Chapitre II:
Méthodes électriques
Chapitre II : Méthodes électriques
1. Généralités
2. Résistivité électrique
3. Paramètres d’influence
4. Dispositifs de mesure
5. Tomographie électrique
Chapitre II : Méthodes électriques
1. Généralités
Introduction
La résistivité électrique permet la connaissance de la distribution des propriétés
physiques du sol. Elle dispose des avantages suivants :
méthode non-destructive
permet de couvrir de grandes surfaces d’investigation ainsi que de grands
volumes
générer un faible coût
facile à mettre en œuvre et adaptée à tous les types d’environnement
permet d’obtenir des images de surface et/ou en profondeur à un temps donné
ou de faire un suivi dans le temps
Chapitre II : Méthodes électriques
1. Généralités
Introduction
Il existe deux types de méthodes pour mesurer la résistivité électrique :
• les méthodes directes en courant continu (loi d’Ohm)
• les méthodes électromagnétiques (loi de Maxwell)
Chapitre II : Méthodes électriques
1. Généralités
Loi d’Ohm
Le physicien Allemand George Ohm a montré que la différence de potentiel « V »
aux bornes d'un dipôle passif est proportionnelle à l'intensité « I » du courant
électrique qui le traverse. Le facteur reliant la différence de potentiel à l’intensité
est appelé la résistance « R ». C’est la loi d’Ohm, qui s’exprime sous la forme :
Chapitre II : Méthodes électriques
1. Généralités
Loi d’Ohm
La résistance électrique « R » d’un milieu est fortement dépendante de sa
géométrie.
Mais cette résistance n’apporte pas directement d’information sur la nature et les
dimensions du matériau traversé. Il est donc nécessaire d’introduire la notion de
résistivité.
Chapitre II : Méthodes électriques
1. Généralités
Résistivité électrique
La résistivité électrique « Rho » (exprimée en Ω.m) d’un matériau représente sa
capacité à limiter le passage d’un courant électrique. Cette propriété est fortement
liée aux caractéristiques intrinsèques de ce matériau.
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1. Généralités
Résistivité électrique
Si l’on considère le cas simple de la figure ci-dessous, pour un cylindre de longueur
« L » et de section « A », la résistivité électrique s’exprime comme :
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2. Résistivité électrique
Mesure de la résistivité électrique
En pratique, une mesure de résistivité du sol nécessite 4 électrodes reliées à un
générateur de courant. Deux des électrodes, dites de courant (C1, C2), font circuler
dans le sol un courant continu d’intensité fixée et contrôler par un ampèremètre. La
différence de potentiel induite dans le sol par la circulation de ce courant est
mesurée par un voltmètre relié aux deux électrodes dites de potentiel (P1, P2).
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2. Résistivité électrique
Mesure de la résistivité électrique
L’ensemble (ampèremètre + voltmètre, éventuellement générateur de courant) est
appelé « Résistivimètre ».
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2. Résistivité électrique
Mesure de la résistivité électrique
Au niveau des points P1 et P2, le potentiel s’exprime selon :
La différence de potentiel entre P1 et P2 s’écrit alors :
et la résistivité du demi-espace homogène vaut :
Chapitre II : Méthodes électriques
2. Résistivité électrique
Résistivité électrique apparente
Un sol naturel est un milieu hétérogène et anisotrope, dans ce cas la résistivité
mesurée est dite apparente « ρa » car elle diffère de la résistivité réelle ou
intrinsèque du sol. La valeur de résistivité apparente obtenue lors d’une mesure
résulte en effet de la contribution de tous les matériaux traversés par le courant
injecté, en fonction de leur résistivité et de leur localisation par rapport aux sources
de courant.
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2. Résistivité électrique
Résistivité électrique apparente
Elle constitue un excellent moyen de normalisation des mesures en fonction de la
géométrie du système de mesure. L’équation précédente peut s’écrire de la façon
suivante :
Chapitre II : Méthodes électriques
2. Résistivité électrique
Résistivité électrique apparente
Le facteur géométrique « k » dépend du dispositif de mesure utilisé, c'est-à-dire de
la disposition relative des électrodes de courant et de potentiel. Dans le cas d’un
dispositif Wenner- , où C1P1 = P1P2 = P2C2 = a, le facteur géométrique « k »
équivaut à :
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2. Résistivité électrique
Différents dispositifs pour mesurer la résistivité électrique
La Figure ci-dessous présente plusieurs dispositifs de mesure différents et leur
facteur géométrique associé. Les caractéristiques des plus couramment utilisés
(Wenner- , dipôle-dipôle et Schlumberger) sont abordées en détails ci-après.
Chapitre II : Méthodes électriques
Chapitre II : Méthodes électriques
2. Résistivité électrique
Equipotentielles et lignes de courant
La circulation d’un courant continu dans un demi-
espace homogène infini isotrope entre 4 électrodes
est représentée figure ci-dessous. Le courant entre
dans le sol en un point C1 (+I) et en sort par un
point C2 (-I). Le potentiel en un point M
quelconque est la somme des contributions des
sources C1 et C2.
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2. Résistivité électrique
Equipotentielles et lignes de courant
Plus les lignes équipotentielles sont rapprochées, plus le
gradient électrique est fort.
Dans le cas illustré dans cette figure, le courant se concentre
surtout proche de la surface.
Chapitre II : Méthodes électriques
3. Paramètres d’influence
Des travaux scientifiques ont montrés la forte dépendance de la résistivité
électrique des variables intrinsèques des sols aussi bien physiques que chimiques.
Les sources principales d’influence sont :
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3. Paramètres d’influence
d’autres chercheurs ont montrés de fortes corrélations avec :
la texture (minéralogie, granulométrie, forme des particules)
la structure interne (distribution des dimensions des pores)
la profondeur et le type de substrat
La résistivité électrique dépend soit d’une variable intrinsèque si elle est
prédominante dans le milieu prospecté, soit d’un groupe de variables au sein duquel
des interactions très complexes existent.
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3. Paramètres d’influence
Ordre de grandeur de la résistivité
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4. Dispositifs de mesure
Choix du dispositif de mesure
Le choix du dispositif de mesure dépend de l’objet géologique étudié et des objectifs
recherchés (résolution spatiale, sensibilité,…). Chaque dispositif présente en effet
des avantages et inconvénients qui lui sont propres et qui sont liées à son
diagramme de sensibilité.
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4. Dispositifs de mesure
Choix du dispositif de mesure
La matrice de sensibilité du
dispositif dipôle-dipôle montre que
les mesures sont influencées par
une surface importante (zone
sombre), contrairement à celles
effectuées selon le dispositif
Wenner- qui affectent une zone
plus concentrée et mieux définie
verticalement.
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4. Dispositifs de mesure
Choix du dispositif de mesure
les dispositif Wenner et Wenner
se caractérisaient par une bonne
stabilité (faible sensibilité aux
courants parasites)
les dispositifs Dipôle-Dipôle, Pôle-
Dipôle et gradient permettent
d’obtenir une très bonne résolution
spatiale.
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4. Dispositifs de mesure
Avantages
a) Le dispositif Wenner
Recommandé pour les structures horizontales
Profondeur d’investigation plus faible que celle du dipôle - dipôle et du
Schlumberger
Le nombre de points d’acquisition est inférieur à celui du dipôle - dipôle et
Schlumberger
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4. Dispositifs de mesure
Avantages
b) Le dispositif Schlumberger
Recommandé à la fois pour les structures horizontales et verticales
Profondeur d’investigation est d’environ 10% plus élevée qu’avec le Wenner
Le nombre de points d’acquisition est inférieur à celui du dipôle - dipôle
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4. Dispositifs de mesure
Avantages
c) Le dispositif Dipôle - Dipôle
Recommandé surtout pour les structures verticales
Profondeur d’investigation et nombre de points d’acquisitions plus grand que les
deux premiers
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5. Tomographie électrique
Principe
La tomographie électrique permet de imager la résistivité apparente « ρa » du sol
selon un plan vertical 2D (comme une coupe de terrain) ou dans un volume de sol
(3D). Elle permet d’obtenir les variations de résistivité apparente en fonction de
la profondeur le long d’un profil.
Des électrodes métalliques plantés en surface du sol permettent de réaliser les
mesures. Des profils multiples sont interroges en augmentant régulièrement
l’espacement entre les 4 électrodes de mesures.
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5. Tomographie électrique
Principe
Les points de mesures sont ensuite reportés dans un plan vertical a une
profondeur proportionnelle à l’écartement des électrodes. Elles permettent la
construction d’une pseudo section.
Dans le cas de mesures en dispositif Wenner , par exemple, l’abscisse
représente généralement le centre du quadripôle et la profondeur est choisie
égale à la moitié de l’espace inter-électrodes « a ».
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5. Tomographie électrique
Matériels de mesure
Chapitre II : Méthodes électriques
5. Tomographie électrique
Mode d’acquisition
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5. Tomographie électrique
Résultats brutes
La figure ci-dessous présente des tomographies électriques obtenues avec trois
dispositifs différents sur un modèle constitué de deux corps identiques, infiniment
longs perpendiculairement au dispositif et éloignés de quatre fois leur largeur. Les
formes engendrées par un objet identique diffèrent fortement en fonction du
dispositif employé.
C'est la raison pour laquelle il est quasiment impossible d'interpréter correctement
une tomographie non inversée. Il est juste possible de faire quelques hypothèses
sur la distribution des résistivités apparentes.
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5. Tomographie électrique
Inversion
Afin d’obtenir la résistivité réelle du sol en chaque point de la coupe verticale, les
valeurs de résistivité apparente ρa doivent être inversées.
Le principe de l’inversion consiste à trouver des modèles de sol (résistivité réelle)
permettant d’expliquer les résistivités apparentes mesurées (pseudo-section).
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5. Tomographie électrique
Inversion
L’objectif de l’inversion est de minimiser l’écart entre la pseudo-section calculée
pour un modèle de sol et la pseudo-section mesurée, celui-ci étant généralement
quantifié par le critère des moindres carrés RMS (Root Mean Square), qui s’écrit :
ρcal et ρm représentent respectivement la résistivité apparente calculée et mesurée
en chaque point de la pseudo-section.
Divers logiciels (Res2Dinv, Res3Dinv,…) permettent de faire le traitement,
l’inversion et l’interprétation des données de résistivité électrique.
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5. Tomographie électrique
Processus d’inversion
Les différentes étapes de la méthode
d'inversion :
1/ Un modèle (C) est tout d'abord élaboré
soit à partir des données de résistivités
apparentes mesurées (A), soit à partir
d'informations à priori entrées par
l'utilisateur.
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5. Tomographie électrique
Processus d’inversion
2/ L'algorithme calcule ensuite la réponse
de ce modèle en y effectuant une
"acquisition fictive", le problème direct
(c'est à dire le calcul de résistivités
apparentes à partir de résistivités vraies)
étant connu (étape 1). On obtient alors le
profil calculé (B).
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5. Tomographie électrique
Processus d’inversion
3/ L'algorithme détermine alors le degré de
différence entre les données mesurées (A)
et le profil calculé (B) selon un certain
critère (étape 2).
Le modèle est ensuite modifié dans le but
de diminuer le degré de différence (erreur)
entre (A) et (B) (étape 3).
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5. Tomographie électrique
Processus d’inversion
L'opération est alors répétée de manière
itérative jusqu'à ce que le processus
converge (c-à-d que l'erreur ne diminue
plus de manière significative).
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5. Tomographie électrique
Exemple de résultat
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5. Tomographie électrique
Conseils pratiques
- En présence d’un terrain sans aucune connaissance préalable de la géométrie et la
nature des couches de sol à étudier, on utilise de préférence un dispositif
Schlumberger. Ce dispositif peut à la fois être utilisé en étude géologique à grande
échelle, en hydrogéologie, en génie civil, en archéologie et pour des problèmes
d’environnement.
- Il est recommandé d’utiliser les dispositifs Dipôle – Dipôle ou pôle – pôle pour
réaliser des cartographie en 3 Dimensions (3D).