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Capital immatériel à Béni Mellal-Khénifra

Le document présente un projet de fin d'études sur le capital immatériel et son développement dans la région de Béni Mellal-Khénifra, abordant sa définition, typologie et méthodes d'évaluation. Il souligne l'importance du capital immatériel dans l'économie moderne, notamment en tant que moteur de croissance et de productivité. Le travail inclut également une étude quantitative sur le capital humain dans la région, visant à analyser son impact sur la richesse des entreprises.

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Capital immatériel à Béni Mellal-Khénifra

Le document présente un projet de fin d'études sur le capital immatériel et son développement dans la région de Béni Mellal-Khénifra, abordant sa définition, typologie et méthodes d'évaluation. Il souligne l'importance du capital immatériel dans l'économie moderne, notamment en tant que moteur de croissance et de productivité. Le travail inclut également une étude quantitative sur le capital humain dans la région, visant à analyser son impact sur la richesse des entreprises.

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Université Sultan Moulay Slimane ‫ﺟــــﺎﻣﻌﺔ اﻟﺳﻠطــــﺎن ﻣـوﻻي ﺳﻠﯾﻣــــﺎن‬

Faculté Polydisciplinaire
‫اﻟﻛﻠﯾـﺔ اﻟﻣﺗﻌددة اﻟﺗﺧﺻﺻــﺎت‬
‫ﺑﻧـﻲ ﻣـﻼل‬
Béni Mellal

FILIERE : SCIENCES ECONOMIQUES ET GESTION


PARCOURS : GESTION 2018-2019

PROJET DE FIN D’ETUDES


POUR L’OBTENTION DE LA LICENCE D’ETUDES FONDAMENTALES

Le Capital immatériel et son Développement


Dans la région de Béni Mellal-Khénifra

Présenté
par : Encadré par :

Pr. ZAHID ABDELKAHAR


AMZIL Malika
CHAOUKI Soumia

Soutenu le 18/07/2019 devant un jury composé de :


Pr. ZAHID Abdelkahar
Pr. RHACHIM Hanane
Pr. FALLOUL Moulay el Mehdi
Pr. EL ALAOUI Aicha
Pr. KADDOURI Lahcen

ANNEE UNIVERSITAIRE : 2018 / 2019

1
Remerciements

Nous aimerions en premier lieu remercier Allah qui nous a données la force pour
survivre et l’audace pour dépasser toutes les difficultés. Ainsi de nous avoir données la
volonté et la patience pour la réalisation de ce travail.

Nous exprimons nos profonds remerciements à tous nos professeurs de nous


avoir orienté, aidé et conseillé tout au long de ces années de licence.

Nous adressions nos vifs remerciements à notre encadrant Mr. Abdelkahar


Zahid et Mme Rhachim Hanane pour leurs directives et leur aide tout au long de la
réalisation de ce travail. Ainsi que pour l’aide compétente qu’ils nous ont apportée, pour
leur patience et leur encouragement. Leur œil critique m’a été très précieux pour
structurer le travail et pour améliorer la qualité des différentes sections.

Nous voudrions remercier nos parents et nos sœurs, que nous n’imaginons pas
notre vie sans leur amour. Une reconnaissance spéciale à nos pères qui ont fait
d'innombrables sacrifices pour nous aider à arriver à ce point, merci de nous avoir fait
confiance et de nous avoir donné la liberté de choisir ce que nous désirions.

Qu’il nous soit enfin permis de remercier nos amis pour leur compréhension et
collaboration, de nous avoir écoutées, de nous avoir offert des conseils et de nous avoir
soutenues tout au long de ce travail.

2
Sommaire
Chapitre 1 : Définition du concept du capital immatériel, typologie et
méthodes d’évaluation.
Introduction du chapitre
Section 1 : définition et typologie du capital immatériel
Section 2 : Méthodes d’évaluation des actifs immatériels
Conclusion du chapitre
Chapitre 2 : Importance du capital immatériel en l’économie
Introduction du chapitre
Section 1 : Influence de capital immatériel sur le développement
économique
Section 2 : l'économie de l'immatériel, un modèle économique en devenir
Conclusion du chapitre
Conclusion de la partie

Partie 2 : étude quantitative sur le capital humain dans la région de Béni


Mellal Khénifra

Chapitre 1 : Méthodologie et cadre d’analyse

Section 1 : Choix méthodologique

Section 2 : Collecte de données

Chapitre 2 : Présentation & discussion des résultats.

Section 1 : Présentation des données

Section 2 : Interprétation et discussion des résultats

Conclusion de la partie

Conclusion générale

3
Introduction générale

Le capital immatériel ou patrimoine immatériel est un élément non monétaire et


sans substance physique, constitué par les informations et connaissances détenues, et
ayant une valeur positive, par une organisation. Afin de donner une connotation
comptable au terme, il est possible d'utiliser la notion d'actif immatériel.
Les actifs intangibles sont alors des actifs immatériels qui ne sont pas toujours
comptabilisables (c'est-à-dire difficilement identifiables).Les actifs incorporels sont des
actifs immatériels comptabilisables car identifiables par le prix d'acquisition (appelés
immobilisations incorporelles constituées aussi par convention comptable du goodwill).
Le capital intellectuel notion de management et de microéconomie est intégrée dans le
concept de capital immatériel depuis une normalisation comptable de la Commission
européenne et de l'OCDE.
Le capital cognitif propre à la société de la connaissance est l'équivalent du capital
intellectuel au niveau macroéconomique.
Le Uniform Commercial Code aux États-Unis (Section 9-102(a)(42)) définit les général
intangibles comme : « tout élément de patrimoine autre que les comptes, les biens
meubles, les réclamations sur des dommages commerciaux, les comptes de dépôt, les
documents, les biens, les instruments, la propriété d'investissement, les droits à lettre de
crédit, les lettres de crédit, l'argent, le pétrole, le gaz, ou d'autres minerais avant
extraction. Le terme inclut les intangibles et le logiciel de paiement ».
Les comptes sociaux ne donnent qu’une image réductrice en cas d'évaluation
d'entreprise pour la Construction d'une stratégie d'entreprise. Pour en apprécier toute la
richesse, il est essentiel de savoir analyser son capital immatériel.
Nous intéressons dans ce travail à répondre aux problématiques suivantes :
 Quelle est l'importance du capital immatériel en l'économie?
 Dans quelle mesure le capital immatériel développe la productivité et la richesse des
entreprises dans la région de Béni Mellal-Khénifra?

4
Partie 1 :
Aperçue sur le capital immatériel

5
Introduction de la partie

Le concept du capital immatériel constitue l’un des concepts novateurs utilisés


récemment par la Banque Mondiale lors de la mesure de la richesse des nations. Les
études menées à ce titre confirment que ce capital est le socle de création de la richesse
puisqu’il englobe les composantes structurelles qui permettent de générer de la valeur
sur une base pérenne, dont notamment le capital humain et le capital organisationnel.
Nous sommes actuellement dans une économie de marché. Les actionnaires peuvent être
des collaborateurs ou parfois même des clients et les entreprises ont la possibilité
d’offrir une très grande diversité de produits et services. Cette économie est toujours
basée sur la création de monnaie par les banques. Le modèle peut encore perdurer s’il
s’adapte aux besoins des parties prenantes d’un point de vue matériel Comme
immatériel. L’idéale serait une combinaison de ce modèle avec de nouveaux modèles
complémentaires qui émergent et qui se rapprochent encore plus de la réalité
Économique. Cette partie donne un aperçu sur ces nouveaux modèles économiques qui

Répondent aux enjeux actuels.

« Vous ne changerez jamais les choses en vous battant contre la réalité existante. Pour
Changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rend l’ancien obsolète. »
1
(Buckminster Fuller, 2014).

1
Kemmeter, M. et Mauhin, P. (2014). Le nouveau jeu économique. (1ère éd.). Bruxelles : Edition Otherways, page-56

6
Chapitre 1 : Définition du concept du capital
immatériel, typologie et méthodes d’évaluation.

Introduction du chapitre

Depuis un certain temps, l’économie d’aujourd’hui connait une baisse au


niveau de régime. Les indicateurs sont depuis longtemps au plus bas. Avoir un
changement de fonctionnement de l’économie est désormais important grâce à
l’évolution de la manière de penser et aux nouvelles technologies, ce qui à changer
l’approche de l’économie traditionnelle en économie de l’innovation.
La nouvelle économie est basée sur l’immatériel, contrairement à l’économie
traditionnelle qui a été considérée par des approches économiques basées sur le matériel.
De nos jours, la véritable richesse est abstraite, elle n’est pas concrète,
immatériel et non pas matériel, avec une autre façon, elle est considérée comme un actif
incorporel pour les uns et un capital intellectuel pour les autres.
Dorénavant la capacité à crée des concepts, à innover, et à produire des idées qui est
devenue l’avantage compétitif essentiel. Parce que l’immatériel participe à l’accélération
de cette création en mettant en place des organisations, des processus, des actions qui a
elles seules augmentent le potentiel d’une entreprise, et il ne crée pas fondamentalement
la valeur.

Section 1 : définition et typologie du capital immatériel


1. Définition du capital immatériel
Le capital immatériel représente l’ensemble des actifs immatériel de l’entreprise :
des actifs identifiables séparément et qui participent à la rentabilité présente et future de
l’entreprise, mais dont la valeur n’apparaît pas dans son bilan.
Ainsi, ce n’est pas nécessairement l’entreprise la plus riche en ressources qui l’importe
et qui dispose de la plus grande valeur car le capital immatériel est devenu le concept
économique associé à l’essentiel de la valeur de l’entreprise.

Alors, le capital immatériel, nouveaux moteur de croissance associé par la différence


entre la valeur réelle ou de marché, de l’entreprise et sa valeur comptable.

7
2. Différents types d’actifs immatériels
2.1 L’humain
Le capital humain d’une entreprise est fondamental dans le développement d’une
entreprise, il représente l'expérience, le talent, le savoir-faire et les qualifications de
chaque employé au sein de l’entreprise. Ce capital est propre à chacun, il dépend de la
capacité physique, des dispositions psychologiques et du parcours professionnel de
chaque salarié de l’entreprise. Par exemple un salarié qui a travaillé dans plusieurs
domaines est potentiellement plus efficace qu’un salarié « normal » car il a enregistré
des manières de travailler différentes qui pourront lui permettre de s’adapter plus
facilement à un système ou à une tâche. Bien que cet avantage puisse aussi se
transmettre à travers des bases de données ou grâce à un système de communication
performant, il s’illustre particulièrement dans l'investissement personnel de l’employé
dans son travail quotidien. En fait, pour simplifier, le capital humain c’est le potentiel de
création de valeur que détient chaque individu d’une organisation.

Le capital client permet d’évaluer la compatibilité et la légitimité de la relation


entre l’entreprise et le client, c’est-à-dire savoir si ce panel de clients est susceptible de
contribuer à la croissance de l’organisme. Ce capital repose principalement sur la
communication, la fidélité et le partage entre le client et l’entreprise. Par exemple, si le
client exprime clairement les problèmes rencontrés avec le nouveau produit, l’entreprise
sera en mesure d’apporter rapidement et précisément une modification sur le service ou
sur le produit fourni. Cela étant bénéfique pour les deux parties, la firme fournit à
présent un produit optimisé et le consommateur obtient le service répondant à ces
attentes. De même cette évaluation du capital client permet de mieux connaitre ses
acheteurs et donc d’anticiper les changements du marché qui peuvent être dévastateurs.
Pour passer par un exemple concret, Windows a connu une période de baisse de
productivité il y a quelques années car leurs client s’étaient redirigés vers des produits
du type d’Apple et que ce changement n’a pas été détecté assez tôt. On a attribué à cette
chute la montée fulgurante d’Apple mais la grande partie de cet échec commercial est
bien due au manque d’utilisation du capital client.

8
Le dernier capital pouvant être caractérisé d’humain est le capital actionnaire. En
effet, les actionnaires font partie intégrante de la dynamique de l’entreprise. Ils prêtent
leurs capitaux à l’entreprise. On peut distinguer différentes caractéristiques:

- La réserve financière : si les actionnaires disposent de ressources importantes,


l’entreprise disposera d’un financement de la croissance à long terme.

- L'influence et la notoriété : un actionnaire influant peut offrir des marchés à


l'entreprise. Un bon actionnaire appose sa patte et cela donne confiance aux clients, aux
salariés mais aussi aux autres actionnaires qui suivent généralement les options prises
par lesplusgrands. Il faut aussi se méfier de ce capital car un actionnaire a aussi sa
propre réputation et il faut veiller à ce qu’elle ne nuise pas à l’entreprise. Evidemment
une organisation pour l’écologie qui est financée par Total ou une de ses branches
d’investissement perd de la crédibilité. Il advient donc de bien sélectionner les
actionnaires et éviter un système basique dans lequel les finances dictent les directives
de l’organisation

2.2 La structure de l’entreprise

Le capital technologique est un actif immatériel fragile mais également méconnu


des entreprises. Le prix d’un produit n’est pas celui du prix de la matière dont il est
composé. Sa valeur vient aussi des technologies et des connaissances utilisées pour
fabriquer le produit. Prenons par exemple une voiture : ce qui diffère entre deux
modèles n’est pas la quantité de matière ajoutée ou soutirée mais c’est ce que la voiture
est capable de faire : lecture mp3, CD, GPS,… C’est ce qui rend le nouveau modèle plus
cher que le précédent. Dans ce capital technologique, on peut intégrer la Recherche et
Développement, les brevets et secrets de fabrication. C’est la production de nouvelles
connaissances qui mène à un nouveau produit doté de nouvelles fonctionnalités. Il faut
néanmoins faire attention à ne pas confondre capital humain et capital technologique.
Effectivement, ce sont les équipes de recherche qui produisent ces nouvelles
technologies grâce à leurs connaissances et qualités mais quand ces technologies sont
rédigées et brevetées, il s’agit de capital technologique. L’exemple le plus marquant
dans l’actualité est la domination de Macronix qui est une des seules entreprises au
monde à avoir la capacité technologique pour la fabrication de microcontrôleurs de
petite taille. On pourrait dire que le capital technologique est l’équivalent du capital

9
humain mais adapté à l’entreprise entière. Macronix se place donc leader sur le marché
simplement parce que ses « compétences » et donc son panel de technologies accessible
sont supérieurs aux autres.

Le capital système d’information joue un rôle central dans les entreprises de nos jours.
Grâce à la maîtrise de l’informatique, les compagnies possèdent un réseau d’information
et de communication très important, celui-ci permettant de centraliser les connaissances,
de communiquer plus rapidement et à distance, et de gagner du temps. Bien entendu
élaborer un système complet et performant demande du temps et entraîne des coûts. Une
étude réalisée en 2000 par l’Observatoire de l’immatériel montre déjà qu’un tel réseau
est bénéfique financièrement pour l’entreprise malgré les coûts supplémentaires.

Un tel système doit idéalement répondre à plusieurs caractéristiques :

- La fiabilité : si les moyens mis en œuvre ne fonctionnent pas correctement, s’il y a


besoin en permanence de mises à jour, de maintenance, le réseau sera un poids pour
l’entreprise, qui entraînera de lourds coûts et une utilisation inefficace.

- L’ergonomie: le logiciel doit être simple d’utilisation afin de permettre un gain de


temps. Si le logiciel est simple à prendre en main les coûts de formations pourront être
réduits voire évités structurer une entreprise revient à mettre en avant et valoriser les
autres actifs, humains, technologiques… Une entreprise ayant une bonne organisation
augmente sa valeur et valorise sa croissance en permettant à l’actif humain de d’utiliser
au maximum son potentiel. C’est pourquoi le capital organisationnel a sa place dans les
actifs immatériels. Une entreprise possédant cas ne profitera pas de son potentiel pour en
créer beaucoup de moyens, qu’ils soient technologiques ou humains, mais ne sachant
pas les organiser, perdra beaucoup de valeur ou en tout cas ne profitera pas de son
potentiel pour en créer.

2.3L’image de l’entreprise

Le capital marque est la valeur ajoutée qu'une marque apporte à un produit, mais
également la capacité à générer des opinions et des comportements spécifiques chez le
client. La marque est l’actif immatériel le plus connu, en effet, c’est celui que nous
voyons tous les jours. Ce capital dépend grandement de l’attitude des consommateurs à
l’égard de la marque, donc de l’entreprise. La marque vise à créer un comportement
spécifique chez le client vis-à-vis du produit, de sorte à rendre le client fidèle, de lui

10
faire associer cette marque à un gage de qualité, de sorte à faire gagner le produit et
l’entreprise en notoriété. La marque, c’est en fait l’équivalent immatériel de la devanture
d’un magasin, elle doit donner envie au client d’entrer et d’y revenir.

Figure 1 : Exemple de fonctionnement du capital marque pour Nike et Reebok.

Source :PierreGogendeau, Pierre-Yves Belle, Mathieu Ferru, MateuszSzczur,


Simon Gouellain , Le capital immatériel, 2014

Le capital fournisseur a bien évolué ces dernières années, la complexité de chaque


métier pousse les entreprises à acheter le produit ou le service plutôt que le faire soi-
même. Les salariés d’aujourd’hui deviennent donc les fournisseurs de demain. Le
capital humain étant associé au salarié, il est normal de voir apparaître un capital
fournisseur.

Ce capital fournisseur répond à plusieurs critères: qualité, délai de livraison,


fiabilité du partenaire, durabilité du service acheté.

Une étude réalisée par le cabinet CSC montre que 60% des dépenses d’une entreprise
dépendent de la direction des achats, donc dédié au fournisseur. D’où l’importance de
bien cibler lors de la sélection du fournisseur. Il faut bien comprendre que le fournisseur

11
est le premier maillon de la chaîne de production. Un fournisseur fiable, adaptable et
compétent permet de s’assurer le bon fonctionnement du processus de création de
valeur. Dans l’idéal, avoir plusieurs fournisseurs en parallèle permet de garder une
sécurité en cas de problèmes.2

Section 2 : Méthodes d’évaluation des actifs immatériels


1. L’humain
Afin de pouvoir valoriser efficacement le capital immatériel, il nécessaire de savoir
l’évaluer.
L’objectif est de mesurer le capital humain en considérant les connaissances des
salariés. Pour se faire, il est nécessaire de prendre compte du niveau de formation et de
la qualification du personnel. Ces données sont mesurables à travers des tests et des
entretiens personnels. Il convient aussi de tenir compte du niveau de rémunération, bien
que cela ne reflète pas correctement la valeur du capital humain. En effet des employés
peuvent être surpayés ou sous-payés par rapport à leur réel impact sur l’entreprise.
Effectuer une telle évaluation demande le plus souvent beaucoup de temps mais
également des moyens importants surtout dans les plus grandes entreprises.

Néanmoins, il existe un modèle de mesure du capital humain plus rapide mais


moins rigoureux. Il consiste à prendre compte uniquement le niveau d’études, cela étant
beaucoup plus rapide.

2
Pierre Gogendeau, Pierre-Yves Belle, Mathieu Ferru, MateuszSzczur, Simon Gouellain , Le capital immatériel,
2014,page-14

12
Tableau 1 : Tableau récapitulatif de la méthode simplifiée.

Source :PierreGogendeau, Pierre-Yves Belle, Mathieu Ferru, MateuszSzczur, Simon Gouellain


, Le capital immatériel, 2014.

Comme on peut le voir, ce modèle possède de nombreuses limites. C’est une bonne base
pour avoir des informations sur le capital humain mais son manque de précision reste
important. Grace à une telle évaluation, il devient possible de mettre en place une
stratégie pour optimiser l’humain dans l’entreprise.

2. Capital marque
Il est possible d’évaluer le capital marque d’une entreprise et pour cela nous avons
plusieurs outils à notre disposition.

2.1 La référence aux coûts de constitution :


La valeur de la marque est déterminée en fonction de l’investissement utilisé, ou
encore en fonction du coût total pour recréer complètement cette même marque. Avec
cette méthode il est difficile d’évaluer les marques anciennes, où nous n’avons pas
forcement le suivi des dépenses pour la valorisation de la marque. Mais cette méthode
s’applique très bien aux marques récentes.
2.2La méthode des comparables :
La valeur de la marque est définie en fonction d’une marque équivalente vendue
récemment. On fait le parallèle entre deux situations similaires et en se basant sur la
vente d’une marque on en déduit la valeur de l’autre capital. Les limites de ce modèle

13
découlent de cette comparaison. Il n’est pas facile de trouver une marque à laquelle
s’identifier étant donné que toutes les marques ont des spécificités propres. Obtenir les
valeurs exactes de la transaction et dans quelle condition la marque a été vendue.

2.3 La méthode du “Price premium”:


La valeur de la marque est mesurée en fonction de la différence de prix entre deux
fournisseurs proposant les mêmes produits, l’un bénéficiant d’une marque et l’autre pas.
Cet écart est dû à la seule chose qui diffère les deux produits: la marque. On considère
que l’écart de prix sur un même produit illustre la puissance du capital marque et on en
déduit sa valeur. Là aussi il est difficile de trouver deux fournisseurs proposant les deux
mêmes produits et dans une situation similaire.
Quelle que soit la méthode utilisée, il est impossible de déterminer précisément la
valeur de la marque. En revanche, il est possible de s’en approcher grâce à des
équivalences et cette approche permet déjà d’avoir une idée de la situation de son capital
marque.

3. Capital technologique
Les PME européennes investissent de plus en plus dans l'innovation, cela est dû à la
politique économique européenne qui pousse les entreprises vers l’immatériel. Ces
innovations sont représentées par le capital technologique et donc sa mesure est
encouragée par les autorités qui voient en ce capital une voie pour retrouver de la
compétitivité face aux géants industriels de l’économie mondiale.

Pour l’évaluation de ce capital, il est recommandé de faire appel à un expert


reconnu, cela donnera de la crédibilité à l’évaluation. Car comme nous l’avons vu pour
les autres capitaux, il n’y a pas de méthode parfaite avec l’immatériel. Nous verrons
deux approches différentes utilisées par les experts pour leur évaluation : l’approche
patrimoniale et la méthode comparative.

14
3.1 L’approche patrimoniale:
Le principe est de calculer les moyens financiers mis en œuvre par l’entreprise pour
produire son innovation puis ensuite de le comparer au bénéfice généré par l’utilisation
de celui-ci. Il est ainsi possible de voir si l’entreprise est capable de produire à moindre
coût un moyen générant des revenus, un gain de temps, une facilité de mise en œuvre…
Une différence négative démontrera un problème de fonctionnement de la R&D de
l’entreprise, que ce soit dans le développement ou dans l’application de l'innovation.
3.2 La méthode d’actualisation de flux :
C’est la méthode la plus utilisée, la valeur d’un actif quelconque est égal à la
valeur des flux générés dans l’avenir par cet actif. Pour mettre à bien cette méthode, il
faut fixer quelques variables :
- Le flux étudié: chiffre d’affaire, bénéfice.

- La durée d’exploitation de l’innovation: durée durant laquelle la technologie


développée sera utilisée dans l’entreprise. Ce temps peut être très variable en fonction
du secteur d’activité, par exemple, dans le secteur de l'électronique, les progrès sont
constants, la technologie est donc vite dépassée. Or, dans une chaîne de montage, une
technique de pose spécifique peut durer plusieurs années.

- Le taux d’actualisation: il s’agit de déterminer le rendement de l’actif. Plus il y a


de risque, plus l’actif est rentable. Les experts comparent avec le risque zéro, peu
rentable mais un investissement sûr. Par exemple lancer une campagne de
R&D(Recherche et développement )sur les Smartphones présente peu de risques
actuellement mais son impact est limité par les concurrents qui possèdent déjà cette
technologie. Par contre si l’entreprise lance une recherche sur les imprimantes 3D de
manière à renouveler son usine, le risque devient plus grand car la recherche est plus
vaste mais la rentabilité sera au rendez-vous en cas de succès.

Le croisement de ces variables à un instant permet d’avoir une idée précise et rapide de
l’état du capital technologique de l’organisation. On peut ainsi cibler de manière
optimale les stratégies de R&D à mettre en place. Ainsi on pourra avoir un retour sur les
3
domaines où l’innovation est la plus rentable de manière à se focaliser dessus.

3
Pierre Gogendeau, Pierre-Yves Belle, Mathieu Ferru, MateuszSzczur, Simon Gouellain , Le capital immatériel, 2014,
page 11-15

15
Conclusion du chapitre
La nouvelle économie demande une nouvelle façon de mesurer la valeur du capital
immatériel. la grande contribution des méthodes de valorisation du capital immatériel
est de proposer une approche fondée sur les fondamentaux de l’entreprise. En effet, elles
mettent en avant une classification complète de la valeur immatérielle. De plus,
l’expression de la valeur chiffrée, apporte une meilleur visibilité, ce qui permet au
comité de direction en charge de la stratégie de prendre conscience de l’importance de
l’immatériel.

Des témoignages affirment que les entreprises les plus profitables sont fortement
concentrées sur la gestion de leurs actifs immatériels et surtout sur les facteurs qui
renforcent la productivité des employés, l’innovation, ainsi que les relations avec les
parties prenantes. Ceux qui prendront en considération l’apport managérial et
organisationnel de l’immatériel trouveront une nouvelle efficacité et une performance
accrue.

16
Chapitre 2 : Importance du capital immatériel en
l’économie
Introduction du chapitre 2
La montée en puissance du capital immatériel par rapport au capital physique est
ancienne et remonte aux années 1920. Mais cette tendance a véritablement pris une
nouvelle dimension depuis les années 80, lorsque les pays de l’OCDE ont atteint un
point de basculement. Désormais, la dynamique de croissance et de la création de valeur
repose avant tout sur des éléments immatériels : savoirs, connaissances, nouvelles idées,
contacts, modalités d’organisation…

L’innovation est aujourd’hui un phénomène beaucoup plus large qu’au temps de l’âge
d’or de l’économie industrielle, durant lequel l’innovation découlait essentiellement du
travail des laboratoires de recherche. Innover, ce n’est plus seulement lancer un produit
technologiquement plus élaboré, c’est également créer un service, découvrir un concept
commercial, développer une image de marque, trouver une forme d’organisation du
travail plus appropriée, concevoir une chaîne de travail plus solutions traditionnelles, au
4
monde du Net.

Section 1 : Influence du capital immatériel sur le


développement économique.
1. L'économie de l'immatériel

Nous sommes actuellement dans une économie de marché. Les actionnaires peuvent
être des collaborateurs ou parfois même des clients et les entreprises ont la possibilité
d’offrir une très grande diversité de produits et services. Cette économie est toujours
basée sur la création de monnaie par les banques. Le modèle peut encore perdurer si il
s’adapte aux besoins des parties prenantes d’un point de vue matériel comme
immatériel. L’idéale serait une combinaison de ce modèle avec de nouveaux modèles
complémentaires qui émergent et qui se rapprochent encore plus de la réalité
économique. Cette partie donne un aperçu sur ces nouveaux modèles économiques qui
répondent aux enjeux actuels.

4
la pie, laboratoire de la modernisation de l'État dossier de presse 21 juin 2011, page-1

17
« Vous ne changerez jamais les choses en vous battant contre la réalité existante. Pour
changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rend l’ancien obsolète. »
5
(Buckminster Fuller, 2014)

Nous avons pu voir que la grande crise économique a fortement bouleversé la situation
économique de l’Europe toute entière. Ce modèle à la recherche du profit maximum a
laissé des traces. L’Homme peut oublier ce qui a été dit, ce qui a été fait, mais il
n’oubliera jamais ce qu’on lui a fait ressentir. La crédibilité toute entière de notre
économie a été et est encore maintenant atteinte pas des évènements stratégiques.

En fait, il faut voir la crise la crise comme une opportunité de changer les choses et de se
diriger vers un niveau de conscience plus élevé. Tout est cyclique, rien ne dure
éternellement. La fin d’une chose est le début d’une autre. C’est le point de départ d’un
changement historique, le moment d’une nouvelle conception de l’économie. Les
besoins sont énormes et en constantes évolution. La responsabilité de l’être humain et
son incroyable capacité à relever les défis, le force petit à petit à développer une
nouvelle intelligence humaine, économique et sociétale. De plus, les consommateurs et
les employés ainsi que la nouvelle génération demandent aux entreprises de se mettre à
jour. L’ancien modèle s’épuise, et on voit de nouveaux modèles économiques à la
recherche d’un bien-être et d’un équilibre amélioré.

1.1 Listing des nouvelles économies


Voici une liste des nouvelles économies émergentes :

1.1.1 Le développement durable

C’est une économie dite circulaire, basée sur des boucles de création de valeur. Les
déchets écologique et durable. Le respect de l’environnement est primordial. Des uns
vont devenir une ressource pour les autres. Ici, on se base sur une économie verte plus

1.1.2 Économie de la connaissance

On attache une forte importance aux connaissances de l'individu ce qui le rend plus
flexible, efficace, performant, épanoui, etc.

5
Kemmeter, M. et Mauhin, P. (2014). Le nouveau jeu économique. (1ère éd.). Bruxelles : Edition Otherways, page-56

18
1.1.3 Économie sociale

C’est une économie basée sur le principe de la collaboration. Ceci inclus bien
évidemment la prise en considération des enjeux sociaux, incluant les moins favorisés
car la diversité est la clé de la réussite. Cette économie demande une forte conscience
éthique et du respect entre chaque individus. Une vision à long terme est nécessaire. La
création de valeur est partagée ce qui ne laisse pas de place à l’individualisme.

1.1.4 Économie de partage


Le partage de ressources est le pilier fondateur de l’économie du partage. Plutôt que
d’essayer de dupliquer les ressources et de les accumuler, on va vivre frugalement en
oubliant la possession exclusive d’un bien. Cette économie est créatrice d’emploi car
l’utilisation des ressources est distribuée à chacun, ce qui va in fine, développer le lien
social. De plus, elle est bénéfique pour l’environnement car elle demande une gestion
des ressources plus efficaces.

1.1.5 Économie grises

Elle fonctionne avec des monnaies complémentaire/parallèles aux monnaies officielles.


Depuis toujours ces modèles ont existés. Le troc qui est à la genèse de l’économie prend
ici tout son sens. On s’aperçoit que ces économies sont toutes liées de loin ou de prêt à
la notion de capital immatériel. Ensemble, ces nouveaux modèles sont sans doute en
6
train de charpenter l’économie de demain. Le nouveau jeu économique , qui comprend
une partie sur le développement personnel et sociétal tient à souligner le fait que presque
tous les nouveaux modes de fonctionnement durables humainement, économiquement et
écologiquement ont plusieurs aspects communs :

- Ils mettent le talent humain au service des fonctions vitales de la société ;

- Ils optimisent l’utilisation des ressources ;

- Ils valorisent des liens jusqu’alors invisibles, inattendus et donc inexploités ;

- Ils créent de la valeur à plusieurs niveaux ;

- Ils contribuent au progrès humain, et in fine, au bonheur et progrès collectif.

6
Kemmeter, M. et Mauhin, P. (2014). Le nouveau jeu économique. (1ère éd.). Bruxelles : Edition Otherways ,page-58

19
Le système économique de demain sera donc basé sur nos talents, nos spécificités, et
l’établissement de relations étroites avec la société. Il s’agira de mettre enavant ce qui
nous rend spécifique, différents ou encore uniques. Ces compétences et forces
personnelles seront conjuguées solidairement à l’ensemble de la collectivité. C’est le
principe de l’économie systémique, détaillé plus précisément dans le point suivant.

1.2 L'économie systémique


Il est passionnant de s’attarder un peu plus sur l’économie systémique qui représente
7
un idéal économique réalisable et nécessaire. Une vidéo très intéressante permet de
mieux comprendre les principes de cette nouvelle économie. Pendant des années nous
avons individuellement eu pour objectif la croissance.
Nous avons effectivement atteint cet objectif, mais le modèle semble maintenant arrivé
à maturité. Cependant, même à maturité nous ne sommes pas arrivés à la fin. Il faut
travailler à l’intérieur de notre système, et trouver une nouvelle façon de créer de la
valeur. Le principe de base est de comprendre que l’on vit dans un environnement qui
est loin d’être fermé. L’économie systémique propose que l’on soit dans un écosystème
qui prend chaque acteur en considération, ce qui permettra de croiser les besoins et
ressources de chacun. Plus le nombre d’acteurs est important, plus la création de boucles
de valeur ne sera facilitée.
« Chaque chose que l’on fait doit créer de la valeur immatérielle dans notre écosystème.
En répondant aux besoins des parties prenantes. Vous récupérez une partie de leurs
ressources, vous permettant de faire plus avec plus, entrant dans une partie d’abondance
collaborative et sortir d’une dynamique d’austérité égocentrique. […]. La puissance de
l’économie systémique est d’inventer de nouvelles boucles de création de valeur.»
8
(DeKemmeter et Mauhin, 2014, page-.62) .

Pour parvenir à ce type d’économie, il est primordial d’accepter la diversité


communautaire, car nous vivons tous sur la même planète et puisons nos ressources
recette même terre communauté pour en faire une force. Chacun va donc pouvoir
exprimé ses talents ce qui va permettre de créer de nouveaux business.

7
De Kemmeter, M. (2013, 22 avril). L’économie Systémique pour les nuls. [Émission Webdiffusée]. Dans la
Série Education. Récupéré de [Link]
8
De Kemmeter, M. et Mauhin, P. (2014). Le nouveau jeu économique. (1ère éd.). Bruxelles : Edition Otherways, page-59

20
De ce fait, on va apporter plus de dynamise et d’agilité. Ces qualités sont nécessaires
Dans un monde qui évolue vite. Un autre point important est la convergence de tous les
Acteurs économiques vers un projet commun pour permettre le progrès humain.

Il faut apprendre à travailler ensemble, transmettre la connaissance elle savoir-faire au


travers de la Enfin, tout ceci est uniquement possible si les acteurs économiques ont une
vision

Systémique, c’est-à-dire, globale du système économique et des interactions au sein de


Ce système. Ils vont alors pouvoir donner des solutions pour répondre aux enjeux
actuels et faire progresser la société.
Afin d’adopter une vision systémique, il me semble que la perception de la valeur
Doit évoluer.

Section 2 : l'économie de l'immatériel, un modèle économique


en devenir
1. Une économie moins prévisible
L’économie de l’immatériel se caractérise par un niveau d’incertitude et de risque
élevé du fait de l’importance de l’innovation. En effet, les projets envisagés peuvent ne
pas aboutir et l’innovation peut ne pas trouver de marché. Cette caractéristique n’est pas
forcément spécifique et s’applique aussi pour des innovations réalisées dans une
économie plus industrielle. Cependant, plusieurs caractéristiques de l’économie de
l’immatériel viennent renforcer cette incertitude.
1.1 La difficile appréhension de la valeur des actifs immatériels
La nature même des actifs immatériels rend leur exploitation par les entreprises plus
9
incertaine, en particulier la difficulté pour les entreprises à les contrôler effectivement
et la volatilité de leur valorisation. Le premier point porte sur les incertitudes en termes
de droits de propriété des actifs immatériels. Contrairement aux actifs physiques ou
financiers, pour lesquels la notion de contrôle ou de propriété est bien définie, il est
beaucoup plus difficile pour les entreprises de s’assurer du contrôle de leurs actifs
immatériels. Il en est ainsi du capital humain : quels que soient les investissements en
formation réalisés par les entreprises, leurs salariés demeurent libres – sous réserve de
certaines clauses contractuelles – de partir travailler chez leurs concurrents. La
9
Or c’est justement sur la notion de contrôle que repose la comptabilisation des actifs. C’est ce qui explique l’écart de
définition entre les actifs immatériels économiques et comptables, page-20

21
protection de la propriété intellectuelle sous ses différentes formes (brevets, marques)
constitue certes un moyen de mettre en place un certain contrôle mais ce contrôle reste
beaucoup plus précaire que pour un actif physique. Cette protection n’a souvent qu’un
aspect temporaire et n’empêche pas toujours l’appropriation par quelqu’un d’autre
(concurrent, consommateur…) des idées ou des innovations, ou de détourner ou
contester les brevets.

L’autre incertitude découlant de la nature même des actifs immatériels réside dans les
difficultés liées à leur valorisation. Même s’il existe des méthodes qui sont aujourd’hui
de plus en plus utilisées (cf. supra), il n’existe généralement pas de marchés permettant
de vendre ou d’acheter des actifs immatériels (R&D, capital humain…) à quelques
exceptions près (brevets…). L’absence de marchés liquides et transparents,
contrairement à ce qui existe concernant la plupart des actifs physiques ou financiers,
entraîne donc une incertitude permanente quant au prix et à la valeur de ces actifs.
De plus, contrairement à un investissement physique qui conserve généralement une
valeur résiduelle, même faible, les investissements immatériels peuvent être entièrement
perdus si l’innovation à laquelle ils ont conduit n’aboutit pas ou si elle se révèle un
échec commercial (par exemple, dans le cas de dépenses de R&D en vue de mettre au
point un nouveau médicament). Au contraire, une machine ou un terrain peuvent
toujours être revendus, même si le projet d’investissement auxquels ils se rattachent
échoue. Cette possibilité d’une valeur résiduelle de l’investissement nulle ou proche de
zéro vient donc augmenter le risque des investissements immatériels.

Cette situation accroît d’autant plus l’incertitude que l’économie de l’immatériel


suppose des investissements et des coûts fixes potentiellement très importants. Qu’il
s’agisse de trouver un nouveau médicament, de lancer une nouvelle marque de
cosmétique ou encore d’offrir de nouveaux services informatiques, toutes ces opérations
nécessitent des dépenses élevées, bien entendu sans garantie de succès, et qui seront
totalement perdues en cas d’échec.

1.2 Les dynamiques de marché dans l'économie de l'immatériel


Un autre facteur de risque et d’incertitude dans l’économie de l’immatériel est lié au
processus d’innovation en tant que tel et à ses conséquences sur le fonctionnement des
entreprises. En effet, dans un premier temps, l’innovation conduit à des « monopoles

22
temporaires» et génère des effets très discriminants de réseau et de prime au premier
entrant, ce qui, en soi, rend la concurrence particulièrement vive et la probabilité
d’échec assez élevée. Mais dans un deuxième temps, le processus d’innovation remet en
cause ces rentes temporaires, remettant ainsi quasiment au même plan tous les différents
acteurs.
D’abord, l’économie de l’immatériel est marquée de plus en plus par des effets de
réseau. Un effet de réseau peut être défini de la façon suivante : chaque individu
bénéficie d’autant plus de sa participation à un réseau que le nombre de personnes qui y
sont également connectées est important. Ou bien, pour le dire autrement: plus un réseau
est important, plus ses membres peuvent en tirer des bénéfices. L’existence de ces effets
de réseau peut se voir dans de nombreux secteurs : les logiciels (avec notamment les
systèmes d’exploitation), les télécommunications, Internet (comme le montrent des sites
comme eBay, You Tube ou MySpace) ou encore tous les standards en matière
d’électronique. Les entreprises doivent donc prendre en compte ces effets de réseau qui
peuvent à la fois réduire le risque, lorsque l’entreprise se trouve au cœur du réseau ou,
au contraire, fortement l’accroître, lorsqu’il s’agit de concurrencer une entreprise qui en
bénéficie.

L’existence de ces effets de réseau induit donc une dynamique concurrentielle


particulière, parfois qualifiéed’effetwinner-takes-all10. En effet, l’entreprise qui parvient
à devenir le réseau de référence capte l’essentiel des gains alors que ses concurrents
voient leurs investissements très largement perdus. L’exemple caractéristique de cet
effet peut se trouver dans l’industrie du logiciel avec Microsoft et le système
d’exploitation Windows. Des travaux de recherche ont d’ailleurs confirmé cet effet dans
11
le secteur de l’internet .

Un autre élément vient compléter et renforcer cet effet : la prime au premier entrant ou
first-mover advantage, c’est-à-dire que la première entreprise qui propose le produit ou
le service concerné peut obtenir un avantage concurrentiel très important et difficile à
remettre en cause par ses concurrents arrivés plus tard sur le marché. Les effets de

10
Le gagnant emporte tout, page-20
11
[Link]. Hand, "Evidence on the Winner-takes-all Business Model: The Profitability Returns-to-scale of Expenditures on
Intangibles Made by U.S.
Internet Firmes, 1995-2001", novembre 2001).

23
réseau sont une des explications du first-mover-advantagemais celui-ci est plus large. Il
trouve à s’appliquer, plus généralement, dans le cadre d’une innovation ou d’un nouveau
marché : l’entreprise qui propose en premier le nouveau produit ou le nouveau service
attire spontanément les consommateurs qui supposent qu’elle est la mieux à même de
12
fournir le produit ou le service concerné .

La combinaison de ces différents effets conduit à des processus d’innovation et de mise


sur le marché assez risqués, dans lesquels les entreprises doivent d’abord faire face à des
coûts fixes extrêmement élevés (R&D, publicité…) pour rapidement entrer sur le
marché, avec le risque qu’un concurrent plus rapide occupe déjà une position très forte
voire exclusive, et sans possibilité, en cas d’échec, de récupérer au moins une partie de
ces investissements.

C’est d’ailleurs ce phénomène qui a été observé à la fin des années 1990 au moment de
la « bulle Internet». Face à l’explosion du commerce électronique, de nombreuses start-
upse sont efforcés d’acquérir une prime au premier entrant en développant leur site
Internet et en investissant massivement dans la publicité pour se faire connaître et créer
une marque de référence. Un des meilleurs exemples réussis de cette stratégie est
certainement le site de vente en ligne Amazon qui, en arrivant parmi les tout premiers
sur la vente de livres en ligne, est devenu une marque de référence puis a généralement
élargi le champ des produits vendus. En revanche, l’échec de très nombreuses start-upet
l’effondrement de la bulle à partir de 2000 ont montré qu’en dépit de l’importance des
investissements réalisés, la « nouvelle économie » de l’immatériel restait marqué par un
niveau d’incertitude très élevé.

Pour autant, ces effets n’ont pas un caractère permanent et peuvent, à tout moment, être
remis en cause par l’arrivée d’une nouvelle innovation ou d’une nouvelle technologie
qui remettront profondément en cause le business model sur lequel ils étaient fondés et
entraîneront l’apparition de nouveaux compétiteurs.

Pour ne prendre qu’un exemple, le marché de la photographie a été totalement


bouleversé par l’apparition des technologies numériques, fragilisant considérablement
les grands acteurs du secteur et les obligeant à totalement revoir leur stratégie et leur

12
Naturellement, mis à par les effets de réseau proprement dits, la prime au premier entrant est généralement transitoire et
peut, même dans certains
Cas, ne pas exister.

24
organisation : ainsi, la part des appareils argentiques dans le total des ventes en France
est passé de 76 % en 2001 à 6 % en 2005. Cette évolution a profondément modifié les
modes de consommation habituels avec des conséquences profondes sur le secteur du
développement et du tirage de pellicules. Sont entrées sur le marché des entreprises
spécialistes de l’impression ou encore de la téléphonie mobile qui ont trouvé ainsi un
nouveau débouché. Les marges et les possibilités de croissance se sont déplacées vers de
nouveaux accessoires : cartouches d’encre, cartes mémoires… Aujourd’hui le marché
assiste encore à l’émergence de nouveaux enjeux, notamment la diffusion des images et
leur stockage par Internet, avec l’entrée d’acteurs d’existence récente, comme le site
[Link].

2. Les paradoxes de l'économie de l'immatériel


2.1Le paradoxe de la propriété intellectuelle
La propriété intellectuelle occupe une place centrale dans l’économie de l’immatériel.
En effet, dans une économie où les idées priment, où c’est l’innovation qui crée de la
valeur, il est normal que les acteurs cherchent à protéger ces idées ou, à tout le moins, le
bénéfice économique qu’ils peuvent en tirer. La propriété intellectuelle doit donc
normalement permettre de garantir la rente temporaire qu’une entreprise peut tirer d’une
innovation. De fait, on constate une multiplication du recours aux instruments juridiques
destinés à protéger cette propriété intellectuelle, notamment les brevets et les marques.
Pour autant, cette protection apparaît de plus en plus fragile et complexe à mettre en
œuvre. La remise en cause de l’intégration verticale des entreprises et le recours
croissant à la sous-traitance de la production dans des pays émergents font que les
entreprises ont beaucoup plus de mal à éviter la copie de leurs produits et la récupération
de leurs innovations par d’autres producteurs. D’après l’organisation mondiale des
douanes, la contrefaçon dans le monde serait passée de 5,5 Md $ en 1982 à plus de 500
en 2005, ce qui équivaudrait à environ 7 % du commerce mondial. Le phénomène prend
de l’ampleur dans de nouveaux secteurs : pharmacie, logiciels… Dans d’autres
domaines, les faibles coûts de reproduction associés aux nouvelles techniques de
diffusion, en particulier Internet, facilitent grandement le piratage d’œuvres et des
produits dématérialisés, au mépris des règles applicables en matière de propriété
intellectuelle. Ainsi, le nombre de morceaux de musique circulant illégalement via les
réseaux de Peer to Peer est estimé à 760 millions par l’industrie du disque.

25
Dans le même temps, le fait de mettre des barrières à la circulation des idées ou des
innovations n’est pas toujours économiquement fondé et, dans bien des cas, de cette
circulation naissent justement de nouvelles idées et de nouvelles innovations. L’exemple
du logiciel libre ou encore du phénomène « wiki » sont deux exemples de la fécondité
de l’échange sans contrainte des idées et des savoirs. Il y a donc un certain intérêt pour
l’ensemble de l’économie et de la société à éviter que les règles en matière de propriété
intellectuelle ne viennent brider la création et l’innovation. Comme le démontre
l’écosystème du Web 2.0 fondé sur la collaboration et la participation actives des
internautes, l’échange se bâtit en dehors du cadre classique de la propriété intellectuelle,
sans que qui que ce soit ne songe à protéger le contenu de son blog ou à faire payer sa
participation à la rédaction d’un article de Wikipédia.
Tel est donc le paradoxe de la propriété intellectuelle dans l’économie de l’immatériel :
elle en constitue un des fondements en protégeant les revenus de l’innovation mais, face
à l’accélération des échanges intellectuels et le développement des réseaux, elle devient
de plus en plus fragile. Ces points, et notamment le système de propriété intellectuelle
en vigueur en France, font l’objet d’une analyse détaillée dans la deuxième partie de ce
rapport.
2.2 Le paradoxe d’une économie à la fois concurrentielle et
collaborative
Comme l’avait montré Schumpeter, dès le début du 20e siècle, l’innovation est
13
porteuse d’une dynamique de concurrence : elle favorise les nouveaux entrants, remet
en cause les positions établies, fait disparaître les entreprises les moins performantes et
oblige tous les acteurs à s’adapter à la nouvelle donne technologique.
La diffusion des TIC et l’avenir de la publicité
La publicité s’est construite en parallèle avec les supports de communication qui
en sont les vecteurs : affiches, presse, radio puis télévision. Aujourd’hui ces supports
changent, et toute la difficulté pour la publicité est de savoir anticiper ces évolutions
sans en exagérer l’ampleur. Le développement d’Internet et des nouveaux réseaux pose

13
Compte tenu de l’importance des coûts Même si, fixes, il ne s’agit pas de « concurrence pure et parfaite » mais plutôt
d’un modèle de concurrence Oligopolistique dans laquelle les acteurs détiennent temporairement des rentes
technologiques ou commerciales.

26
la question de l’évolution de la publicité, qui peut désormais atteindre tout le monde,
mais aussi cibler chacun en fonction de ses caractéristiques personnelles. Et il est
probable que, dans un avenir proche, le téléphone mobile sera le support le plus répandu
pour les campagnes publicitaires. Le marché qui s’annonce peut se caractériser avec
trois adjectifs : numérique, interactif, mobile. La part d’Internet dans le marché de la
publicité au Royaume-Uni a ainsi été multipliée par 4 en trois ans (1,5 % en 2002, 6,2 %
début 2005 contre une multiplication par 2,5 en France). Ce mouvement devrait se
renforcer, permettant à Internet de représenter largement plus de 10 % des dépenses
britanniques de publicité en 2008(5 % en France).Les TIC modifient les relations entre
le client et le consommateur. Le consommateur se situe désormais en amont, et non plus
en aval, des campagnes. Il y a cinquante ans, il était d’usage de se faire livrer chez soi.
La multiplication des grandes surfaces, où les prix étaient plus serrés et les gammes plus
larges, a ensuite conduit à ce que le supermarché devienne le lieu de l’acquisition des
biens et des services. Aujourd’hui, Internet consacre par le e-commerce un retour au
commerce à distance, tendant à faire de la préparation de l’achat le moment décisif.
Il en découle que le temps du message visuel, adressé uniformément à tous,
indépendamment d’une volonté active ment matérialisée de chacun, est révolu. Dans
l’économie du commerce en ligne, il est essentiel de répondre à la demande du
consommateur et de pouvoir fournir à l’acheteur potentiel l’information qu’il est
susceptible de rechercher.
Cette évolution fait naître également de nouvelles formes de publicité, passant par
une approche systémique de plusieurs vecteurs à coordonner. Ainsi, à une campagne de
publicité télévisée ou à des actions de marketing direct, qui sont vues comme inévitables
dans les prochaines décennies car répondant à des techniques de commercialisation bien
maîtrisées et nécessaires pour atteindre un large nombre (et ne pas laisser la place aux
produits concurrents), s’ajoutent des bannières sur des sites et des courriers
électroniques. Force est de constater toutefois qu’il s’agit là plus d’une transposition aux
TIC des campagnes traditionnelles (affiches, publipostage) que d’une réinvention de la
publicité permise par les nouveaux médias. De manière plus novatrice, les techniques de
sponsoring, d’association à la production d’œuvres d’art ou d’actions citoyennes,
d’implication dans les communautés d’intérêt virtuelles du Web 2.0 se développent.
Elles constituent de plus en plus souvent le relais de campagnes classiques, mais

27
intégrées, pour lesquelles l’achat d’espace est lui-même rationalisé grâce à des
14
innovations spécifiques (développées notamment par ZenithOptimedia).
À travers les exemples qui ont déjà été présentés dans ce rapport, on a pu voir comment
cet effet s’était puissamment fait sentir dans l’économie de l’immatériel. De nombreux
autres secteurs, tant dans l’industrie que dans les services, ont été bouleversés par des
innovations, en particulier Internet, qui ont généré l’apparition de nouveaux concurrents.

Autre vecteur de concurrence : Internet lui-même. En effet, le réseau transforme la


relation entre les vendeurs et les consommateurs en donnant à ceux-ci un pouvoir qu’ils
n’avaient pas au temps de l’économie industrielle. Aujourd’hui, grâce à Internet, aux
différents sites de comparaison de prix et autres plates-formes de marchés, les
particuliers comme les professionnels ont accès, pour un même produit ou un même
service, à une gamme d’offres beaucoup plus large et dont ils peuvent très rapidement
comparer les prix et les différentes caractéristiques.

Le paradoxe est que, dans le même temps où le passage à une économie fondée sur
l’immatériel et sur l’innovation tend à stimuler la concurrence entre les acteurs
économiques, ces mêmes forces poussent également les entreprises à chercher des
15
collaborations et des alliances et à développer des projets communs . Ainsi, près de
trois entreprises industrielles sur quatre ont au moins une relation de coopération avec
une autre firme et ces collaborations concernent des secteurs industriels (pharmacie,
composants électriques et électroniques) mais aussi les services (par exemple les
alliances dans le transport aérien). Ces modes de collaboration sont très variés et
peuvent aller de la sous-traitance traditionnelle à la mise en commun de moyens pour la
R&D en passant par des contrats exclusifs de distribution…

On a vu que l’économie de l’immatériel était fondée sur des coûts fixes importants,
qu’il s’agisse de dépenses de R&D ou de publicité, et que la possibilité d’ensuite
rentabiliser ces coûts fixes est loin d’être évidente. D’où l’intérêt de partager la charge
que représentent ces dépenses immatérielles en impliquant plusieurs partenaires par la
mise en commun de moyens, quitte à partager ensuite les revenus de l’innovation qui

14
Rapport de la commission sur L'économie de l'immatériel-2006-12, page-23

15
SESSI, Les relations interentreprises – nombreuses et d’abord hexagonales, Le 4 pages du SESSI, n°195 – novembre
2004.

28
découleront de cette collaboration. Ainsi, par exemple, l’entreprise Freescale (ex-
Motorola Semi-conducteurs), qui emploie 1 900 personnes à Toulouse, a mis en place
un réseau de recherches avec d’autres partenaires du secteur automobile de façon à
développer de nouvelles solutions pour les réseaux informatiques embarqués dans les
voitures. Dans le même ordre d’idée, on note, dans les industries de l’Entertainment,
une tendance au développement des coproductions permettant de répartir entre plusieurs
acteurs le coût de réalisation d’un film ou d’un jeu vidéo.

Un autre avantage de cette mise en commun des dépenses immatérielles est aussi de
multiplier les possibilités d’échange et de contacts entre différents partenaires et donc de
maximiser les chances de succès, qu’il s’agisse des résultats d’une opération de R&D ou
de la qualité d’un scénario et d’une œuvre. Pour le dire simplement, en travaillant à
plusieurs, on a plus de chances de trouver de bonnes idées et de réduire les risques
financiers qu’en travaillant seul.

Dernier avantage du partage des dépenses et de la mise en commun de moyens :


éviter d’être exclu d’un marché du fait d’un effet de réseau. Ainsi, si deux entreprises
développent chacune des standards différents et non compatibles pour une technologie,
l’une d’entre elles risque de perdre entièrement son investissement si les consommateurs
adoptent la norme de son concurrent. L’échec du standard Beta max de Sony, en matière
de magnétoscopes, est, de ce point de vue, un cas d’école.

Des entreprises concurrentes peuvent donc trouver un intérêt évident à collaborer


pour définir ensemble un standard commun à partir duquel elles créeront chacune leur
gamme de produits. Un exemple de ce type de collaboration peut être trouvé dans le
développement des patent pools, c’est-à-dire d’organisations qui permettent à des
entreprises de mettre en commun leurs brevets pour favoriser la diffusion de la
technologie que ces brevets protègent. Un bon exemple est le cas de la norme de
compression vidéo MPEG, qui fait l’objet d’un patent pool regroupant 134 familles de
brevets développées par des compagnies comme Alcatel, Canon, France Télécom,
Matsushita, Thomson Licensing, Philips. Grâce à cet accord, les utilisateurs de cette
norme n’ont pas à rémunérer chacun des détenteurs de brevets mais traitent directement
avec la structure gestionnaire du patent pool, ce qui facilite la diffusion de cette
technologie.

29
2.3 Le paradoxe de la « valeur gratuite »
Un autre des paradoxes de l’économie de l’immatériel est de faire coexister une très
forte création de valeur à travers de nombreuses success stories, notamment dans le
secteur des TIC, et une tendance de fond en faveur de la gratuité ou, en tout cas, de
l’open source, c’est-à-dire la mise à disposition gratuite et libre de droits de
connaissances et de technologies. C’est certainement dans le secteur des TIC que cette
évolution est la plus visible. La plus grande partie des informations et des contenus
diffusés sur Internet sont gratuits et libres d’accès. Mais on retrouve aussi, d’une
certaine manière, cette tendance, dans le développement des journaux gratuits.

D’abord, dans bien des cas, il n’y a certes pas de paiement direct par le
consommateur final mais c’est un autre acteur qui rémunère le prestataire de services.
On retrouve ici le fonctionnement traditionnel des médias audiovisuels et de la presse
avec la rémunération de l’entreprise prestataire par la publicité. Ainsi, les services
offerts par des mastodontes comme Yahoo ou Google sont gratuits pour le
consommateur final mais ils sont en fait rémunérés par des entreprises qui paient pour
que des bandeaux publicitaires apparaissent sur le site ou pour apparaître bien placés
dans les résultats des recherches des internautes. Les techniques sont certes plus
sophistiquées mais on n’est pas très loin, dans l’idée, du mécanisme habituel de la «
réclame ». La gratuité ne concerne donc que le consommateur final et elle est permise
par la publicité.

Mais, dans de nombreux cas, la gratuité va plus loin et consiste à fournir


gratuitement à un utilisateur un produit ou l’accès à un service (logiciels, téléphonie…).
C’est le cas par exemple de l’entreprise Skype qui offre gratuitement aux internautes qui
téléchargent un petit logiciel la possibilité de téléphoner gratuitement, sous certaines
conditions, à partir d’un ordinateur. Dans le même ordre d’idée, IBM a décidé, en
janvier 2005, d’autoriser les projets de logiciels libres d’utiliser 500 de ses 40 000
brevets sans aucune redevance. Au demeurant, le plus emblématique de ces modèles «
open source » (cf. encadré) est certainement le système d’exploitation Linux. Outre la
communauté des informaticiens qui participent, de façon indépendante, à l’amélioration
de ce système et au développement de nouvelles applications, il faut noter que de très
grandes compagnies comme IBM, Hewlett Packard ou Intel ont énormément investi ce
sujet alors même qu’elles n’en tireront pas directement de revenus.

30
Cette attitude, qui peut paraître paradoxale pour des entreprises privées, s’explique
de plusieurs façons. Il y a d’abord la volonté de générer un effet de réseau. En mettant à
disposition des consommateurs un produit ou un service gratuit, une entreprise peut
espérer que ceux-ci vont l’adopter et l’utiliser massivement. L’entreprise pourra ensuite
vendre des services complémentaires, comme par exemple IBM qui vend des prestations
de conseils, ou encore des services « premium » ou enrichis. C’est le cas de Skype dont
environ 10 % des utilisateurs utilisent les services payants (possibilité d’appeler un
portable). L’autre avantage est que ce type d’offres, qui laisse aux utilisateurs la
possibilité d’enrichir le contenu, permet également de stimuler l’innovation et la
création de nouveaux produits et services, qui pourront ensuite être récupérés et «
rentabilisés » d’une façon ou d’une autre par l’entreprise. C’est la stratégie suivie par
Google s’agissant de la mise à disposition gratuite de Google Maps.

Dans notre culture marchande, il est rare que des individus acceptent de travailler
sans rémunération, et dans l’intérêt de tous. L’internet pour les médias des masses a
contribué à donner naissance à cette « économie de l’immatériel ». Il ne s’agit plus
seulement d’une économie de marché, mais d’une économie avec marché, doublée
d’une économie de la « gratuité ». L’économie de marché traditionnelle ne va pas
disparaître, mais une économie avec marché, ou économie « plurielle », va favoriser des
échanges autres que marchands (temps contre temps, temps contre valeur, temps contre
information, information contre temps, information contre information...).

2.4 Le paradoxe de l’évolution du travail


Les évolutions décrites plus haut ont naturellement un impact très fort sur
l’organisation du travail. De la même façon que l’usine cesse d’être le lieu de référence
dans la vie des entreprises, au profit des laboratoires, des centres de recherche, des
bureaux d’études ou des entrepôts logistiques, la figure de l’ouvrier, voire celle de
l’employé de bureau, des années 1960 et 1970, tend à s’effacer sans qu’un modèle
unique n’ait encore été clairement cerné.

Dans sa version la plus optimiste, le travailleur type de l’économie de l’immatériel


exerce une des fonctions« nobles » du secteur tertiaire : il appartient à ce que l’ancien
secrétaire d’État au travail américain R. Reich appelait la catégorie des « manipulateurs

31
16
de symboles ». Il exerce donc des activités au cœur du processus d’innovation:
l’identification et la résolution de problèmes et le courtage stratégique, pour reprendre la
typologie de Reich. Son rôle est donc de jongler avec des idées, des concepts, des
savoirs, pour trouver de nouvelles avancées technologiques, de nouveaux produits et de
nouveaux services. Ce travailleur type a généralement suivi des études supérieures à
l’université et il n’a pas de difficulté à évoluer à l’international dans une économie
globalisée. Son statut n’est pas aussi bien défini que dans l’économie industrielle : il
peut être salarié d’une grande entreprise ou d’une start-up, consultant free lance,
chercheur ou universitaire… Pour autant, dans la mesure où il constitue un élément clé
du processus d’innovation, cette incertitude est un facteur de liberté plutôt qu’une source
17
de précarité . Dernier avantage : n’ayant pas eu à exercer des tâches physiquement
pénibles ou fatigantes, il est à même d’exercer ses activités pendant des années, parfois
bien au-delà de l’âge légal de la retraite.

Cette vision est naturellement à la fois idyllique et caricaturale. Malheureusement,


et même si l’enjeu est bien de multiplier ce genre de profils dans notre société, toute la
population active ne pourra pas devenir des « manipulateurs de symboles ». On peut
noter que la diffusion des TIC et les réorganisations qui s’en sont suivies ont eu
incontestablement des effets positifs pour beaucoup de travailleurs, notamment parce
que l’on est passé d’une vision strictement taylorienne, dans laquelle le travail est
totalement encadré, parcellisé, hiérarchisé à une vision nouvelle, dans laquelle la
capacité d’initiative du travailleur est plus importante et où le contenu du travail est
enrichi. La suppression de certains niveaux hiérarchiques intermédiaires et le
développement des outils de communication font que le salarié se retrouve ainsi dans
une position intermédiaire entre celle de l’employé et celle du cadre, avec une certaine
marge de manœuvre en termes de rythme de travail, d’initiatives, de contact avec la
18
clientèle .

16
R. Reich, L’économie mondialisée, Dunod, 1993.
17
Voir également sur ce thème le rapport « Boissonnat » pour le Commissariat général au plan, Le travail dans vingt ans,
1995.
18
DARES, « Autonomie et communication dans le travail : les effets des nouvelles technologies », Premières informations
et premières synthèses,
mai 2003.

32
Pour autant, et c’est bien là le paradoxe, ces évolutions plutôt positives se couplent
avec d’autres tendances qui influent négativement sur la pénibilité du travail et la santé
des employés. À l’encadrement hiérarchique traditionnel se substituent d’autres formes
de contrôle, à travers les outils informatiques de reporting(progiciels de gestion
intégrés…), à travers les normes de qualité ou encore à travers le contact permanent
avec le niveau supérieur via l’ordinateur ou le téléphone portable. De plus, les nouvelles
organisations fondées sur le « juste à temps » ou le « temps réel » obligent à une
mobilisation permanente du salarié, génératrice de tension et de stress, et entraînent une
19
augmentation des horaires atypiques de travail (travail de nuit, le week-end…) . À cela
s’ajoute le fait que la pénibilité physique du travail est loin d’avoir disparu dans notre
économie. Ainsi, le nombre de cas de troubles musculo-squelettiques déclarés à la
Sécurité sociale est en progression rapide, tout comme l’exposition au bruit ou
l’exposition à des produits dangereux…

Le passage d’une économie industrielle à une économie immatérielle fondée sur les
services a donc un impact relativement ambigu sur le travail et son organisation. Certes,
elle permet d’envisager un travail plus intéressant, plus riche, moins pénible et moins
fragmenté que dans l’organisation taylorienne du travail. Dans le même temps, les
nouvelles organisations génèrent leur propre pénibilité et leurs propres contraintes, sans
que certaines tâches particulièrement difficiles n’aient pour autant disparu.

19
Sur ce sujet voir notamment P. Askénazy, Santé au travail : l’impact des nouvelles formes de pénibilité, Le Monde, 20
décembre 2005.

33
Conclusion du chapitre 2

L’économie de l’immatériel nous permet de maîtriser notre avenir. Nous partons à


armes égales. Mieux, nous avons autant d’atouts, voire plus que d’autres, tant notre
tradition nous porte spontanément vers l’analyse conceptuelle et l’inventivité
scientifique. Notre défi est de mieux utiliser ces avantages et ces dispositions,
d’exploiter plus efficacement notre capital humain, dans les entreprises comme dans les
administrations. Ceci doit bien sûr se faire en confortant notre appareil industriel, qui a
tout à gagner d’un renforcement de l’immatériel, mais qui doit également bénéficier
d’efforts résolus en vue de le rénover.
Ces évolutions, fortes, ambitieuses ont une portée sociétale. Elles modifient non
seulement les rapports à l’économie, mais aussi les relations sociales, ainsi que le
fonctionnement d’une démocratie moderne. L’économie de l’immatériel est une chance
de réinventer notre futur. À nous de la saisir.

34
Conclusion de la partie 1
Aujourd’hui, Le monde bouge vite, et l’économie sera basée sur les connaissances,
techniques ou organisationnelles ou de savoir faire industriel, d’information marketing
d’habilité procédurière, tous ces actifs immatériels peuvent être modélises et incorporés
dans un calcul d’optimisation des entreprises et de leurs membres.

C’est pour ça les entreprises sont obligées à mesurer, adapter, et à évaluer la notion
de capital immatériel, aussi de valoriser le capital matériel, que ce soit technique ou
humain pour garder son rôle dans la croissance, et elles sont aussi obligées de faire une
cohérence entre la richesse matériel et immatériel.

Même les nations sont incitées de protéger et à sauvegarder leurs actifs


immatériels qui sont devenus l’un des facteurs principaux dans le développement et la
création des emplois.

35
PARTIE 2 :

Etude quantitative du capital humain


dans la région de Béni-Mellal Khénifra.

36
Chapitre I : Méthodologie de recherche et cadre d’analyse.
Section 1 : Choix méthodologique

Cette section a pour objectif de présenter les deux approches de recherche à savoir
l’approche qualitative et l’approche quantitative ainsi qu’une justification de choix de la
méthode quantitative.

1-La présentation des méthodologies de recherche


La méthodologie est « l’étude des méthodes permettant de constituer des
connaissances». Pour mener à bien notre étude, on doit se positionner par rapport au
choix méthodologique, qui va nous permettre d’utiliser différentes modes de collecte de
données et leur traitement. .Il existe deux méthodes principales : la méthode qualitatives
et la méthode quantitative.20

A-Méthode qualitative
Les méthodes quantitatives sont des méthodes de recherche qui se situent dans le
raisonnement positiviste en mode hypothético-déductif. Elles utilisent des outils de
d’analyse statistique et mathématique afin de décrire, traiter et justifier un phénomène
donné. HladyRispal (2002), considère les méthodes quantitatives en tant qu’un principe
de construction, de reconstruction et réfutation d’une théorie.53 La méthode quantitative
produit des résultats chiffrés (pourcentages, indicateurs, ratios …), ces résultats peuvent
conclure des liens entre des variables ou de vérifier des hypothèses préétablies.54La
méthode quantitative est souvent convenable avec des données collectées d’un grand
échantillon. Et l’outil le plus utilisé dans le cadre de cette méthode c’est le
questionnaire, mais il existe d’autres méthodes de collecte des données telles que : le
codage des documents archivés, des dossiers administratifs, des observations, des
expérimentations, des sources visuelles ou sonores.21

B-Méthode quantitative
Les méthodes qualitatives sont considérées par Coutèle (2005) comme « un
groupement des techniques interprétatives qui cherchent à décrire, décoder, traduire et
généralement percer le sens et non la fréquence de certains phénomènes ».L’auteur
souligne également que l’analyse qualitative comme « une démarche discursive de
reformulation, d’explicitation ou de théorisation d’un témoignage, d’une expérience ou
d’un phénomène.»55 François et Pellemans (1979)56, considèrent que « l’analyse
qualitative requiert des qualités d’imagination, de créativité, de compétence,
d’expérience et surtout de probité intellectuelle. Il est indispensable que le chercheur

20
Paul N’da, Recherche et méthodologie en sciences sociales et humaines Réussir sa thèse, son mémoire de master ou
professionnel, et son article, L’Harmattan.
21
Paul N’da, Recherche et méthodologie en sciences sociales et humaines Réussir sa thèse, son mémoire de master ou
professionnel, et son article, L’Harmattan.

37
face abstraction de son a priori pour se mettre en état d’écoute objective pour laisser
parler les données.
Les données qualitatives doivent être replacées dans le contexte de leur recueil.
Trois facteurs sont à prendre en compte : la technique utilisée pour obtenir des
informations, les caractéristiques des interviewés, les caractéristiques du chercheur, qui
peuvent introduire certains biais ». L’approche qualitative est de nature exploratoire, elle
donne une description complète et détaillée de la recherche effectuée. Miles et
Huberman (2003)57 décrivent les données de l’approche qualitative : «les données
qualitatives se présentent sous forme de mots plutôt que des chiffres.» HladyRispal
(2002) distingue deux logiques dans l’approche qualitative : inductive et déductive. La
logique inductive permet de construire une théorie à partir de l’observation et l’étude de
l’objet de la recherche et des pratiques des acteurs. Alors que la logique déductive
permet l’approbation ou le refus d’un modèle théorique face aux informations
collectées.
2-Justification du choix méthodologique
Dans le cadre de notre travail de recherche nous avons opté pour la démarche
quantitative. Nous justifions notre choix par le fait que l’approche quantitative nous
offre une vue mesurée qui va nous conduire à comprendre le sujet et du fait qu’elle est la
plus adaptée à notre problématique.
La nature de notre travail a pour objectif de comprendre comment l’amélioration du
capital humain au sein des entreprises permet d’avoir une productivité plus élevée. 22

Section 2 : collecte de données


Un outil de collecte de données se définit comme le support ou l'intermédiaire qui
va servir le chercheur pour recueillir les données qu'il doit procéder à leur l'analyse. Ces
outils vont assurer une collecte des informations ou des observations en pleine
objectivité et de pour les soumettre en analyse par la suite. Afin de mener à bien notre
travail de recherche, nous avons opté dans le cadre de l’approche qualitative suivie pour
un seul outil de collecte de données à savoir le questionnaire.

22
Paul N’da, Recherche et méthodologie en sciences sociales et humaines Réussir sa thèse, son mémoire de master ou
professionnel, et son article, L’Harmattan.

38
Pour les autres outils qui sont aussi possibles dans la collecte de données à savoir
les entretiens dans lesquels on trouve des entretiens directifs et semi-directifs qui sont
plus adaptés dans le cadre des études qualitatives.

I-L’entretien
Selon Pierre Romelaer (2005) , « L’entretien est l’une des méthodes qualitatives les
plus utilisées dans les recherches en gestion. Un entretien de recherche n’a rien de
commun avec une discussion dans laquelle on se laisse porter par l’inspiration du
moment. ». Un entretien est une méthodologie de recherche qualifiée qualitative par
excellence déployée dans le cadre d’une étude de cas. Cette technique est utilisée soit de
façon formelle ou informelle, qui a pour but d’interroger des personnes précises qui vont
fournir des informations ou des réponses cherchées dans le cadre du travail de la
recherche ou encore des éléments de réflexion très riches. 23

1-Les entretiens directifs


L’entretien directif réunie un ensemble de questions bien structurées et qui
fournissent des réponses qualitatives bien que des données quantifiables (pourcentages,
statistiques) dans le cadre de la méthode d’étude de cas. Le guided’entretien se prépare
contenant l’ensemble des questions au préalable suivant un ordre prédéfini. Cette
méthode ne permette pas de sortir du cadre d’entretien et d’exprimer des réflexions ou
d’aller plus loin dans la réponse.

2-Les entretiens non directifs


Dans ce type des entretiens, le chercheur ne donne aucune information ou des
données précises, alors que l’interlocuteur développe le thème qui lui est proposé de sa
manière et développe ses propres réflexions.

3-Les entretiens semi-directifs


Selon Grawitz (1993)64 L’entretien semi directif est appelée également un entretien
centré. Quivy et Campenhoudt (1995)65 le définissent comme ceci : « l'entretien semi
directif n'est pas entièrement ouvert, ni canalisé par un grand nombre de question
précises. Généralement, le chercheur dispose de questions guides, relativement ouvertes,
à propos desquelles il est impératif qu'il reçoive une information de la part de
l'interviewé. Autant que possible il laissera venir l'interviewé afin que celui-ci puisse
parler ouvertement. Le chercheur s'efforcera simplement de recentrer l'entretien sur les
objectifs chaque fois qu'il s'en écarte de poser les questionsauxquelles l'interviewé ne
vient pas par lui-même, au moment le plus approprié et de manière aussi naturelle que
possible ». L’entretien semi-directif consiste à dépasser la rationalité dans lors de
l’entretien afin de rendre possible une émergence des réflexions, des idées, des points de
vue. Les questions composées sont structurées mais peuvent être reformulées. Les

23
Paul N’da, Recherche et méthodologie en sciences sociales et humaines Réussir sa thèse, son mémoire de master ou
professionnel, et son article, L’Harmattan.

39
questions mises dedans peuvent être soit des questions ouvertes ou bien des questions
fermées ou de choix multiple.24

II-Le questionnaire :
Selon Aktouf (1987)66 « le questionnaire n'est ni une simple liste de questions ni un
interrogatoire écrit que n'importe qui pourrait composer à propos de n'importe quoi,
pourvu que es questions posées soient suffisamment claires .Si le questionnaire n'était
qu'une simple liste de questions sur les différents aspects d'un sujet donné, il serait en
effet à la portée du premier venu de confectionner cette liste et de se mettre à récolter les
réponses. En réalité, la forme des questions, leur contenu, leur agencement... jouent un
rôle de premier plan et obéissent à des règles d'élaboration rigoureuses qu'il faut
respecter si l'on veut que nos questions aient une réelle valeur descriptive et que les
réponses qu'elles appellent soient des données fiables et utilisables ».L’auteur présente
également la définition suivante du questionnaire : « les questionnaires sont des sortes
de tests, ayant une perspective unitaire et composés d'un certain nombre de questions et
généralement proposés par écrit à un ensemble plus ou moins élevé d'individus et
portant sur leurs goûts, leurs opinions, leurs sentiments, leurs intérêts... ». Le
questionnaire se présente comme l’un des outils de collecte de données les plus
pertinents, ce n’est seulement un groupement des questions mais c’est un outil efficace
d’étude d’un phénomène par le biais des questions bien structurées pour répondre à
notre problématique générale.25

24
Paul N’da, Recherche et méthodologie en sciences sociales et humaines Réussir sa thèse, son mémoire de master ou
professionnel, et son article, L’Harmattan.
25
Paul N’da, Recherche et méthodologie en sciences sociales et humaines Réussir sa thèse, son mémoire de master ou
professionnel, et son article, L’Harmattan.

40
Chapitre 2 : Présentation et résultats de données
Section 1 : Présentation des résultats et leur interprétation
Dans cette section nous allons présenter les différents résultats et leur interprétation
obtenus grâce à un questionnaire administré auprès de 28personnes travaillant dans
différentes entreprises, le questionnaire qu’on a élaboré se structure en 20 questions.

FIGURE Nº2 : La répartition des répondants selon le sexe

Source : Réalisé par nous même

En examinant ce graphique nous constatons que notre échantillon se


compose de 32,1% des femmes et 67,9% des hommes par conséquent c’est le genre
masculin qui dominent dans notre échantillon.

41
FIGURE Nº3 : La répartition des répondants selon l’âge

Source : La réalisé par nous même

La catégorie d’âge [18 – 24 ans] représente 57,1%, la catégorie [25 –30 ans]
représente 39,3% et la dernière catégorie [plus de 30 ans ] représente 3,6% donc nous
pouvons conclure que notre échantillon est composé majoritairement par des personnes
dont l’âge est entre 18 ans et 24 ans.

FIGURE Nº4 ; La répartition des répondants selon la région

Source : Réalisé par nous même

42
D’après ce graphique nous constations que la plupart des répondants sont issus de la
région de béni Mellal Khénifra qui a été la région concernée par notre étude dans la
mesure où ils représentent 75% alors que 25 % des répondants qui restent est répartie
entre les autres régions.

FIGURE Nº5 : Catégorie socioprofessionnelle

Source : Réalisé par nous même

D’après ce graphique nous pouvons constater que notre échantillon est


constitué de 60,7% des étudiants, 32,1% des salariés et 7,2% des directeurs
d’entreprise ce qui signifie que la catégorie dominante est celle des
étudiants.

43
FIGURE Nº6 : Type de contrôle de l’entreprise

Source : Réalisé par nous même

Ce diagramme circulaire montre clairement que la plupart des personnes


travaillent dans des entreprises de type de contrôle Autre (30,4%) et société
familiale indépendante (43,5%).

FIGURE Nº 7 : la taille de l’entreprise dans laquelle vous travaillez

Source : Réalisé par nous même

44
ce graphique de type diagramme circulaire nous montre que la majorité des
entreprises dans lesquelles travaillent les personnes sondées sont des entreprises dont la
taille est moins de 50 salariés avec un pourcentage de 57,1% suivie par les sociétés dont
la taille est entre 51 et 100 salariés avec 19% et ainsi de suite pour les autres.

FIGURE Nº8 : La structure juridique de l’entreprise

Source : Réalisé par nous même

En constant les pourcentages dans ce diagramme circulaire nous


pouvons déduire que la structure juridique qui domine dans notre étude est
SARL avec un pourcentage de 47,6% suivie par SNC et autre avec le même
pourcentage de 19% et en fin la SA avec 14,3%.

45
FIGURE Nº9 : Le produit ou les prestations de l’entreprise

Source : Réalisé par nous même

Le graphique ci-dessus nous démontre que 33,3% des entreprises destinent leur
produits au marché national, 38,1% pour le marché local et le reste de pourcentage pour
des entreprises qui vendent au marché international et les 3 marchés.

FIGURE Nº10 : Vision générale sur le capital humain

Source : Réalisé par nous même

46
71,4 % des répondants ont déjà entendu parlé de la notion du capital humain
alors que seulement 28,6% ne l’ont pas entendue ce qui signifie que ce concept est
connu au sein de la société.

FIGURE Nº11 : Circonstance concernant le capital humain

Source : Réalisé par nous même

D’après ce graphique on constate que 45% ont entendu ce terme à travers des
articles professionnels, 35% dans des articles de recherche, 25% dans de autres articles
alors que 30% des répondants l’ont entendu dans des états financiers et dans les rapports
annuels.

47
FIGURE Nº12: L’importance du capital humain pour les entreprise

Source : Réalisé par nous même

53,6 % des personnes interrogées estiment que les entreprises


marocaines accordent une attention particulière au capital humain tandis que 46,4% en
disent que non.

FIGURE Nº13 : Contribution du humain a la croissance d’une entreprise

Source : Réalisé par nous même

48
Quand on a posé la question de ‘’ est-ce que le capital humain contribue à la
croissance d’une entreprise ‘’ la plupart des répondant ont répondu ‘’ oui ‘’ et
seulement 10,7% ont estimé que non et cela nous amène à conclure que le capital
humain permet à l’entreprise de produire plus et accroitre plus rapidement.

FIGURE Nº14 : Lien entre la formation des employés et leur productivité

Source : Réalisé par nous même

D’après ce graphique nous constatons que presque la totalité des répondants ont dit
qu’il y a un lien entre la productivité et la formation des employés et cela nous conduit à
déduire que quand on forme les salariés cela leur permet d’être plus productifs et cela
permet aussi de gagner en efficacité en termes du temps et d’efficience.

49
Question : Pouvez-vous nous expliquer comment la formation peut-elle
augmenter le productivité de l'entreprise ?
Quand on a posé cette question aux personnes interrogées, elles nous ont fourni les
réponses suivantes :

 Vos employés ont été recrutés pour contribuer à la croissance de votre entreprise et ils
s’attendent à gagner de l’expérience dans leur domaine d’activité en plus de se dépasser.
C’est donc dans votre devoir de leur donner l’occasion de se perfectionner au moyen de
formations interne ou externe. De plus, il est possible que votre employé fasse un faux
pas à un moment donné. Vous devez vous rappeler que cela arrive à tout le monde.
Plutôt que de le blâmer, pensez à l’encourager à mieux comprendre ses erreurs pour
éviter qu’elles se reproduisent donc minimisé le temps et augmenté la productivité.

 Le but d'engager des formations en faveur des employés est de leur permettre de
renforcer leur qualifications, leurs compétences et tout va leur permettre de produire
plus et de manière efficace et donc une très grande productivité de l'entreprise.

 Grâce à la formation, les apprenants savent comment optimiser les ressources afin qu'ils
soient productives

 Les formations des salariés permettent avant tout de minimiser les coûts de recrutement
des nouveaux salariés avec des compétences les formations offrent, elles permettent
aussi de motiver les employées et leurs rendre fidèles au travail.

 La formation permet aux individus de bien comprendre leurs travails par différentes
ateliers au sein de cette formation.

 Un salarié informé mieux qu'un autre qui n'est pas formé

50
FIGURE Nº15 : Le développement du capital humain par des entreprises marocaines

Source : Réalisé par nous même

D’après ce graphique on observe que 46,4% ont estimé que les entreprises
marocaines n’engagent pas de dépenses pour développer leur capital humain alors que
53,6% ont répondu que oui.

51
FIGURE Nº16 : Réalisation du plan de formation

Source : Réalisé par nous même

62,2 % des personnes interrogés ont répondu que leur entreprises réalisent un plan
de formation chaque année en faveur de leur salariés alors que 34,8 % ont dévoilé que
leurs entreprises ne le réalise pas ce qui signifie que la majorité des entreprises
marocaines s’intéressent à leur capital humain afin qu’elles le développent.

52
FIGURE Nº17 : L’impact de développement des compétences sur la rentabilité des
salaries

Source : Réalisé par nous même

Lorsque nous avons posé la question ‘’ Pensez-vous que le développement des


compétences et la bonne maîtrise des tâches motivent les salariés pour être plus
rentables ? ‘’ 87,7% ont répondu que ‘’oui’’ alors que 14,3% ont répondu ‘’non’’ ce qui
nous amène à déduire que le développement des compétences et la bonne maîtrise joue un
rôle catalyseur dans la motivation des employés.

53
Question : Selon vous comment peut-on faire évoluer le capital Humain?
Quand nous avons posé cette question à nos déclarants ils nous ont fourni les
réponses suivantes :

 À travers la politique de récompense et de promotion


 en le formant et motivant
 Par la motivation, la bonne management des équipes et des conflits et aussi par les
formations ...
 avant tout donner aux individus la sécurité et la garantie du travail par un contrat et
donner à lui la possibilité de participé aux décisions de l'entreprise, faire des formations
gratuits au sein de l'entreprise en collaboration avec autres entreprises pour échanger les
expériences, je pense que ça va permet d'évoluer le capital humain.
 Les relations humaines sont un paramètre important et déterminant pour développer son
entreprise tant sur le plan social que sur le plan économique. C’est pour cette raison que
les connaissances et la formation du capital humain doivent être au centre des
préoccupations et de toute stratégie d’un bon chef d’entreprise.

54
Conclusion de la partie

D’après les réponses que nous avons pu obtenir grâce à ce questions on a pu sortir

les résultats suivants :

- Que les entreprises marocaines accordent de plus en plus attention à leur capital humain

via des plans de formation qu’elles réalisent chaque année afin de développer la

productivité.

- Qu’il y a vraiment une relation entre la formation des salariés et la productivité

de l’entreprise en permettant aux salariés d’avoir les qualifications requises afin

qu’ils puissent accomplir leurs tâches comme il faut.

- Que la motivation et la récompense sont deux éléments essentiels pour hisser

le niveau de compétences et d’aptitudes des salariés.

- Que le capital humain permet un croissance rapide des entreprises.

55
Conclusion générale

S'il est une des rares choses qui mettent tous les experts en management d'accord,
c'est le fait que les ressources humaines constituent des ressources sur déterminantes
dans toute entreprises, qu'elle soit publique ou privée. D'ailleurs, la valeur d'une
entreprise se mesure aujourd'hui non seulement sur le chiffre d'affaires et le bénéfice
réalisé, mais surtout sur la qualité des compétences et de l'expérience accumulées par les
ressources humaines. Cette valeur, les experts l'appellent le «le capital immatériel ou
bien le capital compétence » ou « le capital intellectuel » ou encore « l'actif
intellectuel ». Bien qu'immatériel, ce capital joue un rôle plus déterminant que les actifs
physiques et financiers dans la mesure où c'est lui qui combine les autres actifs pour
produire des bénéfices et assurer la survie de l'entreprise

Si le capital humain, peut se définir comme un capital immatériel capable de


procurer de façon répétée et durable des bénéfices monétaires et non monétaires, la
croissance se présente comme l'augmentation soutenue pendant une période longue, de
la production d'une entreprise60% à 90% de valeur des entreprises repose sur ses actifs
immatériels

Selon la théorie du capital humain, les connaissances, les habiletés et les


compétences détenues par les individus représentent, au même titre que les autres actifs
corporatifs, une source de valeur économique pour la firme, souvent supérieure aux
actifs traditionnels tels les machines, les immeubles, etc En se fondant sur ce principe,
les tenants de la perspective universaliste soutiennent que la mise en œuvre de pratiques
de gestion des ressources humaines, telle le développement des compétences, constitue
un moyen privilégié d'accroître la valeur du capital humain et par conséquent
d'augmenter l'efficacité organisationnelle Plusieurs travaux théoriques justifient la
capacité d'activités de gestion des ressources humaines à augmenter la valeur du capital
humain dans tout genre d'entreprise

En bout, le capital immatériel est considéré comme un facteur clés de sucée


d’une entreprise.

56
Bibliographie
 Kemmeter, M. et Mauhin, P. (2014). Le nouveau jeu économique. (1ère éd.). Bruxelles :
Edition Otherways, page-56-58-59
 Pierre Gogendeau, Pierre-Yves Belle, Mathieu Ferru, MateuszSzczur, Simon
Gouellain , Le capital immatériel, 2014,page-11-14-15
 la pie, laboratoire de la modernisation de l'État dossier de presse 21 juin 2011, page-1
 De Kemmeter, M. (2013, 22 avril). L’économie Systémique pour les nuls.
 Or c’est justement sur la notion de contrôle que repose la comptabilisation des actifs.
C’est ce qui explique l’écart de définition entre les actifs immatériels économiques et
comptables, page-20
 Le gagnant emporte tout, page-20
 [Link]. Hand, "Evidence on the Winner-takes-all Business Model: The Profitability Returns-to-
scale of Expenditures on Intangibles Made by U.S.
 Internet Firmes, 1995-2001", novembre 2001).

 SESSI, Les relations interentreprises – nombreuses et d’abord hexagonales, Le 4 pages


du SESSI, n°195 – novembre 2004.
 R. Reich, L’économie mondialisée, Dunod, 1993.
 Voir également sur ce thème le rapport « Boissonnat » pour le Commissariat général au plan,
Le travail dans vingt ans,1995.
 DARES, « Autonomie et communication dans le travail : les effets des nouvelles technologies
», Premières informations et premières synthèses,
 P. Askénazy, Santé au travail : l’impact des nouvelles formes de pénibilité, Le Monde, 20
décembre 2005
 Rapport de la commission sur L'économie de l'immatériel-2006-12, page-23-168
 Paul N’da, Recherche et méthodologie en sciences sociales et humaines Réussir sa thèse,
son mémoire de master ou professionnel, et son article, L’Harmattan

57
Webographie

 [Link]
 [Link]

 [Link] 1999-et-2013-
jouahri-et-baraka-devoilent-les-premieres-pistes-115791.

58
Table de matières

REMERCIEMENTS ............................................................................................................................... 2
SOMMAIRE ............................................................................................................................................ 3
INTRODUCTION GENERAL .............................................................................................................. 4
PARTIE 1 : APERÇUE SUR LE CAPITAL IMMATERIEL .. ERREUR ! SIGNET NON DEFINI.5
INTRODUCTION DE LA PARTIE ...................................................................................................... 6
CHAPITRE 1 : DEFINITION DU CONCEPT DU CAPITAL IMMATERIEL, TYPOLOGIE ET METHODES
D’EVALUATION. ..................................................................................................................................... 7
INTRODUCTION DU CHAPITRE .............................................................................................................. 7
Section 1 : définition et typologie du capital immatériel .................................................................. 7
1. Définition du capital immatériel............................................................................................ 7
2. Différents types d’actifs immatériels ....................................................................................... 8
2.1 L’humain .......................................................................................................................... 8
2.2 La structure de l’entreprise ................................................................................................ 9
2.2 L’image de l’entreprise.................................................................................................. 10
Section 2 : Méthodes d’évaluation des actifs immatériels.............................................................. 12
1.L’humain .......................................................................................................................................
2. Capital marque ........................................................................................................................ 13
2.1 La référence aux coûts de constitution : .......................................................................... 13
2.2 La méthode des comparables : .......................................................................................... 13
2.3 La méthode du “Price premium”: ................................................................................ 14
3. Capital technologique .............................................................................................................. 14
3.1 L’approche patrimoniale: ................................................................................................. 15
3.2 La méthode d’actualisation de flux: ................................................................................. 15
CONCLUSION DU CHAPITRE ......................................................................................................... 16
CHAPITRE 2 : IMPORTANCE DU CAPITAL IMMATERIEL EN L’ECONOMIE ...................................... 16
INTRODUCTION DU CHAPITRE 2.......................................................................................................... 17
Section 1 : Influence du capital immatériel sur le développement économique. ...................... 17
1. L'économie de l'immatériel .................................................................................................. 17
1.1 Listing des nouvelles économies.................................................................................... 18
1.1.1 Le développement durable......................................................................................... 18
1.1.2 Économie de la connaissance ..................................................................................... 18
1.1.3 Économie sociale ......................................................................................................... 19
1.1.4 Économie de partage ................................................................................................... 19

59
1.1.5 Économie grises........................................................................................................... 19
1.2 L'économie systémique .................................................................................................. 20
Section 2 : l'économie de l'immatériel, un modèle économique en devenir ................................. 21
[Link] économie moins prévisible ................................................................................................ 21
1.1 La difficile appréhension de la valeur des actifs immatériels .................................... 21
1.2 Les dynamiques de marché dans l'économie de l'immatériel .................................... 22
2. les paradoxes de l'économie de l'immatériel ...................................................................... 25
2.1 Le paradoxe de la propriété intellectuelle ................................................................... 25
2.2 Le paradoxe d’une économie à la fois concurrentielle et collaborative .................... 26
2.3 Le paradoxe de la « valeur gratuite » .......................................................................... 30
2.4 Le paradoxe de l’évolution du travail .......................................................................... 31
CONCLUSION DU CHAPITRE 2 ............................................ ERREUR ! SIGNET NON DEFINI.34
CONCLUSION DE LA PARTIE 1 ...................................................................................................... 35
PARTIE 2 : ETUDE QUANTITATIVE DU CAPITAL HUMAIN DANS LA REGION DE BENI-
MELLAL KHENIFRA. ........................................................................................................................ 36
CHAPITRE I : METHODOLOGIE DE RECHERCHE ET CADRE D’ANALYSE. ......................................... 37
Section 1 : Choix méthodologique .................................................................................................. 37
I- La présentation des méthodologie de recherche ................................................................ 37
A- Méthode qualitative ........................................................................................................... 37
B- Méthode quantitative ........................................................................................................ 37
II- Justification du choix méthodologique ............................................................................... 38
Section 1 : collecte de données ........................................................................................................ 38
I- L’entretien ............................................................................................................................. 39
1- Les entretiens directifs ...................................................................................................... 39
2- Les entretiens non directifs............................................................................................... 39
3- Les entretiens semi-directifs ............................................................................................. 39
II- Le questionnaire : ................................................................................................................. 40
CHAPITRE 2 : PRESENTATION ET RESULTATS DE DONNEES ............................................................. 40
Section 1 : Présentation des résultats et leur interprétation ......................................................... 41
CONCLUSION DE LA PARTIE :....................................................................................................... 54
CONCLUSION GENERALE ............................................................................................................... 56

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