CM4 : L’invention d’une avant-garde américaine après-
guerre
Comme en Europe, mais de manière moins complexe et moins caricaturale.
NY : Expressionnisme abstrait.
Considéré comme l’art américain, promu par les USA.
Confortés dans cette pensée…
Artistes installés…
Les USA pensent que l’art moderne qu’ils ont créé est en rupture avec celui européen
(qui a mené à la Shoah).
Volonté d’imposer un art international, correspondant aux velléités de domination
diplomatique/économique.
Serge Guilbaut : pour lui, la réussite artistique est liée à la volonté impérialiste des
USA.
I) Se détacher de l’Europe
Méfiance envers l’Europe après nazisme, donc les américains sont désenchanté.
Histoire de couper le cordon.
Deux mondes qui vont progresser sur deux voies séparées.
Dans cette perspective, 47 est une année de rupture.
A) Pollock et la rupture de 1947
Jackson Pollock (1912-56)
Marqué à 13 ans par la visite d’une réserve indienne. Beaucoup de déménagements, il
est alcoolique à l’âge de 15 ans.
1930 : intrègre l’Art Students’ League
Devient l’élève de Thomas Art Benton, a abandonné le cubisme pour qq chose de
plus figuratif, la peinture régionaliste américaine.
Fréquente des muralistes mexicains, comme David Alfaro Siqueiros.
Il s’intéresse au surréalisme, au travail d’André Mason et à la psychanalyse.
Scènes de mythologies et de meurtre :
Naked Man with Knife, 38-40.
Sa peinture va changer : il va masquer le figuratif derrière des hiéroglyphes bizarres
(Guardians of the secret/The She-Wolf).
Exposition personnelle en 43. Il obtient un contrat personnel avec une galerie.
Pollock se marie, s’installe dans une ferme et il peint dehors.
Il étale ses toiles par terre. Il adopte le dripping, il devient un héros de l’art américain.
Meurt d’un accident de voiture lié à l’alcool en 1956.
Ce que les gens retiennent et enlèvent :
On enlève son intérêt pour le Mexique, les amérindiens et son intérêt pour l’art du
Pacifique.
De ses influences européennes, on retient Picasso et …
On dit que pendant la guerre il aurait rejeté le brutalisme et il aurait inventé le
dripping.
Dripping : On plonge le pinceau, et ensuite on balance sur une toile au sol, c’est
sportif. Mouvements pendulaires, sinuosités.
On dit que sa technique picturale relève du chamanisme. On présente Pollock comme
un homme de l’Ouest taciturne, proche des forces de la terre.
On en parle comme l’avènement de l’expressionnisme abstrait en 47.
B) Une fausse rupture
47 c’est une fausse rupture, c’est plus pratique, début de la position impériale des
USA.
Mais Pollock continue à faire du surréalisme : War, 1947.
Quand ils reviennent de l’Europe, ils vendent car ils reviennent à NY.
Comme ils vendent, on a plus besoin de Paris. De plus, la communication se fait mal,
c’est cher de faire venir des œuvres.
On sait ce qui s’est fait, mais on ne sait plus ce qui se passe, on pense qu’il n’y a rien
de nouveau.
Qui s’y intéresse ? Tapié et Mathieu, sinon en Europe on s’intéresse pas trop aux
œuvres américaine, condescendance.
Italie à la mode dans les 50s. La vie à Rome coute moins cher qu’à Paris. Peggy
Guggenheim achète italien, elle achète de l’art futuriste, le futurisme.
Contexte politique :
Hystérie anti communisme, là où en Europe le communisme représente une
alternative sérieuse.
Donc tous les artistes américains qui ont eu des contacts européens sont suspects.
Met = Metropolitan Museum of Art.
46 : Advancing American Art, expérience au Met avant de le diffuser ailleurs. Dirigé
par le State department (affaires étrangères).
Mais American Artist Professional League dit que les œuvres sont marquées par
l’influence européenne, c’est-à-dire communiste.
Affaire discutée au Congrès.
House Un-American Activities Committee (HUAC).
Cette chasse au sorcière va pointer du doigt les activisme réel ou non.
Ex : Ben Shahn, The meaning of Social Security. Bourgeois qui regardent des
travailleurs, chômeurs à côté = associé au communisme.
On veut plus d’un art moderne lié à l’art européen. Donc rupture progressive.
La classe libérale supérieure a des sous et veut le dépenser, veut un art national…
développement art local, débarrassé d’engagements politique, d’engagements
existentiels. L’artiste doit aller jusqu’à la souffrance intérieure, art du self made man,
du Moi.
Les artistes sont portés par un marché critique, mouvement global. On peut se dire
engagé sans l’être politiquement. Artistes qui vont satisfaire une élite, demandeuse
d’une culture américaine, nationale, supérieure.
II) Un art national
A) Du discours…
Véhiculé par des artistes (Motherwell, Rothko), des critiques (Greenberg,
Rauschenberg), Alfred Barr (directeur du MoMA).
Expressionisme abstrait divisé en deux tendances :
D’un coté, l’action painting. Formule inventé par Rosenberg en 52. Fin du figuratif.
Plus sur la représentation, mais sur l’idée de rencontre, représentation de force. Va
amener au All Over, c’est-à-dire que y en a partout, peinture partout.
Pollock :
En 47, Cathedral.
47, Full Fathom Five.
All Over aussi.
On va numéroter les toiles, on leur donne plus de titre pendant un moment.
Deuxième tendance de l’expressionnisme abstrait : Le color field painting.
Théorisée par Greenberg.
Aplats de couleurs, qui transmettent le sentiment du peintre. On est plus dans la
contemplation, la méditation. Donc il faut peindre de grands tableaux pour pouvoir
s’immerger.
Newman, Still, Ad Reinhardt, Gottlieb, etc.
Rothko, études aux USA. Mais quand il découvre un numerus clausus sur les juifs, il
abandonne ses études.
Il peint du figuratif, abandonne rapidement.
Il a un choc en voyant une œuvre de Matisse.
40s : travail de nuance des couleurs. Très connu.
Mystique de la couleur, il contemple ses propres toiles.
14 toiles inaugurées en 71, 1 an après la mort par suicide de Rothko.
Les marchands s’y intéressent : Exposition Jeunes peintres aux etats-unis et en
France.
Sous-entend qu’il y a un art américain.
Cette jeunesse va jouer avec les médias.
51 : Dans le magasine Life, « The Irascibles », se disent en colère car on ne
s’intéresse pas à eux. Ils écrivent une lettre de protestation, ils sont 18 à la signer.
1949 : Pollock, Magasine Life, « greatest living painter in the United States ? »
Populaire de par son histoire, idée d’un mec qui ne vient de rien.
Idée d’une méthode, authentique, qui compte plus que le résultat. Donc on va
photographier Pollock en train de peindre, plus que ses toiles.
Hans Namuth, photos de Pollock, œuvres qui sont considérés les plus grandes de
l’histoire de l’art américain.
La photo du peintre en action devient celle du héros en action, il devient un héros.
Donc sa mort en fait quelque chose de tragique, retrospective Pollock dès 57.
B)…au mythe
mythe nourri de la connaissance de certains artistes de la culture amérindienne, qui
permet de s’éloigner de l’Europe et de s’inscrire dans un héritage national, ancien,
territoire idéalisé mais sans histoire (on parle pas du massacre des indiens). Tri
sélectif du passé qui permet d’établir un discours patriotique.
Expression du sublime américain. Newman, Homme héroïque sublime. Le discours
marche tellement bien que Gottlieb va se mettre aussi au Color Field.
57 : Three hundred years of American Art, par Alexander Eliot = apothéose de l’art
américain.
49 : achat Number 4 de Pollock par le MoMA.
En 51, le MoMA achète Number 10, de Rothko, et exposition Abstract painting and
sculpture in America au MoMA.
Donc le public suit, la presse aussi.
L’expressionnisme devient un instrument de luxe.
Réformes fiscales, notamment grâce à la réforme du code des impôts en 54 : Quand
on fait un don aux musées, c’est déductible des impôts. Sachant que + la cote du
peintre est haute, plus haute sera la déduction.
Objet de spéculation, à tel point que les milieux marchands rejettent tout ce qui est
européen, les derniers abstraits sont ostracisés.
C) Un art internationalisé, académisé, rejeté
Enjeu politique. Les USA sont persuadés du génie de leur art, donc le monde entier
doit en être persuadé.
51 : Exposition La voix de l’Amérique.
Accélération après 53, création de l’US Information Agency, vouée à la
communication. Lien entre le MoMA et la CIA.
Nelson Rockfeller est au conseil d’admin du MoMA, et va ensuite rejoindre la CIA.
Idée de redorer l’image américaine, car ça va mal aux USA en 1953
1953 : Exécution d’Ethel et Julius Rosenberg, soupçonnés d’être espions
communistes + guerre de Corée.
Problème du triomphe relatif car académisation comme en Europe. Le succès
marchand est un problème pour les artistes, victimes de leur succès.
Collage de Ad Reinhardt, Art of Life of Art, 1952.
Les prix montent trop vite, le marché s’emballe.
Le Metropolitan achète un Pollock pour 30 000 USD.
On parle de tyrannie de l’expressionnisme abstrait, Ad Reinhardt parle de club fermé.
Club privé créé, « The Club », qu’on qualifie d’école de NY. 90 privilégiés, dont sont
exclus ceux qui ne correspondent pas à la ligne. On entre sur invitation, on paie
l’admission, etc.
90 artistes, pas une seule femme. Les femmes sont exclues de l’héroïsme artistique
national.
Pollock passe pour l’inventeur du dripping, mais déjà Hans Hoffmann faisait ça.
Pareil, Pollock a été inspiré par les peintures de Janet Sobel.
Elle expose chez Piggy Guggenheim, Pollock est sidéré.
Sobel doit abandonner la peinture car allergique à la peinture.
Immigrée juive ukrainienne, femme, donc elle est exclue de cette idée de héros.
Les héros artistiques américains sont des hommes blancs new yorkais.
La femme de Pollock, Lee Krasner, ont vécu 10 ans ensemble. Elle peint des petits
formats et dès qu’elle est divorcée elle peint des grandes toiles.
Willem de Kooning : à partir de 51/52, il ne peint plus que des femmes.
Kooning dit ne pas être expressionniste abstrait, dit « s’exprimer [lui]-même ».
Pollock peint de moins en moins, son dernier tableau, Search, c’est plus trop du
dripping. Tableau inachevé car il se sent perdu.
58 : le doute est tel que Art News titre « Y a-t-il une nouvelle académie ? », mort de
l’expressionnisme abstrait. Il meurt au moment où il perce à l’étranger.
Pourquoi on le découvre tardivement ?
Les expos d’art américain en Europe sont différentes, et le travail expressionniste
abstrait est très tardif.
Piggy Guggenheim montre du Pollock en Europe, mais pas du dripping.
176 toiles de Pollock en Europe, seules 76 dripping, le reste c’est du surréaliste et du
figuratif (?), donc c’est pas le héros américain qui est présenté.
Véhémences confrontées : George Mathieu, fait venir des américains. Veut écraser la
peinture américaine en prétendant la montrer.
GB : Quand on montre du Pollock ça provoque pas grand-chose.
Allemagne : en découverte de l’abstrait lyrique, donc ça intéresse pas.
en 1953, expo, on sait pas combien de visiteurs car pas grand monde.
Tandis qu’à Paris, 100 000 visiteurs pour l’art mexicain.
Paris : 50 ans d’art aux Etats-Unis, pendant 3 mois, 2 500 visiteurs = véritable bide.