Drones chinois dans le conflit sino-indien
Drones chinois dans le conflit sino-indien
Antoine Bondaz
Chargé de recherche, Fondation pour la recherche stratégique
Simon Berthault
Mai 2023
[Link]
SOMMAIRE
« VOIR CE QUE LES TROUPES NE PEUVENT PAS VOIR, ALLER LA OU LES TROUPES NE PEUVENT PAS
ALLER » : L’UTILISATION DE DRONES PAR LA CHINE DANS LE DIFFEREND FRONTALIER SINO-INDIEN ..... 3
INTRODUCTION ................................................................................................................................... 3
CONCLUSION.................................................................................................................................... 19
F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir,
aller là où les troupes ne peuvent pas aller » : l’utilisation de drones
par la Chine dans le différend frontalier sino-indien
Introduction
En décembre 2022, les forces armées indiennes et chinoises se sont de nouveau affrontées
le long de la frontière himalayenne sino-indienne faisant plusieurs dizaines de blessés. Les
deux voisins se disputent une frontière longue de près de 3 500 kilomètres et, malgré la si-
gnature de nombreux accords et la création de mécanismes de coordination, les incidents s’y
multiplient. Les tensions y sont quotidiennes et, en 2020, un affrontement a causé la mort
d’au moins 20 soldats indiens et 4 soldats chinois.
1
LIU Xuanzun, « Chinese legislator urges enhanced drone usage in border regions », Global Times, 28 février
2021.
2
The Drone Databook, « The Center for the Study of the Drone », 2019.
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3
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
vise à combler ce manque en exploitant des sources chinoises, notamment en langue chi-
noise, que ce soient des articles des médias d’État, des publications scientifiques, et les ré-
seaux sociaux. Ce travail de recherche vise donc non seulement à identifier les drones dé-
ployés et les constructeurs impliqués, mais aussi à mieux comprendre les objectifs et difficul-
tés rencontrés par les autorités chinoises dans l’utilisation de ceux-ci dans un environnement
unique par ses contraintes, le plateau himalayen.
La défense des frontières fait l’objet d’une réflexion spécifique des autorités chinoises en
raison des environnements géographiques complexes, de mauvaises conditions de circula-
tion et de la difficulté à y soutenir les opérations militaires. L’usage de drones se prête donc
bien à la topographie himalayenne et, depuis l’incident de 2017 au Doklam, l’Armée popu-
laire de libération (APL) a accéléré l’utilisation de drones à la frontière avec l’Inde. Nous
avons recensé dans ce travail une quarantaine de drones différents dont les missions sont
diverses : principalement le transport logistique, mais aussi la surveillance, le guidage
d’artillerie, le déminage, et même la recherche et le sauvetage de personnel accidenté.
Il s’agit principalement de drones multi rotors de petit et moyen formats, ainsi que des petits
drones hélicoptères3. Les drones utilisés sont en grande majorité construits par des entre-
prises civiles, et non militaires, y compris par des start-ups. Si les constructeurs bien connus
DJI et AllTech sont présents, c’est aussi le cas de constructeurs plus confidentiels au rôle
pourtant clé comme Ziyan, Tuohang et Tiantu. Ces entreprises illustrent les avancées chi-
noises en matière d’intégration civilo-militaire en Chine, une stratégie nationale depuis
20154.
Alors que les tensions restent vives à la frontière, les forces armées indiennes et chinoises se
sont affrontées en décembre 2022 au Doklam, près du Bhoutan, faisant plusieurs dizaines de
blessés5. Les deux voisins se disputent une frontière longue de 3 488 kilomètres, la « ligne de
contrôle effectif » (LAC en anglais). Celle-ci ne fait l’objet d’aucun tracé précis et encore
moins consensuel. Pékin réclame près de 75 000 kilomètres carrés à l’Inde, la quasi-totalité
de l’État d’Arunachal Pradesh, alors que New Delhi revendique l’Aksai Chin, une zone de
37 000 kilomètres carrés occupée par la Chine depuis la guerre sino-indienne de 1962 au
Ladakh6. Alors que la Chine a réglé ses différends territoriaux terrestres avec la majorité de ses
voisins comme le Laos en 1991, le Kazakhstan en 1999 ou encore la Russie en 2008, le diffé-
rend sino-indien perdure sans aucune perspective de résolution7.
3
Soit des drones pesant entre 15 et 150 kg, catégorie définie dans les lignes directrices du conseil des affaires
d’État 2021 sur l’utilisation des drones (无人驾驶航空器系统标准体系建设指南 (2021)).
4
BONDAZ Antoine, « Un tournant pour l’intégration civilo-militaire en Chine », FRS, Recherches & Documents,
n° 7, octobre 2017.
5
LANDRIN Sophie, « Dans l’Himalaya, l’Inde reste sous la menace croissante de la Chine », Le Monde, 30 janvier
2023.
6
CURTIS Lisa et GROSSMAN Derek, « Trouble at the Roof of the World », Foreign Affairs, 15 février 2023.
7
FRAVEL Taylor, Strong Borders, Secure Nation, Princeton University Press, 2008.
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« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
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Les deux parties ont pris des mesures pour contrôler et gérer leurs différends territoriaux,
signant plusieurs accords pour garantir la paix et la stabilité dans la région frontalière no-
tamment en 1993, 1996, 2003, 2005, 2012 et 20138. Un mécanisme de travail pour la consul-
tation et la coordination sur les affaires frontalières a été créé en 2012, et la dernière réu-
nion, la 26ème, a eu lieu le 22 février 2023 à Pékin. En parallèle, un mécanisme de consulta-
tion militaire a été mis en place. Dans ce cadre, la 17 ème réunion des commandants de corps
s’est tenue en décembre 2022. La Chine présente souvent la situation comme « générale-
ment stable », le vice-ministre des Affaires étrangères chinois évoquant, en janvier 2023, le
passage d’une « réponse d’urgence à une gestion et un contrôle normalisés »9. À l’inverse,
l’Inde, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, rappelle que la situation est fragile
et que la Chine continue de vouloir changer le statu quo de façon unilatérale10.
Ces dix dernières années, les affrontements se sont multipliés dans les différents secteurs de
la frontière : en avril 2013 au Ladakh, en juin 2017 au Doklam, et, surtout, en 2020. Alors
qu’il n’y avait eu aucune victime depuis 1975, l’affrontement de juin 2020 dans la vallée de
Galwan au Ladakh, à la suite d’un important renforcement militaire chinois, a fait au moins
vingt morts côté indien et quatre morts côté chinois. En février 2021, après neuf cycles de
discussions, les deux pays ont commencé à se désengager. Cependant, dès septembre 2021,
Chine et Inde se sont mutuellement accusées d’avoir tiré des coups de feu alors qu’un ac-
cord de 1996 interdit l’utilisation d’armes à feu près de la frontière. Les tensions perdurent
et inquiètent, au point d’être explicitement mentionnées par la France dans sa stratégie
dans l’Indopacifique11.
L’ambiguïté qui régnait dans les cercles décisionnels et stratégiques indiens quant à la ques-
tion de savoir si la Chine est un partenaire ou un rival a été remplacée par une « clarté stra-
tégique ». Le comportement de la Chine est désormais perçu comme conflictuel et l’opinion
publique nationale indienne sur la Chine s’est considérablement détériorée12. L’Inde accroît
la coopération et la coordination avec son partenaire américain, y compris pour améliorer sa
capacité à gérer et surveiller la frontière13.
La position officielle chinoise est de rejeter la faute sur son voisin et dès 2017 était publié un
long document cherchant à dédouaner la Chine de toute responsabilité14. Concernant
l’incident meurtrier de 2020, une vidéo a été diffusée début 2021 sur les réseaux sociaux
chinois pour façonner l’opinion publique chinoise en présentant « la vérité sur les affronte-
8
BONDAZ Antoine, CAUSSAT Paul et RACINE Jean-Luc, « Inde – Chine, entre compétition et coopération »,
Diplomatie, Grands Dossiers, n° 14, avril-mai 2013.
9
FMPRC, « Vice Foreign Minister Sun Weidong Meets with Indian Ambassador to China Pradeep Kumar
Rawat », 20 janvier 2023.
10
« China didn’t observe agreements with India on border issue, tried to ‘unilaterally change’ LAC », Indian Ex-
press, 3 janvier 2023 ; « The situation to my mind still remains very fragile », Reuters, 18 mars 2023.
11
Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, « La stratégie de la France dans l’Indopacifique », février
2022 ; BONDAZ Antoine, « La France, une puissance d’initiatives en Indo-Pacifique », Notes de la FRS,
n° 37/2022, 15 novembre 2022.
12
GOKHALE Vijay, « A Historical Evaluation of China’s India Policy: Lessons for India-China Relations », Carne-
gie Endowment for International Peace, décembre 2022.
13
« US shared intel with India to repel Chinese troops? White House says », Hindustan Times, 21 mars 2023.
14
FMPRC, « The Facts and China’s Position Concerning the Indian Border Troops’ Crossing of the China-India
Boundary in the Sikkim Sector into the Chinese Territory », 2017.
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5
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
ments frontaliers avec l’Inde »15. La couverture médiatique est quant à elle très orientée.
Dans les médias d’État, on note trois arguments majeurs qui instrumentalisent le conflit ter-
ritorial pour mettre en avant la responsabilité des États-Unis, l’irresponsabilité de l’Inde et le
juste nationalisme de la Chine.
Un premier argument concerne la responsabilité des États-Unis. Nombreux sont les édito-
riaux qui évoquent les « forces extérieures » qui pousseraient l’Inde à la confrontation avec la
Chine16. Washington renforcerait la coopération militaire avec l’Inde « afin d’encourager
cette dernière à provoquer la Chine de manière plus agressive »17, chercherait à « saper
l’intégration économique ainsi que l’unité et la convergence politiques entre l’Eurasie et le
sous-continent sud-asiatique »18, ou encore voudrait « maintenir son hégémonie mondiale »
en faisant de l’Inde « un de ses mandataires »19.
Un deuxième argument porte sur l’irresponsabilité de l’Inde. Selon les médias d’État chinois,
les médias indiens exagèreraient délibérément l’ampleur des incidents20 et, surtout, refuse-
raient de négocier avec la Chine en gardant des « illusions irréalistes »21. Est critiqué notam-
ment un nationalisme indien qui transformerait le pays en une « superpuissance patrio-
tique » (爱国主义超级大国)22, un nationalisme entretenu par une classe politique cherchant
à accumuler du capital politique au détriment de la Chine23.
15
Compte Twitter de @CGTNOfficial, 20 février 2021 : [Link]/eyHM0.
16
Editorial, « Has India suffered a loss when border with China goes further toward stability? », Global Times, 24
septembre 2022.
17
FEI Xue, « India-US drill near LAC exposes US’ belligerence », Global Times, 4 décembre 2022.
18
LI Xiguang (李希光), « Construire un nouveau récit sur l’Himalaya basé sur la solidarité » (用团结打造环喜马拉
雅新叙事), Global Times, 26 décembre 2022.
19
GUO Bingyun, « Will New Delhi make the right choice as Washington pushes it as a proxy for war? », Global
Times, 29 janvier 2023.
20
WANG Shida (王世达), « Ne pas laisser la question de la frontière kidnapper les relations sino-indiennes » (别
让边界问题绑架中印关系), Global Times, 15 décembre 2022.
21
Éditorial, « L’Inde est perdante alors que la frontière sino-indienne fait un nouveau pas vers la stabilité ? » (中印
边境朝稳定再进一步,印度吃亏了吗?), 23 septembre 2022.
22
Éditorial, « L’Inde est toujours somnambule sur la question des frontières, nous attendons qu’elle se réveille » (印
度仍在边界问题上梦游,我们等它醒来), 11 octobre 2021.
23
« China, India should enhance cooperation rather than hinder their relations due to border disputes », Global
Times, 15 décembre 2022.
24
« Chinese youngsters flood social media to mourn border heroes who died in clash with India with surging
patriotism », Global Times, 20 février 2021; « Belongings of Chinese martyrs who sacrificed their lives in Galwan
Valley border clash exhibited for 1st time in Beijing », Global Times, 4 juillet 2021; « Galwan Valley heroes nomi-
nated China’s ethical role models, become epitome of Chinese people’s growing patriotic sentiments », Global
Times, 5 novembre 2021; « Bridges along Xizang-Xinjiang highway named after Chinese heroes in Galwan Valley
border clash », Global Times, 4 novembre 2022.
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« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
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Figure n° 1 : DIFFEREND TERRITORIAL SINO-INDIEN DANS L’HIMALAYA
La défense des frontières fait l’objet d’une attention particulière dans les documents officiels
chinois. Une de ses caractéristiques porte sur la diversité des acteurs impliqués. Un ouvrage
de 2004, publié aux Presses scientifiques militaires, explique que la défense des frontières
implique « la triade des troupes de défense des frontières de l’Armée populaire de libération
(APL), des forces de sécurité publique et de la milice » (解放军部队公安边防部队和民兵三
结合)26. Par ailleurs, il existe un chapitre dédié à la défense des frontières dans la version
2020 de La science de la stratégie militaire, un ouvrage de référence de l’Académie des
sciences militaires (AMS)27. Le but de l’ouvrage est d’améliorer la compréhension des
25
Carte adaptée par les auteurs à partir de ZHANG Ketian, « Explaining Chinese Military Coercion in Sino-Indian
Border Disputes », Journal of Contemporary China, 2022 et FRAVEL Taylor, op. cit.
26
LI Xing (李星), Étude sur la défense des frontières (边防学), Presses scientifiques militaires, 2004.
27
La science de la stratégie militaire (战略学), Presses de l’Université de défense nationale, 2020. Une version
traduite en anglais par un des centres de recherche de l’armée de l’Air des États-Unis est disponible sur le site du
China Aerospace Studies Institute (26 janvier 2022). Sur l’ouvrage, lire également BONDAZ Antoine, « Chapitre
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7
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
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caractéristiques des guerres contemporaines auprès des élites militaires, des étudiants de
l’AMS et de l’Université de Défense nationale28.
Dans le chapitre dédié à la défense des frontières, il est rappelé que « la Chine est un grand
pays frontalier, l’environnement et les enjeux de sécurité intérieure sont très compliqués, et
les tâches entreprises par l’armée sont très complexes ». Les zones frontières présentent
notamment des spécificités propres, à savoir « des environnements géographiques com-
plexes, de mauvaises conditions de circulation et des tâches de soutien au combat ardues ».
Notamment, dans le cadre des opérations militaires aux frontières, il est « difficile de garan-
tir de manière fiable l’efficacité des opérations et des communications sur le terrain ».
En effet, la frontière sino-indienne est qualifiée par les chercheurs chinois de « zone monta-
gneuse de haute altitude » (高赛山地区), avec une hauteur supérieure à 3 000 m. La hau-
teur moyenne de la frontière est de 4 000 m, ce qui implique un climat très froid, avec des
températures atteignant jusqu’à -40°C, des vents violents et un air raréfié29. Il est par ailleurs
difficile pour les troupes de se protéger face au rayonnement du soleil et à une neige
éblouissante30. Le terrain est extrêmement vallonné, et la mobilité des troupes y est très
limitée par la géographie et le climat. Jusqu’à récemment, du fait de l’absence de routes,
elles ne pouvaient patrouiller dans certaines de ces zones reculées qu’à pied ou à cheval.
Avec ces terrains accidentés, 471 officiers et soldats auraient perdu la vie lors de patrouilles en
haute montagne depuis 198031.
L’importance des drones dans la défense des frontières est soulignée par un député de
l’Assemblée nationale populaire, ancien commandant d’un régiment frontalier33. Depuis
1 : la Chine » in BONDAZ Antoine, BOQUERAT Gilles, GROS Philippe et RUFFIE Nathalie, « Stratégies de dé-
fense et enjeux capacitaires : les cas de la Chine, de l’Inde et du Brésil », Observatoire des conflits futurs, FRS,
janvier 2019.
28
Cet ouvrage ne contient pas les « Directives de la stratégie militaire » (军事战略方针). Les éléments de doctrine
opérationnelle, comme les « Règles de combat » (作战条令), sont des documents classifiés et ne sont pas diffu-
sés ouvertement (YANG Zurong, « Un expert décrypte le rapport sur le développement de l’intégration civilo-
militaire du XVIIIème Congrès » (专家解读十八大报告中关于军民融合式发展的重要论述), PLA Daily, 15 no-
vembre 2012).
29
HUANG Xiangxuan, WU Zilong, BI Daping, WANG Shuangyu (黄翔璇; 吴子龙; 毕大平; 王双宇), « Influence et
contre-mesures de l’environnement de champ de bataille alpin et montagneux sur le combat UAV » (高寒山地战
场环境对无人机作战的影响和对策), Actes de la dixième conférence de commandement et de contrôle en Chine, 17
août 2022.
30
« Des drones domestiques surveillent les zones frontalières 24 heures sur 24 » (无人机全天候监管边境地区 本
文来源全球无人机网), Global Drones Network, 12 mai 2015.
31
« Application UAV pour la surveillance des frontières » (无人机应用之边防监控), Centre de formation au pilo-
tage de drone de Nankin, 9 novembre 2015.
32
La science de la stratégie militaire (战略学), op. cit.
33
LIU Xuanzun, « Chinese legislator urges enhanced drone usage in border regions », Global Times, 28 février
2021.
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« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
l’incident de 2017 au Doklam, l’APL aurait accéléré l’utilisation de drones à la frontière avec
l’Inde afin de renforcer « les capacités de combat dans les régions de haute altitude pour
mieux sauvegarder la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale »34. Ces drones sont
présentés comme permettant au Commandement militaire du Tibet de l’APL de faciliter
« l’approvisionnement en matériel, la défense et la gestion des frontières, et la surveillance et
la reconnaissance armées ».
L’usage de drones se prête relativement bien à la topographie himalayenne. En effet, ils né-
cessitent moins d’espace pour décoller, notamment pour les quadrirotors qui fonctionnent
en VTOL ou les drones catapultés depuis un camion. De plus, leur capacité à voler proche du
sol les rend particulièrement furtifs, améliorant la capacité de pénétration des lignes enne-
mies. Depuis quelques années, l’APL a donc déployé un nombre important de drones dans
les zones de tension des contreforts de l’Himalaya, et une activité particulièrement soutenue
a été observée dans les secteurs où des incidents sino-indiens ont récemment eu lieu35.
Certaines bases militaires, plus en retrait de la frontière, accueillent des drones lourds, no-
tamment les aéroports militaires de Shigatse au Tibet et de Malan au Xinjiang37. Si la pré-
sence de ces drones n’est pas à sous-estimer, ce ne sont pas ceux qui sont le plus utilisés à la
frontière par l’APL ou la police armée chinoise (PAP). Et l’alignement d’autant de drones
lourds à un moment donné sur l’aéroport de Malan ressemble davantage à une opération de
communication qu’à une démonstration des capacités opérationnelles à la frontière.
Selon les publications chinoises, de nombreuses missions sont assignées aux drones dé-
ployés à la frontière avec l’Inde. Sont ainsi mentionnés le soutien au transport logistique, la
34
« PLA expands high-altitude arsenal to address border threat », Global Times, 31 mai 2020.
35
RUSER Nathan et GREWAL Baani, « Zooming into the Tawang border skirmishes », ASPI, 20 décembre 2022.
36
ROGOWAY Tyler, « Highly Impressive Lineup Of Chinese Air Combat Drone Types Caught By Satellite », The
Drive (The Warzone), 8 décembre 2019.
37
« Soar Dragon UAVs Deploy to Yishuntun Airbase », Bellingcat, 23 mars 2018.
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9
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
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Les drones semblent être utilisés avant tout comme un outil de transport logistique, et on
retrouve d’ailleurs fréquemment une implication explicite du Département logistique du
commandement militaire de l’APL au Tibet. Les avant-postes frontaliers sont situés à une
distance de trois à quatorze jours de marche des centres de distribution de matériels de
maintenance et de ravitaillement, ce qui rend les lignes logistiques terrestres particulière-
ment vulnérables en cas de rupture. En effet, elles sont souvent touchées par des glissements
de terrain et de fortes chutes de neige38. L’Université d’ingénierie de l’armée de Terre a par
exemple présenté un « modèle de distribution logistique transport routier + drone » qui
permet de mieux répartir le matériel au sein des unités de combat.
Par ailleurs, un des principaux problèmes auxquels se trouvent confrontés les logisticiens de
l’APL est la réalisation du « dernier kilomètre », qui ne peut souvent pas se faire par la route
lorsque les soldats chinois partent en mission40. Dans ce cadre, l’utilisation d’essaims de
drones permet des livraisons rapides d’une manière autonome, les opérateurs définissant,
depuis la station au sol, un point de départ et un point d’arrivée, avec la possibilité de suivre
le vol via la caméra embarquée. Cette utilisation permet aussi de réduire le nombre de sol-
dats mobilisés pour assurer la logistique. Selon une publication, il fallait auparavant deux à
trois jours à 120 soldats pour transporter les fournitures jusqu’aux stations, et les soldats
mangeaient principalement des légumes déshydratés et des aliments en conserve, alors que
des drones peuvent désormais s’en charger41.
38
« PLA drones support Motuo frontline soldiers in Tibet for first time », Global Times, 4 octobre 2020.
39
WANG Jinuo (王金帼 ), « Optimisation de l’itinéraire de livraison véhicule + UAV basée sur l’algorithme
amélioré en colonie de fourmis » (基于改进蚁群算法的车辆 + 无人机配送路径优化), Journal of Armed Forces,
avril 2022.
40
« PLA Army conducts wartime drone supply-delivery drill in Tibet », Chinamil, 9 novembre 2020.
41
« PLA drones support Motuo frontline soldiers in Tibet for first time », Global Times, 4 octobre 2020.
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« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
La plupart des drones déployés sur le plateau ont une capacité de charge de quelques di-
zaines de kilogrammes, mais celle-ci peut monter à près de deux tonnes pour certains
drones lourds, qui présentent en outre une autonomie de vol qui permet les transports lo-
gistiques vers le plateau depuis des bases situées à plusieurs centaines de kilomètres. C’est
par exemple le cas de l’avion-cargo sans pilote AT-200, inspiré de l’avion néo-zélandais
PAC 750. Pouvant transporter une charge utile de 1,5 tonne et de 10 m3, cet UAV de fret
aérien civil peut être utilisé pour du transport militaire43. Lors du salon aéronautique de Sin-
gapour en 2018, une utilisation potentielle du drone consiste en un décollage de Chengdu
pour rejoindre le Xian d’Aba, sur le plateau tibétain à la frontière sino-indienne44.
Figure n° 5 : ILLUSTRATION
DE L’UTILISATION THEORIQUE DU DRONE
DE TRANSPORT AT-200 DE CHENGDU AU
45
PLATEAU TIBETAIN
42
« Une nuée de drones dans la région militaire tibétaine pour larguer de la nourriture et des fournitures aux
soldats » (西藏军区无人机"蜂群"出动 空投单兵食品和物资), Sina, 10 septembre 2020.
43
« Could drone that can deliver cargo to islets in South China Sea secure presence in disputed waters? », South
China Morning Post, 28 octobre 2017.
44
« Génial ! Les AT200 domestiques et les drones Xingying font leurs débuts au salon aéronautique de
Singapour » (给力!国产 AT200、星影无人机亮相新加坡航展), 8 février 2018.
45
« Une nuée de drones dans la région militaire tibétaine pour larguer de la nourriture et des fournitures aux
soldats » (西藏军区无人机"蜂群"出动 空投单兵食品和物资), op. cit.
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« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
Il est mentionné que l’utilisation de drones permet aussi d’évaluer les dommages lors de
combats alors que les militaires peuvent difficilement se déplacer pour le faire49. À ce titre,
un certain nombre de médias indiens ont fait état de nombreux drones commerciaux VTOL
qui, à la fin des combats meurtriers en 2020, ont survolé la zone où ont eu lieu les alterca-
tions entre l’APL et l’armée indienne dans la vallée de Galwan50. Concernant la fonction
d’appui à l’ISR, des drones sont mentionnés dans le cadre d’exercices de tir au sniper, volant à
quelques mètres du sol afin de permettre au tireur de mieux viser une cible.
De façon plus anecdotique, plusieurs exercices de l’APL ont mis en scène des drones de pe-
tite taille dans des exercices de déminage, l’appareil traînant une chaîne pour faire détoner
les mines antipersonnel53. Enfin, certains drones ont été déployés sur le plateau pour réali-
46
Notamment depuis l’« Avis sur le renforcement du travail de l’aviation de police » du Ministère de la Sécurité
publique de 2016 (关于进 一步加强警用航空工作的意见). Vu dans JIA Xiaoxuan et DOU Zengyu (贾小璇,都增予),
« Recherche sur la détection d’images vidéo et la collecte de preuves de drones de police dans la région du plat-
eau » (高原地区警用无人机视频图像侦查取证探究), Journal of Railway Police College, 2020.
47
Prixdécomposé comme suit : 10 000 à 30 000 yuans pour le corps du drone, environ 20 000 yuans pour les
équipements avioniques, 50 000 à 100 000 yuans pour la station au sol et le système de contrôle de vol (partie
logicielle). Vu dans HUANG Zhaoqi et GUAN Wanlong (黄兆麒, 关万隆), « Recherche sur l’application des UAV
au contrôle des frontières » (无人机在边防警务领域的应用与发展), Actes de la conférence sur la science et la
technologie de l’aviation en Chine, 2017.
48
WANG Shuangyu, SUN Jiyao, CHEN Ming (王双宇, 孙纪尧, 陈明), « Discussion sur la construction d’un petit
système de prévention et de contrôle de la fusion des drones » (小型无人机融合防控体系构建刍议), Construction
de la défense nationale, octobre 2022.
49
ZHAO Minjie de la brigade 69250 de l’APL (张明杰, 解放军 69250 部队), « Influence et contre-mesures de
l’environnement alpin et montagneux du champ de bataille sur l’utilisation des systèmes de véhicules aériens
sans pilote » (高寒山地战场环境对无人机系统运用的影响及对策), Gansu Science and Technology, Vol. 37, n° 20,
2021.
50
AROOR Shiv, « 3 separate brawls, ‘outsider’ Chinese troops & more: Most detailed account of the brutal June
15 Galwan battle », India Today, 21 juin 2020.
51
« Le tueur silencieux planant au-dessus de l’Himalaya » (盘旋在喜马拉雅山上空的静默杀手), Technologie
militaire, 2020.
52
« PLA holds live-fire long-range rocket artillery drills in Xizang », Global Times, 18 décembre 2022.
53
Ibid.
12 F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
ser des opérations de recherche et de sauvetage de personnel accidenté, avec des capacités
d’extraction aérienne sur civière.
Notons enfin, et c’est un point capital, que la médiatisation du recours aux drones présente
des avantages importants dans la gestion de l’image renvoyée par l’APL en Chine comme à
l’étranger. Premièrement, ces drones permettent de donner l’image d’une armée moderne
et technologique. L’utilisation des drones, synonyme de modernité, est aussi utile pour con-
vaincre de jeunes Chinois de rejoindre l’armée de Terre et, potentiellement, le Commande-
ment militaire de l’APL au Tibet. Deuxièmement, les drones permettent des mises en scène
nationalistes54. L’utilisation d’un drone DJI Mavic pro 2 levant le drapeau chinois dans la val-
lée de Galwan devant les troupes de l’APL est particulièrement parlante55.
54
Plus largement, la mise en scène de l’utilisation de ces drones concourt au techno-nationalisme du régime
(BONDAZ Antoine, « Le techno-nationalisme chinois renforce la légitimité du régime », La Recherche, n° 557,
mars 2020).
55
@louischeung_hk, « PLA garrison at #GalwanValley near the China-India border holds national flag-raising
cere-monies. The Chinese national flag was raised by drone. #GalwanClash », Twitter, 2 octobre 2021.
56
Ibid.
57
ZHANG Hui, « PLA Tibet military command adopts drones for logistics support in drills amid China-India border
clash », Global Times, 11 septembre 2020.
F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
13
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
On ne dispose d’aucune liste officielle des drones déployés à la frontière. Nous avons réfé-
rencé dans les sources chinoises au moins une quarantaine de drones utilisés à la frontière
sino-indienne (voir Annexe 1). On observe que la plupart des drones déployés font partie de
la catégorie des petits et moyens drones multi rotors (多旋翼无人机)58 et petits drones héli-
coptères (直升机)59, même si on trouve parfois une référence à des drones lourds.
Les drones commerciaux sont les plus fréquents sur le plateau, et sont parfaitement intégrés
dans le matériel de l’APL. Certains constructeurs sont plus présents que d’autres. Nous fai-
sons le choix de concentrer notre analyse sur cinq d’entre eux, deux connus (DJI et AllTech),
et trois start ups plus confidentielles mais dont la présence sur place est déterminante (Ziyan,
Tuohang et Tiantu).
Selon certains groupes de recherche chinois, environ 12 % des drones commerciaux produits
en Chine seraient vendus pour des activités de surveillance et de sécurité (policière et mili-
taire)60. Le rôle des entreprises commerciales n’est pas cantonné à la production de drones
commerciaux. Elles fournissent à l’APL du matériel anti-drone, des systèmes de communica-
tions, des pièces spécifiques pour des drones militaires, et réalisent dans certains cas des
missions de formation de personnel militaire et de pilotage/maintenance du matériel sur
site militaire. Plusieurs formations relatives à l’opération de ce genre de petits drones com-
merciaux sur les plateaux ont en effet été mises en place par des régiments de défense des
frontières et par la PAP61.
Même si DJI (大疆) affirme que l’entreprise « ne vend pas de drones pour des usages mili-
taires »62, ses produits sont omniprésents dans les photos d’exercices de l’APL : reconnais-
sance, transport avec le modèle Matrice 60063, assistance au tir, etc. La PAP du Xinjiang uti-
lise ce qui ressemble au modèle DJI FPV (casque de réalité virtuelle) pour des vols en essaim
« antiterroristes »64. Il est intéressant d’observer l’usage qui est fait des drones DJI sur le
théâtre ukrainien dans les opérations de reconnaissance, de surveillance et de guidage
58
Soit des drones pesant entre 15 et 150 kg, catégorie définie dans les lignes directrices du conseil des affaires
d’État 2021 sur l’utilisation des drones (无人驾驶航空器系统标准体系建设指南 (2021)), 2021.
59
LIU Xuanzun, « Chinese legislator urges enhanced drone usage in border regions », Global Times, 28 février
2021.
60
WEI Yong, YANG Tianhao (魏永、杨天昊), « Rapport approfondi sur l’industrie des drones militaires : si vous
voulez voir des milliers de kilomètres, passez à un niveau supérieur » (军用无人机行业深度报告:欲穷千里目,更
上一层楼), AVIC Securities Research Institute, date inconnue.
61
« Un régiment de la région militaire du Xinjiang et un régiment de défense des frontières de la région militaire
du sud du Xinjiang ont organisé une formation sur la colonne vertébrale des drones » (新疆军区某团、南疆军区某
边防团组织无人机骨干培训), images du compte Wechat du Théâtre militaire de l’Ouest, 28 juillet 2021.
62
Site official de DJI, « DJI Statement on Military Use Of Drones », 21 avril 2022.
63
« L’armée chinoise largue des fournitures de l’’essaim’ de drones dans la zone du plateau, la scène est digne
d’une œuvre de science-fiction » (中国军队在高原地区由无人机» 蜂群 »空投补给,场面过于科幻), images CCTV
Military, vu sur Baijiahao, 11 septembre 2020.
64
« Les tactiques d’‘essaim’ d’UAV utilisées par la police armée du Xinjiang pour ‘attraper’ des terroristes
violents » (无人机» 蜂群 »战术白菜化,新疆武警» 抓 »暴恐分子都用上了), images CCTV Military, vu sur Sohu, 30
août 2021.
14 F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
d’artillerie (pour la gamme Mavic)65. Les drones de la gamme Matrice ont été utilisés par les
deux camps pour du transport et des lâchers de grenades artisanales sur les positions et le
matériel ennemis. Le matériel de DJI est utilisé pour de la formation de personnel militaire :
l’Université de défense des frontières de l’APL, basée à Urumqi, a recours à du matériel DJI
(S1000+) dans des formations à l’utilisation des drones pour de l’ISR66. Notons que DJI a été
ajouté à la liste noire des entreprises militaires chinoises par le Département de la Défense
américain en octobre 2022.
Figure n° 8 : UTILISATION D’UN DRONE DJI DE RECONNAISSANCE PAR LES FORCES ARMEES
67
EN PATROUILLE A LA FRONTIERE SINO-INDIENNE AU TIBET
65
@SamBendett, « 1/2 The Russian MOD showed a video of artillery units at the Western Military District using
small drones for target adjustment and reconnaissance: ‘The drone’s firmware to create a secure communication
channel was carried out on site in the field.’ Screengrabs below. », Twitter, 3 décembre 2022.
66
WANG Xinjuan, « Military academy trains border defense drone pilots in Xinjiang » (军校为新疆培训边防无人机
飞手), [Link], 18 janvier 2021.
67
[Link]
68
« AllTech a publiquement félicité deux employés pour leur héroïsme quand le conflit [sino-indien] a éclaté » (深
圳科衛泰公開表彰兩員工 於衝突爆發時表現英勇), [Link], 25 février 2021.
69
Entre autres : « L’avant-poste tibétain de Medog utilise des drones pour déposer des fournitures » (西藏墨脱哨
所使用无人机空投物资), China Military, 4 octobre 2020, ou encore section « Border Inspection » du site officiel de
AllTech.
70
Ibid.
71 ème
« Qi Manguli, représentante du 20 Congrès national du Parti communiste chinois et femme soldat du Xin-
jiang » (二十大代表、新疆女军人其曼古力给» 开朗 »代言!), CGTN, novembre 2022.
F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
15
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
Les drones de Ziyan ont été vus à plusieurs reprises sur les plateaux en Chine de l’Ouest. Un
petit hélicoptère, le Falcon 10 (隼-10), a été opéré par une unité de l’armée de Terre au Xin-
jiang lors d’un exercice en haute altitude. Cet équipement a volé à une hauteur de
5 300 mètres pour une mission de reconnaissance 76 . Des drones « Pufferfish A-3 » (河
豚 »A-3), pouvant larguer jusqu’à six munitions de 60 mm, auraient été intégrés à une bri-
gade de la région militaire du Xinjiang, décollant de blindés pour réaliser des exercices de
bombardement sur cible77. Aux dires de l’entreprise, les drones de Ziyan « ont été largement
utilisés pour des frappes tactiques terrestres, maritimes et aériennes, dans des exercices de
protection du théâtre et dans le transport de matériel militaire »78. L’entreprise est, enfin,
active à l’export, présentant ses drones dans des salons internationaux, et exportant des
Falcon-10 vers l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Pakistan, la Turquie et
l’Indonésie79.
72
« Le petit ‘Ziyan’ a produit tant de drones ‘stars’ » (小» 紫燕 »竟产出这么多» 明星 »无人机), [Link], 22 juin 2017.
73
« Ziyan a remporté le double premier prix de l’exercice tactique de véhicule aérien sans pilote de la police
er
nationale » (紫燕夺全国警用无人驾驶航空器战法演练双料一等奖), Sohu, 1 juin 2017.
74
Réf. brevet CN210592443U.
75
Réf. brevet CN115163730A.
76
« Falcon en reconnaissance sur les plateau » (猎鹰高原侦察), Wechat de Ziyan UAV, 17 novembre 2022.
77
@军迷 007 兄弟 sur Toutiao, 23 juillet 2022.
78
[Link]
79
« L’hélicoptère sans pilote chinois Puffer A2 se vend bien au Moyen-Orient » (中国河豚 A2 无人直升机畅销中东
大户把展品都买下了), Toutiao, 29 décembre 2019.
80
[Link]
16 F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
81
« Jiangjin (Chongqing) ouvre un nouveau chapitre dans le développement de l’intégration dans la Cité des
er
sciences » (江津 开启融入西部(重庆)科学城发展新篇章), Gouvernement municipal de Chongqing, 1 avril
2021.
82
« Super! Jiangjin a construit des hélicoptères sans pilote ! » (酷!江津造无人直升机!), Jiangjin Media, 23 sep-
tembre 2020.
83
« Chinese drone firm honors employees involved in Galwan conflict», Global Times, 25 février 2021.
84
[Link]
85
Principalement de l’Institut d’automatisation et de l’Institut des systèmes sans pilotes de Beihang.
86
Notice de recrutement sur [Link].
87
« L’Institut de technologie et de normes de navigabilité des drones de Chengdu a été officiellement créé à
l’Académie de l’aviation de Chengdu » (成都无人机适航技术与标准研究所在成都航院正式成立), [Link], 31 août
2020.
F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
17
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
Beifang Tiantu UAV (北方天途航空技术) est une startup engagée dans le développement et
la production de petits drones VTOL et de drones à voilure fixe. Cette entreprise exporte ses
systèmes au Japon, en Inde ou encore aux États-Unis88. Elle entretient des liens avec l’APL.
En 2015, elle obtient l’autorisation de lui fournir des équipements par le Département géné-
ral des armements et, en 2016, ses appareils auraient été utilisés dans « de nombreuses uni-
tés » pour des missions de surveillance des frontières89. Les plateformes de Tiantu, notam-
ment le petit hélicoptère à six rotors M8FA, seraient utilisées sur le plateau tibétain pour des
missions de surveillance des frontières et de transport logistique militaire (jusqu’à 17 kg de
matériel).
Outre sa participation aux plans nationaux de développement technologiques (plan UAV des
programmes 863 et 973), l’entreprise est liée au Laboratoire Clé pour les technologies de la
Défense Nationale de Beihang pour le développement d’UAV militaires90. Selon YANG Yi, la
CEO de l’entreprise, Tiantu s’est développée via des coopérations entreprises-universités,
notamment des universités liées à la Défense nationale, telles que le Harbin Institute of
Technology. Tiantu a signé des accords avec la CASC, et créé une joint venture avec l’une de
ses filiales, China Yuanwang Communications, afin d’accélérer la R&D sur les UAV91.
Les hauts plateaux imposent des contraintes particulières à l’utilisation de drones le long de
la frontière. Le premier obstacle réside dans le climat de haute altitude, très contraignant. À
ce titre, les forces de police basées sur le plateau déplorent le nombre très limité de drones
commerciaux pouvant être utilisés en haute altitude : la plupart des modèles utilisés ne sont
pas équipés de joints thermiques pour se protéger du froid et de résistance anti-vibration
pour résister au vent95.
88
Comme indiqué sur le site officiel de l’entreprise.
89
Ibid.
90
Présentation de l’entreprise sur youUAV.
91
Ibid.
92
Ibid.
93
« Tiantu forme des professionnels des drones pour la police armée » (天途教育为武警行业输送无人机专业人),
YouUAV, 6 décembre 2018.
94
Site officiel de l’entreprise.
95
JIA Xiaoxuan, DOU Zengyu, cit. op., 2020.
18 F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
Certains constructeurs proposent des solutions adaptées au climat (drones ultralégers, étanches
et équipés d’algorithmes permettant de compenser les turbulences)96, mais ceux-ci sem-
blent minoritaires. Certains officiers anciennement basés sur le plateau ont déploré le
manque de moyens alloués à des drones lourds adaptés à la haute altitude, les « petits mo-
dèles » de « quadricoptères » majoritairement présents sur le plateau ne résistant pas aux
éléments et gelant sur place.
Outre la rudesse du climat, l’APL se heurterait également à une montée en gamme de la dé-
fense anti-drone des forces indiennes. Certains chercheurs chinois liés à l’industrie de dé-
fense parlent ainsi du système de guerre électronique Samyukota déployé à la frontière
comme d’un problème pour le bon fonctionnement des drones chinois dans la zone98.
Enfin, les forces de police du ministère de la Sécurité publique basées sur le plateau font état
d’un manque de personnel capable d’analyser les images et données transmises par les
drones. Ce manque de savoir-faire au sein des forces de défense des frontières de l’APL ex-
pliquerait en partie la présence de personnel envoyé par les entreprises pour assurer le pilo-
tage, la maintenance et l’analyse des données des UAV99.
Conclusion
L’utilisation fréquente par la Chine de drones à la frontière sino-indienne, avec des objectifs
diversifiés, est à même de changer le rapport de force sur le plateau himalayen au détriment
de l’Inde. Si nous avons identifié une quarantaine de drones différents, d’autres pourraient
encore l’être. Il est donc important de continuer à approfondir celles-ci, et notamment
d’essayer d’identifier encore plus précisément les différentes unités utilisant ces drones, et
la nature de ceux-ci.
Au-delà, une attention particulière devrait être accordée à cet exemple concret et réussi
d’intégration civilo-militaire dans le domaine des drones, une stratégie nationale depuis
2015. Se pose en effet, entre autres, la question du rôle des alliances industrielles, des mé-
96
Voir le quadrirotor TA-Q12 type plateau. Présentation sur le site officiel de United Aircraft (联合飞机), 5 août
2022.
97
ZHANG Xudong, YIN Hang, WANG Jian, WANG Fan (张旭东; 尹航; 王剑; 王璠), « Recherche sur le mode de
décollage en plateau des petits et moyens drones » (中小型无人机高原起飞方式研究), Actes de la 2e conférence
sur les sciences et technologies de l’aviation en Chine en 2015, 2015.
98
WU Tanran, CHENG Ruosi, ZHAO Shuang, WANG Xueyu (武坦然,程若思,赵 霜,王学宇), « Analyse de
l’équipement de guerre électronique de l’armée indienne et de son utilisation dans les opérations en montagne » (
印军电子战装备及其山地作战使用特点分析), Contremesures électroniques, 2021.
99
ZHAO Minjie, op. cit.
F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
19
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
canismes de financement de cette intégration, des partenariats avec les universités et institut
de recherche, et plus largement du mécanisme institutionnel la facilitant.
100
BONDAZ Antoine, « Reality Check on China: Protecting Europe’s Science and Technology Potential », 49
Security, septembre 2022.
20 F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
Annexe 1 LISTE NON EXHAUSTIVE DE DRONES CHINOIS
DEPLOYES A LA FRONTIERE SINO-INDIENNE
Cette liste est fondée sur les différentes vidéos et images d’exercices militaires de l’APL, de
déclarations des constructeurs, d’appels d’offres et d’articles de presse spécialisée chinoise.
Pour certains drones, il n’est pas clair si l’appareil est encore en phase de test sur le terrain
avant l’entrée en service ou bien déjà opérationnel. Souvent, la zone exacte n’est pas préci-
sée (la plupart des sources restant floues à ce sujet, parlant du « plateau » ou de la « fron-
tière »).
Notons que l’ensemble des drones lourds de Chengdu Aircraft Design Institute, d’AVIC et
d’Aerospace CH de la CASC n’ont été vus qu’une fois, au même moment, par image satellite
sur la base de Malan au Xinjiang, ce qui amène à penser à une opération de communication
plutôt qu’à un déploiement réel, qui reste donc à démontrer.
SHENZHEN
KEWEITAI
科卫泰
101
« L’avant-poste de Medog au Tibet utilise des drones pour larguer des fournitures » (首次!西藏墨脱哨所使用
无人机空投物资), [Link], 4 octobre 2020 et site officiel de AllTech.
102
« Keweitai UAV a apporté une autre contribution au transport du plateau ! » (科卫泰无人机再立功,征战高原运
输 !), Shenzhen UAV Industry Association, 3 novembre 2021.
103
Site officiel de AllTech.
104
« Développement polyvalent de drones chinois. Des drones de défense des frontières tibétaines patrouillent à
la frontière sino-népalaise » (中国无人机多用途发展 西藏边防无人机巡查中尼边境), Sina, 13 avril 2017.
105
[Link], op. cit., 2020.
F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
21
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
ZIYAN
紫燕无人飞行器
Petit drone hélicoptère utilisé pour
Falcon-10111
des missions de reconnaissance
106
Multiples sources disponibles.
107
« Les tactiques ‘d’essaim’ d’UAV utilisées par la police armée du Xinjiang pour ‘attraper’ des terroristes violents »
(无人机» 蜂群 »战术白菜化,新疆武警» 抓 »暴恐分子都用上了), images CCTV Military, vu sur Sohu, 30 août 2021.
108
Ibid.
109
WANG Xinguan (2021), op. cit.
110
Site constructeur.
111
@HenriKenhmann, « Entraînement d’une unité de reconnaissance, de la région militaire du #Xinjiang, à
5 300 m d’altitude. Le #drone hélicoptère utilisé ici semble être le ‘Falcon 10’ (隼-10) conçu par Ziyan UAV : –
MTOW 25 kg – Charges max 7 kg – Vmax 130 km/h – Autonomie 50 min », Twitter, 16 novembre 2022.
112
LIU Xuanzun, « Private arms firms equip PLA with intelligent equipment for better border defense », Global
Times, 2 novembre 2020.
113
HU Yuwei et ZHANG Yutong, « Unmanned helicopters fit for high-altitude combat aid China’s Tibetan military
command at the border with India », Global Times, 19 novembre 2020.
22 F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
Système de
transmission Utilisé par la PAP dans les zones
d’images UAV frontalières
non spécifié115
HARWAR UAV
哈瓦无人机 Drone 6 rotors VTOL de transport, utilisé
Gamme H-16116 pour soulever des charges
(environ 15 kg)
TIANTU
天途
Drone à 8 rotors, utilisé par la PAP
M8FA117
pour la surveillance des frontières
FACCON UAV
猎鹰 Drone de surveillance à voilure fixe utilisé
LY-34118
par la police du Xinjiang
JOUAV
Plateforme hybride (batterie et essence)
纵横
CW-25119 de drone à voilure fixe VTOL avec une
longue durée de vol
X Control Systems
艾肯拓科技 Petit drone hélicoptère à deux rotors,
MK-400120 utilisé pour le transport, sauvetage et
l’extraction de personnel en zone accidentée
Tuohang
驼航科技 Petit drone hélicoptère à deux rotors,
Camel Hump
utilisé pour des missions de « soutien
600 重载121
militaire » et de transport de matériel
114
« Rapport continu de Huimingjie sur l’exposition de la tournée du Tibet : Phase 1 : L’armée de fer entre au
Tibet » (慧明捷西藏巡展连续报道:第一期:铁军进藏). YouUAV, 26 juin 2019.
115
Site officiel du constructeur.
116
« L’armée chinoise largue des fournitures de l’’essaim’ de drones dans la zone du plateau, la scène est digne
d’une œuvre de science-fiction » (中国军队在高原地区由无人机» 蜂群 »空投补给,场面过于科幻), images CCTV
Military, vu sur Baijiahao, 11 septembre 2020.
117
« Des drones Tiantu efficaces pour la défense de la frontière du Tibet » (天途无人机效力西藏边防), compte
officiel du constructeur, repris sur Sohu le 31 décembre 2016.
118
Site officiel du constructeur.
119
LIU Xuanzun « Private arms firms equip PLA with intelligent equipment for better border defense », Global
Times, 2 novembre 2020.
120
Vidéo du constructeur publiée sur Weibo le 16 novembre 2021.
121
Image du constructeur publiée sur Sohu le 26 novembre 2021.
F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
23
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
Xinghuan Aviations
重庆星环航空科技 Hélicoptère sans Utilisation par une brigade de la PAP
pilote SLH-1200P pour du transport de matériel sur le plateau
无人直升机122 tibétain
ZHONGTIAN FEILONG
INTELLIGENT
TECHNOLOGY
中天飞龙智能科技 Exercices avec le décollage de charges
Feilong-1124 lourdes et la livraison de précision de gros
objets
CASIC/ Helicoptère
Petit drone hélicoptère de transport
FEIHONG miniature sans
de matériel (120 kg jusqu’à 6 000 mètres
pilote à huile
航天九院飞鸿 d’altitude)
lourde125
122
« La Police Armée réalise le transport et la livraison de drones plateau » (武警部队实现高原无人机运输投送),
Vidéo CCTV publiée sur js7tv le 15 septembre 2019.
123
@HenriKehnmann. « ZTO Express a inauguré la première ligne de transport régionale sans pilote en Chine,
avec le #drone cargo HY100, entre Tiemenguan et Alar en province du #Xinjiang. HY100, d’une capacité maxi-
mum de 1,9t, a obtenu son certificat de navigabilité (CBN) en novembre 2020 », Twitter, 19 décembre 2021.
124
HUANG Kristin, « China puts Feilong-1 endurance drone through high-altitude paces», South China Morning
Post, 28 avril 2021.
125
Vu sur China Aerospace (航空产业网), 29 juin 2022.
126
LIU Xuanzun. « China’s unmanned plateau helicopter completes high-altitude maiden flight », Global Times,
29 septembre 2020.
127 st
LIU Xuanzun, « China’s plateau-operable drone makes 1 flight with hydrogen power, extends endurance »,
Global Times, 20 mars 2020.
24 F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
128
« La confrontation frontalière sino-indienne pourrait devenir de longue durée et les équipements de pointe de
la Chine continuent d’apparaître sur le plateau » (中印边境对峙或长期化,中国先进装备不断现身高原), Defense
Weekly, vu sur Sohu, 28 septembre 2020.
129
« China’s unmanned helicopters pass high-plateau testing », Global Times, 23 novembre 2017.
130
@HenriKehnmann, « #Drone L’armée de terre chinoise continue à tester le ravitaillement de ses troupes fron-
talières au #Tibet par les hélidrones. Au moins un AV-500 de China Post a transporté des gâteaux de lune, pour
la fête de la mi-automne, aux gardes basés à Mêdog, à 2 500 m d’altitude », Twitter, 30 septembre 2020.
131
Ibid.
132
Reportage « Explorez la première classe de vol féminine du plateau de l’APL et regardez le nouveau drone
s’incarner dans le ‘Eye of War God’ mettre en scène une ‘épée pour sceller la gorge’ ! » (探秘解放军首支高原女子
er
飞行班 看新型无人机化身» 战神之眼 »上演» 一剑封喉 »!), CCTV, publié sur Youtube, 1 avril 2021.
133
« F-500 | La première démonstration de mission de plateau d’hélicoptère sans pilote à grande charge en
Chine » (F-500|国内首次大载重无人直升机高原飞行任务演示), Vane Aviation, 26 février 2021.
134
LIU Zhen, « China-India border dispute: drones prove their worth at high altitude », South China Morning Post,
20 juillet 2020.
135
ROGOWAY Tyler, « Highly Impressive Lineup Of Chinese Air Combat Drone Types Caught By Satellite », The
Drive (The Warzone), 8 décembre 2019.
F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
25
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
AVIC/
CHENGDU
AIRCRAFT DESIGN
INSTITUTE GJ-2
Vol inaugural en 2021 et opération
Wing Loon 2
成都飞机设计研究所 d’ensemencement des nuages140
翼龙-2139
Wing Loon 10
Drone HALE furtif observé
Cloud Shadow
sur la base de Malan
风影
GJ-11
Sharp Sword Drone furtif observé sur la base de Malan
翼龙-11
Divine Eagle
Drone lourd observé sur la base de Malan
神鹰
136
@jesusfroman « On 12 May 2022, it was reported that a TB-001 UAV (Tengoen Tech.) finished a 14 day test
where it flew from Kangding Airport (Tibet Autonomous Region, China) at an altitude of 4238m and went up to
6600m for 5h [Link] test were done privale, but still a message to India », Twitter, 13 mai 2022.
137
LIU Xuanzun, « Xinjiang gets border patrol drones for better missions », Global Times, 21 janvier 2020.
138
« Le drone intelligent chinois Pterosaur I-D dévoilé » (中国翼龙 I-D 智能无人机亮相), TRT, 26 décembre 2018.
139
ROGOWAY Tyler, op. cit.
140
« China uses large UAV for cloud seeding over Qinghai-Tibet Plateau », Xinhua, 10 octobre 2022.
141
@VivekSi85847001, « Shigatse Airport, just located 20 Km above Tawang sector in Tibet. China Pres Xi
Jinping visited this Base early this year too... 10× Flanker Jet 1× WZ-7 Soaring Dragon HALE UAV 2×CH 4 UCAV
with Ground support system », Twitter, 27 novembre 2022.
26 F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
Caihong 4
Drone de reconnaissance,
CH-4
observé sur la base de Malan
彩虹
CASC/
AEROSPACE CH
航天彩虹
Petit drone de reconnaissance lancé à la
CH-902
main142
142
@anshu217 : « #China #PLA #TMR #Tibet Military Region has equipped its various units with variety of drones
particularly the Artillery brigade and Reconnaissance Battalions of Combined Arms Brigade », Twitter, 13 avril
2023
143
Ibid.
F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E
27
« Voir ce que les troupes ne peuvent pas voir, aller là où les troupes ne
peuvent pas aller » : l’utilisation de drones par la Chine dans le différend
frontalier sino-indien
28 F O N D A T I O N pour la R E C H E R C H E S T R A T É G I Q U E