MPSI 1 2005-2006
Feuille d’exercices
Algèbre linéaire en dimension finie
Exercice 1: Soit F le sous-espace vectoriel de R4 engendré par les vecteurs (1, −1, 2, 3), (1, 1, 2, 0),
(3, −1, 6, −6) et G le sous-espace engendré par (0, −2, 0, −3) et (1, 0, 1, 0). Donner un système
d’équations ainsi qu’une base des sous-espaces F, G, F ∩ G, F + G. F et G sont-ils supplémen-
taires dans R4 ?
Exercice 2: Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E).
1. On suppose que u2 = 0. Montrer que rg u ≤ n2 .
2. Soit v ∈ L (E). On suppose que ker u+ker v = Im u+Im v = E. Montrer que les deux sommes
sont directes.
3. Montrer que si ker u = Im u, alors n est pair. Réciproquement, si n est pair, construire une
application linéaire u telle que ker u = Im u.
Exercice 3: Soit E un espace vectoriel de dimension finie et u ∈ L (E). Montrer les équivalences
Ker u2 = Ker u; Im u2 = Im u; E = Ker u ⊕ Im u.
Donner un exemple d’un tel u. Que reste-t-il de ce résultat en dimension infinie ?
Exercice 4: [Suites linéaires récurrentes]
1. Pour chacune des suites récurrentes suivantes, exprimer un en fonction de u0 , u1 et n (dans
le corps des coefficients) :
1
un+2 = un+1 − un un+2 = 4un+1 − 8un un+2 = 2iun+1 + un .
4
2. Discuter dans chaque cas l’existence de solutions bornées.
3. Discuter en fonction du paramètre α ∈ R la dimension de l’espace vectoriel des suites bor-
nées vérifiant
un+2 = un+1 + αun .
Exercice 5: Soit E, F deux espaces vectoriels de dimension finie et u ∈ L (E, F).
1. Soit V un sous-espace vectoriel de E. Montrer que
dim u(V ) = dimV − dimV ∩ Ker u.
2. Soit V un sous-espace vectoriel de F. Montrer que
dim u−1 (V ) = dimV ∩ Im u + dim Ker u.
1
Exercice 6: Soit E un espace vectoriel de dimension finie et F, G deux sous-espaces vectoriels de
E. À quelle condition nécessaire et suffisante portant sur dim F et dim G existe-t-il un endomor-
phisme de E de noyau F et d’image G.
Exercice 7: [Lemme de l’échange]
Soit E un espace vectoriel de dimension finie n. Soit (ei ) et ( f j ) deux bases. Montrer que l’on
peut échanger e1 par un vecteur f j0 de ( f j ) tel que ( f j0 ) ∪ (ei )2≤i≤n soit encore une base de E.
Exercice 8: Soit E, F, G trois espaces vectoriels de dimensions finies.
1. Soient u ∈ L (E, F) et v ∈ L (F, G). Montrer les inégalités
dim Ker v ◦ u ≤ dim Ker u + dim Ker v
rg u + rg v − dim F ≤ rg(v ◦ u) ≤ min(rg u, rg v).
2. Soient u et v dans L (E, F). Montrer l’inégalité
| rg u − rg v| ≤ rg(u + v) ≤ rg u + rg v.
Exercice 9: Soit α un nombre complexe non-nul et E = Q[X]. On note Q(α) le plus petit sous-
corps de C qui contient α.
1. Montrer que R est un espace vectoriel de dimension infinie sur Q.
2. Soit Φ : E → C l’application qui à P associe P(α). Montrer que Φ est linéaire et déterminer
son noyau.
3. On suppose qu α est algébrique, i.e. il existe P ∈ E \ {0} tel que P(α) = 0. Montrer que
Q(α) est un espace vectoriel de dimension finie sur Q. Montrer que Q(α) = Im Φ.
4. On suppose α transcendant, i.e. non algébrique. Montrer que Q(α) est de dimension infinie
sur Q.
5. Montrer que si α est transcendant, Q(α) est isomorphe à Q(X) (en tant que quoi ?).
Exercice 10: Soit u et v deux formes linéaires sur E. On suppose que Ker u ⊂ Ker v. Montrer que
u = v.
Exercice 11: Soit E un espace vectoriel de dimension finie n et F un sous-espace vectoriel de
dimension p. Montrer qu’il existe n − p formes linéaires (ϕi )i telles que
\
F= Ker ϕi .
1≤i≤n−p
Montrer que les ϕi sont linéairement indépendantes.
Exercice 12: Soit E un espace vectoriel. On désigne par E ∗∗ le bidual de E, i.e. (E ∗ )∗ . Pour tout
x ∈ E, on considère φx l’application de E ∗ dans K définie par φx ( f ) = f (x).
1. Montrer que x 7→ φx est un isomorphisme de E dans E ∗∗ . (Noter que dans le cas où E est de
dimension finie, l’isomorphisme entre E et E ∗∗ est canonique, i.e. ne dépend d’aucun choix
de base, ce qui n’est pas le cas entre E et E ∗ .) En particulier, si ( f j ) j est une base de E ∗ , sa
base duale est canoniquement associée à une base de E, dite base antéduale.
2. Donner la base antéduale des bases suivantes de Cn [X] : ((X − a)k )0≤k≤n et (L j )0≤ j≤n où les
L j sont les polynômes interpolateurs de Lagrange aux points a0 , . . . , an ∈ C.
3. Soit E = K3 . Pour →−x = (x, y, z), on pose f1 (→ −x ) = x + y − z, f2 (→
−
x ) = x − y + z et f3 (→
−x)=
x + y + z. Montrer que ( f1 , f2 , f3 ) est une base de E ∗ et donner la base antéduale.
4. Soit E = Cn . Soit →
−x = (x1 , . . . , xn ). On pose fi (→
−
x ) = xi + xi+1 si 1 ≤ i ≤ n − 1 et fn (→
−x)=
∗
x1 + xn . Déterminer si ( fi )i est une base de E et le cas échéant en donner la base antéduale.