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Déformations rachidiennes et scolioses

Le document traite des déviations rachidiennes, notamment la scoliose, la cyphose et les lordoses, en définissant leurs caractéristiques, étiologies et traitements. Il souligne l'importance du dépistage précoce, en particulier chez les enfants, et décrit les différentes classifications et méthodes de diagnostic. Les traitements varient selon la gravité de la déformation et incluent la surveillance, le port de corsets ou la chirurgie.

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Déformations rachidiennes et scolioses

Le document traite des déviations rachidiennes, notamment la scoliose, la cyphose et les lordoses, en définissant leurs caractéristiques, étiologies et traitements. Il souligne l'importance du dépistage précoce, en particulier chez les enfants, et décrit les différentes classifications et méthodes de diagnostic. Les traitements varient selon la gravité de la déformation et incluent la surveillance, le port de corsets ou la chirurgie.

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DEVIATIONS -RACHIDIENNES

I. Définition :
Toutes les déformations qui peuvent être attribué au rachis :
 A dominance frontal :
o La scoliose : la plus fréquente
o Les attitudes scoliotiques
 A dominance sagittal :
o Les hypercyphoses
o Les hyperlordoses
II. Rappel anatomique du rachis :
Le rachis est un véritable axe central assure deux fonctions
 Supporte le tronc
 Protège l’axe nerveux central
Le rachis harmonieux est constitué par l’empilement de 33 vertèbres dont 24 sont
mobiles, (7 cervicales, 12 thoraciques et 5 lombaires), associées à des vertèbres
sacro-coccygiennes soudées. Seules les vertèbres mobiles peuvent faire une rotation
authentique.
- Dans le plan frontal : Rectiligne
- Dans le plan sagittal, le rachis comporte 4 courbures physiologiques :
 Lordose cervicale
 Cyphose dorsale
 Lordose lombaire
 Cyphose sacro-coccygienne
L’intérêt de ces courbures est d’augmenté la résistance de rachis en compression
axiale. En pathologie de nombreuses affections peuvent les modifier et les rendre
pathologique.

III. Les déviations rachidiennes :


1-La scoliose :
A-définition :
La scoliose est une déformation tridimensionnelle de la colonne vertébrale entrainant une torsion de celle-ci sans
perte de la continuité ostéoligamentaire associé à une déformation du thorax. C’est une lordose rotatoire :
 Plan frontal : inclinaison latérale
 Plan sagittal : modifications des courbures physiologiques
 Plan horizontal : rotation vertébrale
Se développant sur tout ou une partie de la colonne vertébrale (partie thoracique+++), essentiellement pendant la
période de croissance.
Elle est le plus souvent idiopathique, mais elle peut être secondaire (neurologique ou neuromusculaire) risquant
d’aggraver le handicap.

Différente de l’attitude scoliotique : scoliose fonctionnelle  des simples déviations latérales totalement réductible
SANS rotation vertébrale, Cause : pathologie extrinsèque au rachis : inégalité de la longueur des MI, asymétrie du
bassin, attitude antalgique. (les déviations disparaissent en décubitus).
B-Type :
Idiopathique : 70% des cas, à prédominance féminine, d’origine multifactorielle.
Secondaire : 30% des cas
 Les scolioses par malformation congénitale des vertèbres
 Les scolioses d’origine neuromusculaire
 Les scolioses dues à des maladies du tissu conjonctif ou des dystrophies osseuses
 La scoliose par tumeur neurologique
 Les scolioses post –chirurgicales ou post –radiothérapie.
C-Classifications :
Selon l’âgé d’apparition : Une scoliose est d’autant plus grave que l’âge d’apparition est précoce
 Scolioses de nourrisson 0-1 an 90% sont résolutives
 Scolioses infantiles 1-3 ans
 Scolioses juvéniles 3 ans à la puberté
o J1 de 3 ans a 7ans
o J2 de 7 à 11 ans
o J3 de 11 ans à la puberté (1er règle chez la fille)
 Scoliose de l’adolescent après les 1ére règles chez la fille et après le pic de croissance chez le garçon.
 Scoliose de l’adulte
Selon la localisation :
 La scoliose cervicale, entraine un important préjudice esthétique
 La scoliose dorsale : Elle est la plus fréquente et toujours plus évolutive
 La scoliose double majeure
 La scoliose dorsolombaire (D4-L4)
 La scoliose lombaire, elle entraine une déformation au niveau de la taille et la gibbosité est plus discrète. Elle
évolue longtemps après la puberté, par la suite elle devient douloureuse en rapport avec les lésions
dégénératives qui sont importants et fréquentes.
D-Diagnostic :
Il est Clinique s’effectue par la mesure de la gibbosité et du déséquilibre par rapport aux épaules et au pli inter fessier.
→ Examen clinique : Sujet déshabillé pieds nus, en 4 étapes :
1. Bilan de la morphologie : Posture de l’enfant, Morphologie corporelle (obésité, maigreur) et les faciès
particulier (MPS par exemple).
2. Bilan du tronc : se fait en trois positions :
a. Examen debout :
i. Test d’Adams : inclinaison antérieure (antéflexion) à la recherche de la gibbosité = signe
pathognomonique de la scoliose et correspond à la rotation des vertèbres.
ii. Equilibre du bassin, des épaules, du tronc (pli inter fessier à l’aide d’un fil à plomb à partir du
C7).
iii. Symétrie des triangles de la taille (sont asymétriques)
iv. Les flèches sagittales : C7 = 3cm, T 6-7 = 0cm, L3 = 3cm, S2 = 0cm
v. Testes dynamiques : DDS (distance doigts / sol), Schöber et Test en suspension.
b. Examen Assis :
i. Rechercher du parallélisme des ceintures scapulaires et pelviennes
c. Examen couché :
i. Permet d’apprécier la réductibilité de la scoliose et la souplesse des angles iliolombaires. Se
faire en bout de table, membres inferieurs en flexion.
3. Bilan de la croissance :
a. Taille : debout et en position assise
b. Envergure
c. Caractère sexuels secondaires (indice de Tanner : les seins (filles), les testicules (garçons)).
4. Reste du bilan : Rechercher une cause devant toute scoliose
a. Examen oculaire (sd de Marfan)
b. Examen neurologique (dysraphisme spinale, syringomyélie)
c. Examen cutané (taches café au lait : la neurofibromatose de type 1)
d. Sd d’Ehlers Danlos : Hyperlaxité articulaire, cutanée et fragilité
tissulaire.
→ Bilan radiologique : intérêt :
 Permet de confirmer l’importance de la scoliose par le calcul de l’angle de
Cobb et les déviations vertébrales (asymétrie des trous de conjugaisons).
o Angle de Cobb : C'est l'angle formé à partir de l'intersection de deux droites tangentielles l'une au
plateau Sup de la vertèbre limite Sup (VLS), l'autre au plateau Inf de la vertèbre limite Inf (VLI)
 L’importance de la maturité osseuse (Radio des os de la main)
 La croissance, l’ossification de la crête iliaque permet d’évaluer le test de Risser qui apprécier la maturité
osseuse conditionnant l’évolutivité.
o Test de Risser :
 Risser 0 : absence de cartilage
 Risser 1 : cartilage apparu au 1/3 externe de la crête iliaque
 Risser 2 : cartilage apparu au 2/3 externe.
 Risser 3 : cartilage apparu sur toute la crête iliaque.
 Risser 4 : cartilage accolé à la partie interne de la crête
iliaque.
 Risser 5 (fusion) : cartilage complètement accolé à la crête
iliaque, il y a donc maturité (âge adulte)
Ps ! L’IRM est demandée essentiellement si suspicion d’une anomalie médullaire
(tumeur ou syringomyélie).
E-Evolution :
Les scolioses peuvent évoluer différemment en fonction de leurs étiologies :
certaines sont stables, d’autre évolutive.
Toute scoliose présente un risque d’aggravation est d’autant plus important que
la vitesse de croissance est rapide (risque majeur pendant la croissance).
En peut distinguer trois périodes :
 La période pré pubertaire : faible évolutivité
 Pubertaire : grande évolutivité (Riser 1 et 2)
 Post-pubertaire : très faible évolutivité (Riser 5)

G-Traitement :
En fonctions de l’angle de Cobb :
 Courbure < 15° : surveillance
 Courbure entre 15° et 45° : scoliose évolutive = traitement orthopédique
 Courbure > 45° : traitement chirurgical

Traitement Orthopédique : Corset = efficacité certaine, le but est d’arrêter l’évolution (ne corrige pas la déformation
rachidienne),
Plusieurs formes :
 Corset Actifs de Milwaukee ++ (constitué de 1 mat antérieur et 2 mats postérieurs et une têtière),
 Corset passif : Plâtre d’élongation-dérotation-flexion (E.D.F).
o Complication : Cast syndrome (trouble neuro-végétatifs et digestifs, impose une réhydratation et la
mise en place d’une sonde gastrique en urgence, sans ablation du plâtre)
Traitement chirurgicale : arthrodèse vertébrale, les indications sont très limitées et selon plusieurs facteurs :
 Âge
 Topographie
 Gravité : angle de Cobb, vitesse évolutive, équilibre frontal et sagittal
 Aspect esthétique
 Fonction respiratoire
 Risque d ’évolution adulte
La kinésithérapie (étirement axiale) est un adjuvant indispensable au traitement mais ne corrige pas la déformation.
L’activité sportive n’est pas contre indiquée (bénéfique).
Plâtre EDF / Corset type Milwaukee
Conclusion : Le dépistage est primordial et doit concerner tous les enfants de 8 à 12 ans.

2-Scoliose de l’adulte :
La scoliose de l’adulte se différencie de celle de l’enfant par :
 Son caractère souvent douloureux lié au déséquilibre latéral et sagittal, associé aux modifications musculaires
et ostéo cartilagineuses
 Son retentissement esthétique et psychologique en particulier chez la femme après 50 ans
A- La scoliose idiopathique de l'adolescent (SIA) :
 Scoliose de l’enfant et de l’adolescent qui reste stable ou qui continue d’évoluer après maturité osseuse
B-SD :
 Scoliose de novo : scoliose qui apparait après 50ans
 Scoliose qui existait à l’adolescence, qui s’est stabilisée puis qui s’est aggravée à la ménopause

3-Cyphose :
Définition : La cyphose est une déformation à concavité antérieure.
→ On distingue deux types :
A- La cyphose régulière :
Dont la déformation corporéale se fait de façon harmonieuse sur plusieurs vertèbres, il existe la
cyphose structurée qui évolue à son propre compte et les attitudes cyphotiques qui sont
complètement réductibles mais il faut s’assurer en permanence de cette réductibilité et cette
souplesse.
Etiologies :
 Dystrophie de croissance ou maladie de scheuermann : Elle se manifeste en période
pré pubertaire c’est un trouble de l’ossification des corps vertébraux qui a tendance à donner des vertèbre
cunéiforme aspect feuilleter, hernie de schmorl (Vertèbre lésée disque abimé) conséquence cyphose dorsale
et/ou lombaire, douleur, se manifeste pendant la période de croissance elle est autosomale dominante à
prédominance masculine.
 Neurologique :
o Déficit des abdominaux donne une cyphose lombaire
o Cyphose paralytique : IMC par effondrement du tronc
o Maladie neuromusculaire : myopathe
o Post laminectomie
o Post radiothérapie tumeur tel le neuroblastome
o Cyphose par trouble du métabolisme calcique : rachitisme
o Cyphose post rhumatismale : SPA, ostéoporose, ostéomalacie.
Traitement :
De la cause, rééducation, traitement orthopédique par corset parfois chirurgie arthrodèse
B-La cyphose angulaire :
 Est une cyphose irrégulière, l’angulation à petit rayon de courbure,
Elle prend 3 à 4 niveaux vertébraux au maximum.
 Cyphose grave, l’instabilité est importante et le risque neurologique patent.
 Etiologies :
o Fracture tassement du corps vertébral +++++ charnière thoraco-lombaire
o Infectieuse ++++++ mal de pott (tuberculeuse)
o Tumoral ostéome osteoide
o Les chondrodystrophies (achondroplasie et maladie de Morquio).
o Les neurofibromatoses (maladie de Recklinghaussen).
 La douleur et la déformation rachidienne restent le motif de consultation.
 Traitement : Rééducation, médicale, orthopédique et chirurgical.

4-Les lordoses :
Elles sont toujours régulières
Les étiologies :
 L’attitude hyper lordotique en phase pré pubertaire par hypotonie abdominale
 Les hyper lordoses constitutionnelle s’accompagne souvent d’une spondylolose qui représente une véritable
fracture de fatigue des arcs postérieures en/avec des microtraumatismes.
 Myopathe : (maladie de Duchenne de Bologne)
 Congénitale : myélo méningocèle (Spina bifida)
 Paralysie des muscles spinaux entraine une lordose lombaire
 Hyper lordose chez l’enfant athétosique

IV. conclusion :
 Importance de la détection d’une déviation rachidienne en particulier la scoliose.
 Examen systématique des dos des enfants.
 Place primordiale du médecin généraliste.

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