Qualité et certification des établissements de santé
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1. Introduction
La qualité dans les établissements de soins est une des orientations majeures de
la politique de santé du gouvernement marocain. Les premiers pas du ministère de la
Santé dans la démarche qualité datent des années quatre-vingt-dix. A partir de 2001,
le ministère a développé un programme national d’assurance qualité, qui a constitué
le cadre de référence des interventions visant l’amélioration de la qualité des soins et
des services.
Généralement, l'objectif pour le monde médical reste clairement l'amélioration
de la qualité des soins. Ceci montre l'importance d'une démarche structurée, d'un
contexte où les objets sont explicitement énoncés, et de la mobilisation d'acteurs
souhaitant contribuer à l'amélioration de la qualité des soins au quotidien.
Dans le présent travail nous allons commencer par l’origine de la démarche
qualité d’une manière générale, la seconde étape est de présenter la démarche qualité
dans les établissements de santé, ses enjeux et ses facteurs clés de succès, puis nous
analysons les volets certification/accréditation de ces établissements pour le système
français ainsi que pour le Maroc, sous objectif d’éclaircir les points de différences et
de mettre en évidence les différences entre les deux programmes certification et
accréditation, la question dans cette partie est la suivante : Quelle est la place des
établissements de santé marocains dans le monde de certification ?
La dernière partie est une étude de cas d’un établissement de santé marocain et
précisément de deux pôles administratifs, cette étude a pour but de répondre à la
question suivante : Quel est le niveau de maturité du centre hospitalier marocain
étudié par rapport à la démarche qualité ? (Selon l’échantillon présenté qui est les
deux pôles administratifs). Afin de débuter la mesure du niveau de maturité de cet
établissement par rapport à la démarche qualité, nous avons conçu et utiliser un outil
d’autoévaluation inspiré de la norme ISO 9001 V.2008, des bonnes pratiques
professionnelles, et du manuel EFQM V.2013 « European Fondation for Quality
Management ».
La démarche qualité vise à réduire l’écart entre les attentes ou les besoins des
bénéficiaires (le service attendu), l’engagement du prestataire ou son offre (le
service déclaré), et les prestations effectivement fournies (le service rendu). La
diminution de cet écart dépend de la capacité du prestataire à mettre en œuvre ce à
quoi il s’est engagé, mais aussi de sa capacité à formaliser les attentes – parfois
implicites – du bénéficiaire, et à négocier le contenu possible des prestations avec ce
dernier (Galin, 2011).
Concernant le domaine de la santé, le développement des démarches qualité
répond à l’injonction collective de faire mieux avec moins de moyens, mais la
question de la qualité est fortement liée à celle de la mise sous contrainte des
ressources du système hospitalier, dans ce contexte la grande interrogation étant « la
réduction ou la modération de l’évolution des coûts ne se traduisent-elles pas par des
soins de moins bonne qualité ? » (Minvielle, 2003). De nombreuses réformes ont
essayé d’y répondre. C’est ainsi que la qualité a d’abord croisé la question de
l’évaluation des pratiques professionnelles. L’idée sous-jacente était que
l’hétérogénéité des pratiques médicales ou infirmières était un frein à une certaine
qualité. Il s’avérait donc nécessaire de produire des pratiques de référence pour
encourager une harmonisation des pratiques (Mayere, 2011).
Contandriopoulos et al. (2000), distingue trois étapes dans l’évolution des
démarches qualité :
4 CIGIMS 2015, EST de Fès, les 21, 22 et 23 mai 2015
Pour que les établissements de santé puissent atteindre leur objectif, il existe des
règles de base de la démarche qualité qu’il faut prendre en compte (Galin, 2011) :
La conformité du service, aux textes législatifs, aux textes professionnels de
bonnes pratiques et à la satisfaction des usagers ;
La prévention : l’organisme doit mettre en place des procédures, prenant en
compte les risques pour le client de recevoir un service non-conforme (actions
préventives, gestion des risques,…) ;
La mesure de la qualité : celle-ci doit être régulièrement mesurée à l’aide
d’indicateurs ;
L’amélioration permanente du service rendu : recherche, identification et
correction des dysfonctionnements affectant la production du service et
générant des coûts de non qualité. Ce principe doit faire appel à des outils et
une réflexion des équipes pour rechercher des solutions nouvelles ;
La responsabilisation ou l’implication de tous les individus dans cette
démarche, afin de pouvoir dépasser les cloisonnements et mettre en évidence
les dysfonctionnements, les zones de non communication ou
d’incompréhension ;
La qualité dans les établissements de soins est une des orientations majeures de
la politique de santé du gouvernement marocain (Mohssine et al., 2012). Les
premiers pas du ministère de la Santé dans la démarche qualité datent des années
quatre-vingt-dix. A partir de 2001, le ministère a développé un programme national
d’assurance qualité, qui a constitué le cadre de référence des interventions visant
l’amélioration de la qualité des soins et des services (Giz, 2013).
1. La HAS est une autorité publique indépendante qui contribue à la régulation du système de
santé par la qualité. Elle exerce ses missions dans les champs de l'évaluation des produits de
santé, des pratiques professionnelles, de l’organisation des soins et de la santé publique
Démarche qualité et certification des établissements de santé 7
Le premier outil Qualité est le concours qualité qui met en compétition les
différentes structures selon le niveau de soins dispensés (soins de santé de base,
maisons d’accouchement, maternités hospitalières, hôpitaux), et concerne aussi les
structures d’accompagnement comme les directions régionales de santé et certaines
délégations du ministère (Doctinews, 2015).
L´approche CQ est considérée par le Ministère de la santé comme base du
système national de qualité. Elle initie les structures à la démarche d’auto-évaluation
et d’audit et les prépare au système d’accréditation (Giz, 2013), et cela en initiant
des changements d’une manière participative.
5.1. Méthodologie
N° Axes
Axe 1 Système de Management qualité
Axe 2 Leadership
Axe 3 Personnel
Axe 4 Satisfaction Client
Les réponses sont reportées dans la grille EXCEL du questionnaire. Pour chaque
axe les questions sont listées, avec une case de réponse pour chaque question ou
élément, alors la cotation de chaque élément s’effectue sous forme de phrase, et la
colonne " Degré de réalisation " ne peut y avoir qu'une seule expression des
réponses suivantes:
Totalement réalisé
Des progrès considérables
Quelques Progrès
Pas encore démarré
Non applicable
Cette grille est programmée pour qu’une fois les réponses soient effectuées, elle
les traduit sous forme de score totale d’axe ramené sur 100. Quand l’élément n’est
pas totalement réalisé et il est applicable, il se multiplie par un variable selon la
réponse, afin de faciliter le choix des actions d’amélioration prioritaires.
Cette traduction fait apparaître une couleur allant du vert (81- 100%) pour un
système conforme aux exigences et recommandations, à rouge pour un système non
conforme (0 - 50%).
Le tableau contenant les axes, le nombre d’élément, et leurs résultats, se traduit
finalement par un diagramme illustrant les différentes données, et donnant lieux à
une base de réflexion bien claire.
L’établissement est constitué des pôles administratifs, des pôles médicaux et des
pôles médico-techniques, et comme il est déjà mentionné, cet outil d’auto-évaluation
est destiné à être utilisé par les différents pôles du centre hospitalier, mais vue le
manque de temps et la non disponibilité des acteurs, on n’a pas toujours reçu toutes
les réponses.
Radar est un moyen de comparaison entre axe car il nous reflète le degré de prise en
compte de chaque axe par pôle.
[Link]. Présentation des résultats du pôle A
20 120,0%
18
16 100% 100,0%
95%
90%
14 85%80,0%
84%
12 75%
67%
10 64% 60,0%
57%
8
42% 40,0%
6
4 20,0%
2
0 0,0%
Axe 1 Axe 2 Axe 3 Axe 4 Axe 5 Axe 6 Axe 7 Axe 8 Axe 9 Axe 10
Score
81 - 100%
51- 80%
0 - 50%
Elements Corrections % Conformité
Analyse des 10
8 Leadership
données &…
6
Evaluation,mesure 4
Personnel
& suivi 2
0
Satisfaction client
Formation et Approche
sensibilisation du… processus
Communication
interne et…
Figure 3. Diagramme Radar du pôle A (le score est ramené sur 10)
Les résultats nous permettent de déduire que le pôle A respecte les principes de
management qualité, puisque 50% des axes se retrouvent dans la zones verte, 40%
sont dans la zone orange et seulement 10% se situent dans la zone rouge, le seul axe
qui nécessite d’être corrigé en premier est l’axe N°1 (41.7. Enfin et selon la colonne
de nombre de corrections par élément (Tableau 2) les deux axes 3 et 6 doivent être
parmi les priorités du plan d’action, juste après l’axe 1.
[Link]. Présentation des résultats du pôle B
20 120,0%
18
100% 100% 100,0%
16
92%
14 85%
80,0%
12 75% 71% 75%
71%
67%
10 60,0%
8 50%
40,0%
6
4
20,0%
2
0 0,0%
Axe 1 Axe 2 Axe 3 Axe 4 Axe 5 Axe 6 Axe 7 Axe 8 Axe 9 Axe 10
Score
81 -
51- Elements Corrections % Conformité
0 - 50%
10
Analyse des
8 Leadership
données &…
6
Evaluation,mesure 4
Personnel
& suivi 2
0
Satisfaction client
Formation et Approche
sensibilisation du… processus
Communication
interne et…
Figure 5. Diagramme Radar du pôle B (le score est ramené sur 10)
Démarche qualité et certification des établissements de santé 13
D’après les résultats présentées ci-dessus, nous pouvons conclure que le pôle B
applique la démarche qualité, puisqu’il n’y a aucune correction majeure à mettre en
œuvre (selon la colonne des corrections : voire le Tableau 3), mais ça ne veut pas
dire que tous les axes sont respectés, car 60% de ces derniers se positionnent dans la
zone orange, et seulement 30% sont dans la zone verte, ce qui nous laisse déduire
que le seul axe présent dans la zone rouge avec un pourcentage de 50% sera plus en
danger, s’il ne sera pas entamer en premier à l’aide d’un plan d’amélioration.
5.2.2. Performance de l’établissement par axe par rapport aux deux pôles A et B
Pour évaluer l’impact de la démarche qualité au sein de l’établissement de santé,
il est nécessaire de mesurer la performance de l’établissement en calculant le score
moyen pour chaque axe, et c’est en prenant en compte les différents pôles de
l’établissement, dans notre cas nous allons appliquer ça par rapport aux deux pôles
du centre hospitalier.
générale, pour que la démarche qualité soit prise en compte par tout le personnel, et
soit appliquée correctement, l’établissement de santé doit inciter à une
communication interne efficace entre personnel et surtout entre pôles pour que les
bonnes pratiques se partagent par la communication.
Concernant l’utilisation de l’outil pour les pôles, elle permet la visualisation
pragmatique du déploiement de la démarche qualité au sein de chaque pôle. Elle
autorise la réalisation du benchmarking et favorise la comparaison entre pôles ou
secteurs d’activité en vue d’améliorer la performance. Le pôle peut ainsi être le
promoteur de sa propre dynamique managériale dans le pilotage de sa politique
qualité et plus largement dans la gouvernance du pôle. C’est finalement réaliser
l’intégration des démarches qualité dans le management au quotidien du pôle en
cohérence avec le projet d’établissement hospitalier, c’est-à- dire mettre en œuvre le
management par la qualité.
Enfin il est a noté que le « changement-bon » ou l’amélioration continue est un
élément clé de toute démarche; les facteurs de succès sont la focalisation sur le client
généralement et le patient en particulier, la description du processus observé dans la
réalité, le travail en équipe et la mise à l’essai des changements apportés aux
processus. Les points clés d'un changement bon sont l'amélioration des
compétences, l'ouverture d'esprit vers les nouvelles règles de gestion et le contrôle
de résistance.
7. Conclusion et perspective
Dans une démarche qualité, l’outil « auto-évaluation » est une brique essentielle
dans le processus d’accréditation. Les résultats de la performance de l’établissement,
objet de l’étude, par axe par rapport aux deux pôles A et B montre que
l’établissement présente plus de résultats moyennement conformes, car ils existent
plus d’axes situés dans la zone orange, ce qui nous permet de conclure que
l’établissement respecte la mise en œuvre de la démarche qualité, mais nous ne
pouvons pas dire que cette démarche et mature jusqu’au positionnement de tous les
axes dans la zone verte, et cela ne peut se réaliser sans la mise en place des actions
d’amélioration correctives. D’une manière générale, pour que la démarche qualité
soit prise en compte par tout le personnel, et soit appliquée correctement,
l’établissement de santé doit inciter à une communication interne efficace entre
personnel et surtout entre pôles pour que les bonnes pratiques se partagent par la
communication.
In fine, dans l’objectif de garder à cet outil ses qualités pédagogiques et sa
capacité à induire une dynamique, ses éléments seront périodiquement revus et cela
permettra de faire évoluer le niveau d’exigence à atteindre pour les établissements
de santé.
16 CIGIMS 2015, EST de Fès, les 21, 22 et 23 mai 2015
Références
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