a la creation des photons de scintillation
Amplitude (a.u)

1800

Coups
LaBr3
500
1600 NaI

1400
400
1200

1000
300
800

600 200

400

100
200

0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
Temps (ns) 0
35000 40000 45000 50000 55000 60000 65000
Energie (u.a)

Figure 4.1 – Figure représentant quelques exem-


ples de signaux générés par GEANT4 et reconstitués Figure 4.2 – Figure représentant le spectre d’én-
à partir des photons de scintillation à leurs créa- ergie reconstitué à partir des photons de scintilla-
tions. tion à leurs créations.

Nous avons représenté sur la figure (4.2) le spectre d’énergie reconstitué à partir des signaux
générés par les photons de scintillation à leurs créations et ayant atteint le photomultiplicateur. On
retrouve ici les différences des rendements lumineux de scintillation (voir tableau (4.2))) injectés,
à savoir 38000 pour le NaI et 65000 pour le LaBr3 . On peut aussi voir que GEANT4 introduit une
fluctuation autour de ces nombres moyens.
GEANT4, à la détection du photon incident, génère la lumière de scintillation suivant une distribution
temporelle bien définie, en l’occurrence la fonction (1.2). En récupérant donc ces signaux à la création,
nous pouvons vérifier si l’algorithme d’ajustement utilisé sur les données expérimentales fonctionne
bien. Nous avons donc ajusté les signaux et nous avons obtenu les figures (4.3) et (4.4) qui représentent
respectivement la distribution des temps de montée et des temps de décroissance pour une position
dans le NaI et une autre dans le LaBr3 .

Simulation: distribution des temps de montee Simulation: distribution des temps de decroissance
250 5000
Coups

Coups

LaBr3 LaBr3
NaI NaI

200 4000

150 3000

100 2000

50 1000

0 0
14 16 18 20 22 24 26 0 50 100 150 200 250
Temps de montee (ns) NaI

Figure 4.3 – Figure représentant la distribution Figure 4.4 – Figure représentant la distribution
des temps de montée, on observe deux pics à 17 des temps de décroissance, on observe deux pics
ns et 24 ns. à 19ns et 230 ns.

On remarque facilement que l’algorithme d’ajustement permet de retrouver les bonnes valeurs
des temps de montée et temps de décroissance définies au départ (cf : tableau (4.2)).
32 CHAPITRE 4. LES SIMULATIONS

4.3.2 Études des signaux à la photocathode :

Pour récupérer les signaux à leur point de collection, c’est à dire à la photocathode, on procède de
la même manière que pour récupérer les signaux à leur création en remplissant des histogrammes avec,
cette fois-ci, les TA correspondant aux photons optiques absorbés à la photocathode, et toujours
avec la condition que ce dépôt d’énergie aie été dans la photocathode.

Lorsqu’on tente d’ajuster ces signaux, on obtient les bonnes valeurs des temps de décroissance.
En revanche, nous n’arrivons pas à ajuster facilement les temps de montée. En observant de plus
prêt les signaux, nous nous somme aperçus que les signaux présentent une différence par rapport aux
signaux à la création des photons de scintillation, c’est-à-dire qu’ils n’obéissent plus a priori à la
même fonction de répartition.

Comme précisé auparavant, la création de la lumière de scintillation est isotropique, c’est à dire
que les photons sont créés avec des vecteurs vitesses qui se répartissent uniformément dans toutes
les directions. On s’attend alors à ce que les photons de scintillation émis dans la direction de la
photocathode et avec un angle solide la recouvrant arriveront plus tôt à celle-ci, contrairement à
ceux qui sont émis dans les autres directions. Le signal serait aussi constitué de deux voir une suite
de plusieurs signaux de faibles amplitudes et obéissant à la fonction de distribution temporelle (1.2)
qui se superposent avec un déphasage.

Ceci se traduit par un signal total, résultat de la superposition de toutes les fonctions déphasées,
qui ne possède pas les mêmes temps de montée que le signal initial, voire ne suit plus la même loi de
distribution.

Position A Position B Position C

1 1 1

0.8 0.8 0.8

0.6 0.6 0.6

0.4 0.4 0.4

0.2 0.2 0.2

0 0 0
0 5 10 15 20 25 30 0 5 10 15 20 25 30 0 5 10 15 20 25 30

Position D Position F Position H

1 1 1

0.8 0.8 0.8

0.6 0.6 0.6

0.4 0.4 0.4

0.2 0.2 0.2

0 0 0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 0 10 20 30 40 50 60 70 80 0 10 20 30 40 50 60 70 80

Figure 4.5 – Figure représentant les signaux moyens de simulations pour différentes positions de
la source : rouge) À la création des photons de scintillation. blue) À leurs dépôt d’énergie dans la
photocathode.

On peut observer ces phénomènes sur les graphes de la figure (4.5) qui représentent, pour
différentes positions de la source, en rouge la moyenne des signaux à la création des photons de
scintillation et en bleu à leur collection dans la photocathode. On remarque que non seulement les
deux signaux sont décalés mais aussi que leurs allures sont différentes au début du signal.
4.4. ETUDES DE L’ASPECT ÉNERGÉTIQUE DES SIGNAUX DE SIMULATION : 33

4.4 Etudes de l’aspect énergétique des signaux de simula-


tion :
Nous avons voulu vérifier certains résultats que nous avons obtenus pour les données expérimentales
concernant la dépendance en fonction de la profondeur de l’énergie collectée.
Toutes les études sur l’aspect énergétique seront menées bien évidemment sur les signaux à leurs
points de collection. En revanche, l’utilisation d’une source de très faibles énergie et son placement
sur l’axe du phoswich ne nous a pas permis de mener, dans cette partie, des études identiques aux
signaux réels : la diffusion Compton est en effet exclue.

4.4.1 Variation des positions des pic d’énergie :


La position des pics étant proportionnelle au nombre de photons de scintillation qui atteignent la
photocathode, nous avons alors étudié la variation de ce nombre en fonction de la profondeur.

Variation de la position des pics en fonction de la profondeur


18000
Position (u.a)

NaI
LaBr3
16000 Frontiere

14000

12000

10000

8000

6000

4000

2000

0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Pronfondeur (mm)

Figure 4.6 – Figure représentant la variation de la position du pic d’énergie en fonction de la


profondeur dans les simulations.

La figure (4.6) représente la variation de la position des pics en fonction de la profondeur, et au


vue des paramètres des simulations, on observe que le graphe suit la même tendance que ce que
nous avons obtenu avec les données expérimentales. On observe une baisse de la valeur des positions
lorsqu’on s’éloigne de la photocathode dans le NaI. On observe aussi que la position du pic, donc
le nombre de photons de scintillation collectés est plus important lorsque on est au voisinage de la
photocathode que dans le LaBr3 .

4.4.2 Variation de l’intégrale des pics en fonction de la profondeur :


L’intégrale des pics est proportionnelle à l’énergie des particules incidentes détectées et n’ayant
pas été diffusées. Dans les simulations, l’énergie des photons incidents de 30 keV est trop petite pour
qu’il y aie diffusion, on les détecte alors toutes avec la bonne énergie puisqu’elles seront totalement
absorbées quasiment dès leur création étant donnée que la source est positionnée sur l’axe central du
phoswich.
Les conditions dans lesquelles ont été effectuées les simulations ne permettent donc pas d’étudier
la variation de l’intégrale des pics en fonction de la profondeur.

4.4.3 Variation de la résolution en fonction de la profondeur :


Dans les données expérimentales, nous avons conclu que la résolution est meilleure du côté du
LaBr3 , et qu’elle se dégrade lorsqu’on s’éloigne du photomultiplicateur. Nous avons représenté sur la
34 CHAPITRE 4. LES SIMULATIONS

figure (4.7) la variation de la résolution en fonction de la profondeur.

Variation de la resolution du phoswich en fonction de la profondeur


Resolution (%) 8 NaI
LaBr3
Frontiere
7

0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
Pronfondeur (mm)

Figure 4.7 – Figure représentant la variation de la résolution du phoswich en fonction de la


profondeur dans les simulations.

On observe sur cette figure que l’on a la même tendance que dans le cas des données expérimentales.
En revanche, les valeurs des résolutions sont différentes comparées à celles obtenues avec les données
expérimentales, il nous faudra modifier les caractéristiques des photons de scintillation créés pour
ajuster cet aspect. Néanmoins, au premier ordre, les comportements globaux simulés et réels restent
en accord.
Finalement, cette remarque s’applique aussi à l’ensemble des résultats de simulations que l’on a
exposé plus haut. Il faudrait plus de simulations avec différentes conditions pour pouvoir affirmer ces
résultats, et bien sûr raffiner les paramètres grâce aux données expérimentales pour pouvoir obtenir
des simulations les plus fidèles possibles à la réalité.
Conclusions générales et
perspectives

Les données expérimentales que nous avons étudiées nous ont permis de mettre en évidence
certains aspects des cristaux scintillant NaI et LaBr3 , d’étudier les effets de la configuration phoswich
et finalement de vérifier quelques uns de ces résultats grâce aux simulations.
Pendant mon stage, nous avons pu obtenir des résultats nouveaux. D’abord nous avons retrouvé
les temps de montée et les temps de décroissance grâce à un algorithme d’ajustement complexe que
nous avons mis en place. En étudiant ces deux constantes, nous avons pu démontrer qu’elles ne varient
pas en fonction de la profondeur contrairement à ce que semblaient indiquer les simulations. Après
ça, nous avons étudié l’aspect énergétique de ces signaux, et nous avons pu obtenir des observables
caractérisant le phoswich, la variation de la résolution et de l’efficacité en fonction de la profondeur.
Plus de simulations devront être effectuées avec différentes énergies, pour affiner par des données
expérimentales les paramètres de simulations afin de vérifier le changement de la composante
montante que nous avons observée dans les signaux à leur création par rapport à leur collection. Si ce
changement s’avère vrai, et si il varie en fonction de la position à laquelle a été détectée la particule
incidente, il pourrait permettre, lors des expériences, de localiser la point de détection de la particule.
Une étude approfondie de la méthode de séparation des signaux grâce à Imax /E devra être
menée. Il faudra essayer de mettre en place une électronique permettant d’analyser les signaux avant
d’atteindre le préamplificateur afin de séparer où de sélectionner les signaux.

35
36 CHAPITRE 4. LES SIMULATIONS
Annexe A

Appendices

A.1 Calcul du maximum du signal :


Voici les détails du calcul de Imax (1.13).
Comme nous l’avons vu dans le chapitre 1, la fonction de dispersion temporelle de la collection des
électrons à la sortie du photomultiplicateur, qui suit celle de la création des photons de scintillation,
s’écrit comme :
   
t t
I(t) = Iγ N exp − 1 − exp −
τd τm
On dérive I(t) :
   !
dI(t) 1 t τm + τd (τm + τd )t
= Iγ N − exp − + exp −
dt τd τd τm τd τm τd
Pour trouver ts , le temps pour lequel le signal est au maximum, on a :

dI(t) 1   τ +τ  
m d
=0 ⇒ exp − τtd = exp − (τmτm+τ
τ
d )t

dt τd τm τd d

⇒ t → ∞ out = ts
τm + τd ts
⇒ = e τm
τm  
τm + τd
⇒ ts = τm ln
τm
On calcule I(ts ) :
  ττm  
τm d τm
Imax = I(ts ) = Iγ N 1−
τm + τd τm + τd
Et d’après l’expression de E dans (1.11) :
τm + τd
Iγ N = E
τd2
On obtient, en remplaçant Iγ N par sa valeur en fonction de E :
    ττd
τm + τd τm τm m
Imax (E) = 1− ×E
τd2 τd + τm τm + τd

37
38 ANNEXE A. APPENDICES

60 137
A.2 Spectre d’énergie d’une source de Co Cs :
Le 60 Co possède deux pics de désintégration
à 1173, 2 keV et 1332, 5 keV que l’on appelle un
doublet. Pour pouvoir séparer ces deux énergies
différentes de 159, 2 keV, il faut avoir un
détecteur de bonne résolution, ce que l’on va
vérifier avec notre scintillateur.

Spectre d'energie du Cobalt.


Coups

250 662 keV

200 1173.2 keV

150 1332.5 keV

100

50

0
10000 15000 20000 25000 30000
Energie(u.a)

60
Figure A.1 – Figures représentant le spectre d’énergie de Co + 137 Cs : ce spectre a été obtenu
avec le phoswich NaI/LaBr3 .

On peut voir sur la figure (A.1) qui représente le spectre d’énergie d’une source constituée de
60
Co et 137 Cs, les trois pics de désintégration. Si on considère que la loi qui régit la passage des
canaux de la figure aux énergies des particules est un polynôme d’ordre 2, c’est à dire :

E [keV] = f0 [keV] + f1 E [canal] où f0 et f1 sont des constantes

Pour déterminer les constantes de cet équation, nous allons utiliser deux pics, le pic de 137 Cs et
le pic de la plus grande énergie de 60 Co. En supprimant le fond Compton grâce à des ajustement des
pics avec une fonction constituée de la somme d’une gaussienne et d’un polynôme d’ordre deux, on
obtient les canaux auxquels se trouvent ces deux pics ( à 10296 et 20175).

1332, 5 − 662
f1 = = 67, 9 × 10−3 keV/canal
20175 − 10296

f0 = 1332, 5 − 72, 54 × 10−3 × 20175 = −37, 38 keV


On a alors :

E [keV] = E[canal] × 67, 9 × 10−3 [ keV/canal] − 37, 38[ keV]


Finalement, pour le pic à 1173, 2 keV qui localisé au canal 17827, on trouve :

E = 17827 × 67, 9 × 10−3 − 37, 38 = 1173, 07 keV


A.3. APPLICATION DE LA MÉTHODE DE SÉPARATION DES SIGNAUX : 39

A.3 Application de la méthode de séparation des signaux :


Nous voulons tester la méthode de séparation Imax /E exposée au chapitre 3 et qui permet de
séparer des signaux provenant du LaBr3 de ceux provenant du NaI. Pour ce faire, on va l’appliquer
aux données obtenues grâce à la source 60 Co 137 Cs. Dans cette expérience, la détection était frontale,

Distribution de Imax/E d'une source cobalt plus cesium

Coups 600

500

400

300

200

100

0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
Imax/E (u.a)

Figure A.2 – Figure représentant la distribution de Imax /E pour une source composée de noyaux
de 60 Co et 137 Cs.

on s’attend alors à ce que presque toutes les particules soient détectées dans le LaBr3 , comme le
montre la figure (A.2) où on n’a qu’un seul pic autour de 0, 024.
40 ANNEXE A. APPENDICES
Bibliographie

[1] GEANT4 . http ://[Link]/.


[2] Brillance scintillators perfomance summary. http ://[Link]-
[Link]/MaterialsGasTubes/aspx, 2009.
[3] Guillaume BERTHET. Étude d’un détecteur basé sur la technologie des scintillateurs LaBr3 /NaI.
2013.
[4] Angela BRACCO. Sviluppo di nuovi sistemi di revelazione del tipo phoswich. 2011.
[5] Xavier Fabian. Simulations for a gamma-ray calorimeter (paris) based on new scintillators
(LaBr3 /NaI). 2012.
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[7] Ludivine PIDOL. Scintillateurs denses et rapides pour la détection de rayonnements gamma
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CURIE - Paris VI, 2004.
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[9] SPIRAL2. http ://[Link]/spiral2.

41
42 BIBLIOGRAPHIE
Table des figures

1 Figure représentant les différentes étapes de construction du détecteur PARIS. . . . 5

1.1 Figure représentant les étapes de détection et création des photons de scintillation
dans un cristal scintillant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

2.1 Figures représentant l’expérience : elle consiste à faire un scan sur la profondeur du
phoswich. En : rouge) LaBr3 , blue) NaI, noir) Photomultiplicateur. . . . . . . . . . . 15
2.2 Figures représentant les 50 premiers signaux extraits des données : a) De l’expérience
menée l’année dernière où un préamplificateur a été utilisé. b) De l’expérience de cette
année où le préamplificateur a été supprimé afin d’avoir les signaux moins déformés. 16
2.3 Figure représentant la distribution des temps de décroissance des signaux collectés en
2013. La distribution présente un pic autour de 280 ns, qui caractérise le temps de
décroissance du préamplificateur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.4 La figure représente la distribution des lignes de base. . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.5 Figures représentant la distributions des positions des débuts des signaux : a)Dans le
NaI. b)Dans le LaBr3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.6 Figures représentant deux spectres d’énergie : à gauche un spectre d’énergie reconstitué
à partir de signaux triggant sur du bruit, et à droite sur des signaux causés par de
vrais évènements dus à la détection de particules. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

3.1 Le spectre d’énergie obtenu en intégrant les signaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21


3.2 Figures représentant la variation de la position des photopics : a) Où on peut remarquer
une variation brutale autour de 170 mm due à une modification des paramètres
d’acquisition pendant l’expérience. b) Après correction, sur les données, de l’erreur de
manipulation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.3 Figure représentant la variation de l’intégrale des photopics en fonction de la profondeur. 23
3.4 Figure représentant la variation de la résolution du phoswich en fonction de la profondeur. 24
3.5 La distribution des temps de décroissance. On peut voir les deux pics représentant les
temps de décroissance du NaI à 230 ns et du LaBr3 à 19 ns . . . . . . . . . . . . . . 25
3.6 La distribution des temps de montée. On peut voir les deux pics représentant les
temps de montée du NaI à 24 ns et du LaBr3 à 17 ns . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.7 Figure représentant la corrélation entre l’énergie et Imax . La fonction Imax (E, τm , τd )
est aussi dessinée avec τm = 17 ns et τd = 19 ns pour la première droite et τm = 24 ns
et τd = 230 ns pour la deuxième. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.8 Figure représentant les distributions des temps de décroissance en fonction de la
profondeur : chaque couleur correspondant à une position de la source de 137 Cs. . . . 26
3.9 Figure représentant les distribution des temps de montée en fonction de la profondeur :
chaque couleur correspondant à une position de la source de 137 Cs. . . . . . . . . . . 27
3.10 Figure représentant les distribution des Imax /E en fonction de la profondeur : chaque
couleur correspondant à une position de la source de 137 Cs. . . . . . . . . . . . . . . 27
3.11 Figure représentant la corrélation entre adctot et adcfast : On peut distinguer, comme
pour la figure (3.7), deux lignes droites correspondant aux différents cristaux. . . . . 28

4.1 Figure représentant quelques exemples de signaux générés par GEANT4 et reconstitués
à partir des photons de scintillation à leurs créations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

43
44 TABLE DES FIGURES

4.2 Figure représentant le spectre d’énergie reconstitué à partir des photons de scintillation
à leurs créations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.3 Figure représentant la distribution des temps de montée, on observe deux pics à 17 ns
et 24 ns. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.4 Figure représentant la distribution des temps de décroissance, on observe deux pics à
19ns et 230 ns. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.5 Figure représentant les signaux moyens de simulations pour différentes positions de la
source : rouge) À la création des photons de scintillation. blue) À leurs dépôt d’énergie
dans la photocathode. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.6 Figure représentant la variation de la position du pic d’énergie en fonction de la
profondeur dans les simulations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
4.7 Figure représentant la variation de la résolution du phoswich en fonction de la
profondeur dans les simulations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

A.1 Figures représentant le spectre d’énergie de 60 Co + 137 Cs : ce spectre a été obtenu


avec le phoswich NaI/LaBr3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
A.2 Figure représentant la distribution de Imax /E pour une source composée de noyaux
de 60 Co et 137 Cs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
Liste des tableaux

2.1 Liste des positions de la source des rayonnements. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

4.1 Liste des positions de la source des rayonnements dans les simulations. . . . . . . . . 29
4.2 Liste des paramètres principaux du détecteur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

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