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Actualités de l'astronomie mai-juin 2018

Le magazine présente des avancées scientifiques et techniques dans le domaine spatial, notamment des découvertes sur des exoplanètes et des étoiles. Il aborde également la possibilité de bases humaines sur la Lune et Mars, suggérant qu'elles pourraient être situées sous terre pour se protéger des radiations et des météorites. Enfin, des informations sur des instruments astronomiques et des événements célestes récents sont également incluses.

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Actualités de l'astronomie mai-juin 2018

Le magazine présente des avancées scientifiques et techniques dans le domaine spatial, notamment des découvertes sur des exoplanètes et des étoiles. Il aborde également la possibilité de bases humaines sur la Lune et Mars, suggérant qu'elles pourraient être situées sous terre pour se protéger des radiations et des météorites. Enfin, des informations sur des instruments astronomiques et des événements célestes récents sont également incluses.

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cover FR.

qxp_l'astrofilo 30/04/2018 15:27 Page 57

L E M A G A Z I N E M U LT I M É D I A G R AT U I T Q U I V O U S T I E N T A U C O U R A N T D E L’ A C T U A L I T É S P AT I A L E

bimestriel d’information scientifique


et technique ✶ Mai-Juin 2018

Skylights, le retour
aux grottes
Un hôtel de
luxe en orbite
terrestre

L’Hypothèse Silurienne,
de quoi réfléchir
• WASP-39b : beaucoup d’eau dans l’atmosphère • ALMA voit une éruption puissante sur Proxima Centauri
• MATISSE, sur le VLT, collecte sa première lumière stellaire • La première galaxie sans matière noire dans l’univers proche
• Hubble découvre l’étoile la plus éloignée jamais observée • Une étoile à neutrons isolée au-delà de notre galaxie

[Link] ● [Link] ● info@[Link]


colophon FR_l'astrofilo 30/04/2018 15:28 Page 2

Dall Kirkham 350 mm


f/20 Occlusion 23%
oPTIQUE En Supremax 33 PAR Schott
StruCTURE DE CARBONE - cellule à 18 points
flottants - mise au point motorisé
2,5" Feather Touch - Système de ventilation
et d'aspiration de la couche limite
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colophon FR_l'astrofilo 30/04/2018 15:28 Page 3

S O M M A I R E
MAGAZINE BIMESTRIEL

4
D'INFORMATION SCIENTIFIQUE Skylights lunaires et martiennes, le retour aux grottes
ET TECHNIQUE, DISTRIBUÉ
GRATUITEMENT PAR INTERNET
Les illustrateurs et les concepteurs ont presque toujours représenté les futurs établissements humains sur
la Lune et Mars sous la forme de structures modulaires facilement identifiables du ciel. Il est au contraire
très probable que les premières bases extraterrestres seront cachées sous terre, au sein de formations...
Mai-Juin 2018

14
Une étoile à neutrons isolée au-delà de notre galaxie
De nouvelles images spectaculaires, créées à partir de clichés de télescopes terrestres et spatiaux, racontent
l’histoire de la recherche d’un objet disparu insaisissable caché au milieu d’un enchevêtrement complexe
de filaments gazeux dans le Petit Nuage de Magellan, à environ 200000 années-lumière de la Terre. De...

18
L’étoile S0-2 convient pour tester la théorie de la relativité
Les astronomes ont la ‘voie libre’ pour un test passionnant de la théorie de la relativité générale d’Einstein,
grâce à une nouvelle découverte sur l’état de l’étoile S0-2. Jusqu’à présent, on pensait que S0-2 pouvait
être une binaire, un système où deux étoiles proches tournaient autour d’un centre de gravité commun...

22
Un hôtel de luxe en orbite terrestre
Rendre l’espace accessible à tous. C’est le slogan le plus utilisé par les compagnies aérospatiales privées
qui, de plus en plus nombreuses, se proposent comme tour-opérateurs capables d’offrir des vacances en
orbite terrestre. Cependant, tous les projets proposés jusqu’ici n’ont abouti à rien, mais le dernier arrivé...
édition Française du magazine

ASTROFILO
l’

30
WASP-39b : beaucoup d’eau dans l’atmosphère
Directeur responsable Tout comme les détectives étudient les empreintes digitales pour identifier le coupable, les scientifiques
Michele Ferrara ont utilisé les télescopes spatiaux Hubble et Spitzer de la NASA pour identifier les empreintes digitales de
l’eau dans une exoplanète chaude, enflée et aussi grande que Saturne, à environ 700 années-lumière...
Conseiller scientifique
Prof. Enrico Maria Corsini

32
Éditeur MATISSE, sur le VLT, collecte sa première lumière stellaire
Astro Publishing di Pirlo L. MATISSE (pour Multi AperTure Interferometry and SpectroScopic Experiment) observe les longueurs d’onde
Via Bonomelli, 106 infrarouges de 3 à 13 micromètres (µm) de longueur d’onde, situées entre les domaines visible et micro-
25049 Iseo - BS - ITALY onde du spectre électromagnétique. MATISSE figure parmi les instruments de spectro-interférométrie de...
email info@[Link]

Internet Service Provider

36
Aruba S.p.A.
Via San Clemente, 53
ALMA voit une éruption puissante sur Proxima Centauri
24036 Ponte San Pietro - BG - ITALY À l’aide de données provenant du Atacama Large Millimeter/ submillimeter Array (ALMA), une équipe
d’astronomes a découvert qu’une puissante éruption stellaire a éclaté sur Proxima Centauri au mois de
Copyright mars 2017. Cette découverte, publiée dans The Astrophysical Journal Letters, soulève des questions...
Tout le contenu du magazine est, sauf
mention expresse, la propriété de Astro
Publishing di Pirlo L. ou inclus avec la

38
permission de l’auteur. La reproduction L’Hypothèse Silurienne, de quoi réfléchir
ou la diffusion totale ou partielle du
Nous savons si peu de choses sur la vie sur Terre avant l'apparition des hominidés, qu'il y a peut-être
contenu, de quelque manière que ce
même existé une civilisation industrielle antérieure à la nôtre, sans que nous en ayons conscience.
soit, sans l’accord écrit préalable du dé-
Maintenant, deux scientifiques expliquent comment chercher les traces de cette civilisation hypothétique...
tenteur des droits, est une violation de
copyright. Une copie unique du contenu
peut être réalisée, seulement pour un

48
usage personnel et non-commercial.
L’utilisateur ne peut distribuer une telle
Kepler résout le mystère des explosions rapides et violentes
copie à d’autres, sous forme électro- L’univers est plein de phénomènes explosifs se produisant dans l’obscurité. Un type particulier d’événement
nique ou non, à titre payant ou non, éphémère, appelé FELT (Fast-Evolving Luminous Transient), a dérouté les astronomes pendant une décennie
sans l’accord écrit préalable du déten- en raison de sa très courte durée. Maintenant, le télescope spatial Kepler de la NASA, conçu pour chasser...
teur du copyright. L’éditeur peut être
contacté pour obtenir les droits de
sources iconographiques non spécifiées.

52
La première galaxie sans matière noire dans l’univers proche
Publicité - Administration
Astro Publishing di Pirlo L.
Les galaxies et la matière noire vont ensemble comme du beurre sur une tartine. Vous ne trouverez géné-
Via Bonomelli, 106 ralement pas l’un sans l’autre. Par conséquent, les chercheurs ont été surpris quand ils ont découvert
25049 Iseo - BS - ITALY une galaxie où il manque la plupart, sinon la totalité, de sa matière noire. Substance invisible, la matière...
email admin@[Link]
skylights FR_l'Astrofilo 30/04/2018 15:26 Page 4

4 PLANÉTOLOGIE

Skylights lunaires
le retour aux grot
par Michele Ferrara
relu par Audrey et Charles Choné

Les illustrateurs et les concepteurs ont presque toujours représenté les


futurs établissements humains sur la Lune et Mars sous la forme de
structures modulaires facilement identifiables du ciel. Il est au contraire
très probable que les premières bases extraterrestres seront cachées
sous terre, au sein de formations géologiques capables de défendre les
colons contre les dangers de l’espace.

MAI-JUIN 2018
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PLANÉTOLOGIE 5

es et martiennes,
ottes

E
L
ntrainement des es êtres humains coloniserons un jour la pratiquement dépourvue d’atmosphère et
astronautes de Lune et Mars. Avant que cela n’arrive, l’atmosphère de Mars est extrêmement ra-
l’ESA dans les tubes des solutions efficaces doivent être réfiée au point que la pression à la surface
de lave de Lanza- trouvées aux deux principales menaces met- ne représente que 0.6% de celle de la Terre.
rote. Les futures
tant en danger la sécurité de ceux qui, même Sans une atmosphère adéquate, les rayons
bases extraterres-
tres pourraient être pour des périodes relativement courtes, vi- ultraviolets et les rayons X du Soleil sont à
implantées dans vront dans des bases lunaires et martiennes. eux seuls plus que suffisants, à la fois sur la
des environne- Ces deux menaces sont le rayonnement so- Lune et sur Mars, pour affecter sévèrement
ments similaires. laire nocif et le bombardement de météo- toute forme de vie qui n’est pas convenable-
[ESA/S. Sechi] rites. Comme nous le savons tous, la Lune est ment protégée. Il en va de même pour les

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météorites qui, comme


des balles de fusil, impac-
tent la surface lunaire
sans freinage. L’atmo-
sphère martienne raré-
fiée fournit peu de pro-
tection, capable seule-
ment de désintégrer des
météorites dans cer-
taines limites de masse et
de composition.
Il est concevable qu’un
établissement humain
permanent sur la Lune
ou sur Mars puisse effica-
cement protéger ses ha-
bitants contre les ra-
diations nocives et les
changements brusques
de température entre le
jour et la nuit, mais très
peu contre l’impact des
météorites même de
taille modeste. Beaucoup
de lecteurs ont certaine-
ment vu les photogra-
phies des météorites métalliques scintillantes
que les rovers martiens ont rencontrés au
cours de leurs voyages. Elles mesurent plu-
sieurs dizaines de centimètres et ne pèsent L es Marius Hills
sont peut-être
des lucarnes don-
que quelques kilo-
grammes : que se pas- nant sur des tubes
de lave dans d’an-
serait-il si un objet de
ciennes régions vol-
ce type tombait sur
caniques lunaires.
une infrastructure ha- Cette image LROC
bitée ? est, à ce jour, l’image
La priorité de la future la mieux résolue de
colonisation des corps cette structure. La
planétaires du Sys- largeur de l’image
tème Solaire sera donc représente 1200m.
de protéger les bases [NASA/GSFC/Arizona
contre le rayonne- State University]
ment solaire incessant A gauche, les
et l’impact occasion- images des même
structures observées
nel (mais probable à
avec une lumière so-
long terme) de mé- laire incidente diffé-
téorites plus petites. rente, prises par le
Une des solutions les SELENE/Kaguya Ter-
plus populaires serait rain Camera and
de recouvrir les bases, Multiband Imager.
au moins celles de la [JAXA/SELENE]
Lune, de quelques
mètres de régolithe, le
matériau poussiéreux

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PLANÉTOLOGIE 7

U n exemple de
tube de lave :
le sol constituait
typique qui entoure
la surface de notre
satellite.
le lit de la rivière Cette solution est
de lave qui y cou-
certainement appro-
lait à mesure
priée pour la défense
qu’elle s’échappait
du sous-sol.
contre les radiations
[Dave Bunnell] nocives et les micro-
Ci-dessous, la ca- météorites, mais elle
verne de Mare In- peut s’avérer ineffi-
genii est presque cace contre les im-
deux fois plus pacteurs de plusieurs
grande que celles dizaines de centimè-
des Marius Hills. tres de diamètre ou
[NASA/Goddard/ plus. En outre, un
ASU] problème d’ingénie-
rie se pose, qui
consiste à envoyer à
la surface lunaire (ou pire : martienne) les problème qui croît proportionnellement à la
machines nécessaires pour creuser, porter et taille de la base à installer et à protéger.
déposer des centaines ou des milliers de Habiter serait beaucoup plus simple s’il y
tonnes de régolithe. avait des structures géologiques sur la Lune
La mise en place d’une telle quantité de ré- et Mars capable de protéger naturellement
golithe sur les bases est un obstacle impor- les futurs établissements humains. Étonnam-
tant à la réalisation de projets de ce type, un ment, de telles formations semblent exister
sur les deux corps, et ces der-
niers temps les chercheurs en
ont recueilli des preuves de
plus en plus convaincantes.
Les structures géologiques en
question sont de longs tun-
nels souterrains qui peuvent
être assez grands pour ac-
cueillir la population d’une
petite ville. Les signes de la
présence de ces formations
remontent aux années 60,
lorsque la surface de notre sa-
tellite a été photographiée et
examinée avec une attention
toute particulière pour pré-
voir les alunissages d’Apollo.
Les chercheurs avaient noté
sur les images de nombreux
canaux étroits et longs, ser-
pentant dans des anciennes
zones d’effusions volcaniques
(essentiellement, des mers de
lave et le fond de grands cra-
tères d’impact).
Parmi les différentes hypo-
thèses proposées pour expli-
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8 PLANÉTOLOGIE

quer l’origine de ces canaux, appelées « rilles »,


il a été avancé que ces canaux étaient à l’ori-
: un flux de lave a émergé à la surface et, en
suivant le relief du territoire sur lequel elle L es lucarnes dé-
couvertes sur
la Lune dont cer-
gine des tubes de lave pétrifiés dont les toits a coulé, cette lave a été canalisée le long
se sont effondrés. d’une légère pente. En raison de la tempé- taines pourraient
être l’accès à des
Des rilles sont également présentes dans les rature plus basse de l’environnement exté-
tubes de lave.
zones volcaniques terriennes (Hawaï, Is- rieur, la surface externe du flux s’est re-
Des explorations
lande, Queensland australien, îles Galapa- froidie et s’est solidifiée, en créant un vrai plus poussées se-
gos, Lanzarote et Sicile) et le mécanisme par tuyau de lave. Lorsque l’éruption a cessé, la ront nécessaires
lequel elles se sont formées est plutôt simple lave restante dans le tube est sortie, en lais- pour révéler la
sant derrière la coquille vide et froide.
L a ville de Philadelphie est représentée dans présence de ca-
un tube de lave. Une équipe de l’Université À ce stade, de nombreux facteurs externes vernes. [LROC
de Purdue a étudié la stabilité de tubes de peuvent agir sur la structure. Si le toit du images, ASU]
laves larges de plus d’un kilomètre sur la Lune. tube n’est pas suffisamment épais et solide
[Purdue University/courtesy of David Blair] pour supporter la roche solidifiée, il peut

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PLANÉTOLOGIE 9

U n tube de
lave typique
sur la face nord
s’effondrer sur lui-
même, révélant l’exis-
tence du tunnel vu du
du Arsia Mons ciel. Une rille est née.
dans la province
Cependant, le toit du
volcanique des
tube de lave ne s’ef-
Tharsis sur Mars.
Ces structures
fondre pas toujours.
sont des lucarnes Dans ce cas, il reste un
ouvrant sur des long tunnel qui est
réseaux de presque impossible à
conduits souter- distinguer de la sur-
rains. [NASA/JPL/ face environnante vu
University of Ari- de dessus.
zona] Ci-dessous, La largeur de ce tun-
une vue hypo- nel dépend de la
thétique de ce masse et, par consé-
même tube de
quent, de la gravité
lave souterrain.
du corps planétaire à la surface duquel le Jusqu’au début de la décennie, l’existence de
tunnel s’est formé. Les modèles mathéma- tunnels ailleurs que sur Terre était encore
tiques indiquent que sur Terre, un tube de débattu, mais entre 2009 et 2010, il y a eu
lave peut mesurer jusqu’à 30 mètres de large ; un tournant. Les sondes Kaguya (JAXA) et
sur Mars, la limite est proche de 250 mètres ; Lunar Reconnaissance Orbiter (NASA) ont
sur la Lune, il pourrait exister des tubes de réussi à photographier des cavités qui don-
lave jusqu’à 5 km de large et des centaines nent accès à de vastes espaces dans le sous-
de km de long. sol lunaire. Plus de 200 de ces cavités,
appelées « lucarnes »
ont été recensées
et sont considérées
comme le résultat de
l’effondrement de
courtes sections des
toits de nombreux
tubes de lave. Dans
certains cas, sinon
tous, l’effondrement
aurait pu être dé-
clenché par l’impact
d’une petite météo-
rite, ce qui explique-
rait l’apparence ty-
piquement circulaire
ou légèrement allon-
gée de nombreuses
lucarnes.
Parallèlement à la
découverte de lu-
carnes sur la Lune,
certaines ont égale-
ment été observées
sur Mars, grâce au
Mars Reconnaissance
Orbiter.

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10 PLANÉTOLOGIE

I mage HiRISE de la lucarne sur le


volcan martien Pavonis Mons (en
haut) et image HiRISE du tube de
lave de 180m de large sur la face
sud-est du Pavonis Mons (à droite).
[NASA/JPL/Calthech]

Curieusement, l’une des lucarnes lunaires les plus cé-


lèbres, de forme circulaire visible dans les Marius Hills,
a des dimensions comparables à celles d’une célèbre
lucarne martienne dans la région de Pavonis Mons :
65 mètres de large et 80 mètres de profondeur pour
la première, et 190×160 mètres de large et au moins
115 mètres de profondeur pour la seconde. Nous ne
connaissons pas la taille des tubes reliés à ces lucarnes
et nous ne savons pas s’ils sont vides ou s’ils sont au

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PLANÉTOLOGIE 11

étanches remplis d’air


respirable. Il est impor-
tant de noter que toute
base souterraine installée
dans ces cavités souter-
raines serait naturelle-
ment protégée des va-
riations thermiques entre
le jour et la nuit, qui sont
très sévères sur la Lune et
moins extrêmes sur Mars.
L’intérêt des chercheurs
pour les tubes de lave a
considérablement aug-
menté ces dernières an-
nées. Ils planifient déjà
un orbiteur spécialisé
dans la découverte et la
mesure de ces structures
grâce à des techniques
radar, la mission LAROSS
(Lunar Advanced Radar
Orbiter for Subsurface
Sounding).

I mage THEMIS
de possibles en-
trées de tubes de
contraire, remplis de lave solidifiée. Si l’on
considère seulement les dimensions des lu-
Des programmes d’entrainement spécifiques
pour les astronautes sont déjà mis en œuvre,
carnes mentionnées ci-dessus, les tubes de tels que PANGEA (Planetary Analogical Geo-
lave sur l’Arsia lave lunaires et martiens pourraient abriter logical and Astrobiological Exercise for As-
Mons. L’ensemble
des bases humaines
a été nommé (A)
permanentes de taille
Dena, (B) Chloe,
(C) Wendy, (D)
considérable tout en
Annie, (E) Abby (à facilitant l’accès à la
gauche) et Nikki, surface par les lu-
et (F) Jeanne. carnes.
[NASA] Étant donné que ces
structures sont in-
changées depuis des
millions d’années, il
est probable qu’elles
soient suffisamment
solides et stables pour
le rester encore très
longtemps.
Par conséquent, elles
ne représentent pas
seulement une excel-
lente solution aux me-
naces externes mais
elles peuvent égale-
ment offrir la possibi-
lité de créer de grands
environnements

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PLANÉTOLOGIE

L ocalisation du Filolao Crater


proche du pôle Nord de la
Lune (sur les deux images). [NASA]
tronauts), qui forment les fu-
turs explorateurs des tubes de
lave lunaire et martiens à par-
tir de structures semblables
sur la Terre.
L’autre intérêt des tubes de
lave est la découverte, annon-
cée en janvier dernier par
l’Institut SETI et l’Institut Mars
au Lunar Science for Landed
Missions Workshop de la NASA, de trois pe- registrées par le Lunar Reconnaissance Orbi-
tites cavités dans le cratère Philolaus (70 km ter, ces nouvelles lucarnes font entre 15 et
de diamètre), à seulement 550 km du pôle 30 mètres de large et semblent complète-
nord lunaire. Identifiées dans les images en- ment sombres en raison de la faible éléva-
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V ue d’artiste tion du Soleil au-dessus de l’horizon. Il n’est aux gisements de cette précieuse ressource
de l’explora- pas possible, pour l’instant, d’affirmer avec et constituer ainsi des lieux idéaux où établir
tion d’un tunnel certitude que ces cavités permettent l’accès les premières bases lunaires. Voici ce que le
de lave par une à un ou plusieurs tunnels souterrains, néan- planétologue Pascal Lee, découvreur des
équipe d’explora- moins, leur position près du pôle nord lu- trois lucarnes, a déclaré à ce propos:
tion pour déter- naire en fait une cible privilégiée pour de « Notre prochaine étape devrait être une ex-
miner son usage futures explorations, puisque la présence ploration plus poussée, afin de vérifier si ces
comme abri natu- d’eau glacée dans les sous-sols de ces régions fosses sont vraiment des lucarnes de tube de
rel aux modules
a déjà été démontrée. Les cavités nouvelle- lave, et si elles le sont, constater si les tubes
d’habitation d’une
base lunaire.
ment découvertes pourraient donner accès de lave contiennent effectivement de la
[NASA’s Johnson glace. C’est une hypothèse
Space Center, excitante qu’une nouvelle
John R. Lowery] génération d’astronautes
À droite, une vi- ou de robots spéléologues
site virtuelle dans pourrait aider à confirmer.
le cratère Filolao. L’exploration des tubes de
[SETI Institute, lave sur la Lune nous prépa-
NASA] rera également à l’explora-
tion des tubes de lave sur
Mars. Là-bas, nous aurons la
possibilité d’étendre notre
recherche de la vie dans le
sous-sol Mars où nous pour-
rions trouver des environ-
nements plus chauds, plus
humides et plus abrités qu’à
la surface. » !

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14 CHRONIQUES DE L'ESPACE

Une étoile à neutrons


isolée au-delà
de notre galaxie
par ESO / Thierry Botti

D
e nouvelles images spectacu- L’équipe a remarqué que l’anneau
laires, créées à partir de clichés était centré sur une source de rayons
de télescopes terrestres et X qui avait été détectée des années
spatiaux, racontent l’histoire de la auparavant et désignée p1. La nature
recherche d’un objet disparu insaisis- de cette source était restée un mys-
sable caché au milieu d’un enchevê- tère. En particulier, on ne savait pas
trement complexe de filaments ga- si p1 se trouvait réellement à l’inté-
zeux dans le Petit Nuage de Magel- rieur du résidu ou derrière lui. Ce
lan, à environ 200000 années-lumière n’est que lorsque l’anneau de gaz
de la Terre. De nouvelles données de (qui comprend à la fois du néon et de
l’instrument MUSE sur le Very Large l’oxygène) a été observé avec MUSE
Telescope de l’ESO au Chili ont révélé que l’équipe scientifique a remarqué
un anneau de gaz remarquable dans qu’il encerclait parfaitement p1.
un système appelé 1E 0102.2-7219, La coïncidence était trop grande, et
s’étendant lentement dans les pro- ils se sont rendu compte que p1 de-
fondeurs de nombreux autres fila- vait se trouver dans les résidus de la
ments de gaz et de poussière en supernova. Une fois l’emplacement
mouvement rapide laissés derrière de p1 connu, l’équipe a utilisé des
après une explosion de supernova. observations en rayons X existantes
Cette découverte a permis à une de cette cible réalisées à partir de
équipe dirigée par Frédéric Vogt l’observatoire en rayon X Chandra
(membre du programme Fellow de afin de déterminer qu’il devait s’agir
l’ESO au Chili), de retrouver la pre- d’une étoile à neutrons isolée, à fai-
mière étoile à neutrons isolée à fai- ble champ magnétique.
ble champ magnétique située au- Pour reprendre les mots de Frédéric
delà de notre galaxie, la Voie lactée. Vogt : « Si vous cherchez une source

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CHRONIQUES DE L'ESPACE 15

C ette nouvelle image créée à partir d’images de télescopes au


sol et dans l’espace raconte l’histoire de la recherche d’un
objet insaisissable manquant caché au milieu d’un enchevêtre-
ment complexe de filaments gazeux dans l’une de nos galaxies
voisines les plus proches, le Petit Nuage de Magellan. L’image
d’arrière-plan provient du télescope spatial Hubble de la
NASA/ESA et révèle les traînées de gaz formant le résidu de su-
pernova 1E 0102.2-7219 en vert. L’anneau rouge avec un centre
sombre provient de l’instrument MUSE du Very Large Telescope
de l’ESO et l’image bleue provient de l’observatoire en rayons X
Chandra de la NASA. Le point bleu au centre de l’anneau rouge
est une étoile à neutrons non magnétique isolée, la première à
être identifiée à l’extérieur de la Voie lactée. [ESO/NASA, ESA
and the Hubble Heritage Team (STScI/AURA)/F. Vogt et al.]

MAI-JUIN 2018
chronicles FR_l'Astrofilo 30/04/2018 15:29 Page 16

C ette nouvelle image du télescope spatial Hubble de la NASA/ESA met en


scène l’histoire de la recherche d’un objet disparu caché au milieu d’un
enchevêtrement complexe de filaments gazeux dans l’une de nos galaxies
voisines les plus proches, le Petit Nuage de Magellan. Les traînées de gaz for-
mant le résidu de supernova 1E 0102.2-7219 apparaissent en bleu près du
centre de l’image. Une partie de la région de formation d’étoiles massives,
N 76, également connue sous le nom de Henize 1956, apparaît en vert et
rose en bas à droite. [NASA, ESA and the Hubble Heritage Team (STScI/AURA)]

ponctuelle, il n’y a rien de mieux que terstellaire, où elles finissent par for- servations optiques est donc particu-
lorsque l’Univers dessine littérale- mer de nouvelles étoiles et planètes. lièrement intéressant.
ment un cercle autour d’elle pour Généralement d’à peine dix kilomè- Liz Bartlett, co-auteure de l’article
vous montrer où regarder ». tres de diamètre, mais pesant plus (également du programme fellow
Lorsque des étoiles massives explo- que notre Soleil, on pense que les de l’ESO au Chili), résume cette dé-
sent en tant que supernovae, elles étoiles à neutrons isolées à faible couverte : « C’est le premier objet de
laissent derrière elles une toile de gaz champ magnétique sont abondantes ce genre à être confirmé au-delà de
chaud et de poussière, connue sous le dans l’Univers. la Voie lactée. Cette découverte a
nom de residus de supernova. Ces Elles sont toutefois très difficiles à été rendue possible grâce à l’utilisa-
structures turbulentes sont la clé de trouver parce qu’elles ne rayonnent tion de MUSE qui a permis de nous
la redistribution des éléments plus qu’aux longueurs d’onde des rayons orienter. Nous pensons que cela pour-
lourds (qui sont créés par les étoiles X. Le fait que la confirmation de p1 rait ouvrir de nouvelles voies de dé-
massives au fur et à mesure qu’elles en tant qu’étoile à neutrons isolée couverte et d’étude pour ces ves-
vivent et meurent) dans le milieu in- ait été rendue possible par des ob- tiges stellaires insaisissables ». !

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18 CHRONIQUES DE L'ESPACE

L’étoile S0-2 convient


pour tester la théorie
de la relativité
par Keck Observatory
révisé par Roland Boninsegna

L
es astronomes ont la ‘voie libre’ toire W. M. Keck et de l’optique ment notre capacité à mesurer le
pour un test passionnant de la adaptative à guide laser. « C’est la redshift gravitationnel. »
théorie de la relativité générale première étude qui considère S0-2 La théorie de la relativité générale
d’Einstein, grâce à une nouvelle dé- comme une binaire spectroscopique », d’Einstein prédit que la lumière pro-
couverte sur l’état de l’étoile S0-2. a déclaré l’auteur principal Devin venant d’un fort champ gravitation-
Jusqu’à présent, on pensait que S0-2 Chu de Hilo, un étudiant diplômé en nel est ‘décalée vers le rouge’. Les
pouvait être une binaire, un système astronomie avec Galactic Center chercheurs prévoient de mesurer ce
où deux étoiles proches tournaient Group UCLA. « C’est incroyablement phénomène directement à partir de
autour d’un centre de gravité com- gratifiant. Cette étude nous donne ce printemps, lorsque S0-2 sera au
mun. Avoir un tel partenaire aurait confiance que le système S0-2, même plus près du trou noir supermassif au
compliqué le prochain test de gra- binaire, n’affectera pas significative- centre de la Voie Lactée. Cela per-
vité. Mais dans une mettra à l’équipe du
étude publiée récem- Galactic Center Group
ment dans The Astro- de voir l’étoile être in-
physical Journal, une fluencée, au plus fort,
équipe d’astronomes par la force gravita-
dirigée par un scienti- tionnelle, un point où
fique d’UCLA d’Hawaï la moindre déviation à
a constaté que S0-2 n’a la théorie d’Einstein
pas de partenaire si- devrait être détectable.
gnificatif, ou au moins « Ce sera la première
un qui soit assez massif mesure de son genre »,
pour entraver les me- a déclaré le co-auteur
sures critiques dont les Tuan Do, directeur ad-
astronomes ont besoin joint du Galactic Center
pour tester la théorie Group. « La gravité est
d’Einstein. la moins bien éprouvée
Les chercheurs ont fait des forces de la nature.
leur découverte en ob- La théorie d’Einstein a
tenant des mesures passé tous les autres
spectroscopiques de
S0-2 à l’aide du OH- L ’UCLA Galactic Center Group en visite à l’Observatoire Keck, situé au
sommet du Mauna Kea, Hawaii. Les membres du groupe retourne-
ront à l’Observatoire ce printemps pour commencer les observations de
tests avec brio jusqu’à
maintenant, donc s’il y
Suppressing Infrared a des écarts mesurés,
S0-2 alors que l’étoile se déplace vers sa plus proche distance (périastre)
Imaging Spectrograph du trou noir supermassif du centre galactique. [UCLA Galactic Center Group] cela soulèverait certai-
(OSIRIS) de l’Observa- nement beaucoup de

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CHRONIQUES DE L'ESPACE 19

questions sur la nature de la gravité ! »


« Nous avons attendu 16 ans pour
suivre cet événement », a dit Chu.
L ’orbite
de S0-2
(bleu clair)
« Nous sommes impatients de voir située près
comment l’étoile va se comporter du trou noir
sous l’attraction violente du trou supermassif
noir. Est-ce que S0-2 suivra la théorie de la Voie
d’Einstein ou l’étoile défiera-t-elle Lactée ser-
nos lois actuelles de la physique ? vira à tester
Nous allons bientôt le découvrir ! » la théorie de
la relativité
L’étude nous informera également
générale
sur l’étrange naissance de S0-2 et de
d’Einstein et
ses voisins stellaires dans le S-Star à générer de
Cluster. Le fait que ces étoiles exis- nouveaux
tent si près du trou noir supermassif modèles gra-
est inhabituel parce qu’elles sont si vitationnels.
jeunes ; comment auraient-elles pu [S. Sakai/
se former dans un environnement si [Link]/W.
hostile, est un mystère. M. Keck Ob-
« La formation stellaire au centre servatory/
galactique est difficile parce que les UCLA Galac-
tic Center
forces de marée du trou noir peut
Group]
déchirer les nuages de gaz avant
qu’ils puissent s’effondrer et former
des étoiles », a déclaré Do. doit avoir été formé d’une manière S0-2 », a déclaré Chu. Cette nouvelle
« S0-2 est une étoile très spéciale et différente ». contrainte permet aux astronomes
déroutante », a déclaré Chu. « Nous Il existe plusieurs théories qui four- de mieux comprendre cet objet inha-
ne voyons généralement pas de nissent une explication possible, où bituel. « Les étoiles aussi massives
jeunes étoiles chaudes comme S0-2 S0-2 est une binaire. « Nous avons pu que S0-2 ont presque toujours un
se former si près d’un trou noir su- mettre une limite supérieure à la compagnon binaire. Nous avons de
permassif. Cela signifie que S0-2 masse d’une étoile compagnon pour la chance que l’absence d’un compa-
gnon nous facilite
L ’auteur prin-
cipal Devin
Chu de Hilo, Ha-
les mesures des ef-
fets relativistes gé-
néraux, mais cela
waii, est un étu-
diant diplômé approfondit aussi
en astronomie à le mystère de cette
l’UCLA. L’ancien étoile », a déclaré
élève de Hilo Do.
High School et Le Galactic Center
Dartmouth Col- Group envisage
lege, mène des maintenant d’étu-
recherches au dier d’autres S-
Groupe du Cen- Stars en orbite au-
tre Galactique tour du trou noir
UCLA, qui utilise supermassif, dans
l’Observatoire l’espoir de discri-
W. M. Keck
miner entre diffé-
d’Hawaï pour
rentes théories qui
obtenir des don-
tentent d’expliquer
nées scienti-
fiques. [D. Chu]
pourquoi S0-2 n’est
pas binaire. !

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20 CHRONIQUES DE L'ESPACE

Découverte d’une
enveloppe de poussiéres
autour de HR 4796A
par NASA/ESA
révisé par Roland Boninsegna

L
es astronomes ont utilisé le téles- qui se trouve dans la phase de forma- collisions entre des jeunes planètes se
cope spatial Hubble de la NASA tion d’un système planétaire. Le développant près de l’étoile, comme
pour découvrir une vaste struc- champ de débris de poussière très en témoigne un anneau lumineux à
ture de poussière complexe, d’envi- fine a probablement été créé par des 11 milliards de kilomètres de l’étoile.
ron 240 milliards de kilo-
mètres de diamètre, en-
veloppant la jeune étoile
HR 4796A.
Un anneau de poussière
intérieur, étroit et bril-
lant, est déjà connu pour
entourer l’étoile et peut
avoir été confiné par l’at-
traction gravitationnelle
d’une planète géante in-
visible.
Cette énorme structure
nouvellement décou-
verte autour du système
peut avoir des implica-
tions sur la façon dont ce
système planétaire, en-
core invisible, apparaît
autour de l’étoile vieille
de 8 millions d’années,

C ette photo du téles-


cope spatial Hubble
montre une vaste et
complexe structure de
poussière, d’environ 240
milliards de kilomètres
de diamètre, qui enve-
loppe la jeune étoile
HR 4796A. [NASA, ESA,
and G. Schneider (Uni-
versity of Arizona)]

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CHRONIQUES DE L'ESPACE 21

I mage de lumino-
sité de surface de
l'anneau de débris
de HR 4796A. [G.
Schneider et al.]

terstellaire et les
forces dues aux com-
pagnons stellaires,
peuvent avoir des
implications à long
terme dans l’évolu-
tion de tels sys-
tèmes. Les asymé-
tries grossières du
champ de poussière
externe nous disent
qu’il y a beaucoup
de forces en jeu (au-
delà de la seule pres-
sion de radiation de
l’étoile-hôte) qui dé-
placent le matériel
environnant. Nous
avons vu des effets
comme celui-ci dans
quelques autres sys-
tèmes, mais voici un
cas où nous voyons
tout un tas de choses
en même temps », a
expliqué Schneider.
La pression de rayonnement prove- rouge (HR 4796B), situé à environ 90 Bien que prévus depuis longtemps,
nant de l’étoile, qui est 23 fois plus milliards de km de l’étoile primaire. la première preuve d’un disque de
lumineuse que le Soleil, a ensuite ex- « La distribution de poussière est un débris autour d’une étoile a été dé-
pulsé la poussière loin dans l’espace. signe révélateur de l’interactivité dy- couverte en 1983 avec l’Infrared As-
Mais la dynamique ne s’arrête pas là. namique du système interne conte- tronomical Satellite de la NASA. Des
La structure extérieure plus enflée, nant l’anneau », a déclaré Glenn photographies ultérieures ont révélé
ressemble à un anneau qui a été per- Schneider, de l’Université de l’Ari- un disque de débris vu de profil au-
cuté par un camion. Il est beaucoup zona à Tucson, qui a utilisé le Space tour de l’étoile Beta Pictoris.
plus étendu dans un sens que dans Telescope Imaging Spectrograph À la fin des années 1990, les instru-
l’autre et il semble donc écrasé d’un (STIS) de Hubble pour sonder et car- ments de seconde génération de
côté, même après avoir tenu compte tographier les petites particules dans Hubble, qui avaient la capacité de
de sa projection inclinée sur le ciel. les confins du système HR 4796A, une bloquer l’éblouissement de l’étoile
Cela peut être dû au mouvement de recherche que, seule, la sensibilité de centrale, ont permis de photogra-
l’étoile hôte qui traverse le milieu in- Hubble peut accomplir. phier beaucoup plus de disques.
terstellaire, comme la vague d’étrave « Nous ne pouvons pas traiter les sys- Maintenant, de tels anneaux de dé-
d’un bateau traversant un lac. Ou tèmes de débris exoplanétaires sim- bris sont considérés comme communs
bien, c’est la conséquence d’un effet plement comme s’ils étaient isolés. autour des étoiles. Environ 40 de ces
de marée provoqué par le compa- Les effets environnementaux, tels systèmes ont été imagés à ce jour, en
gnon de l’étoile principale : une naine que les interactions avec le milieu in- grande partie par Hubble. !

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22 ASTRONAUTIQUE

Un hôtel de
luxe en orbite
terrestre

par Michele Ferrara


relu par Audrey et Charles Choné

Rendre l’espace accessible à tous. C’est le slogan le plus utilisé par les com-
pagnies aérospatiales privées qui, de plus en plus nombreuses, se proposent
comme tour-opérateurs capables d’offrir des vacances en orbite terrestre.
Cependant, tous les projets proposés jusqu’ici n’ont abouti à rien, mais
le dernier arrivé, celui de l’Aurora Station, pourrait avoir plus de chance.
En tout cas, l’espace ne sera pas accessible à tout le monde, pas encore.

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ASTRONAUTIQUE 23

L 'Aurora Station est


représentée ici à un
stade de développe-
ment très avancé, avec
plusieurs modules
ajoutés à celui qui de-
vrait entrer en orbite
en 2021. [Orion Span]

I
l n’est pas rare que le début d’une mis- en scène : le nombre de missions retar-
sion spatiale subisse un ou plusieurs dées ou annulées a augmenté en fonc-
report. Par exemple, le lancement du tion de la difficulté des objectifs à
télescope spatial James Webb, initiale- atteindre. Le secteur le plus touché par
ment prévu en 2018, puis reporté à 2019 la perte de projets est sans doute celui
est désormais attendu en 2020. Ce pro- du tourisme spatial. Il arrive souvent que
blème est devenu encore plus évident telle ou telle compagnie fasse des an-
depuis que des douzaines de compa- nonces bruyantes, en promettant d’ame-
gnies aérospatiales privées sont entrées ner des touristes en orbite terrestre

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basse dans quelques années ou de leur


permettre de faire le tour de la Lune et de
On est en droit de se demander si derrière
certains de ces projets, manifestement R eprésentation
graphique de
la structure in-
Mars, ou même de se poser sur leur sol. Le irréalisables dans les temps et les termes
plus surprenant est que ce sont les projets proposés, il n’y a pas l’intention précise terne de l'Aurora
Station, vue sous
les plus ambitieux qui sont les plus réalisa- d’amasser des capitaux et d’obtenir de la
différents angles.
bles, compte tenu des technologies et des publicité bon marché, exploitant l’hypo-
Les environne-
compétences qu’ils requièrent. thèse d’une mission sur la Lune plutôt ments sont plutôt
Mais presque toujours, quand ces projets que vers Mars. Comme d’habitude, après à l'étroit, mais
sont annoncés, ils montrent certains as- quelques années, le projet disparaît et l'ajout d'autres
pects qui nous laissent perplexes, pour ne peut-être que les mêmes concepteurs le modules rendra
pas dire suspicieux. Ils sont généralement remplacent par un autre, non moins irréa- les vacances des
encore sur le papier, loin de la phase de dé- lisable mais tout aussi utile à des fins de fi- touristes spatiaux
veloppement ; ils annoncent des dates de nancement et de publicité. assez agréables.
début de mission étonnamment proches et Certains opérateurs de tourisme spatial sont [Orion Span]
improbables (c’est un euphémisme), compte certainement animés de nobles intentions,
tenu d’un grand nombre d’obstacles qui mais jusqu’à présent, nous n’avons jamais
peuvent survenir. été en mesure de confirmer l’accomplisse-
Enfin, une partie du capital nécessaire ment, même tardif, d’un projet annoncé des
pour réaliser chaque projet est habituelle- années auparavant dans ce magazine.
ment demandée directement aux touristes Mais qui sait, peut-être serons-nous dés-
spatiaux candidats, sous forme de dépôts. avoués par le projet présenté ci-dessous, que
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ASTRONAUTIQUE 25

lars (environ 8 millions d’euros). Pour réser-


ver ces vacances hors pair, cependant, un
dépôt de « seulement » 80000 dollars (envi-
ron 65000 euros) est suffisant, et la compa-
gnie est déjà en train de recueillir des réser-
vations en ligne. Contrairement aux stations
spatiales claustrophobes jusqu’à présent
mises en orbite, la station Aurora sera dotée
de grandes fenêtres qui permettront à ses
habitants de jouir pleinement de la vision du
ciel nocturne et de la Terre.
Bien sûr, les touristes de l’espace devront sui-
vre un cours de formation spécial pour les as-
tronautes, qui dure généralement quelques
années, mais qu’Orion Span déclare vouloir
concentrer en juste 3 mois, un choix fait pour

C i-dessus, une
vidéo publiée
par Galactic Suite
nous aimerions pourtant voir aboutir. Il s’agit
d’un hôtel de luxe en orbite, conçu pour ac-
réduire une partie des coûts par rapport aux
premiers vols touristiques dans l’histoire.
cueillir quelques touristes très aisés. Appelé Tout compte fait, le billet pour l’Aurora Sta-
Ltd. pour promou- Aurora Station, le nouveau projet a été pré- tion coûte moins de la moitié (ou même
voir le Galactic
senté par la compagnie californienne Orion moins du quart) que les 20 à 40 millions de
Suite Space Resort.
Span le 5 avril au Space 2.0 Summit à San dollars dépensés par Denis Tito et par six au-
Le projet n'est pas
allé bien au-delà
Jose. Cette résidence exclusive devrait être tres touristes de l’espace pour passer une à
que cette présen- construite et mise en or-
tation graphique bite d’ici 2021 et devenir
suggestive, com- opérationnelle en 2022.
mentée par une Selon le projet présenté
voix persuasive. par Orion Span, la struc-
[Galactic Suite Ltd.] ture de base de l’Aurora
À côté, un gra- Station sera très simi-
phique animé de laire au fuselage d’un
l'Aurora Station, le jet privé, soit un cylindre
projet qui ouvrira
de moins de 15 mètres
peut-être la voie
au tourisme spa-
de long et de presque 5
tial. [Orion Span] mètres de large, pour
un volume environ cinq
fois plus petit que celui
offert par la Station
Spatiale Internationale.
Dans cet espace réduit,
il faudra trouver de la place pour le loge- deux semaines à bord de la Station Spatiale
ment de quatre passagers et de deux mem- Internationale, en utilisant des engins spa-
bres d’équipages, en plus des parties com- tiaux russes Soyouz comme transporteurs.
munes, de l’avionique et davantage encore. L’idée d’exploiter durablement l’espace du
Plusieurs modules auxiliaires, rattachés dans point de vue touristique est tout sauf nou-
un second temps, au corps principal, trans- velle : les premiers projets d’hôtels orbitaux
formeront le petit hôtel en une sorte de hub remontent à plus d’une décennie. On peut
orbital. Comme l’a déclaré Frank Bunger, se souvenir du Galactic Suite Space Resort,
fondateur et PDG d’Orion Span, et certains un projet présenté en 2007 par une compa-
de ses collaborateurs, les croisières à bord de gnie de Barcelone, qui a suscité un intérêt
l’Aurora Station dureront 12 jours et coûte- considérable à la fois parmi les investisseurs
ront à chaque participant 9,5 millions de dol- internationaux et les touristes candidats (une

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26 ASTRONAUTIQUE

quarantaine de réservations). Trois jours pas-


sés dans cet hôtel orbital luxueux auraient
coûté 4 millions de dollars. En quelques an-
nées, ce projet s’est volatilisé, un destin qui
a également touché d’autres initiatives de
sociétés privées, qui n’ont évidemment pas
beaucoup appris de l’histoire de l’astronau-
tique écrite par de grandes agences spatiales
gouvernementales.
S’il est indéniable que l’industrie aérospa-
gnie à réaliser un projet de ce genre, si,
comme l’ont déclaré ses porte-parole, l’Au- U ne phase de
mise en œuvre
de l'Aurora Station,
tiale privée obtient d’excellents résultats rora Station est actuellement en construc-
dans le domaine des transporteurs et qu’elle tion à Houston, au Texas. à partir du premier
segment (au pre-
est proche d’offrir des vols suborbitaux à des Voici comment Bunger a présenté le projet
mier plan), qui
prix raisonnables, il est également vrai que à la réunion de San Jose : « Nous avons dé- sera mis en orbite
le tourisme orbital proprement dit semble veloppé l’Aurora Station pour fournir une en 2021 et accueil-
encore loin (sans parler du tourisme interpla- destination clé en main dans l’espace. Dès lera les touristes
nétaire, qui relève d’une simple fantaisie). son lancement, l’Aurora Station entre im- à partir de 2022.
Orion Span pourrait être la première compa- médiatement en service, en permettant aux [Orion Span]

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voyageurs de pénétrer dans l’espace plus ra-


pidement et à un prix plus bas que jamais,
futurs propriétaires de l’Aurora Station pour-
ront vivre, visiter ou sous-louer leur copro- D ans cette
scène, un vais-
seau spatial s'ap-
tout en offrant une expérience inoubliable ». priété. C’est une perspective excitante, et
Et voici ce qu’il a ajouté au sujet du dévelop- Orion Span est fière d’en ouvrir la voie ». proche de l'Aurora
Station avec de
pement futur en orbite du luxueux hôtel : L’optimisme de Bunger est enviable, mais cer-
nouveaux touristes
« L’Aurora Station est incroyablement poly- tains aspects de l’initiative restent nébuleux.
à bord, pour rem-
valente et présente de multiples usages au- Par exemple, Orion Span n’a pas fourni d’in- placer ceux qui ont
delà de l’hôtellerie. Nous offrirons un affrète- formations sur le choix du transporteur qui terminé leurs va-
ment total aux agences spatiales qui cher- sera utilisé pour envoyer l’Aurora Station en cances spatiales.
chent à réaliser des vols spatiaux habités en orbite, et ce n’est pas un détail négligeable, [Orion Span]
orbite pour un coût à hauteur de ce qui est car une telle charge utile nécessite un por-
réellement consommé. Nous allons soutenir teur sur mesure et les deux doivent être dé-
la recherche zéro gravité, ainsi que l’expéri- veloppés en parfaite symbiose. La capacité
mentation en apesanteur. Notre architecture des porteurs actuellement disponibles sur le
est telle que nous pouvons facilement aug- marché des transporteurs n’est pas suffisante
menter sa capacité, ce qui nous permet de pour accueillir le corps principal de l’Aurora
grandir avec la demande du marché comme Station. Pour nos prochaines vacances, réser-
une ville qui s’étend vers le ciel sur Terre. vons un hôtel standard, puis, en 2022, nous
Nous vendrons plus tard des modules dédiées déciderons s’il est opportun de mettre à jour
aux premières copropriétés dans l’espace. Les notre liste de souhaits ... !

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[Link] ryan@[Link]
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30 CHRONIQUES DE L'ESPACE

WASP-39b : beaucoup
d’eau dans l’atmosphère
par NASA/ESA
révisé par Roland Boninsegna

L
T
es scientifiques ont utilisé les out comme les détectives étu- complexité des autres mondes, plus il
télescopes spatiaux Hubble dient les empreintes digitales y a à apprendre de leurs origines.
et Spitzer de la NASA pour trou- pour identifier le coupable, les Cette dernière observation est un pas
ver une grande quantité d’eau scientifiques ont utilisé les télescopes important vers la caractérisation de
dans l’atmosphère de WASP-
spatiaux Hubble et Spitzer de la ces mondes. Bien que les chercheurs
39b, une exoplanète chaude,
enflée et aussi grande que Sa-
NASA pour identifier les empreintes avaient prédit qu’ils allaient trouver
turne, qui se trouve à environ digitales de l’eau dans une exopla- de l’eau, ils ont été surpris par la
700 années-lumière de la Terre. nète chaude, enflée et aussi grande quantité qu’ils ont trouvée dans cette
Cette ‘Saturne chaude’ a effecti- que Saturne, à environ 700 années-lu- ‘Saturne chaude’. Comme WASP-39b
vement trois fois plus d’eau que mière. Et, ils ont trouvé beaucoup a tellement plus d’eau que notre cé-
Saturne. WASP-39b tourne rapi- d’eau. En fait, la planète, connue sous lèbre planète aux anneaux, celle-ci a
dement autour d’une étoile le nom de WASP-39b, a trois fois plus dû se former différemment.
calme, semblable au Soleil, ap- d’eau que Saturne. Bien qu’aucune La quantité d’eau suggère que la pla-
pelée WASP-39. L’exoplanète planète comme celle-ci ne réside dans nète s’est réellement développée plus
est actuellement positionnée
notre système solaire, WASP-39b peut loin de l’étoile, où elle a été bombar-
plus de 20 fois plus près de son
fournir de nouvelles perspectives sur dée par beaucoup de matériel glacé.
étoile que la Terre l’est du So-
leil. Elle est en rotation syn- comment et où les planètes se for- WASP-39b a eu vraisemblablement
chrone, ce qui signifie qu’elle ment autour d’une étoile, disent les une histoire évolutive intéressante
montre toujours le même hémi- chercheurs. Cette exoplanète est si lors de sa migration, en faisant un
sphère à son étoile. [NASA, unique qu’elle souligne le fait que voyage épique à travers son système
ESA, and G. Bacon (STScI)] plus les astronomes apprennent la planétaire et, peut-être, effaçant des

E n utilisant Hubble et Spitzer, les astronomes ont ana-


lysé l’atmosphère de l’exoplanète ‘Saturne chaude’
WASP-39b, et ils ont enregistré le spectre le plus complet
possible de l’atmosphère d’une exoplanète avec la tech-
nologie actuelle. En décomposant la lumière stellaire qui
filtre à travers l’atmosphère de la planète dans ses cou-
leurs principales, l’équipe a trouvé des preuves évidentes
de la présence de vapeur d’eau. Bien que les chercheurs
avaient prédit qu’ils allaient trouver de l’eau, ils ont été
surpris par la quantité d’eau qu’ils ont découvert : trois
fois plus d’eau que Saturne. Cela suggère que la planète
s’est formée plus loin de l’étoile, où elle a été bombar-
dée par du matériel glacé. [NASA, ESA, G. Bacon and A.
Feild (STScI), and H. Wakeford (STScI/Univ. of Exeter)]

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CHRONIQUES DE L'ESPACE 31

objets planétaires sur son chemin. d’une étoile calme semblable au So- flée qui est dépourvue de nuages de
« Nous devons nous tourner vers l’ex- leil, appelée WASP-39. L’exoplanète haute altitude, ce qui a permis à Wa-
térieur pour comprendre notre propre est actuellement positionnée plus de keford et son équipe de scruter la pla-
système solaire », explique Hannah 20 fois plus proche de son étoile que nète plus profondément. Pour l’avenir,
Wakeford, chercheuse principale du la Terre ne l’est du Soleil. Elle est en Wakeford espère utiliser le télescope
Space Telescope Science Institute de rotation synchrone, ce qui signifie spatial James Webb, dont le lance-
Baltimore (Maryland) et de l’Univer- qu’elle montre toujours la même face ment est prévu en 2020, pour obtenir
sité d’Exeter (Devon, Royaume-Uni). à son étoile. Sa température diurne un spectre encore plus complet de
« Mais les exoplanètes nous montrent est de 770 degrés Celsius. Des vents l’exoplanète. Webb sera en mesure de
que la formation planétaire est plus puissants transportent la chaleur du fournir des informations sur le car-
compliquée et plus confuse que nous côté illuminé autour bone atmosphérique de la pla-
le pensions. Et c’est fantastique ! » de toute la nète, qui absorbe la
Wakeford et son équipe ont pu ana- planète, lumière à des
lyser les composantes atmosphé- l’hé- longueurs
riques de cette exoplanète, qui est d’onde
similaire en masse à Saturne mais infra-
profondément différente à bien d’au-
tres égards. En décomposant la
lumière stellaire qui filtre à tra-
vers l’atmosphère de la planète
dans ses couleurs principales,
l’équipe a trouvé des preuves
évidentes de l’eau.
Cette eau est détectée sous
forme de vapeur dans
l’atmosphère. En utili-
sant Hubble et Spitzer,
l’équipe a capturé le
spectre le plus complet
possible de l’atmosphère
d’une exoplanète avec la
technologie actuelle. « Ce
spectre est jusqu’à pré-
sent le plus bel exemple
que nous ayons d’une pla-
nète à l’atmosphère claire »,
a déclaré Wakeford.
« WASP-39b montre que les
exoplanètes peuvent avoir des
compositions très différentes de
celles de notre système solaire », a
déclaré le co-auteur David Sing de
l’Université d’Exeter dans le Devon,
au Royaume-Uni. « Nous espérons rouges
que cette diversité, que nous obser- mi- plus longues
vons dans les exoplanètes, nous don- sphère que celles que
nera des indices pour déterminer plongé dans la Hubble peut voir. En
toutes les différentes façons dont une nuit demeurant presque comparant la quantité de car-
planète peut se former et évoluer ». aussi chaud. Bien qu’appelé un ‘Sa- bone et d’oxygène dans l’atmosphère,
Situé dans la constellation de la turne chaud’, WASP-39b n’est pas les scientifiques peuvent en appren-
Vierge, WASP-39b tourne rapidement connu pour avoir des anneaux. Au dre davantage sur l’endroit et la ma-
(une fois tous les quatre jours) autour lieu de cela, il a une atmosphère gon- nière dont cette planète s’est formée. !

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32 CHRONIQUES DE L'ESPACE

MATISSE, sur le VLT,


collecte sa première
lumière stellaire
par ESO / Thierry Botti confirmer le bon fonctionnement de boratoire J. L. Lagrange – CNRS-INSU
MATISSE. Elles se sont focalisées sur – Observatoire de la Côte d’Azur –
la supergéante rouge Bételgeuse, Université de Nice Sophia-Antipolis,
censée exploser en supernova dans France), explique le potentiel unique

M
ATISSE (pour Multi AperTure quelques centaines de milliers d’an- de l’instrument : « La limitation des
Interferometry and Spectro- nées. Bien que très observée par les télescopes individuels en terme de ré-
Scopic Experiment) observe techniques d’interférométrie (Betel- solution d’image découle de la taille
les longueurs d’onde infrarouges de geuse a été la première étoile obser- de leurs miroirs. Augmenter cette ré-
3 à 13 micromètres (µm) de longueur vée et résolue par Michelson en 1920) solution présuppose donc de combi-
d’onde, situées entre
les domaines visible et
micro-onde du spectre
C ette image montre
l’instrument MA-
TISSE pendant l’instal-
électromagnétique. lation. [ESO]
MATISSE figure parmi
les instruments de ner (ou de faire inter-
spectro-interféromé- férer) les faisceaux de
trie de seconde géné- lumière issus des qua-
ration installés sur le tre télescopes du VLT.
Very Large Telescope MATISSE se trouve
de l’ESO, capables de désormais en mesure
fonctionner avec plu- de délivrer des images
sieurs télescopes et avec une résolution
d’utiliser la nature on- nettement supérieure
dulatoire de la lumière. à celles issues de tout
Il est ainsi en mesure autre télescope opé-
de produire des images rant dans la gamme de
plus détaillées des ob- longueurs d’onde com-
jets célestes qu’un seul et unique té- elle recèle encore quelques mystères. prises entre 3 et 13 µm. Les observa-
lescope opérant dans ce même Les nouvelles observations font appa- tions de MATISSE et celles, à venir, du
domaine de longueurs d’onde. raître les différentes dimensions de James Webb Space Telescope, seront
De nombreux ingénieurs et astro- l’étoile à diverses longueurs d’onde. en particulier tout à fait complémen-
nomes en France, Allemagne, Au- Sur la base de ce type de données, les taires. » MATISSE contribuera à plu-
triche, Pays-Bas et à l’ESO ont consa- astronomes étudieront plus en détail sieurs domaines de recherche fonda-
cré 12 années à son développement. l’environnement de cette étoile ainsi mentale en astronomie. Ses observa-
S’ensuivit une longue période d’ins- que la manière dont elle répand une tions se focaliseront notamment : sur
tallation et de test de cet instrument partie de la matière la constituant les régions internes des disques qui
pour le moins complexe. Les pre- dans l’espace. Le responsable scienti- entourent les jeunes étoiles identi-
mières observations viennent de fique de MATISSE, Bruno Lopez (La- fiées comme étant les zones de for-

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CHRONIQUES DE L'ESPACE 33

mation planétaire ; sur l’étude des


étoiles à différentes étapes de leur
existence; ainsi que sur l’environne-
ment des trous noirs situés au centre
des galaxies. Thomas Henning, direc-
teur de l’Institut Max Planck pour
l’Astronomie (MPIA) à Heidelberg en
Allemagne, et co-responsable scien-
tifique de l’instrument MATISSE,
ajoute : « En examinant les régions
internes des disques protoplanétaires
avec MATISSE, nous espérons com-
prendre l’origine des différents miné-
raux qui les composent, des minéraux
qui, par la suite, composeront les pla-
nètes de type Terre ».
Walter Jaffe, le responsable scienti-
fique du projet et co-responsable de
MATISSE à l’Université de Leiden aux C ette image est une version colorisée des premières observations interféromé-
triques MATISSE de l’étoile Sirius, combinant les données de quatre télescopes
auxiliaires du VLT. Les couleurs représentent les longueurs d’onde changeantes
Pays-Bas, et Gerd Weigelt, co-respon-
des données, le bleu montrant les longueurs d’onde les plus courtes et le rouge les
sable à l’Institut Max Planck pour la
plus longues. Les observations ont été faites dans l’infrarouge, donc ce ne sont pas
RadioAstronomie (MPIfR) de Bonn, les couleurs qui seraient visibles avec l’œil humain. [ESO/MATISSE consortium]
Allemagne, ajoutent : « MATISSE nous
offrira de spectaculaires images des ainsi que les atmosphères d’exopla- Auxiliaires. D’autres observations se-
régions de formation planétaire, nètes géantes ». MATISSE est capa- ront menées avec les quatre UTs de
d’étoiles multiples et, lorsqu’il fonc- ble de combiner les faisceaux de 8m20 du VLT dans les mois à venir.
tionnera de concert avec les téles- lumière issus des quatre Télescopes Ainsi, la première lumière de MA-
copes de 8,2 mètres du VLT, des de 8,2 mètres de diamètre du VLT TISSE constitue une étape impor-
disques de poussière qui alimentent appelés Télescopes Unitaires (UTs tante pour les interféromètres op-
les trous noirs supermassifs. Nous es- pour Unit Telescopes) ou ceux des tiques et infrarouges actuels. Elle
pérons également pouvoir observer quatre Télescopes Auxiliaires (ATs permettra aux astronomes d’acqué-
les détails d’objets exotiques de notre pour Auxiliary Telescope) qui com- rir des images astronomiques dotées
Système Solaire, tels les volcans sur Io, posent le VLTI. Ainsi, lorsque MA- d’une meilleure résolution et sur un
TISSE et le VLTI domaine spectral plus étendu qu’ac-
travaillent de tuellement. En outre, MATISSE et les
concert, leur po- instruments prévus pour l’Extremely
tentiel d’imagerie Large Telescope (ELT) de l’ESO – no-
atteint celle d’un tamment METIS (Imageur et spectro-
télescope avoisi- graphe de l’ELT dans l’infrarouge
nant les 200 mè- moyen) – se complètent. MATISSE
tres de diamètre. observera des objets plus brillants
L’ensemble est ca- que METIS et que le JWST, mais avec
pable de produire une résolution spatiale supérieure.
aux longueurs Andreas Glindemann, chef de projet
d’onde de l’infra- MATISSE à l’ESO conclut : « La réali-
rouge moyen les sation de MATISSE constitue l’abou-
images les plus tissement de nombreuses années de
détaillées à ce travail pour grand nombre de per-
jour. Les premiers sonnes. Il est merveilleux de voir l’ins-
tests ont été ef- trument fonctionner si parfaitement.
C ette photo montre l’équipe qui célèbre les premières ob-
servations de lumière réussies. [ESO/MATISSE consortium]
fectués
des
au moyen
Télescopes
Nous attendons avec impatience les
premiers résultats scientifiques ! » !

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34 CHRONIQUES DE L'ESPACE

L’ESA choisit ARIEL


comme future mission
de taille moyenne
par IAC
révisé par Roland Boninsegna

L
’Agence Spatiale Européenne
(ESA) vient d’annoncer que sa
prochaine mission scientifique de
taille moyenne sera ARIEL (Atmosphe-
ric Remote-sensing Infrared Exoplanet
Large survey). Le projet aura une
durée de vie utile de quatre ans dans
l’espace et son lancement est prévu
pour 2028. Pendant sa mission, il ob-
servera environ 1000 planètes et ef-
fectuera la première étude à grande
échelle de la chimie des atmosphères
de ces exoplanètes. « Cette mission
permettra l’étude systématique de la
formation et de l’évolution des exo-
planètes, en particulier de leurs atmo-
sphères », explique Enric Pallé, cher-
cheur à l’IAC et l’un des participants à
ce projet. Il poursuit : « ARIEL étudiera
les planètes telluriques, mais celles qui
sont chaudes, c’est-à-dire celles qui U ne vision artistique
d’ARIEL sur le chemin
du point Lagrangien L2.
gravitent près de leur étoile ».
ARIEL a été développé par un consor- [ESA/STFC RAL Space/UCL/
Europlanet-Science Office]
tium de plus de 60 instituts de 15 pays
de l’ESA : Royaume-Uni, France, Italie,
Pologne, Espagne, Pays-Bas, Belgique, qui contrôle le télescope et les mou- rias (IAC). « Bien que, jusqu’à présent,
Autriche, Danemark, Irlande, Hongrie, vements du miroir secondaire, ainsi nous ayons découvert environ 3800
Suède, Allemagne et Portugal, avec la que les programmes informatiques planètes en orbite autour d’autres
collaboration supplémentaire de la qui planifient les observations des pla- étoiles, la nature de ces exoplanètes
NASA. L’IEEC (Institut d’Estudis Espa- nètes et sont utilisés par l’ESA pour le reste très mystérieuse », commente
cials de Catalunya) dirige la participa- contrôle au sol. Les autres institutions Ignasi Ribas, astrophysicien à l’IEEC-
tion espagnole. En plus de sa contri- espagnoles impliquées dans le projet CSIC et chercheur principal d’ARIEL en
bution scientifique, il participe à la sont le Centre d’Astrobiologie de Espagne. Il ajoute : « ARIEL étudiera
construction de la mission, y compris l’Université Polytechnique de Madrid un échantillon statistiquement assez
le système électronique du satellite, et l’Instituto de Astrofísica de Cana- grand pour nous donner une image

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CHRONIQUES DE L'ESPACE 35

vraiment représentative de ce que


sont ces planètes. Cela nous permettra
de répondre à des questions sur la
façon dont la chimie d’une planète est
liée à l’environnement dans lequel
elle a été formée, et comment sa nais-
sance et son évolution dépendent de
l’étoile autour de laquelle elle orbite ».
Cette mission étudiera une popula-
tion diversifiée d’exoplanètes, allant
de celles de la taille de Jupiter et de
Neptune aux soi-disant super-Terres,
dans une grande variété d’environne-

A RIEL sera placé en orbite autour de L2, un point de gravité gravitationnel


placé à 1,5 million de km au-delà de l’orbite terrestre autour du Soleil.
[ESA/STFC RAL Space/UCL/Europlanet-Science Office]

mosphère, les rendant ainsi observa- À ce stade, le satellite sera protégé du


bles à distance. Soleil et aura une vue dégagée sur
ARIEL aura un télescope avec un mi- tout le ciel afin d’observer un grand
roir primaire d’un mètre de diamètre nombre d’exoplanètes. Le télescope
pour collecter la lumière visible et in- spatial James Webb (JWST), dont le
frarouge de ces systèmes planétaires lancement est prévu en 2020, sera
en orbite autour d’étoiles lointaines. également situé dans cette région. En
Un spectromètre dispersera la lu- théorie, il n’y aura pas de chevauche-
mière en son ‘arc-en-ciel’ constitutif ment dans le temps, puisque ARIEL est
(un spectre), afin de déceler les em- prévu comme une mission suivante à
preintes chimiques des molécules at- celle du JWST dans l’étude des exopla-
mosphériques lorsque la planète nètes et de leurs atmosphères.
passe devant ou derrière l’étoile. Un Le chef de projet de la participation
photomètre et un système de ba- de l’Espagne au projet, Josep Colomé
layage rassembleront des informa- de l’IEEC-CSIC, souligne : « La sélec-
tions sur la présence de nuages dans tion d’ARIEL par l’ESA est une excel-
les atmosphères d’exoplanètes et lente nouvelle. Il donne une recon-
ments. L’accent principal de la mission permettront au télescope d’être di- naissance du travail d’ingénierie ef-
sera mis sur les planètes en orbite rap- rigé vers l’étoile avec une grande sta- fectué au cours des deux dernières
prochée autour de leur étoile. Les exo- bilité et précision. années et renforcera la technologie
planètes chaudes, avec des tempéra- Le satellite ARIEL sera lancé depuis spatiale que nous développons pour
tures jusqu’à 2000 °C, sont un labora- Kourou, en Guyane française, et sera cette mission et d’autres en étroite
toire naturel pour étudier la chimie placé en orbite au point L2 de La- collaboration avec l’industrie du sec-
et la formation des planètes, étant grange, qui est un point d’équilibre teur. ARIEL nous permet de travailler
donné que leurs températures élevées gravitationnel à 1,5 million de kilomè- avec des centres de recherche de pre-
maintiennent les différentes espèces tres de la Terre (le Soleil, la Terre et mier plan et nous place dans la Ligue
moléculaires en circulation dans l’at- le point L2 forment une ligne droite). 1 de la technologie spatiale ». !

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36 CHRONIQUES DE L'ESPACE

ALMA voit une


éruption puissante
sur Proxima Centauri
par ALMA Observatory
révisé par Roland Boninsegna

À
l’aide de données provenant le plus proche de notre système so- millimétriques détectées par ALMA,
du Atacama Large Millimeter/ laire, Proxima b, qui gravite autour de en particulier autour des étoiles de
submillimeter Array (ALMA), Proxima Centauri. À son maximum, type Proxima Centauri, appelées
une équipe d’astronomes a décou- l’éruption nouvellement découverte naines rouges de type M, qui sont les
vert qu’une puissante éruption stel- était 10 fois plus brillante que les plus plus communes dans notre galaxie.
laire a éclaté sur Proxima Centauri au grandes éruptions de notre Soleil, « Le 24 mars 2017 n’était pas un jour
mois de mars 2017. Cette découverte, dans les mêmes gammes de lon- ordinaire pour Proxima Centauri », a
publiée dans The Astrophysical Jour- gueurs d’onde. Les éruptions stellaires déclaré Meredith MacGregor, astro-
nal Letters, soulève des questions sur n’ont pas été bien étudiées aux lon- nome à la Carnegie Institution for
l’habitabilité du voisin exoplanétaire gueurs d’onde millimétriques et sub- Science, Département de magnétisme

C ette vision artistique montre comment le ciel pourrait apparaître sur


Proxima Centauri b si la planète avait une surface solide. L’exopla-
nète tourne autour de la naine rouge Proxima Centauri, actuellement
l’étoile la plus proche du système solaire, à 4,2 années-lumière. Les
deux autres membres du système triple Alpha Centauri, Alpha Centauri
A et B, apparaîtraient également dans le ciel. [ESO/M. Kornmesser]

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CHRONIQUES DE L'ESPACE 37

terrestre à Washington, D.C., qui diri-


geait la recherche avec son collègue
astronome Alycia Weinberger.
Conjointement avec des collègues
du Harvard-Smithsonian Center for
Astrophysics, David Wilner et Adam
Kowalski, et Steven Cranmer de l’Uni-
versité du Colorado à Boulder, ils ont
découvert l’énorme éruption, lorsqu’ils
ont réanalysé les observations d’ALMA
prises l’année dernière. L’éruption a
augmenté la luminosité de Proxima
Centauri 1000 fois en 10 secondes.
L’événement avait été précédé d’une
explosion plus petite. Pris ensemble,
ces événements ont duré moins de
deux minutes, au cours des 10 heures
d’observation de l’étoile qu’ALMA a
réalisés, entre janvier et mars de l’an-
née dernière. Les éruptions stellaires
se produisent lorsqu’un changement
R eprésentation artistique d’une naine rouge comme Proxima Centauri, l’étoile la
plus proche de notre Soleil. Une nouvelle analyse des observations d’ALMA a
révélé que Proxima Centauri a émis une puissante explosion qui créerait des condi-
dans le champ magnétique de l’étoile tions inhospitalières pour les planètes de ce système. [NRAO/AUI/NSF; D. Berry]
accélère les électrons à des vitesses
approchant celle de la lumière. engendrait des éruptions de rayons X mêmes données ALMA, interprétait
Les électrons accélérés interagissent régulières, bien que plus petites. « Au sa luminosité moyenne (qui compre-
avec le plasma hautement chargé cours des milliards d’années qui se nait l’émission de lumière de l’étoile
qui constitue la majeure partie de sont écoulés depuis la création de et de la lumière de l’éruption) comme
l’étoile, en provoquant une éruption Proxima b, des éruptions comme provoquée par plusieurs disques de
qui produit une émission à travers celle-ci auraient pu évaporer toute poussière entourant Proxima Cen-
tout le spectre électromagnétique. « atmosphère ou océan et stériliser la tauri, similaires à la ceinture d’asté-
Il est probable que Proxima b a été surface, cela suggère que l’habitabi- roïdes principale et à la ceinture de
submergée par des radiations à haute lité d’une planète pourrait impliquer Kuiper.
énergie pendant cette éruption », a bien plus que d’être assez loin de Mais quand MacGregor, Weinberger
expliqué MacGregor, ajoutant que l’étoile et d’avoir l’eau liquide ». et leur équipe ont analysé les don-
l’on savait déjà que Proxima Centauri Un article précédent qui utilisait les nées ALMA en fonction du temps
d’observation, au lieu de

L a luminosité de Proxima Cen-


tauri observée par ALMA
dans les deux minutes de l’évé-
faire la moyenne, ils ont
pu voir l’explosion transi-
toire de radiation émise
nement du 24 mars 2017. L’im- par Proxima Centauri pour
pressionnante éruption stellaire ce qu’elle était vraiment.
est représentée en rouge, avec
« Il n’y a maintenant au-
la plus petite explosion précé-
cune raison de penser qu’il
dente en orange, et en bleu
y a une quantité substan-
l’émission intensifiée entourant
tielle de poussière autour
l’éruption, qui pourrait simuler
un disque de poussière. À son
de Proxima Centauri », a
apogée, la lueur a augmenté la déclaré Weinberger.
luminosité de Proxima Centauri « Il n’y a pas encore d’in-
de 1000 fois. La zone ombrée re- formations qui indiquent
présente la marge d’erreur. [Me- que l’étoile a un système
redith MacGregor, Carnegie] planétaire riche comme le
nôtre ». !

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38 ASTROBIOLOGIE

L’Hypothèse
Silurienne, de
quoi réfléchir

by Michele Ferrara
relu par Audrey et Charles Choné

L a Terre a refleuri après la catastrophe


qui a éteint les dinosaures. Dans cet
âge et dans les millions d'années qui ont
suivi, une civilisation industrielle aurait
pu se développer. [Donna Braginetz,
Denver Museum of Nature and Science]

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ASTROBIOLOGIE 39

Nous savons si peu de


choses sur la vie sur Terre
avant l'apparition des ho-
minidés, qu'il y a peut-être
même existé une civilisa-
tion industrielle antérieure
à la nôtre, sans que nous
en ayons conscience.
Maintenant, deux scienti-
fiques expliquent com-
ment chercher les traces
de cette civilisation hypo-
thétique. Mais si ces an-
ciens Terriens ont respecté
l'écosystème plus que
nous, nous ne pourrions
jamais trouver ces traces.

N
ous, les humains, tenons pour acquis
que nous sommes la première espèce
animale sur notre planète à avoir at-
teint un haut degré de développement,
jusqu’à devenir une civilisation industrielle.
Cette croyance repose sur une série de circons-
tances qui, à première vue, semblent incon-
testables. L’un d’eux consiste à ne jamais avoir
trouvé d’artefacts et de structures incompati-
bles avec l’histoire et la préhistoire de l’huma-
nité. De plus, à travers l’étude des fossiles,
nous connaissons au moins à peu près le dé-
veloppement de la vie sur Terre, et nous
n’avons aucune trace du passage d’espèces
qui, au moins pour la conformation physique,
auraient atteint un degré de développement
comparable au nôtre. Mais sommes-nous vrai-
ment certains que notre vision du passé est si
complète pour exclure l’apparition de civilisa-
tions industrielles avant la nôtre ? Peut-être
que oui, mais il est incontestable que plus on

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40 ASTROBIOLOGIE

remonte dans le temps et moins le cadre de


l’évolution de la vie est défini. En passant de
petite et varie considérablement en fonction
du temps, de la consistance des organismes S cène de la vie
terrestre d'il y
a 56 millions d'an-
quelques dizaines à des centaines de millions et de l’habitat dans lequel ils vivent. Les té-
d’années, nous avons des informations de plus moignages fossiles qui nous sont parvenus nées, correspon-
dant au Maximum
en plus fragmentées sur les espèces qui peu- sont un minuscule échantillon représentatif
Thermique Paléo-
plaient la planète. Par exemple, nous connais- d’une petite partie des espèces vivantes ap-
cène-Éocène, une
sons déjà très peu de choses sur nos ancêtres parues et disparues sur notre planète. Nous période de milliers
hominidés les plus éloignés, dont l’évolution sommes loin d’avoir une image complète, et d'années où le ré-
ne couvre que le dernier million d’années, il faut considérer que plus de 99 % de toutes chauffement de la
soit environ 1 % de la période durant laquelle les espèces sont éteintes. planète a été ex-
la vie complexe s’est développée sur la terre D’autre part, il est vrai que les ramifications ceptionnellement
ferme. Une grande partie des 99 % restants et les liens de diverses sortes entre les es- rapide. [National
nous échappe, une période d’environ 400 mil- pèces ascendantes et descendantes nous Geographic,
lions d’années dans laquelle des scénarios ini- permettent de combler de nombreuses la- Aldo Chiappe]
maginables ont pu se produire. cunes, mais nous ne pouvons exclure que des Ci-dessous, un
La limitation de nos connaissances est due au lignées évolutionnaires entières, de dizaines paysage maréca-
geux de l'Éocène.
fait que la fraction des êtres vivants qui se de millions d’années, sinon plus, ont été ir-
[Science History
transforment en fossiles est extrêmement rémédiablement perdues. Images/ Alamy
Stock Photo]

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ASTROBIOLOGIE 41

Si une civilisation très avancée existait sur un niveau de développement industriel com-
Terre avant la nôtre, elle n’a peut-être pas parable au nôtre, elle aurait altéré et pollué
laissé de traces fossiles de type biologique, suffisamment l’environnement pour laisser
mais elle a peut-être laissé des traces d’autres une marque peut-être reconnaissable dans
types, tels que des artefacts et différents les roches sédimentaires.
types de structures. Aussi résistantes que Cette possibilité a été abordée pour la pre-
puissent être ces traces, les chercheurs qui mière fois par Gavin Schmidt (NASA Goddard
traitent ces sujets s’accordent à dire que Institute for Space Studies) et Adam Frank
même les preuves les plus durables disparais- (Department of Physics and Astronomy, Uni-
sent dans les 100 à 200 millions d’années, en versity of Rochester) dans un travail récem-
raison de l’action de l’activité géologique, ment publié dans l’International Journal of
hydrologique et atmosphérique de notre Astrobiology, sous le titre « The Silurian Hy-
pothesis : Would it be possible to de-
tect an industrial civilization in the
geological record ? » (« L’hypothèse
Silurienne : Serait-il possible de dé-
tecter une civilisation industrielle
dans les couches géologiques ? »).
Avant d’examiner brièvement les ar-
guments intéressants des deux au-
teurs, nous anticipons un malenten-
du facile en spécifiant que le nom
de l’hypothèse ne se réfère pas au
Silurien (ère géologique qui s’étend
de 443,4 à 419,2 millions d’années),
mais dérive plus trivialement d’un
épisode de la série télévisée Doctor
Who, dans laquelle une civilisation
antique a été réveillée par des expé-
riences humaines avec un réacteur
nucléaire. L’étude ne veut donc pas
suggérer qu’une civilisation ait pu
exister à l’époque du Silurien.
Cela dit, l’Hypothèse Silurienne de
Schmidt et Frank propose une voie
raisonnable à suivre dans la re-

S i une civilisation
existait réelle-
ment entre le Pa-
planète. De plus, même si une civilisation in-
dustrielle antérieure à la nôtre était apparue
cherche d’une hypothétique civilisation in-
dustrielle antérieure à la nôtre, et tient
dans des temps plus proches de nous (par compte de facteurs essentiellement géochi-
léocène et l'Éocène, exemple entre 10 et 100 millions d’années) miques, à savoir la présence de certains iso-
elle devait rivaliser et avait urbanisé la planète dans une mesure topes et leur abondance dans les couches
avec une faune comparable à celle que nous avons mise en géologiques, la présence de matériaux et
plutôt inquiétante.
place, les traces seraient dispersées sur moins d’éléments synthétiques, ainsi que la pré-
Un exemple est le
de 1 % de la surface de la Terre, et probable- sence de modifications structurelles du ter-
Diatryma Gigantea,
ment enterré à de grandes profondeurs. ritoire, en raison de son exploitation inten-
un énorme oiseau
carnivore de 2 Découvrir la preuve directe d’une civilisation sive. Aujourd’hui nous, les humains, avons
mètres de haut et industrielle existant il y a des dizaines ou des la certitude d’avoir suffisamment changé
pesant 100 kilo- centaines de millions d’années nécessiterait l’écosystème pour commencer un nouvel
grammes, qui donc beaucoup de chance, en raison de la âge géologique, dénommé l’Anthropocène
chassait en Europe distribution spatiale (et peut-être même tem- depuis les années 80 (les trois derniers siè-
et en Amérique porelle) limitée de ces vestiges très anciens. cles de l’Holocène, caractérisés par l’indus-
du Nord. Si, cependant, cette civilisation avait atteint trialisation).

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42 ASTROBIOLOGIE

U ne scène
amusante de
la vie d'une civili-
sation hypothé-
tique de sauriens
‘existant’ il y a
moins de 100 mil-
lions d'années.
[University of
Rochester illus-
tration/Michael
Osadciw]
Dans le graphique
ci-dessous (qui
montre la courbe
du rapport isoto-
pique 18O/ 16O au
cours des 65 der-
niers millions
d'années), les
flèches indiquent
des périodes ra-
pides de réchauf-
fement global. La
L’impact de l’activité humaine sur l’équilibre cette solution modifie l’équilibre entre cer- plus intéressante
naturel de la planète a été si important que si tains éléments qui composent les gaz atmo- semble être celle
notre civilisation s’éteint dans un temps relati- sphériques. Un effet similaire, quoique moins appelée PETM.
vement court, et qu’une semblable apparaît dramatique, peut provenir de l’exploitation [Zachos et al.,
après des millions d’années, les géologues de agricole de la terre et de l’utilisation systéma- Nature]
ce dernier pourraient distinguer dans les tique des engrais. La conséquence de toutes
roches sédimentaires la couche correspon- ces activités au fil du temps engendre des
dante à l’Anthropocène, et peut-être com- anomalies dans l’abondance des isotopes du
prendre qu’à cette époque la planète était carbone, de l’oxygène, de l’hydrogène et de
dominée par une civilisation irresponsable. l’azote et dans la quantité de gaz à effet de
Selon Schmidt et Frank, nous pourrions faire la serre qui en dérivent, comme le dioxyde de
même chose aujourd’hui sous réserve de savoir carbone, le méthane et l’oxyde nitreux.
où et que chercher. En excluant d’éventuelles
traces dispersées de manière aléatoire et inho-
mogène, il peut être plus rentable de recher-
cher des marqueurs dispersés plus ou moins
uniformément à travers le globe. Peu importe
à quel point deux civilisations industrielles
sont distantes temporellement (et même spa-
tialement), elles partagent au moins un trait
commun : elles consomment de l’énergie.
Sur Terre, les sources d’énergie les plus répan-
dues et les plus faciles à trouver sont le bois
et les combustibles fossiles ; il est donc très
probable qu’une civilisation industrielle très
ancienne ait fait ce que nous faisons encore
aujourd’hui : brûler du bois, du charbon, du
pétrole et du gaz naturel, afin de déplacer
des machines et produire de la chaleur.
Comme nous le savons tous, à long terme,

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ASTROBIOLOGIE 43

C ette concré-
tion sphé-
rique, déterrée
Voyons comment Schmidt et Frank abordent
ces questions dans l’article de l’IJA : « Depuis
altérés par rapport aux couches précédentes
et suivantes qu’ils deviendraient eux-mêmes
le milieu du XVIIIe siècle, les humains ont li- des témoignages. La déforestation et le ré-
en Bosnie il y a béré plus de 0,5 trillion de tonnes de carbone chauffement climatique sont également la
quelques années,
fossile en brûlant du charbon, du pétrole et cause d’une érosion importante des sols, soit
pourrait suggé-
du gaz naturel (Le Quéré et al.), à un rythme directement, pour l’abattage des arbres, soit
rer la découverte
d'un artefact
beaucoup plus rapide que les sources ou indirectement, pour l’augmentation des pré-
créé par une civi- puits naturels à long terme. En outre, il y a cipitations due à l’effet de serre. Le sol érodé
lisation incon- eu une déforestation généralisée et l’ajout finit généralement par se déposer dans les
nue. Mais il s’agit de dioxyde de carbone dans l’air par combus- régions côtières, et une couche plus épaisse
au contraire, tion de biomasse. Tout ce carbone est d’ori- par unité de temps, avec des propriétés dif-
d’une formation gine biologique et est donc appauvri en 13C férentes, pourrait indiquer une altération
géologique natu- par rapport au réservoir beaucoup plus non naturelle du climat.
relle pas si rare grand de carbone inorganique (Revelle & Voici comment Schmidt et Frank élaborent ce
que ça. [Dado Suess, 1957). Ainsi, le rapport entre 13C et 12C point : « En plus des changements dans le flux
Ruvic/Reuters/ dans l’atmosphère, l’océan et les sols diminue des sédiments de la terre à l’océan, la compo-
Newscom]
avec un changement de courant d’environ - sition des sédiments va également changer. En
1 ‰ δ13C depuis le pré-industriel (Böhm et al., raison de la dissolution accrue du CO2 dans
2002 ; Eide et al., 2017) dans l’océan de sur- l’océan en fonction des émissions anthro-
face et l’atmosphère. » piques de CO2, l’océan supérieur subit une aci-
Si tout cela s’était déjà produit dans un passé dification (une augmentation de 26 % de la
très lointain, les couches sédimentaires de concentration en H+ , soit une diminution de
cette époque devraient en conserver des 0,1 unité de pH depuis le XIXe siècle) (Orr et al.,
traces. Mais les sédiments pourraient être si 2005). [...] Comme discuté ci-dessus, la charge

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44 ASTROBIOLOGIE

en azote dans les rivières augmente en fonc-


tion des pratiques agricoles. Ceci conduit à
une activité microbienne plus importante
dans l’océan côtier qui peut épuiser l’oxy-
gène dissous dans la colonne d’eau (Diaz &
Rosenberg, 2008), et des synthèses récentes
suggèrent déjà un déclin global d’environ 2
% (Schmidtko et al., 2017 ; Ito et al., 2017).
Ceci conduit à son tour à une expansion des
zones minimales d’oxygène, à une plus grande
anoxie océanique et à la création de zones
dites ‘mortes’ (Breitburg et al., 2018). »
Schmidt et Frank vont jusqu’à présenter les
caractéristiques d’une couche géologique
proches de celles que l’Anthropocène lais-
sera. Ces caractéristiques correspondent à la
transition Paléocène/Éocène, il y a 56 millions

raison de la vitesse de
dépôt des sédiments et L es auteurs de
l'Hypothèse
Silurienne : Gavin
de la durée de la défi-
guration de l’écosys- Schmidt, NASA
GISS (ci-dessus)
tème. À cet égard, nous
et Adam Frank,
concluons avec une
Université de
considération vive de Rochester.
Schmidt et Frank : « En
considérant l’empreinte
anthropique sur une
échelle de temps géolo-
gique, il y a un para-
doxe intéressant. Plus
la civilisation humaine
dure longtemps, plus le
d’années. De toute évidence, d’autres vérifi- signal auquel on s’attendrait dans la couche
cations seront nécessaires pour exclure tout sera grand. Cependant, plus une civilisation
processus naturel. perdure, plus ses pratiques devraient être
Pour résumer, s’il y a des traces d’une civilisa- durables pour survivre. Plus une société est
tion industrielle antérieure sur notre planète, durable (par exemple dans la production
ces traces sont indirectes et doivent être re- d’énergie, la fabrication ou l’agriculture), plus
cherchées sous la forme d’altérations de l’éco- l’empreinte sur le reste de la planète est ré-
système dans les couches sédimentaires de duite. Mais plus l’empreinte est petite, moins
moins de 400 millions d’années. Cependant, le signal sera intégré dans l’enregistrement
les deux chercheurs notent également que di- géologique. Ainsi, l’empreinte de la civilisa-
vers phénomènes naturels peuvent avoir atté- tion pourrait être auto-limitative sur une
nué ces traces, et que même quelques événe- échelle de temps relativement courte. »
ments naturels peuvent les imiter. De plus, il En bref, s’il existait une civilisation évoluée
n’est pas possible de prédire l’épaisseur des avant la nôtre, mais plus réfléchie, elle a pu
sédiments dans lesquels se cachent les mar- laisser des traces si légères qu’elles sont im-
queurs, une valeur qui peut varier à la fois en perceptibles. !

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ALMA révèle la
structure interne
d’un cocon d’étoiles
par ALMA Observatory
Thierry Botti

S
ur cette spectaculaire image fi-
gure une partie de la célèbre
Nébuleuse d’Orion, une région
de formation d’étoiles située à
quelque 1350 années lumière de la
Terre. Ce cliché résulte d’une mo-
saïque d’images acquises dans le do-
maine millimétrique par le Vaste
Réseau (Sub-)Millimétrique de l’Ata-
cama (ALMA) et le télescope de 30
mètres de l’IRAM (en rouge) d’une
part, dans le domaine infrarouge
par l’instrument HAWK-1 qui équipe
le Very Large Telescope de l’ESO
(en bleu), d’autre part. L’ensemble
d’étoiles brillantes de couleur bleuâ-
tre situé dans l’angle supérieur
gauche de l’image forme l’Amas du
Trapèze – un amas constitué de
jeunes étoiles chaudes âgées de
quelques millions d’années seule-
ment. Les structures filiformes, sem-
blables à des fibres, qui parsèment
cette image sont de longs filaments
de gaz froid, visibles seulement au

L a région équarrie dans l’image sur


le côté est la même que l’image
ALMA ci-dessus. [ESO]
travers de télescopes opérant dans
le domaine millimétrique. Ils sont in-
gueurs d’onde infrarouges. De sorte
qu’ALMA constitue l’un des rares
visibles à l’œil nu ainsi qu’aux lon- instruments au moyen desquels les

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ESO/H. Drass/ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)/A. Hacar

astronomes peuvent les étudier. Ce structure ainsi que leur composition. 296 ensembles de données distincts,
gaz donne naissance à de nouvelles Ils ont utilisé ALMA afin de détecter acquis par les télescopes ALMA et
étoiles – s’effondrant progressive- les signatures du gaz de diazénylium IRAM. À ce titre, elle constitue, en
ment sous l’effet de son propre (N2H+) dont ces structures sont en termes de résolution spatiale, l’une
poids jusqu’à atteindre la densité
nécessaire pour former une protoé-
toile, le précurseur d’une étoile. Les
scientifiques ayant collecté les don-

C ette vidéo commence d’une vue large du ciel et zoome sur la constellation fami-
lière d’Orion (Le Chasseur). Nous obtenons ensuite une vue rapprochée de la ré-
gion de formation des étoiles de la nébuleuse d’Orion. Dans la séquence finale, nous
voyons les étranges filaments rouges de gaz frais qu’ALMA a révélés. [ESO, N. Risinger
([Link]), H. Drass, A. Hacar, ALMA (ESO/NAOJ/NRAO). Music: Johan B. Monell]

partie constituées. Cette étude a des plus grandes mosaïques d’une


permis à l’équipe d’identifier un ré- région de formation stellaire créée
seau de 55 filaments. à ce jour dans le domaine millimé-
La Nébuleuse d’Orion est la région trique.
de formation d’étoiles massives la Les premières mosaïques d’Orion à
plus proche de la Terre. Elle consti- des longueurs d’onde millimé-
tue donc une cible particulièrement triques utilisaient des radiotéles-
intéressante pour les astronomes copes dotés d’un unique disque, tel
cherchant à mieux comprendre la APEX. Les nouvelles observations ef-
formation ainsi que l’évolution des fectuées au moyen d’ALMA et
étoiles lors de leurs premiers mil- d’IRAM utilisent des techniques
lions d’années d’existence. Les téles- d’interférométrie qui combinent les
nées à partir desquelles cette image copes de l’ESO ont observé cette signaux issus d’antennes multiples
fut créée étudiaient ces filaments région à de multiples reprises. Cette et distantes afin de créer des images
dans le but de mieux connaître leur image résulte de la combinaison de beaucoup plus détaillées. !

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48 CHRONIQUES DE L'ESPACE

Kepler résout le
mystère des explosions
rapides et violentes
par NASA/ESA
révisé par Roland Boninsegna

L
’univers est plein de phénomènes prendre les FELT sur le fait et détermi- Les chercheurs ont conclu que la source
explosifs se produisant dans ner leur nature. Ceux-ci semblent être du flash provient d’une étoile après
l’obscurité. Un type particulier un nouveau type de supernova qui qu’elle se soit effondrée pour exploser
d’événement éphémère, appelé FELT obtient un bref coup de pouce de lu- sous forme de supernova. La grande
(Fast-Evolving Luminous Transient), a minosité grâce à son environnement. différence est que l’étoile est envelop-
dérouté les astronomes pendant une La capacité de Kepler à détecter avec pée dans une ou plusieurs coquilles de
décennie en raison de sa très courte précision les changements soudains de gaz et de poussière. Lorsque l’énergie
durée. Maintenant, le télescope spa- la lumière des étoiles a permis aux as- de l’explosion frappe la coquille, la plus
tial Kepler de la NASA, conçu pour tronomes d’arriver rapidement à ce grande partie de l’énergie cinétique
chasser les planètes à travers notre ga- modèle pour expliquer les FELT, et est immédiatement convertie en lu-
laxie, a également été utilisé pour d’exclure les explications alternatives. mière. L’augmentation du rayonne-

C ette illustration montre un modèle proposé pour un événement astronomique mystérieux appelé FELT (Fast-Evolving Lumi-
nous Transitoire). Dans le panneau de gauche, une étoile géante rouge vieillissante perd de la masse par l’intermédiaire d’un
vent stellaire. Une énorme coquille gazeuse gonfle alors autour de l’étoile. Dans le panneau central, le noyau de l’étoile massive
implose pour déclencher une explosion de supernova. Dans le panneau de droite, l’onde de choc de la supernova agit sur l’enve-
loppe extérieure, en transformant l’énergie cinétique en une brillante explosion de lumière. L’accroissement de luminosité ne
dure que quelques jours : un dixième de la durée d’une explosion typique de supernova. [NASA, ESA, and A. Feild (STScI)]

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CHRONIQUES DE L'ESPACE 49

ment ne dure que quelques jours, un


dixième de la durée d’une explosion
typique de supernova.
Au cours de la dernière décennie, plu-
sieurs FELT ont été découverts avec des
échelles de temps et des luminosités
difficiles à expliquer par les modèles
traditionnels de supernova. Et seule-
ment quelques FELT ont été vus dans
les surveillances du ciel, parce qu’ils
sont si brefs. Contrairement à Kepler,
qui recueille des données sur une por-
tion de ciel toutes les 30 minutes, la
plupart des autres télescopes obser-
vent à intervalles de quelques jours.
Par conséquent, ces phénomènes pas-
sent souvent inaperçus ou avec seule-
ment une ou deux mesures, ce qui
rend difficile la compréhension de la
physique de ces explosions. En l’ab-
sence d’autres données, plusieurs théo-
K 2 mission reprogrammée. Représentation graphique du télescope spatial
Kepler et des champs encadrés dans notre galaxie. [NASA]

ries ont été avancées pour expliquer les étoiles massives de mourir et de distri- que la quantité de matière que l’étoile
FELT : l’émission rémanente d’un sur- buer du matériel dans l’espace ». a expulsée à la fin de sa vie et la vitesse
saut gamma, une supernova stimulée « Avec Kepler, nous sommes mainte- hypersonique de l’explosion. C’est la
par un magnétar (étoile à neutrons nant en mesure de connecter les mo- première fois que nous pouvons tester
avec un puissant champ magnétique) dèles aux données », a-t-il poursuivi. les modèles FELT avec une grande pré-
ou une supernova de Type Ia défail- « Kepler fait juste toute la différence cision et relier la théorie aux observa-
lante. Ensuite, Kepler est arrivé avec ses ici. Quand j’ai vu les données de Kepler tions », a déclaré David Khatami, de
mesures précises et continues, qui ont pour la première fois, et j’ai réalisé à l’Université de Californie à Berkeley et
du Lawrence Berkeley National Labo-
C ette vidéo
illustre qua-
tre façons dont
ratory. Cette découverte est une re-
tombée inattendue de la capacité
une étoile mas-
unique de Kepler à continuellement
sive peut ex- enregistrer les changements de la lu-
ploser. [NASA] mière des étoiles pendant plusieurs
mois. Cette capacité est nécessaire
permis aux astro- pour que Kepler découvre des pla-
nomes d’enregis- nètes extrasolaires qui passent briève-
trer plus de dé- ment devant leurs étoiles hôtes, en
tails du phéno- réduisant temporairement la lumière
mène FELT. stellaire d’un petit pourcentage. Les
« Nous avons re- observations de Kepler indiquent que
cueilli une courbe l’étoile a éjecté la coquille poussié-
de lumière impressionnante », a dé- quel point ce transitoire est court, ma reuse, moins d’un an avant de devenir
claré Armin Rest, du Space Telescope mâchoire a chuté. J’ai dit : Oh wow ! » une supernova. Cela donne une idée
Science Institute à Baltimore, Maryland. « Le fait que Kepler ait complètement du peu que nous savons des spasmes
« Nous étions capables de contraindre capturé l’évolution rapide de ces ob- finaux des étoiles. Les FELT viennent
le mécanisme et les propriétés de l’ex- jets, contraint vraiment les manières apparemment d’étoiles qui subissent
plosion. Nous pourrions exclure des exotiques dans lesquelles les étoiles des ‘expériences de mort imminente’
théories alternatives et arriver à l’expli- meurent. La richesse des données nous juste avant de mourir, vomissant des
cation du modèle de la couche dense. a permis de démêler les propriétés coquilles de matière en mini-éruptions,
C’est une nouvelle façon pour les physiques du souffle fantôme, telles avant d’exploser entièrement. !

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50 CHRONIQUES DE L'ESPACE

Icarus, dont le nom officiel est MACS J1149+2223


Lensed Star 1, est l’étoile la plus lointaine jamais
observée. Elle n’est visible que par l’intensification
de sa luminosité, produite par l’effet gravitation-
nel d’un amas massif de galaxies, situé à environ
5000 millions d’années-lumière de la Terre.
[Gabriel Pérez, SMM (IAC)]

Hubble découvre
l’étoile la plus éloignée
jamais observée
par IAC ture qui a amplifié sa luminosité, de Kelly, un chercheur de l’Université du
révisé par Roland Boninsegna telle sorte qu’elle puisse être détectée Minnesota et chef de l’équipe, « C’est
avec le télescope spatial Hubble. La dé- la première fois que nous voyons une

S
i nous pouvions voyager au-delà couverte a également permis de tester étoile individuelle si lointaine. Nous
du centre de l’univers, nous trou- une nouvelle théorie de la matière pouvons voir des galaxies très loin-
verions une énorme étoile, bapti- noire et d’étudier de quoi les amas de taines, mais cette étoile est cent fois
sée Icarus, qui a été reconnue comme galaxies sont constitués. Les résultats plus éloignée que l’étoile la plus éloi-
l’étoile la plus éloignée de la Terre, de cette étude ont été publiés dans la gnée que nous pouvions observer,
après sa découverte. Normalement, il revue Nature Astronomy. sauf si nous incluons les explosions de
serait impossible de la repérer, même Icarus est située dans une galaxie spi- supernova parmi les étoiles ».
en utilisant les télescopes les plus puis- rale si éloignée de la Terre que sa lu- La bizarrerie cosmique qui nous a per-
sants actuellement disponibles, si ce mière a pris 9000 millions d’années mis de voir cette étoile est un phéno-
n’était grâce à une étrangeté de la na- pour nous atteindre. Selon Patrick mène connu sous le nom de ‘lentille

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CHRONIQUES DE L'ESPACE 51

par l’effet gravitationnel des étoiles étoile si éloignée de la Terre, étant


individuelles appartenant à l’amas. donné qu’Icarus est si faible ».
Bien que sa désignation officielle soit La découverte d’Icarus est exception-
MACS J1149+2223 Lensed Star 1, nelle non seulement concernant la
l’équipe a décidé de nommer l’étoile détection d’une étoile si éloignée.
d’après le personnage de la mytholo- Observer l’amplification de la lumino-
gie grecque qui a volé trop près du So- sité d’une étoile individuelle nous a
leil avec des ailes et des plumes en cire. permis d’étudier la nature du contenu
Tout comme Icarus, la lumière de cette de la matière noire de l’amas, en met-
étoile, lors de son voyage vers la Terre, tant ainsi à l’épreuve une théorie de
passa si près d’une étoile semblable au la nature de la matière noire qui pré-
Soleil dans la région intergalactique tend que celle-ci est présente surtout
de l’amas MACS J1149+2223 que sa lu- sous forme de trous noirs primor-
minosité fut amplifiée d’un facteur diaux. Selon José M. Diego (IFCA), pre-
d’environ 2000, atteignant ainsi la mier auteur de l’article théorique
gloire de son homonyme grec. accompagnant l’article de Nature As-
« Nous avons été en mesure d’établir tronomy, « Si la matière noire était
qu’Icarus est une étoile supergéante constituée de trous noirs similaires à
bleue, un type d’étoile beaucoup plus ceux détectés par LIGO (Laser Interfe-
grande, plus massive, plus chaude et rometer Gravitational-Wave Observa-
peut-être des milliers de fois plus bril- tory), le signal observé d’Icarus aurait
lante que le Soleil. Mais, à sa grande été très différent, ce qui nous permet
distance, il serait impossible de l’ob- de rejeter ces types de candidats ».
server comme une étoile individuelle, Tome Broadhurst (UPV) ajoute « Ce
gravitationnelle’. La gravité d’un amas même avec Hubble, sinon
de galaxies extrêmement massif agit grâce au phénomène de
comme une loupe cosmique géante lentille gravitationnelle »,
qui amplifie la lumière des objets les commente Ismael Pérez
plus éloignés. La lentille gravitation- Fournon. Pablo Pérez
nelle, qui nous a permis de voir Icarus, González (UCM) explique :
est créée par l’amas de galaxies connu « Jusqu’en 2016, il était
sous le nom MACS J1149+2223, situé seulement possible d’ob-
à quelque 5000 millions d’années-lu- server des étoiles indivi-
mière de la Terre. La combinaison de duelles dans des galaxies
ce mirage gravitationnel avec la réso- proches de la Voie Lactée.
lution et la sensibilité de Hubble a Aujourd’hui, nous regar-
permis d’effectuer une analyse de
cette étoile lointaine.
dons une étoile indivi-
duelle, très semblable à S imulation graphique d’Icarus (MACS J1149+2223
Lensed Star 1). [Gabriel Pérez, SMM (IAC)]
L’équipe de recherche qui a participé Rigel, qui est à mi-chemin
à cette étude comprend, entre autres : de l’Univers, et qui, en effet, n’existe type d’étude nous permettra à l’ave-
José M. Diego, de l’Instituto de Física plus aujourd’hui». nir de fixer des limites pour d’autres
de Cantabria (IFCA) ; Steven Rodney, La détection d’Icarus avec Hubble modèles de matière noire, comme
de l’Université de Caroline du Sud, Co- était si extraordinaire que, quand elle ceux qui postulent l’existence de par-
lumbia (États-Unis) ; Pablo G. Pérez a été découverte, les télescopes du ticules de matière supraluminale et
González, de l’Université Complutense monde entier ont commencé à l’ob- leurs effets quantiques ». Enfin, en
de Madrid (UCM) ; Tom Broadhurst, de server. En Espagne, un temps d’obser- mai 2016, une autre image est appa-
l’Université du País Vasco (UPV) ; Is- vation spécial a été demandé pour le rue à côté de celle d’Icarus, ce qui sem-
mael Pérez Fournon, IAC et ULL. Gran Telescopio Canarias (GTC), le plus ble indiquer qu’il ne s’agit pas d’une
Patrick Kelly et ses collègues ont grand télescope optique-infrarouge seule étoile. Au lieu de cela, nous
détecté des changements soudains du monde. Il s’est avéré que, selon pourrions parler d’un système binaire,
dans la luminosité de l’étoile, pro- Pérez González, le GTC « était le seul avec deux étoiles en orbite autour de
duits par la microlentille provoquée télescope capable de détecter cette leur centre de gravité commun. !

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52 CHRONIQUES DE L'ESPACE

La première
galaxie sans
matière noire dans
l’univers proche
par NASA/ESA
révisé par Roland Boninsegna

L
es galaxies et la matière noire dans les galaxies (les étoiles et le gaz), elle est inattendu. Il remet en ques-
vont ensemble comme du beurre ensemble. « Nous avons pensé que tion les idées standard sur la façon
sur une tartine. Vous ne trouve- chaque galaxie avait de la matière dont nous pensons que les galaxies
rez généralement pas l’un sans l’autre. noire et que la matière noire est le fonctionnent, et il montre que la ma-
Par conséquent, les chercheurs ont été premier constituant dont est fait une tière noire est réelle : elle a sa propre
surpris quand ils ont découvert une galaxie », a déclaré Pieter van Dok- existence séparée des autres compo-
galaxie où il manque la plupart, sinon kum, de l’Université Yale à New Haven, sants des galaxies. Ce résultat sug-
la totalité, de sa matière noire. Connecticut, chercheur principal des gère également qu’il peut y avoir
Substance invisible, la matière noire observations de Hubble. « Cette subs- plusieurs façons de former une ga-
est l’échafaudage sous-jacent sur le- tance invisible et mystérieuse est l’as- laxie ». La galaxie en question, appe-
quel les galaxies sont construites. C’est pect le plus dominant de toute ga- lée NGC 1052-DF2, contient au plus
la colle qui retient la matière visible laxie. Donc, trouver une galaxie sans 1/400e de la quantité de matière

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CHRONIQUES DE L'ESPACE 53

Mais aucune des de détails sur cette galaxie unique.


galaxies ultra-dif- Gemini a révélé que la galaxie ne
fuses, découvertes montre aucun signe d’interaction
jusqu’ici, n’a été avec une autre galaxie. Hubble les a
trouvée manquer aidés à mieux identifier les amas glo-
de matière noire. bulaires et mesurer une distance pré-
Donc, même parmi cise de la galaxie.
cette classe inhabi- Les images de Hubble ont également
tuelle de galaxie, révélé l’aspect inhabituel de la ga-
NGC 1052-DF2 est laxie. « J’ai passé une heure à regarder
un objet bizarre. l’image de Hubble », se souvient van
van Dokkum et son Dokkum. « C’est tellement rare, parti-
équipe ont observé culièrement ces jours-ci après autant
la galaxie avec le d’années d’activité de Hubble, que
Dragonfly Telepho- vous obteniez une image d’un objet
to Array, un téles- et que vous disiez : je n’ai jamais vu ça
cope construit sur auparavant. Cette chose est éton-
mesure au Nouveau- nante : une bulle géante à travers de
Mexique, qu’ils ont laquelle vous pouvez regarder. Il est
conçu pour trouver tellement peu dense que vous voyez
ces galaxies fanto- toutes les galaxies derrière. C’est litté-
matiques. Ils ont en- ralement une galaxie transparente ».
suite utilisé le W.M. La galaxie fantomatique n’a pas de
Keck Observatory à région centrale visible, ni même de
Hawaii pour mesu- bras en spirale et de disque, caracté-
rer les mouvements ristiques typiques d’une galaxie spi-
de 10 groupements rale. Mais ça ne ressemble pas non
géants d’étoiles, ap- plus à une galaxie elliptique. La ga-
pelés amas globu- laxie ne montre également aucune
laires, dans la ga- preuve qu’elle abrite un trou noir
laxie. Keck a révélé central. Basé sur les couleurs de ses
que les amas globu- amas globulaires, la galaxie a environ

N GC 1052-DF2 est une galaxie fantôme sans ma- laires se déplaçaient 10 milliards d’années. Même les amas
tière noire qui se trouve à environ 65 millions à des vitesses re- globulaires sont bizarres : ils sont
d’années-lumière, dans le groupe NGC 1052. Hubble lativement faibles, deux fois plus grands que les groupe-
a produit cette image le 16 novembre 2017 en utili- moins de 37000 ments stellaires typiques observés
sant l’instrument Advanced Camera for Surveys. km/h. Les étoiles et dans d’autres galaxies.
[NASA, ESA, and P. van Dokkum (Yale University)] les amas à la péri- « C’est comme si vous n’aviez d’une
phérie des galaxies galaxie qu’un halo stellaire et des
contenant de la ma- amas globulaires, et en quelque sorte
noire attendue par les astronomes. La tière noire se déplacent au moins trois tout le reste a été oublié », a déclaré
galaxie est aussi grande que notre fois plus vite. À partir de ces mesures, van Dokkum. « Il n’y a pas de théorie
Voie Lactée, mais elle a échappé à l’équipe a calculé la masse de la ga- qui prédit ce type de galaxie. La ga-
l’attention car elle ne contient que le laxie. « S’il y a de la matière noire, laxie est un mystère complet, car tout
1/200e du nombre d’étoiles. c’est très peu », a expliqué van Dok- est étrange. En effet, il est complète-
Étant donné la grande taille de l’objet kum. « Les étoiles dans la galaxie ment inconnu comment l’une de ces
et sa faible brillance, les astronomes peuvent expliquer toute la masse, et objets vient à se former ».
classent NGC 1052-DF2 comme une il ne semble pas y avoir de place pour Mais les chercheurs ont des idées.
galaxie ultra-diffuse. Une étude de la matière noire ». Les chercheurs ont NGC 1052-DF2 réside à environ 65
2015 sur l’amas de galaxies Coma a ensuite utilisé le télescope spatial millions d’années-lumière dans un en-
montré que ces grands objets faibles Hubble de la NASA et l’observatoire semble de galaxies dominée par la
étaient étonnamment communs. Gemini à Hawaï pour découvrir plus galaxie elliptique géante NGC 1052.

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54 CHRONIQUES DE L'ESPACE

C ette image montre le ciel autour de la galaxie ultra-dif-


fuse NGC 1052-DF2. Il a été composé avec des images
qui font partie du Digitized Sky Survey 2. NGC 1052-DF2 est
fondamentalement invisible dans cette image. Elle est située
au sud-ouest de la galaxie elliptique brillante NGC 1052, qui
domine le champ visuel, et à l’est de l’étoile rouge vif HD
16873. [ESA/Hubble, NASA, Digitized Sky Survey 2]

La formation des galaxies est turbu- quent pas toutes les caractéristiques cheurs. L’équipe est déjà à la recherche
lente et violente, et van Dokkum sug- de la galaxie observée, ont dit les cher- d’autres galaxies dépourvues de ma-
gère que la croissance tière noire. Les cher-
de la jeune galaxie mas- cheurs sont en train
sive il y a des milliards d’analyser les images de
d’années peut avoir Hubble de 23 autres
joué un rôle dans le galaxies évanescentes.
manque de matière Trois d’entre elles sem-
noire de NGC 1052-DF2. blent similaires à NGC
Une autre idée est que 1052-DF2. « Chaque ga-
le gaz qui s’est déplacé laxie que nous connais-
vers le géant elliptique sions auparavant a de
NGC 1052 peut avoir la matière noire, et elles
été fragmenté et avoir tombent toutes dans
formé NGC 1052-DF2. des catégories fami-
La formation de NGC lières comme les ga-
1052-DF2 a pu être fa- laxies spirales ou ellip-
vorisée par les vents tiques », a déclaré van
puissants émanant du Dokkum. « Mais qu’ob-
jeune trou noir qui Cette vidéo nous projette dans une vue du ciel nocturne, à travers la
constellation de la Baleine, pour conclure sur les observations du
grandissait au centre télescope spatial Hubble de la galaxie ultra-diffuse NGC 1052-DF2.
tiendriez-vous s’il n’y
avait pas de matière
de NGC 1052. Ces pos- C’est la première galaxie trouvée où de la matière noire est manquante. noire du tout ? Peut-
sibilités sont toutefois [ESA/Hubble, Digitized Sky Survey, Nick Risinger ([Link])] être que c’est ce que
spéculatives et n’expli- vous obtiendriez ». !

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cover FR.qxp_l'astrofilo 30/04/2018 15:27 Page 56

Ritchey-Chrétien 250 mm
f/8.5 oPTIQUE en Suprax par Schott
STRUCTURE de carbone
cellule NortheK StabilobloK 25
mise au point Feather Touch FTF 2000 2"
poids 15 kg.

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