1.
ORGANISATION
Une couche gazeuse, l'atmosphère, est maintenue par gravité autour du globe terrestre en
rotation; sa pression et sa densité diminuent avec l'altitude. A 700 à 800 km au dessus du
niveau de la mer commence le vide interstellaire: au delà, dans l'exosphère, les molécules ne
sont plus maintenues par la gravité et s'échappent à travers la magnétosphère dans l'espace.
Par commodité, on retiendra:
* 0 à 1000 km: atmosphère
* 1000 à 40000 km: exosphère et magnétosphère
Figure 1: les principales enveloppes du globe terrestre .
Entre 0 et 100 km d'altitude, les variations de température permettent de subdiviser
l'atmosphère en plusieurs couches superposées:
* 0 - 7 km (au pôle) à 16 km (à l'équateur): la troposphère, avec des nuages, des
précipitations, et des variations notables de pression; la température diminue régulièrement
jusqu'à - 55°C; sa limite supérieure est la tropopause. Ses mouvements déterminent les
climats; elle sera étudiée plus en détail au paragraphe suivant.
* jusqu'à 50 km: la stratosphère; la température cesse de diminuer dans la stratosphère
inférieure; elle augmente entre 30 et 50 km pour atteindre 0°C au niveau de la stratopause. La
vapeur d'eau y est presque absente (pas de nuage), la pression y est trés basse (50 hPa à 20 km
pour 1013 hPa au niveau de la mer); 95% de la masse de l'atmosphère est située au dessous de
20 km. La couche d'ozone est située au sommet de la stratosphère inférieure vers 25 à 30 km;
les molécules d'oxygène absorbent les ultra-violets courts (au dessous de 0,29 µm) et
produisent des atomes libres d'oxygène qui se recombinent aux molécules pour donner
l'ozone.
* 50 à 700 ou 1000 km: l'ionospère: la température y est variable, elle diminue généralement
jusqu'à -90°C, mais on a signalé des températures supérieures à 100°C vers 55 km. A partir de
80 km, la température peut atteindre 300°C car les radiations courtes du soleil ne sont pas ré-
émises sous forme de rayonnement de longue longueur d'onde (Infra-Rouges). Les atomes
d'oxygène et d'azote sont ionisés sous l'action des ultra-violets solaires et des rayons
cosmiques et donnent les aurores boréales et australes. Il y a plusieurs zones fortement
ionisées qui conduisent l'électricité et réfléchissent les ondes radio vers le sol. L'ionospère est
divisée en mésosphère (50 à 80 km) et thermosphère. Vers 800 km, on ne compte plus que
106 atomes au cm3 et seulement 1 atome par cm3 vers 2400 km.
2. COMPOSITION CHIMIQUE
La masse totale de l'atmosphère est estimée à 5,29 1018 kg, masse négligeable comparée à
celle des mers (1,35 1021 kg) ou de l'ensemble du globe (5,98 1024 kg). Les gaz et la vapeur
d'eau en sont les constituants transparents. Les particules d'eau et de glace donnent les nuages,
le brouillard et les précipitations. Les fines particules solides sous forme d'aérosols forment
les brumes et le smog. C'est cette couche gazeuse qui rend la Terre habitable.
Constituant Formule Abondance
(volume)
Azote N2 78,084 %
Oxygène O2 20,984 %
Argon Ar 0,934 %
Constituant Formule Abondance
(volume)
Dioxyde de CO2 360 ppm
Carbone
Ne 18,18 ppm
Néon
He 5,24 ppm
Hélium
Kr 1,14 ppm
Krypton
H2 0,5 ppm
Hydrogène
Xe 0,089 ppm
Xénon
CH4 1,7 ppm
Méthane
N2O 0,3 ppm
Oxyde d'Azote
Figure 2: principaux constituants chimiques de l'air sec au niveau de la mer (d'après
DEGENS).
On voit que 3 gaz, l'azote, l'oxygène et l'argon, constituent presque 100% du total; les autres
corps ne représentent chimiquement que des impuretés. Leur proportion respective est
constante verticalement.
D'autres constituants montrent de grandes variations en fonction de l'altitude, la latitude,
l'activité humaine, les saisons. C'est le cas de l'eau, uniquement présente dans les couches
basses (troposphère), des composés soufrés et du dioxyde de carbone provenant des
oxydations...En haute altitude, les gaz les plus légers augmentent en quantité relative. L'argon
de l'atmosphère est sous forme d'isotope 40Ar alors que c'est l'isotope 36 que l'on trouve dans
l'espace. L'argon de l'atmosphère provient de la désintégration radio-active du Potassium .
Connaissant la masse totale du potassium dans le globe, ses rapports isotopiques, la période
de désintégration du 40K et la masse de l'argon, on a pu dater l'âge de l'atmosphère.
La faible quantité d'hélium, généré cependant en grande quantité par la désintégration de
l'uranium, est expliquée par la grande diffusion de ce gaz léger qui gagne les hautes couches
et s'échappe dans l'espace. La même raison explique la rareté de l'hydrogène.
L'azote terrestre est surtout contenue dans l'atmosphère (près de 90%). Le reste est fixé dans
les sédiments marins et dans l'eau de mer en particulier sous forme d'ammoniaque. Le passage
de l'azote atmosphèrique à l'azote combiné dans les sédiments se fait par l'intermédiaire des
bactéries (nitrates, amino-acides, ammoniaque...) Le cycle biogéochimique de l'azote est
complexe; il dépend surtout du potentiel rédox et des micro-organismes (nitrification,
dénitrification, fixation de l'azote atmosphérique...)
Quantité Azote total
d'azote
(%)
(10 20 g)
atmosphère 38,6 87,1
hydrosphère 0,3 0,7
Croûte,
sédiments 5,2 11,7
Croûte,
[Link] 0,2 0,5
TOTAL 44,3 100
Figure 3: quantité d'azote dans l'atmosphère, l'hydrosphère et la croûte terrestre
(d'après DEGENS).
On admet maintenant que l'oxygène atmosphérique représente un sous-produit de la
photosynthèse. Ce sont des organismes chlorophylliens qui dès le Précambrien (- 3 milliards
d'années) ont utilisés l'énergie des photons pour combiner le CO2 et l'H2O en matière
organique avec dégagement d'O2. L'oxydation de la matière organique, notamment au cours
de la respiration, libère de nouveau le gaz carbonique et l'eau. L'équilibre entre ces deux
processus conditionne la teneur de l'atmosphère en oxygène et en gaz carbonique. Depuis une
centaine d'année, l'utilisation croissante des combustibles fossiles et accessoirement le
déboisement ont produit une augmentation régulière de la teneur en CO2 dans l'air et contribué
à l'effet de serre (augmentation de la température moyenne par plus grande absorption des
radiations solaires). Le cycle du carbone dépend de l'action des organismes (respiration,
photosynthèse, fixation sous forme de carbonates...) et des émanations volcaniques. L'action
du CO2 atmosphérique s'ajoute à celle de la vapeur d'eau pour absorber l'énergie des infra-
rouges. La teneur atteint actuellement 360 ppm; on estime que le doublement de la teneur en
CO2 entrainerait un réchauffement de 4,5°C.
L'ozone est répartie dans la stratosphère (90%) et dans la troposphère (10%). Dans la
stratosphère, il est abondant vers 25 km; il provient de la photodissociation du dioxygène. Il
absorbe les U.V. Il est détruit notamment par les CFC (ou Fréons) et le Chlore. Dans la
troposphère, il provient du transfert de la stratosphère et des activités humaines (NOx, CO,
HxCy). Sa concentration a été multipliée par 4 depuis le début du siècle. C'est un gaz à effet
de serre et fort pouvoir oxydant.
Figure 3b: augmentation des gaz à effet de serre au cours des 3 derniers siècle. Les teneurs
sont exprimées en ppm ou ppb en volume (d'après rapports IPCC).
3. LA TROPOSPHERE
3.1 Composition
C'est une couche troublée par des mouvements d'apparence désordonnée dans le sens vertical
et horizontal. Du fait de ce brassage incessant, sa composition chimique est assez constante;
elle contient en particulier les 3/4 de la masse de l'atmosphère, tous ses corps solides
(poussières) et toute l'eau sous forme gazeuse, liquide et solide (aiguilles de glace). Sa
pression et sa température décroissent avec l'altitude; on compte une diminution régulière de
la température, en moyenne de 0,65 °C par 100 m à partir de 3000 m d'altitude, mais le
gradient dépend également de l'humidité.
La vapeur d'eau est à l'origine des nuages et des précipitations (pluie, neige, grêle) qui
caractérisent le temps qu'il fait et le climat. Elle absorbe les radiations de grande longueur
d'onde (infra-rouges) émises par le soleil et par la Terre et évite la déperdition de chaleur vers
l'espace: on sait que les nuits sont beaucoup plus froides quand le ciel est pur, c'est à dire
pauvre en eau. On estime que si la troposphère ne contenait pas de vapeur d'eau, le
rayonnement nocturne abaisserait la température jusqu'à -100 °C. L'humidité spécifique d'une
masse d'air est mesurée par le rapport du poids de l'eau contenue sur le poids de l'air.
L'humidité relative est le rapport du poids de l'eau contenue sur le poids de l'eau contenue en
atmosphère saturée. L'humidité à saturation varie avec la température de l'air: au niveau du
sol, elle est de 5 g d'eau par m3 d'air à 0°C mais 30 g par m3 à 30 °C.
Les suspensions solides (aérosols) comprennent les poussières, les fumées, les cendres, les
sels et autres corps chimiques, les microrganismes. Les poussières proviennent en grande
partie de la désagrégation des roches; elles peuvent être transportées trés loin par le vent
(poussières sahariennes atteignant l'Europe). Les fumées sont des particules non brûlées
provenant des combustions incomplètes domestiques ou industrielles. Les cendres sont des
particules incandescentes transportées par les gaz chauds issus des combustions industrielles
et des volcans. Au bord des littoraux marins, l'air est chargé d'iode et de chlorure de sodium.
Toutes ces particules solides, de taille trés petite, 1/1000ème de µm environ, constituent des
noyaux de condensation pour la vapeur d'eau lorsque l'air en est sursaturé: chaque particule
s'entoure d'un film d'eau et peut servir de vecteur aux microrganismes. Ces brouillards sont
fréquents dans l'atmosphère des villes chargées d'aérosols (notamment issus des moteurs
diesel).
3.2 Caractères thermiques et dynamiques
La couche de base, comprise entre 0 et 3000 m environ, appelée encore couche turbulente,
contient généralement beaucoup d'aérosols (pollution des basses couches de l'atmosphère). La
température y est trés variable et dépend de la température du sol. En été le sol est surchauffé
dans la journée et la température décroit en altitude. En hiver ou pendant la nuit, le sol est plus
froid que l'air, la température de l'air augmente jusqu'à une certaine altitude, souvent proche
de 3000 m, puis le gradient s'inverse au delà: on parle d'inversion thermique, véritable
couvercle qui maintient l'air pollué au sol. Quelque soit le sens du gradient thermique, il
existe généralement une inversion thermique au sommet de la couche de base se traduisant
par l'accumulation de particules qui constituent une "couche sale" nuageuse. La valeur du
gradient dépend aussi de l'humidité: -1 °C par 100 m pour un air sec, mais seulement -0,5 à -
0,8 °C pour un air humide.
Figure 4: gradients thermiques dans la troposphère
A - gradient "normal": la température décroît avec l'altitude B - gradient inverse",
inversion thermique, puis gradient "normal" C - inversion thermique et couche sale en
Europe.
Le frottement des filets d'air sur le sol provoque des turbulences et ralentit la vitesse des vents
qui dépassent rarement 20 m/s au sol et dont la direction et le sens dépendent beaucoup du
relief local. Les mouvement de la couche de base restent trés complexes dans les zones
tempérées et froides (du 40ème parallèle au pôle); les turbulences interfèrent à différentes
échelles. Au contraire, dans les zones intertropicales, la circulation est bien plus régulière:
vents alizés, moussons; épisodiquement de violentes perturbations troublent cette régularité
(cyclones, typhons).
Au delà de 3000 m d'altitude, la troposphère libre montre un gradient vertical de température
constant (0,65 °C/100 m). La vitesse des vents augmentent pour atteindre 150 km/h à 12000
m d'altitude en hiver. Un courant généralisé d'ouest en est entre le 30ème parallèle et le pôle
règne dans les deux hémisphères. Ce flux d'altitude se renforce vers 50°de latitude à 12000
m : c'est le jet-stream. Il circule dans un couloir étroit d'une centaine de km de largeur et dont
la position fluctue.
La limite supérieure de la troposphère se signale par une inversion de température appelée
tropopause. L'altitude de la tropopause varie de 7 km au pôle à 16 km à l'équateur. L'inversion
thermique est marquée soit par une inversion du sens du gradient de température et un
réchauffement, soit simplement par une diminution du gradient.
Figure 5: exemple d'inversion thermique à la tropopause: A - inversion thermique
réelle B - inversion thermique apparente: le gradient est seulement diminué.
3.3. Humidité et condensation
Figure 5b: quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air: elle augmente selon la
température. Une masse d'air chaude peut contenir plus de vapeur qu'une masse
froide.
Figure 5c: condensation de l'air humide en [Link] refroidissement de l'air sec est
de -1°C par 100 m (-0,5 à 0,8 °C par 100 m pour l'air humide) alors que la
température du point de condensation de la vapeur (« point de rosée ») ne diminue
que de 0,2 °C par 100 m. La vapeur se condense et forme des nuage à une altitude qui
dépend de la température et de l'humidité de la masse d'air initiale.
4. LA CIRCULATION ATMOSPHERIQUE GENERALE
4.1 Les mécanismes de la circulation
* Bilan thermique de l'atmosphère
Les mouvements de l'air sont déterminés par les radiations solaires. Les bilans radiatifs au
pôle et à l'équateur sont en effet différents. Le bilan est positif à l'équateur mais négatif aux
pôles du fait de l'obliquité des rayons solaires: une même énergie lumineuse est répartie sur
une plus grande surface au pôle
.
Figure 6: répartition de l'énergie solaire de l'équateur au pôles .
D'autre part, l'ensoleillement varie selon les saisons. Enfin, l'eau, la terre, la glace et la
végétation ont une réponse spécifique vis-à-vis des radiations solaires, elles les absorbent ou
les réfléchissent d'une façon différente. Les masses d'air portées à des températures différentes
se déplacent pour chercher un équilibre. Un air froid et sec est dense, un air chaud et humide
est léger.
Lorsqu'une masse d'air chaud se trouve au contact d'une masse d'air froid, elle monte et tend à
se placer au dessus de l'air froid, puisque l'air chaud est plus léger. La masse d'air froid
s'enfonce d'abord en coin sous l'air chaud; la position d'équilibre correspondant à la
superposition des deux masses est rarement atteinte sauf à petite échelle. A l'échelle de la
planète, l'air chaud de l'équateur monte et tend à se superposer à l'air froid polaire qui lui tend
à faire le mouvement inverse au niveau du sol. A température égale, l'air humide est plus léger
que l'air sec.
L'eau joue un rôle fondamental dans le transport de chaleur. Le changement de phase
s'accompagne d'échange de chaleur. Le passage solide à liquide et liquide à gaz absorbe de la
chaleur. Celle-ci est restituée au milieu ambiant dans l'autre sens. Ainsi la vapeur d'eau
contient une chaleur cachée appelée "chaleur latente" qui est libérée à la condensation: la
formation d'un nuage, c'est à dire de gouttelettes d'eau à partir de la vapeur, s'accompagne
d'un réchauffement de l'atmosphère.
*Gradient de pression et force géostrophique
Dans une masse d'air chaud légère, la pression décroit plus lentement avec l'altitude. Pour une
pression constante au niveau du sol, la pression à une altitude donnée sera plus faible dans une
masse d'air froid que dans une masse d'air chaud. Ainsi, on a vu que l'épaisseur de la
troposphère était plus grande à l'équateur qu'au pôle. Pour une même altitude, la pression est
plus forte à l'équateur qu'au pôle. Selon ce principe, on devrait s'attendre à ce que l'air chaud
(haute pression) de l'équateur se dirige vers les pôles et surmonte l'air polaire (basse pression):
en altitude devrait s'établir un courant chaud de l'équateur aux pôles et par compensation un
courant froid au sol en sens opposé.
Soit une zone de haute pression contigue à une zone de basse pression. Au point O situé à la
limite des 2 zones apparaît une force OA dont l'intensité est proportionnelle au gradient de
pression: c'est la force de gradient. Cependant l'air ne se déplace pas selon la direction OA; il
est dévié vers la droite (dans l'hémisphère nord) par la rotation de la Terre. La force de
déviation est la "force" géostrosphique ou force de Coriolis.
"Force" de Coriolis
Fc = k (v.m. [Link])
v: vitesse du mobile
m: masse du mobile
w: vitesse angulaire de rotation de la terre
L: latitude
Figure 7: déviation d'un mobile par rapport à un méridien dans l'hémisphère nord.
La déviation de Coriolis croit avec la latitude; elle est nulle à l'équateur; elle change de sens
dans l'hémisphère sud (déviation à gauche). On voit également que dans l'hémisphère nord la
surface du sol se déplace vers la gauche par rapport à un repère astronomique (étoile fixe). Un
mobile frottant sur la surface sera entraîné vers la gauche également. L'action du frottement
s'oppose donc à celle de la force de Coriolis. A haute altitude et au-dessus de la surface lisse
des océans, le frottement est faible et l'action de la force de Coriolis est maximale. En
revanche, à basse altitude au dessus des continent, c'est le frottement qui l'emporte.
Le vent sera la résultante de la force de gradient modifiée par la force de Coriolis: sa direction
est tangente à la limite des 2 zones. D'une façon générale, dans l'hémisphère nord, les vents
sont parallèles aux lignes de mêmes pressions ou isobares avec les hautes pressions à droite:
c'est la loi de BUYS-BALLOT. La vitesse du vent varie en raison inverse de l'écartement des
isobars.
Figure 8: déviation des vents de surface dans l'hémisphère nord (loi de Buys-Ballot) .
Figure 9: circulation dans un plan vertical le long du segment A-D.
On voit que le gradient de pression devrait s'établir de l'équateur (haute pression) au pôle
(basse pression) et donc que les vents ,en altitude au moins, devraient souffler d'W en E
parallèlement aux isobares. En fait, le frottement irrégulier de l'air en mouvement sur le sol, la
répartition inégale des continents et des mers, et bien d'autres facteurs, perturbent cet
agencement théorique des masses d'air. Les pressions au sol sont organisées en zones
méridiennes et les vents sont distribués en fonction de ces zones.
Figure 9: action de la déviation de Coriolis et du frottement sur la vitesse et la
direction du vent en fonction de l'altitude. Au sol, sur le contient, le trajet des vents
suit plutôt la force de gradient du fait du frottement; il est fortement influencé par la
topographie. En altitude, les vents sont complètement déviés par la force
géostrophique et suivent les isobars.
Figure 10: distribution des pression à la surface du globe et système des vents.
Figure 11: Distribution des cellules zonales dans l'hémisphère nord. La cellule équatoriale
est la cellule de Hadley, la cellule moyenne celle de Walker.
4.2 Répartition des masses d'air et circulation générale
* Comportement des masses d'air
Les masses d'air sont caractérisées par leur température et leur humidité qui déterminent leur
densité. Deux masses d'air contiguës mais de caractères différents ne se mélangent pas
immédiatement. L'interface qui les sépare s 'appelle un front. La masse d'air léger tend à
passer au-dessus de la masse d'air dense. Il s'agit souvent d'air chaud et humide; en s'élevant,
la vapeur se condense et des nuages se forment.
* La circulation intertropicale
Elle comprend une zone de haute pression au niveau de chaque tropique et une zone de basse
pression sous l'équateur appelée la Convergence Inter-Tropicale (CIT). L'air équatorial chaud
monte, la vapeur d'eau contenue se condense en nuages et génère de fortes pluies; le vent y est
faible: c'est le pot au noir, ou "doldrums", des marins. L'air devenu sec diverge en altitude
vers chaque tropique. Il se refroidit en altitude et redescend au niveau des tropiques où il
déterminent des hautes pressions sans vent horizontal et sans humidité: c'est la ceinture
désertique de la planète. Jadis, ces hautes pressions tropicales immobilisaient les bateaux à
voiles, les réserves d'eau douce s'épuisaient et on jetait les animaux par dessus le bord, en
particulier les chevaux destinés à l'Amérique, d'où le nom anglo-saxon de "horse latitudes".
Entre les hautes pressions tropicale et les basses pressions équatoriales s'établit un flux de
vent régulier dirigé vers l'ouest (SW dans l'hémisphère nord, NW au sud), les alizés. Ce sont
ces alizés qui ont porté Colomb vers le Nouveau Monde. On voit que les alizés de
l'hémisphère nord et ceux du sud convergent au niveau de l'équateur, c'est la CIT.
Localement, la surface de l'océan surchauffée donne naissance à une forte ascension d'air
chaud et humide qui s'enroule sous l'effet de la force géostrophique et donne un cyclone
tropical.
* La circulation en zones tempérées et froides
La répartition et le dynamisme des masses d'air sont déterminés par la proximité des hautes
pressions subtropicales et les hautes pressions polaires. Ces masses d'air chaud et d'air froid
ne se mélangent pas mais elles génèrent des différences de pression et sous l'action du jet-
stream s'organisent en systèmes dépressionnaires individualisés qui se déplacent d'Ouest en
Est. Ces perturbations correspondent aux zones de mauvais temps. Elles sont formées d'un
front chaud et d'un front froid isolant une masse d'air chaud et accompagnés de nuages et de
vents.
Figure 11: disposition des isobars et trajet des vents dans une perturbation sur l'Atlantique
Nord (vue cartographique). L'air chaud monte et la vapeur qu'il contient se condense. La
dépression s'accompagne d'une spirale de nuages orientée dans le sens antihoraire dans
l'hémisphère nord.
Figure 12: Structure de la même perturbation atmosphérique en 3D.
Les perturbations sont associées en familles. L'arrrivée d'une perturbation s'accompagne d'une
baisse de pression (dépression) qui se déplace généralement d'ouest en est dans l'Atlantique
nord à une vitesse variable voisine d'un millier de km par jour. Leur formation est amorcée
par la déviation en altitude du jet stream qui produit une sorte d'aspiration des couches
inférieures.
Figure 13: système nuageux associé à une perturbation atmosphérique.
Cu: cumulus CuNb: cumulo-nimbus St: stratus NbSt: nimbo-stratus ASt: alto-
stratus
Du fait de la fragmentation des masses d'air, la circulation des vents est complexe dans
l'hémisphère nord. Ils sont parallèles aux isobares en altitude seulement. En surface, ils sont
freinés surtout au-dessus des continents et ne sont pas parallèles aux isobares; ils convergent
et montent dans les zones de basses pression, ils divergent et descendent dans les zones de
haute pression.
Néanmoins les hautes pressions subtropicales dirigent vers le nord un flux d'ouest ou
"Westerlies" surtout constant et rapide en altitude (jet-stream). Ce même flux existe dans
l'hémisphère sud; il est beaucoup plus régulier puisque la surface des continents y est plus
faible. Ces vents d'ouest sont utilisés par les voiliers pour revenir des Amériques. Ils se
chargent d'humidité au dessus de l'océan et génèrent des nuages.
Figure 14: échelle de Beaufort; appréciation de la vitesse du vent d'après l'aspect de la mer.
5. LES CARTES METEOROLOGIQUES
Ces cartes décrivent les principaux phénomènes atmosphériques actuels ou à venir. Il en
existe de nombreux types. Les plus communes sont les cartes figurant les pressions au sol et
les fronts des perturbations. On peut y ajouter les courbes de température, la hauteur de
précipitation, le sens et la force des vents...
On utilise également la distribution des pressions en altitude. Plus exactement, on figure à
l'aide de courbes de niveau l'altitude de la surface où règne une pression de 500 hPa. Cette
surface apparaît ondulée avec des vallées, sièges des basses pressions, et des sommets, sièges
des hautes pressions. Pour faciliter la lecture, les altitudes sont exprimées en décamètres.
Figure 15: distribution des pressions au sol sur l'Atlantique Nord le 29 janvier 2000.
Une forte dépression installée sur la Mer du Nord se déplace vers la Scandinavie.
Une nouvelle dépression se creuse au large de Terre Neuve. Une zone
anticyclonique, prolongement de l'Anticyclone des Açores, est centrée sur la
Péninsule Ibérique.
En guise de conclusion, la circulation atmosphérique représente donc un vaste système
turbulent causé par la différence du bilan thermique de l'ensoleillement à l'équateur et aux
pôles. La gravité et l'effet de la rotation de la Terre modifient la répartition et la circulation
des masses d'air. La circulation est relativement simple dans la zone intertropicale et aux
pôles. Elle est bien plus complexe dans la zone tempérée où les déviations du jet-stream
provoque l'aspiration des masses d'air et la formation des dépressions que les météorologistes
n'ont pas fini d'analyser.
REFERENCES
AUPETIT H. (1996) - Manuel du vol libre. éd. Rétine.
DEGENS (1989) - Perspectives in biogeochemistry. Springer.
ESTIENNE P. et GODARD A. Climatologie. Coll. U.
JOLY A. (1995) - Le front polaire: un concept dépassé qui a la vie dure. La Recherche, 26, p.
128-135.
KANDEL R. et FOUQUART Y. (1992) - Le bilan radiatif de la terre. La Recherche, 23, p.
316-324.
MEGIE G. (1993) - Atomes et atmosphère. Mém. Soc. Géol. France, 162, p. 229-236.
METEOFRANCE (2002) - [Link]/
MORAN M.J. et MORGAN M.D. (1995) - Essentials of weather. Prentice Hall.
NEUKAMP E. (1993) - Prévision du temps. Nathan.
PEDELABORDE P. (1982) - Introduction à l'étude scientifique du climat. SEDES.
LIENS
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documentation...
révision du 28/11/2005
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Le climat
Le climat correspond aux conditions météorologiques moyennes (températures,
précipitations, ensoleillement, humidité de l'air, vitesse des vents, etc.) qui règnent sur
une région précise durant une longue période. Pour l'Organisation météorologique
mondiale, elle doit être d'au minimum 30 ans.
Les facteurs cosmiques dominent le modèle climatique. Ils imposent tout d'abord la zonation
thermique :
Hautes latitudes (froides) ;
Basses latitudes subtropicales et intertropicales (chaudes) ;
Latitudes moyennes, en situation intermédiaire (affrontement de masses d'air froides et
chaudes).
Ils imposent egalement la circulation atmosphérique générale et les zones d'affrontement :
Front polaire ;
Convergence intertropicale (équateur météorologique).
Celles-ci conditionnent la zonation de l'humidité (tendances pluviométriques à
l'emplacement des affrontements).
Les facteurs géographiques
Les éléments climatiques sont influencés par les facteurs géographiques locaux : la
latitude, l'altitude, la présence d'étendue d'eau plus ou moins importante, la disposition
et la caractéristique du relief, la végétation, mais aussi l'urbanisation.
Les facteurs géographiques altèrent le schéma zonal (répartition des océans intervenant
par leur masse, leur inertie thermique et les courants marins ; disposition des continents
et de leurs reliefs). Ils constituent un élément explicatif dont l'importance croît avec l'échelle
climatique retenue :
Climats régionaux ;
Climats locaux ;
Microclimats.
La mosaïque climatique du globe (avec ses grandes divisions : climat océanique, climat
continental, climat équatorial, climat tropical, climat méditerranéen, etc...) ne constitue qu'un
moment dans l'histoire géologique de la Terre.
La latitude
En ce qui concerne la latitude, les climatologues ont divisé la terre en cinq parties dont
chacune propose des durées du jour et des températures assez semblables pour toutes les
régions qui en font partie.
Zone intertropicale
La zone intertropicale est comprise entre les deux tropiques et est coupée en son milieu par
l'équateur. Tout au long de l'année, la durée du jour et de la nuit varie peu et à l'équateur le
soleil est toujours à la verticale d'un observateur hypothétique
Zone tropicale
En revanche, aux tropiques, il ne se trouve dans ses positions qu'une fois par an, mais son
incidence est tout de même très importante. Du fait de cette irradiation solaire élevée et
continue, il n’y a pas vraiment de saison froide dans cette partie du globe. Les températures
demeurent élevées tout au long de l'année.
Zone australe et boréale
Les parties tempérées australe et boréale sont comprises entre les deux tropiques et les deux
cercles polaires. Le soleil n'arrivant jamais au zénith, la durée du jour et le réchauffement
varient beaucoup au cours de l'année, entraînant des différences marquées entre les saisons.
Zone polaire
Quant aux deux régions polaires, la durée du jour et de la nuit y est très longue et plus on
s'approche des pôles Nord et Sud. Aux pôles, il n'y a qu'une seule nuit et un seul jour de six
mois. Comme les rayons du soleil arrivent très inclinés, les températures demeurent très
basses tout au long de l'année.
L'altitude
L'altitude est la hauteur d'un lieu par rapport au niveau de la mer. Plus on monte, plus
la température et la pression atmosphérique baissent et influencent directement les
précipitations. En moyenne, à la montagne la température baisse de 0,6 °C tous les 100
mètres.
L'adret et l'ubac
Dans les régions tempérées, la disposition et les caractéristiques du relief influencent
beaucoup le climat. Le soleil déploie ses rayons qu'au sud et au nord et à une hauteur
relativement basse. Les montagnes ont donc des caractéristiques différentes sur les deux
versants, l'adret et l'ubac.
L'adret désigne le versant d’une vallée de montagne qui bénéficient de la plus longue
exposition au soleil. Le versant opposé de la vallée est l'ubac.
Dans l'hémisphère nord, à des latitudes situées au nord du tropique du Cancer, l'adret est
généralement la face sud d'une montagne, le Soleil étant toujours au sud dans le ciel. En
versant sud, ou adret, la température est plus élevée et de ce fait la végétation monte plus haut
qu'en versant nord, ou ubac.
Aux pôles et à l'équateur, les reliefs n'influencent pas beaucoup le climat. En effet dans le
premier cas, le soleil fait un tour complet autour de l'horizon en éclairant les deux versants
d'une chaîne montagneuse éventuelle, et dans le second, ces rayons sont presque toujours
perpendiculaires au sol.
Les étendues d'eau
La distance par rapport à des étendues d'eau plus ou moins large exerce une grande
influence sur le climat, car l'eau absorbe et dégage de la chaleur bien plus lentement que
les sols ou la roche. Les amplitudes thermiques entre hiver et été sur les côtes et les zones
proches de la mer et des lacs sont moins intenses qu'à l'intérieur des terres, les hivers y sont
donc plus doux et les étés plus frais. La présence de mer et de lacs contribue à l'augmentation
de l'humidité de l'air.
L'océan mondial moteur du climat
C'est aux océans qu'on doit l'influence sur le climat des courants marins chauds ou froids, en
fonction de leur origine et de leur parcours. La différence de climat entre les côtes atlantiques
de l'Europe de l'Ouest et celle du Canada, pourtant situé à la même latitude, s'explique ainsi.
En effet, les côtes européennes sont plus chaudes en raison du Gulf Stream, un courant
océanique qui prend sa source entre la Floride et les Bahamas et se dilue dans l'océan
Atlantique vers la longitude du Groenland après avoir longé les côtes européennes.
La végétation
Autre facteur important : la présence de végétation. Avec le phénomène
d'évapotranspiration, elle absorbe la chaleur et dégage des quantités de vapeur
considérable. Les régions dont la végétation est dense ont un taux d'humidité élevé auquel
correspond une amplitude thermique inférieure. Les espèces végétales se divisent en quatre
grandes familles selon les températures où elles se développent :
Les mégathermes au-dessus de 20 °C ;
Les mésothermes entre 15 et 20 °C ;
Les microthermes entre 0 °C et 15 °C ;
Les hékistothermes au-dessous de 0 °C.