Comprendre le Système Immunitaire
Comprendre le Système Immunitaire
immunitaire
système biologique de défense de
l'organisme
Les principaux effecteurs du système immunitaire sont les cellules immunitaires appelées
leucocytes (ou globules blancs) produites par des cellules souches, au sein de la moelle
osseuse rouge.
2. les mécanismes de défense non spécifique ou innée ou naturelle dérivant des cellules
de la lignée myélocytaire ;
Cette séparation en trois couches n’empêche pas une interaction très importante des
couches entre elles.
Les cellules de l'immunité innée sont produites par la lignée myélocytaire. Les cellules de
l'immunité adaptative sont produites par la lignée lymphocytaire.
Un seul type de cellule est produite par les deux lignées : la cellule dendritique.
Schéma d'hématopoïèse avec la lignée myélocytaire et lymphocytaire. Les cellules dendritiques peuvent venir à la fois
de la lignée lymphocytaire et de la lignée myélocytaire (elles ne sont pas représentées sur ce schéma)
Lignée lymphocytaire
Les cellules lymphocytaires tueuses (ou lymphocytes NK, sigle de l'anglais Natural Killer,
signifiant « tueur naturel ») sont les cellules tueuses du système immunitaire inné. Elles
détectent les cellules infectées par les virus et les détruisent.
Lignée myélocytaire
Responsable de la production des hématies et plaquettes, cette lignée donne naissance à
des cellules impliquées dans le système immunitaire inné et dans le système immunitaire
adaptatif en produisant des cellules portant les antigènes des agents pathogènes pour les
présenter aux cellules du système immunitaire adaptatif :
Les neutrophiles sont des cellules du système immunitaire inné s’attaquant aux agents
pathogènes et les détruisant. Cette destruction peut aboutir à la destruction de la cellule
elle-même aboutissant à la formation de pus.
Un dernier type de cellules impliquées dans les réactions allergiques, les cellules
mastocytaires et les basophiles.
Mécanismes de défense
L'organisme se défend contre les dysfonctions de ses cellules et les agressions, c'est-à-dire
des processus qui ont pour conséquence de détruire des êtres vivants. Ces agressions
peuvent revêtir différentes formes :
agression par des agents chimiques (acides, bases, etc.) ou autres éléments
(aluminium, etc.) ;
des agressions par d'autres êtres vivants : un organisme constitue pour un autre
organisme un endroit idéal pour le développement de ses propres cellules et aussi pour un
certain nombre de microorganismes qui pourraient y proliférer, il s'agit alors d'une
infection. Les agresseurs dans ce cas peuvent être : des virus, des bactéries, des
champignons, des levures, des helminthes ou des prions.
Barrières physiques
La peau est le premier, le plus grand et le plus important élément du système de défense :
il empêche l'entrée de la plupart des corps étrangers. Les épithéliums cutanés secrètent
des peptides anti-microbiens dès la pénétration d'un agent pathogène. Ils secrètent aussi
des cytokines et des chimiokines.
Les personnes qui perdent trop de peau, par brûlure par exemple, risquent de succomber à
des infections. Pour éviter cela, elles sont placées dans des chambres hospitalières
maintenues aussi stériles que possible.
Les muqueuses (ou tissus continus) qui recouvrent les voies oropharyngiennes et
digestives, ainsi que les voies respiratoires et urogénitales, constituent également une
barrière physique. Les cellules très étroitement juxtaposées sont imperméables à la
plupart des agents infectieux. En surface de certaines muqueuses, un film de mucus
animé par les battements de cils vibratiles permet de fixer, enrober puis évacuer vers
l'extérieur la plupart des particules ou êtres vivants intrus.
La peau et les muqueuses sont recouvertes d'une flore bactérienne dite « normale » qui
protège, souvent par concurrence, des microorganismes pathogènes.
Système de défense inné
Le système immunitaire inné est déclenché par des récepteurs cellulaires reconnaissant des
structures moléculaires uniques aux agents pathogènes ou par des molécules signifiant les
dégâts.
Les cellules résidentes sont les premières activées en cas de franchissement de la barrière
épithéliale (cutanée, respiratoire ou intestinales) par un microbe.
Macrophage
Les macrophages ont une plus grande capacité de phagocytose que les granulocytes
neutrophiles, et, lorsqu'ils phagocytent un microorganisme, des voies cellulaires internes les
stimulent, ce qui les rend plus efficaces dans leurs tâches.
Mastocyte
Ces cellules contiennent des granules contenant des substances vasodilatatrices comme
l'histamine. Cette substance en vasodilatant le vaisseau entraîne une diminution de la vitesse
de circulation du sang permettant au leucocyte neutrophile de traverser la paroi vasculaire.
Cellule dendritique
Les cellules dendritiques qui dérivent aussi des monocytes sont des cellules présentatrices
d'antigènes. Leur rôle est de capturer un microbe au site d'infection, de migrer vers les tissus
lymphoïdes et de présenter les antigènes du microbe aux lymphocytes T à l'aide d'une
molécule de CMH. Ce type de molécule joue un rôle très important dans la réaction
immunitaire primaire[4].
Leucocyte neutrophile
Leucocyte éosinophile
Les granulocytes éosinophiles sont présents en très petite quantité dans l'organisme. Ils ont
une faible capacité de phagocytose, mais ils sont essentiels dans le combat contre les
parasites présents dans l'organisme. Ils se lient à la paroi du parasite et libèrent des enzymes
qui vont causer des dommages importants à celui-ci.
Leucocyte basophile
Les leucocytes basophiles sont les plus rares des leucocytes. Leur taux est si faible que
l'absence de leucocyte basophile au cours d'une numération formule sanguine ne doit pas
être considérée comme anormale.
Monocyte
Les monocytes représentent 5 % des leucocytes. Ils circulent dans le sang et migrent vers un
tissu où ils se transformeront par la suite en macrophages[5]. Les macrophages et les
cellules dendritiques sont des cellules résidentes dans les tissus sous-épithéliaux.
Molécules de l'immunité innée
Il existe quatre grands groupes de molécules intervenant dans l'immunité innée : les peptides
anti-microbiens, le système du complément, l'interféron I alpha et I beta et les protéines de la
phase aiguë dont la plus utilisée en pratique médicale est la protéine C reactive.
Mécanisme de la phagocytose
L'introduction d'un agent infectieux, comme une bactérie gram négatif, au cours d'une piqûre
à travers la peau déclenche dans les minutes qui suivent la libération de peptides anti-
microbiens et de cytokines par les cellules de l'épithélium cutané[6].
La liaison TLR-PPR va déclencher des événements qui diffèrent selon le type cellulaire. Au
niveau des mastocytes, elle entraînera la libération d'histamine, celle-ci déclenchant la
dilatation des vaisseaux aboutissant à un ralentissement de la circulation sanguine. Au
niveau des macrophages et des cellules dendritiques, elle entraînera la libération des
cytokines et des chimiokines; les chimiokines vont attirer les leucocytes une fois que ceux-ci
ont traversé l’endothélium de la paroi vasculaire. La liaison TLR-PPR active une voie de
signalisation qui va déclencher une synthèse de protéine anti-microbienne.
Si le système inné n'arrive pas à contenir l'infection, la cellule dendritique va se diriger vers un
ganglion lymphatique par les canaux lymphatique. Elle va se maturer au cours du voyage.
Dans le ganglion, elle présentera à la cellule T CD4 + auxiliaire des petits morceaux de 30 à
40 acides aminés de la bactérie phagocytée. Cette présentation de l’antigène se fait par son
complexe majeur histocompatibilité de classe II.
L'immunité adaptative repose sur 3 acteurs : les organes lymphoïdes, les lymphocytes B et
les lymphocytes T. Ces 3 acteurs vont permettre de reconnaître un agent pathogène, de le
signaler et de déclencher soit l'immunité humorale soit l'immunité cellulaire. Que ce soit
l'immunité humorale ou l’immunité cellulaire, l'immunité adaptative ne se déclenchera que si
cet antigène porte aussi un récepteur cellulaire de pathogénicité montrant bien la complexité
et l'interaction des deux immunités:
Le non-soi d'un individu est défini par des récepteurs cellulaires ou toute autre
molécule différente du soi qui sont ainsi reconnus comme étrangers par notre
organisme. Le non-soi déclenche une réaction immunitaire. La reconnaissance du
non-soi se calque sur celle du soi, y compris au sein des liquides circulants
extracellulaires, lymphatiques, veineux, artériels mais aussi des différents mucus (voir
ci-dessus). Les immunoglobulines portés par les membranes des globules blancs et
les immunoglobulines dissoutes se fixent sur les molécules présentes dans ces
différents liquides. En l'absence de molécules HLA, ou si cette molécule est inconnue,
le système immunitaire la reconnaît comme du non-soi et déclenche la mort
programmée ou apoptose. Une des limites d'efficacité et de sensibilité du système
immunitaire repose donc sur la spécificité de la distinction entre le soi et le non-soi:
Par exemple, les lymphocytes et les plasmocytes ne pénètrent pas dans certains
tissus comme ceux du cerveau ou de la thyroïde, ils ne les reconnaissent donc
pas comme du soi. Qu'une inflammation s'y installe, ou que ces cellules entrent à
leur contact, et ils les identifieront comme du non-soi, puis ils secréteront des
anticorps qui s'y fixeront pour les détruire, ce qui initiera une réaction dite auto-
immune qui ira en s'amplifiant.
Le problème est similaire pour les muqueuses où la frontière entre le soi et le non-
soi est très ténue. Des molécules habituellement bien tolérées peuvent donc y
devenir allergisantes quand elles pénètrent dans des espaces d'où elles devraient
être absentes.
Organes lymphoïdes
Les organes lymphoïdes comprennent le thymus, la moelle osseuse, la rate, les amygdales,
l'appendice et les ganglions lymphatiques.
Immunité humorale
Le système immunitaire humoral agit contre les bactéries et les virus avant leur pénétration
dans les cellules. Les cellules responsables de la destruction des pathogènes extra-
cellulaires sont les lymphocyte B agissant en sécrétant des anticorps.
Lymphocyte B
Fonction du lymphocyte B
Les lymphocytes B sont le support de l'immunité humorale. Ils possèdent à leur surface des
récepteurs, nommés BCR, B Cell Receptor ou récepteurs des cellules B. Chaque lymphocyte B
possédée plusieurs BCRs mais pour un seul agent pathogène. Ce BCR est une
immoglobuline membranaire formée de 2 chaînes légères et de 2 chaînes longues. Il existe
autant de lymphocytes B que de pathogènes. L'ensemble des lymphocytes B est appelé le
répertoire des lymphocytes B. Chaque BCR possède 2 sites de fixations à l'antigène.
Le lymphocyte B avant d'être activé est appelé naïf. L'activation du lymphocyte B par
l'intermédiaire des BCR déclenche une expansion clonale du lymphocyte activé, avec
production de cellule mémoire, et déclenche à distance des cellules produisant des
anticorps. Ces cellules produisant des anticorps sont appelés plasmocytes. L'activation du
lymphocyte B par un antigène nécessite l'implication des cellules lymphocytaires T CD4.
Les lymphocytes B sont nommés B car ces lymphocytes ont été découverts chez l'oiseau
dans la bourse de Fabricius ; par la suite le « B » fut conservé car c'est l'initiale de bone
marrow (l'anglais de moelle osseuse) qui correspond au lieu de maturation de ces cellules à
la suite d'une exposition à une interleukine (molécule chimique permettant le clonage des
lymphocytes B et leur différenciation) produite par les lymphocytes T4.
Anticorps ou immunoglobulines
Schéma d'un anticorps avec les parties constantes en bleu et les parties variables en rose.
Structure
Ses principaux moyens d'action sont les immunoglobulines, aussi appelées anticorps. Les
anticorps sont des molécules ayant une forme de « Y » formées de quatre chaînes
polypeptidiques : deux chaînes légères (environ 200 acides aminés chacune) et deux chaînes
lourdes (environ 450 acides aminés chacune)[4].
Les chaines légères ont des régions constantes et des régions variables. Les régions
variables dépendent de la régulation somatique. Les anticorps ont une forme en Y. La barre
verticale du Y est constituée de deux chaînes lourdes constantes qui vont déterminer la
fonctionnalité de l’immunoglobuline. Les deux barres inclinées du Y sont formées chacune
d'une chaîne lourde et d'une chaîne légère, chacune ayant une partie constante et une partie
variable qui est responsable de la spécificité de l'anticorps.
Fonctions
Il existe 5 classes d'anticorps : les IgM, les IgG, les IgA, les IgE et les IgD. Les IgM sont les
premiers anticorps à être produits lorsque le corps reconnaît un nouvel antigène. Ceux-ci se
retrouvent dans le corps sous forme de pentamère et ils sont très efficaces pour activer le
complément. Les IgG sont la classe d'anticorps la plus retrouvée dans le sang, c'est aussi la
seule classe d'anticorps qui peut traverser le placenta et donner au fœtus une immunité
passive. Les IgA se retrouvent dans les sécrétions (salive, larme, mucus, etc.) sous la forme
de dimères. De plus, la présence de ce type d'anticorps dans le lait de la femme permet aux
nouveau-nés de recevoir une immunité passive durant la période d'allaitement. Les IgE sont
les anticorps impliqués dans les réactions allergiques puisqu'ils provoquent la libération
d'histamine et d'autres substances impliquées dans ce genre de réaction par les
granulocytes basophiles. Finalement, les IgD sont retrouvés à la surface des lymphocytes B
dits « naïfs » (qui n'ont pas encore été exposés à un antigène) et servent de récepteurs
cellulaires à ceux-ci. Contrairement aux quatre autres classes d'anticorps, les IgD ont une
région transmembranaire qui leur permet de se fixer à la membrane cellulaire des
lymphocytes B[4].
l'activation du complément ;
l'élimination d'agents pathogènes trop gros pour être phagocytés, comme un ver. Les
anticorps se lient au niveau du ver et activent la libération de substances toxiques par les
cellules éosinophiles. C'est la cytotoxicité dépendante des anticorps ou ADCC (Antibody
Dependent Cytotoxycity).
Immunité cellulaire
Lymphocyte T
Les peptides formés en permanence par la cellule par la dégradation protéique intracellulaire
et portés par les MHC à l'extérieur de la cellule permettent aux lymphocytes T de vérifier la
"santé" de la cellule. En cas d'infection virale, les MHC vont présenter à l'extérieur des
peptides viraux qui vont être reconnus par les lymphocytes T. Il en est de même lors d'une
greffe d'organe après laquelle les MHC produits seront reconnus comme n’appartenant pas à
l'organisme (au soi) risquant de déclencher un rejet de greffe[4].
Le système immunitaire cellulaire s'occupe des cellules infectées par des virus, bactéries, et
les cellules cancéreuses. L'action s'effectue via les lymphocytes T. Les lymphocytes T sont
capables d'interagir avec les cellules de l'organisme grâce à leurs récepteurs cellulaires T ou
TCR (T Cell Receptor) formés de deux chaînes polypeptidiques: la chaîne α (alpha) et la
chaîne β (bêta). Ces récepteurs sont tout aussi spécifiques aux antigènes que les anticorps
ou que les récepteurs de lymphocytes B, mais, contrairement aux anticorps et aux récepteurs
de lymphocytes B, les récepteurs de lymphocytes T ne reconnaissent que de petits antigènes
qui doivent être présentés par une molécule de CMH à la surface d'une cellule infectée[4].
Aux lymphocytes T s'ajoutent aussi les lymphocytes NK (natural killer). Ces cellules sont
impliquées dans une réponse à mi-chemin entre spécifique et non spécifique, selon les
situations. Ils jouent notamment un rôle en début de grossesse, le fœtus devant se protéger
contre eux pour pouvoir survivre dans le ventre de sa mère.
MHC Class 1
Lorsqu'un agent pathogène pénètre dans une cellule, il reste dans le cytoplasme ou infecte
les vacuoles. Les mécanismes pour détruire l'agent différent selon sa localisation et
expliquent en partie l'existence de deux familles de MCH, les MCH I et MCH II :
Les MHC I sont produites par les infections cytoplasmiques. Ils activent les lymphocytes T
CD 8 qui possèdent le récepteur CD 8. Ces cellules jouent un rôle prédominant dans
l'infection virale. Les lymphocytes T CD 8 sont nommés lymphocytes cytotoxiques ou CTL.
En effet, la liaison de CD8 sur la molécule de CMH permet de garder le lymphocyte T et la
cellule infectée liés plus longtemps, ce qui favorise l'activation du lymphocyte. Une fois
activé, le lymphocyte T cytotoxique libère des protéines, comme la perforine ou des
granzymes qui provoquent la formation de pores dans la paroi cellulaire de la cellule infectée,
entraînant sa mort. Cela a pour effet de priver le pathogène d'un lieu de reproduction et de
l'exposer aux anticorps et aux leucocytes phagocytaires qui circulent dans la région
infectée[4]. Les MHC I sont présents sur toutes les cellules nuclées de l'organisme. Les
hématies ne possèdent donc pas de MHC I.
Les MHC II sont présents sur un nombre très restreint de cellules : cellules dendritiques,
macrophages et lymphocytes B.
Les MHC II sont produits par les infections vacuolaires ou la phagocytose. Ils activent les
lymphocytes T CD 4 qui possèdent le récepteur CD 4. Les lymphocytes T CD 4 sont nommés
lymphocytes helpers ou auxiliaires. En activant les TCD4, ceux-ci libèrent des cytokines
transformant les lymphocytes B en plasmocytes sécrétant des immunoglobulines.
Pour que la cellule lymphocytaire B produise des anticorps spécifiques et que le lymphocyte
T CD8+ naïf se transforme en lymphocyte T CD8 tueur, il faut deux signaux :
un signal donné par le lymphocyte T CD4+ helper après activation par la cellule dendritique
Première étape : la présentation de l’antigène par la cellule dendritique
Première étape: présentation de l'antigène et activation de la T CD4 + par la synapse immunologique
La cellule dendritique est une cellule immunitaire résidant dans le derme ou dans le tissu
conjonctif sous-épithélial des bronches ou de l'intestin. Dès l’introduction d'un pathogène,
elle va être activée par les molécules émises par les cellules de l'épithélium (les peptides
anti-microbiens et les cytokines pro-inflammatoires: l' interleukine-1, l' interleukine-6 et
l'interféron-1 alpha et beta).
Durant son transport et dans le ganglion, la cellule dendritique coupe le microbe en morceaux
compris entre 30 et 50 acides aminés. Ces morceaux vont être présentés aux lymphocytes T
CD4+ auxiliaires grâce au complexe majeur d'histocompatibilité de type II (MCH II). C'est la
présentation de l'antigène.
La présentation de l’antigène à une cellule B naïve. Deux signaux sont nécessaires pour produire des
immunoglobulines. Ce double signal explique la présence d'adjuvant dans les vaccins. La cellule dendritique ayant
transféré l’antigène dans la cellule T n'est pas représentée.
Le même microbe qui a été reconnu par la cellule dendritique se fixe sur les récepteurs des
cellules B. Cette fixation va entraîner une activation et un processus aboutissant à la
présentation de peptides microbiens par les complexes majeurs d'histocompatibilité de type
II (MCH II) au récepteur du T CD4+ : c'est le premier signal.
Le lymphocyte T CD4+ va reconnaître que ce peptide est le même que celui présenté par la
cellule dendritique: c'est le deuxième signal.
Quatrième étape : l’activation des lymphocyte T CD8+ tueurs par la cellule T CD4+
auxiliaire
En
Uniquement sécrétant Oui, par les
La
les des lymphocytes
substance Par la
Lymphocyte peptides, substances T nommés
Intracellulaire doit être cellule
T des toxiques lymphocytes
portée par dendritique
substances dans la T helper ou
un MHC
très petites cellule TCD4
infectée
L'introduction d'un agent infectieux, comme un virus, déclenche dans les minutes qui suivent
la libération de peptides anti-microbiens et de cytokines par les cellules de l'épithélium
cutané.
Deuxième étape : Mobilisation des cellules présentes dans les vaisseaux sanguins
Les molécules citées ci-dessus vont aller se fixer sur les récepteurs PRR des macrophages,
des mastocytes et de la cellule dendritique. Les mastocytes vont relâcher des granules
d'histamine qui ont des capacités vasodilatatrices, ce qui va dilater les parois des vaisseaux
sanguins et donc ralentir la vitesse de la circulation sanguine pour permettre au granulocytes
de traverser la paroi vasculaire. Les macrophages eux, vont relâcher des chimiokines qui vont
se fixer sur les récepteurs PRR des granulocytes et vont les attirer dans le vaisseau sanguin.
Les cellules dendritiques vont capturer un microbe et migrer jusqu'aux vaisseaux
lymphatiques et aux ganglions, où ils vont présenter une molécule MHC II au lymphocyte T4.
Troisième étape : Mise en action des granulocytes présents dans les tissus
Grâce à la dilatation des vaisseaux produite par les mastocytes et grâce aux chimiokines, les
granulocytes présents dans les tissus vont traverser la paroi vasculaire. Les granulocytes
neutrophiles vont phagocyter, les ganulocytes basophiles vont relâcher de l'histamine, qui va
déclencher la réaction inflammatoire, et les granulocytes éosinophiles vont se lier à la paroi
du parasite et libérer des enzymes qui vont causer des dommages importants à celui-ci.
Si l'inflammation n'est pas contrôlée par le système inné, les lymphocyte T4 vont activer les
lymphocytes B spécifiques au microbe à l'aide d'une cytokine, l'interleukine 2. Les
lymphocytes B vont alors produire des anticorps.
Les peptides anti-microbiens qui sont libérés en premier par les cellules de l'épithélium
cutané vont se fixer aux récepteurs du lymphocyte qui va alors s'activer. Il va libérer tout
d'abord de la perforine, une protéine qui va créer des pores dans la paroi des cellules
infectées. Il va ensuite libérer du granzime, une protéase à sérine qui va pénétrer par ces
pores et induire l'apoptose (mort de la cellule).
Les anticorps vont se fixer sur les antigènes de la bactéries ou de virus. Cela s'appelle
l'opsonisation. Ensuite les anticorps présentent le microbe aux macrophages. Les
macrophages activent la phagocytose grâce aux récepteurs FCR.
Mémoire immunologique
Chaque individu acquiert en vieillissant une « mémoire immunologique »[2]. Elle conserve un
certain temps les traces de « lutte » passée contre des pathogènes ou parasites, et des
cellules spécifiques, permettant une réaction immunitaire plus rapide et efficace. Cette
mémoire se constitue de manière naturelle, ou à l'aide de vaccins mais semble se dégrader
avec l'âge (phénomène d'immunosénescence).
Une étude en 2015[2], basée sur la comparaison de la santé de « vrais » et « faux » jumeaux
(210 jumeaux au total, de 8 à 82 ans, suivis pour plus de 200 paramètres de leur système
immunitaire, ce qui est une première en nombre de paramètres d'intérêt immunologique),
confirme qu'après la naissance, l'environnement a plus d'effets que nos gènes sur le
fonctionnement et l'efficacité de notre immunité, notamment via l'exposition antérieure de
l'organisme à des agents pathogènes (et/ou à des vaccins)[2]. Les réponses différentes des
vrais jumeaux à la vaccination anti-grippale montrent aussi que les réactions (production
d'anticorps) ne dépendent pratiquement pas des traits génétiques mais presque entièrement
de l'éducation immunitaire de chacun, et donc de nos relations antérieures à l'environnement
microbien et parasitaire (dans ce cas liées à des contacts précédents avec diverses souches
du virus de la grippe[2]). Face au cytomégalovirus, qui sommeille dans une fraction
importante de la population humaine (ne causant que rarement des symptômes), les
conclusions sont les mêmes[2].
Maladie chronique
S'il s'attaque aux cellules de l'organisme qui ne sont pas pathologiques (par mauvaise
reconnaissance), il va alors se créer une maladie auto-immune qui va se caractériser par une
inflammation continue de certains tissus ou par la nécrose complète de certains tissus (par
exemple le diabète de type I).
S'il y a un défaut du système immunitaire, dans ce cas les pathogènes ou les cancers
pourront se développer plus aisément.
Maladie génétique
Notes et références
2. Conover E (2015) "Environment, more than genetics, shapes immune system ([Link]
[Link]/biology/2015/01/environment-more-genetics-shapes-immune-system) ",
American Association for the Advancement of Science ; Latest news, publié 15 janvier
2015
. (en) Katherine Radek et Richard Gallo, « Antimicrobial peptides: natural effectors of the
innate immune system », Seminars in Immunopathology, vol. 29, no 1, 18 avril 2007,
p. 27–43 (ISSN 1863-2297 ([Link] et 1863-
2300 ([Link]
DOI 10.1007/s00281-007-0064-5 ([Link] lire en
ligne ([Link] , consulté le 18 avril 2020)
7. (en) Hajime Kono et Kenneth L. Rock, « How dying cells alert the immune system to
danger », Nature Reviews Immunology, vol. 8, no 4, avril 2008, p. 279–289 (ISSN 1474-
1741 ([Link]
PMID 18340345 ([Link]
PMCID PMC2763408 ([Link]
DOI 10.1038/nri2215 ([Link] lire en ligne ([Link]
[Link]/articles/nri2215) , consulté le 17 avril 2020)
. (en) T. Kawai et S. Akira, « TLR signaling », Cell Death & Differentiation, vol. 13, no 5,
mai 2006, p. 816–825 (ISSN 1476-5403 ([Link]
r), DOI 10.1038/[Link].4401850 ([Link] lire en ligne
([Link] , consulté le 17 avril 2020)
11. DeWitt, W., Lindau, P., Snyder, T., Vignali, M., Emerson, R., & Robins, H. (2014). Replicate
immunosequencing as a robust probe of B cell repertoire diversity. arXiv preprint
arXiv:1410.0350.
Voir aussi
Bibliographie
En français
Jacques Thèze, La Force du système immunitaire : Vers de nouveaux traitements des plus
grandes maladies, Paris, Éditions Odile Jacob, 2015, 320 p. (ISBN 978-2-7381-3216-1)
Charles Janeway, Kenneth Murphy, Paul Travers et Mark Walport (en), Immunobiologie,
3e édition, traduction de Pierre L. Masson, éditions De Boeck, 2009.
Articles connexes
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Immunité passive Phagocyte
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