INTRODUCTION
La microfinance, a révolutionné le secteur bancaire depuis quelques années
déjà. Celui de la micro-assurance semble devenu un terrain sur lequel se jouent
les défis, enjeux et opportunités du secteur des assurances. Cet engouement
actuel pour la micro-assurance procède d’un constat : alors que la protection
sociale est désormais perçue, au plan mondial, comme une composante clé
dans la stratégie de réduction de la pauvreté et constitue un maillon important
des efforts visant la réduction de la vulnérabilité économique, sociale,
alimentaire et d’autres chocs et stress, l’environnement ivoirien de protection
sociale est décevant, voire inexistant, laissant les populations à faibles revenus
face à leurs risques.
Or, tout comme la plupart des africains, les ivoiriens, dans leur grande
majorité sont exposés à des risques divers qu’ils ne peuvent, ni prévenir, ni
transférer, ni réparer. En effet, vivant, généralement, dans un environnement
plus risqué que celui des autres couches de la population, les personnes à
faibles revenus, sont plus exposées à la maladie, au décès, à l’invalidité
accidentelle, à l’incendie, au vol ou à toute forme de perte de biens. Aussi, elles
ont besoin, comme toute personne humaine, de protection, et donc
d’assurance, celle-ci visant à garantir la sécurité des personnes et des biens.
Certes, les populations pauvres disposent, souvent, de moyens informels
pour affronter les risques susvisés mais, ces moyens ne protègent pas
suffisamment, surtout qu’avec l’évolution de la société, les liens traditionnels
d’entraide ont tendance à disparaître. L’assurance s’avère donc être la solution
pour toute personne désirant se prévenir contre les risques encourus. Définie
comme une opération par laquelle une partie (l’assureur) s’engage à délivrer,
dans le cadre réglementaire d’un contrat, une prestation en cas de réalisation
d’un risque à une autre partie (l’assuré), moyennant le paiement d’une prime
ou cotisation, elle est donc devenue le service idéal de protection et de
solidarité. Autrement dit, les populations ont besoin d’assurance, y compris
celles qui sont à faibles revenus.
En effet , Plusieurs raisons sont données à ce manque d’attirance des
populations vers l’assurance : aux facteurs d’ordre culturel, sociologique ou
religieux s’ajoutent l’analphabétisme, la méfiance envers les entreprises
d’assurances, résultant des délais trop importants relatifs aux règlements des
prestations, ainsi que de leur probable insolvabilité ; la méconnaissance1 des
différents produits servis par les sociétés d’assurances classiques, surtout que
ces contrats sont de type standard, présentant des similitudes avec ceux
vendus en Europe…
Mais, hormis ces justifications, le principal obstacle à l’assurance est la
pauvreté. Avec un revenu insuffisant pour faire face aux besoins de premières
nécessités que sont se loger, se vêtir et se soigner ; puisqu’environ 60 % de la
population vit avec moins 1000 Francs CFA par jour 2, les populations pauvres
sont restées en marge de l’assurance, abandonnées par les compagnies
d’assurances classiques, longtemps restées réticentes, voire réfractaires à
l’idée de leur proposer des services d’assurance ou de repenser leurs produits
pour les adapter aux besoins spécifiques du monde rural ou des travailleurs du
secteur informel
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A ce stade, le décor semble être planté pour revenir à la micro-assurance
: non seulement le taux de pénétration de l’assurance est faible, mais le
développement de l’activité d’assurance sur le marché de la zone CIMA n’a pas
touché une partie importante de la population, composée essentiellement des
secteurs informel, agricole et rural. Ce secteur, est par conséquent confronté
aujourd’hui à un défi de taille, à savoir celui de se redéfinir et donc de dessiner
son avenir en adaptant sa mise en œuvre, aux réalités sociales des laissés pour
compte
C’est pour corriger cette faiblesse que, par le Règlement n°
0003/CIMA/PCMA/ PCE/2012 portant organisation des opérations d’assurance
dans les Etats membres de la CIMA 3 la Conférence a mis en place une stratégie
de développement, désigné dans le terme de micro-assurance pour ainsi
couvrir les personnes vulnérables, en modifiant le Code des assurances auquel
est inséré un livre VII qui y est consacré. Mais que doit-on comprendre
concrètement par micro assurance ?
Ce texte modificatif, devenu le livre VII dudit Code, consacre un ensemble de
dispositions à la micro-assurance qui est définie, à l’article 700, comme « un
mécanisme d’assurance caractérisé principalement par la faiblesse des primes
et/ou des capitaux assurés, par la simplicité des couvertures, des formalités de
souscription, de gestion des contrats, de déclaration de sinistres et
d’indemnisation des victimes. La micro-assurance vise à protéger les personnes
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à faible revenu contre les risques spécifiques en contrepartie du paiement de
primes ou de cotisations. La souscription d’un contrat de micro-assurance peut
être effectuée par une personne morale, une entreprise ou une communauté
pour le compte de ses employés, de ses clients ou de ses membres. Elle peut
également être effectuée par une personne physique ».
Il recommande, également, l’élargissement de la catégorie des intermédiaires
d’assurances, qui va au-delà des intermédiaires d’assurances classiques que
sont les courtiers et les agents généraux pour y ajouter d’autres catégories,
telles que les banques, la poste, les institutions de micro finance, les
associations, les tontines, les coopératives et groupements agricoles, les
distributeurs de téléphonie, entre autres. Il faut se demander si ces
intermédiaires inhabituels disposent de connaissances suffisantes, afin de
rassurer les clients et de jouer le rôle qui est le leur en matière d’information et
de conseil.
Plus de six ans après son entrée en vigueur, le secteur de la micro
assurance a-t-elle atteint ses objectifs ? N’y aurait-il pas des faiblesses qui
empêchent ; une forte pénétration de la population-cible ?
Les dispositions réglementaires permettent-elle de protéger adéquatement les
intérêts des clients de la microassurance ?
Ce sont tous ces questions sans réponses qui ont suscité en nous la motivation
afin de réfléchir sur ce thème qui est : Les enjeux de la micro assurance dans la
lutte contre la pauvreté.
En effet, ce sujet présente plusieurs intérêts.
D’abord, un intérêt juridique, en ce qu’il est essentiel à la reconnaissance et
aux droit fondamentaux de la personne.
Ensuite, l’intérêt social ici, c’est qu’il s’agit d’améliorer le sort des personnes
jugées vulnérables, pauvres, à travers des revenus minimum d’insertion.
Aussi, l’intérêt majeur se rapportant à ce sujet est de montrer les effets de la
micro assurance sur la population pour laquelle, elle est destinée.
En présentant également l’importance de la transition entre les canaux de
distribution traditionnels vers les canaux de distribution modernes dans le but
de s’adapter à la demande.
A la lumière de tout ce qui précède, il convient de se poser les questions
suivantes : Quels sont les impacts qui découlent de la distribution des produits
de micro assurance sur la population laissée-pour-compte ? Quels sont les
bienfaits qui en découlent ? Quels sont les risques y étant rattachés ?
Dans le but de pouvoir apporter des réponses à ces questions, nous aborderons
d’abord les avantages d’un recours à la microassurance (PREMIERE PARTIE) et
ensuite les faiblesses qui pourraient en résulter par la suite (DEUXIEME
PARTIE).