Production écrite Thème : l’écrivain et son temps
Sujet : Bien qu’on vive « dans un siècle qui se fissure, s’effrite et s’égare dans l’océan des
problèmes », certains ont toujours confiance en la littérature et la croient capable de servir
le bien commun des hommes.
Partagez-vous ce point de vue ? Votre réponse prendra la forme d’un développement
argumenté illustré d’exemples.
Tout au cours des siècles, les écrivains se sont succédés et ont pu, par leur plume, laissé des
traces aux générations suivantes. Ils ont cherché à en savoir plus sur les événements historiques
de leur époque et sont restés en constant rapport avec le monde où ils vivent. Ils ont donc assumé
un rôle à travers leurs écrits. A ce sujet, une question se pose : L’écriture doit -elle être une copie de
la réalité ? L’écrivain écrit-il pour enseigner quelque chose, dans le but de faire parvenir un message, en
vue d’opérer un changement quelconque dans la société ? Ou bien sa création est-elle gratuite ?
Personnellement, je pense que l’écrivain doit non seulement parler des problèmes de son époque mais
aussi faire de la littérature gratuite. Nous allons analyser dans une 1 ère partie la mission de l’écrivain
engagé, et dans une 2ème partie, celle de l’écrivain désengagé.
Certes, la littérature engagée a pour rôle essentiel de dire le mal et la douleur vécus par les hommes et
c’est ce qu’essaient de faire les écrivains engagés qui gardent espoir de sauver leur littérature en étant le
porte-parole leurs communs. En effet, le monde d’aujourd’hui est envahi par divers problèmes qui mettent
la vie de l’homme en danger tels que les conflits armés, la pénurie des ressources et des énergies, le
manque d’éducation, la malnutrition, le non-respect des droits de l’homme, les épidémies, la corruption,
l’injustice et les inégalités sociales, l’orientation du progrès médical et technique vers des fins
désavantageuses pour l’homme, les conflits d’identités religieuses etc… Et c’est à l’écrivain de mettre à
nu ces problèmes pour avertir le public des dangers qui le menacent. Ainsi, Albert Camus développe un
humanisme fondé sur la prise de conscience de l’absurde et de la révolte qui conduisent à l’action dans
son ouvrage Révolte dans les Asturies en 1936. La littérature engagée est donc essentielle pour avoir un
impact sur les peuples.
Mais on ne peut nier l’importance de la littérature gratuite à propos de laquelle Théophile Gautier a dit :
« Il n’y a vraiment de beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid ». En effet, la
littérature gratuite, de divertissement est parfois utile pour l’homme, surtout en ce siècle envahi par des
problèmes dans tous les domaines. Qui d’entre nous ne souhaiterait pas s’imprégner dans le monde du
beau pour fuir une réalité devenue amère ? En lisant un beau livre, le lecteur est transporté dans un monde
onirique où il connaitra le plaisir de savourer la beauté des mots. Par exemple, dans l’œuvre de Gautier
Mademoiselle de Maupin, l’auteur exprime à travers des effets de style la beauté du monde à travers la
beauté de l’écriture. En somme, pour lui, l’écriture est un moyen de divertir le lecteur, de produire en lui
un dépassement de soi.
En guise de conclusion, oui le XXIème siècle s’effrite. Les hommes sont à la recherche de la facilité,
du divertissement à travers des littératures de gare qui prônent le culte de l’irresponsabilité et qui ont pour
dessein la pratique de l’art pour l’art comme le veut l’école parnassienne. Mais à force de lire des écrits de
gare, l’homme risque d’oublier le rôle essentiel de l’écriture, de méconnaître les sujets faisant l’actualité.
D’où l’importance des auteurs engagés qui continuent à défendre la littérature engagée dans le but
d’éveiller les consciences. On se demande donc si la littérature contemporaine pourra être à la hauteur des
horreurs qui se déroulent à présent dans le monde.