Étude des endomorphismes et valeurs propres
Étude des endomorphismes et valeurs propres
CHAPITRE
Réduction
Introduction
Les méthodes présentées dans ce chapitre sont de deux types, qu’il convient de
souligner : les premières, de nature géométrique, reposent sur les notions de sous-
espace stable et d’éléments propres ; les secondes, de nature algébrique, font appel aux
polynômes annulateurs.
Ici, pour α = 0, on convient que les fonctions constantes sont des exponen-
Remarque 4 - 1
tielles particulières.
On a donc
S(α) = Ker(d − αIdE ) = Kγα .
Par définition un sous-espace propre n’est pas réduit à {0} (et encore moins
vide puisque c’est un espace vectoriel). Il est pourtant souvent intéressant de
considérer les espaces de la forme Ker(f − αIdF ). Seuls ceux qui ne sont pas
réduits à {0} peuvent être appelés espaces propres !
De même, par définition, un vecteur propre n’est pas nul. Autrement dit si
u est un vecteur propre (u) est une famille libre dans un espace propre (qui est
donc, rappelons-le, non réduit à {0}). Il est parfois tentant de considérer tous les
♥ vecteurs de Ker(f − αIdF ), mais l’ensemble des vecteurs propres associés à une
même valeur propre n’est pas un espace vectoriel : il ne contient pas 0. La raison
en est qu’on veut pouvoir associer à un vecteur propre la valeur propre qui lui
correspond. Et, par conséquent, la notion d’espace propre est bien plus agréable
à manipuler que celle de vecteur propre.
Par contre il n’y a aucune limitation aux valeurs propres. La valeur propre
nulle est même très importante puisqu’elle est associée au noyau. Ce qui permet
d’ailleurs de dégager la première propriété liée aux valeurs propres.
Injectivité
Un endomorphisme est injectif si et seulement s’il n’admet pas 0 comme valeur
Propriété 4 - 1
propre. En particulier, si F est de dimension finie, un endomorphisme de F est
inversible si et seulement s’il n’admet pas 0 comme valeur propre.
La famille (γα )α∈K est libre : on peut le vérifier directement, mais c’est en fait une
propriété générale des vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes.
et donc les ϕ(xi ) sont tous nuls. Or pour tout vecteur non nul on dispose d’une
forme linéaire ne s’y annulant pas. Il en résulte que les (xi ) sont tous nuls.
Cette propriété s’étend au cas où la famille n’est pas finie, en précisant ce que
somme directe veut dire. Si (EP i )i∈I est une famille de sous-espaces vectoriels d’un
espace vectoriel F , la somme i∈I Ei est par définition l’ensemble des combinai-
Pour aller plus loin sons
P linéaires presque nulles d’éléments de Ei , i.e. les sommes finies de la forme
avec fini et . Alors la somme i∈I i est dite
Pdirecte
P
x
i∈J i J ⊂ I, J x i ∈ E i E
si l’écriture dePtout élément de cet ensemble unique, i.e. pour x dans i∈I Ei ,
l’écriture x = i∈J xi définit J et les (xi )i∈J de façon unique.
On s’intéresse aux suites récurrentes linéaires définies par une relation de la forme
p−1
X
∀n ∈ N , un+p = ak un+k
k=0
On vérifie sans peine que c’est un endomorphisme de KN et que les suites géométriques
sont exactement les éléments de ses espaces propres. Plus précisément une suite géo-
métrique de raison α est un élément de Ker(τ − αId).
Intéressons-nous maintenant aux suites arithmético-géométriques. Soit donc α et β
deux scalaires et u une suite dans KN vérifiant
∀n ∈ N un+1 = αun + β .
Une suite constante n’est rien d’autre qu’une suite géométrique de raison 1,
et réciproquement :
Ker(τ − Id) = K1 .
On note souvent ∆ = τ −Id. C’est l’opérateur différence (ou accroissement). Ainsi
Remarque 4 - 5
∆(u)n = un+1 −un et ∆(∆(u))n = (un+2 −un+1 )−(un+1 −un ) = un+2 −2un+1 +
un . Plus généralement, il résulte de la formule du binôme de Newton, licite dans
ce contexte car τ et Id commutent entre elles
n
X n
∆k (u)n = (−1)n−k un+k .
k
k=0
On en déduit d’une part que tout élément de P peut s’écrire u = xγ1 + yγα , avec x et
y des scalaires, et d’autre part qu’on a τ (u) = xγ1 + αyγα .
Pour trouver les coordonnées on peut résoudre un système et pour ce faire, on peut
passer par un pivot de Gauss. Mais à cause des propriétés de commutation, on peut
penser plus efficacement :
u1 − αu0 β
x= = .
1−α 1−α
u1 − u0 (α − 1)u0 + β β
De même ∆(u) = y(α − 1)γα et y = = = u0 + et il vient
α−1 α−1 α−1
αn − 1
un = u0 αn + β .
α−1
αn − 1
si α = 1 , un = u0 lim αn + β lim = u0 + βn
α→1 α→1 α − 1
4 Sous-espaces stables
Dans tout ce chapitre E désigne un K-espace vectoriel, où K est un corps (que l’on
pourra supposer égal à R, C, Q ou à un corps fini).
Sous-espace stable
Soit F un sous-espace vectoriel de E. On dit que F est stable par u, ou u-
Définition 4 - 2 stable, si u(F ) ⊂ F . Dans ce cas on peut définir la bi-restriction de u à F , i.e.
|F |F
u|F l’endomorphisme de F induit par F : u|F ∈ End(F ).
1. Soit x dans E ; alors Kx est stable par u si et seulement s’il existe λ dans
K tel que u(x) = λx. En particulier si x est non nul, la droite Kx est stable
par u si et seulement si x est vecteur propre de u.
Propriétés 4 - 2
2. Si F et G sont u-stables, alors F ∩ G et F + G sont u-stables.
3. Soit p un projecteur sur F , i.e. p ◦ p = p et Im(p) = F , alors F est u-stable
si et seulement si p ◦ u ◦ p = u ◦ p ou encore (IdE − p) ◦ u ◦ p = 0.
Démonstration. Si x est nul tout λ convient, sinon x est une base de Kx et donc
u(Kx) ⊂ Kx si et seulement si u(x) ∈ Kx.
La stabilité de F ∩ G résulte de la définition de l’intersection. Celle de F + G de la
linéarité de u.
On a Im(u ◦ p) = u(F ) et Ker(Id − p) = F et donc (IdE − p) ◦ u ◦ p = 0 si et
seulement si u(F ) ⊂ F .
Valeur propre
Un scalaire λ est valeur propre pour u si et seulement s’il existe une droite
|D
Remarque 4 - 10 vectorielle D de E telle que D soit u-stable et u|D = λIdD . Autrement dit si et
seulement si la (bi-)restriction de u à D se comporte comme une homo-
thétie (de rapport λ).
Spectre
Définition 4 - 3
On appelle spectre de u l’ensemble, noté Sp(u), des valeurs propres de u.
En fait le spectre d’un endomorphisme n’est pas tout à fait ce qui est donné
par la définition précédente, mais les deux notions sont identiques en dimension
♠ finie, ce qui est le cadre du programme.
Le spectre, en tout généralité, désigne l’ensemble des valeurs spectrales, i.e.
des scalaires λ tels que u − λIdE n’est pas bijectif.
K tel que u(x) = λx x. Soit alors x et y deux vecteurs non nuls de E, si Kx = Ky,
|Kx
alors λx = λy puisque cette valeur commune est le scalaire λ tel que u|Kx = λIdKx .
Sinon (x, y) est libre et on dispose de λ tel que u(x + y) = λ(x + y). Par linéarité de
u, il vient λx x + λy y = λx + λy et par indépendance de (x, y), il s’ensuit λx = λy = λ.
Il en résulte, puisque u(0) = 0 = λ0 pour tout scalaire λ, que u est scalaire.
Rang 1
Si u est de rang 1, il a une valeur propre non nulle si et seulement si u2 6= 0.
En effet si λ est une valeur propre non nulle, on a Ker(u − λIdE ) ⊂ Im(u) et
donc, par dimension, Ker(u − λIdE ) = Im(u). Autrement dit u| Im(u) = λIdIm(u)
et donc u2 = λu 6= 0.
Exemple 4 - 3 En fait pour x dans E on a u(x) = ϕ(x)v pour une certaine forme linéaire ϕ
et un certain v dans E (tous deux non nuls). Par conséquent u2 = ϕ(v)u et on a
u2 6= 0 ⇐⇒ ϕ(v) 6= 0 et cette dernière propriété est équivalente au fait que v soit
vecteur propre (ce qu’il est toujours) pour une valeur propre non nulle. Dans ce
cas les vecteurs propres associés à une valeur propre non nulle sont les vecteurs
non nuls de Kv.
Produit tensoriel ♠
Si u est un endomorphisme donné par u(x) = ϕ(x)v avec v ∈ E et ϕ ∈
L (E, K), on note u = ϕ ⊗ v (lire « ϕ tenseur v »). Si ϕ ou v est nul, alors u
aussi. Sinon Im(u) = Kv et Ker(u) = Ker(ϕ). Réciproquement si v 0 est dans
Notation Im(u) et Ker(ϕ0 ) = Ker(ϕ), alors il existe un scalaire λ tel que u = λϕ0 ⊗ v 0 .
On a également les propriétés suivantes λ(ϕ ⊗ v) = (λϕ) ⊗ v = ϕ ⊗ (λv), et ces
relations sont celles qui définissent la notation ⊗ (lire « produit tensoriel »). Pour
les vérifier il suffit d’écrire que ces trois endomorphismes, appliqués à un même
vecteur x, donnent le même résultat, à savoir λϕ(x)v.
Afin de trouver une expression matricielle simple, on se ramène à une base adaptée
Cardinal du spectre
Soit u un endomorphisme d’un K-espace vectoriel E.
1. Si (λi )i∈I est une famille (finie) de scalaires distincts deux à deux, alors
Proposition 4 - 6 la
Q famille (Ker(u − λi IdF ))i∈I est en somme directe, P i.e. l’application de
i∈I Ker(u − λi IdF ) dans F donnée par (xi )i∈I 7→ i∈I xi est injective.
2. Si E est de dimension finie, alors le cardinal de Sp(u) est majoré par la
dimension de E, i.e. |Sp(u)| ≤ dim(E).
5 Expression matricielle
Toute matrice dans Mn (K) peut être interprétée comme un élément de End(Mn,1 (K))
ou encore de End(Kn ). On lui associe alors, comme précédemment, valeurs propres,
vecteurs propres et spectre. Néanmoins il est naturel de s’intéresser à l’ambiguïté sou-
levée par ces interprétations et donc à la stabilité des notions par isomorphisme.
Changement de base
Soit x dans E et u dans End(E). On note X et X 0 les matrices associées à x
relativement aux bases (e) et (e0 ) respectivement, i.e. X = (e∗i (x))1≤i≤n et X =
Rappel 0 (e0 )
(ei∗ (x))1≤i≤n , A = Mat(e) (u), A0 = Mat(e0 ) (u) et P = P(e) = (e∗i (e0j ))1≤i,j≤n .
Alors on a
X = P X0 A0 = P −1 AP et AX = P A0 X 0 .
— pour λ dans Sp(A), l’espace propre pour A associé à λ est Ker(A − λIn ),
i.e. l’ensemble des X dans Mn,1 (K) tels que AX = λX.
Spectre et conjugaison
Soit P dans GLn (K) et A dans Mn (K). On a
1. Sp(A) = Sp(P AP −1 ) ;
Proposition 4 - 8
2. pour tout λ dans Sp(A), Ker(P AP −1 − λIn ) = P. Ker(A − λIn ) ;
3. en particulier, pour tout λ dans Sp(A), Ker(P AP −1 − λIn ) ' Ker(A − λIn )
et leurs dimensions sont égales.
6 Diagonalisabilité
Diagonalisabilité
On dit que u est diagonalisable s’il existe une base B de E telle que MatB (u)
Définition 4 - 5
soit diagonale, i.e. s’il existe une base B de E formée de vecteurs propres pour u.
On parle alors de base propre.
où pEλ est le projecteur sur Eλ parallèlement à la somme directe des autres sous-
espaces propres.
|F
Démonstration. Pour λ dans K, le noyau de u|F − λIdF est nul si λ 6∈ Sp(u) et vaut
F ∩ Eλ sinon. On le
X note alors Fλ , de sorte que les Fλ sont en somme directe.
X Soit
x dans F et x = xλ avec xλ ∈ Eλ . On a par définition u(x) = λxλ et
λ∈Sp(u) λ∈Sp(u)
X
par stabilité de F , on en conclut λxλ ∈ F . Par récurrence immédiate pour tout
λ∈Sp(u)
X
entier naturel k, on a λ xλ ∈ F et donc pour tout polynôme P dans K[X],
k
λ∈Sp(u)
X
P (λ)xλ ∈ F . En spécialisant cette relation en un polynôme de Lagrange, il
λ∈Sp(u)
vient xλ ∈ F et donc xλ ∈ Fλ . On conclut que F est somme des sous-espaces propres
|F
de u|F , i.e. que ce dernier est diagonalisable.
D’après les considérations précédentes sur la stabilité des notions par isomorphisme
7 Polynôme caractéristique
Polynôme caractéristique
L’expression det(λIdE − u) est polynomiale en λ. Le polynôme associé dans
Définition 4 - 6
K[X] est appelé polynôme caractéristique de u. On le note χu , de sorte qu’on
peut écrire χu (λ) = det(λIdE − u).
X n
Y
χu = χA = det(XIdE − A) = ε(σ) (Xδi,σ(i) − aiσ(i) )
σ∈Sn i=1
on doit avoir σ(i) = i pour au moins n − 1 entiers i, i.e. σ doit avoir au moins n − 1
!
a b
Si n = 2, on a A = et alors χA = X 2 − (a + d)X + ad − bc, i.e.
c d
!
Exemple 4 - 5 1 1
χA = X 2 − Tr(A)X + det(A). On en déduit que est diagonalisable, de
1 1
valeurs propres 0 et 2, puisque les racines de χA sont de somme 1+1 et de produit
1 × 1 − 1 × 1.
Trace et déterminant
Si χu est scindé, alors
X n
X Y n
Y
Proposition 4 - 12 Tr(u) = mλ λ = λi et det(u) = λmλ = λi ,
λ∈Sp(u) i=1 λ∈Sp(u) i=1
Y n
Y
Démonstration. Si χu est scindé, on a χu = (X − λ)mλ = (X − λi ).
λ∈Sp(u) i=1
X X
dim(Eλ ) ≤ mλ ≤ dim(E)
λ∈Sp(u) λ∈Sp(u)
avec égalité si et seulement si, pour la seconde inégalité, χu est scindé sur K et, pour
la première inégalité, pour tout λ dans Sp(u), dim(Eλ ) = mλ .
Si χu est simplement scindé, il est scindé et, pour tout λ dans Sp(u), dim(Eλ ) =
mλ = 1. Il en résulte que u est diagonalisable.
0 0 1
Soit A =
0 0 1. On a χA = X − X − 2X et donc Sp(A) = {−1, 0, 2}.
3 2
Exemple 4 - 6 1 1 1
Comme χA est simplement scindé, A est diagonalisable. On obtient directement
les espaces propres : Ker(A) = R(e1 − e2 ), Ker(A + I3 ) = R(e1 + e2 − e3 ) et
Ker(A − 2I3 ) = R(e1 + e2 + 2e3 ).
Diagonalisabilité et commutant
Si v commute à u, alors v stabilise Eλ pour tout λ dans Sp(u). En particulier
si u est diagonalisable, relativement à une base adaptée à la décomposition en
somme directe E = ⊕λ∈Sp(u) Eλ , la matrice de v est diagonale par blocs. Par
conséquent si χu est simplement scindé, la matrice de v est alors diagonale. La
Remarque 4 - 14 réciproque est directe.
Autrement dit le commutant d’une matrice diagonale dont tous les éléments
diagonaux sont distincts deux à deux est exactement l’ensemble des matrices
diagonales. Il est donc de dimension n.
Ce n’est pas le cas en général : la dimension du commutant est souvent plus
grande. Par exemple si u est l’identité, son commutant est End(E).
8 Théorème de Cayley-Hamilton
est la suivante :
Sous-espaces caractéristiques
Si λ est valeur propre de u avec multiplicité m, l’espace donné par
Définition 4 - 8
Eu,λ,m = Ker((u − λIdE )m
3 1 1
Soit A = . Comme Tr(A) = 3, Tr(com(A)) = −1 − 4 − 1 = −6 et
1 0 2
1 2 0
det(A) = 2 − 2 × (6 − 1) = −8, on a χA = X 3 − 3X 2 − 6X + 8, puisque le terme
de degré 1 s’obtient en faisant la somme des mineurs principaux.
Comme 1 est racine évidente, on factorise et il vient Sp(A) = {1, 4, −2}. Pour
trouver les vecteurs propres, on utilise le théorème de Cayley-Hamilton. On a
χA = (X − 4)(X − 1)(X + 2) et donc Im((A − I3 )(A + 2I3 )) ⊂ Ker(A − 4I3 ). On
calcule par exemple u = (A + 2I3 )e1 et v = (A − I3 )u, à savoir u = (5, 1, 1) et
v = (12, 6, 6), et on a v ∈ Ker(A − 4I3 ), ce qui permet d’obtenir (2, 1, 1) comme
Exemple 4 - 7 vecteur propre associé à 4.
On trouve de même (−1, 1, 1) associé à 1. En fait (A − 4I3 )e1 est déjà dans
Ker(A − I3 ) et on ne peut utiliser e1 pour trouver un vecteur propre associé à
−2. On prend donc e2 et on trouve u = (A − I3 )e2 = (1, −1, 2) et (A − 4I 3 )u =
−1 0 5
(0, 9, −9), donc (0, 1, −1) est associé à −2. On prend P = 1 et il
1 1
1 −1 1
vient
1 0 0
P AP = 0 −2 0
−1
.
0 0 4
9 Trigonalisation
Trigonalisabilité
On dit que l’endomorphisme u est trigonalisable (ou triangularisable) s’il
Définition 4 - 9 existe une base de E relativement à laquelle u admet une matrice triangulaire.
Autrement dit u est trigonalisable si et seulement s’il existe un drapeau maxi-
mal u-stable.
Nilpotence
On dit que l’endomorphisme u est nilpotent s’il existe k dans N tel que uk
Définition 4 - 10
soit nul. Si uk = 0 mais uk−1 6= 0, on dit que u est nilpotent d’indice k et que
k est l’indice de nilpotence de u.
Critère de trigonalisation
Théorème 4 - 5
L’endomorphisme u est trigonalisable si et seulement si χu est scindé.
Cette suite est formée de sous-espaces u-stables et constitue donc le drapeau cherché.
Dit autrement on choisit une base de E en procédant ainsi : on se donne une base de
Ker(u), puis on la complète en une base de Ker(u2 ), puis on la complète en une base
de Ker(u3 ) etc. jusqu’à obtenir une base de Ker(uk ), i.e. de E. Comme u(Ker(u2 )) ⊂
Ker(u) et, plus généralement, pour tout entier naturel p, u(Ker(up+1 )) ⊂ Ker(up ), la
matrice de u dans cette base est triangulaire par blocs.
Trigonalisation sur C
Corollaire 4 - 1 Si E est un C-espace de dimension finie, alors tout endomorphisme u est
trigonalisable.
1 −2 −3
Soit A = .
Exemple 4 - 9 2 −4 −6
−1 2 3
Comme rg(A)
= 1 et Tr(A)
= 0, on a χA = X 3 . Il en résulte que A est trigonalisable
0 ∗ 0
et semblable à puisqu’elle est de rang 1 (donc le noyau est de dimension 2).
0 0 ∗
0 0 0
Plus précisément
le noyau
admet pour équation x − 2y − 3z = 0 et on peut par exemple
2 3 1
prendre P = 1 et il suffit donc de calculer la matrice correspondante dans la
0 0
0 1 0
0 0 2
0 0 −1. On pourrait obtenir une
base représentée par P pour obtenir P −1 AP =
0 0 0
0 1 0
forme « normale », à savoir
0 0 0 en prenant comme second vecteur un vecteur
0 0 0
hors du noyau, comme premier vecteur son image par u et enfin comme troisième
1 1 2
2 0 1.
vecteur un vecteur du noyau indépendant du premier, par exemple Q =
−1 0 0
1 1 1
Soit A = .
Exemple 4 - 10 0 −1 2
0 −3 4
0 0 2
1 0 5
par A − I3 , donc e2 + e3 est dans Ker((A − I3 )2 ). On choisit donc P =
0 1 2
0 1 3
1 2 0 1 1 0
0 1 0. La forme « normale », à savoir 0 1 0
et il vient P −1 AP = est
0 0 2 0 0 2
2 0 5
obtenue avec Q = 0 .
1 2
0 1 3
−2 −1 2
Soit A = .
Exemple 4 - 11 −15 −6 11
−14 −6 11
X +2 1 −2
On a χA = 15 X +6 −11 et donc, après calculs, χA = (X − 1)3 . D’où
14 6 X − 11
Sp(A) = {1}.
−3 −1 2
−3 −1
On a A − I3 = −15 −7 11 et donc, puisque = 21 − 15 = 6 6= 0,
−15 −7
−14 −6 10
A − I3 est de rang 2. De plus Ker(A − I3 ) est engendré par e1 + e2 + 2e3 . On calcule
alors
−4 −2 3
(A − I3 )2 =
−4 −2 3
−8 −4 6
et donc Ker((A−I3 )2 ) est le plan d’équation −4x−2y +3z = 0. Tout vecteur u hors de
ce plan sera tel que (u, (A − I3 )u, (A − I3 )2 u) est libre. On choisit u = e2 + e3 , de sorte
que (A − I3 )2 u = e1 + e2 + 2e3 . On a alors Au = e1 + 5e2 + 5e3 = u + e1 + 4e2 + 4e3 et
on pose v = e1 + 4e2 + 4e3 , de sorte que Au = u + v. On a enfin Av = 2e1 + 5e2 + 6e3 =
v + e1 + e2 + 2e3 et on pose w = e1 + e2 + 2e3 , de sorte que Av = v + w et Aw = w.
1 1 0 1 1 0
On choisit donc P = 1 4 1 et il vient P AP = 0 1 1.
−1
2 4 1 0 0 1
10 Applications
10 1 Endomorphismes nilpotents
La caractérisation des endomorphismes trigonalisables donne également la propriété
suivante
Endomorphismes nilpotents
L’endomorphisme u est nilpotent si et seulement si χu = X dim(E) ou encore
Propriété 4 - 6
udim(E)
= 0 ou encore sa matrice est semblable à une matrice triangulaire supé-
rieure à diagonale nulle.
10 2 Endomorphismes de rang 1
Si u est de rang 1, il est donné par u(x) = ϕ(x)v avec ϕ ∈ L (E, K) et v ∈ E
tous deux non nuls. En prenant une base de E contenant une base de Ker(ϕ), il vient
χu = X n−1 (X −Tr(u)). En prenant v comme premier vecteur de base et en complétant,
on obtient Tr(u) = ϕ(v). Comme Sp(u) = {0, ϕ(v)} et dim(Ker(u)) = n − 1, u est
diagonalisable si et seulement si ϕ(v) 6= 0 ou encore si seulement si E = Im(u)⊕Ker(u).
Dans ce cas une base de diagonalisation est donnée par une base de Ker(u) et v. Sinon u
est trigonalisable (nilpotente d’indice 2) et semblable par exemple à E2,1 . Remarquons
également u ◦ (u − Tr(u)IdE ) = 0.
10 3 Suites homographiques
On s’intéresse aux suites homographiques, i.e. vérifiant une relation de récurrence
de la forme
αun + β
∀n ∈ N , un+1 =
γun + δ
avec (α, β, γ, δ) ∈ C4 . On se restreint tout d’abord au cas où la suite ne prend jamais
de valeur telle que γun + δ = 0.
On note, pour x ∈ C, Dx la droite engendrée par xe1 + e2 . Comme, pour n dans
N, (un+1 , 1) est proportionnel à (αun + β, γun + δ), on a Dun+1 = ADun en notant A
!
α β
la matrice .
γ δ
Supposons maintenant que ! A soit diagonalisable. On se donne P telle que P AP =
−1
a b
diag(λ, µ) avec P = . On a alors P (Dun+1 ) = diag(λ, µ)P (Dun ). Autrement
c d
dit, si on pose xn = aun + b et yn = cun + d, alors C(xn+1 , yn+1 ) = C(λxn , µyn ).
En supposant encore une fois que tout est bien défini, il vient, en posant tn = xn /yn ,
λ
tn+1 = tn et on peut donc en déduire le comportement de (tn ).
µ
Par exemple si |λ| < |µ|, alors (tn ) tend vers 0. On en déduit que (xn ) tend vers 0
et donc (un ) tend vers −b/a (car a ne saurait être nul).
Si A!n’est pas diagonalisable, P peut-être choisie de sorte que P AP −1 soit égale à
λ 1 1
avec λ dans C. La suite (tn ) est alors arithmétique de raison .
0 λ λ
Pour traiter tous les cas, il faut être plus soigneux et étudier la nullité de certaines
ax + b
expressions. Le point le plus important est de noter que x 7→ admet une fonction
cx + d
réciproque si et seulement si ad − bc 6= 0 et alors sa fonction réciproque est aussi
homographique : la première est définie de C \ {−d/c} dans C \ {a/c}, du moins si
c 6= 0 car dans ce dernier cas on a affaire à des applications affines bijectives.
11 Compléments
11 1 Codimension
Soit u dans L (E, F ) avec E de dimension finie. Alors u est de rang fini et on
Proposition 4 - 14 a
rg(u) + dim(Ker(u)) = dim(E) .
11 2 Dualité
Soit B une base de E, avec B = (ei )i∈I , alors on note (e∗i )i∈I la famille définie
par X
∀x ∈ E , x = e∗i (x)ei ,
i∈I
Définition 4 - 14 i.e. les e∗isont les formes coordonnées par rapport à la base B. Alors (e∗i )i∈I
est une base de E ∗ , notée B ∗ et appelée base duale de la base B. L’application
x 7→ (e∗i (x))i∈I est la bijection réciproque de l’isomorphisme de KI sur E donné
par la base B.
Les éléments de B et B ∗ satisfont aux relations d’orthogonalité de Krone-
cker, à savoir : he∗i | ej i = δij .
On en déduit directement
Cette assertion n’est vraie qu’en dimension finie : en dimension infinie les
Danger
espaces E et E ∗ ne sont jamais isomorphes.
Pour tout vecteur non nul de E, il existe (au moins) une forme linéaire sur E
Proposition 4 - 15
qui prend la valeur 1 sur ce vecteur.
Soit E = Kn [X] et B = ((X − a)k )0≤k≤n , alors B ∗ = (ek )0≤k≤n avec, pour P
Exemple 4 - 12 P (k) (a)
dans Kn [X], ek (P ) = .
k!
Toute base de E ∗ est la base duale d’une unique base de E appelée base
Proposition 4 - 16
anté-duale ou pré-duale de la base considérée.
Démonstration. Soit (ϕk )1≤k≤n une base de E ∗ , alors on a E ' Kn via l’isomor-
phisme x 7→ (ϕk (x))1≤k≤n . En effet l’application considérée est bien linéaire et son
noyau est formé des vecteurs dont l’image par tous les ϕk est nulle, donc son image
par E ∗ est nulle et en particulier par des formes coordonnées (dans une base quelconque
de E), i.e. cette application est injective. Par égalité des dimensions entre E et E ∗ et
puisque cette dimension est finie, il en résulte qu’on a bien affaire à un isomorphisme.
La base anté-duale cherchée est l’image réciproque de la base canonique de Kn .
Ker(ei ) et donc F = Vect (ej )e∗ 6∈G par un raisonnement similaire à ce qui précède.
∗
j
e∗
i
∈G
Exercices
Exponentielles c. On s’intéresse au polynôme de Lagrange Qiα
(X 2 + ω 2 )(X + iα)
donné par .
4 -1 F Conjugaison (ω 2 − α2 )2iα
Pour α dans C, on note γα la fonction de R dans C d. On note z = u(y) avec u = Qiα (d). Démontrer
donnée par γ(x) = exp(αx). On note E = C ∞ (R, C) et u(y) = aγiα et en déduire a =
E
.
d l’endomorphisme de E donné par d(f ) = f 0 . 2i(ω 2 − α2 )
a. Démontrer que γ est une fonction nulle part nulle. e. Démontrer b =
E
et en déduire que
−2i(ω 2 − α2 )
b. Soit µα la multiplication par γα , i.e. µα (f ) = γα f .
E sin(αt)
Démontrer que c’est un isomorphisme de E dans lui- fournit une solution particulière.
ω 2 − α2
même.
f. Calculer z(0) avec z = v(y), v = Q(d) et Q = Qiω =
c. Démontrer µα ◦ d ◦ µ−1
α = d − αIdE . (X 2 + α2 )(X + iω) Eα
d. En déduire Ker (d − αIdE ) = µα (Ker(d)) et retrou- . En déduire c = 2 +
(α2 − ω 2 )2iω (α − ω 2 )2iω
ver ainsi les solutions de y 0 = αy. 1 Eα + α − ω
2 2
= .
2iω (α2 − ω 2 )2iω
4 -2 FF Ordre 2
g. Conclure l’étude en démontrant qu’on a pour t réel
On reprend les notations de l’exercice 4 - 1. Soit α et
β deux complexes distincts et P = Ker(d2 − (α + β)d + Eα + α2 − ω 2 E
y(t) = sin(ωt) + 2 sin(αt) .
αβId). (α2 − ω 2 )ω ω − α2
a. Démontrer qu’une base de P en est (γα , γβ ).
b. Exprimer la matrice de d dans cette base. Suites récurrentes linéaires
X −α 1
c. On note Q = et ainsi Q(d) = (d − 4 -4 F Dimension
β−α β−α
αIdP ). En utilisant la matrice précédente, démon- Soit p dans N∗ et Q un polynôme unitaire dans
p−1
trer que Q(d) est le projecteur sur la droite engen- X
drée par γβ . Cp [X]. On note Q = X p − ak X k et τ l’endomor-
k=0
d. Comment interpréter en terme de racines de Q, l’in- phisme de CN donné par τ (u)n = un+1 .
clusion Ker(d − αIdP ) ⊂ Ker(Q(d)) ?
a. Donner une interprétation de Ker(Q(τ )), avec
e. Calculer Q2 (α) et Q2 (β) et en déduire Q2 (d)|P = p−1
Q(d)|P .
X
Q(τ ) = τ p − ak τ k .
f. Démontrer Ker(d − βIdP ) ⊂ Im(Q(d)) et en déduire k=0
Ker(d − βIdP ) = Im(d − αIdP ). b. Déterminer la dimension de Ker(Q(τ )).
4 - 11 s F Rang pair
où (X n )(k) dénote la dérivée ke du polynôme X n .
Soit A dans Mn (R) tel que A3 + A2 + A = 0. Dé-
c. Démontrer que cette formule est encore vraie si montrer Im(A) = Ker(A2 + A + In ) et en déduire que A
α = 0. est de rang pair.
On reprend les notations de l’exercice 4 - 5. Soit i Soit E = C0 (R+ , R), l’espace vectoriel des fonctions
dans J1; mK et x dans Ker((τ − αi Id)pi ). continues sur R+ , à valeurs réelles et de limite nulle en
+∞.
a. Démontrer qu’il existe U et V dans C[X] tels que On définit T dans L (E) par T (f )(x) = f (x + 1).
Montrer que les valeurs propres de T sont les réels
de ] − 1; 1 [ et trouver les vecteurs propres associés.
Y
U (X − αi )pi + V (X − αj )pj = 1 .
1≤j≤m
j6=i 4 - 13 s EN 2021-5946 FF Valeur propre com-
mune ♥
b. En déduire Soit A, B dans Mn (C). Montrer que A et B ont une
valeur propre commune si et seulement s’il existe X dans
Mn (C), non nul, tel que AX = XB.
Y
x = V (τ ) ◦ (τ − αj Id)pj (x)
1≤j≤m Y-a-t-il unicité de la matrice X ?
j6=i
4 - 14 s C 2011 FF Forme linéaire et valeurs
puis propres
Xque Ker((τ −αi Id) ) est en somme directe avec
pi
Ker((τ − αj Id)pj ). Existe-t-il une forme linéaire ϕ sur Mn (C) telle que,
1≤j≤m pour tout M dans Mn (C), ϕ(M ) soit une valeur propre
j6=i de M ?
Lm
c. Conclure E = Ker(Q(τ )) = i=0
Ker((τ − αi Id)pi ). 4 - 15 s INP 2015 FF Matrice de permutation
d. Démontrer que les éléments de E sont exactement Soit A la matrice de M2n+1 (R) dont l’endomor-
les suites vérifiant phisme canoniquement associé a vérifie : a(e1 ) = e1 +
e2n+1 et ∀i ∈ J2; 2n + 1K, a(ei ) = ei−1 + ei .
∀n ≥ p0 un = P1 (n)λn
1 + · · · + Pm (n)λm
n
a. Déterminer le polynôme caractéristique de A.
b. Montrer que A est inversible.
où P1 , . . ., Pm sont des polynômes de degrés respec-
tifs au plus p1 − 1, . . ., pm − 1. c. Écrire A−1 sous la forme d’un polynôme en A.
d. Déterminer les valeurs propres complexes de A. Cal- 4 - 21 s M 2019 F Spectre d’une composée
2n
kπ Soit f et g dans End(E), avec E de dimension finie,
Y
culer cos .
2n + 1 f diagonalisable et f ◦ g = f + g.
k=0
Rn−1 . a. Diagonaliser A.
4 - 27 s FF Sous-espaces vectoriels stables b. En déduire eA .
Déterminer les sous-espaces vectoriels de R3 stables
4 - 33 s FF Diagonalisabilité
par la matrice A dans les deux cas suivants :
a. Soit u dans L (E) et (E1 , . . . , Ep ) une famille de
1 1 −1 −3 −3 2
sous-espaces u-stables tels que E = ⊕pi=1 Ei . Établir
A = 1 1 1 et A = 1 1 −2 .
l’équivalence : u est diagonalisable ⇐⇒ ∀i ∈ J1; pK,
1 1 1 2 4 4 u|Ei est diagonalisable.
b. Montrer que la matrice de u dans toute base est dia- a. Montrer qu’on peut écrire X 3 + pX + q = λ(X +
gonale et que cette matrice est invariante par chan- u)3 + µ(X + v)3 , avec λ, µ, u et v des scalaires, si
gement de base. En conclure que u est une homo- et seulement si (1, 0, p/3, q) sont les quatre premiers
thétie. termes d’une suite récurrente linéaire d’ordre 1 ou 2.
c. Que se passe-t-il si E n’est plus supposé de dimen- 3q
b. Montrer qu’en général u + v = et uv = −3p et
sion finie ou que K n’est pas un sous-corps de C ? p
en déduire les formules de Cardan dans ce cas.
4 - 47 s M 2019 F Hyperplan et inversibles c. Traiter les cas particuliers p = 0 et 4p3 + 27q 2 = 0.
a. Montrer que pour toute forme linéaire ϕ de Mn (R) 4 - 53 C 2019 FFF Isomorphismes de groupes
dans R, il existe A dans Mn (R) telle que pour toute linéaires
matrice M de Mn (R), on ait ϕ(M ) = Tr(AM ).
Soit n et p deux entiers distincts. Existe-t’il un iso-
b. Soit H un hyperplan de Mn (R). Montrer que H morphisme de GLn (K) dans GLp (K) ?
rencontre GLn (R). Indication : Trouver quelque chose d’invariant par
cet isomorphisme.
4 - 48 s F Trigonalisation sur C
Soit u un endomorphisme de E, espace vectoriel de 4 - 54 C II 2019 FFF Algorithme de Faddeev-
dimension finie sur C. On définit u∗ dans End(E ∗ ) par Le Verrier
u∗ (ϕ) = ϕ ◦ u.
a. Soit A dans Mn (K). On pose τ0 = 0 et B0 =
a. Montrer que u∗ admet un vecteur propre et en dé- In . On définit ensuite, pour k entre 1 et n, τk =
duire que u admet un hyperplan stable. 1
− Tr(ABk−1 ) et Bk = ABk−1 + τk In . On pose fi-
b. En déduire que u admet un drapeau maximal stable k
n
et qu’il est trigonalisable. 1 X
nalement C = − Bn−1 et P = X n + τk X n−k .
τn
4 - 49 s F Théorème de Cayley-Hamilton k=1
Écrire une fonction en Python qui prend une ma-
Soit u un endomorphisme de E, espace vectoriel de trice A en argument et renvoie P et C.
dimension finie sur C. D’après l’exercice 4 - 48, on
dispose d’une base de trigonalisation de u, notée (ei ) b. Tester la fonction précédente sur une matrice aléa-
et on note (λi ) les éléments de Sp(u), numérotés de toire, donner P (A) et AC, et faire une conjecture.
sorte que Ei , avec Ei = Vect (e1 , . . . , ei ), soit stable et c. Soit E un K-espace vectoriel, p un entier naturel non
u(ei ) − λi ei ∈ Ei−1 . nul, G une forme p-linéaire sur E et γ1 , . . ., γp des
a. Montrer que (u − λ1 IdE ) ◦ · · · ◦ (u − λi IdE ) est nul fonctions dérivables de R dans E. Donner la dérivée
sur Ei . de t 7→ G(γ1 (t), . . . , γp (t)).
b. Conclure que le théorème de Cayley-Hamilton est d. On note pour x dans K, H(x) = com(xIn − A)T
vrai sur R et même sur tout sous-corps K de C. et χA le polynôme caractéristique de A. Montrer
χ0A (x) = Tr(H(x)).
4 - 50 M 2019 FF Inverse de Vandermonde e. On se donne n matrices carrées R0 , . . ., Rn−1 telles
n
a. Redémontrer l’expression factorisée du déterminant
X
que H(x) = Rn−1−k xk .
de Vandermonde. k=1
b. Déterminer l’inverse de la matrice de Vander- i. Justifier l’existence de telles matrices.
monde. Interpréter en tant que matrice de passage ii. Rappeler ce que vaut (xIn − A)H(x), exprimer
dans l’espace vectoriel des polynômes. χA en fonction de R0 , . . ., Rn−1 et finalement
trouver une relation de récurrence sur les Rk .
4 - 51 s FF Commutant ♥
iii. Montrer finalement ∀k ∈ J1; n − 1K, Rk = Bk .
Soit u ∈ L (E) où E est un K-espace vectoriel de
dimension finie et c(u) = {v ∈ L (E) | [u, v] = 0}. f. Conclure finalement P = χA et C = A−1 .
a. Montrer que c(u) est un espace vectoriel et en déter- g. Question supplémentaire posée à l’oral à la fin : quel
miner la dimension quand u est diagonalisable. est l’intérêt de la méthode ?
b. Comparer c(u) et K[u] 4 - 55 s ENS P 2017 FFF Décomposition de
c. Étudier le cas où u est nilpotent. Bruhat
Soit A et B dans Mn (C). Montrer qu’il existe une
4 - 52 FF Formules de Cardan base (ei )1≤i≤n de Cn et σ dans Sn tels que (ei )1≤i≤n
On étudie une équation de degré 3 de la forme soit une base de triangularisation de A et (eσ(i) )1≤i≤n
X 3 + pX + q = 0. en soit une de B.