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Relations internationales en Afrique : enjeux et défis

Le document traite des relations internationales africaines, soulignant que l'Afrique, malgré ses indépendances, reste soumise aux aléas de la conjoncture internationale et à un sous-développement chronique. Il explore les caractéristiques, objectifs et paradigmes des relations internationales, mettant en évidence la dépendance des pays africains vis-à-vis des puissances extérieures et les défis liés à la souveraineté. Enfin, il aborde les différents paradigmes de la discipline, notamment le réalisme, l'interdépendance et le constructivisme, tout en soulignant l'importance croissante des acteurs non étatiques.

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Relations internationales en Afrique : enjeux et défis

Le document traite des relations internationales africaines, soulignant que l'Afrique, malgré ses indépendances, reste soumise aux aléas de la conjoncture internationale et à un sous-développement chronique. Il explore les caractéristiques, objectifs et paradigmes des relations internationales, mettant en évidence la dépendance des pays africains vis-à-vis des puissances extérieures et les défis liés à la souveraineté. Enfin, il aborde les différents paradigmes de la discipline, notamment le réalisme, l'interdépendance et le constructivisme, tout en soulignant l'importance croissante des acteurs non étatiques.

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Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

1
BIBLIOGRAPHIE
1. PHILLIP HUGON, Géopolitique de l’Afrique, Paris, é[Link], 2007.
2. GÉRARD CHALLIEN, l’enjeu africain : la stratégie des grandes puissances, Paris, éd. Seuil, 1980.
3. JEAN BATISTE DEROSELLE et ANDRÉ CASKI, histoire des Relations internationales de 1945 à nos
jours, Tome II, Paris, éd. Armand colin, 2004.
4. CHRISTOPHER CLEPHEN, Africa and international system, é[Link], CIP, 1996.
5. KADONY KPALAINGU NGUWAY, une introduction aux relations internationales africaines, édition
l’Harmattan, 2007.
6. KADONY KPALAINGU NGUWAY, les Organisations Internationales, Éditions d’Essai, Lubumbashi,
2018.
7. LUC SINDJOUM, Sociologie des Relations internationales Africaines, édition Karthala, 2002.
8. GERMAIN NGOIE TSHIBAMBE, les relations internationales africaines, UNILU, L1RI, 2009-2010,
Cours inédit.

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Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

INTRODUCTION
Bien qu’étant au tournant de l’histoire, l’Afrique est un acteur subissant les relations internationales du 2
fait qu’elle est très souvent exposée aux aléas de la conjoncture internationale. Cette situation a même poussée
certains scientifiques à s’interroger sur l’Afrique, au lendemain des indépendances politiques de celle-ci.

Albert Meister veut savoir si l’Afrique pouvait-elle partir ; René Dumont quant à lui, réagi en affirmant
que l’Afrique est mal partie. Cependant, en observant la situation de l’Afrique soixante ans après les
indépendances, nous pouvons tenter de confirmer la thèse de René Dumont : « l’Afrique n’est toujours pas
partie ».

L’Afrique est, de façon continuelle, malade de ses impuissances. Son économie est cassée, ses
infrastructures socio-économiques de base sont en délabrement, les conflits armés accompagnés des crises
humanitaires se multiplient sur son sol, les maladies endémiques refont surface, etc.

L’histoire de l’Afrique est dominée par les difficultés qui sont propres à elle : l’esclavage, la colonisation,
les indépendances et la mondialisation. Le néo-colonialisme qui caractérise les rapports économiques des pays
africains avec les anciennes métropoles exerce un effet centripète de polarisation externe. De la sorte, les rapports
horizontaux Nord-Sud se développent au détriment des rapports horizontaux Sud-Sud.

Les relations internationales africaines se fondent sur des éléments objectifs infrastructurels et super
structurels dominés par un endettement excessif.

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CHAPITRE I. GÉNÉRALITÉS SUR LES RELATIONS INTERNATIONALES AFRICAINES

Section [Link], caractéristiques et objectifs des Relations Internationales Africaines 3

Paragraphe [Link]
Le concept « relations internationales africaines »n’est pas facile à définir à cause de sa nature
conceptuelle et globale. Ces relations sont complexes .Elles sont spécifiques pour autant qu’elles sont liées aux
interactions des acteurs africains à l’intérieur du continent .Ces relations sont globales parce que les acteurs
unitaristes de pouvoir en Afrique ne vivent pas en vase clos, ils entretiennent des relations avec les opérateurs
politiques,economiques,sociaux,culturels et religieux des pays en dehors du continent africain.

Cependant, dans le cadre de cet enseignement ,nous allons nous référer à la définition proposée par le
professeur KADONY N.K. dans son ouvrage intitulé « une introduction aux relations internationales
africaines »,édition l’Harmattan, collection Comptes rendus,2007 .L’auteur définit les relations internationales
africaines comme un ensemble de réseaux d’interactions que les acteurs politiques ,économiques ,socioculturels,
religieux africains tissent entre eux, ainsi que les rapports qu’ils entretiennent avec le monde extérieur par le biais
de canaux spécifiques .

Paragraphe [Link] caractéristiques des relations internationales africaines

1. La prédominance du sous-développement
La colonisation fut un moment historique ayant marqué la rupture du système de développement de la
société précoloniale .Le régime colonial est juxtaposé au système traditionnel qu’il comprime sans effacer .Cette
absence de malaxage de deux civilisations, en vue de créer une nouvelle culture de développement dans le
contexte de la modernité, sera à la base de l’inadaptation des africains à l’évolution du monde à l’époque
postcoloniale.

Ainsi, dès l’accession des pays africains à la souveraineté internationale, il s’est littéralement produit un
phénomène étonnant : « les africains s’enlisent dans le cycle infernal de la misère, de la sous-production
industrielle, agricole, artistique, de la précarité des soins de santé, de l’exploitation de l’homme par le biais des
bas salaires, etc. ».Tous ces maux visibles et insolites sont groupés sous la domination du sous-développement
chronique. La situation catastrophique de l’Afrique est telle que tous les maux extirpés ailleurs se sont donné
rendez-vous en Afrique au sud du Sahara.

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2. Le domaine capitaliste périphérique


Dans la littérature marxiste afro-latino-américaine, le monde est divisé en deux sphères. L’hémisphère 4
nord est constitué des pays capitalistes développés alors que l’hémisphère sud est composée des pays en voie de
développement .Les pays du nord exploitent ceux du sud ; c’est au nord que se trouvent les centres de décision
politique, économique et culturel, tandis que le sud subit ces décisions. C’est dans ce contexte que les africains
gèrent leurs relations extérieures ; ils négocient en position de faiblesse. En contrepartie, ils enregistrent des
résultats très minces en termes d’avantages au sein des relations internationales.

3. L’antimie chronique
Les pays africains se trouvent enchainés dans des contradictions infernales. Dans leurs discours, les
dirigeants clament la souveraineté et l’Independence nationale alors qu’en réalité leurs états ne sont pas
souverains. Tout en se considérant comme chefs d’états, ils exécutent plutôt les ordres des puissances étrangères.
Les ressources naturelles et les richesses nationales sont pillées avec leur bénédiction.

Du point de vue des relations internationales, un tel acteur (état) n’existe pas d’autant plus qu’il ne
dispose ni de pouvoir d’initiative ni de pouvoir de décision.

Paragraphe [Link] objectifs des RIA


Les interactions des acteurs unitaristes de pouvoir en Afrique poursuivent des objectifs à la fois globaux
et sectoriels. Quant aux objectifs globaux, les acteurs africains poursuivent l’unité africaine, la mobilisation de
capitaux et la libération de l’Afrique. L’objectif sectoriel qu’ils poursuivent reste l’intérêt national qui se
segmente en trois axes : identité, prospérité et sécurité.

Section [Link] notion des Relations Internationales


Nous pouvons dégager au moins trois grilles paradigmatiques à travers lesquels nous pouvons définir les
relations internationales : Le paradigme réaliste, le paradigme trans-nationaliste et le paradigme constructiviste.

Paragraphe [Link] paradigme idéaliste


Cette vision est apparue au lendemain de la première guerre mondiale. Le postulat fondamental de cet
idéalisme est que les conflits entre les états peuvent être évités par une transformation de la réalité interétatique
reposant sur le règne du droit et en se dotant d’institutions internationales favorisant la coopération. La pensée
idéaliste tourne autour de la sécurité collective dont les grands axes sont la renonciation volontaire à la guerre
comme instrument de la politique internationale, le désarmement et la réorganisation de la vie internationale.
Dans la pensée idéaliste, les formes institutionnelles de proscription de la guerre comme instrument de la politique
internationale sont la société des nations et le pacte Briand-Kellog(1928).

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Le courant idéaliste est aussi téléologique en ce sens qu’il est préoccupé par un objectif à atteindre : la
paix. C’est, en fait, le courant idéaliste qui, dans l’entre les-deux-guerres, a donné naissance à la discipline des 5
relations internationales. L’atrocité de la seconde guerre mondiale et son développement remettent en cause
l’aspect chimérique des hypothèses fondamentales de la conception idéaliste. La conjonction des faits va favoriser
l’éclosion du paradigme réaliste qui met l’accent sur la dimension conflictuelle de ces relations.

Paragraphe [Link] paradigme réaliste


Est une conception des relations internationales plus proche des faits. Elle s’est imposée après la seconde
guerre mondiale. Les chefs de file de la conception réaliste sont Hans Morgenthau aux États-Unis et Raymond
Aron en France.

Pour Hans Morgenthau, les relations internationales sont marquées par les conflits en raison de pulsions
agressives inscrites dans la nature humaine, ainsi que la nature anarchique et non intégrée du système
international, caractérisé par l’absence de toute autorité capable d’imposer à ses membres un ordre contraignant.
Dans la conception réaliste, l’état est l’acteur central des relations internationales.

La conception réaliste ne repose plus sur la morale ou sur le projet d’une société de paix volontaire. Les
réalistes estiment qu’à la force il faut opposer la force, c’est-à-dire que la sécurité dérive de la domestication de la
violence par la menace d’une contre-violence. Pour les réalistes, la sécurité internationale ne peut se maintenir
que par la violence. Cette école se base sur deux grandes activités: « la paix et la guerre ».

Paragraphe [Link] paradigme de l’interdépendance


Il tire ses origines de la thèse réaliste de Raymond Aron, relative à la nature anarchique du système
international. Ce courant est né vers les années soixante-dix ; il est aussi néo-réaliste. Les néo-réalistes constatent
que le système international est caractérisé par une continuité structurelle du système international marqué par un
certain degré d’anarchie et d’affrontement des intérêts n’impliquant pas l’existence d’un déterminisme structurel
absolu sur l’ensemble des acteurs.

Dans le système international, les petites entités politiques sont caractérisées par un comportement en
grande partie déterminé, alors que les grandes puissances ont la capacité de modifier ou mieux de transformer le
jeu de la politique internationale à leur profit grâce à l’utilisation des grands moyens matériels dont ils disposent.

C’est à ce niveau que la problématique des relations internationales africaines se pose. De par leurs
faiblesses commerciale, technologique et financière, les comportements des acteurs africains, par rapport aux
acteurs nantis, sont déterminé. Ils sont plus dépendants et subissent le déterminisme structurel de la société
internationale.

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Ce paradigme veut de plus en plus limiter le réalisme quant à sa dictature et sa capacité d’expliquer la
complexité des relations internationales. Le monde centré sur l’état seul comme acteur des relations 6
internationales devient une vision inconfortable. D’autres acteurs différents des états apparaissent de plus en plus.
À la périphérie du système international, les états tombent en désuétude ; au sein de ces états, les acteurs non
étatiques deviennent de plus en plus importants.

C’est d’ailleurs, depuis la révolution industrielle, le monde a connu des changements significatifs dans
tous les secteurs. Le spectaculaires progrès industriel s’est accéléré après la seconde guerre mondiale et s’est
accompagné d’un développement des échanges commerciaux .Ce renouveau technologique et commercial a
contribué à tisser un réseau complexe d’interdépendances entre les différentes entités politiques autonomes et à
faire apparaitre de nouveaux types d’acteurs dans les relations internationales : les sociétés multinationales, les
groupes de pression et les organisations non-gouvernementales.

Devenues acteurs des relations internationales, ces nouvelles forces ont pour conséquence la réduction de
l’autonomie de l’état .Ce nouveau conditionnement du système international a contribué largement à l’éclatement
des frontières nationales des états obligeant ceux-ci de s’ouvrir de plus en plus aux échanges avec les autres
entités.

Par conséquent, les relations internationales actuelles évoluent vers la coopération et la communauté
d’intérêt des acteurs au point que la nature conflictuelle de ces relations a tendance à être reléguée au second plan.
Cette coopération se déroule et se développe davantage au sein des organisations internationales. À cause de leur
importance, leur nombre ne cesse de croitre dans le monde.

Paragraphe [Link] paradigme constructiviste


À la fin des années 1980 , les relations internationales sont confrontées à un double défi , entant que
discipline , elles sont divisées entre le paradigme positiviste(parmi lequel dominent les néoréalismes, les
approches post positivistes et les postmodernistes).Entant qu’objet d’étude ,les relations internationales
connaissent des changements importants(la fin de la guerre froide, la mondialisation).ces deux évènements ont
conduit une nouvelle génération d’internationalistes à dépasser les approches jusqu’alors prédominantes en
relations internationales. Ils veulent ainsi abandonner l’épistème post positiviste selon laquelle il n’y a pas de
réalité en dehors de la théorie qu’ils étudient (la théorie néoréaliste n’a pas prévu le changement du système
international sans l’éventualité d’une guerre).

Cette même génération d’internationaliste a décidé de se débarrasser de l’ontologie positiviste selon


laquelle la structure anarchique est une constante et les intérêts des auteurs ont donnés une fois pour toute.

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Le constructivisme remet en question certaines vérités [Link] première c’est l’intersubjectivité,


c’est-à-dire que les relations internationales sont mus par les croyances partagées entre les acteurs. ALEXANDRE 7
WENDT fut le premier auteur à pouvoir introduire le constructivisme dans le débat sur la notion d’anarchie en
relations internationales. Selon WENDT, il n’existe pas une structure anarchique perse (par elle-même), au
contraire, il y a plusieurs cultures anarchiques.

Section [Link] de l’anarchie


Selon l’idée que les états se fondent leurs relations, il y a l’anarchie hobbesienne, lockéenne, et kantienne.
Mais, en dehors de ces types d’anarchies cités, nous avons l’anarchie selon le réalisme et l’anarchie selon le
constructivisme.

Paragraphe 1.L’anarchie hobbesienne


Elle découle des interactions des états se percevant comme des ennemis (pendant la guerre froide, dans
les relations entre les USA et l’ex Union soviétique ; les relations entre la France et l’Allemagne après la
deuxième guerre mondiale).

Paragraphe 2.L’anarchie lockienne


Elle existe entre les états se percevant comme des rivaux.

Paragraphe 3.L’anarchie kantienne


Est celle qui existe entre les états qui sont les amis. Exemple : canada et USA.

Ainsi, l’anarchie n’est pas une donnée uniforme sur toute la scène internationale qui serait comme une
photo prise et fixant un évènement, c’est une construction qui se manifeste par la construction de sens et
d’expressions.

Paragraphe 4.L’anarchie selon le réalisme


Pour les réalistes, l’anarchie est synonyme de l’état de guerre (état permanent de guerre de tous contre
tous).De l’analyse réaliste, quatre aspects ci-après marquent la vie internationale :

- Le néphalisme : sur la scène internationale, il y a une hiérarchie des états, mais nul ne peut se prévaloir
comme capable de faire la police.
- La recherche permanente de la puissance : il ne faut pas compter sur les armes d’autrui, mais il faut
compter sur ses propres armes.
- La prévalence déclaratoire de la souveraineté et de l’indépendance : ici les faibles recourent à la
souveraineté pour cacher leur faiblesse.
- La prudence vis-à-vis du droit international : le droit international n’est valable sur la scène internationale
que s’il protège la cause du plus fort.
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En outre, le courant réaliste dissocie nettement la conduite interne de l’état de son comportement sur la
scène internationale ; cela, parce que, la manière d’agir de l’état repose sur l’ « intérêt national » (sécurité, identité 8
et prospérité). La théorie réaliste conduit aussi à une dévalorisation du rôle du droit international, voir à sa
négation pure et simple.

La distance dans le comportement des états vis-à-vis du droit international est au cœur du réalisme ; cette
distance doit s’interpréter de manière complexe : « le droit international existe tout en n’existant pas ».

Quelques auteurs réalistes donnent leurs analyses sur la notion de l’anarchie :

1. Thomas Hobbes
Dans le « Léviathan », Hobbes dépeint l’état de nature dans lequel se trouvent les états ; cet état de nature
est un état de guerre. Ceci ne veut pas dire que les états se combattent les uns les autres mais ils vivent dans un
état de guerre perpétuelle, dans une continuelle veillée d’armes ; leurs frontières fortifiées, leurs canaux bloqués
sur tous les pays qui les entourent.

2. Raymond Aaron
L’anarchie induit les états à rechercher la puissance sur la scène internationale ; cette puissance assure la
sécurité des états. La puissance est également recherchée pour elle-même ; sur la scène internationale, un état ne
peut compter que s’il a la capacité d’agir.

Lorsqu’un état manque la capacité d’agir, il ne compte pas sur la scène internationale ; de ce fait, sa
souveraineté est négative.

Pour Raymond Aron, si l’état est puissant, seul l’état qui est réellement puissant répond à son idée. L’état
n’est puissant qu’enfin de se maintenir à côté d’autres puissances. L’anarchie pousse les états à être des grandes
puissances.

3. Kenneth Waltz
Il a émis les considérations sur les conséquences de la nature anarchique de la scène internationale de la
vie des états. En l’absence d’une autorité suprême, il est constamment possible que les conflits soient réglés par la
force ; la guerre existe parce que rien ne l’empêche.

Dans ses publications, Waltz rappelle le double effet structurant que l’anarchie induit sur le
comportement juridique des états sur la scène internationale :

Les états sont contraient d’assurer leur sécurité avant tout autre objectif.
L’anarchie amène les états à ne pouvoir compter que sur elle-même en vue d’assurer cette sécurité.

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L’anarchie est synonyme des conditions d’insécurité et pour les moins, des conditions d’incertitude de
chacun au sujet des intentions et actions futures des autres. L’anarchie rend les états indifférents à des règles qui 9
pouvaient réguler leur comportement.

En obligeant les états à adopter une stratégie de protection, l’anarchie travaille contre la coopération,
c’est-à-dire contre l’acceptation de se confier à la norme édictée sur la scène internationale.

4. Albane Geslin
Selon cet auteur, les relations politiques sont entendues comme les relations de puissance ; elles se nouent
essentiellement par les états et plus particulièrement entre les grandes puissances.

5. Stanley Hoffman
Selon lui, « le droit international est un code chiffré des relations internationales ». Le droit international
n’existe pas parce que les enjeux de la puissance ne sont assurés, c’est-à-dire la puissance.

Paragraphe 5.L’anarchie selon le transnationalisme


Dans le courant transnationaliste, l’anarchie est l’œuvre de Grotius et de John Look. Selon Grotius,
l’homme possède en lui-même un penchant dominant vers la vie sociale qui lui fait ressentir les besoins de vivre
avec les êtres de son espèce dans un état de société paisible.

Quant à John Look, l’homme à l’état de nature vit en parfaite liberté. Même s’il reconnait que les états
sont dans l’état de nature, les uns au regard des autres, il affirme cependant que les accords, les traités et les
alliances sont des liens indissolubles pour les princes du monde.

Autrement dit, pour ces deux auteurs, l’État de nature entre les états n’est pas synonyme d’état de guerre,
il est plutôt une succession des périodes de paix et de guerre.

Le comportement international des états est régulé par des normes, des règles entreprises en vue de la
paix. La guerre n’est autorisée à condition d’être une guerre juste (d’auto défense, légitime).

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CHAPITRE II. L’AFRIQUE

Section [Link] 10

En dépit de l’illusion naturelle produite par la géopolitique, le concept d’Afrique ne va pas de soi ; c’est
un concept qui recouvre des réalités et des pratiques culturelles, politiques et économiques dont l’uniformisation
n’est pas évidente.

C’est une réalité construite à contenus variables, le mot Afrique n’a pas son origine en Afrique ; et
l’africain, « afer »en latin, se construit philologiquement avec le privatif « a »qui s’ajoute au verbe fero/je porte ;
sorte d’impératif présent, « afer »peut se traduire par éloigné.

De ce fait, l’africain serait un être à éloigner des citoyens latins, à mettre loin de leurs yeux. À vrai dire,
l’origine du mot Afrique est controversée ; le terme Afrique désigna longtemps la partie nord du continent
africain, l’Afrique subsaharienne était appelée l’Éthiopie : un terme dont l’origine est très intéressante puisque le
mot grec Aithiops qui désigne littéralement le « pays où les gens ont le visage brulé par le soleil ».

Quant à l’origine du mot Afrique, elle révèle la profonde unité du continent .Africus désignait en latin un
vent soufflant sur la région de Carthage, qui viendrait d’une tribu berbère, les Banou Ifren. En langue romaine, il
désignait IFRIYA, c’est-à-dire, du mot berbère IFRIKYA (signifiant roché) ou du nom d’AFRIS, c’est-à-dire la
population habitant le nord de la MADIERDA dans l’actuelle Tunisie.

La véritable explication du mot Afrique est contenue dans le mot Afrique lui-même. Pour les arabes,
l’Afrique a désigné le soudan et la Libye ; les juifs ont désigné les africains par le mot koushim et l’Afrique par le
mot koush

Les romains l’ont d’abord appliqué à la provincia africa, l’actuelle Tunisie que les grecques appelaient
Lybie. Le nom d’Afrique a ensuite désigné progressivement le Maghreb, puis l’ensemble du continent.

Le terme d’Afrique noire puis Afrique subsaharienne s’utilise pour désigner les 49 états au sud du
Sahara ; ceci parce que pour certains auteurs, l’actuelle partie nord est rattachée au monde méditerranéen.

Considérant les uns et les autres, l’Afrique désigne un continent qui inclut le Maghreb et la partie
subsaharienne.

Sur le plan discursif, il est établi que l’expression « Afrique » est une invention. Pour le camerounais
LUC SINDJOUM, l’Afrique est une construction sociopolitique récente révélée par diverses bibliothèques
coloniales à la fois occidentales et arabo-musulmanes.

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Elle est donc une fiction narrative dans le cadre de laquelle s’affronte plusieurs discours : discours
continental, discours national ou ethno-communautaire, discours cosmopolite, discours sédentaire et discours 11
diasporique. Chacun de ces discours est une forme de représentation particulière de l’Afrique dont la pertinence
scientifique importe moins que les effets de réalité qu’il produit.

Ainsi donc :

 Le discours continental : selon ce discours, l’Afrique est un « Tout »qui englobe le Maghreb et la partie
subsaharienne, l’Afrique est donc un continent ;
 Discours national ou ethno-communautaire : l’Afrique est constitué d’un même peuple ayant une même
culture ;
 Discours cosmopolite : l’Afrique appartient à tous ; les gens de différentes nationalités(les maghrébins et
les subsahariens) ;
 Discours sédentaire : l’Afrique appartient à ceux qui sont né en Afrique ;
 Discours diasporique : l’Afrique appartient non seulement à ceux qui sont en Afrique, mais aussi et
surtout aux africains qui sont ailleurs.

Malgré l’existence de tous ces discours, il est établit que l’Afrique est une et multiple ; c’est la dialectique
de l’un et du multiple qu’il faut prendre en compte.

Section 2.L’Afrique comme signifiant polysémique (multiple)


L’idée de l’Afrique multiple a constamment déterminée les Relations Internationales Africaines en faisant
ressortir non seulement la multiplicité des lieux « Afrique », mais aussi les logiques d’ouverture et de fermeture
dans l’usage du concept « Afrique ».

L’Afrique transnationale est une construction qui se dégage de la narration panafricaniste de certains
auteurs .Ici, la notion d’Afrique intègre, en plus du continent, les caraïbes, l’Amérique et l’Europe ; il ne s’agit
pas que d’un « être géopolitique »mais d’une communauté culturelle qui transcende les frontières et les
distinctions ethniques ou nationales.

L’Afrique diasporique est plurielle en fonction des lieux de provenance et d’installation des migrants.
L’Afrique diasporique est une Afrique plurielle qui se fonde sur la dimension personnelle et identitaire : elle est
née des migrations forcées et volontaires.

L’Afrique multiple, c’est-à-dire l’Afrique institutionnalisée de manière différentielle par les états à travers
des cadres de regroupements sur la base de la solidarité géographique ou encore de la solidarité par intérêt .La
dynamique d’intégrations économiques régionales révèlent diverses Afriques.

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Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

L’Afrique multiple c’est l’Afrique divisée par la colonisation et héritée par les états postcoloniaux. C’est
aussi l’Afrique dichotomique à partir du Sahara d’un côté, l’Afrique subsaharienne qualifiée d’Afrique noire, de 12
l’autre, l’Afrique septentrionale ou méditerranéenne, l’Afrique arabe. Ces deux catégories influencent les
Relations Internationales Africaines. Dans une certaine mesure, elles sont sollicitées dans le cadre du débat sur
l’africanité, sur l’identité africaine.

L’Afrique plurielle renvoie aussi à la distance entre l’Afrique continentale et l’Afrique insulaire que
constituent les pays tels que Maurice, Seychelles, les Comores, Madagascar qui sont situés dans l’aire des
échanges culturelles et humains de l’océan indien .La population de Maurice est surtout d’origine hindoue, celle
de Seychelles est marquée par un métissage entre blanc et noirs.

Section 3.L’Afrique comme signifiant unitaire


L’Afrique est une dans sa masse géographique. Selon HUGON, l’Afrique est un continent géant avec
30000000 Kilomètres carré, soit 22,5% de terres émergées ; elle a trois fois la superficie de l’Europe.

L’Afrique dichotomique (l’Afrique septentrionale versus l’Afrique subsaharienne) est en réalité une
Afrique interactive. Le signifiant unitaire de l’Afrique conduit à penser à une Afrique interactive .Car, loin d’être
une barrière, le désert du Sahara a toujours joué un rôle intermédiaire entre l’Afrique du nord et l’Afrique noire.
Cette interaction se déroule dans une perspective historique sur le fond de trois facteurs importants (la religion, la
migration et le sens de la demande de l’unité africaine).

Paragraphe [Link] religion comme facteur d’interaction de l’Afrique


Ce facteur est symbolisé par l’islam dont la diffusion a eu comme foyer important l’Afrique du nord et a
instauré des relations communautaires entre les états subsahariennes musulmans et les états maghrébins.

Géographiquement, il serait trop simple de penser que l’islam n’existe qu’au nord de l’Afrique ; les états
situés au sud du Sahara comprennent un nombre important des musulmans(le Nigeria, le Sénégal, le Cameroun,
RDC, etc.).

Paragraphe [Link] migration comme facteur d’interaction de l’Afrique


Ce facteur était constitué dans le passé par l’esclavage et aujourd’hui par la migration de travail. À côté
de celle-ci, il faut citer l’émigration clandestine, les réfugiés.

Paragraphe [Link] sens de la demande de l’unité africaine comme facteur d’interaction de l’Afrique
Cette demande devient le trait caractéristique des politiques étrangères des états africains. La mystique de
l’unité africaine a toujours été au fondement de la solidarité dans la manière de se comporter des états africains
sur la scène internationale.

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Cette mystique explique le dynamisme dont a fait preuve la diplomatie des états africains dans les années
1960 lorsqu’a été créé l’Organisation de l’Unité Africaine(OUA), qui deviendra par la suite l’Union 13
Africaine(U.A) ; en se posant comme porte-parole de l’Afrique, institue l’identité africaine.

Une seule organisation oriente les représentations de l’Afrique dans le sens de l’ « un » qui est une
catégorie objective s’imposant à travers les résolutions de l’Union Africaine, la création d’un groupe africain à
l’ONU et l’élaboration d’un droit international africain.

Au-delà de cette Afrique qui est une, il faut prendre acte de l’Afrique multiple. La multiplicité de
l’Afrique se manifeste par le découpage de ce continent en cinq sous régions : l’Afrique du nord, l’Afrique de
l’est, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’ouest et l’Afrique australe.

L’Afrique multiple se construit du jour au jour à travers l’Afrique institutionnalisée par les états dans le
cadre des différents regroupements sous régionaux. La dynamique de l’intégration économique régionale traduit
ces Afriques diverses. La multiplicité des organisations régionales africaines fondées sur des critères
linguistiques, dessine encore les Afriques multiples.

L’Afrique lusophone se vente de disposer d’un cadre institutionnel dénommé « Association des Pays
Africains de Langues Portugaises », l’Union Économique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest(UEMAO) est un
cadre d’interaction entre les états francophones de l’Afrique de l’ouest qui se complaisent à marginaliser les états
anglophones de la région. Les états anglophones se sentent ainsi différents des états africains francophones.

Cette représentation est politique, et géographique de l’Afrique ; pour pluriel qu’elle soit, s’accompagne
d’une multiplicité de sens et de regard que l’on jette sur son continent. Dans l’ensemble, les représentations que
l’on se fait de l’Afrique découlent des images plutôt négatives : « l’Afrique est le continent des conflits, des
maladies, etc. ».

Sur le plan scientifique, un débat s’est ouvert entre l’afro pessimisme qui considère que les malheurs de
l’Afrique proviennent de l’extérieure (traite des noirs et colonisation) ; cette école présente une image n’espérant
rien de l’Afrique. Et l’afro centrisme qui estime à son tour que l’africain est responsable de tous ses malheurs.

Pour HUGON, l’Afrique est un construit ou s’affronte le discours des sciences sociales, de ce fait,
l’Afrique reste toujours dans l’enfance bien qu’il soit le plus vieux des continents du monde. ; Elle est cependant
caractérisée par les trois parques mortelles de Martus : les guerres, les épidémies et les famines.

Section [Link] caractéristiques propres à l’Afrique


L’Afrique se caractérise par les cinq traits suivants :

13
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

 Le marquage colonial ;
 La faillite de ses états ou leurs faiblesses ; 14
 La marginalisation et la dépendance des états africains sur la scène internationale ;
 La quête inlassable d’un communautarisme par les états africains ;
 L’existence de la puissance par procuration.

Paragraphe [Link] marquage colonial


Ceci provient par le fait que la plupart des états africains ont été colonisé, à l’exception du Liberia, de
l’Éthiopie et de l’Égypte.

Paragraphe [Link] faillite des états ou leurs faiblesses


D’après certains analystes, l’Afrique est plus menacée par la sous-alimentation, le VIH /SIDA, la malaria,
la tuberculose et les conflits armés. D’âpres les estimations de la FAO, 33% des habitants de l’Afrique en 2020
souffrirons de la sous-alimentation. En Asie, la proportion sera de 12%, en Amérique latine et au proche orient
5%.

[Link] marginalisation et la dépendance des états africains sur la scène internationale


Les états africains sont marginalisés sur la scène internationale. Cette marginalisation peut être soit active,
soit passive.

 Marginalisation active : c’est celle qui est subit par un état vis-à-vis des autres états plus forts que lui.

Exemple : Le fait que l’Afrique ne soit pas représentée au conseil de sécurité de l’ONU, cela dénote d’une
marginalisation active subi par l’Afrique vis-à-vis des puissances occidentales.

 Marginalisation passive : c’est celle qui provient d’un état ou des états sur base de leur inaction sur la
scène internationale.

Exemple :Dans le domaine technologique, industriel, l’Afrique ne donne rien au monde, mais ne fait que
subir des autres. Alors que la mondialisation c’est le rendez-vous du donner et du recevoir.

Paragraphe [Link] quête inlassable d’un communautarisme par les états africains
Aucun état africain n’est capables de s’imposer seul sur la scène internationale ;sur ce, ils veulent toujours
agir ensemble, cherchant les solutions par action collectives en se cachant derrière l’adage« l’union fait la
force ».La création de l’OUA, du groupe africain, l’action collective engagé par les états africain en vue d’obtenir
une place au sein du conseil de sécurité des Nations-Unies, leur démarche en vue de se retirer collectivement de la
Cour Pénale Internationale ;en sont des exemples révélateurs.

14
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

Paragraphe 5.L’existance de la puissance par procuration


La puissance est un attribut important dans la vie des états. Lorsqu’un état manque la puissance sur la 15
scène internationale, il cesse d’être acteur, il devient qu’un figurant ; par conséquent, un objet de la politique des
autres.

La notion de la puissance étant centrale en relations internationales, elle fait l’objet des plusieurs débats ;
mais de manière synthétique, l’on doit retenir ce qui suit :

o La puissance est une notion relative c’est-à-dire qu’elle est fongible, elle peut disparaitre, augmenter ou
diminuer ;
o La puissance a une nature protéiforme, c’est-à-dire qu’elle varie selon les domaines ;
o La puissance est à la fois un moyen et une fin.

Ainsi, la puissance peut être défini selon deux approches ; l’approche classique et l’approche
postmoderniste.

5.1. La puissance selon l’approche classique


Le thème de la puissance est traditionnellement au cœur de la réflexion sur les relations internationales.
Ces dernières sont avant tout, des relations de puissance, de reflet de rapports de force.

Selon Hans Morgenthau, « la politique internationale, comme toute politique, est un combat pour la
puissance ».

La puissance représente la capacité d’action des acteurs sur la scène internationale. Les auteurs classiques
la définissent principalement comme le moyen d’imposer sa volonté à un autre acteur.

Selon Robert Dahl, la puissance est « la capacité d’obliger l’autre à faire ce dont il se serait autrement
abstenu ».Raymond Aron la définit, quant à lui, comme « la capacité de faire, produire ou détruire », ou comme
« la capacité d’imposer sa volonté aux autres ».Pour Arnold Wolfers, il s’agit de « l’aptitude à exercer une
coercition, à infliger un dommage aux autres »par la menace ou l’usage de la violence. Il distingue de manière
plus fine la power politics(imposer sa volonté par la force ou la menace)et l’influence politique(faire adopter par
les autres son point de vue) ;ce qui préfigure la distinction Hard power/Soft power ,que le politologue américain
Joseph Nye popularisera au début des années 1990 .Selon Samuel Huntington enfin, « la puissance est la capacité
d’un acteur ,habituellement mais pas forcément un gouvernement ,d’influencer le comportement des autres ,qui
peuvent être ou ne pas être des gouvernements ».

La puissance est une notion évidemment relative et évolutive .Elle n’a de signification que par rapport à
la puissance des autres acteurs internationaux.
15
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

5.1.1. Les critères de la puissance


Généralement l’on s’accorde sur les critères ci-après, considérés comme les produits de la multiplication : 16

- Les ressources naturelles ;


- La capacité militaire ;
- L’étendue territoriale ;
- La puissance économique ;
- La maitrise technologique ;
- Le niveau d’éducation et de formation de la main-d’œuvre ;
- La géographie ;
- La capacité industrielle ;
- La composition qualitative et quantitative de la population ;
- La légitimé et l’habileté des gouvernants ;
- Le leadership.

5.1.2. Pertinence de la puissance sur la scène internationale


La puissance n’est pas un élément absolu, c’est-à-dire qu’elle ne s’apprécie mieux que dans une
interaction (la guerre).Cela nous conduit à nous poser la question de savoir si la puissance est un but ou un moyen
de la politique étrangère des états.

5.2. La puissance selon les postmodernistes


À l’ère de la mondialisation, les enjeux de la politique internationale ne se déroulent pas nécessairement
sur l’échiquier militaire ; il y a d’autres échiquiers plus importants encore (l’échiquier commercial, économique,
technologique, scientifique, etc.).

En raison de ces nouveaux enjeux, la puissance se défini comme la capacité de contrôler les règles de jeux
dans un ou plusieurs domaines clés de la compétition internationale. Ainsi donc, elle est la capacité de déterminer
l’agenda sur la scène internationale.

Cependant, JOSEPH NYE utilise la notion de Soft Power pour designer la puissance douce, opposée à
celle de Hard Power qui désigne la puissance dure. Il présente alors la nouvelle configuration de la puissance
comme constituée par ce qu’il appelle « la nouvelle structure de la puissance », constituée de :

- La maitrise de la sécurité ;
- Le monopole de la technologie ;
- Le monopole dans la production du savoir et dans la circulation des informations ;

16
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

- Le monopole sur le plan économique et financier.


17
Cette configuration binaire de la puissance sur la scène africaine conduit à reconnaitre qu’il y a une
certaine stratification des puissances. Mais, placée sur la scène internationale, la puissance des états africains
devient une réalité fuyante (elle n’existe pas).

À cet égard, nous pouvons dire que la plupart des états africains sont des marionnettes, c’est-à-dire qu’ils
ne sont pas puissants en eux-mêmes, mais ils ont une puissance dérivée ou une puissance par procuration. Ce
sont les puissances extérieures à l’Afrique qui attribuent tel ou tel rôle à tel ou tel état africain devenant ainsi une
puissance.

De ce fait, considérant ces deux approches ci-dessus, il y a lieu pour nous de conclure que la puissance est
quasi-inexistante en Afrique.

Cependant, sur le plan diplomatique, l’on peut ainsi distinguer les états africains qui sont d’une part les
pôles d’attraction diplomatique et d’autre part les pôles de projection diplomatique.

A. Les pôles d’attraction diplomatique(les pays qui peuvent attirer les autres vers eux) :
- Éthiopie : Par le fait que ce pays est le siège de l’institution panafricaine (l’Union Africaine) ;
- Afrique du sud : ce pays attire presque tous les africains par ses meilleurs qualités de soin de santé, son
niveau économique élevé en Afrique, etc. ;
- République démocratique du Congo : à l’ère des grands débats sur le réchauffement climatique, ce pays
commence à faire parler de lui à cause de la grande potentialité forestière qu’il détient (la forêt équatoriale
qui est la deuxième au monde après celle de l’Amazonie au Brésil) et ses ressources minières enviées par
tous;
- Le Nigeria : la 1ère économie africaine.
B. Les pôles de projection diplomatique (les pays qui peuvent, par leurs actions ou potentialité, arriver à
influencer le jeu des relations internationales:
- La République démocratique du Congo : Les eaux du bassin du Congo et la forêt équatoriale ;
- Afrique du sud : par ses investissements étrangers (2iemeeconomie africaine) ;
- Nigeria : la 1ère économie africaine.

5.3. Afrique : la puissance de la faiblesse


L’image qu’on a de l’Afrique c’est celle d’un continent de la misère et de la pauvreté qui relève de l’afro-
pessimisme. Cette image a un impact réel sur les politiques des partenaires extérieurs vis-à-vis de l’Afrique. C’est
le cas, lorsque Tony blair (1er ministre britannique à l’époque) constitua une commission spéciale sur l’Afrique en
vue d’élaborer la politique africaine de la Grande-Bretagne. À cet effet, dans un discours, il déclara : « l’Afrique
17
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

est la plaie de la conscience de l’humanité », c’est-à-dire que la situation catastrophique de l’Afrique interpelle
l’humanité, c’est une plaie qu’il faut [Link] justifie sa déclaration par l’argument selon lequel, en 1960, la place 18
de l’Afrique dans le commerce international représentait 10 %, alors qu’elle est actuellement de 1%.

Cet afro-pessimisme constitue le problème important dans les relations internationales africaines.D’ou, les
questions suivantes se posent :

- Pourquoi l’Afrique ne compte pas en relations internationales ?;


- Pourquoi les états en Afrique ne sont pas effectifs ?;
- Pourquoi les performances économiques des états africains sont si décevantes ?

18
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

CHAPITRE III. LES SIGNES PRÉCURSEURS DE LA DÉCOLONISATION EN AFRIQUE


Il est intéressant de constater que les premiers signes avant-coureurs de la décolonisation apparaissent à 19
l’apogée de la colonisation, quand celle-ci s’estime précisément irréductible .En fait, la déstructuration
s’amorce ,souterrainement ,au cours de la phase finale d’institutionnalisation ;ce qui explique que le phénomène
ait d’abord échappé au colonisateur ,pour lui apparaitre trop tard ,quand le processus avait déjà pris son élan
irréversible .Alors que l’éveil culturel est peu à peu sensible en Asie, et que des revendications isolées ,d’ordre
politique (notamment en inde) , commencent à être formulées ,l’Afrique viens à peine d’être conquise.

C’est désormais à travers les mythes et religion, la contestation culturelle et la conférence de Bandoeng
que va se dévoiler l’évolution de la prise de conscience des masses africaines.

Section [Link] mythes et la religion


Les premières mythes qui naissent en Afrique vont traduire le traumatisme subit et vont pousser à la
résignation .Les mythes de la dernière période ,correspondant au stade du pouvoir le plus oppressif de la
colonisation industrielle (qui se situe aux alentours du premier conflit mondial),renvoient à un refus radical de la
colonisation .Les leaders politiques du tiers-monde ,en revendiquant l’indépendance ,ne feront donc rien de plus
que traduire, dans les termes du langage européen, les aspirations populaires les plus profondes et les plus
unanimes, déjà perçues au niveau des mythes.

Si le mythe constitue un excellent miroir des états d’âme de la conscience collective, la religion
représentera, dans bien des cas, un facteur de résistance à la colonisation, et, dans un second temps, de
désagrégation de ses structures. Il ne s’agit pas uniquement des religions autochtones et syncrétiques, mais même
du christianisme, à travers son ultime mutation.

Certes, la religion peut apparaitre comme une aliénation supplémentaire et, de fait, en situation non
perturbée, elle constitue fréquemment un frein au progrès .Mais en situation d’oppression, la religion peut
représenter un facteur positif provisoire, dans la mesure où elle contribue à renforcer la résistance. Ce sont
évidemment les religions à caractère unitaire et à structures simultanément souples et inébranlables, comme
l’islam, qui auront constitué les meilleurs remparts.

L’islam rejettera tout ensemble progrès et oppression, protégeant les colonisés du virus colonisateur et des
effets de l’assimilation. Les religions agglutinantes, qui favorisent l’intégration des apports cosmogoniques et
idéologiques « étrangers » (telles que les religions animistes du centre de l’Afrique et d’Amérique), ou plus
tolérantes (hindouismes et bouddhisme en Asie), résisteront généralement moins bien à l’offensive du
christianisme, utilisé cette fois par le colonisateur comme une arme psychologique destinée à dissoudre la
résistance des peuples colonisés. De leur affrontement naitrons des religions syncrétiques, produits de la fusion
entre l’animisme et le protestantisme, se nommeront le kitawalisme, le mvunguisme et le kimbanguisme.

19
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

Les religions autochtones ,principalement animistes et les mouvements syncrétiques à caractère


prophétique demeureront longtemps le refuge des peuples colonisés, car en leur prédisant l’avènement des temps 20
meilleurs et la fin de la colonisation (quoique à la manière des écritures annonçant la venue du Messie),ils
représenterons à leurs yeux un facteur d’espoir .Le mouvement kitawala ,né d’une scission de la branche
américaine de la Watch Tower(Témoins de Jéhovah),et qui enseigne la désobéissance à toute autorité
temporelle ,s’étendra rapidement à l’Angola, à la Rhodésie , au Kenya, au Nyassaland et à l’Uganda .Son
influence va demeurer si importante que ce seront les sectes kitawalistes et mvunguistes d’Angola qui fourniront
ses premières recrues à Holden Roberto, leader de l’UPA ,lors du déclenchement de l’insurrection angolaise, en
1961.

Au Congo, une autre secte, fondée par Simon Kimbangu, ancien pasteur protestant, jouera également un
rôle déterminant dans la préparation des esprits à l’émancipation : « son message prophétique annonçait la
libération imminente des blancs, la transformation des conditions de vie, le retour des morts, l’Age d’or, etc. ».

Section [Link] contestation culturelle


Dans les pays soumis à la tutelle française, la lutte des intellectuels nationalistes sera principalement axée
sur la contestation de la politique d’assimilation .Au Maghreb, les mouvements intellectuels naitront tôt, dès le
début du siècle .A l’instar des jeunes turcs, dont Mustapha Kamal assurera la victoire en 1922, ils se nommerons
« jeunes marocains », « jeunes tunisiens »et « jeunes algériens ».

En Afrique noire anglophone, où l’administration indirecte laisse relativement libre cours aux
manifestations et à l’expression de la culture traditionnelle, de nombreux journaux sont, dès avant le second
conflit mondial, rédigés par les africains(le plus souvent en langue vernaculaires), et l’on y voit déjà apparaitre le
nom d’Azikiwe au Nigeria, de Jomo Kenyatta au Kenya et de N’Nkrumah en gold coast(Ghana).

En Afrique noire francophone, la situation est loin d’être aussi favorable. Les contraintes conjuguées de
l’administration directe et de la politique d’assimilation interdisent tout semblant de vie culturelle
autonome .Paradoxalement ,ce sera de paris que le premier cri de révolte nègre sera poussé dans la langue du
colonisateur, et par les étudiants martiniquais qui ont fondé ,en 1932 ,le journal « Légitime Défense » ,dont ne
paraitra qu’un seul numéro .Mais ce cri sera repris ,en 1934,par un autre journal , « l’Étudiant noir », dont les
trois voix convergentes sont précisément celles de jeunes étudiants noirs :Aimé Césaire(Martiniquais),Léopold
Cedar Senghor(sénégalais),et Léon Gontran Damas(guyanais). Durant l’entre-deux-guerres, les capitales des deux
grandes métropoles coloniales constitueront d’ailleurs des lieux de rencontre privilégiés pour les jeunes
intellectuels du tiers monde (vietnamiens, antillais et africains à paris ; indiens, chinois, West-indiens et africains
à Londres).

20
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

De retour en Martinique, au début du second conflit mondial, Aimé Césaire y fondera la revue Tropique
qui relaiera, en l’amplifiant, le message lancé par Légitime Défense et l’Étudiant noir. C’est à travers les thèmes 21
développés par ces trois publications, et les incessants débats qui en prolongeront le sens, que s’élaborera
progressivement la doctrine de la négritude, dont une revue comme présence africaine vulgarisera largement les
thèses, après la seconde guerre mondiale.

La négritude n’est pas un nouveau racisme, comme trop de racistes ont cherché à l’insinuer, mais
l’affirmation par le nègre (qui s’enorgueillit du nom dont on l’insulte) de sa différence enrichissante et de son
identité au monde, qui le met en égalité avec tous les hommes .Si l’aliénation coloniale a trop souvent acculé les
colonisé au refus de soi, sa désaliénation ne pourra pas ne pas passer nécessairement par l’acceptation de
soi ,ou ,mieux ,la proclamation de soi.

Section [Link] conférence de Bandoeng


Lorsque, le 18 avril 1955, Sukarno, au nom de l’Indonésie, puissance invitante, prononce le discours
d’ouverture de la conférence de Bandoeng, la majorité des pays colonisés d’Asie sont désormais émancipés ;
quelques pays d’Afrique les sont également, d’autres à la veille de l’être ; et le plus grand nombre de ceux qui
demeurent encore sous tutelle coloniale se trouvent déjà en lutte pour accéder à l’indépendance.

L’importance de cette conférence, qui rassemble vingt-neuf pays indépendants du tiers monde, tiens à sa
situation dans le temps .Son déroulement va, en effet, recouper deux processus contradictoires : le déclenchement
en chaine des indépendances ,et l’amorce d’une récupération économique du tiers monde par
l’impérialisme ;celle-ci se manifestant par la signature d’un certain nombre de traités ,tels que le « Traité de
Manille »,dit de l’OTASE (8 septembre 1954), et le « Pacte de Bagdad »ou CENTO(25 février 1955). Or, la
question qui demeurera au centre des débats de « Bandoeng »sera précisément celle de l’alternative à laquelle est
confronté le tiers monde : unité, dépendance de sa neutralité et de son indifférence à l’égard des querelles de
blocs (querelles du « monde blanc »,après tout ),ou division ,consécutive à la perte de sa neutralité et de sa
rechute sous l’influence de ses anciens ou nouveaux oppresseurs .Ce qui sera, hélas le cas.

Toutefois, le bilan de la conférence de Bandoeng aura été positif, celle-ci ayant représenté la première
rencontre afro-asiatique digne de ce nom .Sa « déclaration sur les problèmes des pays dépendants ,par laquelle les
participants s’engagerons à appuyer chaleureusement la lutte des peuples pour la liberté et leur
indépendance »,sera suivie d’effets ,puisqu’elle contribuera puissamment à relancer et à accélérer le mouvement
d’émancipation .La conférence énoncera ,en outre ,les « dix principes de coexistence pacifique » ,connus sous le
nom des « Dix Principes de Bandoeng »,d’où naitrons deux idées forces :le neutralisme et l’afro-asiatisme. Et dès
le mois de décembre 1955, six nouveaux pays afro-asiatiques iront renforcer à l’ONU le groupe « arabo-
asiatique ».

21
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

Enfin, le principe de rencontres régulières, au niveau des gouvernements afro-asiatiques, sera non
seulement adopté, mais immédiatement appliqué. Plusieurs conférences ,en effet ,vont progressivement mettre en 22
er
œuvre les vœux émis à Bandoeng :la conférence du Caire(du 26 décembre 1957 au 1 janvier 1958),la conférence
de Conakry(du 11 au 15 avril 1960) et la conférence de Moshi( du 4 au 11 février 1963)qui sera la première à
compter ,parmi ses participants ,des observateurs de cuba, du brésil ,de la Guyane « britannique »,de Porto-Rico
et du Mexique, contribuant ainsi à lui conférer une dimension tricontinentale.

22
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

23

CHAPITRE IV. LA DÉCOLONISATION ET LA CONSTRUCTION DE L’ÉTAT EN AFRIQUE


L’approche réaliste met au premier plan les états en tant qu’acteurs principaux des Relations
Internationales ; ce point de vue est une évidence, car lorsqu’éclate la vérité (la guerre), tous les acteurs
disparaissent, seuls l’état reste en scène.

Nous allons de ce fait nous intéresser aux états africains en nous posant des questions sur leurs naissances
et leurs fonctionnements. Lorsqu’on discute sur l’origine de l’état en Afrique, cela nous renvoi à sa formation .La
notion de la formation de l’état est distincte de celle de la construction de l’état .La formation de l’état est le
processus historique par et à travers lequel né ou apparait. Alors que la construction de l’état est un processus
volontaire consistant pour ceux qui sont au pouvoir à renforcer les institutions politiques de l’état de manière
à pénétrer tout le territoire et à mettre tout le territoire en mouvement en vue du renforcement de la puissance de
l’état.

En Afrique, la formation de l’état se justifie par la décolonisation alors qu’en Europe l’état a émergé ou
s’est formé à travers un long processus historique endogène, constitué des interactions diverses entre différentes
forces sociales. Pour les marxistes, c’est la bourgeoisie qui crée la structure étatique pour mieux contrôler le
prolétariat.

Section [Link] décolonisation


La décolonisation est le processus qui a conduit les pays colonisés à accéder à l’Independence et à la
souveraineté internationale. Entamée dans les années 1930 par les britanniques, la décolonisation est devenue une
politique inévitable après l’effondrement de la puissance et du prestige des métropoles durant la 2 eme guerre
mondiale. Ainsi, dans le processus de la décolonisation, ce sont dessellé deux mécanismes, qui sont :

- La décolonisation par voie pacifique ;


- La décolonisation par la violence.

Ces deux voies semblent avoir un impact sur le devenir des états africains. Ce qu’il importe de noter que
la plupart des territoires colonisé par la France ont accédé à l’Independence par arrangement pacifique. La
question que l’on se pose sur cette forme de décolonisation repose sur le fait qu’on pense que le nouvel état
africain né de la décolonisation par voie pacifique va être un état vide ou alors un état néocolonial (il va continuer
à dépendre de l’ancienne métropole).La décolonisation à ce niveau n’est-elle pas considéré » comme un piège ?

Selon CHARLES Tilly, « l’état fait la guerre, la guerre fait l’état ».Il est établi, selon la réflexion de cet
auteur que, la naissance de l’état justifie sa capacité à s’imposer comme une structure de domination.

23
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

Paragraphe [Link] pacifique


Elle s’est déroulée après une série d’étapes consensuelles entre les leaders des peuples colonisés et les 24
métropoles (compromis, négociations et tables rondes).Quelques puissances peuvent être citées dans le cas de la
décolonisation pacifique :

1.1. Cas de la grande Bretagne


La grande Bretagne a procédé de cette manière dans toutes ses anciennes colonies même si les
désengagements rapides donnèrent lieu à des affrontements religieux ou interethniques. À l’analyse, la métropole
favorisait de fois ces affrontements.

Âpres la 2eme guerre mondiale, la grande Bretagne se lance à la décolonisation, les pays d’Asie et du
bassin méditerranéen sont décolonisés. En Afrique, tout en soutenant la décolonisation, les britanniques entendent
favoriser un compromis par l’association des races.

Un compromis stratégique par lequel les colons blancs pourraient conserver une partie du pouvoir. Les
populations noires s’opposent à ces genres d’associations, Londres accepta alors la thèse du nationalisme africain
sans pluralité des races.

Les pays africains ayant bénéficié de la décolonisation pacifique dans le jurant britannique sont :

 Le soudan en 1956 ;
 Le Ghana en 1957 ;
 Le Nigeria en 1960 ;
 La sierra Leone en 1961 ;
 Le Tanganyika et l’ile de zanzibar, qui fédèreront plu tard et formeront le nouvel état sous le nom de la
Tanzanie, en 1961 ;
 L’Ouganda en 1962 ;

l’absence des violences à grandes échelles et la relative facilité de ses diverses entreprises de
décolonisation incitèrent nombre d’historiens à mettre en avant l’exemple de la grande Bretagne instaurant un
parallélisme avec les autres empires coloniaux tels que ceux de la France, des Pays-Bas et du Portugal(états qui
n’ont pas sus conduire le processus d’accession à l’Independence de leurs possessions d’outre-mer sans supporter
des guerres longues et couteuses) .Ainsi, cette opposition ne couvre que partiellement la réalité.

1.2. Cas de la France


La France que l’on situe momentanément dans le model de la décolonisation violente, cas de l’Algérie,
présente néanmoins quelques cas de la décolonisation pacifique. Ici, l’on peut citer l’exemple tels que :

24
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

 En Afrique noire francophone (Côte-d’Ivoire, Sénégal, mali, Burkina-Faso, Congo Brazza, république
centrafricaine, Gabon) 25

Dans le jurant francophone, grâce aux différents états formant l’union française(1946) et à la loi cadre
Defferre des colonies qui établit un régime d’autonomie interne, la transition réformatrice était privilégiée et avait
abouti à une émancipation progressive et pacifique. L’absence d’intérêts économiques majeurs et la présence
d’une forte minorité d’européens dans ces colonies favorise la mise en place de cette solution. La non-guerre a
découlé également de l’attitude des grands meneurs indépendantistes qui favorisèrent la négociation à la place de
l’affrontement.

Cette « loi-cadre » du 23 juin 1956, c’est celle élaborée par le nouveau ministre de la France d’outre-mer,
Gaston Defferre, avec la collaboration des grands meneurs indépendantistes africains acquis aux idées et à la
culture francophile qui mènent cette stratégie souple, ne s’engageant jamais dans l’affrontement direct avec la
métropole, mais au contraire, cherchèrent des appuis.

De ces grands meneurs, citons Felix HOUPHOUËT BOIGNY député de la cote d’ivoire à l’assemblée
nationale française (1946-1953) et plusieurs fois ministre sous la 4 eme république, fondateur du rassemblement
démocratique africain(RDA) et Léopold CEDAR SENGHOR partisan d’un métissage entre la culture française et
le racisme africain.

La loi « cadre Defferre »mise en place, va d’abord satisfaire les plus modérés, en raison
d’infimes « améliorations » (décentralisation administrative, généralisation du suffrage universel, début
d’africanisation des cadres, etc.), mais recueillera l’hostilité des moins « inféodés »et notamment de Senghor qui
lui, la reprochera, avec raison, de favoriser par son antifédéralisme, la balkanisation de l’Afrique.

La même situation se présente au Maroc et en Tunisie où la France joue la fermeté dans un premier
temps ; l’arrestation d’HABIB-BOURGUIBA (premier président tunisien) et des meneurs nationalistes tunisiens,
la déposition et la déportation du sultan MOHAMED V sont la réponse initiale de la métropole(France) face à un
mouvement indépendantiste qui ne cesse de se développer. Cependant, PIERRE MENDES FRANCE et son
successeur EDGARD FAURE prennent vite conscience du fait que la France n’a pas le moyen de mener des
fronts des nouvelles guerres coloniales, alors que la colonie algérienne réclamait des moyens.

Le Togo et le Cameroun, en raison de leur statut particulier de « territoires sous tutelle », ne seront pas
« intégrés »à la république, et accèderont à l’autonomie interne, respectivement, le 1 er septembre 1956 et le 10 mai
[Link] traitement privilégié nourrira les récriminations et les revendications plus pressantes des chefs politiques
des pays intégrés.

25
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

Mais, le 13 mai 1958, le putsch d’Alger va provoquer la venue au pouvoir de Charles de gaulle. Celui-ci ,
soucieux de conjurer la menace d’une révolte généralisée de l’Afrique noire, qui risquerait d’entraver la poursuite 26
de la guerre en Algérie ,va concevoir une nouvelle formule d’association des pays africains à la métropole au sein
d’une communauté rénovée ,puis ,avec sa brusquerie coutumière ,appellera la France et l’ensemble de l’Afrique
francophone ,ainsi que Madagascar, à approuver son idée par le truchement d’un referendum, sans tenir compte
des aspirations légitimes à l’indépendance de la majorité des intéressés. La nouvelle constitution ,dite de
1958,sera accepté ,le 28 septembre de cette année, par une majorité de « oui » .Seule la Guinée ,sous l’impulsion
de Sékou Touré ,votera non à 95 % et proclamera son indépendance le 2 octobre 1958 .Les français , « mauvais
joueurs »,saboteront ses installations avant de s’en retirer précipitamment ,tandis que Charles de gaulle ,s’offrant
un « caprice »,refusera de reconnaitre le nouvel état .Quant aux quatre territoires de l’AEF ,aux sept de l’AOF et à
Madagascar ,qui aurons sagement voté en faveur de la nouvelle constitution ,sauvegardant ainsi le bénéfice de
l’aide matérielle de la France (uniquement promise aux plus compréhensifs),ils deviendrons des états membres de
la communauté.

Même si la communauté française, créée par CHARLES DE GAULES en 1958 instaurait une politique
d’autonomie interne complète, mais la politique extérieure restait du domaine de la France, cela a permis à la
France de conserver des bonnes relations avec les pays de l’Afrique équatoriale française(AEF) et de l’Afrique
occidentale française(AOF) ; ces pays demeurèrent dans la zone d’influence française.

1.3. Cas de l’Espagne


Bien que tardive, la décolonisation espagnole se déroule de façon pacifique, entre 1968 et 1976.

 La rétrocession de l’enclave d’IFNI au Maroc et le partage avec la Mauritanie du Sahara occidental en


1976.
 Les anciens territoires de RIO-MUNI et de FERNANDO PO deviennent indépendants en 1968 sous le
nom de la Guinée équatoriale.

De son empire, jadis si vaste, l’Espagne ne conserve alors plus que MELILLA et SEITA, ainsi que les
iles canaries.

Paragraphe [Link] décolonisation violente


C’est celle qui a été émaillée d’une série de répression sanglante.

2.1. Cas de la grande Bretagne


La grande Bretagne, même si elle est considérée comme ayant procéder à la décolonisation par la voix
pacifique, a été confronté à des émettes et des soulèvements, elle y réagi par la répression.

 Le Kenya avec l’insurrection de MAOU-MAOU ;


26
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

 En Rhodésie du sud (Zimbabwe), londrès a des difficultés à organiser un processus politique pacifique.
La minorité blanche, sous la direction de YAN SMITH décrète initialement l’Independence en 1965 en 27
instaurant un régime raciste de l’apartheid se ressemblant à celui de l’Afrique du sud.

2.2. Cas de la France


 Madagascar connait le soulèvement nationaliste en 1947 suivi d’une répression très violente de la France ;
cette colonie accède à l’Independence après 1960.
 L’Algérie est le cas d’espèce de la décolonisation violente ; la France s’engage dans l’une des plus
longues guerres de la décolonisation contre le front de libération nationale(FLN), cette guerre a
commencée en 1954 et a pris fin en 1962. la France accorde alors l’indépendance à l’Algérie en 1962,
mettant fin à 130 années de présence française.

2.3. Cas du Portugal


Le Portugal procède aussi à cette décolonisation sous le mode de la violence ; des conflits longs et
difficiles se déroulent. Une part très importante du budget du Portugal est ainsi engloutie dans ce conflit.

Le régime de SALAZAR, incapable de vaincre le mouvement nationaliste africain, est remplacé par la
révolution démocratique en 1974 ; cela ouvre la voie à l’Independence des possessions d’outre-mer qui
deviennent effectives en1975.

 Le Mozambique ;
 L’Angola ;
 La Guinée Bissau.

2.4. Cas de la Belgique


Nous référant à la république démocratique du Congo, pays ayant connue une histoire particulière ;
d’abord un bien privé du roi de Belgique (Léopold II), ensuite colonie belge. Sa décolonisation a été signalée par
plusieurs séries de massacres, amputation des bras, répressions sanglantes et arrestations à l’endroit du peuple
colonisé. C’est ainsi, la Belgique, sous pression de la communauté internationale et du peuple colonisé, fut obligé
de convoquer une table ronde qui réunira la métropole et quelques leaders de la colonie en vue d’aboutir à la
décolonisation .

En fin de compte, la décolonisation a marqué une étape majeure dans l’histoire des pays d’Afrique .Elle a
laissé des lourdes séquelles dans la mémoire de peuple colonisé, elle a projetée sur la scène internationale des
sociétés qui éprouvent des difficultés à gérer l’état.

La décolonisation est une œuvre de l’histoire ; la colonisation contenait en elle-même les germes de sa
propre destruction. Dans ce processus, il convient de citer la forte pression exercée par les grandes puissances
27
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

(USA et URSS) à l’égard de la France et la grande Bretagne. Les américains et les soviétiques voyaient dans la
décolonisation le moyen d’affaiblir les états européens, mais également le moyen de consolider leur nouvel ordre 28
mondial.

En favorisant le mouvement indépendantiste, les deux superpuissances entendent bien prendre la place
des anciennes puissances coloniales tout en se gardant de mener la même politique dans leurs zones d’influences
respectives. L’anti impérialisme n’empêche pas l’ex-URSS de maintenir sa domination sur l’ex empire Tsariste et
sur les pays satellites de l’Europe centrale et orientale.

Les USA pour leur part, maintiennent une politique quasi coloniale à l’égard des états d’Amérique latine
qu’ils considèrent d’ailleurs comme leurs chasses gardées.

En France, l’anticolonialisme est porté par une théorie soutenue par un journaliste, co-directeur du journal
PARIS-MATCH, RAYMOND CARTIER, d’où, le nom de cartiérisme. Cette théorie a dénoncé la lourdeur de la
charge coloniale sur le plan économique, contraignant ainsi la métropole à réduire ses propres investissements
chez elle.

Voici donc l’évolution des indépendances en Afrique subsaharienne :

Tableau n° 1 : Évolution des indépendances en Afrique


N° PAYS CAPITALE DATE D’INDÉPENDANCE
01 Afrique du sud Pretoria 30/06/1910
02 Algérie Alger 30/07/1962
03 Angola Luanda 11/11/1975
04 Benin Porto-Novo 01/08/1960
05 Botswana Gaborone 30/06/1966
06 Burkina Faso Ouagadougou 05/08/1960
07 Burundi Bujumbura 01/07/1962
08 Cameroun Yaoundé 01/01/1960
09 Cap vert Praia 05/07/1975
10 Comores Moroni 06/07/1975
11 Congo Brazza Brazzaville 15/08/1960
12 Cote d’ivoire Abidjan 07/07/1960
13 Djibouti Djibouti 27/06/1976
14 Égypte Caire 28/02/1922
15 Érythrée Asmara 24 /05/1993
16 Éthiopie Addis-abeba 05/05/1941
17 Gabon Libreville 17/08/1960
18 Gambie Banjul 18/02/1965
19 Ghana Accra 06/03/1957
20 Guinée Conakry Conakry 02/10/1960
21 Guinée Bissau Bissau 10/09/1974
22 Guinée équatoriale Malabo 12/10/1968
23 Kenya Nairobi 12/12/1963
24 Lesotho Maseru 04/10/1966
25 Liberia Monrovia 26/07/1847
28
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

26 Libye Tripoli 24/12/1951


27 Madagascar Antananarivo 20/06/1960 29
28 Malawi Lilongwe 06/07/1964
29 Mali Bamako 22/09/1960
30 Maroc Rabat 07/04/1956
31 Maurice Port-Louis 12/03/1968
32 Mauritanie Nouakchott 23/11/1960
33 Mozambique Maputo 25/07/1975
34 Namibie Windhoek 21/03/1990
35 Niger Niamey 03/10/1960
36 Nigeria Lagos 01/10/1960
37 Ouganda Kampala 09/10/1962
38 République Centrafrique Bangui 01/01/1960
39 République démocratique du Congo Kinshasa 30/06/1960
40 Rwanda Kigali 01/07/1962
41 Sao Tomé et Principes Sao Tomé 12/07/1975
42 Sénégal Dakar 20/06/1960
43 Seychelles Victoria 29/06/1976
44 Sierra-Leone Freetown 27/04/1960
45 Somalie Mogadiscio 01/06/1960
46 Soudan Khartoum 01/01/1956
47 Soudan du sud Djouba 09/07/2011
48 Swaziland Mbabane 06/09/1968
49 Tanzanie Dar es Salam 09/12/1961
50 Tchad Ndjamena 11/08/1960
51 Togo Lomé 27/07/1960
52 Tunisie Tunis 20/03/1956
53 Zambie Lusaka 24/10/1964
54 Zimbabwe Harare 18/04/1980
Source : KADONY KPALAINGU NGUWAY, Organisations Internationales, Éditions d’Essai, Lubumbashi, 2018.

Paragraphe [Link] de colonies vécues en Afrique

3.1. Les colonies d’exploitation


Ce sont les territoires qui n’ont servis qu’à l’exploitation en vue de construire les métropoles ; le
colonisateur n’éprouvait aucun envie d’y habiter. L’absence d’intérêts majeurs dans ces colonies en était une autre
raison.

3.2. Les colonies de peuplement


Ces types de colonies constituaient, pour les colonisateurs, une seconde patrie d’habitation. Le climat
dans ces colonies, s’apparenterait à celui des métropoles .L’Algérie était de ce fait, une colonie de peuplement
pour la France ; ceci a expliqué la raison du refus par la France d’accorder l’indépendance à l’Algérie.

Section [Link] construction de l’état en Afrique


Depuis les indépendances, les africains se sont pris de la manière ci-après pour construire l’état :

29
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

Paragraphe [Link] démocratie métropolitaine


À partir de 1960, les états africains décolonisés adoptent tous le régime démocratique inspirés largement 30
de leurs anciennes métropoles ; en fait, c’est le régime politique multipartiste.

Cette période n’a pas beaucoup trainée, Quelques temps après, les régimes militaires mettrons fin au
multipartisme, la plupart d’états étaient secoués par les coups d’états, sinon par les crises politiques. Les coups
d’états ont imprimés une orientation particulière à la construction de l’état en Afrique.

Paragraphie [Link] dictature


À partir de 1965 jusqu’à 1990, la plupart des régimes négro-africains ont le monopartisme, où il n’y a pas
des séparations des pouvoirs, mais tous les pouvoirs sont concentrés dans un homme.

Paragraphe [Link] démocratisation


Avec la fin de la guerre froide en 1990 ; les pays de l’ex-Europe de l’est sortent de la tutelle soviétique,
ils adoptent le régime démocratique, qui devient un nouveau vent, une nouvelle mode.

L’Afrique noire est secouée, les rues africaines vibrent en exigeant la libéralisation des institutions
politiques. Âpres plusieurs hésitations, les dirigeants africains au pouvoir cèdent et engagent leurs pays sur la voie
de la libéralisation .La formule de la conférence nationale souveraine s’impose partout.

La question de la refondation de l’état est posée. Hélas, partout en Afrique noire, il n’y a pas des réponses
satisfaisantes qu’on lui donne. On a tenté de fonder un état et après plusieurs décennies, le constat est le suivant :

 On a jamais fondé l’état ;


 Malheureusement, cet état du type moderne théoriquement fondé, est une greffe occidentale sur le corps
africain ;
 Cette greffe occidentale, malheureusement ne semble pas avoir réussi jusqu’à ce jour ;
 La démocratie recherchée n’existe pas ;
 L’absence de la démocratie est le grand marqueur à l’horizon des états africains.

À Joseph KIZERBO d’ajouter, « la démocratie ce ne sont pas seulement l’organisation des élections,
mais une certaine manière de vivre chacun pour tous et tous pour chacun ». Par ailleurs, la faiblesse des états
africains se décèlent à l’échec dans sa relation politique à l’étranger.

CHAPITRE V. LA STRUCTURATION DU SYSTÈME DIPLOMATIQUE AFRICAINE


La structuration du système diplomatique africaine s’entend comme les différents efforts et les différentes
initiatives diplomatiques engagés par les états africains de manière à entretenir un certain ordre. Cet ordre est très
30
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

nécessaire, parce qu’à peine nés en ayant accéder à la souveraineté internationale, ils se trouvaient projeter sur la
scène internationale où il y avait plusieurs menaces et défis à relever (guerre froide, néocolonialisme, sous- 31
développement, etc.).Ce contexte les conduira à se prémunir, en s’organisant.

On peut alors dégager deux logiques et trois phases dans l’émergence du système diplomatique africain.

Section [Link] logique de la division

Paragraphe 1. Première phase : De 1957 à 1963


Pendant cette période, l’Afrique a présenté l’image d’un pluralisme diplomatique qui se manifeste par
l’existence de deux blocs ou de deux groupes africains bien opposés, et qui s’affrontent sur la scène internationale
(groupe de Brazzaville et groupe de Casablanca).

1.1. Le groupe de Brazzaville


Le groupe de Brazzaville est constitué des états modérés ou pro-occidentaux, la plupart, sinon tous sont
des anciennes colonies françaises .Ces états avaient tenus leur première conférence à Brazzaville sous l’initiative
du président congolais FULBERT YOULOU en décembre 1960.

À cette conférence, les états décidèrent de renforcer la coopération interafricaine fondée sur le bon
voisinage en mettant en place une organisation dénommée l’union africaine et malgache qui entend renforcer la
coopération en vue d’une politique étrangère commune, et s’entendent aussi d’harmoniser leur politique au sein
de l’ONU, la culture africaine et la communauté d’intérêt .Ils s’engagent au maintien de la paix en Afrique. Un
secrétariat a été créé et établit à COTONOU.

Trois organismes subsidiaires ont été mis en place à cet effet :

o L’organisation africaine et malgache de la coopération économique ; avec le siège à YAOUNDÉ.


o L’union africaine et malgache de poste et de télécommunication ; avec le siège à BRAZZAVILLE.
o L’union africaine et malgache de défense ; avec le siège à OUAGADOUGOU.

Pour le groupe de Brazzaville, fidèle à la thèse maximaliste, intégrationniste ou fédéraliste, l’organisation


africaine à créer doit intégrer tous les états souverains.

Face à la crise franco-Algérienne et celle belgo-Congolaise, la position de ce groupe consistait


simplement à appeler au dialogue entre parties tout en ne condamnant pas les puissances étrangères.

1.2. Le groupe de Casablanca


Le groupe de Casablanca par contre, est constitué des états appelés progressistes, révolutionnaires ou
radicaux ; ces états sont procommunistes. En janvier 1961, sur l’initiative du roi marocain, est organisée une

31
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

conférence regroupa les états qui avaient boudé la conférence de Brazzaville ; il s’agit de : Ghana, guinée
Conakry, Libye, république arabe unie, mali. 32

Dans cette rencontre, ils adhérèrent tous à la thèse minimaliste, appelée aussi gradualiste ou
associationniste. Thèse selon laquelle l’unité africaine doit être réalisée de manière graduelle. C’est-à-dire qu’il
n’était pas question de la fusion totale et immédiate de tous les états africains. Quant à eux, l’organisation à créer
doit être souple pour assurer la coordination et l’harmonisation des politiques des états membres.

Ces états prennent ensuite un certain nombre des déclarations sur les crises franco-algérienne et belgo-
congolaise. Dans le premier cas, Ils condamnèrent la France pour les atrocités commises en Algérie ; quant à la
crise belgo-congolaise, ils soutiennent la position du premier ministre déchu PATRICE EMERY LUMUMBA.

En termes de recommandations, la conférence de Casablanca a mis en place une assemblée consultative


africaine qui devait étudier les propositions concrètes pour créer une organisation qui regrouperait tous les états
africains afin de réaliser l’unité africaine. Quatre commissions seront alors créées à cet effet (La commission
politique, la commission économique, la commission culturelle et le haut-commandement africain), dont le
secrétariat sera établi à BAMAKO au mali.

1.3. Les initiatives tendant à mettre les deux groupes ensembles


L’existence de deux groupes ayant entretenu un climat d’animosité, de division diplomatique entre les
africains sur la scène internationale, certains chefs d’états prennent l’initiative de consulter l’un et l’autre de
manière à trouver un terrain d’entente et en vue d’organiser une conférence diplomatique réellement panafricaine.

Ainsi, sur l’initiative conjointe du président ivoirien Felix HOUPHOUËT-BOIGNY, du président libérien
TUP MAN et du président sénégalais Léopold CEDAR SENGHOR ; les invitations ont été lancées pour
l’organisation d’une conférence panafricaine.

Au début, il eut d’espoir, car la Guinée Conakry et le Mali de MODIBO KEITA montrèrent l’intérêt. Le
premier ministre nigérian ABOUBACAR BALEWA se joint à l’idée d’une telle conférence ; par la suite, d’autres
états africains sponsorisent la tenue de cette conférence (cote d’ivoire, Cameroun, guinée et Togo).

Le Maroc conditionne sa participation à la non-invitation de la Mauritanie. Par ailleurs, les états du


groupe de Brazzaville ne veuillent pas y inscrire la question algérienne et congolaise; d’où, la conférence ne
regroupera que les états modérés.

Une deuxième tentative pour réunir tous les états africains fut celle de la conférence de LAGOS organisée
entre le 25 et le 27 janvier 1962 .Cette conférence n’a pas su réunir tous les états africains, car les états du groupe
de Casablanca refusèrent d’y prendre part.

32
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

Ainsi, il a fallu attendre la troisième grande conférence organisée à Addis-Abeba (la capitale historique
d’Afrique), du 23 au 25 mai 1963 sous les hospices de l’empereur éthiopien HAILÉ SÉLASSIÉ pour voir la 33
naissance d’une organisation réellement panafricaine (l’OUA).

Section [Link] logique du recentrement

Paragraphe [Link]ème phase : De 1963 à 2001


Cette phase commence lorsque les états africains s’entendent en créant l’OUA. Ainsi, l’OUA s’est
inspirée de l’idéologie appelée le « panafricanisme », qui est une idéologie d’inspiration diasporique qui entend
faire reconnaitre la valeur de l’homme noir en luttant contre le colonialisme ou l’esclavage.

Le panafricanisme s’est manifesté parmi les intellectuels noirs aux Antilles et sur le continent américain
(Henry Silvestre Williams de Trinidad, William du Bois, Marquis Garvey d’Amérique et Georges Pad more).

Ces derniers ont organisé des grands congrès panafricains pour faire entendre la voix du peuple noir
(congrès de paris de 1919, congrès de paris de 1921, congrès de londrès de 1923, congrès de new York de 1927 et
congrès de Manchester de 1945).

À Manchester, lors du cinquième congrès de 1945, Kwamé N’Nkrumah, le futur chef d’état ghanéen sera
émerveillé par sa pertinence et récupèrera le flambeau du panafricanisme. À cette même occasion, il va publier
plusieurs ouvrages, notamment : « l’Afrique doit s’unir »en 1963 ; « l’impérialisme »en 1965 et « le défis du
Congo » en 1967.

Le panafricanisme avait ainsi deux dimensions ; la dimension culturelle et la dimension politique.

 Dans sa dimension culturelle

Le panafricanisme voudrais élever la conscience du noir partout où il est pour qu’il soit reconnu comme
un être humain (la négritude fait partie de la dimension culturelle du panafricanisme).

 Dans sa dimension politique

Le panafricanisme conduit à :

- Militer pour mettre fin à la colonisation des peuples africains par les états européens.
- Demander à tous les états dirigés par les noirs de s’unir. Cet aspect c’est ce qu’on appelle la
mystique communautaire.

Quant à son évolution, l’OUA est passée par deux grandes phases d’actions ; la phase politique et la phase
économique.
33
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

 La phase politique (1963-1980)


34
Au cours de cette phase, l’OUA se caractérise par un travail incessant d’une part, de la lutte anticoloniale
menée acharnement, et d’autre part de la production des normes qui participent à l’émergence d’un droit
international africain. Les chartes et les conventions ont ainsi été adoptées par l’OUA. C’est le cas des :

- La convention africaine sur les réfugiés en 1969


- La charte culturelle africaine en 1976
- La charte africaine de droit de l’Homme et de peuples en 1981(à Nairobi)
- La déclaration sur la non-nucléarisation de l’Afrique en 1964
 La phase économique (1980-2001)

L’Afrique a eu l’Independence politique, mais l’Afrique rencontre encore des problèmes économiques
énormes .Sur le plan économique, l’OUA a organisée son premier sommet économique extraordinaire à LAGOS
et a adopté ce qu’on appelle « le Plan d’Action de Lagos »(PAL) qui peut être considéré comme la stratégie de
développement économique de l’Afrique.

Le PAL a tourné autour de deux axes :

1) La nécessité de réaliser l’intégration en Afrique


À cet égard, l’Afrique est subdivisée en 5 sous régions ; chaque sous-région devant se doter d’une
organisation d’intégration.

Les cinq(5) sous-régions sont :

a) L’Afrique du Nord (7 pays) : Algérie, Égypte, Libye, Maroc, soudan, soudan du sud et Tunisie ;
b) L’Afrique de l’ouest (16 pays) : Benin, Burkina Faso, Cap-Vert, cote d’ivoire, Gambie, Ghana, guinée,
guinée Bissau, Liberia, mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, sierra Leone et Togo ;
c) L’Afrique centrale (10 pays) : Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, République
Centrafricaine, république démocratique du Congo, Sao-tomé et principe, Tchad et Rwanda ;
d) L’Afrique de l’est (15 pays) : Comores, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Madagascar, Malawi,
Maurice, Mozambique Ouganda, Seychelles, somalie, Tanzanie et Zimbabwe ;
e) L’Afrique du sud ou australe (6 pays) : Afrique du sud, Angola, Botswana, Lesotho, Namibie et
Swaziland.

2) La recherche de l’auto- suffisance individuelle et collective


À cet effet, le continent ne doit continuellement avoir la main tendue à l’extérieur, mais doit s’auto-
suffire.
34
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

En outre, le PAL a fait long feu, c’est-à-dire, il n’a pas permis à l’Afrique d’atteindre ses objectifs parce
que: 35

a) la crise économique a continuée à frapper durement les états africains.


b) l’Afrique a subi un revers stratégique important avec la fin de de la guerre froide(les états africains
deviennent comme des orphelins, mais entretemps, ils subissent une contrainte systématique très
importante qui consiste en ce qu’ils doivent se prendre en charge sur le plan sécuritaire).

C’est dans ce contexte que l’OUA va connaitre la mutation en se transformant en UA (Union Africaine).

Paragraphe [Link]ème Phase: De 2001 à nos jours (C’est la phase de l’Union africaine)

L’échec du Plan d’Action de Lagos(PAL) fut à la base de la mise en place du Nouveau Partenarial pour le
développement économique de l’Afrique(NEPAD), qui était né de la fusion de trois plans élaborés entre 2000 et
2001 :

2.1. Le plan du millenium


Appelé aussi programme pour la relance de l’Afrique. Ce plan a été conçu par l’ancien président sud-
africain TABO MBEKI en collaboration avec l’ancien président du Nigeria OLUSEGUN OBASANDJO .Son
objectif était de constituer un front commun africain face aux pays du nord, de manière à lutter pour obtenir
l’augmentation de l’aide et des investissements étrangers.

2.2. Le plan OMEGA


Il provient de l’initiative de l’ancien président sénégalais ABDOULAYE WADE .Ce plan insiste sur
l’intégration régionale qui doit s’appuyer sur le développement des infrastructures régionales et sur l’éducation.

2.3. Nouvelle initiative économique africaine


Ce document a été élaboré par le secrétaire exécutif de la commission économique des Nations-Unies
pour l’Afrique au cours de la session de la conférence des chefs d’états et des gouvernements africains réuni en
juillet 2001 à LUSAKA ; il a été décidé d’intégrer toutes les différentes initiatives économiques à un nouveau
document appelé « nouvelle initiative économique africaine ».

Toutefois, c’est au cours de la session extraordinaire d’octobre 2001 tenue à ABUJA(Nigeria) que la
dénomination NEPAD a été adoptée.

Le programme du développement du NEPAD repose sur la philosophie de la renaissance africaine avec


une insistance particulière sur les points suivants :

1) La lutte contre la pauvreté ;


35
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

2) L’intégration de l’Afrique dans la mondialisation ;


3) La fin des économies de rente ; 36
4) La fin de la dépendance à l’égard de l’aide internationale ;
5) La création d’un état de droit ;
6) La promotion du secteur privé.

Ainsi, pour y arriver, le NEPAD va procéder à une division des taches entre les pays initiateurs, de sorte à
renforcer la coordination dans les différentes priorités du continent.

a) Pour l’Algérie
- Les questions liées au développement humain (l’éducation et la santé) ;

b) Pour l’Afrique du sud


- la bonne gouvernance ;
- la résolution des conflits ;
- la sécurité et la démocratie ;
- l’accès aux marchés internationaux ;
- la diversification dans l’exploitation.

c) Pour l’Égypte
- l’accès aux marchés internationaux ;
- la diversification dans l’exploitation des produits et l’agriculture.

d) Pour le Nigeria
- la bonne gouvernance économique et les mouvements des capitaux.

e) Pour le Sénégal
- les infrastructures ;
- l’énergie ;
- les nouvelles technologies de l’information et de télécommunication.

Le NEPAD constitue ainsi un cadre de référence pour l’union africaine et le partenariat international ; il
se situe dans un horizon de long terme, il privilégie l’appropriation par les africains des processus de
développement et vise à un nouveau partenariat fondé sur la responsabilité partagée et l’intérêt mutuel.

36
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

Un nouvel organe appelé « le mécanisme africain d’évaluation par les pairs » est la pierre angulaire du
NEPAD ; c’est son gage de crédibilité .Il est constitué des pays africains eux-mêmes qui doivent identifier, 37
évaluer et financer le projet d’investissement commun.

Le NEPAD demeure toutefois un processus pensé d’en haut et qu’il ne peut être jugé que dans la longue
durée. Le programme est très ambitieux au regard des tendances passées. De ce fait, il manque des crédibilités et
des légitimités vis-à-vis des différents états africains et des agents de la société civile.

Le NEPAD pèche par excès de confiance. Par exemple, les besoins financiers annuels pour assurer ses
objectifs sont estimés à 60000000000$, soit plus de deux fois le montant annuel de l’aide publique au
développement et des investissements directs dont bénéficie l’Afrique.

Le NEPAD retient les organisations officielles alors que l’on sait qu’elle a des nombreuses limites et que
les processus d’intégration régionale se font d’avantage autour des pays frontaliers et des dynamiques informelles
transfrontalières.

Les états africains éprouvent des difficultés pour avoir des économies fortes. Ces économies sont frappées
par :

Une dépendance quasi-exclusive des exportations en produits primaires.


Une absence ou une faiblesse d’une base industrielle
Un faible taux d’épargne et d’investissement avec une défaillance des systèmes financiers.
Une couverture limitée des besoins essentiels alimentaires et sociaux.

CHAPITRE VI. LES DIFFERENTS MODES DE REGLEMENT DES DIFFERENDS EN AFRIQUE

Parmi les modes de règlement à la disposition des États, il convient de distinguer les modes
juridictionnels des modes non-juridictionnels. Le critère de distinction réside dans la présence ou l’absence du
37
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

droit en tant que base de règlement du différend. Dans les modes politico-diplomatiques, les États se trouvent
affranchis de toute obligation de régler le différend sur la base du droit international, alors que les modes de 38
règlement juridictionnel trouvent dans ce dernier leur raison d’être : rendre, administrer la justice en disant
(appliquant) le droit (iuris-dicere). D’aucuns affirment cependant que la distinction se fonde sur le caractère
juridiquement contraignant ou non du document final adopté par l’organe censé résoudre le litige international, les
modes non-juridictionnels aboutissant, en principe, à un résultat juridiquement non obligatoire pour les Parties au
litige, alors que les modes juridictionnels débouchent sur une décision (arrêt, sentence) obligatoire. Or, si cela est
vrai pour les modes juridictionnels, il n’en est pas moins vrai que, parfois (mais pas si rarement), certains
processus non-juridictionnels aboutissent à des décisions juridiquement contraignantes.

Parmi les modes non-juridictionnels, on peut recenser : a) la négociation ; b) les bons offices ; c) la
médiation ; d) l’enquête ; e) la conciliation ; f) le « contrôle international » ; et g) le « recours aux O.I.
compétentes en la matière ». Une distinction bipartite caractérise la famille des modes juridictionnels de
règlement des différends, à savoir a) le règlement arbitral ; et b) le règlement judiciaire.

1) Les modes non-juridictionnels

a) La négociation

Il s’agit du mode de solution normal des différends internationaux, consistant en des pourparlers afin
de parvenir à une entente directe entre les parties au litige ou en vue de déterminer la procédure que les parties
suivront d’un commun accord pour résoudre le litige qui les oppose. « La négociation, c’est le débat, la discussion
entre des représentants d’intérêts contraires, discussion dans laquelle chacun présente ses raisons et conteste celles
de l’autre.

Le Droit international n’établit pas de formules protocolaires pour les négociations ; mais pour en
reconnaître l’existence, il exige naturellement qu’elles aient eu lieu sous une forme quelconque ».

b) Les bons offices


On désigne par l’expression de ‘bons offices’ l’action amicale d’une tierce puissance qui,
spontanément ou à la demande des États en litige, cherche à rapprocher ceux-ci et les amener à entreprendre des
négociations ou à recourir à toute autre méthode de règlement pacifique pour mettre fin au différend qui les
oppose.
La différence majeure par rapport à la négociation réside dans l’apparition d’un tiers dans le
processus de règlement du différend (différence de nature), alors que par rapport au prochain mode étudié, la
médiation, la différence est de degré : « Entre [les bons offices] et la médiation, il n’existe qu’une différence de
degré et non de nature : les bons offices se caractérisent par une action plus discrète, l’État tiers se bornant à

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Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

susciter des négociations sans y participer, alors que l’État médiateur prend une part plus active à la négociation et
suggère au besoin des solutions de sa propre initiative ». 39
c) La médiation
Par le terme de ‘médiation’, on désigne l’action d’un État (ou de plusieurs États tiers), d’un organe
international ou exceptionnellement d’une personne privée qui, à la demande ou avec l’assentiment des États en
cause, cherchent par voie de persuasion à les rapprocher et prépare de lui-même un arrangement amiable.
Les bons offices peuvent être spontanés et offerts sans l’accord préalable des Parties alors que la
médiation implique leur assentiment.
d) L’enquête
Dans les litiges d’ordre international n’engageant ni l’honneur, ni des intérêts essentiels et provenant
d’une divergence d’appréciation sur des points de fait, les Puissances contractantes jugent utile et désirable que
les Parties qui n’auraient pu se mettre d’accord par les voies diplomatiques instituent, en tant que les
circonstances le permettront, une Commission internationale d’enquête chargée de faciliter la solution de ces
litiges en éclaircissant, par un examen impartial et consciencieux, les questions de fait.
A l’instar de la médiation, cette modalité de règlement des différends nécessite l’accord des Parties
au différend.
e) La conciliation
Méthode de règlement des différends internationaux consistant à les faire examiner par un organe
constitué à cet effet ou accepté par les parties et chargé de faire à celles-ci des propositions en vue d’un
arrangement. Dans ce sens : procédure de conciliation, organe de conciliation, commission de conciliation.
La différence notable de ce mode de règlement des différends notamment par rapport à la médiation,
réside dans le fait qu’il s’agit, dans ce cas de figure, d’un organe préétabli par un traité entre les parties au litige.
f) Le contrôle international
Opération par laquelle les organisations internationales surveillent l’exécution, par les États, des
normes internationales contenues dans leur instrument constitutif ou élaborées en leur sein et que ces derniers se
sont engagés à appliquer. Ce contrôle peut prendre des formes différentes d’une organisation à l’autre et parfois
même d’une convention à l’autre au sein d’une même organisation. Le plus souvent ce contrôle s’effectue sur la
base de plaintes (d’un État membre ou d’un particulier alléguant une violation), ou par l’envoi systématique et à
intervalles réguliers de rapports des gouvernements intéressés.
g) Le recours aux O.I. compétentes en la matière
2) Les modes juridictionnels de règlement des différends
a) Le règlement arbitral :
Mode de règlement des différends internationaux sur la base du respect du droit par des juges choisis par les
parties et investis par elles de rendre une décision juridiquement obligatoire .
b) Le règlement judiciaire.

39
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

40

Table des matières


BIBLIOGRAPHIE...................................................................................................................................................1
INTRODUCTION....................................................................................................................................................2
CHAPITRE I. GÉNÉRALITÉS SUR LES RELATIONS INTERNATIONALES AFRICAINES..........................3
40
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

Section [Link], caractéristiques et objectifs des Relations Internationales Africaines.................................3


Paragraphe [Link]........................................................................................................................................3 41

Paragraphe [Link] caractéristiques des relations internationales africaines............................................................3


1. La prédominance du sous-développement....................................................................................................3
2. Le domaine capitaliste périphérique.............................................................................................................4
3. L’antimie chronique.....................................................................................................................................4
Paragraphe [Link] objectifs des RIA.......................................................................................................................4
Section [Link] notion des Relations Internationales................................................................................................4
Paragraphe [Link] paradigme idéaliste....................................................................................................................4
Paragraphe [Link] paradigme réaliste......................................................................................................................5
Paragraphe [Link] paradigme de l’interdépendance................................................................................................5
Paragraphe [Link] paradigme constructiviste..........................................................................................................6
Section [Link] de l’anarchie............................................................................................................................7
Paragraphe 1.L’anarchie hobbesienne..................................................................................................................7
Paragraphe 2.L’anarchie lockienne.......................................................................................................................7
Paragraphe 3.L’anarchie kantienne.......................................................................................................................7
Paragraphe 4.L’anarchie selon le réalisme...........................................................................................................7
1. Thomas Hobbes............................................................................................................................................8
2. Raymond Aaron...........................................................................................................................................8
3. Kenneth Waltz..............................................................................................................................................8
4. Albane Geslin...............................................................................................................................................9
5. Stanley Hoffman...........................................................................................................................................9
Paragraphe 5.L’anarchie selon le transnationalisme.............................................................................................9
CHAPITRE II. L’AFRIQUE..................................................................................................................................10
Section [Link]...............................................................................................................................................10
Section 2.L’Afrique comme signifiant polysémique (multiple)..........................................................................11
Section 3.L’Afrique comme signifiant unitaire..................................................................................................12
Paragraphe [Link] religion comme facteur d’interaction de l’Afrique...................................................................12
Paragraphe [Link] migration comme facteur d’interaction de l’Afrique................................................................12
Paragraphe [Link] sens de la demande de l’unité africaine comme facteur d’interaction de l’Afrique..................12
Section [Link] caractéristiques propres à l’Afrique..............................................................................................13
Paragraphe [Link] marquage colonial....................................................................................................................14
Paragraphe [Link] faillite des états ou leurs faiblesses..........................................................................................14
41
Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

[Link] marginalisation et la dépendance des états africains sur la scène internationale.........................14


Paragraphe [Link] quête inlassable d’un communautarisme par les états africains.................................................14 42

Paragraphe 5.L’existance de la puissance par procuration..................................................................................15


5.1. La puissance selon l’approche classique.................................................................................................15
5.1.1. Les critères de la puissance.................................................................................................................16
5.1.2. Pertinence de la puissance sur la scène internationale........................................................................16
5.2. La puissance selon les postmodernistes..................................................................................................16
A. Les pôles d’attraction diplomatique............................................................................................................17
B. Les pôles de projection diplomatique.........................................................................................................17
5.3. Afrique : la puissance de la faiblesse......................................................................................................17
CHAPITRE III. LES SIGNES PRÉCURSEURS DE LA DÉCOLONISATION EN AFRIQUE......................19
Section [Link] mythes et la religion.....................................................................................................................19
Section [Link] contestation culturelle....................................................................................................................20
Section [Link] conférence de Bandoeng................................................................................................................21
CHAPITRE IV. LA DÉCOLONISATION ET LA CONSTRUCTION DE L’ÉTAT EN AFRIQUE....................23
Section [Link] décolonisation................................................................................................................................23
Paragraphe [Link] pacifique..............................................................................................................24
1.1. Cas de la grande Bretagne......................................................................................................................24
1.2. Cas de la France......................................................................................................................................24
1.3. Cas de l’Espagne....................................................................................................................................26
Paragraphe [Link] décolonisation violente............................................................................................................26
2.1. Cas de la grande Bretagne......................................................................................................................26
2.2. Cas de la France......................................................................................................................................27
2.3. Cas du Portugal.......................................................................................................................................27
2.4. Cas de la Belgique..................................................................................................................................27
Tableau n° 1 : Évolution des indépendances en Afrique.....................................................................................28
Paragraphe [Link] de colonies vécues en Afrique............................................................................................29
3.1. Les colonies d’exploitation.....................................................................................................................29
3.2. Les colonies de peuplement....................................................................................................................29
Section [Link] construction de l’état en Afrique....................................................................................................29
Paragraphe [Link] démocratie métropolitaine.......................................................................................................30
Paragraphie [Link] dictature..................................................................................................................................30
Paragraphe [Link] démocratisation........................................................................................................................30
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Chef de travaux Héritier NSHIMBI UMBIDI; Cours : Relations Internationales Africaines

CHAPITRE V. LA STRUCTURATION DU SYSTÈME DIPLOMATIQUE AFRICAINE.............................31


Section [Link] logique de la division.....................................................................................................................31 43

Paragraphe 1. Première phase : De 1957 à 1963.................................................................................................31


1.1. Le groupe de Brazzaville........................................................................................................................31
1.2. Le groupe de Casablanca........................................................................................................................32
1.3. Les initiatives tendant à mettre les deux groupes ensembles..................................................................32
Section [Link] logique du recentrement................................................................................................................33
Paragraphe [Link]ème phase : De 1963 à 2001................................................................................................33
1) La nécessité de réaliser l’intégration en Afrique.........................................................................................34
2) La recherche de l’auto- suffisance individuelle et collective......................................................................35
Paragraphe [Link]ème Phase : De 2001 à nos jours.........................................................................................35
2.1. Le plan du millenium..............................................................................................................................35
2.2. Le plan OMEGA....................................................................................................................................35
2.3. Nouvelle initiative économique africaine...............................................................................................35
a) Pour l’Algérie.............................................................................................................................................36
b) Pour l’Afrique du sud.................................................................................................................................36
c) Pour l’Égypte..............................................................................................................................................36
d) Pour le Nigeria............................................................................................................................................36
e) Pour le Sénégal...........................................................................................................................................36

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