1 – Cours Sciences Physiques MP*
Interférences
Imaginons deux faisceaux lumineux arrivant sur une même zone de l’espace :
Figure 1 – Champ d’interférences
On dit qu’il y a interférences s’il existe des points M de la zone commune aux deux faisceaux tels que :
E(M ) 6= Epar le faisceau (1) seul + Epar le faisceau (2) seul
On peut voir, sur la figure 1 des stries correspondant à des zones de l’espace où il n’y a pas de lumière
par exemple, on parle de franges d’interférences sombres. Lorsque des interférences se produisent, on peut se
retrouver dans une situation qui peut surprendre au premier abord où la superposition de deux faisceaux de
lumière génère de l’obscurité : E = 0. La théorie ondulatoire va nous permettre de l’expliquer. La découverte
de ce phénomène est due en au physicien britannique Thomas Young. Le français Augustin Fresnel
en en donna une interprétation indépendamment des travaux de Young. La figure 2 permet de voir des
images où on voit des franges d’interférences.
Figure 2 – Observations d’interférences
1 Applications des interférences
Les phénomènes interférentiels sont d’un grand intérêt pour nombre d’applications dans divers domaines :
• Spectroscopie : mesure de longueur d’onde (spectrométrie interférentielle), de spectres (spectroscope à
réseau). . .
• Mesure de distances, d’épaisseurs, de vitesses (vélocimétrie laser), d’angles, de l’accélération de la pesan-
teur (gravimétrie absolue), de temps, d’indice optique. . .
• Contrôle ou recherche de défauts (par exemple pour la recherche du défaut de sphéricité d’un miroir
sphérique. . . ).
• Stockage d’informations (holographie en volume notamment).
• Techniques de microscopie avancées (contraste de phase, strioscopie. . . ).
• Lithographie interférentielle.
• Synthèse d’ouverture.
• Détection des ondes gravitationnelles avec VIRGO.
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Sciences Physiques MP* Cours – 2
Sur les figures 3 et 4, on peut voir l’interféromètre VIRGO implanté en Italie ainsi qu’un dispositif de
lithographie destiné à réaliser des structures périodiques à la surface d’un substrat.
Figure 3 – L’interféromètre VIRGO et ses deux bras disposés perpendiculairement
Figure 4 – Système de lithographie interférentielle J.-H. Seo, J. Park et al., IEEE Photonics J., 5, 2200106
()
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3 – Cours Sciences Physiques MP*
2 Généralités sur les sources lumineuses
2.1 Spectres
Elles se classent en plusieurs catégories. Nous commencerons par celles qui sont les plus courantes : les
sources de lumière blanche comme les lampes à incandescence ou le soleil. Elles sont dites blanches car leur
spectre est continu. Les amplitudes des différentes composantes spectrales dépendent de la température qui
est d’environ 5 800 K à la surface du soleil et 3 000 K au niveau du filament de tungstène de l’ampoule. La
teinte globale que nous percevrons dépend du spectre de la source. Rappelons les liens entre les couleurs et les
longueurs d’onde :
λ en nm 400 500 600 700
Couleur violet bleu vert jaune orange rouge
Nous utiliserons en TP des lampes spectrales. Dans une ampoule contenant la vapeur d’un métal comme
le sodium, le mercure, on entretient des décharges électriques qui excitent les atomes de la vapeur. Ces atomes
émettent un spectre de raies. La largeur de chaque raie est ∆λ ≃ 1 nm. Les tubes fluorescents qui sont utilisés
pour l’éclairage de nos salles fonctionnent sur le même principe. Le tube de verre contenant la vapeur diffuse la
lumière émise par le gaz et crée un spectre continu dans lequel se détachent des raies plus lumineuses comme
nous pourrons le voir en TP. Nous terminerons en parlant du laser dans lequel l’émission lumineuse est basée
sur une transition radiative entre deux niveaux d’énergie bien précis. Nous retiendrons pour le moment que le
laser présente une très grande pureté chromatique puisque ∆λ ≃ 10−3 nm. On utilise de plus en plus des diodes
laser faciles à mettre en œuvre. Elles sont utilisés dans les lecteurs CD et dans les appareils à détection de codes
à barres. Leur pureté spectrale est du même ordre que celle des lampes spectrales.
Représentons les spectres des sources précédentes :
2.2 Le mécanisme d’émission
Une source lumineuse contient un nombre d’atomes N qui est très vite de l’ordre du nombre d’Avogadro
à savoir 1023 . Chaque atome de la source est responsable d’une partie de la lumière émise. En imaginant l’atome
émettant la longueur d’onde λ = 500 nm, il n’est pas physique de modéliser cette émission par une fonction
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Sciences Physiques MP* Cours – 4
sinusoı̈dale indéfinie du temps : une onde réelle a forcément un début et une fin. En fait chaque atome émet
de façon discontinue des trains d’ondes comme sur le schéma de la figure 5. La grandeur représentée sur cette
figure est la grandeur vibratoire s(~r, t) = s0 exp i(ωt − ~k · ~r) qui est un champ électrique.
s(t)
t
lampe spectrale
s(t)
t
laser
Figure 5 – Trains d’ondes
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5 – Cours Sciences Physiques MP*
La durée d’un train d’onde est très variable, de même que la durée qui sépare deux trains d’ondes successifs.
Mais elles restent toujours du même ordre de grandeur. Notons τ cette durée. Estimons-la pour une lampe
spectrale en utilisant les résultats de l’analyse de Fourier :
On comprendra facilement que, puisque ∆λlaser ≃ 10−3 ∆λlampe spectrale , la durée des trains d’ondes pour
un laser est beaucoup plus grande pour un laser que pour une lampe spectrale. On a τlaser ≃ 103 τlampe spectrale ,
ce rapport n’a pas pu être représenté sur la figure 5.
3 Notion de cohérence
3.1 Superposition de deux amplitudes lumineuses
Considérons deux atomes sources de lumière S1 et S2 qui émettent les ondes représentées par s1 (~r1 , t) et
s2 (~r2 , t). L’objectif de ce paragraphe est d’étudier la superposition des deux ondes en un point M quelconque
de l’espace où parvient la lumière depuis les deux sources, voir la figure 6.
b
r2 M
~k2
S2 r1
b
~k1
S1
Figure 6 – Superposition de deux ondes
Les deux atomes sources S1 et S2 sont caractérisés par, respectivement, les pulsations ω1 et ω2 , ou encore
2π 2π
les longueurs d’ondes λ1 et λ2 donc les vecteurs d’ondes ~k1 = ~u1 et ~k2 = ~u2 où ~u1 et ~u2 sont les vecteurs
λ1 λ2
unitaires des directions S1 M et S2 M . Chaque source est responsable, lorsqu’elle éclaire seule le point M , d’un
éclairement E1 et respectivement E2 .
Les grandeurs vibratoires sont représentées dans le tableau de la figure 7. Le modèle retenu est celui de la
forme onde plane progressive.
onde 1 onde 2
au point source s1 (~0, t) = s01 exp iω1 t s2 (~0, t) = s02 exp i(ω2 t + ϕ21 (t))
au point M s1 (~r1 , t) = s01 exp i(ω1 t − ~k1 · ~r1 ) s2 (~r2 , t) = s02 exp i(ω2 t + ϕ21 (t) − ~k2 · ~r2 )
E(M, t) E1 = βs1 s∗1 = βs201 E2 = βs2 s∗2 = βs202
Figure 7 – Caractéristiques des deux ondes
L’expression de la grandeur vibratoire de l’onde 2 s2 (~r2 , t) fait intervenir un déphasage dépendant du temps
ϕ21 (t). Ce déphasage traduit le fait que l’émission de lumière par le point source S1 n’a aucune raison d’être liée
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Sciences Physiques MP* Cours – 6
sur le plan temporel avec l’émission par le point source S2 . L’émission des trains d’ondes étant complètement
aléatoire, en général, les trains d’ondes seront déphasés au cours du temps de la quantité ϕ21 (t). Ceci est illustré
sur la figure 8.
s1 (t)
t
ϕ21 ϕ21 ϕ21
s2 (t)
Figure 8 – Déphasage aléatoire ϕ21 (t)
Le caractère aléatoire du déphasage ϕ12 (t) entraı̂ne que sur des durées supérieures à la durée τ des trains
d’ondes, les moyennes suivantes sont nulles :
< ϕ12 (t) >= 0 et en particulier < cos(A + ϕ12 (t)) >= 0
La superposition des ondes au point M donne :
s(M, t) = s01 exp i(ω1 t − ~k1 · ~r1 ) + s02 exp i(ω2 t + ϕ21 (t) − ~k2 · ~r2 )
Posons φ1 = ω1 t− ~k1 ·~r1 et φ2 = ω2 t+ ϕ21 (t)− ~k2 ·~r2 , alors s(M, t) = s01 exp iφ1 + s02 exp iφ2 . L’éclairement
est obtenu par E = βs(M, t)s∗ (M, t) :
√
Finalement, on trouve : E(M, t) = E1 +E2 +2 E1 E2 cos[(ω2 −ω1 )t+ ~k1 ·~r1 − ~k2 ·~r2 +ϕ21 (t)]. N’oublions pas
que les récepteurs moyennent le signal d’éclairement reçu sur des durées supérieures à la durée des trains d’onde
et donc que l’éclairement enregistré est la moyenne temporelle de l’expression précédente. on trouve donc :
p
Eperçu(M ) = E1 + E2 + 2 E1 E2 < cos φ(t) >
avec φ(t) = (ω2 − ω1 )t + ~k1 · ~r1 − ~k2 · ~r2 + ϕ21 (t).
3.2 Conditions d’interférences
La plupart du temps, le calcul de la moyenne sur de grandes durées par rapport aux temps caractéristiques
d’évolution de (ω2 − ω1 )t et de ϕ21 (t) entraı̂nera < cos φ(t) >= 0. Dans ces conditions, l’éclairement résultant
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7 – Cours Sciences Physiques MP*
de la superposition des deux ondes sera la simple superposition des éclairements individuels, on dit qu’il n’y a
pas d’interférences :
Pas d’interférences : Eperçu(M ) = E1 + E2
La seule façon de rendre la moyenne < cos φ(t) >6= 0 est de rendre ce terme indépendant du temps :
Les sources doivent être synchrones :
On doit réaliser ω1 = ω2 = ω. Cela signifie que les longueurs d’ondes seront les mêmes. Deux ondes
lumineuses de longueurs d’ondes différentes ne peuvent donner lieu à des interférences. Les vecteurs d’ondes
2π 2π
auront la même norme ~k1 = ~u1 et ~k2 = ~u2 . dans ces conditions, on aura :
λ λ
~k1 · ~r1 − ~k2 · ~r2 = 2π (r1 − r2 ) = 2π δ
λ λ
Ce terme fait intervenir la différence de marche δ = r1 − r2 . N’oublions pas que le raisonnement est effectué
a priori dans le vide. Si le milieu avait été d’indice de réfraction n sur tout le trajet S1 M , on aurait obtenu
δ = nr1 − r2 .
δ
Avec des sources synchrones, on a : φ(t) = 2π + ϕ12 (t).
λ
Les sources doivent être cohérentes :
Pour le moment, cette notion signifiera que le déphasage ϕ12 (t) n’est plus une fonction du temps et par
conséquent n’est plus aléatoire : ϕ12 = Constante. La réalisation de cette condition est impossible sauf si l’on
considère que :
Les deux ondes arrivant en M doivent être issues de la même source S
δ δ
Dans ces conditions, on a : ϕ12 = Constante = 0. On a alors φ = 2π et < cos φ >= cos 2π . Il y a
λ λ
interférences puisque Eperçu 6= E1 + E2 :
p δ
Interférences : Eperçu(M ) = E1 + E2 + 2 E1 E2 cos 2π
λ
3.3 Ordre d’interférences
On appelle ordre d’interférences
√ le nombre p sans dimension tel que δ = pλ. La fonction d’éclairement
devient E(M ) = E1 + E2 + 2 E1 E2 cos 2πp, on abandonne le qualificatif perçu sans oublier que l’éclairement
qui nous est accessible est toujours une moyenne temporelle. À partir de la formule précédente, on constate que
plusieurs cas de figure sont intéressants :
Ordre p éclairement
Franges Brillantes p ∈ Z entier relatif Maximum
1
Franges Sombres p = (n + ) avec n ∈ Z Minimum
2
Intermédiaire p ∈ R réel quelconque Emin < E < Emax
Prenons l’exemple où E2 = 16E1 , on obtient alors E = E1 (17 + 8 cos 2πp), l’éclairement moyen est Emoy =
17E1 . Cette fonction est représentée sur la figure 9. L’image située à droite donne une idée de l’éclairement et
donc de la répartition de l’énergie en fonction de l’ordre.
E
b b b b b b b b b
-4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 p
Figure 9 – Ordre d’interférences
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Sciences Physiques MP* Cours – 8
3.4 Notion de contraste
Le contraste C (ou encore visibilité V ) est défini par :
Emax − Emin
C=
Emax + Emin
C’est un nombre compris entre 0 et 1 qui permet de se rendre compte de l’observabilité des franges d’in-
terférences. plus il est proche de 1, plus les franges brillantes se distinguent des franges sombres. Au contraire,
lorsqu’il est proche de 0, les franges brillantes et les franges sombres ont des éclairements voisins de l’éclairement
moyen. Le cas idéal est C = 1 que l’on obtient dans le cas où les conditions d’interférences sont réunies et où
E1 = E2 = E0 . La formule de l’éclairement est alors donnée par :
δ
E(M ) = 2E0 (1 + cos 2π )
λ
La fonction d’éclairement est représentée sur la figure 10.
E
b b b b b b b b b
-4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 p
Figure 10 – Contraste maximal
On peut voir sur les figures 11, 12 et 13 des enregistrements réalisés dans un contexte un peu différent où
la fonction d’éclairement n’a pas tout à fait la forme présentée avant, ici elle est représentée en fonction d’une
coordonnée sur un diamètre notée x. Dans le dernier cas présenté à la figure 13, on peut constater que les franges
d’interférences ne sont quasiment plus visibles.
0 x
Figure 11 – Contraste C ≃ 0, 8
E
0 x
Figure 12 – Contraste C ≃ 0, 4
E
0 x
Figure 13 – Contraste C < 0, 1
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9 – Cours Sciences Physiques MP*
4 Cohérence
4.1 Cohérence spatiale
Dans la partie 3, nous avons donné des conditions d’obtention des interférences plutôt restrictives puisqu’en
fait celles-ci étaient obtenues uniquement dans le cas où un seul atome émettait une vibration monochroma-
tique, la lumière empruntant deux chemins différents pour atteindre le point M . L’expérience nous montre que
l’observation d’interférences s’obtient aussi avec des sources lumineuses réelles dimensionnées à notre échelle.
Imaginons une source composée d’un grand nombre d’atomes mais d’extension petite par rapport aux dimen-
sions du dispositif d’interférences comme les distances r1 et r2 et surtout par rapport à la différence r1 − r2 .
r1i − r2i
Chaque atome de cette source est responsable d’un éclairement de la forme Ei (M ) = 2E0i (1 + cos 2π ).
λ
Si l’on somme toutes les contributions des différents points de la source alors on a :
X r1i − r2i
E= 2E0i (1 + cos 2π )
i
λ
En général, cette somme de sinusoı̈des déphasées ne produit pas grand chose de remarquable, de clairement
perceptible. Le contraste de la figure d’interférences est faible. C’est ce que l’on peut constater sur la photographie
de la figure 14.
Source
Diaphragme ouvert
= Contraste faible
source large
Figure 14 – Source large et contraste faible
Pour aller vers un meilleur contraste, on réduit la taille de la source grâce au diaphragme. Comme la
source est de petite dimension devant r1i − r2i , nous considérerons que, pour tous les atomes de cette source,
r1 − r2
r1i − r2i ≃ r1 − r2 . On peut donc corriger l’expression précédente pour écrire Ei (M ) = 2E0i (1 + cos 2π .
λ
L’éclairement total sera la somme des éclairements puisque les différents atomes sont incohérents entre eux
N N
X r1 − r2 X
ϕij = f (t). On aura donc E(M ) = 2( E0i ) 1 + cos 2π . En notant E0i = E0 , on retrouve la
i=1
λ i=1
formule fondamentale des interférences :
r1 − r2
E = 2E0 (1 + cos 2π )
λ
Pour la source de petite taille, on parle de cohérence spatiale. Mais nous verrons par la suite dans des
développements théoriques comment l’extension d’une source lumineuse fait diminuer le contraste d’une figure
d’interférences. On parle de perte de cohérence spatiale. Sur les photographies de la figure 15 où la source est
rendue ponctuelle grâce à un diaphragme relativement bien fermé, on observe un meilleur contraste par rapport
à la photographie de la figure 14 où peut voir que le contraste a été perdu en même temps que le diaphragme a
été ouvert.
On comprend donc que plus une source sera large plus il sera difficile d’observer correctement des franges
d’interférences. Nous verrons toutefois plus loin que dans certains dispositifs d’interférences, on peut quand
même observer dans de bonnes conditions de contraste les franges d’interférences avec une source relativement
large.
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Sciences Physiques MP* Cours – 10
Source
Diaphragme fermé
=
source fine Contraste élevé
Figure 15 – Source ponctuelle et contraste élevé. Sur la photographie, on voit un disque vert et un petit disque
noir au centre. Le disque noir correspond à la lumière transmise et donc à la taille du diaphragme utilisé. Le
disque vert correspond à la lumière de la source réfléchie vers l’appareil photo puisque la réflexion s’effectue sur
les pièces métalliques permettant de plus ou moins fermer le diaphragme.
4.2 Cohérence temporelle
Lorsque des sources seront polychromatiques, chaque longueur d’onde λ du spectre donnera son propre
système d’interférences puisque que nous avons vu que seules des ondes de même pulsation peuvent interférer.
L’éclairement total sera aussi la somme des éclairement. On aura :
X δ
E(M ) = 2E0i (1 + cos 2π )
i
λi
La formule précédente ne s’adapte correctement qu’à un ensemble discret de longueurs d’ondes, c’est-à-dire
à un spectre de raies toutes considérées comme monochromatiques. C’est un modèle relativement bien adapté
aux lampes spectrales comme celles à mercure Hg ou à sodium Na.
Par contre, si la source lumineuse présente un spectre continu la somme précédente va devenir une intégrale.
Compte tenu de la présence de la longueur d’onde λ au dénominateur, il est plus simple de décrire le spectre
c 1
de la source en fréquence f = ou en nombre d’onde σ = . Chaque domaine de fréquence infinitésimal df
λ λ
va contribuer à l’éclairement à raison de A(f )df où A(f ) est la densité spectrale d’éclairement en fréquence.
De la même façon, chaque domaine infinitésimal de nombre d’onde dσ contribuera à l’éclairement à raison de
B(σ)dσ où B(σ) est la densité spectrale d’éclairement en nombre d’onde. Le calcul de l’éclairement résultant de
la superposition de tous les systèmes d’interférences dus à toutes les longueurs d’ondes présentes dans le spectre
sera donné par :
Z f2 Z σ2
δ
E(M ) = A(f )(1 + cos 2π f )df ou bien E(M ) = B(σ)(1 + cos 2πδσ)dσ
f1 c σ1
D’une façon générale, la superposition de tous les systèmes d’interférences fait perdre assez rapidement le
contraste. Ceci est illustré sur les figures 16 et 17.
Figure 16 – Source monochromatique et contraste élevé
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11 – Cours Sciences Physiques MP*
Figure 17 – Source blanche et contraste faible
Sur les photographies de la figure 17, on peut voir que le contraste a été perdu en enlevant le filtre vert qui
était utilisé pour les photographies de la figure 16. On comprend donc que plus une source aura un spectre large
plus il sera difficile d’observer correctement des franges d’interférences. Nous verrons toutefois plus loin que
dans certains dispositifs d’interférences, on peut quand même observer dans de bonnes conditions de contraste
les franges d’interférences avec une source polychromatique.
On peut aussi comprendre le phénomène de perte du contraste ou encore brouillage en observant ce qu’il se
passe pour 3 longueurs d’ondes λbleu , λvert et λrouge . L’interfrange étant différent, on a progressivement depuis
l’ordre p = 0 où les trois longueurs d’onde donnent une frange brillante, un décalage progressif des franges
brillantes de chaque longueur d’onde et, bien sûr, aussi des franges sombres. Voir la figure 18.
p=0
p=0
p=0
p=0
p=0
Figure 18 – Brouillage par superposition de 3 longueurs d’onde
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Sciences Physiques MP* Cours – 12
Si on utilise une source de lumière blanche, c’est-à-dire une source présentant un spectre continu entre
400 nm et 800 nm, on peut voir que le brouillage se produit beaucoup plus rapidement. Une fois le brouillage
important, on obtient une teinte plutôt blanchâtre, on appelle cela un blanc d’ordre supérieur. Si on sélectionne
une petite zone 1 de l’intensité lumineuse grâce à un capteur dans la zone du blanc d’ordre supérieur et que l’on
passe cette intensité dans un analyseur de spectre, on voit que le spectre obtenu n’est pas continu entre 400 nm
et 800 nm mais qu’il présente des zones de longueur d’onde sans intensité lumineuse, ces zones sont appelées
cannelures sombres. On parle alors de spectre cannelé. Cela nous montre que le blanc d’ordre supérieur n’est
pas tout à fait blanc. . . Voir la figure 19.
blanc d’ordre
zone analysée
supérieur
ordre p élevé
p=0
spectre de la lumière de la zone analysée
cannelure sombre
Figure 19 – Brouillage obtenu avec une source de lumière blanche - Spectre cannelé
4.3 Longueur de cohérence
Revenons au cas théorique d’une source ponctuelle S et monochromatique. Cette situation théorique est
un modèle relativement acceptable pour un laser. Le laser le plus courant en TP et le laser hélium-néon dont
la longueur d’onde est λ = 632, 8 nm. Sa faible largeur spectrale ∆λ = 10−3 nm permet de le qualifier de mono-
chromatique. Toujours grâce aux résultats de l’analyse de Fourier, nous allons calculer la durée caractéristique
τ des trains d’ondes :
On appelle longueur de cohérence la distance parcourue, a priori dans le vide, par l’onde pendant la durée
d’émission du train d’onde :
lcohérence = cτ est aussi la longueur moyenne des trains d’ondes.
1. La taille de la zone dépend de la résolution du capteur utilisé.
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13 – Cours Sciences Physiques MP*
Dans le cas du laser précédent, on trouve :
Plaçons nous dans un contexte où un train d’onde se trouve divisé en deux, chaque partie suivant un chemin
différent pour atteindre le point M où les deux ondes se superposent. Nous avons appelé δ = r1 − r2 la différence
de marche. Observons les trains d’ondes au cours de leur progression sur les figures 20 et 21.
lcohérence
r2
r1
les trains d’ondes se superposent
Figure 20 – Longueur de cohérence - δ < lcohérence
lcohérence
r2
pas d’interférences
r1
Figure 21 – Longueur de cohérence - δ > lcohérence
Comme on peut le comprendre sur les figures 20 et 21, une condition supplémentaire apparaı̂t sur la
différence de marche :
δ < lcohérence = cτ
4.4 Conclusion
On retiendra que lorsque la cohérence n’est pas assurée, il ne peut pas y avoir d’interférences ! L’éclairement
résultant sera la somme des éclairements. Dans le cas où toutes les conditions d’interférences sont réunies, on
utilisera pour les interférences à deux ondes la formule :
δ Emax δ
E(M ) = 2E0 (1 + cos 2π ) ou E(M ) = (1 + cos 2π )
λ 2 λ
En pratique, pour obtenir des interférences on utilisera deux types de dispositifs : les dispositifs à division
du front d’onde et les dispositifs à division d’amplitude.
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Sciences Physiques MP* Cours – 14
5 Dispositif d’Young
5.1 Présentation du dispositif et des observations
Le dispositif d’Young datant de est schématisé à la figure 22. Il est constitué, ici pour simplifier, par
une source ponctuelle, qui émet une onde dont on va utiliser deux parties différentes du front d’onde - on parle
de dispositif interférentiel à division du front d’onde - pour générer deux ondes qui vont interférer après passage
par les deux trous d’Young.
Division du
front d’onde
Figure 22 – Dispositif schématique d’Young
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À la figure 23, peut avoir une idée plus précise de ce que l’on voit sur l’écran par rapport à la figure
22 où la représentation était plutôt schématique. Sur l’image de droite, on a utilisé un laser pour percevoir
les interférences. On constate que les interférences sont modulées par une évolution plus lente de l’intensité
lumineuse. Cette modulation est due à la diffraction qui se produit au niveau de chaque trou d’Young. Nous
avons rencontré cette situation dans l’étude de la diffraction qui avait été faite, alors, sur des fentes en géométrie
cartésienne alors qu’ici l’observation porte sur des trous d’Young à géométrie cylindrique. Cela modifie la
fonction enveloppe à évolution lente mais cela ne change rien de fondamental.
Figure 23 – Observation sur l’écran dans la situation des trous d’Young
À la figure 24, on trouve des simulations de l’évolution de l’amplitude à gauche et de l’intensité à droite.
Ces simulations sont disponibles à l’adresse suivante :
[Link]
Figure 24 – Simulation des interférences dans le cas des trous d’Young
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Sciences Physiques MP* Cours – 16
5.2 Calcul des interférences à grande distance dans un plan parallèle à l’axe des
sources
5.2.1 Calcul de la différence de marche
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