T2
Centre National des Examens Scolaires et de l'Évaluation des Apprentissages
TEST FINAL No .2 NPhO, Jeudi 20 Mars 2025
Partie théorique
Durée : 3 heures
IMPORTANT !
∘ L'épreuve est constituée de trois parties indépendantes A, B et C.
∘ On veillera au respect du nombre de chiffres significatifs.
∘ L’utilisation d’une calculatrice non programmable est autorisé.
∘ Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le
signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant les raisons des initiatives qu’il a
été amené à prendre.
1
Problème No .2
T2 T2-1
Constantes fondamentales et autres données numériques :
• La constante gravitationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 𝐺 = 6, 67 × 10−11 (SI)
• La célérité de la lumière dans le vide : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 𝑐 = 3, 00 × 108 m s−1
• La permittivité diélectrique du vide : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 𝜖0 = 8, 85 × 10−12 F m−1
• La perméabilité magnétique du vide : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 𝜇0 = 4𝜋 × 10−7 H.m−1
• La charge élémentaire : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 𝑒 = 1, 60 × 10−19 C
• La constante de Planck : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ℎ = 6, 63 × 10−34 J s
• La constante de Planck réduite : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ℏ = ℎ/2𝜋 = 1, 05 × 10−34 J s
• La masse d'un électron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 𝑚 = 9, 11 × 10−31 kg
• L'électron-volt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 eV = 1, 60 × 10−19 J
• L'année lumière : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 a.l = 9, 46 × 1015 m
• Le spectre électromagnétique :
1021 1020 1019 1018 1017 1016 1015 1014 1013 1012 1011 1010 109 108 𝜈 (Hz)
Ondes
Rayons X Infra Rouge Micro
𝛾 Ultra Violet Radio (UHF,
ondes
VHF, HF)
10−12 10−11 10−10 10−9 10−8 10−7 10−6 10−5 10−4 10−3 10−2 10−1 1 10 𝜆 (m)
DÉBUT DE L'ÉPREUVE
Part A. La gravitation quantique
La gravitation quantique cherche à combiner la relativité restreinte, la théorie de la gravitation d'Einstein
et la mécanique quantique ; elle utilise les constantes remarquables : gravitationnelle 𝐺 et la vitesse
de lumière 𝑐 dans le vide, combinées avec la constante de Planck ℎ qui permet par exemple de relier la
fréquence 𝜈 dune onde lumineuse à l'énergie 𝐸 des photons correspondants.
A.1 Montrer qu'il existe trois coefficients 𝛼, 𝛽, 𝛾 uniques, tels que 𝐺𝛼 ℎ𝛽 𝑐𝛾 représente une
longueur. Quel est l'ordre de grandeur de cette longueur notée ℓ𝑝 et appelée longueur
de Planck ?
A.2 Quelle est, en électron-volts, l'énergie d'un photon qui aurait ℓ𝑝 pour longueur d'onde ?
A.3 Montrer qu'il existe trois coefficients 𝛿, 𝜖, 𝜁 uniques, tels que 𝐺𝛿 ℎ𝜖 𝑐𝜁 représente un temps.
Quel est l'ordre de grandeur de ce temps, noté 𝑡𝑝 et appelé temps de Planck ?
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Problème No .2
T2 T2-2
A.4 Montrer qu'il existe trois coefficients 𝜂, 𝜃, 𝜅 uniques, tels que 𝐺𝜂 ℎ𝜃 𝑐𝜅 représente une masse.
Quel est l'ordre de grandeur de cette masse notée 𝑚𝑝 ?
A.5 Quelle est, en électron-volts, l'énergie correspondant à 𝑚𝑝 ?
Part B. Le modèle de Bohr
Il a été découvert expérimentalement qu'un atome n'émet et n'absorbe de la lumière qu'à des fréquences
bien définies. Ceci ne peut être expliqué qu'en supposant que l'énergie d'un atome ne peut posséder que
des valeurs discrètes. Niels Bohr a interprété ce résultat en proposant un modèle d'atome reposant sur une
discrétisation des orbites électroniques, dans un cadre mécanique classique.
On considère un électron de masse 𝑚 en mouvement circulaire autour d'un noyau supposé fixe. Le rayon du
cercle est noté 𝑟, la vitesse de l'électron 𝑣, et sa charge −𝑒. On utilise le système de coordonnées cylindriques,
et on suppose que le mouvement circulaire a lieu dans le plan 𝑧 = 0. On fera l'étude du mouvement dans
le référentiel ℛ(𝑂, 𝑥, 𝑦, 𝑧) lié au noyau et supposé galiléen. Le poids de l'électron est négligeable.
B.1 Montrer que le moment cinétique ⃗⃗⃗⃗
𝜎 = 𝑚𝑟 ⃗ ∧ 𝑣 ⃗ de l'électron est constant et porté par l'axe 𝑧,
puis donner sa norme 𝜎.
ℎ
Le modèle de Bohr stipule que ce moment cinétique est un multiple entier de ℏ, soit 𝜎 = 𝑛ℏ, 𝑛 ∈ ℕ∗ . ℏ =
2𝜋
où ℎ est la constante de Plank.
B.2 En appliquant la relation fondamentale de la dynamique à l'électron dans ℛ, en déduire que
les valeurs discrètes de position 𝑟𝑛 que l'électron peut posséder sont telles que :
𝑟𝑛 = 𝑛 2 × 𝑎 0 ; Donner l'expression et la valeur numérique de 𝑎0 . (1)
B.3 Montrer que les niveaux d'énergie ℰ𝑛 de l'électron sont tels que :
ℰ0
ℰ𝑛 = − ; Donner l'expression et la valeur numérique (en 𝑒𝑉 ) de ℰ0 . (2)
𝑛2
ℰ𝑛+1 − ℰ𝑛
B.4 En déduire la fréquence de radiation 𝜈𝑛 = , du saut d'un électron d'un niveau 𝑛
ℎ
vers le niveau 𝑛 + 1. Pour cela, on pourra utiliser la constante de Rydberg :
𝑚𝑒4
𝑅𝐻 = (3)
8𝜖20 ℎ3 𝑐
B.5 On se place dans le cas 𝑛 ≫ 1. Donner l'expression approchée de 𝜈𝑛 , et comparer cette
valeur à la fréquence de radiation 𝑓 émise par une charge tournant à la même vitesse et à
la même distance du centre. Commenter.
Part C. Expansion de l'Univers
On raisonne dans le cadre de la cinématique classique (non-relativiste). Le point 𝑂 représente un observa-
teur sur la Terre et le point 𝑀 représente un objet céleste (étoile, galaxie, etc...). On considère le référentiel
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Problème No .2
T2 T2-3
ℛ où 𝑂 est fixe et 𝑀 est en mouvement. Le milieu interstellaire est assimilé au vide pour les ondes électro-
magnétiques et on note 𝑐 la célérité de ces ondes dans ℛ.
Soit 𝑠𝑀 (𝑡) le signal électromagnétique émis par le point 𝑀 à l'instant 𝑡. Ce signal est reçu à l'instant 𝑡′ par
le point 𝑂. On note 𝑠𝑂 (𝑡) le signal reçu par 𝑂 à l'instant 𝑡. On note 𝑂𝑀 = 𝑟(𝑡). D'après les hypothèses,
𝑠𝑂 (𝑡′ ) = 𝑠𝑀 (𝑡).
𝛼
C.1 Exprimer 𝑡′ en fonction de 𝑡, 𝑐 et de la distance 𝑟(𝑡).
𝑀• 𝑣⃗
L'émetteur 𝑀 a une vitesse notée 𝑣(𝑡),
⃗ de norme 𝑣(𝑡) et faisant avec
𝑂𝑀 un angle 𝛼(𝑡) (voir Figure 1). L'émetteur émet des signaux péri-
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
odiques de période 𝑇 . On suppose que la fréquence des signaux 𝑟
est suffisamment grande pour pouvoir négliger les variations de 𝑣 ⃗ et
de 𝛼 sur une période. On suppose également qu'à chaque instant 𝑡,
𝑣(𝑡)𝑇
≪ 1. 𝑂•
𝑟(𝑡)
Figure 1: Géométrie.
C.2 Exprimer, au premier ordre, la différence 𝑑𝑟𝑇 = 𝑟(𝑡 + 𝑇 ) − 𝑟(𝑡).
C.3 En déduire, toujours au premier ordre, la période 𝑇 ′ des signaux reçus par l'observateur en
𝑂. On exprimera 𝑇 ′ en fonction de 𝑇 , 𝑣, 𝑐 et 𝛼.
On appelle vitesse radiale de 𝑀 la quantité 𝑣𝑟 = 𝑣 cos 𝛼. On note 𝜆 la longueur d'onde du signal émis par 𝑀
et 𝜆′ la longueur d'onde du signal reçu en 𝑂.
C.4 Donner la relation qui existe entre 𝜆, 𝜆′ , 𝑣𝑟 et 𝑐. On mettra cette relation sous la forme
𝜆′
= 1 + 𝑍. La quantité 𝑍 ainsi définie s'appelle le redshift.
𝜆
C.5 On suppose que 𝑀 se rapproche de 𝑂. Si 𝑀 émet une longueur d'onde 𝜆 située dans le
jaune (𝜆 = 585 nm), la longueur d'onde 𝜆′ reçue en 𝑂 est-elle décalée vers le rouge ou bien
décalée vers le bleu par rapport à 𝜆 ? On justifiera la réponse.
C.6 Les spectres lumineux que nous recevons des objets célestes (étoiles, galaxies, amas de galax-
ies), sont tous décalés vers le rouge. Que peut-on en conclure quant au mouvement des
objets célestes par rapport à la Terre ?
Modèle simple de l’expansion de l’univers
En 1929, le physicien Edwin Hubble a relevé le spectre de la lumière issue des galaxies dont la distance à
la Terre était connue. En comparant ces spectres à ceux d'éléments chimiques connus, il en a déduit le
redshift Z de ces galaxies. Les points expérimentaux pour plusieurs galaxies sont représentés sur la Figure
2. En notant 𝑑 la distance Terre-galaxie et 𝑣𝑟 la vitesse radiale de la galaxie par rapport à la Terre, les mesures
suggèrent une loi linéaire du type 𝑣𝑟 = 𝐻 × 𝑑. H s'appelle la constante de Hubble (le mot constante signifie
qu'il s'agit d'une constante par rapport à l'espace et non dans le temps.).
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Problème No .2
T2 T2-4
11
10.5
10
9.5
9
8.5
8
7.5
7
"redshift" 102 × 𝑍
6.5
6
5.5
5
4.5
4
3.5
3
2.5
2
1.5
1
0.5
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
"distance Terre-galaxie" 10 −24
× 𝑑 (m)
Figure 2: La loi 𝑣𝑟 = 𝐻𝑑 : porte le nom de loi de Hubble.
C.7 Donner une estimation numérique de 𝐻 en unités du système international, puis en km.s−1
par million d'années-lumière (M.a.l).
C.8 On suppose qu'on analyse la raie de longueur d'onde 𝜆0 = 121, 6 nm (raie 𝛼 de la série de
Lyman) émise par une étoile située à 40 [Link] de la Terre.
Quelle est la longueur d'onde 𝜆𝑇 correspondante mesurée sur la Terre ?
a Million d’année lumière.
On ne s'offusquera pas du fait que la loi de Hubble puisse donner des vitesses radiales dépassant 𝑐 pour
des galaxies très éloignées. Cette impossibilité n'apparaît pas lorsque les phénomènes relativistes sont pris
en compte.
La loi de Hubble suggère que l'Univers soit en expansion. Le modèle du big-bang permet de postuler que
cette expansion a commencé depuis un temps fini et donc que l'Univers peut se voir attribuer un âge. Avec
des arguments qualitatifs simples.
C.9 Expliquer pourquoi l'inverse de la constante de Hubble est un bon ordre de grandeur de
l'âge de l'Univers. Estimer numériquement l'âge de l'Univers en milliards d'années.
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Problème No .2
T2 T2-5
Une limite à l’expansion de l’univers
On cherche à savoir si l'expansion de l'Univers va un jour s'arrêter ou non!. Pour cela, on modélise l'Univers
par une boule homogène de masse volumique 𝜌 constante et dont le rayon 𝑟(𝑡) suit la loi d'expansion
de Hubble. On considère une galaxie (supposée ponctuelle) de masse 𝑚 située à la surface de la boule et
𝑑𝑟
s'éloignant radialement à la vitesse 𝑟 ̇ = du centre de la boule.
𝑑𝑡
On prend comme modèle de l'Univers une sphère homogène Σ de rayon 𝑅 et de masse volumique 𝜌. On
note 𝑀 la masse totale de Σ.
𝑟 𝑟 + 𝑑𝑟
Figure 3: Modèle d'une couche d'Univers
On se propose de déterminer, selon ce modèle, l'énergie totale de l'Univers.
Énergie cinétique et énergie potentielle
C.10 Exprimer en fonction de 𝜌, 𝐻, 𝑟 et 𝑑𝑟 l'énergie cinétique 𝑑𝐸𝑐 d'une couche d'univers comprise
entre les rayons 𝑟 et 𝑟 + 𝑑𝑟 (Figure 3).
C.11 En déduire l'énergie cinétique totale 𝐸𝑐 de l'Univers.
C.12 Déterminer la masse d'une sphère de rayon 𝑟 < 𝑅, ayant même centre que Σ.
C.13 En déduire l'énergie potentielle 𝑑𝐸𝑝 dune couche comprise entre les rayons 𝑟 et 𝑟 + 𝑑𝑟 posée
sur la sphère de rayon 𝑟 (l'énergie potentielle d'interaction entres les particules constituant la
couche sera négligée devant l'énergie d'interaction entre la couche et la sphère de rayon 𝑟 sur
laquelle est posée la couche).
C.14 Donner l'expression de l'énergie potentielle gravitationnelle 𝐸𝑝 de l'Univers.
Énergie totale
C.15 Exprimer de même l'énergie totale de l'Univers en fonction de 𝑀 , 𝑅, 𝜌, de la constante de
Hubble 𝐻 et de la constante de gravitation 𝐺.
C.16 Pour quelle valeur critique 𝜌𝑐 de la masse volumique 𝜌 de l'Univers cette énergie est-elle
nulle ? Donner la valeur numérique de 𝜌𝑐 en kg/m3 .
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