Lors d’un mouvement de convergence, deux lithosphères continentales peuvent entrer
en collision. Contrairement aux lithosphères océaniques, ces plaques continentales
sont peu denses et ne s’enfoncent pas dans le manteau. Cette rencontre entraîne alors
une série de déformations et de phénomènes géologiques caractéristiques d’une
collision continentale.
L’un des indices les plus visibles est la formation de chaînes de montagnes plissées et
chevauchées. Sous l’effet des contraintes tectoniques, la croûte se comprime, se plisse
et forme des nappes de charriage. Un exemple emblématique est l’Himalaya, issu de la
collision entre la plaque indienne et la plaque eurasienne. Le rapprochement progressif
de ces deux plaques, après la disparition de l’océan qui les séparait, a conduit à la
surrection de cette chaîne de montagnes.
Cette collision provoque également un épaississement marqué de la croûte
continentale, pouvant atteindre jusqu’à deux fois son épaisseur normale. Ainsi, la
profondeur du Moho (discontinuité entre croûte et manteau) est plus grande dans les
zones de collision, comme cela a été observé dans les Alpes.
Un autre indice essentiel est l’intensité de l’activité sismique. Les zones de collision
présentent de nombreux séismes, à différentes profondeurs, qui traduisent les tensions
internes dans la lithosphère. Ces séismes sont souvent puissants, comme celui du
Sichuan en Chine, et provoquent des dégâts importants dans les zones montagneuses.
La collision donne également lieu à la formation de roches métamorphiques, sous l’effet
de fortes pressions et températures. Par exemple, dans les Alpes, on trouve des roches
ayant subi différents degrés de métamorphisme : schistes verts (à hornblende), schistes
bleus (à glaucophane), ou encore des éclogites. On peut également retrouver des
roches issues de la croûte océanique ou du manteau, comme le basalte, le gabbro ou
la péridotite, témoins d’anciens planchers océaniques métamorphisés.
Le gneiss est une autre roche métamorphique fréquente dans les Alpes, comme celui
observé dans le massif du Pelvoux. Issu du granite, il présente une réorganisation de
ses minéraux selon des plans appelés schistosité, due à la pression et à la
température, mais sans fusion : le métamorphisme se fait à l’état solide. Sa structure
témoigne des fortes contraintes exercées lors de la collision.
Enfin, dans le cas des chaînes de montagnes d’Oman, la dynamique tectonique a été
différente : il y a environ 100 millions d’années, une plaque océanique a été obductée,
c’est-à-dire poussée sur le bord d’une plaque continentale. Ce phénomène d’obduction
a formé les montagnes d’Oman. Cependant, cette collision ancienne n’est plus active
aujourd’hui, ce qui explique la faible activité sismique et volcanique actuelle dans la
région.