Intégration Sud-Sud et Libre Échange
Intégration Sud-Sud et Libre Échange
Mohamed BOUSSETTA
Professeur à la Faculté des sciences juridiques, économiques
et sociale set Rabat-Agdal
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essentielle et décisive dans la progression de l’intégration entre les quatre pays
signataires qui sont le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie.
Pour analyser les différents aspects de cet important accord, nous allons
articuler notre communication selon les trois grands axes suivants :
- Dans un premier axe, nous replacerons cet accord de Z.L.E dans le cadre de
la théorie économique. Il s’agit de faire une revue de la littérature économique
sur la problématique de l’intégration et du libre échange et sur ses diverses
conceptions ainsi que sur les enseignements des pratiques intégrationnistes ;
- Dans un deuxième axe, nous ferons une radioscopie horizontale
approfondie des échanges entre ces quatre pays sud méditerranéens. A partir
de là, les facteurs favorables et les obstacles à l’intégration entre ces pays seront
analysés ;
- Dans le dernier axe, nous tenterons d’évaluer la plus value ou le gain que
peut générer l’intégration entre ces quatre pays. L’outil qui sera utilisé est le
modèle d’équilibre général calculable.
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processus initiés et encouragés par les Etats dans des cadres institutionnels sont
accompagnés et, de plus en plus, soutenus par les acteurs privés (entreprises,
ONG…) qui agissent dans des espaces économiques régionaux.
Ce renouveau du processus d’intégration régionale est intimement lié au
phénomène de la globalisation. Ainsi pour certains, la régionalisation constitue
une réponse à la dynamique de la mondialisation qui se traduit par une
tendance « unificatrice et homogénéisante ». Pour d’autres, la régionalisation est
davantage une condition indispensable et un préalable essentiel à «
l’intégration » à la mondialisation et à l’adaptation à l’évolution de l’économie
mondiale. C’est une « étape » qui conduit à la libéralisation multilatérale tout en
évitant le risque d’une marginalisation accrue (philosophie de l’ALENA par
exemple).
L’intégration régionale révèle désormais le renouveau de la question de l’Etat –
Nation dans le contexte actuel de la mondialisation. Elle entraîne un abandon
plus ou moins important et partiel de sa souveraineté. Elle s’apparente à
un « pool de souveraineté » et dénote des limites de l’Etat à exercer toute sa
souveraineté sur l’ensemble du territoire national.
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financier, la baisse du coût des transactions sont de nature à promouvoir
l’investissement dans le cadre de cette intégration.
Néanmoins, la plupart des études réalisées, DOLLAR [1992], EDWARDS [1992],
DADUSH [1996] ont montré que l’impact de la libéralisation sur la croissance
est positif tan disque la régionalisation a des effets assez contrastés. Par ailleurs,
l’intégration a conduit à une large intensification des échanges intra régional au
niveau des blocs régionaux comme l’UE, L’ALENA, L’ASEAN, en revanche,
aucune augmentation significative de tels échanges n’est apparue au niveau des
pays en développement à la suite d’une intégration commerciale.
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Des effets d’agglomération et de polarisation importants sont exercés par ce
genre d’intégration. Ainsi, on constate une réduction des distances en relation
avec les progrès technologiques et le développement des échanges immatériels
dans le cadre de systèmes productifs d’une certaine taille et des produits
diversifiés. D’où des effets de contagion et de diffusion de la croissance au
moyen de la réduction des coûts de transport, du transfert de technologie et de
la baisse des coûts des transactions.
Selon KRUGMAN [1997], une concentration géographique à la suite d’une
intégration territoriale dans un contexte de globalisation se traduit par des
économies d’échelle (coût du transport et des transactions) qui assurent une
compétitivité internationale. Les modèles géographiques, MYRDAL, [1957],
HIRSHMAN [1959] et les tests empiriques ont montré que généralement dans le
cadre d’une union régionale de ce type, une convergence entre les pays
développés (cas des pays de l’UE par exemple) est réelle, tandis qu’une
divergence est plutôt la règle au sein des pays peu industrialisés (Exemple des
pays de l’UEMOA).
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unilatérale, ces politiques risquent d’entraîner une certaine discontinuité et une
réversibilité temporelle .De même, les accords d’intégration régionale réduisent
les mesures discriminatoires, limitent les pouvoirs et l’influence des lobbies et
révèlent les préférences des décideurs économiques et politiques.
Cette forme d’intégration par les règles juridiques, techniques… à travers leur
unification favorise d’une part, les économies d’envergure dans une perspective
d’intégration à l’économie mondiale à travers les normes (qualité, certification
des produits …) et d’autre part, réduit les coûts de transaction permettant
d’améliorer la compétitivité internationale.
Sur le plan monétaire, l’intégration se situe soit au cœur du processus (Zone
Franc), soit à la fin (UE). Dans certains cas, le choix d’un simple ancrage à une
monnaie (le dollar) est fait comme pour les pays de l’ASEAN. Dans ce domaine,
il a été démontré que les pays utilisant la même devise commercent trois fois
plus que les pays ayant recours à des monnaies différentes.
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l’intégration régionale et les convergences d’intérêts économiques et politiques
qui en découlent sont de nature à neutraliser les conflits frontaliers et
régionaux. La sécurité et la confiance sont de mises avec le développement des
échanges commerciaux. Une corrélation causale négative apparaît évidente
entre les relations commerciales et les conflits, SCHIFF et WINNTERS [1998,]
PALACHEK [1992] (réconciliation franco allemande, MERCOSUR et rivalité
entre le Brésil et l’Argentine…).Cependant en l’absence de complémentarité,
l’intégration régionale peut accroître les disparités entre ses différents
partenaires et nourrir les conflits.
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- Les arguments notamment d’ordre politique sont également avancés en
faveur de l’intégration régionale. Celle – ci peut constituer un moyen de
prévention des conflits, de stabilité et de sécurité, donne plus de crédibilité à la
politique économique tout en renforçant le pouvoir de négociation sur le plan
international…
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2 -INTEGRATION REGIONALE ET DYNAMIQUE DES ECHANGES ENTRE LES
PAYS DE LA DECLARATION D’AGADIR.
Les échanges entre les pays de l’accord d’Agadir apparaissent très limités et peu
diversifiés. La mise en application de cet accord qui vient d’être paraphé par tous les
pays signataires et mis en application depuis le 1 janvier 2007 pourrait contribuer de
manière importante à renforcer leur intégration et à promouvoir leurs échanges dans
la mesure où ces pays exploitent au mieux le potentiel d’échange existant entre eux.
Enfin les flux d’investissement entre les quatre pays restent toujours extremement
faibles. Leur volume global n’a été que l’ordre de 10 millions $ US au cours de
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l’année 2005 pour le Maroc. Leur pourcentage dans les investissements étrangers
attirés par le Maroc par exemple était inférieur à 1%.
En définitive, on peut dire qu’au cours de ces cinq dernières années, l’évolution des
échanges entre les quatre pays n’a pas connu une progression soutenue en dépit de la
signature d’accords bilatéraux de libre échange .Même, la signature de l’accord
multilatéral d’Agadir n’a pas donné un véritable coup de fouet aux échanges entre
ces pays. L’absence de régularité et de constance dans ces échanges est également
manifeste dans la mesure où l’évolution de leurs différentes rubriques est très
contrastée particulièrement au niveau des recettes voyages et des investissements qui
connaissent des tendances fortement erratiques avec des hausses et des baisses plus
ou moins importantes d’une année sur l’autre. Ce qui dénote d’une absence totale de
stratégie et de vision à moyen et long terme dans les relations d’échanges entre les
quatre pays.
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Taux de couverture 116,5 89,1 60,9 70,8 40,0
II- Recettes voyages 33,7 32,0 58,0 68,8 181,6
Part dans le total en % 0,1 0,1 0,2 0,2 0,4
III- Recettes M.R.E. 13,0 15,8 12,2 15,3 16,3
Part dans le total en % - - - - -
IV- Investissements 70,1 52,4 152,2 6,0 28,0
Part dans le total en % 0,2 0,2 0,6 - 0,1
Source: office des change
Tableau N°3 : Evolution des échanges Maroco-Jordaniennes (2001-2005)
(En millions de dhs)
2001 2002 2003 2004 2005
I- Commerce extérieur
Importations 45,5 47,0 53,1 48,7 52,0
Part dans le total en % - - - - -
Exportations 42,8 43,6 44,1 47,8 47,6
Part dans le total en % - - - -
Solde commercial -2,7 -3,4 -9 - 0,9 - 4,4
Taux de couverture 94,1 92,8 83,1 98,2 91 ;6
II- Recettes voyages 21,0 24,7 25,4 26,0 26,7
Part dans le total en % 0,2 0,16 0.18 0,19 0,19
III- Recettes M.R.E. - - - - -
Part dans le total en % - 0,03 0,03 0,03 0,03
IV- Investissements 0,4 0,6 0.7 0,8 0,8
Part dans le total en % - - - - -
Source: Office des changes
Le processus d’intégration entre les quatre pays apparaît lent et parsemé d’obstacles
et de contraintes. La déclaration d’Agadir en 2001 aurait donné un peu d’espoir
qu’une convergence entre ces pays puisse pousser vers des formes d’intégration sur le
modèle du Mercosur ou de l’Asean. Cependant, immédiatement à cause d’une série
de problèmes liés notamment aux égoïsmes nationaux et au non respect des
engagements souscrits, ce projet d’intégration piétine et son application sur le terrain
se heurte à de grandes difficultés. Même, le soutien européen n’a pas réussi à lancer
de manière décisive ce processus d’intégration entre les quatre pays.
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entre les quatre économies ne progressent guère de manière sensible et les échanges
économiques sont figés à leur niveau le plus bas en ne représentant que moins de 2%
du volume total de leur commerce extérieur. Un certain nombre de contraintes
handicapent toujours une véritable dynamisation des échanges en dépit de l’existence
de potentialités et de complémentarité d’échanges non négligeables.
12 ~ ~
l’on peut envisager dans le Mercosur, où certains pôles brésiliens ont acquis un
niveau technologique appréciable »(1).
(1)
Isabelle Bensidoun et Agnès Chevalier, « Europe -Méditerranée : Le pari de
l’ouverture », Economica.1996. p.176.
13 ~ ~
Les effets d’une libéralisation commerciale entre les quatre pays de la ZLE
quadripartite sont globalement assez minimes et les chocs sur les agrégats
économiques ont des effets contrastés, particulièrement pour le Maroc qui voit son
bien-être régressé (variation équivalente négative). A l’opposé, les autres pays
membres de la zone gagneront en terme de bien-être du fait que les consommateurs
se tournent dorénavant vers des importations devenues moins chères à la suite de la
libéralisation commerciale qui va entraîner un accroissement du volume des
importations totales pour l’ensemble des pays. Cette augmentation des importations
est consécutive à une substitution des importations des produits de l’UE et le reste du
monde, en particulier pour l’Egypte et la Jordanie. Le Maroc et la Tunisie pour leur
part ne connaissent pas un détournement important de leurs importations vers leurs
partenaires du fait de leur intégration verticale avec l’UE.
On estime que la Jordanie est le pays qui connaît l’amélioration la plus significative
de sa variation équivalente du fait que c’est le plus petit pays du groupe et pour qui
le marché est désormais devenu plus grand vis-à-vis en particulier du Maroc à qui il
n’exportait pas beaucoup par le passé.
La mise en place d’une ZLE profite certainement aux pays qui détiennent des
avantages comparatifs par rapport à leurs partenaires dans la zone. Dans ce sens, la
Tunisie qui a des avantages comparatifs dans les produits textiles leur trouvera
désormais des débouchés dans les pays partenaires suite à la réduction des tarifs
douaniers. Le Maroc et l’Egypte, pays concurrents de la Tunisie dans le textile,
perdent des parts de marché. Néanmoins, c’est le Maroc qui perd le plus du fait de
l’importance de ce secteur dans la production totale du pays.
Globalement, Le Maroc serait le grand et le seul perdant d’une libéralisation
commerciale suite à la mise en œuvre de l’accord d’Agadir puisque celle-ci se
traduirait par une baisse du PIB de 0,2 point. Cette perte proviendra essentiellement
de la régression du PIB industriel qui enregistrera une baisse de 0,7 point et qui ne
pourra pas être compensée par des augmentations extrêmement faibles du secteur
agricole (+ 0, 5) et tertiaire (+ 0,64). En revanche la Jordanie verra son bien être
augmenté de 0,9 point en raison essentiellement de la progression qui pourra être
réalisée au niveau de tous les secteurs et surtout industriel avec 1,1 point de plus .Le
secteur agricole et tertiaire connaîtront des augmentations respectives de 0,13 et 0,12
point.
14 ~ ~
qui demeurent très faibles. Ainsi les secteurs agricole, industriel et tertiaire
progresseront de 0,17, 0,1 et 0,3 point respectivement.
En général, le travail libéré par les branches industrielles, se réalloue dans les
branches du secteur tertiaire, moins échangeables, qui enregistreront un
accroissement de leurs valeurs ajoutées dans tous les pays. Le Maroc connaitera
l’augmentation la plus élevée de son secteur tertiaire (+0,64%) du fait de la main
d’œuvre libérée du textile notamment. Le tertiaire en Tunisie arrive en seconde place
(0,40%), mais son accroissement dans ce cas est dû au travail libéré par le secteur
agricole où la Tunisie est concurrencée par le Maroc. Ce dernier détenant des
avantages comparatifs dans les produits agricoles verra une progression de sa valeur
ajoutée primaire de 0,5%.
15 ~ ~
3-3-2 -Impact d’une zone de libre échange entre l’UE et les pays de la déclaration
d’Agadir,
Etant donné que les quatre pays signataires de l’accord d’Agadir sont liés
individuellement par des accords de libre-échange avec l’Union Européenne, nous
avons simulé l’impact d’une zone de libre échange Nord-Sud. Les résultats de cette
simulation montre clairement que les bénéfices sont supérieurs à ceux induits d'un
accord Sud-Sud du fait que le bien-être s’améliore pour tous les pays de la zone.
Tableau 5 : Résultats de la simulation.
Maroc Tunisie Egypte Jordanie
PIB 2,3 3,1 0,8 0,9
agricole 2,5 1,1 0,5 0,4
industrie 1,6 3,2 1,1 1,1
tertiaire 2,4 3,4 0,8 1,2
Variation équivalente 1,3 2,5 1,06 2,1
Taux de change -0,9 0,5 0,3 0,7
Importations totales 7,3 4,2 2,6 3,5
Exportation totale 8,1 4,8 1,8 1,4
Salaires 2,2 1,5 1,1 0,8
Revenu du capital 0,9 1,4 0,8 1,2
Source : calcul des auteurs
Le PIB augmenterait dans chacun des quatre pays et particulièrement au Maroc et en
Tunisie soit respectivement 2,3 et 3,1 point. Ce genre d’intégration aura ainsi un
grand effet de création de commerce, surtout dans le cas du Maroc dont les
exportations progresseraient de 8,1% et de la Tunisie avec un élargissement de 4,8%
du fait que l'Union Européenne est la première destination d'exportations de ses deux
pays.
Les secteurs positivement affectés par ce type accord sont le textile / l’habillement
pour le Maroc et la Tunisie, les autres produits industriels pour l’Egypte et la Jordanie
dans une moindre mesure. Cependant, en parallèle à cette expansion de certains
secteurs, d’autres comme les activités primaires connaiteront une contraction. Etant
négativement affectés, ces dernières libèrent une importante main d’œuvre non
qualifiée qui aggraverait la situation déjà tendue du marché d’emploi dans ces pays.
Une ZLE avec l’UE est donc bénéfique pour les pays du Sud de la méditerranée mais
à condition qu’elle se fasse graduellement pour pouvoir mettre à niveau les secteurs
qui seront les grands perdants.
A la lumière des résultats modestes de l’accord d’Agadir comme intégration Sud-
Sud, l’option euro méditerranéenne ou l’intégration Nord-Sud pourrait constituer
une importante optique de régionalisation pour contribuer à transformer la zone de la
Méditerranée en une « zone d’opportunités » et à renforcer l’intégration horizontale
entre les pays de la rive sud de la Méditerranée.
16 ~ ~
CONCLUSION
L’instauration d’une ZLE entre les quatre pays signataires de l’accord d’Agadir ne
leur permettra pas de tirer de grands profits d’une telle intégration qui est fondée
essentiellement sur les perspectives d’amélioration des échanges commerciaux. En
effet, les pays de la région ne produisent pas des inputs intermédiaires qui sont
nécessaires pour satisfaire les besoins mutuels en terme d’industrialisation. Ils ne sont
non plus intégrés dans le système global des chaînes de production dans lequel ils
peuvent être ordonnés et complémentaires entre eux pour importer et développer des
composantes pour la réexportation et l’assemblage final.
D’un autre côté, les résultats minimes dégagés par nos simulations s’expliquent aussi
par le fait qu’il n’existe pas de pays leader qui peut créer des forces centripètes qui
contribueront au rapprochement d’activités pour les pays partenaires. En effet, les
quatre pays de la ZLE présentent quasiment un même niveau de développement
économique ainsi que des similarités dans leurs structures de production et de
commerce. Ceci suggère que la réussite de cette coopération Sud/Sud devrait se faire
en parallèle avec une coopération Nord/Sud. L’intégration Nord-Sud (régionalisme
vertical) amènerait ainsi un processus de convergence, ce qui renforce l’intérêt pour
ces pays à nouer des relations commerciales avec des pays développés, en particulier
avec l’Union Européenne vu sa proximité, son revenu élevé et ses échanges déjà
importants dans cette zone.
Il faut souligner aussi d’une part, que les quatre pays procèdent encore à une
discrimination commerciale à l’encontre du Nord suite à une adhésion différenciée à
l’OMC ainsi qu’à des signatures décalées des accords avec l’UE. Cette discrimination
commerciale à l’encontre du Nord profite aux firmes localisées dans les pays
protectionnistes créant ainsi une réallocation des activités au détriment des marchés
plus protégés comme celui de l’Egypte. Les pays de la ZLE devront donc unifier leurs
tarifs douaniers envers le Nord, en particulier l’UE, pour pouvoir entamer un
processus de développement industriel commun de l’ensemble des pays membres.
D’autre part, tout accord Sud/Sud devrait être accompagné par un soutien financier
pour compenser les pertes en terme de recettes douanières ainsi qu’en terme de
détournement de commerce. Dans ce sens, l’actuel programme d’aide financier que
l’UE s’engage à apporter aux pays signataires de l’accord d’Agadir reste insuffisant.
Sans des fonds structurels de l’Union Européenne qui constitueraient des mécanismes
compensatoires , l’accord d’Agadir, en tant qu’intégration Sud-Sud, restera de porté
limitée pour accompagner les changements structurels de ces économies afin de
permettre leur insertion dans les chaînes de production internationales.
Dans la perspective d’évolution de l’accord d’Agadir, il semble que cette intégration
régionale entre les quatre pays doit être revue dans un cadre plus global et ne pas être
limitée simplement aux échanges commerciaux. Cet accord devrait mettre en place un
cadre réglementaire et institutionnel cohérent, des efforts éducatifs communs …pour
permettre la conception de grands projets d’investissement qui valorisent les atouts
des pays de la zone. Ceci nécessitera bien sur des mécanismes de financement et des
17 ~ ~
techniques de réalisation qui permettent de tirer profit au même pied d’égalité pour
tous les pays membres. En effet, la constitution de clusters autour de vecteurs
stratégiques, en l’occurrence l’eau, l’énergie, le tourisme, l’économie de la
connaissance… sont autant d’axes que ces pays devraient traiter ensemble pour
asseoir une stratégie de co-développement de la zone toute entière. Ce qui facilitera
l’attraction d’un grand nombre d’investisseurs étrangers qui est l’un des objectifs
primordiaux de cette intégration Sud/Sud.
18 ~ ~
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