Algèbre et géomét!
de la rééc!ture
Yv" Lafont
Ecole Jeun" Chercheurs en Informatique Ma%ématique
CIRM 2'8
Leçon 1. Rééc!ture de mots
Présentations de monoïd"
Présentation #andard
Réductions et dé!vations
Termina$on et confluence
Complétion de Knu%-Ben&x
Problèm" de déc$ion
2
Présentations de monoïdes
générateurs relations monoïde
a a2 = 1 !2 (entiers modulo 2)
a a2 = a "2 (idempotent libre)
a, a# aa# = 1, a#a = 1 F1 = ! (groupe libre)
a, b ab = ba "2 = " $ "
aa# = 1, a#a = 1,
a, a#, b, b# F2 = ! ! ! (groupe libre)
bb# = 1, b#b = 1
a2 = 1, b2 = 1,
a, b S3 (groupe symétrique)
aba = bab
a, b aba = bab B3+ (tresses positives)
Exercice : Donner une présentation pour !2 et pour B3.
3
Présentation standard
Remarque : Tout monoïde (fini) a une présentation (finie).
Soit M un monoïde quelconque.
présentation générateurs relations
axay = axy,
standard ax (x M)
a1 = 1
axay = axy (xy % 1),
standard réduite ax (x M, x % 1)
axay = 1 (xy = 1)
Exercice : Expliciter la présentation standard
et la présentation standard réduite de !2.
4
Réductions et dérivations
notion notation définition
alphabet & ensemble de symboles
mot x suite de symboles x &*
règle ':x!y couple ' = (x,y) &* $ &*
réduction avec ' : x ! y
u'v : uxv !R uyv
élémentaire dans R &* $ &*
réduction x !*R y chaîne x !R ! !R y
dérivation
x Ry x !R y ou y !R x
élémentaire
dérivation x *R y chaîne x R ! R y
Définition : Une présentation de M est la donnée d#un
alphabet & et de R &* $ &* tels que M &*/ *R.
5
Terminaison
Définition : Un ordre de terminaison sur &*
est un bon ordre compatible avec le produit.
Théorème : Pour une présentation (&,R),
les conditions suivantes sont équivalentes :
Il n#existe pas de réduction infinie :
x0 !R x1 !R ! !R xn !R xn+1 !R !
Il existe un ordre de terminaison sur &* tel que
x > y pour chaque règle ' : x ! y dans R.
(&,R) satisfait le principe de récurrence noetherienne :
( x ( y x !R y P(y)) P(x)) x P(x)
On dit alors que la présentation (&,R) est noetherienne.
6
Confluence
Théorème : Pour une présentation noetherienne,
les quatre conditions suivantes sont équivalentes :
Unicité de la Church- Confluence Confluence
forme réduite Rosser (globale) locale
x *z x x
y * *
* * y z y z
y = z
* t *
y et z réduits * t * * t *
Démonstration : 1 2 3 4 (évident)
x 4 1 (par récurrence noetherienne)
y z
Exercice : Les règles suivantes vérifient la
* t * confluence locale, mais pas la confluence :
* *u = w*= v* * a!b, b!a, a!a#, b!b#.
7
Confluence des pics critiques
Théorème : Pour vérifier la confluence locale,
il suffit de tester la confluence des pics critiques.
A B C
Exemple : aa ! 1, bb ! 1, aba ! bab
aaa bbb
Aa aA Bb bB
a = a b = b
aaba abaa ababa
aC Ca Cba abC
abab baba babba abbab
Aba Cb bC abA baBa aBab
babb bbab baa aab
baB Bab bA b Ab
ba ab
Exercice : La présentation standard est confluente.
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Présentations convergentes
présentation propriétés
convergente terminaison + confluence
générateurs réduits
réduite + membres gauches minimaux
+ membres droits réduits
orthogonale pas de pics critiques
Remarque : Toute présentation convergente (finie) est
équivalente à une présentation convergente réduite (finie).
Exercice : Toute présentation orthogonale est confluente.
Exercice : Les groupes (non triviaux) n#ont pas
de présentation convergente orthogonale.
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Complétion de Knuth-Bendix
Remarque : Il existe un ordre de terminaison total sur &*.
Algorithme : Réduire les 2 côtés de chaque pic critique :
x • si u = v, le pic est confluent
y z • si u > v, ajouter la règle u ! v
* * • si u < v, ajouter la règle v ! u
u v
• éliminer les règles superflues
Exercice : Appliquer cet algorithme aux règles suivantes :
aa# ! 1, a#a ! 1, bb# ! 1, b#b ! 1, ba ! ab
Exercice : Appliquer cet algorithme à la règle bab ! aba.
Idem en ajoutant le générateur c avec la règle ab ! c.
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Problèmes de décision
Soit (&,R) un présentation finie.
problème données question
équivalence x, y &* x *R y ?
unité (par dérivation) x &* x *R 1 ?
unité (par réduction) x &* x !*R 1 ?
Remarque : Dans un groupe, x = y xy-1 = 1.
Remarque : Dans le cas d#une présentation
convergente, ces problèmes sont décidables.
Exercice : Il existe une présentation orthogonale telle que ces
problèmes soient indécidables. [Coder le problème de l’arrêt.]
Théorème (Novikov-Boone) : Il existe un groupe tel que
le problème de l#unité (par dérivation) soit indécidable.
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Leçon 2. Homologie d" monoïd"
(éo!e d" gr)p" abeliens
Complex" de chaîn"
Homologie d" complex"
Homologie d" monoïd"
Résolutions libr"
Homologie d" réductions
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Théorie des groupes abeliens
1. Un sous-groupe de ! est de la forme :
0 ou k! ( !) avec k > 0.
2. Un groupe abelien à 1 générateur est de la forme :
! ou !k = !/k! avec k > 0.
3. Un sous-groupe de !n = ! ! ! est isomorphe à :
!p avec p ( n.
4. Un groupe abelien à n générateurs est de la forme :
!p !k1 ! !kq avec p + q ( n.
! classification des groupes abeliens (de type fini)
Exercice : Comparer !2 !2 avec !4, et !2 !3 avec !6.
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Complexes de chaînes
Définition : Un complexe de chaînes est une suite infinie
*0 *1 *n *n+1
C : C0 " C1 " C2 " ! " Cn " Cn+1 " Cn+2 " !
de groupes abeliens, telle que *n *n+1 = 0 pour tout n.
Exemple : Le triangle (plein) )2
Q Q a b
a b *0 *1 )
" "
P c R P R c
* 0a = Q - P * 0b = R - Q * 0c = R - P * 1) = a + b - c
*0 3 *1
)2 : ! " ! " ! " 0 " 0 " !
3 *0 *1 = 0
Exercice : Décrire les complexes de chaînes associés
au triangle vide *)2, au carré "2, et au tétraèdre )3.
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Morphismes et homotopies
Définition : morphisme de complexes f : C ! D
*0 *1 *n *n+1
C0 " C1 " C2 " ! " Cn " Cn+1 " Cn+2 " !
#f0 #f1 #f2 #fn #fn+1 #fn+2 fn *n = *n fn+1
D0 " D1 " D2 " ! " Dn " Dn+1 " Dn+2 " !
*0 *1 *n *n+1
Définition : homotopie entre deux morphismes f,g : C ! D
*0 *1 *n *n+1
C0 " C1 " C2 " ! " Cn " Cn+1 " Cn+2 " !
## $h0##$h1 ## ## $hn ## $hn+1##
D0 " D1 " D2 " ! " Dn " Dn+1 " Dn+2 " !
*0 *1 *n *n+1
*0 h0 = g0 - f0 f0 x h0 *0 + *1 h1 = g1 - f1 f0 x f1 u f0 y
h0 x u h0 x h1 u h0 y
x x y
g0 x g0 x g1 u g0 y
plus généralement : hn *n + *n+1 hn+1 = gn+1 - fn+1
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Homologie des complexes
*0 *1 *n *n+1
Soit C : C0 " C1 " C2 " ! " Cn " Cn+1 " Cn+2 " !
Remarque : *n *n+1 = 0 im *n+1 ker *n
*1 *0
" " 0
! tout bord est un cycle
Définition : C est exact si im *n+1 = ker *n pour tout n.
! tout cycle est un bord
Exemples : Le complexe )2 est exact, mais pas *)2.
Définition : Les groupes d’homologie de C sont
H0(C) = C0 / im *0 et Hn+1(C) = ker *n / im *n+1.
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Homologie des complexes
L#homologie des complexes est fonctorielle :
• f : C ! D donne Hn(f) : Hn(C) ! Hn(D) ;
• Hn(g f) = Hn(g) Hn(f) et Hn(id) = id.
Exercice : Si f,g : C ! D sont homotopes, alors Hn(f) = Hn(g).
Définition : C et D sont homotopiquement équivalents s#il
existe des morphismes f : C ! D et g : D ! C tels que :
• g f et idC sont homotopes; g f C f D f g
• f g et idD sont homotopes. g
Remarque : Dans ce cas, C et D ont la même homologie.
Exercice : )2, "2, )3 sont homotopiquement équivalents
au point )0 : ! " 0 " 0 " !, mais pas à *)2.
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Corrigé de l!exercice
Le triangle )2 est homotopiquement équivalent au point )0 :
Q * 0a = Q - P
f a b * 0b = R - Q
gf = P fg
g P R * 0c = R - P
)0 c
* 1) = a + b - c
)2
f0P = P g0P = g0Q = g0R = P g1a = g1b = g1c = 0 g2) = 0
*0 3 *1 *0 h0 = id0 - f0 g0
!3 "! "!"0
## $h0##$h1 ## h0 *0 + *1 h1 = id1 - f1 g1 = id1
!3 " !3 " ! " 0 h1 *1 + *2 h2 = id2 - f2 g2 = id2
*0 *1
h0P = 0 h0Q = a h0R = c h1a = h1c = 0 h1b = ) h2) = 0
Le triangle vide n#est pas homotopiquement équivalent à )0 :
H1(*)2) = ! H1()0) = 0
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Homologie des monoïdes
Définition : Complexe canonique C associé à un monoïde M :
• Cn est le groupe abelien libre engendré par l#ensemble Mn ;
• les générateurs de Cn sont notés [x1 ! xn] ;
• les *n : Cn+1 ! Cn sont donnés par les formules suivantes :
*0[x] = [] - [] (= 0) x
x y
*1[x y] = [y] - [xy] + [x]
xy
*2[x y z] = [y z] - [xy z] + [x yz] - [x y]
*3[x y z t] = [y z t] - [xy z t] + [x yz t] - [x y zt] + [x y z]
!
Exercice : Ecrire la formule générale pour *n[x1 ! xn+1].
Définition : L#homologie de M est celle du complexe C.
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Homologie des monoïdes
Définition : Complexe canonique réduit + associé à M :
• +n est le groupe abelien libre engendré par (M \ {1})n ;
• les *n sont définis par les mêmes formules, en posant :
[x1 ! xi-1 1 xi+1 ! xn] = 0.
Exercice : Calculer les complexes C et + pour !2
et montrer qu#ils définissent la même homologie.
En fait, C et + ont toujours la même homologie.
Exercice : Construire une homotopie entre
id : C ! C et le morphisme p : C ! C défini par
p[x1 ! xn] = [x1 ! xn] si x1,…,xn % 1, 0 sinon.
Peut-on calculer l#homologie de M avec d#autres complexes ?
20
"M-modules
Définition : !M est l#anneau de M, c#est-à-dire le groupe
abelien libre engendré par l#ensemble M, muni du produit
(&x M px x)(&y M qy y) = &x,y M pxqy xy.
Remarque : Un !M-module U est donné par une
action additive de M sur un groupe abelien U :
xy#u = x#(y#u), 1#u = u, x#(u + v) = x#u + x#v.
Un morphisme de !M-module f : U ! V est alors un
morphisme de groupes compatible avec cette action :
f (x#u) = x#f u.
Définition : Le !M-module libre !M#S engendré par
l#ensemble S est le groupe abelien libre engendré par
l#ensemble M#S = {x#s ; x M, s S}, muni de l#action
x#(&y M,s S py y#s) = &y M,s S py xy#s.
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Résolutions libres
Définition : Une résolution libre est un complexe exact
- ,0 ,1 ,n ,n+1
! " C0 " C1 " C2 " ! " Cn " Cn+1 " Cn+2 " !
qui définit un complexe augmenté de !M-modules libres.
En trivialisant l’action de M, on obtient un complexe C˜.
Théorème : L#homologie du complexe C˜ ne dépend pas
du choix de la résolution libre : C#est l#homologie de M.
Exemple : Le complexe canonique s#obtient en trivialisant
la bar-résolution, qui est définie de la façon suivante :
,0[x] = x#[] - []
,1[x y] = x#[y] - [xy] + [x]
,2[x y z] = x#[y z] - [xy z] + [x yz] - [x y]
!
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Homologie des réductions
Toute présentation convergente (&,R) définit un complexe :
*0 *1 *2
! " !.& " !.R " !.P " ! avec *0 = 0
A B C
Exemple : aa ! 1, bb ! 1, aba ! bab *1A = -2a
aaa bbb *1B = -2b
Aa aA Bb bB * 1C = b - a
X
a = a Y
b = b
aaba abaa ababa
aC Ca Cba abC
abab baba babba abbab
Aba U Cb bC V abA baBa W aBab
babb bbab baa aab
ba baB Bab
ab
bA b Ab
*2X = *2Y = 0 *2U = 2C + B - A *2V = A - B - 2C * 2W = 0
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Homologie des réductions
Théorème (Anick, Squier, Kobayashi) : L#homologie de
ce complexe est l#homologie du monoïde M = &*/ *R.
Corollaire : Si M a une présentation convergente finie,
alors le groupe abelien H3(M) est de type fini.
Application : Il existe un monoïde M tel que :
• M a une présentation finie (&,R) ;
• le problème des mots pour M est décidable ;
• M n#a aucune présentation convergente finie.
Il suffit de montrer que le groupe H3(M) n#est pas de type fini.
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