0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
4 vues6 pages

Signification de la banane de Cattelan

L'art contemporain est souvent perçu comme une satire de l'esthétique traditionnelle, illustré par des œuvres provocatrices comme la banane scotchée de Maurizio Cattelan. Les critiques de cet art soulignent son élitisme, son manque de sensibilité et son lien avec le marché, tandis que des tensions politiques émergent entre différentes idéologies sur sa valeur et sa signification. Ce mouvement artistique, qui a débuté après la Seconde Guerre mondiale, se caractérise par une rupture avec les conventions, une diversification des matériaux et une importance accrue du discours autour des œuvres.

Transféré par

kylgoat
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats ODT, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
4 vues6 pages

Signification de la banane de Cattelan

L'art contemporain est souvent perçu comme une satire de l'esthétique traditionnelle, illustré par des œuvres provocatrices comme la banane scotchée de Maurizio Cattelan. Les critiques de cet art soulignent son élitisme, son manque de sensibilité et son lien avec le marché, tandis que des tensions politiques émergent entre différentes idéologies sur sa valeur et sa signification. Ce mouvement artistique, qui a débuté après la Seconde Guerre mondiale, se caractérise par une rupture avec les conventions, une diversification des matériaux et une importance accrue du discours autour des œuvres.

Transféré par

kylgoat
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats ODT, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Histoire de l’art contemporain

CM1 : Introduction à une histoire de l’art contemporain

Plus une histoire politique qu’une histoire esthétique.


Images de bananes sur internet en novembre/décembre 2024, en lien à la vente le 20
nov dernier d’une banane scotchée à un mur, vendue 6,2 M de dollars. Mise à prix
800 000 dollars, vente estimée entre 1 et 1,5 M.

Œuvre intitulée « Comedian », par Maurizio Cattelan, en 2019. C’est une œuvre
d’art, mais c’est une banane remplacée.
Pourquoi cette banane ? Cattelan avait l’habitude de scotcher une banane au mur de
son hotel à Miami pour le stimuler. En remerciement à Miami, il a offert une de ses
bananes à un musée. Il en a produit 3 autres qu’il a vendu, fait vendre par un galeriste
parisien, qui a un stand à Miami. Les 3 exemplaires ont été vendus (120 000 et 150
pour la 3e).

Polémique : Ny Post, David Datuna fait un happening, « Hungry artist », où il mange


la banane.
Ça a fait exploser la popularité de la banane, images sur internet.

La banane achetée 120 000 a été revendue 6,2 M, mangée par son acquéreur, un
chinois fortune en crypto monnaie.

3 choses :
L’art contemporain est souvent moqué, car l’humour permet de tenir à distance les
choses qu’on comprend pas, l’absudre, et de se moquer des
riches/puissants/poseurs/imposteurs.

Attentat II, I AM, 1993 : jeunes de Marseille dans une galerie en Aix en Provence,
satire de l’art contemporain et des milieux où cet art est apprécié.

L’art contemporain est à la mode, Louis Vuitton s’y intéresse.


L’art contemporain nous est contemporain, on en parle : ceux qui se moquent, qui y
croient, ceux qui y sont opposés.
L’art contemporain agace, et a agacé dès le début, les artistes eux-même : Robert
Motherwell, critique Frank Stella, dit que cela le remplit d’une « sorte d’horreur ».
Les critiques d’art sont aussi sceptiques : Philippe Dagen, critique ceux qui font de la
provocation, tire avantage du capitalisme. Jouent du système de médiatisation.

Système, marché organisé.

Ces critiques apparaissent dès les 60s, certains l’appellent le non-art.


Joseph-Emilie Muller, L’art et le non-art.
On reproche à l’art contemporain de ne pas être beau, de heurter la morale/décence,
s’en prend aux religions, au patriotisme, à la dignité humaine.
Critiques plus récentes, après explosion du marché dans 80s/90s.
Critiques ethiques/civiques, manque de transparence, on critique l’élitisme et
l’opacité de la prise en charge de l’art contemporain, on dénonce la recherche de
profits financiers qui cadre mal avec l’idée qu’on se fait des artistes.
On critique le discours, l’intellectualisme qui accompagne les œuvres, il n’y a plus de
sensibilité, direct des commentaires/analyses.
Critique du snobisme, d’être superficiel, manque de signification.

Très vite, tout cela prend une tournure politique, dans laquelle on retrouve tous les
côtés.

Droite/extreme droite : On se plaint du déclin de l’esthétique, du déclin de l’art à la


française, le bel art. Benjamin Olivennes, philosophe : pas d’intérêt, déclin de la
civilisation, accuse Jack Lang et Malraux (l’État). Critique Jeff Koons (le chien
gonflable nul là), mais il y a toujours de l’intérêt à Jeff Koons. Olivennes veut pointer
un déclin français face à une mondialisation, une perte des valeurs françaises.

Gauche : discours tout aussi virulent, mais la différence c’est qu’on critique plus le
coté social que l’esthétique. Franck Lepage : « complot américain », formes d’art qui
ne disent rien, « cuculs, concons, bêbêtes et rigolos ». Pour lui, c’est le rêve du
capitalisme de créer de la valeur sans travail, en mettant les travailleurs de côté. Il
accuse le ministère de la culture d’être complice des riches. On joue tout le temps
avec les limites, c’est une transgression mais pas de subversion. Des mutins de
panurge, des moutons des riches.
Exemples approximatifs, plusieurs erreurs.

Concurrence politique pour savoir qui aura le monopole de la parole sur l’art
contemporain. Discours qui se rejoignent : anti américanisme, populisme, etc.

L’art contemporain c’est autre chose que des objets ou des œuvres, c’est-à-dire qui
crée une rupture, une innovation. Donc qu’est-ce que c’est l’art contemporain ?

« L’art contemporain est un pôle d’attraction, rien de plus, rien de moins ».

Période artistique ?
Art moderne et art contemporain ne correspondent pas aux époques modernes et
contemporaines. Art moderne commence fin XIXe, art contemporain commence
moitié XXe.

La majorité des œuvres vendues de nos jours sont des œuvres d’art moderne.
2007 : Damien Hirst, For the love of god, crâne avec diamants, vendu à 100 M
dollars. Première fois que l’art contemporain pète les scores.

On fait débuter l’art contemporain après la WW2, en 45, d’autres disent qu’il apparaît
dans 80s, explosion post modernisme.
Évènements importants : Chute du mur de Berlin (89), fin apartheid (91), impact sur
le monde de l’art.

Question pérennité des œuvres : question nom art contemporain après 25 ans, plus
contemporain.
Pareil, certaines sont en matières organiques : robe en viande, ballots de lauriers.
L’obsolescence programmée des œuvres est-elle compatible avec l’art
contemporain ?

Certains font des œuvres continues, work in progress :


Fabrice Hyber, mur de rouge à lèvre qu’il faut badigeonner pour pas que ça sèche.
Khaled Dawwa, Voici mon cœur !, ville syrienne sculptée, il intervient de temps en
temps.

Consensus parmi les critiques d’historiens de l’art pour dire que ça commence dans
les 60s, qui se singularise par des expériences, des mouvements : population art
(Andy Warrol), les actionnistes, le mouvement fluxux, le landart, le support surface,
etc.
Matériaux de plus en plus variés, matériaux périssables, on peut avoir recours au
corps de l’artiste ou d’autres, aux excréments, au vide, donc de moins en moins
recours à la peinture.

… « Sur les cendres du moderne » …


Catherine Millet : Les années 60 sont le triomphe du modernisme. En 66, 400 000
personnes sont venues voir l’expo Picasso au grand palais. Frontière entre art
moderne et contemporain.

Marc Furoli (?), pour lui l’art contemporain c’est de l’imposture, moderne forgé à
Paris début XXe, art contemporain imposture des américains.

Le marché américain est très important, à tel point qu’il décide de la chronologie. Les
salles des ventes ont créé, avec les salles art ancien et art moderne/impressionniste,
une troisième salle d’art contemporain.


Art contemporain, mot fourre-tout (???).
Est-ce que parler de période est pertinent, sachant que les deux styles coexistent.

Est-ce un genre esthétique ?


Il y a des acteurs qui décident de ce qui est qualifié d’art contemporain ou non :
artiste lui même, marchands, curateurs (ou commissaires avant), critiques d’art,
journalistes spécialisés, musées, collectionneurs, organisateur de foire, etc.

beaucoup de décideurs, mais peu de facteurs de décision.


- Conservateurs de musée : Pour eux, l’art contemporain c’est des contraintes, par les
matériaux et procédés, souvent intransportables, insaisissables, sales, ce qui leur
contraint à s’adapter, c’est une difficulté technique.
Directeur art contemporain de Montréal : on fait du neuf ou on recycle du vieux.

- Historiens de l’art : thierry deduf (??) : ce qui peut être considéré comme pas de
l’art (?).

Opposition entre formes d’art : moderne, contemporain…


Bénédicte Martin : 3 types de discours :
1er discours : L’artiste est un « artisan qui peint des tableaux, recherche l’harmonie »
= artiste classique.
2e discours : œuvres sotn des peintures/sculptures, mais rupture dans les conventions
= art moderne
3e discours : objets, pour décrire le travail des artistes, créations qui doivent être
singulières mais dont l’accès suppose d’être initié.

3 discours, donc apparemment 3 genre d’art.

Mais contemporain très différent :


- Joseph Beuys, Comment expliquer les tableaux à un lièvre mort, 1965. A expliqué
des tableaux à un lièvre mort.
- On Kawara, Date paintings, a peint la date à laquelle il a peint, entre 1966 et 2014,
3000 tableaux.
- Robert Smithson, Spiral Jetty, 1970. 6 650 tonnes de basalte déplacées pour créer
une spirale sur le grand lac salé aux USA.

Donc on peut pas vraiment parler de genre esthétique commun.

L’art contemporain comme paradigme

Nathalie Heinich : pas une définition générique. Ça se joue à un autre niveau que la
nature des œuvres.
Paradigme : structure géénrale des conceptions admises à un moment donné à propos
d’un domaine de l’activité humaine, socle cognitif partagé par tous.

Nouvelle façon de concevoir l’art et son monde, inscrit dans un système de pensée
différent de l’ancien = nouvelle conception du monde.
Phénomène socio économique récent.
Différentes caractéristiques :
- Importance du discours, pas d’art contemporain sans blabla. Donc rôle primordial
des spécialistes en position d’intermédiaires entre les œuvres et le public.
Commentaire permanent, qui est nécessaire parce qu’il donne du sens à l’œuvre et
parce qu’il lui donne de la valeur. Le discours participe de l’oeuvre elle même. Le
discours met l’oeuvre à la disposition du public, intermédiaire obligé. « L’art
contemporain est son image » = ce qu’on en dit.
- Diversification des matériaux, disparition de la peinture encadrée et de la sculpture
sur socle, caractère souvent insatisfaisant des reproductions. La peinture n’a pas
totalement disparu, mais concurrencée. La peinture industrialisée (rouleau, etc),
quand elle est utilisée, on reconnaît pas la main de l’artiste. (ex : Andy Warhol,
peinture mais on reconnaît pas le coup de main).
Les artistes ne font plus leurs peintures eux-même, c’est ouvriers/assistants qui le
font. Donc l’oeuvre n’est plus l’objet proposé par l’artiste. Ou alors l’objet n’a pas de
valeur, ou alors l’objet a disparu. Ex : Marcel Duchamp, Fontaine, urinoir qui en
réalité a disparu et que l’artiste a refait. L’objet n’est plus qu’un prétexte, ce qui
compte c’est l’idée. Idée insoluble de droit d’auteur (bleu Klein). En art
contemporain, le concept de l’oeuvre, c’est l’oeuvre. Les idées sont considérées
comme des œuvres et revendiquées en tant que tel par les artistes. Ex : Wall Drawing,
par Sol LeWitt. Il les fait pas, par contre il vend le descriptif pour pouvoir les faire.
Ex : Claude Rutault, Toiles à l’unité, tableaux qui ont la même couleur que le mur où
ils sont accrochés.

La frontière qui voulait qui séparait le monde de l’art du reste a disparu, cette
frontière c’était le cadre du tableau.
Violences dans le monde de l’art lié à la singularité
- Prégnance de la valeur de singularité, jeu avec les frontières, crédit accordé à toute
forme de mise à distance, effacement des critères de beauté. Catherine Millet : le
jusqu’au boutisme, plutôt que le savoir faire. Les artistes contemporain sont héritiers
de l’art moderne qui a tout fait, donc on refait, on répète, condamnés au
recommencement. Art du scandale, de la provocation, c’est ça qui fait vendre.
Heinich : « paradoxe permissif », les critiques par leur permissivité, le marché incite
à toujours faire plus spectaculaire pour pouvoir vendre. Question de la transgression
des frontières, radicalisation des propositions artistiques, recul des limites.
Ex : Joana Vasconcelos, A Noiva, 2001. Vase constitué de 25 000 tampons
hygiéniques. Refusé à Versailles en 2012. En 2015, Anish Kappor expose le Dirty
Corner, on le surnomme le « vagin de la reine », preuve du recul de la frontière.
Ex : Libera, crée 7 boites de Lego de camps de concentration. Scandale en 2002 à
NY. Cattelan fait encore plus fort en mettant une statue d’un gamin en prière devant
le ghetto de Varsovie mais en fait c’est Hitler.

Singularité teintée de violence. Violence, dans les 60s, qui nait à une période où on
réagit tardivement à la WW2.
Dégout de la servitude sociale, rejet des corps… Mémoire de la guerre…
Conflit, on est dans une société conflictuelle donc l’art contemporain est une
traduction de ces conflits.
« L’unique moyen de sortir du carnage est dans être l’auteur ».
Jusqu’alors, l’art est la célébration du progrès, là on y croit plus, on représente
l’archaisme dans l’homme.

- Liens étroits entre les acteurs du marché privé (galeristes, collectionneurs) et acteurs
des institutions publiques (conservateur de musée, commissaire d’exposition,
directeur de centre d’art) et l’internationalisation des échanges.
Catherine Millet : avant garde = rupture, art contemporain = lien, nouvelle
communauté. L’acquéreur veut entrer dans une sorte de club qui le rassure et le
gratifie, le cercle des connaisseurs qui détiennent la même œuvre.

- Problèmes logistiques d’installation et de déplacement des œuvres :


Les œuvres sont de plus en plus encombrants, grands. Donc intervention de corps de
métiers spécifiques. Artiste supervise ou non : ferronnier, souffleur de verre,
ingénieur, spécialiste vidéo/son, chercheurs en biologie (lapin fluorescent, Alba).
Ex : Mur de poils de Carotte, Michel Blazy, 2002. Plusieurs tonnes de purée de
carotte. Attendre que ça moisit. Après, on a du retirer : ouvriers en combinaison, ont
mis 4 jours (??).

Artistes qui s’interroge sur des thèmes, il y a des vrais artistes qui ne sont pas en
interaction avec le marché.
Dimension géopolitique : se joue parfois des rivalités internationales.
Même la fumisterie doit être prise au sérieux pour ce qu’elle dit sur notre société.

Donc analyse d’après perspective socio-historique, pourquoi ça existe.

Comment à partir de 45, on a basculé de l’art moderne à l’art contemporain.

Bibliographie :
Dictionnaire d’art moderne et contemporain, 2000s.
L’aventure de l’art au XXe (contient un glossaire), J-L Ferrier.
Époque contemporaine, Dagen & Hamon.

Ouvrage historiques :
Joyeux-Prunel, Naissance de l’art contemporain.
Nathalie Heinich, le paradigme de l’art contemporain.
Joyeux-Prunel et G. Crozet, l’art contemporain, une infographie.
Catherine Millet, L’art contemporain en France/L’art contemporain, histoire et
géographie. (pas vraiment un ouvrage d’histoire).
Paul Ardenne, Art, l’âge contemporain.
Dorléac, L’ordre sauvage.

Vous aimerez peut-être aussi