Relations internationales en Afrique : enjeux et défis
Relations internationales en Afrique : enjeux et défis
1
BIBLIOGRAPHIE
1. PHILLIP HUGON, Géopolitique de l’Afrique, Paris, é[Link], 2007.
2. GÉRARD CHALLIEN, l’enjeu africain : la stratégie des grandes puissances, Paris, éd. Seuil, 1980.
3. JEAN BATISTE DEROSELLE et ANDRÉ CASKI, histoire des Relations internationales de 1945 à nos
jours, Tome II, Paris, éd. Armand colin, 2004.
4. CHRISTOPHER CLEPHEN, Africa and international system, é[Link], CIP, 1996.
5. KADONY KPALAINGU NGUWAY, une introduction aux relations internationales africaines, édition
l’Harmattan, 2007.
6. KADONY KPALAINGU NGUWAY, les Organisations Internationales, Éditions d’Essai, Lubumbashi,
2018.
7. LUC SINDJOUM, Sociologie des Relations internationales Africaines, édition Karthala, 2002.
8. GERMAIN NGOIE TSHIBAMBE, les relations internationales africaines, UNILU, L1RI, 2009-2010,
Cours inédit.
1
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
INTRODUCTION
Bien qu’étant au tournant de l’histoire, l’Afrique est un acteur subissant les relations internationales du 2
fait qu’elle est très souvent exposée aux aléas de la conjoncture internationale. Cette situation a même poussée
certains scientifiques à s’interroger sur l’Afrique, au lendemain des indépendances politiques de celle-ci.
Albert Meister veut savoir si l’Afrique pouvait-elle partir ; René Dumont quant à lui, réagi en affirmant
que l’Afrique est mal partie. Cependant, en observant la situation de l’Afrique soixante ans après les
indépendances, nous pouvons tenter de confirmer la thèse de René Dumont : « l’Afrique n’est toujours pas
partie ».
L’Afrique est, de façon continuelle, malade de ses impuissances. Son économie est cassée, ses
infrastructures socio-économiques de base sont en délabrement, les conflits armés accompagnés des crises
humanitaires se multiplient sur son sol, les maladies endémiques refont surface, etc.
L’histoire de l’Afrique est dominée par les difficultés qui sont propres à elle : l’esclavage, la colonisation,
les indépendances et la mondialisation. Le néo-colonialisme qui caractérise les rapports économiques des pays
africains avec les anciennes métropoles exerce un effet centripète de polarisation externe. De la sorte, les rapports
horizontaux Nord-Sud se développent au détriment des rapports horizontaux Sud-Sud.
Les relations internationales africaines se fondent sur des éléments objectifs infrastructurels et super
structurels dominés par un endettement excessif.
2
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Paragraphe [Link]
Le concept « relations internationales africaines »n’est pas facile à définir à cause de sa nature
conceptuelle et globale. Ces relations sont complexes .Elles sont spécifiques pour autant qu’elles sont liées aux
interactions des acteurs africains à l’intérieur du continent .Ces relations sont globales parce que les acteurs
unitaristes de pouvoir en Afrique ne vivent pas en vase clos, ils entretiennent des relations avec les opérateurs
politiques,economiques,sociaux,culturels et religieux des pays en dehors du continent africain.
Cependant, dans le cadre de cet enseignement ,nous allons nous référer à la définition proposée par le
professeur KADONY N.K. dans son ouvrage intitulé « une introduction aux relations internationales
africaines »,édition l’Harmattan, collection Comptes rendus,2007 .L’auteur définit les relations internationales
africaines comme un ensemble de réseaux d’interactions que les acteurs politiques ,économiques ,socioculturels,
religieux africains tissent entre eux, ainsi que les rapports qu’ils entretiennent avec le monde extérieur par le biais
de canaux spécifiques .
1. La prédominance du sous-développement
La colonisation fut un moment historique ayant marqué la rupture du système de développement de la
société précoloniale .Le régime colonial est juxtaposé au système traditionnel qu’il comprime sans effacer .Cette
absence de malaxage de deux civilisations, en vue de créer une nouvelle culture de développement dans le
contexte de la modernité, sera à la base de l’inadaptation des africains à l’évolution du monde à l’époque
postcoloniale.
Ainsi, dès l’accession des pays africains à la souveraineté internationale, il s’est littéralement produit un
phénomène étonnant : « les africains s’enlisent dans le cycle infernal de la misère, de la sous-production
industrielle, agricole, artistique, de la précarité des soins de santé, de l’exploitation de l’homme par le biais des
bas salaires, etc. ».Tous ces maux visibles et insolites sont groupés sous la domination du sous-développement
chronique. La situation catastrophique de l’Afrique est telle que tous les maux extirpés ailleurs se sont donné
rendez-vous en Afrique au sud du Sahara.
3
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
3. L’antimie chronique
Les pays africains se trouvent enchainés dans des contradictions infernales. Dans leurs discours, les
dirigeants clament la souveraineté et l’Independence nationale alors qu’en réalité leurs états ne sont pas
souverains. Tout en se considérant comme chefs d’états, ils exécutent plutôt les ordres des puissances étrangères.
Les ressources naturelles et les richesses nationales sont pillées avec leur bénédiction.
Du point de vue des relations internationales, un tel acteur (état) n’existe pas d’autant plus qu’il ne
dispose ni de pouvoir d’initiative ni de pouvoir de décision.
4
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Le courant idéaliste est aussi téléologique en ce sens qu’il est préoccupé par un objectif à atteindre : la
paix. C’est, en fait, le courant idéaliste qui, dans l’entre les-deux-guerres, a donné naissance à la discipline des 5
relations internationales. L’atrocité de la seconde guerre mondiale et son développement remettent en cause
l’aspect chimérique des hypothèses fondamentales de la conception idéaliste. La conjonction des faits va favoriser
l’éclosion du paradigme réaliste qui met l’accent sur la dimension conflictuelle de ces relations.
Pour Hans Morgenthau, les relations internationales sont marquées par les conflits en raison de pulsions
agressives inscrites dans la nature humaine, ainsi que la nature anarchique et non intégrée du système
international, caractérisé par l’absence de toute autorité capable d’imposer à ses membres un ordre contraignant.
Dans la conception réaliste, l’état est l’acteur central des relations internationales.
La conception réaliste ne repose plus sur la morale ou sur le projet d’une société de paix volontaire. Les
réalistes estiment qu’à la force il faut opposer la force, c’est-à-dire que la sécurité dérive de la domestication de la
violence par la menace d’une contre-violence. Pour les réalistes, la sécurité internationale ne peut se maintenir
que par la violence. Cette école se base sur deux grandes activités: « la paix et la guerre ».
Dans le système international, les petites entités politiques sont caractérisées par un comportement en
grande partie déterminé, alors que les grandes puissances ont la capacité de modifier ou mieux de transformer le
jeu de la politique internationale à leur profit grâce à l’utilisation des grands moyens matériels dont ils disposent.
C’est à ce niveau que la problématique des relations internationales africaines se pose. De par leurs
faiblesses commerciale, technologique et financière, les comportements des acteurs africains, par rapport aux
acteurs nantis, sont déterminé. Ils sont plus dépendants et subissent le déterminisme structurel de la société
internationale.
5
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Ce paradigme veut de plus en plus limiter le réalisme quant à sa dictature et sa capacité d’expliquer la
complexité des relations internationales. Le monde centré sur l’état seul comme acteur des relations 6
internationales devient une vision inconfortable. D’autres acteurs différents des états apparaissent de plus en plus.
À la périphérie du système international, les états tombent en désuétude ; au sein de ces états, les acteurs non
étatiques deviennent de plus en plus importants.
C’est d’ailleurs, depuis la révolution industrielle, le monde a connu des changements significatifs dans
tous les secteurs. Le spectaculaires progrès industriel s’est accéléré après la seconde guerre mondiale et s’est
accompagné d’un développement des échanges commerciaux .Ce renouveau technologique et commercial a
contribué à tisser un réseau complexe d’interdépendances entre les différentes entités politiques autonomes et à
faire apparaitre de nouveaux types d’acteurs dans les relations internationales : les sociétés multinationales, les
groupes de pression et les organisations non-gouvernementales.
Devenues acteurs des relations internationales, ces nouvelles forces ont pour conséquence la réduction de
l’autonomie de l’état .Ce nouveau conditionnement du système international a contribué largement à l’éclatement
des frontières nationales des états obligeant ceux-ci de s’ouvrir de plus en plus aux échanges avec les autres
entités.
Par conséquent, les relations internationales actuelles évoluent vers la coopération et la communauté
d’intérêt des acteurs au point que la nature conflictuelle de ces relations a tendance à être reléguée au second plan.
Cette coopération se déroule et se développe davantage au sein des organisations internationales. À cause de leur
importance, leur nombre ne cesse de croitre dans le monde.
6
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Ainsi, l’anarchie n’est pas une donnée uniforme sur toute la scène internationale qui serait comme une
photo prise et fixant un évènement, c’est une construction qui se manifeste par la construction de sens et
d’expressions.
- Le néphalisme : sur la scène internationale, il y a une hiérarchie des états, mais nul ne peut se prévaloir
comme capable de faire la police.
- La recherche permanente de la puissance : il ne faut pas compter sur les armes d’autrui, mais il faut
compter sur ses propres armes.
- La prévalence déclaratoire de la souveraineté et de l’indépendance : ici les faibles recourent à la
souveraineté pour cacher leur faiblesse.
- La prudence vis-à-vis du droit international : le droit international n’est valable sur la scène internationale
que s’il protège la cause du plus fort.
7
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
En outre, le courant réaliste dissocie nettement la conduite interne de l’état de son comportement sur la
scène internationale ; cela, parce que, la manière d’agir de l’état repose sur l’ « intérêt national » (sécurité, identité 8
et prospérité). La théorie réaliste conduit aussi à une dévalorisation du rôle du droit international, voir à sa
négation pure et simple.
La distance dans le comportement des états vis-à-vis du droit international est au cœur du réalisme ; cette
distance doit s’interpréter de manière complexe : « le droit international existe tout en n’existant pas ».
1. Thomas Hobbes
Dans le « Léviathan », Hobbes dépeint l’état de nature dans lequel se trouvent les états ; cet état de nature
est un état de guerre. Ceci ne veut pas dire que les états se combattent les uns les autres mais ils vivent dans un
état de guerre perpétuelle, dans une continuelle veillée d’armes ; leurs frontières fortifiées, leurs canaux bloqués
sur tous les pays qui les entourent.
2. Raymond Aaron
L’anarchie induit les états à rechercher la puissance sur la scène internationale ; cette puissance assure la
sécurité des états. La puissance est également recherchée pour elle-même ; sur la scène internationale, un état ne
peut compter que s’il a la capacité d’agir.
Lorsqu’un état manque la capacité d’agir, il ne compte pas sur la scène internationale ; de ce fait, sa
souveraineté est négative.
Pour Raymond Aron, si l’état est puissant, seul l’état qui est réellement puissant répond à son idée. L’état
n’est puissant qu’enfin de se maintenir à côté d’autres puissances. L’anarchie pousse les états à être des grandes
puissances.
3. Kenneth Waltz
Il a émis les considérations sur les conséquences de la nature anarchique de la scène internationale de la
vie des états. En l’absence d’une autorité suprême, il est constamment possible que les conflits soient réglés par la
force ; la guerre existe parce que rien ne l’empêche.
Dans ses publications, Waltz rappelle le double effet structurant que l’anarchie induit sur le
comportement juridique des états sur la scène internationale :
Les états sont contraient d’assurer leur sécurité avant tout autre objectif.
L’anarchie amène les états à ne pouvoir compter que sur elle-même en vue d’assurer cette sécurité.
8
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
L’anarchie est synonyme des conditions d’insécurité et pour les moins, des conditions d’incertitude de
chacun au sujet des intentions et actions futures des autres. L’anarchie rend les états indifférents à des règles qui 9
pouvaient réguler leur comportement.
En obligeant les états à adopter une stratégie de protection, l’anarchie travaille contre la coopération,
c’est-à-dire contre l’acceptation de se confier à la norme édictée sur la scène internationale.
4. Albane Geslin
Selon cet auteur, les relations politiques sont entendues comme les relations de puissance ; elles se nouent
essentiellement par les états et plus particulièrement entre les grandes puissances.
5. Stanley Hoffman
Selon lui, « le droit international est un code chiffré des relations internationales ». Le droit international
n’existe pas parce que les enjeux de la puissance ne sont assurés, c’est-à-dire la puissance.
Quant à John Look, l’homme à l’état de nature vit en parfaite liberté. Même s’il reconnait que les états
sont dans l’état de nature, les uns au regard des autres, il affirme cependant que les accords, les traités et les
alliances sont des liens indissolubles pour les princes du monde.
Autrement dit, pour ces deux auteurs, l’État de nature entre les états n’est pas synonyme d’état de guerre,
il est plutôt une succession des périodes de paix et de guerre.
Le comportement international des états est régulé par des normes, des règles entreprises en vue de la
paix. La guerre n’est autorisée à condition d’être une guerre juste (d’auto défense, légitime).
9
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Section [Link] 10
En dépit de l’illusion naturelle produite par la géopolitique, le concept d’Afrique ne va pas de soi ; c’est
un concept qui recouvre des réalités et des pratiques culturelles, politiques et économiques dont l’uniformisation
n’est pas évidente.
C’est une réalité construite à contenus variables, le mot Afrique n’a pas son origine en Afrique ; et
l’africain, « afer »en latin, se construit philologiquement avec le privatif « a »qui s’ajoute au verbe fero/je porte ;
sorte d’impératif présent, « afer »peut se traduire par éloigné.
De ce fait, l’africain serait un être à éloigner des citoyens latins, à mettre loin de leurs yeux. À vrai dire,
l’origine du mot Afrique est controversée ; le terme Afrique désigna longtemps la partie nord du continent
africain, l’Afrique subsaharienne était appelée l’Éthiopie : un terme dont l’origine est très intéressante puisque le
mot grec Aithiops qui désigne littéralement le « pays où les gens ont le visage brulé par le soleil ».
Quant à l’origine du mot Afrique, elle révèle la profonde unité du continent .Africus désignait en latin un
vent soufflant sur la région de Carthage, qui viendrait d’une tribu berbère, les Banou Ifren. En langue romaine, il
désignait IFRIYA, c’est-à-dire, du mot berbère IFRIKYA (signifiant roché) ou du nom d’AFRIS, c’est-à-dire la
population habitant le nord de la MADIERDA dans l’actuelle Tunisie.
La véritable explication du mot Afrique est contenue dans le mot Afrique lui-même. Pour les arabes,
l’Afrique a désigné le soudan et la Libye ; les juifs ont désigné les africains par le mot koushim et l’Afrique par le
mot koush
Les romains l’ont d’abord appliqué à la provincia africa, l’actuelle Tunisie que les grecques appelaient
Lybie. Le nom d’Afrique a ensuite désigné progressivement le Maghreb, puis l’ensemble du continent.
Le terme d’Afrique noire puis Afrique subsaharienne s’utilise pour désigner les 49 états au sud du
Sahara ; ceci parce que pour certains auteurs, l’actuelle partie nord est rattachée au monde méditerranéen.
Considérant les uns et les autres, l’Afrique désigne un continent qui inclut le Maghreb et la partie
subsaharienne.
Sur le plan discursif, il est établi que l’expression « Afrique » est une invention. Pour le camerounais
LUC SINDJOUM, l’Afrique est une construction sociopolitique récente révélée par diverses bibliothèques
coloniales à la fois occidentales et arabo-musulmanes.
10
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Elle est donc une fiction narrative dans le cadre de laquelle s’affronte plusieurs discours : discours
continental, discours national ou ethno-communautaire, discours cosmopolite, discours sédentaire et discours 11
diasporique. Chacun de ces discours est une forme de représentation particulière de l’Afrique dont la pertinence
scientifique importe moins que les effets de réalité qu’il produit.
Ainsi donc :
Le discours continental : selon ce discours, l’Afrique est un « Tout »qui englobe le Maghreb et la partie
subsaharienne, l’Afrique est donc un continent ;
Discours national ou ethno-communautaire : l’Afrique est constitué d’un même peuple ayant une même
culture ;
Discours cosmopolite : l’Afrique appartient à tous ; les gens de différentes nationalités(les maghrébins et
les subsahariens) ;
Discours sédentaire : l’Afrique appartient à ceux qui sont né en Afrique ;
Discours diasporique : l’Afrique appartient non seulement à ceux qui sont en Afrique, mais aussi et
surtout aux africains qui sont ailleurs.
Malgré l’existence de tous ces discours, il est établit que l’Afrique est une et multiple ; c’est la dialectique
de l’un et du multiple qu’il faut prendre en compte.
L’Afrique transnationale est une construction qui se dégage de la narration panafricaniste de certains
auteurs .Ici, la notion d’Afrique intègre, en plus du continent, les caraïbes, l’Amérique et l’Europe ; il ne s’agit
pas que d’un « être géopolitique »mais d’une communauté culturelle qui transcende les frontières et les
distinctions ethniques ou nationales.
L’Afrique diasporique est plurielle en fonction des lieux de provenance et d’installation des migrants.
L’Afrique diasporique est une Afrique plurielle qui se fonde sur la dimension personnelle et identitaire : elle est
née des migrations forcées et volontaires.
L’Afrique multiple, c’est-à-dire l’Afrique institutionnalisée de manière différentielle par les états à travers
des cadres de regroupements sur la base de la solidarité géographique ou encore de la solidarité par intérêt .La
dynamique d’intégrations économiques régionales révèlent diverses Afriques.
11
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
L’Afrique multiple c’est l’Afrique divisée par la colonisation et héritée par les états postcoloniaux. C’est
aussi l’Afrique dichotomique à partir du Sahara d’un côté, l’Afrique subsaharienne qualifiée d’Afrique noire, de 12
l’autre, l’Afrique septentrionale ou méditerranéenne, l’Afrique arabe. Ces deux catégories influencent les
Relations Internationales Africaines. Dans une certaine mesure, elles sont sollicitées dans le cadre du débat sur
l’africanité, sur l’identité africaine.
L’Afrique plurielle renvoie aussi à la distance entre l’Afrique continentale et l’Afrique insulaire que
constituent les pays tels que Maurice, Seychelles, les Comores, Madagascar qui sont situés dans l’aire des
échanges culturelles et humains de l’océan indien .La population de Maurice est surtout d’origine hindoue, celle
de Seychelles est marquée par un métissage entre blanc et noirs.
L’Afrique dichotomique (l’Afrique septentrionale versus l’Afrique subsaharienne) est en réalité une
Afrique interactive. Le signifiant unitaire de l’Afrique conduit à penser à une Afrique interactive .Car, loin d’être
une barrière, le désert du Sahara a toujours joué un rôle intermédiaire entre l’Afrique du nord et l’Afrique noire.
Cette interaction se déroule dans une perspective historique sur le fond de trois facteurs importants (la religion, la
migration et le sens de la demande de l’unité africaine).
Géographiquement, il serait trop simple de penser que l’islam n’existe qu’au nord de l’Afrique ; les états
situés au sud du Sahara comprennent un nombre important des musulmans(le Nigeria, le Sénégal, le Cameroun,
RDC, etc.).
Paragraphe [Link] sens de la demande de l’unité africaine comme facteur d’interaction de l’Afrique
Cette demande devient le trait caractéristique des politiques étrangères des états africains. La mystique de
l’unité africaine a toujours été au fondement de la solidarité dans la manière de se comporter des états africains
sur la scène internationale.
12
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Cette mystique explique le dynamisme dont a fait preuve la diplomatie des états africains dans les années
1960 lorsqu’a été créé l’Organisation de l’Unité Africaine(OUA), qui deviendra par la suite l’Union 13
Africaine(U.A) ; en se posant comme porte-parole de l’Afrique, institue l’identité africaine.
Une seule organisation oriente les représentations de l’Afrique dans le sens de l’ « un » qui est une
catégorie objective s’imposant à travers les résolutions de l’Union Africaine, la création d’un groupe africain à
l’ONU et l’élaboration d’un droit international africain.
Au-delà de cette Afrique qui est une, il faut prendre acte de l’Afrique multiple. La multiplicité de
l’Afrique se manifeste par le découpage de ce continent en cinq sous régions : l’Afrique du nord, l’Afrique de
l’est, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’ouest et l’Afrique australe.
L’Afrique multiple se construit du jour au jour à travers l’Afrique institutionnalisée par les états dans le
cadre des différents regroupements sous régionaux. La dynamique de l’intégration économique régionale traduit
ces Afriques diverses. La multiplicité des organisations régionales africaines fondées sur des critères
linguistiques, dessine encore les Afriques multiples.
L’Afrique lusophone se vente de disposer d’un cadre institutionnel dénommé « Association des Pays
Africains de Langues Portugaises », l’Union Économique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest(UEMAO) est un
cadre d’interaction entre les états francophones de l’Afrique de l’ouest qui se complaisent à marginaliser les états
anglophones de la région. Les états anglophones se sentent ainsi différents des états africains francophones.
Cette représentation est politique, et géographique de l’Afrique ; pour pluriel qu’elle soit, s’accompagne
d’une multiplicité de sens et de regard que l’on jette sur son continent. Dans l’ensemble, les représentations que
l’on se fait de l’Afrique découlent des images plutôt négatives : « l’Afrique est le continent des conflits, des
maladies, etc. ».
Sur le plan scientifique, un débat s’est ouvert entre l’afro pessimisme qui considère que les malheurs de
l’Afrique proviennent de l’extérieure (traite des noirs et colonisation) ; cette école présente une image n’espérant
rien de l’Afrique. Et l’afro centrisme qui estime à son tour que l’africain est responsable de tous ses malheurs.
Pour HUGON, l’Afrique est un construit ou s’affronte le discours des sciences sociales, de ce fait,
l’Afrique reste toujours dans l’enfance bien qu’il soit le plus vieux des continents du monde. ; Elle est cependant
caractérisée par les trois parques mortelles de Martus : les guerres, les épidémies et les famines.
13
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Le marquage colonial ;
La faillite de ses états ou leurs faiblesses ; 14
La marginalisation et la dépendance des états africains sur la scène internationale ;
La quête inlassable d’un communautarisme par les états africains ;
L’existence de la puissance par procuration.
Marginalisation active : c’est celle qui est subit par un état vis-à-vis des autres états plus forts que lui.
Exemple : Le fait que l’Afrique ne soit pas représentée au conseil de sécurité de l’ONU, cela dénote d’une
marginalisation active subi par l’Afrique vis-à-vis des puissances occidentales.
Marginalisation passive : c’est celle qui provient d’un état ou des états sur base de leur inaction sur la
scène internationale.
Exemple :Dans le domaine technologique, industriel, l’Afrique ne donne rien au monde, mais ne fait que
subir des autres. Alors que la mondialisation c’est le rendez-vous du donner et du recevoir.
Paragraphe [Link] quête inlassable d’un communautarisme par les états africains
Aucun état africain n’est capables de s’imposer seul sur la scène internationale ;sur ce, ils veulent toujours
agir ensemble, cherchant les solutions par action collectives en se cachant derrière l’adage« l’union fait la
force ».La création de l’OUA, du groupe africain, l’action collective engagé par les états africain en vue d’obtenir
une place au sein du conseil de sécurité des Nations-Unies, leur démarche en vue de se retirer collectivement de la
Cour Pénale Internationale ;en sont des exemples révélateurs.
14
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
La notion de la puissance étant centrale en relations internationales, elle fait l’objet des plusieurs débats ;
mais de manière synthétique, l’on doit retenir ce qui suit :
o La puissance est une notion relative c’est-à-dire qu’elle est fongible, elle peut disparaitre, augmenter ou
diminuer ;
o La puissance a une nature protéiforme, c’est-à-dire qu’elle varie selon les domaines ;
o La puissance est à la fois un moyen et une fin.
Ainsi, la puissance peut être défini selon deux approches ; l’approche classique et l’approche
postmoderniste.
Selon Hans Morgenthau, « la politique internationale, comme toute politique, est un combat pour la
puissance ».
La puissance représente la capacité d’action des acteurs sur la scène internationale. Les auteurs classiques
la définissent principalement comme le moyen d’imposer sa volonté à un autre acteur.
Selon Robert Dahl, la puissance est « la capacité d’obliger l’autre à faire ce dont il se serait autrement
abstenu ».Raymond Aron la définit, quant à lui, comme « la capacité de faire, produire ou détruire », ou comme
« la capacité d’imposer sa volonté aux autres ».Pour Arnold Wolfers, il s’agit de « l’aptitude à exercer une
coercition, à infliger un dommage aux autres »par la menace ou l’usage de la violence. Il distingue de manière
plus fine la power politics(imposer sa volonté par la force ou la menace)et l’influence politique(faire adopter par
les autres son point de vue) ;ce qui préfigure la distinction Hard power/Soft power ,que le politologue américain
Joseph Nye popularisera au début des années 1990 .Selon Samuel Huntington enfin, « la puissance est la capacité
d’un acteur ,habituellement mais pas forcément un gouvernement ,d’influencer le comportement des autres ,qui
peuvent être ou ne pas être des gouvernements ».
La puissance est une notion évidemment relative et évolutive .Elle n’a de signification que par rapport à
la puissance des autres acteurs internationaux.
15
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
En raison de ces nouveaux enjeux, la puissance se défini comme la capacité de contrôler les règles de jeux
dans un ou plusieurs domaines clés de la compétition internationale. Ainsi donc, elle est la capacité de déterminer
l’agenda sur la scène internationale.
Cependant, JOSEPH NYE utilise la notion de Soft Power pour designer la puissance douce, opposée à
celle de Hard Power qui désigne la puissance dure. Il présente alors la nouvelle configuration de la puissance
comme constituée par ce qu’il appelle « la nouvelle structure de la puissance », constituée de :
- La maitrise de la sécurité ;
- Le monopole de la technologie ;
- Le monopole dans la production du savoir et dans la circulation des informations ;
16
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
À cet égard, nous pouvons dire que la plupart des états africains sont des marionnettes, c’est-à-dire qu’ils
ne sont pas puissants en eux-mêmes, mais ils ont une puissance dérivée ou une puissance par procuration. Ce
sont les puissances extérieures à l’Afrique qui attribuent tel ou tel rôle à tel ou tel état africain devenant ainsi une
puissance.
De ce fait, considérant ces deux approches ci-dessus, il y a lieu pour nous de conclure que la puissance est
quasi-inexistante en Afrique.
Cependant, sur le plan diplomatique, l’on peut ainsi distinguer les états africains qui sont d’une part les
pôles d’attraction diplomatique et d’autre part les pôles de projection diplomatique.
A. Les pôles d’attraction diplomatique(les pays qui peuvent attirer les autres vers eux) :
- Éthiopie : Par le fait que ce pays est le siège de l’institution panafricaine (l’Union Africaine) ;
- Afrique du sud : ce pays attire presque tous les africains par ses meilleurs qualités de soin de santé, son
niveau économique élevé en Afrique, etc. ;
- République démocratique du Congo : à l’ère des grands débats sur le réchauffement climatique, ce pays
commence à faire parler de lui à cause de la grande potentialité forestière qu’il détient (la forêt équatoriale
qui est la deuxième au monde après celle de l’Amazonie au Brésil) et ses ressources minières enviées par
tous;
- Le Nigeria : la 1ère économie africaine.
B. Les pôles de projection diplomatique (les pays qui peuvent, par leurs actions ou potentialité, arriver à
influencer le jeu des relations internationales:
- La République démocratique du Congo : Les eaux du bassin du Congo et la forêt équatoriale ;
- Afrique du sud : par ses investissements étrangers (2iemeeconomie africaine) ;
- Nigeria : la 1ère économie africaine.
est la plaie de la conscience de l’humanité », c’est-à-dire que la situation catastrophique de l’Afrique interpelle
l’humanité, c’est une plaie qu’il faut [Link] justifie sa déclaration par l’argument selon lequel, en 1960, la place 18
de l’Afrique dans le commerce international représentait 10 %, alors qu’elle est actuellement de 1%.
Cet afro-pessimisme constitue le problème important dans les relations internationales africaines.D’ou, les
questions suivantes se posent :
18
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
C’est désormais à travers les mythes et religion, la contestation culturelle et la conférence de Bandoeng
que va se dévoiler l’évolution de la prise de conscience des masses africaines.
Si le mythe constitue un excellent miroir des états d’âme de la conscience collective, la religion
représentera, dans bien des cas, un facteur de résistance à la colonisation, et, dans un second temps, de
désagrégation de ses structures. Il ne s’agit pas uniquement des religions autochtones et syncrétiques, mais même
du christianisme, à travers son ultime mutation.
Certes, la religion peut apparaitre comme une aliénation supplémentaire et, de fait, en situation non
perturbée, elle constitue fréquemment un frein au progrès .Mais en situation d’oppression, la religion peut
représenter un facteur positif provisoire, dans la mesure où elle contribue à renforcer la résistance. Ce sont
évidemment les religions à caractère unitaire et à structures simultanément souples et inébranlables, comme
l’islam, qui auront constitué les meilleurs remparts.
L’islam rejettera tout ensemble progrès et oppression, protégeant les colonisés du virus colonisateur et des
effets de l’assimilation. Les religions agglutinantes, qui favorisent l’intégration des apports cosmogoniques et
idéologiques « étrangers » (telles que les religions animistes du centre de l’Afrique et d’Amérique), ou plus
tolérantes (hindouismes et bouddhisme en Asie), résisteront généralement moins bien à l’offensive du
christianisme, utilisé cette fois par le colonisateur comme une arme psychologique destinée à dissoudre la
résistance des peuples colonisés. De leur affrontement naitrons des religions syncrétiques, produits de la fusion
entre l’animisme et le protestantisme, se nommeront le kitawalisme, le mvunguisme et le kimbanguisme.
19
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Au Congo, une autre secte, fondée par Simon Kimbangu, ancien pasteur protestant, jouera également un
rôle déterminant dans la préparation des esprits à l’émancipation : « son message prophétique annonçait la
libération imminente des blancs, la transformation des conditions de vie, le retour des morts, l’Age d’or, etc. ».
En Afrique noire anglophone, où l’administration indirecte laisse relativement libre cours aux
manifestations et à l’expression de la culture traditionnelle, de nombreux journaux sont, dès avant le second
conflit mondial, rédigés par les africains(le plus souvent en langue vernaculaires), et l’on y voit déjà apparaitre le
nom d’Azikiwe au Nigeria, de Jomo Kenyatta au Kenya et de N’Nkrumah en gold coast(Ghana).
En Afrique noire francophone, la situation est loin d’être aussi favorable. Les contraintes conjuguées de
l’administration directe et de la politique d’assimilation interdisent tout semblant de vie culturelle
autonome .Paradoxalement ,ce sera de paris que le premier cri de révolte nègre sera poussé dans la langue du
colonisateur, et par les étudiants martiniquais qui ont fondé ,en 1932 ,le journal « Légitime Défense » ,dont ne
paraitra qu’un seul numéro .Mais ce cri sera repris ,en 1934,par un autre journal , « l’Étudiant noir », dont les
trois voix convergentes sont précisément celles de jeunes étudiants noirs :Aimé Césaire(Martiniquais),Léopold
Cedar Senghor(sénégalais),et Léon Gontran Damas(guyanais). Durant l’entre-deux-guerres, les capitales des deux
grandes métropoles coloniales constitueront d’ailleurs des lieux de rencontre privilégiés pour les jeunes
intellectuels du tiers monde (vietnamiens, antillais et africains à paris ; indiens, chinois, West-indiens et africains
à Londres).
20
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
De retour en Martinique, au début du second conflit mondial, Aimé Césaire y fondera la revue Tropique
qui relaiera, en l’amplifiant, le message lancé par Légitime Défense et l’Étudiant noir. C’est à travers les thèmes 21
développés par ces trois publications, et les incessants débats qui en prolongeront le sens, que s’élaborera
progressivement la doctrine de la négritude, dont une revue comme présence africaine vulgarisera largement les
thèses, après la seconde guerre mondiale.
La négritude n’est pas un nouveau racisme, comme trop de racistes ont cherché à l’insinuer, mais
l’affirmation par le nègre (qui s’enorgueillit du nom dont on l’insulte) de sa différence enrichissante et de son
identité au monde, qui le met en égalité avec tous les hommes .Si l’aliénation coloniale a trop souvent acculé les
colonisé au refus de soi, sa désaliénation ne pourra pas ne pas passer nécessairement par l’acceptation de
soi ,ou ,mieux ,la proclamation de soi.
L’importance de cette conférence, qui rassemble vingt-neuf pays indépendants du tiers monde, tiens à sa
situation dans le temps .Son déroulement va, en effet, recouper deux processus contradictoires : le déclenchement
en chaine des indépendances ,et l’amorce d’une récupération économique du tiers monde par
l’impérialisme ;celle-ci se manifestant par la signature d’un certain nombre de traités ,tels que le « Traité de
Manille »,dit de l’OTASE (8 septembre 1954), et le « Pacte de Bagdad »ou CENTO(25 février 1955). Or, la
question qui demeurera au centre des débats de « Bandoeng »sera précisément celle de l’alternative à laquelle est
confronté le tiers monde : unité, dépendance de sa neutralité et de son indifférence à l’égard des querelles de
blocs (querelles du « monde blanc »,après tout ),ou division ,consécutive à la perte de sa neutralité et de sa
rechute sous l’influence de ses anciens ou nouveaux oppresseurs .Ce qui sera, hélas le cas.
Toutefois, le bilan de la conférence de Bandoeng aura été positif, celle-ci ayant représenté la première
rencontre afro-asiatique digne de ce nom .Sa « déclaration sur les problèmes des pays dépendants ,par laquelle les
participants s’engagerons à appuyer chaleureusement la lutte des peuples pour la liberté et leur
indépendance »,sera suivie d’effets ,puisqu’elle contribuera puissamment à relancer et à accélérer le mouvement
d’émancipation .La conférence énoncera ,en outre ,les « dix principes de coexistence pacifique » ,connus sous le
nom des « Dix Principes de Bandoeng »,d’où naitrons deux idées forces :le neutralisme et l’afro-asiatisme. Et dès
le mois de décembre 1955, six nouveaux pays afro-asiatiques iront renforcer à l’ONU le groupe « arabo-
asiatique ».
21
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Enfin, le principe de rencontres régulières, au niveau des gouvernements afro-asiatiques, sera non
seulement adopté, mais immédiatement appliqué. Plusieurs conférences ,en effet ,vont progressivement mettre en 22
er
œuvre les vœux émis à Bandoeng :la conférence du Caire(du 26 décembre 1957 au 1 janvier 1958),la conférence
de Conakry(du 11 au 15 avril 1960) et la conférence de Moshi( du 4 au 11 février 1963)qui sera la première à
compter ,parmi ses participants ,des observateurs de cuba, du brésil ,de la Guyane « britannique »,de Porto-Rico
et du Mexique, contribuant ainsi à lui conférer une dimension tricontinentale.
22
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
23
Nous allons de ce fait nous intéresser aux états africains en nous posant des questions sur leurs naissances
et leurs fonctionnements. Lorsqu’on discute sur l’origine de l’état en Afrique, cela nous renvoi à sa formation .La
notion de la formation de l’état est distincte de celle de la construction de l’état .La formation de l’état est le
processus historique par et à travers lequel né ou apparait. Alors que la construction de l’état est un processus
volontaire consistant pour ceux qui sont au pouvoir à renforcer les institutions politiques de l’état de manière
à pénétrer tout le territoire et à mettre tout le territoire en mouvement en vue du renforcement de la puissance de
l’état.
En Afrique, la formation de l’état se justifie par la décolonisation alors qu’en Europe l’état a émergé ou
s’est formé à travers un long processus historique endogène, constitué des interactions diverses entre différentes
forces sociales. Pour les marxistes, c’est la bourgeoisie qui crée la structure étatique pour mieux contrôler le
prolétariat.
Ces deux voies semblent avoir un impact sur le devenir des états africains. Ce qu’il importe de noter que
la plupart des territoires colonisé par la France ont accédé à l’Independence par arrangement pacifique. La
question que l’on se pose sur cette forme de décolonisation repose sur le fait qu’on pense que le nouvel état
africain né de la décolonisation par voie pacifique va être un état vide ou alors un état néocolonial (il va continuer
à dépendre de l’ancienne métropole).La décolonisation à ce niveau n’est-elle pas considéré » comme un piège ?
Selon CHARLES Tilly, « l’état fait la guerre, la guerre fait l’état ».Il est établi, selon la réflexion de cet
auteur que, la naissance de l’état justifie sa capacité à s’imposer comme une structure de domination.
23
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Âpres la 2eme guerre mondiale, la grande Bretagne se lance à la décolonisation, les pays d’Asie et du
bassin méditerranéen sont décolonisés. En Afrique, tout en soutenant la décolonisation, les britanniques entendent
favoriser un compromis par l’association des races.
Un compromis stratégique par lequel les colons blancs pourraient conserver une partie du pouvoir. Les
populations noires s’opposent à ces genres d’associations, Londres accepta alors la thèse du nationalisme africain
sans pluralité des races.
Les pays africains ayant bénéficié de la décolonisation pacifique dans le jurant britannique sont :
Le soudan en 1956 ;
Le Ghana en 1957 ;
Le Nigeria en 1960 ;
La sierra Leone en 1961 ;
Le Tanganyika et l’ile de zanzibar, qui fédèreront plu tard et formeront le nouvel état sous le nom de la
Tanzanie, en 1961 ;
L’Ouganda en 1962 ;
l’absence des violences à grandes échelles et la relative facilité de ses diverses entreprises de
décolonisation incitèrent nombre d’historiens à mettre en avant l’exemple de la grande Bretagne instaurant un
parallélisme avec les autres empires coloniaux tels que ceux de la France, des Pays-Bas et du Portugal(états qui
n’ont pas sus conduire le processus d’accession à l’Independence de leurs possessions d’outre-mer sans supporter
des guerres longues et couteuses) .Ainsi, cette opposition ne couvre que partiellement la réalité.
24
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
En Afrique noire francophone (Côte-d’Ivoire, Sénégal, mali, Burkina-Faso, Congo Brazza, république
centrafricaine, Gabon) 25
Dans le jurant francophone, grâce aux différents états formant l’union française(1946) et à la loi cadre
Defferre des colonies qui établit un régime d’autonomie interne, la transition réformatrice était privilégiée et avait
abouti à une émancipation progressive et pacifique. L’absence d’intérêts économiques majeurs et la présence
d’une forte minorité d’européens dans ces colonies favorise la mise en place de cette solution. La non-guerre a
découlé également de l’attitude des grands meneurs indépendantistes qui favorisèrent la négociation à la place de
l’affrontement.
Cette « loi-cadre » du 23 juin 1956, c’est celle élaborée par le nouveau ministre de la France d’outre-mer,
Gaston Defferre, avec la collaboration des grands meneurs indépendantistes africains acquis aux idées et à la
culture francophile qui mènent cette stratégie souple, ne s’engageant jamais dans l’affrontement direct avec la
métropole, mais au contraire, cherchèrent des appuis.
De ces grands meneurs, citons Felix HOUPHOUËT BOIGNY député de la cote d’ivoire à l’assemblée
nationale française (1946-1953) et plusieurs fois ministre sous la 4 eme république, fondateur du rassemblement
démocratique africain(RDA) et Léopold CEDAR SENGHOR partisan d’un métissage entre la culture française et
le racisme africain.
La loi « cadre Defferre »mise en place, va d’abord satisfaire les plus modérés, en raison
d’infimes « améliorations » (décentralisation administrative, généralisation du suffrage universel, début
d’africanisation des cadres, etc.), mais recueillera l’hostilité des moins « inféodés »et notamment de Senghor qui
lui, la reprochera, avec raison, de favoriser par son antifédéralisme, la balkanisation de l’Afrique.
La même situation se présente au Maroc et en Tunisie où la France joue la fermeté dans un premier
temps ; l’arrestation d’HABIB-BOURGUIBA (premier président tunisien) et des meneurs nationalistes tunisiens,
la déposition et la déportation du sultan MOHAMED V sont la réponse initiale de la métropole(France) face à un
mouvement indépendantiste qui ne cesse de se développer. Cependant, PIERRE MENDES FRANCE et son
successeur EDGARD FAURE prennent vite conscience du fait que la France n’a pas le moyen de mener des
fronts des nouvelles guerres coloniales, alors que la colonie algérienne réclamait des moyens.
Le Togo et le Cameroun, en raison de leur statut particulier de « territoires sous tutelle », ne seront pas
« intégrés »à la république, et accèderont à l’autonomie interne, respectivement, le 1 er septembre 1956 et le 10 mai
[Link] traitement privilégié nourrira les récriminations et les revendications plus pressantes des chefs politiques
des pays intégrés.
25
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Mais, le 13 mai 1958, le putsch d’Alger va provoquer la venue au pouvoir de Charles de gaulle. Celui-ci ,
soucieux de conjurer la menace d’une révolte généralisée de l’Afrique noire, qui risquerait d’entraver la poursuite 26
de la guerre en Algérie ,va concevoir une nouvelle formule d’association des pays africains à la métropole au sein
d’une communauté rénovée ,puis ,avec sa brusquerie coutumière ,appellera la France et l’ensemble de l’Afrique
francophone ,ainsi que Madagascar, à approuver son idée par le truchement d’un referendum, sans tenir compte
des aspirations légitimes à l’indépendance de la majorité des intéressés. La nouvelle constitution ,dite de
1958,sera accepté ,le 28 septembre de cette année, par une majorité de « oui » .Seule la Guinée ,sous l’impulsion
de Sékou Touré ,votera non à 95 % et proclamera son indépendance le 2 octobre 1958 .Les français , « mauvais
joueurs »,saboteront ses installations avant de s’en retirer précipitamment ,tandis que Charles de gaulle ,s’offrant
un « caprice »,refusera de reconnaitre le nouvel état .Quant aux quatre territoires de l’AEF ,aux sept de l’AOF et à
Madagascar ,qui aurons sagement voté en faveur de la nouvelle constitution ,sauvegardant ainsi le bénéfice de
l’aide matérielle de la France (uniquement promise aux plus compréhensifs),ils deviendrons des états membres de
la communauté.
Même si la communauté française, créée par CHARLES DE GAULES en 1958 instaurait une politique
d’autonomie interne complète, mais la politique extérieure restait du domaine de la France, cela a permis à la
France de conserver des bonnes relations avec les pays de l’Afrique équatoriale française(AEF) et de l’Afrique
occidentale française(AOF) ; ces pays demeurèrent dans la zone d’influence française.
De son empire, jadis si vaste, l’Espagne ne conserve alors plus que MELILLA et SEITA, ainsi que les
iles canaries.
En Rhodésie du sud (Zimbabwe), londrès a des difficultés à organiser un processus politique pacifique.
La minorité blanche, sous la direction de YAN SMITH décrète initialement l’Independence en 1965 en 27
instaurant un régime raciste de l’apartheid se ressemblant à celui de l’Afrique du sud.
Le régime de SALAZAR, incapable de vaincre le mouvement nationaliste africain, est remplacé par la
révolution démocratique en 1974 ; cela ouvre la voie à l’Independence des possessions d’outre-mer qui
deviennent effectives en1975.
Le Mozambique ;
L’Angola ;
La Guinée Bissau.
En fin de compte, la décolonisation a marqué une étape majeure dans l’histoire des pays d’Afrique .Elle a
laissé des lourdes séquelles dans la mémoire de peuple colonisé, elle a projetée sur la scène internationale des
sociétés qui éprouvent des difficultés à gérer l’état.
La décolonisation est une œuvre de l’histoire ; la colonisation contenait en elle-même les germes de sa
propre destruction. Dans ce processus, il convient de citer la forte pression exercée par les grandes puissances
27
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
(USA et URSS) à l’égard de la France et la grande Bretagne. Les américains et les soviétiques voyaient dans la
décolonisation le moyen d’affaiblir les états européens, mais également le moyen de consolider leur nouvel ordre 28
mondial.
En favorisant le mouvement indépendantiste, les deux superpuissances entendent bien prendre la place
des anciennes puissances coloniales tout en se gardant de mener la même politique dans leurs zones d’influences
respectives. L’anti impérialisme n’empêche pas l’ex-URSS de maintenir sa domination sur l’ex empire Tsariste et
sur les pays satellites de l’Europe centrale et orientale.
Les USA pour leur part, maintiennent une politique quasi coloniale à l’égard des états d’Amérique latine
qu’ils considèrent d’ailleurs comme leurs chasses gardées.
En France, l’anticolonialisme est porté par une théorie soutenue par un journaliste, co-directeur du journal
PARIS-MATCH, RAYMOND CARTIER, d’où, le nom de cartiérisme. Cette théorie a dénoncé la lourdeur de la
charge coloniale sur le plan économique, contraignant ainsi la métropole à réduire ses propres investissements
chez elle.
29
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Cette période n’a pas beaucoup trainée, Quelques temps après, les régimes militaires mettrons fin au
multipartisme, la plupart d’états étaient secoués par les coups d’états, sinon par les crises politiques. Les coups
d’états ont imprimés une orientation particulière à la construction de l’état en Afrique.
L’Afrique noire est secouée, les rues africaines vibrent en exigeant la libéralisation des institutions
politiques. Âpres plusieurs hésitations, les dirigeants africains au pouvoir cèdent et engagent leurs pays sur la voie
de la libéralisation .La formule de la conférence nationale souveraine s’impose partout.
La question de la refondation de l’état est posée. Hélas, partout en Afrique noire, il n’y a pas des réponses
satisfaisantes qu’on lui donne. On a tenté de fonder un état et après plusieurs décennies, le constat est le suivant :
À Joseph KIZERBO d’ajouter, « la démocratie ce ne sont pas seulement l’organisation des élections,
mais une certaine manière de vivre chacun pour tous et tous pour chacun ». Par ailleurs, la faiblesse des états
africains se décèlent à l’échec dans sa relation politique à l’étranger.
nécessaire, parce qu’à peine nés en ayant accéder à la souveraineté internationale, ils se trouvaient projeter sur la
scène internationale où il y avait plusieurs menaces et défis à relever (guerre froide, néocolonialisme, sous- 31
développement, etc.).Ce contexte les conduira à se prémunir, en s’organisant.
On peut alors dégager deux logiques et trois phases dans l’émergence du système diplomatique africain.
À cette conférence, les états décidèrent de renforcer la coopération interafricaine fondée sur le bon
voisinage en mettant en place une organisation dénommée l’union africaine et malgache qui entend renforcer la
coopération en vue d’une politique étrangère commune, et s’entendent aussi d’harmoniser leur politique au sein
de l’ONU, la culture africaine et la communauté d’intérêt .Ils s’engagent au maintien de la paix en Afrique. Un
secrétariat a été créé et établit à COTONOU.
31
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
conférence regroupa les états qui avaient boudé la conférence de Brazzaville ; il s’agit de : Ghana, guinée
Conakry, Libye, république arabe unie, mali. 32
Dans cette rencontre, ils adhérèrent tous à la thèse minimaliste, appelée aussi gradualiste ou
associationniste. Thèse selon laquelle l’unité africaine doit être réalisée de manière graduelle. C’est-à-dire qu’il
n’était pas question de la fusion totale et immédiate de tous les états africains. Quant à eux, l’organisation à créer
doit être souple pour assurer la coordination et l’harmonisation des politiques des états membres.
Ces états prennent ensuite un certain nombre des déclarations sur les crises franco-algérienne et belgo-
congolaise. Dans le premier cas, Ils condamnèrent la France pour les atrocités commises en Algérie ; quant à la
crise belgo-congolaise, ils soutiennent la position du premier ministre déchu PATRICE EMERY LUMUMBA.
Ainsi, sur l’initiative conjointe du président ivoirien Felix HOUPHOUËT-BOIGNY, du président libérien
TUP MAN et du président sénégalais Léopold CEDAR SENGHOR ; les invitations ont été lancées pour
l’organisation d’une conférence panafricaine.
Au début, il eut d’espoir, car la Guinée Conakry et le Mali de MODIBO KEITA montrèrent l’intérêt. Le
premier ministre nigérian ABOUBACAR BALEWA se joint à l’idée d’une telle conférence ; par la suite, d’autres
états africains sponsorisent la tenue de cette conférence (cote d’ivoire, Cameroun, guinée et Togo).
Une deuxième tentative pour réunir tous les états africains fut celle de la conférence de LAGOS organisée
entre le 25 et le 27 janvier 1962 .Cette conférence n’a pas su réunir tous les états africains, car les états du groupe
de Casablanca refusèrent d’y prendre part.
32
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Ainsi, il a fallu attendre la troisième grande conférence organisée à Addis-Abeba (la capitale historique
d’Afrique), du 23 au 25 mai 1963 sous les hospices de l’empereur éthiopien HAILÉ SÉLASSIÉ pour voir la 33
naissance d’une organisation réellement panafricaine (l’OUA).
Le panafricanisme s’est manifesté parmi les intellectuels noirs aux Antilles et sur le continent américain
(Henry Silvestre Williams de Trinidad, William du Bois, Marquis Garvey d’Amérique et Georges Pad more).
Ces derniers ont organisé des grands congrès panafricains pour faire entendre la voix du peuple noir
(congrès de paris de 1919, congrès de paris de 1921, congrès de londrès de 1923, congrès de new York de 1927 et
congrès de Manchester de 1945).
À Manchester, lors du cinquième congrès de 1945, Kwamé N’Nkrumah, le futur chef d’état ghanéen sera
émerveillé par sa pertinence et récupèrera le flambeau du panafricanisme. À cette même occasion, il va publier
plusieurs ouvrages, notamment : « l’Afrique doit s’unir »en 1963 ; « l’impérialisme »en 1965 et « le défis du
Congo » en 1967.
Le panafricanisme voudrais élever la conscience du noir partout où il est pour qu’il soit reconnu comme
un être humain (la négritude fait partie de la dimension culturelle du panafricanisme).
Le panafricanisme conduit à :
- Militer pour mettre fin à la colonisation des peuples africains par les états européens.
- Demander à tous les états dirigés par les noirs de s’unir. Cet aspect c’est ce qu’on appelle la
mystique communautaire.
Quant à son évolution, l’OUA est passée par deux grandes phases d’actions ; la phase politique et la phase
économique.
33
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
L’Afrique a eu l’Independence politique, mais l’Afrique rencontre encore des problèmes économiques
énormes .Sur le plan économique, l’OUA a organisée son premier sommet économique extraordinaire à LAGOS
et a adopté ce qu’on appelle « le Plan d’Action de Lagos »(PAL) qui peut être considéré comme la stratégie de
développement économique de l’Afrique.
a) L’Afrique du Nord (7 pays) : Algérie, Égypte, Libye, Maroc, soudan, soudan du sud et Tunisie ;
b) L’Afrique de l’ouest (16 pays) : Benin, Burkina Faso, Cap-Vert, cote d’ivoire, Gambie, Ghana, guinée,
guinée Bissau, Liberia, mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, sierra Leone et Togo ;
c) L’Afrique centrale (10 pays) : Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, République
Centrafricaine, république démocratique du Congo, Sao-tomé et principe, Tchad et Rwanda ;
d) L’Afrique de l’est (15 pays) : Comores, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Madagascar, Malawi,
Maurice, Mozambique Ouganda, Seychelles, somalie, Tanzanie et Zimbabwe ;
e) L’Afrique du sud ou australe (6 pays) : Afrique du sud, Angola, Botswana, Lesotho, Namibie et
Swaziland.
En outre, le PAL a fait long feu, c’est-à-dire, il n’a pas permis à l’Afrique d’atteindre ses objectifs parce
que: 35
C’est dans ce contexte que l’OUA va connaitre la mutation en se transformant en UA (Union Africaine).
Paragraphe [Link]ème Phase: De 2001 à nos jours (C’est la phase de l’Union africaine)
L’échec du Plan d’Action de Lagos(PAL) fut à la base de la mise en place du Nouveau Partenarial pour le
développement économique de l’Afrique(NEPAD), qui était né de la fusion de trois plans élaborés entre 2000 et
2001 :
Toutefois, c’est au cours de la session extraordinaire d’octobre 2001 tenue à ABUJA(Nigeria) que la
dénomination NEPAD a été adoptée.
Ainsi, pour y arriver, le NEPAD va procéder à une division des taches entre les pays initiateurs, de sorte à
renforcer la coordination dans les différentes priorités du continent.
a) Pour l’Algérie
- Les questions liées au développement humain (l’éducation et la santé) ;
c) Pour l’Égypte
- l’accès aux marchés internationaux ;
- la diversification dans l’exploitation des produits et l’agriculture.
d) Pour le Nigeria
- la bonne gouvernance économique et les mouvements des capitaux.
e) Pour le Sénégal
- les infrastructures ;
- l’énergie ;
- les nouvelles technologies de l’information et de télécommunication.
Le NEPAD constitue ainsi un cadre de référence pour l’union africaine et le partenariat international ; il
se situe dans un horizon de long terme, il privilégie l’appropriation par les africains des processus de
développement et vise à un nouveau partenariat fondé sur la responsabilité partagée et l’intérêt mutuel.
36
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
Un nouvel organe appelé « le mécanisme africain d’évaluation par les pairs » est la pierre angulaire du
NEPAD ; c’est son gage de crédibilité .Il est constitué des pays africains eux-mêmes qui doivent identifier, 37
évaluer et financer le projet d’investissement commun.
Le NEPAD demeure toutefois un processus pensé d’en haut et qu’il ne peut être jugé que dans la longue
durée. Le programme est très ambitieux au regard des tendances passées. De ce fait, il manque des crédibilités et
des légitimités vis-à-vis des différents états africains et des agents de la société civile.
Le NEPAD pèche par excès de confiance. Par exemple, les besoins financiers annuels pour assurer ses
objectifs sont estimés à 60000000000$, soit plus de deux fois le montant annuel de l’aide publique au
développement et des investissements directs dont bénéficie l’Afrique.
Le NEPAD retient les organisations officielles alors que l’on sait qu’elle a des nombreuses limites et que
les processus d’intégration régionale se font d’avantage autour des pays frontaliers et des dynamiques informelles
transfrontalières.
Les états africains éprouvent des difficultés pour avoir des économies fortes. Ces économies sont frappées
par :
Parmi les modes de règlement à la disposition des États, il convient de distinguer les modes
juridictionnels des modes non-juridictionnels. Le critère de distinction réside dans la présence ou l’absence du
37
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
droit en tant que base de règlement du différend. Dans les modes politico-diplomatiques, les États se trouvent
affranchis de toute obligation de régler le différend sur la base du droit international, alors que les modes de 38
règlement juridictionnel trouvent dans ce dernier leur raison d’être : rendre, administrer la justice en disant
(appliquant) le droit (iuris-dicere). D’aucuns affirment cependant que la distinction se fonde sur le caractère
juridiquement contraignant ou non du document final adopté par l’organe censé résoudre le litige international, les
modes non-juridictionnels aboutissant, en principe, à un résultat juridiquement non obligatoire pour les Parties au
litige, alors que les modes juridictionnels débouchent sur une décision (arrêt, sentence) obligatoire. Or, si cela est
vrai pour les modes juridictionnels, il n’en est pas moins vrai que, parfois (mais pas si rarement), certains
processus non-juridictionnels aboutissent à des décisions juridiquement contraignantes.
Parmi les modes non-juridictionnels, on peut recenser : a) la négociation ; b) les bons offices ; c) la
médiation ; d) l’enquête ; e) la conciliation ; f) le « contrôle international » ; et g) le « recours aux O.I.
compétentes en la matière ». Une distinction bipartite caractérise la famille des modes juridictionnels de
règlement des différends, à savoir a) le règlement arbitral ; et b) le règlement judiciaire.
a) La négociation
Il s’agit du mode de solution normal des différends internationaux, consistant en des pourparlers afin
de parvenir à une entente directe entre les parties au litige ou en vue de déterminer la procédure que les parties
suivront d’un commun accord pour résoudre le litige qui les oppose. « La négociation, c’est le débat, la discussion
entre des représentants d’intérêts contraires, discussion dans laquelle chacun présente ses raisons et conteste celles
de l’autre.
Le Droit international n’établit pas de formules protocolaires pour les négociations ; mais pour en
reconnaître l’existence, il exige naturellement qu’elles aient eu lieu sous une forme quelconque ».
38
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
susciter des négociations sans y participer, alors que l’État médiateur prend une part plus active à la négociation et
suggère au besoin des solutions de sa propre initiative ». 39
c) La médiation
Par le terme de ‘médiation’, on désigne l’action d’un État (ou de plusieurs États tiers), d’un organe
international ou exceptionnellement d’une personne privée qui, à la demande ou avec l’assentiment des États en
cause, cherchent par voie de persuasion à les rapprocher et prépare de lui-même un arrangement amiable.
Les bons offices peuvent être spontanés et offerts sans l’accord préalable des Parties alors que la
médiation implique leur assentiment.
d) L’enquête
Dans les litiges d’ordre international n’engageant ni l’honneur, ni des intérêts essentiels et provenant
d’une divergence d’appréciation sur des points de fait, les Puissances contractantes jugent utile et désirable que
les Parties qui n’auraient pu se mettre d’accord par les voies diplomatiques instituent, en tant que les
circonstances le permettront, une Commission internationale d’enquête chargée de faciliter la solution de ces
litiges en éclaircissant, par un examen impartial et consciencieux, les questions de fait.
A l’instar de la médiation, cette modalité de règlement des différends nécessite l’accord des Parties
au différend.
e) La conciliation
Méthode de règlement des différends internationaux consistant à les faire examiner par un organe
constitué à cet effet ou accepté par les parties et chargé de faire à celles-ci des propositions en vue d’un
arrangement. Dans ce sens : procédure de conciliation, organe de conciliation, commission de conciliation.
La différence notable de ce mode de règlement des différends notamment par rapport à la médiation,
réside dans le fait qu’il s’agit, dans ce cas de figure, d’un organe préétabli par un traité entre les parties au litige.
f) Le contrôle international
Opération par laquelle les organisations internationales surveillent l’exécution, par les États, des
normes internationales contenues dans leur instrument constitutif ou élaborées en leur sein et que ces derniers se
sont engagés à appliquer. Ce contrôle peut prendre des formes différentes d’une organisation à l’autre et parfois
même d’une convention à l’autre au sein d’une même organisation. Le plus souvent ce contrôle s’effectue sur la
base de plaintes (d’un État membre ou d’un particulier alléguant une violation), ou par l’envoi systématique et à
intervalles réguliers de rapports des gouvernements intéressés.
g) Le recours aux O.I. compétentes en la matière
2) Les modes juridictionnels de règlement des différends
a) Le règlement arbitral :
Mode de règlement des différends internationaux sur la base du respect du droit par des juges choisis par les
parties et investis par elles de rendre une décision juridiquement obligatoire .
b) Le règlement judiciaire.
39
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines
40
43