REEPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
Union-Discipline-Travail
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT MINISTERE DE L’ECONOMIE ET
SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE DES FINANCES
SCIENTIFIQUE
Université Internationale Bilingue Africaine
RAPPORT DE STAGE
THEME :
LA PROFESSION DE MANDATAIRE JUDICIAIRE, EN
CÔTE D’IVOIRE
Présenté par : KOUASSIO BOLLOUH
ENCADREUR PEDAGOGIQUE : MAITRE DE STAGE :
ANNEE UNIVERSITAIRE :
TABLE DES MATIERES
1
Remerciements..................................................................................................3
Avant – propos ..................................................................................................4
Liste des sigles et abréviations ..........................................................................6
Introduction.......................................................................................................7
PARTIE I : Nouveau statut des mandataires
Chapitre 1 : La désignation des mandataires judiciaires .....................................
Section 1 : conditions d’accès .............................................................................
Section 2 : critique liste nationale........................................................................
Chapitre 2 : La rémunération .............................................................................
Section 1 : Le montant de la fixation de la rémunération ...................................
Section 2 : Le montant de la rémunération .........................................................
- Absence de barême
- Le cas ivoirien
Chapitre 3 : le régime de responsabilités de ces organes
PARTIE II : Le contrôle et la discipline du mandataire judiciaire
Chapitre 1
Section 1 :.........................................................................................................37
Section 2 :.........................................................................................................50
2
Chapitre 2 :......................................................................................................56
Section 1 :.........................................................................................................56
Section 2 :.........................................................................................................57
Conclusion générale.........................................................................................58
Bibliographie ...................................................................................................60
3
REMERCIEMENTS
4
AVANT-PROPOS
Il a été instauré avec le système LMD, un stage école effectué en première
année de master dans le but d’acquérir une expérience pratique du monde du
travail mais également pour pouvoir valider le master 1. Durant ce stage,
l’étudiant sera amené à travailler sur un thème qu’il aura choisi en fonction de
son lieu de stage, en essayant d’apporter des solutions aux problèmes issus de
cas rencontrés pendant le stage.
5
LISTE DES ABBREVIATIONS
6
INTRODUCTION GENERALE
La profession de mandataire judiciaire ne saurait être examinée, en droit
ivoirien, sans esquisser, au préalable, ne serait-ce que succinctement, les
mesures de sauvetage et de traitement de l’entreprise dont cet auxiliaire de
justice1 constitue l’un des organes incontournables de leur mise en œuvre, la
qualité de son intervention y étant déterminante.
D’entrée de jeu, il s’avère indispensable de rappeler qu’en tant qu’unité
économique, l’entreprise peut rencontrer des difficultés de nature à
compromettre son fonctionnement, voire son existence. En effet, comme un
organisme vivant, autant une entreprise naît, autant celle-ci peut mourir. Cette
disparition, hélas, assez habituelle d’une entreprise, met en œuvre, comme qui
dirait, le droit de la maladie, de l’agonie et de la mort des sociétés
commerciales. Ainsi, selon la gravité des crises que l’entreprise peut connaître,
diverses mesures sont-elles envisagées par les Etats membres de l’Organisation
pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) 2 qui ont institué
des procédures collectives d’apurement du passif dans l’acte uniforme du
même nom, adopté le 10 avril 1998, à Libreville au Gabon, et révisé le 15
1 On range sous l’appellation « Auxiliaire de justice », des professionnels du droit, aux activités, à la fois
nombreuses et variées, qui, sans être des magistrats, concourent, cependant, à la bonne administration de la
justice, en facilitant la marche de l’instance. Cette qualification générique désigne, donc, collectivement,
l’ensemble des professions dont la mission est d’apporter leur concours aux juges. Sur l’expression « Auxiliaire
de justice », voir, Jean Vincent, Serge Guinchard, Gabriel Montagnier, et André Varinard, Institutions judiciaires-
Juridictions-Gens de robe, Précis Dallog, 6è éd., 2001, n° 555, p 661 et suiv.
2 Cette organisation, créée par le Traité de Port-Louis du 17 octobre 1993, entré en vigueur, le 18 septembre
1995, tel que révisé à Québec, le 17 octobre 2008 et entré en vigueur, le 21 mars 2010, dont l’objectif est de
doter les Etats parties d’un droit des affaires simple, moderne et adapté à la situation de leurs économies, ainsi
que de promouvoir l’arbitrage comme moyen de règlement des différends contractuels, énumère, à l’article 2
dudit Traité, les matières entrant dans le champ du droit des affaires, au sein desquelles figurent les règles
relatives au régime du redressement des entreprises et de la liquidation judiciaire. Ce processus d’intégration
juridique est marqué, notamment, par la mise en place de règles communes appelées « Actes uniformes
(article 5 du Traité OHADA). Ceux-ci sont appelés à se substituer aux législations adoptées pour les Etats
parties, antérieurement ou postérieurement (article 10 du Traité). Les actes uniformes ne se suffisant pas,
toujours, à eux-mêmes, ceci rend, parfois, nécessaire l’intervention du droit national pour appuyer le droit
uniforme.
7
septembre 2015, à Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire 3, après une quinzaine
d’années d’application.
Désignant l’ensemble des procédures faisant intervenir l’institution
judiciaire, lorsqu’un débiteur n’est plus en mesure de payer ses dettes, les
procédures collectives d’apurement du passif poursuivent quatre objectifs qui
sont : prévenir les difficultés, opérer un redressement des entreprises en
situation compromise, mais susceptibles de retrouver un fonctionnement
bénéficiaire, liquider celles dont la défaillance financière est irrémédiable, et
frapper de sanctions, les dirigeants malhonnêtes ou notoirement
incompétents, afin de les écarter de la vie des affaires.
Cependant, les sanctions à l’encontre du débiteur ou des dirigeants
fautifs ne constituant pas la première des finalités de l’acte uniforme originel,
la prévention, le redressement et la liquidation, qui en formaient l’ossature, ont
conduit ce texte à instituer trois procédures : le règlement préventif, le
redressement judiciaire et la liquidation des biens4.
Le règlement préventif, tel qu’il était prévu à l’article 2, alinéa 2 de l’acte
uniforme initial, est une procédure qui s’applique à une entreprise qui connaît,
certes, des difficultés financières, mais dont la situation n’est pas encore
irrémédiablement compromise. Le débiteur use de cette procédure dans le but
de bénéficier de la suspension des poursuites individuelles, dans ce sens que si
sa demande est agréée, il peut voir différer, pour un laps de temps, le paiement
des sommes d’argent dont il est redevable. La décision d’ouverture du
3 Cet acte uniforme est publié au JO OHADA, n° spécial du 25 septembre 2015, p 1 et suiv.
4 Sur les procédures prévues par l’acte uniforme du 10 avril 1998, voir Joseph ISSA-SAYEGH, présentation de
l’acte uniforme de l’OHADA sur les procédures collectives d’apurement du passif, communication au séminaire
de formation à l’ERSUMA, mai 1998, dactylographiés, 27 pages ; voir également, Ohadata, D. 06.07 ; ainsi que
Filiga Michel Sawadogo, l’acte uniforme de l’OHADA portant organisation des procédures collectives
d’apurement du passif, communication ou séminaire de formation à l’ERSUMA, Porto Novo, Bénin, avril 2001,
dactylographiée, 35 pages.
8
règlement préventif s’accompagne de conséquences directes sur la situation de
l’entreprise et des créanciers et suspend, en effet, durant toute la procédure,
l’ensemble des poursuites individuelles tendant à obtenir le paiement des
créances spécifiquement désignées par le débiteur principal, et nées
antérieurement à la décision prononçant cette suspension 5.
Ainsi compris, le règlement préventif permet d’éviter la cessation des
paiements6, au moyen d’un concordat préventif, à savoir, un accord négocié et
arrêté entre le débiteur et certains de ces créanciers et auquel l’intervention du
juge confère la force exécutoire. Constituant, ainsi, une arme susceptible
d’assurer la prévention, il n’est pas, au sens strict du terme, une procédure
collective d’apurement du passif classique.
Ce qui est certain, c’est que, dès le dépôt de la proposition de concordat
préventif, le Président de la juridiction compétente 7, prononçant la suspension
5 On sait qu’en matière civile, lorsqu’un débiteur constate des difficultés économiques et financières dans son
activité, ou bien qu’il est en état de cessation des paiements, c’est-à-dire que son actif disponible ne peut pas
faire face à son passif exigible, ou encore, est en état de déconfiture totale et qu’il devient nécessaire de
procéder au règlement de ce passif à l’égard de tous les créanciers, ceux-ci disposent individuellement de
moyens juridiques, telles les actions en justice et les voies d’exécution, afin de le contraindre à exécuter ses
obligations. Ces voies de droit présentant l’inconvénient que ce sont des moyens inorganisés, s’exerçant de
manière anarchique et concurrente, le droit des procédures collectives a instauré une discipline collective des
créanciers, en soumettant ces derniers au principe d’égalité des créanciers, puisqu’il confère au président de la
juridiction concernée le pouvoir d’ordonner la suspension des poursuites individuelles, dès l’ouverture du
règlement préventif. Somme toute, il s’est agi d’éviter qu’un créancier puisse profiter du prix de la course, d’où
la nécessaire organisation des créanciers de telle manière qu’ils soient disciplinés dans leurs comportements.
Sur le principe d’égalité des créanciers, voir Alassane Kanté, Réflexions sur le principe de l’égalité des créanciers
dans le droit des procédures collectives d’apurement du passif (OHADA), Ohadata D-06-47.
6 L’alinéa 1er de l’acte uniforme du 10 avril 1998 disposait que le débiteur qui est dans l’impossibilité de faire
face à son passif exigible avec son actif disponible doit faire une déclaration de cessation des paiements aux
fins d’obtenir l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens, quelle que
soit la nature de ses dettes. Se rapprochant, donc, de la notion de non-liquidité plutôt que de celle
d’insolvabilité, la cessation des paiements suppose que l’entreprise se trouve dans une situation complètement
obérée et sans issue.
C’est cette notion de la cessation des paiements, qui s’attache à l’absence de disponibilités immédiates et
suffisantes pour payer le passif échu et exigible, qui est conservée puisque, bien qu’elle ait été déjà énoncée
dans les définitions de l’article 1-3 de l’acte uniforme révisé, la cessation des paiements est définie à l’article 25
alinéa 2 dudit acte comme «l’état où le débiteur se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible
avec son actif disponible, à l’exclusion des situations où les réserves de crédits ou les délais dont le débiteur
bénéficie de la part de ses créanciers lui permettent de faire face à son passif exigible».
De par le maintien de cette rigidité du régime de la cessation des paiements, l’accès aux procédures amiables
n’est pas permis dans l’espace OHADA. Une décision de la CCJA (ass. plén., arrêt n° 050/2015 du 27 avril 2015 a
donné l’occasion à la Haute Cour de réaffirmer qu’en droit OHADA, cet état de cessation des paiements sert à
distinguer les procédures amiables des procédures judiciaires.
7 En droit OHADA, la question de la juridiction compétente, en matière de difficultés des entreprises, a son
siège dans l’article 3 de l’acte uniforme. S’agissant, d’abord, de la compétence d’attribution ou matérielle, alors
9
des poursuites individuelles, désigne un expert pour lui faire un rapport sur la
situation économique et financière de l’entreprise, les perspectives de
redressement et toutes autres mesures contenues dans la proposition de
concordat.
Si la procédure de règlement préventif, ci-dessus décrite, concerne la
prévention de l’entreprise, il existe deux autres mesures qui en prennent le
relais, pour son traitement, lorsqu’on constate l’échec des mesures
préventives. Ce sont le redressement judiciaire et la liquidation des biens, se
situant, bien sûr, après la constatation de la cessation des paiements par le
tribunal, ces deux procédures comportant de nombreuses similitudes 8.
Sommairement présenté, le redressement judiciaire vise à la sauvegarde
de l’entreprise, lorsque la situation le permet, ainsi qu’à l’apurement de son
passif, par le biais d’un concordat de redressement sérieux9.
que l’alinéa 1er dudit article, dans son ancienne formulation, visait la juridiction compétente en matière
commerciale, la nouvelle écriture de cette disposition indique que la conciliation, le règlement préventif, le
redressement judiciaire et la liquidation des biens, relèvent de la juridiction compétente en matière de
procédures collectives, et que cette juridiction est également compétente pour connaître de toutes les
contestations nées de la procédure collective, de celles sur lesquelles la procédure collective exerce une
influence juridique, ainsi que de celles concernant la faillite personnelle et les autres sanctions, à l’exception de
celles qui sont exclusivement de la compétence des juridictions administratives, pénales et sociales. Désormais,
selon les termes du dernier alinéa de ce même article 3, il appartient à chaque Etat partie, le cas échéant, de
désigner la ou les juridictions qui seront compétentes. Le but poursuivi par l’article 3 est, certainement, de
regrouper ces procédures auprès d’une même catégorie de juridictions, afin d’obtenir une cohérence et une
efficacité maximale du traitement judiciaire. En Côte d’Ivoire, depuis la Décision n° 001/PR du 11 janvier 2012
portant création, organisation et fonctionnement des tribunaux de commerce (JORCI n° 2012……..), suivie de
son décret n° 2012-628 du 06 juillet 2012 portant création du Tribunal de Commerce d’Abidjan et fixant son
ressort territorial (JORCI du 16 juillet 2012, p. 131) ; ladite loi étant abrogée et remplacée par les lois
organiques, n° 2014-424 du 24 juillet 2014, portant création, organisation et fonctionnement des juridictions
de commerce, (JORCI n° spécial de 14 juillet 2014) et n° 2016 du 11 janvier 2016 portant modification des
article 5 et 22 de la loi organique 2014-424 (JORCI n° spécial du 26 février 2016), ce sont les juridictions
commerciales qui sont non seulement habilitées à connaître des affaires commerciales, mais connaissent
également des procédures collectives (Cf article 7 de la loi organique n° 2014-424 du 24 juillet 2014 qui indique
que… les tribunaux de commerce connaissent….. des procédures collectives d’apurement du passif) ; ces
tribunaux de commerce sont placés sous la présidence de magistrats professionnels assistés de juges
assesseurs commerçants concernant la compétence, territoriale, elle est quant à elle, prévue par l’alinéa 1 er de
l’article 3-1 de l’acte uniforme.
8 Sur ce point, Cf Filiga Michel Sawadogo, l’acte uniforme de l’OHADA portant organisation des procédures
collectives d’apurement du passif, communication au Séminaire de formation à l’ERSUMA, précitée ; Dièye
Abdalahi, Finalité comparée du redressement judiciaire et de la liquidation des biens, Mémoire de Master II,
Institut Supérieur de Technologie Industrielle de Dakar, Ingénierie Financière, 2012.
9 Le Professeur Filiga Michel Sawadogo explique que le concordat sérieux, tel que visé dans l’article 33 de l’acte
uniforme, est probablement, celui qui, tout en préservant et en favorisant l’assainissement de l’entreprise,
10
Intervenant, dès le jugement d’ouverture de la procédure, le concordat
sérieux de redressement judiciaire est voté, s’il est accepté par la majorité des
créanciers admis définitivement, ou à titre provisoire, représentant la moitié,
au moins, du total des créances. Sa finalité est de faciliter le paiement des
créances, en envisageant, soit un règlement intégral et échelonné de celles-ci,
soit un paiement immédiat, mais partiel.
Quant à la liquidation des biens, c’est la situation du débiteur dont la
cessation des paiements a été établie par le tribunal et qui n’a pas pu
bénéficier du redressement judiciaire, faute de concordat sérieux, intervenu
dans les délais prévus, ou lorsque le concordat proposé a été rejeté par les
créanciers ou n’a pas été suivi d’homologation ou encore, a été annulé. Elle a
pour but de mettre fin à l’activité de l’entreprise ou à réaliser le patrimoine, par
la cession globale ou séparée de ses droits et de ses biens. La conséquence
logique est qu’un syndic est nommé pour vendre les biens, récupérer les
créances et payer les dettes.
A ce stade, c’est le lieu d’indiquer que les objectifs poursuivis par les trois
procédures sus-évoquées, mettent en jeu des intérêts tout aussi nombreux et
difficilement conciliables, d’où la recherche d’un compromis entre les acteurs y
intervenant, à savoir, les parties, qu’on pourrait appeler les justiciables, les
autorités judiciaires et les auxiliaires de justice, dont la mission est de tempérer
l’expression de la volonté du débiteur. Certains de ces acteurs interviennent
pour la compléter, d’autres, pour la surveiller ou pour en contrôler la validité.
Si, en effet, l’identification des parties dans une instance relative aux
procédures collectives est difficile, en raison de ce qu’une multitude de
assure le paiement des créanciers dans des conditions acceptables. Ainsi, doit-il comporter, d’une part, des
mesures de redressement de l’entreprise et un plan de paiement des créanciers, théoriquement satisfaisant,
d’autre part, des garanties d’exécution des engagements que contient la proposition de concordat ; Cf. Traité
et actes uniformes commentés et annotés, Juriscope, 2016, notes sous l’article 33 de l’acte uniforme.
11
personnes ayant des intérêts divers sont concernées, les « parties nécessaires »
sont, néanmoins, toutes celles qui vont subir ou profiter directement du
jugement. Il en est ainsi du débiteur et des créanciers ; ainsi que des salariés,
tout comme du Ministère public, l’intérêt général étant en cause.
En le disant simplement, on peut relever que, outre les justiciables des
procédures collectives visées par l’article 1 er de l’acte uniforme10, les acteurs
lato sensu du règlement préventif, du redressement judiciaire et de la
liquidation des biens11 comprennent, assurément, les organes judiciaires, ceux
des créanciers, ainsi que l’expert au règlement préventif et le syndic 12.
En d’autres termes, l’ouverture d’une procédure collective n’est pas
uniquement le fait du débiteur. En cas de non déclaration de cessation des
paiements de ce dernier, un créancier voulant sauvegarder ses intérêts est
admis à ouvrir la procédure sur assignation. Les créanciers constituent, donc,
des protagonistes essentiels de ladite procédure, dans la mesure où l’un des
objectifs que celle-ci poursuit est d’arbitrer, face à la volonté du débiteur de
bénéficier de la suspension des poursuites individuelles, les conflits entre eux,
afin de leur assurer un traitement égal. Il s’agit, en l’espèce, du principe de
l’égalité des créanciers qui implique, tout à la fois, leur participation obligatoire
à la procédure collective et leur soumission aux mêmes réductions de leurs
droits13.
10 Aux termes de cette disposition, l’acte s’applique à toute personne physique commerçante, à toute
personne morale de droit privé et à toute entreprise publique ayant la forme d’une personne morale de droit
privé. L’innovation apportée par l’acte uniforme révisé étend, désormais, l’application de celui-ci à toute
personne physique exerçant une activité professionnelle indépendante, civile, artisanale ou agricole.
11 Les justiciables de ces trois procédures sont les mêmes, la condition fondamentale étant qu’au stade du
règlement, préventif, l’entreprise ne doit pas être en cessation des paiements.
12 Cf Filiga Michel Sawadogo, OHADA, Traité et actes uniformes commentés et annotés, précité, P. 1119
13 Cf Yves Guyon, Droit des affaires, Tome 2, Entreprises en difficultés- Redressement judiciaire- Faillite, 5 éd.,
Economica, 1995, n° 1028, p 38.
12
Par ailleurs, d’autres acteurs sont des organes très importants dans le
déroulement de la procédure collective, parce qu’ils ont pour rôle, à partir
d’une large information, d’assurer la haute administration de celle-ci, la
centralisation des contestations, l’accélération et l’arbitrage des intérêts en
présence. C’est d’ailleurs leur intervention qui confère le caractère judiciaire
aux procédures collectives et contribue à leur efficacité et à leur moralisation. Il
en est ainsi du tribunal et de son président, du juge commissaire, ainsi que du
Ministère public.
Des compétences importantes sont, en effet, dévolues au tribunal auquel
aucune procédure n’échappe14. C’est lui qui prononce les jugements
d’ouverture et de clôture ; nomme, révoque et remplace les autres organes de
la procédure ; il tranche les contestations y relatives ; peut décider des
sanctions à l’égard des dirigeants et des tiers, etc…
Le président du tribunal joue, également, un rôle essentiel dans la
procédure de règlement préventif où il a compétence exclusive pour recevoir la
requête aux fins de règlement préventif et prononcer la suspension des
poursuites individuelles en faveur du débiteur. Il a des attributions particulières
dans les procédures de redressement judiciaire et de liquidation des biens, telle
la désignation des personnes habilités à faire le rapport sur la situation du
débiteur.
En ce qui concerne le juge commissaire, qui est un magistrat rattaché à la
juridiction, et qui est spécialement chargé de suivre le déroulement d’une
procédure collective, il est nommé par le tribunal, lors du jugement
14 Relativement à la compétence territoriale, le tribunal compétent est, suivant les cas, celui du lieu du
principal établissement du débiteur, personne physique, ou du siège social, pour les personnes morales, ou du
lieu du « principal centre d’exploitation » sur le territoire, lorsque le siège est à l’étranger, c’est-à-dire, en
dehors des frontières nationales, même s’il est situé dans un autre Etat de l’OHADA.
13
d’ouverture des procédures de redressement judiciaire et de liquidation des
biens ou d’homologation du concordat dans le règlement préventif.
Certains pouvoirs lui sont expressément reconnus : l’autorisation pour
l’accomplissement de certains actes par les autres organes de la procédure,
spécialement le syndic ; la nomination des contrôleurs, dans les procédures de
redressement judiciaire et de liquidation des biens ; il statue sur les
contestations, demandes et revendications relevant de sa compétence
(révocation du syndic, refus d’assistance du syndic…).
Les décisions prises par le juge commissaire sont des ordonnances ; il
peut être remplacé ou révoqué.
Il faut aussi ajouter à la présence de l’autorité judiciaire, le Ministère
public qui, bien que n’étant pas directement impliqué dans le déroulement de
la procédure où il y joue un rôle, vague, du reste, reçoit, à travers son
représentant, des informations du juge commissaire et lui en communique. Les
procédures collectives intéressent, effectivement, le Parquet, du fait de la place
qu’elles font à l’intérêt général et à l’ordre public, défendus par le Ministère
public à tous égards.
Enfin, certains autres acteurs contribuent, tout aussi efficacement, à
l’aboutissement de la procédure, motif pris de ce que le jugement d’ouverture
crée une situation nouvelle pour le débiteur, aussi bien que pour les créanciers,
qui nécessite la mise en place et l’intervention d’auxiliaires de justice, à savoir,
les avocats conseillant ou assistant le ou les débiteurs ou certains des
créanciers, les commissaires-priseurs commis aux fins de réaliser certaines
opérations, les experts au règlement préventif, les syndics au redressement
14
judiciaire et en liquidation des biens, dont l’expertise est sollicitée pour aider le
juge dans sa mission de gestion de la procédure, ainsi que les organes des
créanciers15.
Des développements qui précèdent, il résulte que, outre les justiciables
des procédures collectives, les acteurs qui y interviennent peuvent être
regroupés en deux principales catégories : d’un côté, les organes judiciaires et,
de l’autre, les organes non judicaires, cette dernière catégorie, seule,
présentant, pour une raison d’opportunité, de l’intérêt pour notre étude : alors
que, tout en rangeant parmi les auxiliaires de justice intervenant aux côtés des
autorités judiciaires, les organes des créanciers, ainsi que l’expert et le syndic,
l’acte uniforme initial ne les encadrait, pourtant, pas légalement, l’article 1-3 de
l’acte uniforme révisé, qui entend par « mandataire judiciaire », ces deux
derniers auxiliaires, leur confère, désormais, une qualification juridique précise,
sans même les définir, leur reconnaît un régime juridique spécifique. C’est,
d’ailleurs, pour combler ce vide juridique que, contrairement à l’ancien texte,
celui de 2015 a pensé à l’encadrement de ces experts.
Le cadre de l’étude étant ainsi circonscrit, qu’en est-il de son contexte
qui, lui, tient de cette nécessité de la règlementation des mandataires
judiciaires.
15 Parmi les auxiliaires de justice intervenant dans les procédures collectives, il ne faut pas oublier de ranger
les organes des créanciers qui se manifestent à travers la tenue des assemblées (dont la seule semble
obligatoire pour le vote du concordat, en cas de redressement judiciaire) et l’institution facultative des
contrôleurs. Ces derniers dont le nombre varie, d’un à trois, qui sont choisis par le juge commissaire pour
l’assister et assister éventuellement le syndic dans le déroulement de la procédure, ont reçu de l’Acte uniforme
une mission quelque peu vague de surveillance et de contrôle (article 48 et 49 de l’acte uniforme). Ils sont
consultés sur les questions importantes et peuvent formuler des suggestions pour le bon fonctionnement de la
procédure, étant entendu qu’ils peuvent être chargés, en cas de vote du concordat, du contrôle de l’exécution
de celui-ci. Les contrôleurs n’engagent leur responsabilité qu’en cas de faute lourde.
15
S’agissant, d’abord, de l’expert au règlement préventif, il faut partir de
l’article 8 de l’acte uniforme du 10 avril 1998 aux termes duquel, dès le dépôt
de la proposition de concordat préventif, celle-ci est transmise, sans délai, au
président de la juridiction compétente qui rend une décision de suspension des
poursuites individuelles et désigne un expert pour lui faire un rapport sur la
situation économique et financière de l’entreprise, les perspectives de
redressement, compte tenu des délais et remises consentis ou susceptibles de
l’être par les créanciers et toutes autres mesures contenues dans les
propositions du Concordat.
Concrètement, une fois choisi, ce technicien à qui le juge demande de
donner son avis sur les faits nécessitant des connaissances techniques et des
investigations pouvant s’avérer complexes, entend le débiteur et les créanciers
et leur prête ses bons offices, en vue d’aboutir à la conclusion d’un accord sur
les modalités de redressement de l’entreprise et l’apurement de son passif.
La nomination, la récusation, le remplacement et la révocation de
l’expert, qui doit aussi signaler à la juridiction compétente, les manquements
observés dans le comportement du débiteur qui outrepasserait les limites à lui
imposer pour ne pas léser les intérêts des créanciers, suivent, quasiment, le
même régime que ceux du syndic et il est soumis aux mêmes incompatibilités
et au même régime de responsabilité que ce dernier, tels que résultant des
articles 41 et 42 de l’acte uniforme.
Pour ce qui est du syndic au redressement judiciaire et à la liquidation
des biens, il s’agit d’un organe au caractère ambivalent, en ce sens qu’il
16
comporte deux composantes de sens contraires : il représente non seulement
la masse des créanciers, ainsi que le débiteur qu’il assiste, dans l’hypothèse du
redressement judiciaire dans le cadre duquel ce dernier doit obtenir son accord
et sa participation, mais il prend, également, la place du débiteur et assure,
sans la collaboration de celui-ci, la conduite quotidienne de la procédure, en
cas de liquidation des biens. Dans certains cas, le syndic accomplit des missions
de surveillance.
Il résulte nécessairement du cumul de ces différentes fonctions du
syndic, un conflit d’intérêt qui peut être défavorable aux uns et aux autres,
suivant les cas.
En contrepartie des nombreuses prérogatives qui s’imposent à lui,
d’importantes obligations pèsent sur le syndic. Ainsi, à l’article 43 de l’acte
uniforme imposant à ce dernier l’obligation de rendre compte de sa mission et
du déroulement de la procédure, ainsi qu’à l’obligation de reddition de compte
à laquelle s’ajoutent des obligations accessoires, il n’en demeure pas moins
qu’il engage sa responsabilité en cas de faute.
Une quinzaine d’années d’application de l’acte uniforme du 10 avril 1998
ont suffi au législateur OHADA pour se rendre compte de l’inefficacité du
dispositif ainsi mis en place, tant en ce qui concerne les procédures instituées
que des organes chargés de les mettre en œuvre.
Relativement aux procédures, non seulement l’ancien acte uniforme
souffrait de l’absence d’une procédure de conciliation moderne pour
promouvoir les négociations privées et les accords extra-judiciaires entre le
débiteur et les créanciers, afin de sauvegarder les entreprises en difficultés et,
17
en même temps, améliorer le taux de recouvrement des créances au profit des
créanciers, mais le champ d’application de l’acte uniforme, lui-même, était
restreint au regard des entreprises susceptibles d’en bénéficier 16.
Par ailleurs, à l’imprécision du critère d’ouverture de la procédure
préventive17 ainsi qu’à une durée de la suspension des poursuites
insuffisamment encadrée, aboutissant à une procédure trop longue, s’ajoutait
la lourdeur pour les petites entreprises qui, de fait, n’y recouraient pas.
Outre ces lacunes auxquelles étaient confrontées les procédures, il avait
été également, constaté, comme sus-rappelé, la disparité, voire l’absence, en
droit OHADA de tout encadrement légal du statut de l’expert au règlement
préventif et du syndic au redressement judiciaire et à la liquidation des biens,
alors que ceux-ci jouent un rôle essentiel dans le succès des procédures
collectives. Aussi, le problème du régime juridique, à appliquer, quant à la
fixation des conditions d’exercice de leur activité, de leur responsabilité et de
leur rémunération, ainsi que la question de la création d’un organe chargé de
leur contrôle et de leur discipline, se posaient-ils, donc, avec acuité. Ainsi que
l’illustre le Professeur Filiga Michel Sawadogo, à propos des méfaits de
l’absence de statut des mandataires intervenant dans les procédures
collectives, « l’expérience enseigne que les syndics, par leur incompétence, leur
insouciance, leurs malversations ou détournements et par leurs rémunérations
excessives, sont souvent la cause de l’échec des procédures collectives qui ne
parviennent, en général, ni au sauvetage de l’entreprise, ni au paiement
substantiel des créanciers. De nombreuses critiques sont formulées également
à l’encontre des experts au règlement préventif, notamment pour leur non-
16 Cf, Filiga Michel Sawadogo, OHADA, Traité et actes uniformes commentés et annotés, précité, p. 1110
17 Ce qui avait pour effet, une ouverture tardive du processus qui, à son tour, influait négativement sur
l’exécution du concordat, une fois conclu et homologué
18
respect des délais, respect, pourtant, important pour le succès des règlements
préventifs mis en mouvement dans les Etat parties18.
En effet, représentant le tribunal pour l’administration de la procédure,
et investi de sa double mission de représentation, tant des créanciers que du
débiteur, cette double posture ambigüe n’est pas dénuée de conséquences :
elle concentrait entre les mains d’une même personne des fonctions de nature
différente et pour lesquelles le syndic ne justifie pas, effectivement, de
qualifications suffisantes, puisqu’il ne peut, tout de même, pas être, à la fois, un
excellent gestionnaire et un excellent juriste.
Par ailleurs, en dépit du caractère exorbitant de ses pouvoirs, le contrôle
de son action était inopérant, en pratique : le contrôle sporadique des
créanciers contrôleurs souffrait aussi bien de faiblesses dans sa conception que
d’une inefficacité de son application ; les magistrats sont souvent
insuffisamment outillés pour exercer un contrôle efficace, sans oublier que
ceux du Ministère public prennent peu d’initiative en ce domaine et que les
juges commissaires sont parfois accusés de laxisme, voire de collusion avec le
syndic ; encore que la partition du droit pénal OHADA entre l’incrimination et la
sanction19 a conduit à des vides juridiques propices à l’impunité du syndic.
Face à ces critiques relayées par une doctrine persistante 20, tant en ce
qui concerne les imperfections relatives aux procédures qu’à celles portant sur
les acteurs chargés de leur application, l’acte uniforme de 1998 a donc été
abrogé et remplacé par celui du 15 septembre 2015, s’insérant dans un
18 Cf, Filiga Michel Sawadogo, OHADA, Traité et actes uniformes, Op. Cit., P. 1122
19 Sur cette division entre l’incrimination et la peine, voir, Henri TCHAMTCHOU, l’Etat du droit pénal des
affaires dans l’espace OHADA, Revue de l’ERSUMA, n° 6, janvier 2016
20 Cf Yvette KALIEU ELONGO, regards sur les mandataires des procédures collectives OHADA, [Link]és-
[Link], ohada ; Odette Carine N’GONSOA, le syndic dans les procédures collectives OHADA, Mémoire de
Master II, Université de Yaoundé II, 2015 ; lire également, Didier Takafo-Kenfack, focus sur l’encadrement de la
rémunération des mandataires judiciaires de l’OHADA, Revue du droit des affaires en Afrique (RDAA), éditée
par l’Institut de droit d’expression et d’inspiration française, janvier 2017.
19
mouvement de rénovation et de modernisation du droit de l’organisation pour
l’harmonisation en Afrique du droit des affaires, qui a déjà permis la révision de
trois actes uniformes21.
De l’audit préalable ayant permis de relever les maux, sus-évoqués, dont
souffrait l’acte uniforme originel, et parmi lesquels se classait, donc, l’absence
d’encadrement légal des mandataires judiciaires, il en est résulté, à travers un
titre spécifique du nouveau texte, la fixation, par le législateur OHADA, d’un
cadre juridique réglementant l’activité desdits mandataires judiciaires.
Pour marquer l’importance de ces nouvelles dispositions relatives à la
profession de mandataire judiciaire qui, au sens de son article 1-3, ne désigne
que, l’expert en règlement préventif et le syndic au redressement judiciaire et à
la liquidation des biens, l’acte uniforme révisé contient dans son titre I, une
règlementation détaillée de l’activité de ces auxiliaires. En effet, comportant
pas moins de 24 articles, répartis en 7 chapitres qui organisent l’accès aux
fonctions des mandataires judiciaires (articles 4-1 à 4-3), les conditions
d’exercice de leurs fonctions (articles 4-4 à 4-5), un régime de contrôle et de
discipline de ces mandataires (articles 4-6 à 4-11), leur responsabilité et leur
assurance professionnelles (articles 4-12 à 4-15), leur rémunération (articles 4-
16 à 4-21) et, enfin, l’ouverture et les produits d’un compte spécial que les
syndics ouvriront pour domicilier les opérations afférentes aux procédures
collectives (articles 4-22 à 4-23), ce titre I du nouveau texte consacre,
désormais un statut de la profession de mandataire judiciaire.
Des interrogations subsistent, cependant, puisque, renvoyant à la loi
nationale des Etats parties, l’article 4 de l’acte uniforme révisé les invite à
21 Il s’agit de l’acte uniforme portant droit commercial général et l’acte uniforme portant organisation des
sûretés, adoptées le 15 décembre 2010 à Lomé, au Togo, ainsi que celui relatif au droit des sociétés
commerciales et du groupement d’intérêt économique, adopté le 30 janvier 2014 à Ouagadougou, au Burkina
Faso.
20
adopter, en tant que de besoin, les règles d’application du nouveau dispositif
communautaire, notamment, à travers la mise en place d’une autorité
nationale de régulation chargée, entre autres, de la supervision des
mandataires judiciaires.
Sur la base de l’article 4, susvisé, certains Etats membres de l’OHADA ont
pris des textes internes complémentaires de ce droit commun régissant,
dorénavant, la profession de mandataire judiciaire, afin de préciser certains
aspects du régime posé par le nouvel acte uniforme.
Ainsi, par le décret n° 2016-570 du 27 avril 2016 relatif au statut des
mandataires judiciaires, pris en application de l’acte uniforme portant
organisation des procédures collectives d’apurement du passif 22 et l’arrêté
ministériel n° 7934, en date du 31 mai 2016, relatif au barème de rémunération
des mandataires judiciaires23, la République du Sénégal a-t-elle ajouté aux
règles organisant l’accès à cette profession de mandataire et en a fixé le
barème de rémunération. L’article 1er du décret rappelle, à ce propos, qu’il a
pour objet de prévoir les conditions et modalités d’agrément de ces auxiliaires,
en créant l’organe chargé de leur supervision, et en organisant le contrôle de
leur activité, tandis que celui de l’arrêté du 31 mai 2016 vise à déterminer la
rémunération de l’expert au règlement préventif et les émoluments dus au
syndic.
Des textes similaires ont également été pris par les Républiques du
Burkina Faso et du Mali. D’abord, par le décret n° 2016-736 du 08 août 2016
portant barème des honoraires des mandataires judiciaires dans les procédures
collectives d’apurement du passif24 et, ensuite, par la loi n° 035/2016/AN du 15
22 JO de la République du Sénégal, n° spécial du jeudi 28 avril 2016
23 JO de la République du Sénégal, n° spécial du jeudi 02 juin 2016
24 JO République du Burkina Faso du 26 janvier 2017
21
novembre 2016 portant statut des mandataires judiciaires dans les procédures
collectives d’apurement du passif25, le Burkina Faso a adopté des textes
complémentaires de l’acte uniforme révisé, relatifs aux mandataires. Précédant
cette loi qui détermine les conditions d’accès et d’exercice de la profession,
institue une commission nationale chargée de la régulation et de la supervision
des mandataires et établit, enfin, les règles de contrôle et de discipline de ces
professions, ainsi que les sanctions applicables, en cas de manquements, le
décret, lui, institue un barème de rémunération des experts et des syndics en
distinguant, selon que le syndic agit comme contrôleur, comme syndic en
redressement judiciaire ou syndic en liquidation des biens, avec l’indication
d’une rémunération forfaitaire prévue pour les syndics intervenant dans les
procédures simplifiées de redressement judiciaire ou de liquidation des biens.
Par ailleurs, rejoignant la République du Sénégal et le Burkina Faso, la
République du Mali a pris le décret n° 0265/PRM du 21 mars 2017 portant
création, organisation et modalités de fonctionnement de la commission
nationale de contrôle et de discipline des mandataires judiciaires de la
République du Mali26.
Quid de la Côte d’Ivoire, concernant la prise de textes nationaux destinés
à compléter le droit commun régional consacrant le statut des mandataires
judiciaires, telle que préconisée par le nouvel acte uniforme ? Emboitant le pas
aux trois Etats susvisés, notre pays n’est pas resté indifférent à cette exigence
d’adoption de dispositions nationales posée par le nouvel acte. En effet, par le
décret n° 2016-48 du 10 février 2016, portant création, attribution,
organisation et fonctionnement de la commission nationale de contrôle des
25 JO de la République du Burkina Faso du…….
26 JO de la République du Mali du……
22
mandataires judiciaires27, la Côte d’Ivoire a complété, à son tour, les
dispositions de l’acte uniforme révisé.
Le cadre et le contexte de la présente étude, qui viennent d’être
examinés, contribuent à montrer qu’elle comporte des intérêts d’ordre
juridique et économique, ces deux aspects débouchant, d’ailleurs, sur l’intérêt
pratique et social qu’elle revêt. Se traduisant, notamment, à travers, le recours
aux législations nationales, préconisé par l’acte uniforme révisé, pour
l’enrichissement du statut des mandataires judiciaires, ce qui conduit à
effleurer la question des conflits de normes 28, son intérêt juridique découle,
quant à lui de ce qu’elle permet à celui qui s’en imprègne d’être renseigné sur
les mécanismes juridiques permettant aux mandataires judiciaires de jouer leur
rôle dans les procédures collectives, tant en ce qui concerne les conditions
d’accès et d’exercice de leur profession, leur contrôle, la mise en jeu de leur
responsabilité et leur rémunération.
S’agissant de l’intérêt économique que présente ladite étude, il résulte
du constat suivant : à partir du moment où l’on a véritablement saisi le rôle des
sociétés commerciales dans le tissu économique des nations, leurs législateurs
n’ont cessé d’instituer dans leurs textes de droit interne des mesures visant à
permettre leur sauvegarde. Aussi, le législateur OHADA n’est-il pas resté en
marge de cette évolution puisque, après avoir inséré dans l’acte uniforme du
10 avril 1998, le règlement préventif et le redressement judiciaire dans les
mesures de sauvetage des entreprises, il l’a poursuivi dans l’acte uniforme
révisé, à travers la procédure de conciliation qui a pour but de permettre au
débiteur de résoudre les difficultés de son entreprise par le biais de la
conclusion d’un accord avec les créanciers et, éventuellement, ses co-
27 JO de la République de Côte d’Ivoire du 16 mars 2016, p. 63 et suiv.
28 Sur les conflits de normes, cf, cours-de-droit@[Link]/conflit-de-normes-dans-l-espace ; ainsi que
Joseph ISSA-SAYEGH, quelques aspects techniques de l’intégration juridique : l’exemple des actes uniformes de
l’OHADA, Revue de Droit Uniforme, NS- Vol IV 1999-1-Unidroit
23
contractants29. Or, un statut professionnel permettant aux organes chargés de
mettre en œuvre les procédures collectives constitue, sans contestation
aucune, un gage de leur efficacité et, par voie de conséquence, une source de
sécurité économique. En effet, l’intervention de mandataires judiciaires
répondant aux normes de l’OHADA devrait contribuer à l’atteinte des objectifs
de sauvetage de l’entreprise, de paiement substantiel des créanciers et de
punition des débiteurs et des dirigeants fautifs de personnes morales, sans
oublier ceux d’entre ces mandataires juridiques qui seraient véreux ou
indélicats30.
Enfin, l’étude de la profession de mandataire judiciaire revêt un intérêt
général découlant, des procédures collectives, elles-mêmes, considérées
comme une discipline juridique mettant en jeu de nombreux intérêts, à
concilier, nécessitant d’être rappelés : ceux de l’entreprise, ceux des créanciers,
ainsi que les intérêts de la collectivité tout entière qui ne peut se désintéresser
du sort de l’entreprise dont la disparition augmentera le chômage et fera,
parfois, cesser la production nationale, obligeant à recourir à l’importation. Vue
sous cet angle, l’étude comporte, alors, un intérêt social, se confondant avec
l’intérêt économique qu’elle promeut. En effet, l’intervention des mandataires
judiciaires visant à renforcer la célérité et l’efficacité des procédures collectives,
la connaissance de cette profession qui participe à la préservation et à la
création d’emplois, permet à attirer l’attention sur les caractères économiques
et sociaux desdites procédures.
Le décor de l’étude étant ainsi planté, la question principale qui s’en
dégage est celle de savoir si, pour le redressement des entreprises viables et la
liquidation de celles qui sont économiquement condamnées, l’encadrement
juridique des mandataires judiciaires, tel qu’organisé par l’acte uniforme révisé
29 Cf., article 2 alinéa 1er de l’acte uniforme
30 Filiga Michel Sawadogo, OHADA, Traité et actes uniformes commentés et annotés, op-cit., p. 1126
24
du 15 septembre 2015, permet de maximiser le recouvrement des créances
impayées. En d’autres termes, le régime juridique de cet auxiliaire de justice
correspond-il mieux aux objectifs économiques et sociaux fixés par les pouvoirs
publics, comparativement à celui de l’ancien texte ? Il va sans dire que de cette
préoccupation centrale découlent des problèmes sous-jacents. En effet, à quels
critères faut-il obéir pour acquérir la qualité de mandataire ? Quelles sont,
donc, les conditions d’accès et d’exercice de cette profession, et quels en sont
en sont les devoirs et les obligations ? Quel est le régime de la responsabilité du
mandataire judiciaire ? Pour l’exercice de sa mission, comment est-il
rémunéré ? Quelle est la nature juridique de cette rétribution et quelle en est
le mode de fixation ?
Par ailleurs, qu’en est-il du contrôle et de la discipline du mandataire
judiciaire ? Quel est l’organisme qui est chargé de cette supervision, quelles
sont les missions et quelle est l’étendue de ce contrôle ?
Pour répondre à ces différentes questions, il convient d’examiner, en
premier lieu, le statut du mandataire judiciaire (PARTIE I) et, en second lieu le
contrôle et la discipline du mandataire judiciaire (PARTIE II).
PARTIE I : NOUVEAU STATUT DU MANDATAIRE JUDICIAIRE
25
Les Mandataires judiciaires avant 2015, exerçaient leur fonction dans un
certain flou, compromettant ainsi l’avenir des entreprises qui pouvaient être
redressées ou sauvées. Cette réforme apporte une clarté sur la fonction de ces
derniers.
L’Acte uniforme entend comme l’expert au règlement préventif et le syndic
Ainsi depuis lors, devenir mandataire judiciaire, est le fruit d’une conformité à
des exigences bien déterminées, sur la base desquelles, la demande
d’admission sera approuvée par l’autorité compétente.
Les nouvelles dispositions précisent les conditions de désignation (Chapitre I) et
de rémunération (Chapitre II) ainsi que le régime de responsabilités de ces
organes (Chapitre III)
CHAPITRE I : LA DESIGNATION DES MANDATAIRES
26
L’exercice des fonctions de mandataires judiciaires dans une procédure
collective est subordonnée à l’inscription sur la liste nationale des mandataires
judiciaires. L’article 4-1 alinéas 2 prévoit , qu’a titre exceptionnel, le tribunal
peut désigner comme expert ou mandataire une personne non-inscrite sur
cette liste. Les expert comptables, s’ils remplissent les critères sont d’office
habilités à exercer la profession de mandataire judiciaire
L’exercice
Elles sont classées en conditions de fond et de forme sont soumises à des
sanctions.
Pour des questions de moralité, la profession de mandataire est interdite aux
personnes qui ont fait l’objet d’arrestation dans le passé. L’aptitude juridique
est vérifiée à partir des qualités quant à l’aptitude professionnelle, elle est
prévue à L’article 4 de l’AUPCAP qui dispose que « Nul ne peut être désigné en
qualité d'expert au règlement préventif ou de syndic dans une procédure de
règlement préventif, de redressement judiciaire ou de liquidation des biens s'il
n'est inscrit sur la liste nationale des mandataires judiciaires. »
Conditions de forme
Il ressort de cette disposition que les mandataires judiciaires se doivent au
préalable d’être inscrits sur la liste nationale des mandataires judiciaires de
l’Etat dont ils relèvent.
Ces conditions ont trait à une déclaration à faire à la commission nationale,
suivie d’une autorisation de celle-ci.
L’établissement à cette liste nationale., il doit remplir sa mission avec
conscience, objectivité et impartialité.
A ces textes, de droit interne, il convient d’ajouter les dispositions de l’Acte
Uniforme.
1) Les devoirs et obligations de l’expert
A- Les obligations imparties du mandataire par l’A.U dans l’exécution de sa
mission
a) Obligation d’accomplir seul sa mission mais ce texte ne prohibe pas la
possibilité pour un mandataire d’utiliser des collaborateurs pour
27
accomplir les tâches matérielles à conditions qu’ils présentent les
garanties nécessaire ( civ 2e 16 mai 2012 bull civ II n 101 )
Selon l’artucle … l’expert peut se faire assister dans l’accomplissement de sa
mission par les personnes de son choix qui inervient sous son contrôle et son
respect.
2) Obligattion de respecter les délais
Le technicien doit respecter les délai qui lui sont impartis
3) Obligation de respecter le principe de contradiction
Cette obligation impérieuse est la garantie d’un expertise équitable. Dans ce
sens un arrêt du Conseil d’Etat DM du 18 Mars 1997 Monto-vanellic C/FE publié
au Dalloz 1997, sommaire 36
L’Acte uniforme confère aux mandataires judiciaires un certain nombre de
prérogatives et d’obligations légales afin qu’ils mènent à bien leurs missions.
A) Les prérogatives des mandataires durant l’accomplisssement de sa
mission
B) Les obligations de l’expert
1) Obligations d’objectivité et de moralité
2) Obligtion de célérité dans l’exercice de sa misssion
Il doit respecter les délais impartis. En cas de manquement à cette obligation
les parties peuvent obtenir le remplacement, la radiation de la liste, la
[Link] faute .
28
3)le respect du secret professionnel
La déontologie de l’expert (devoir moral)
Selon la définition trouvée par le dictionnaire , la déontologie est la thérie des
devoirs en morale. Comme il existe une déontologie pour les magistrats, les
avocats et autre auxiliaire de justice ; on peut affirmer qu’il existe une
déontologie pour les mandataire judiciaires. Celle-ci trouve sa source dans deux
textes :
L’article … et la loi ….. qui énoncent les termes de serment prêté par les
exeperts inscrits sur la liste. Ceux-ci jurent d’accomplir leur mission.
L’article ….. du code de procédure civile le juge et l’expert doivent respecter le
principe de la contradiction cette règle connaît toutefois des exceptions
e) Obligations de layauté
Selon le code de procédure civile l’expert ne peut faire état que des
informations légitimement récueuills
f) obligation de déposer son rapport et le communiquer aux parties
g) obligation de discrétion
L’article … du code de procédure civile : l’avis du technicien dont la divulgation
porterait atteinte à l’intimité de la vie privée ou à tout autre intérêt légitime ne
peut être utilisé en dehors de l’instance si ce n’est avec son autorisation du
juge ou avec le consentement de la partie interréséé
L’expert est tenu au secret professionnel
h) obligation de probité
29
Il est interdit au tecnhicien de recevoir directement d’une partie, sous quelque
formes que ce soit une rémunération même au titre de remboiurssement de
deboirs, si ce n’est une décision du juge.
Les devoirs de l’expert
Paragraphe I : la formulation de la demande d’inscription sur la liste nationale
des mandataires judiciaires
L’Acte uniforme en son article 4 dispose que « Chaque État partie adopte, en
tant que de besoin, les règles d'application des dispositions du présent Titre. Il
prévoit, selon des modalités appropriées, la régulation et la supervision des
mandataires judiciaires agissant sur son territoire, au besoin en mettant en
place à cet effet une autorité nationale dont il fixe l'organisation, la
composition et le fonctionnement. »
Cet organe devrait jouer pratiquement le même rôle que certains ordres
professionnels tel que l’Ordre des Notaires, Avocats, l’Ordre des Experts
comptables, la Chambre nationale des Notaires etc.…. Bref il s’agit d’une
profession règlementée3.
La Côte d’ivoire est le premier Etat à avoir mis en place la Commission
nationale de contrôle des mandataires judiciaires qui prévoit ces règles.
Il en est de même pour le Sénégal et le Burkina qui ont par la suite institué ledit
organe. Les autres Etats-membres de l’OHADA quant à eux font jusqu’à présent
preuve d’inertie.
En côte d’ivoire, c’est le Décret 11 2016-48 du 10 février 2016 portant création,
attributions, organisation et fonctionnement de la Commission nationale de
contrôle des mandataires judiciaires qui prévoit ces règles.
Ces conditions sont prévues par l’article 4-2 dudit Acte uniforme qui
énumèrent les critères selon lesquelles, une personne peut être inscrite sur la
30
liste nationale. Toutefois ce même article prévoit que ces conditions peuvent
être prolongées par les Etats-partie.
3
En France, la profession de mandataire judiciaire est exercée sous la férule du
Centre National des Administrateurs Judiciaires et des Mandataires Judiciaire
(CNAJMJ).
Ainsi nous étudierons d’une part les conditions issus de l’AU( A) et d’autre part
les conditions issues du décret 11° 2016-48 du 10 février 2016 portant
création, attributions organisations, organisation et fonctionnement de la
Commission nationale de contrôle des mandataires judiciaire (B)
A- Les conditions Prévues par l’Acte uniforme portant procédure collective
d’apurement du passif
L’inscription sur la liste nationale, est une condition sine-qua non pour être
mandataire judiciaire.
L’inscription sur cette liste exige que certains critères soient respectés.
Ces conditions au nombre de cinq sont :
D’abord, avoir le plein exercice de ses droits civils et civiques.
Jouir de ses droits civiques ramène à dire que le postulant doit pouvoir
bénéficier des privilèges et libertés fondamentales accordés par l’Etat. Il s’agit
notamment du droit de vote.
Quant à l’aptitude à jouir de ses droits civils, c’est la capacité qui est
recherchée. Alors le postulant se doit d’être capable. Il en découle donc que le
majeur incapable et les prisonniers ne peuvent nullement postuler.
Ensuite ; n'avoir subi aucune sanction disciplinaire autre que l'avertissement ou
une condamnation définitive à une peine privative de liberté pour un crime de
droit commun, ou à une peine d'au moins trois (03) mois d'emprisonnement,
non assortie de sursis, pour un délit contre les biens ou une infraction en
matière économique ou financière qui est incompatible avec l'exercice de la
fonction de mandataire judiciaire.
Cette exigence traduit l’intention pour le législateur de prôner la morale et
l’éthique dans la fonction de mandataire judiciaire.
En effet, les taches auxquelles sont destinées les mandataires judiciaires
nécessitent qu’ils soient de bonne moralité. C’est dans cette même logique
qu’il est aussi requis que le postulant présente des garanties de moralité jugées
suffisantes par l'autorité ou la juridiction compétente de l'Etat partie.
Après, il faut soit être expert-comptable ou soit être habilitée par la législation
nationale
31
Enfin Justifier d'un domicile fiscal dans l'État partie dans lequel elle sollicite son
inscription et être à jour de ses obligations fiscales.
Ce sont les conditions que le législateur OHADA requiert pour qu’une personne
puisse être inscrite sur la liste nationale des mandataires judiciaires. Ces
conditions en Côte d’ivoire sont complétées par le décret 11 2016-48 du 10
février 2016 portant création, attributions, organisation et fonctionnement de
la Commission nationale de contrôle des mandataires judiciaires.
B- Les conditions prévues par le Décret 11 2016-48 du 10 février 2016 portant
création, attributions, organisation et fonctionnement de la Commission
nationale de contrôle des mandataires judiciaires
Le décret prévoit des conditions qui pour la plupart sont les même déjà
prévues par l’Acte uniforme.
Il n’en demeure pas moins qu’elle demande la satisfaction à des conditions
supplémentaires.
En effet, l’article 9 du décret précise d’emblée qu’en plus de la spécialité
d’expert-comptable, la spécialité d’avocat est comprise sur le tableau des
mandataires.
Il en ressort ainsi que nous ne pouvons aller de pair avec ces auteurs qui
affirment que « se trouvent exclus de l’accès à la profession de mandataire
judiciaire les avocats ou les autres professions règlementées ».4
Car comme le précise clairement l’article 4-2, chaque Etat peut ajouter d’autres
conditions.
C’est notamment le cas de la Côte d’Ivoire qui dans ces conditions ajoutent
l’avocat. Il en ressort également que les autres fonctions ne sont nullement
exclus dans la mesure où l’article 9 du décret en son alinéa 3 dispose que la
commission nationale de contrôle des mandataires peut habiliter toute autre
profession en qualité de mandataire judiciaire.
Cette logique d’accès de cette profession à bien de personne d’origine
professionnelle diverse est celle de bien d’auteurs, dont Me Jérémie WAMBO
qui affirme « nous ne partageons pas cet avis pour au moins deux raisons :
d’abord, l’article4-2 qui énumère les conditions d’accès à la profession précise
bien que chaque Etat partie peut ajouter des conditions supplémentaires, ce
qui suppose qu’il peut y être intégré d’autres corps de métier en fonction des
spécificités de l’Etat concerné »4
Aussi le décret ivoirien relatif aux mandataires judiciaires, ne pose aucune
condition de nationalité.
32
On pourrait donc en déduire que l’inscription sur la liste nationale des
mandataires judiciaires est ouverte à tous sans distinction de nationalité.
Cette ouverture que laisse paraitre le décret ivoirien quant à la condition de
nationalité n’est nullement le cas dans d’autres Etats-partie.
4
Me. Alain FENEON, « Des mandataires judiciaires mieux encadrés, pour une
procédure plus efficace » in « LA MODERNISATION DE L’ACTE UNIFORME SUR
LES PROCEDURES COLLECTIVES » parue dans la Revue DROIT RT PATRIMOINE
n°253, Décembre 2015, P65
5
Me Jérémie WAMBO, « LES PROCEDURES COLLECTIVES D’APPUREMENT DU
PASSIF AU REGARD DE L’ACTE UNIFORME DU 10 SEPTEMBRE 2015 »
Le Burkina notamment par le biais de la loi n°035-2016 portant statut des
mandataires judiciaires dans les procédures collectives d’apurement du passif
pose un cadre bien défini. En effet, l’inscription sur la liste nationale des
mandataires judiciaire est subordonné à l’exigence d’être soit burkinabè, soit
membre ressortissant de l’UEMOA
Une telle précision ne saurait créer de débats ultérieurs.
Ainsi dans un raisonnement on contrario, il est clair qu’hormis ces nationalités
prévues, il n’est pas possible de s’inscrire sur la liste des mandataires
judiciaires.
En sus, dans la veine de garantir une qualité de prestation par les mandataires
judiciaires, il est requis de ces derniers, une certaine expérience professionnelle
en rapport avec leur activité.
Il est alors demandé au postulant d’exercer ou avoir exercé pendant au moins
deux ans une profession ou une activité en rapport avec sa spécialité.
Ces conditions remplies, cette dernière adresse une demande au ministre
garde des sceaux, le ministre de la justice.
Cette demande est déposée auprès de la commission.
Cette demande se doit à titre de validité de contenir les mentions prévus par
l’article 11 du décret : (le nom, prénoms, etc...)
Il s’agit de toutes les informations permettant d’identifier le postulant, ses
qualifications, et expérience.
Il peut en cas de besoin d’informations supplémentaires, être requis du
postulant, la production de pièces complémentaires.
33
Apres réception de la demande deux issus sont envisageables pour la personne
désirant être inscrite sur la liste nationale des mandataires judiciaire.
Les organes judiciaires jouent un rôle important car ils contribuent au
bon déroulement des procédures collectives. Leurs objectifs fondamentaux
sont le paiement des créanciers, le sauvetage des entreprises, la punition du
débiteur et des dirigeants et la restructuration de l’économie dans un contexte
de plus en plus conccurrentiel.
Conformément à l’article 1er de l’ Acte Uniforme : on comprend à travers
cette disposition qu’il existe trois procédures au choix, selon la gravité de la
situation financière de l’entreprise en cause :
Le règlement préventif qui est une procédure qui s’applique à une
entreprise qui connait, certes, des difficultés, mais dont la situation
économique n’est pas irrémédiablement compromise. Le débiteur use de cette
procédure dans le but de bénéficier de la suspension des poursuites
individuelles, dans ce sens que si sa demande est agréée, il peut se voir différer
pour un laps de temps, le paiement des sommes d’argent dont il est redevable.
Ainsi compris, le règlement préventif permet d’éviter la cessation des
paiements par le biais du concordat préventif contenant, entre autres, les
mesures tendant à la continuation de l’entreprise mais aussi les modalités et
les garanties règlement du passif.
Si le Règlement préventif concerne précisément la prévention des
difficultés de l’Entreprise, il y’a d’autres mesures qui ont trait plutôt à leur
traitement. Il s’agit du redressement judiciaire et de la liquidation des biens qui
prennent le relais lorsqu’on constate l’échec des mesures préventives.
Bien entendu, le Redressement Judiciaire et la Liquidation des Biens
n’ont lieu qu’après la cessation de paiement.
34
Les procédures collectives qui ont pour domaine de prédilection les
entreprises en difficultés, mettent en œuvre, comme qui dirait, le droit de la
maladie, de l’agonie et de la mort des sociétés.
Rôle des autres organes :
Ce sont ceux qui jouent un rôle dans l’aboutissement de la procédure,
motif pris de ce que le jugement d’ouverture crée une situation nouvelle pour
le débiteur aussi bien que pour les créanciers nécessite leur mise en place et
leur intervention.
L’expert est un technicien à qui le juge demande de donner un avis sur
des faits nécessitant des connaaissnces techniques et des investigations qui
peuvent s’avérer complexe.
L’expert est désigné en matière de règlement preventif par ordonnance
du Président de la juridiction compétentente, après que le débiteur ait déposé
sa proposition de concordat préventif.
Les attributions de l’expert constituent à faire rapport au Président du
Tribunal sur la situation économique et financière de l’entreprise et les
perspectives de redressement résultant des délais et remise accordés à leur
débiteur.
Les personnes désifnées pour le faire sont : les CAC , les comptables, les
réprésentants du personnel ,.
Il doit aussi signaler à la juridiction les manquements observs dans le
comportement du débiteur de ne pas léser les intérêts des créanciers
Concrètement l’expert entend le débiteur et les créanciers et leur prête
ses bonndds odffices en d’aboutir à la conclusion d’un accord sur les modalités
du redressement de l’entreprise et l’apurement de son passif.
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Le syndic est parmi les orga,es intervenant dans les procédures
collectives, celui qui à un caractère ambicvalent , en ce sens qu’il comporte
deux composantes de sens contraire.
Il représente à la fois la masse des créanciers et le débiteur. Leur nombre
varie de un trois. Ils sont choisis sur une liste de n égocialistes (avocats, experts
comptable ) ;arrêtée par le CA
Le rôle du Syndic consiste à assister le dé biteur dans l’hypothèse du
redressemnt judiciaire. Ceci s’entend de ce , le débiteur doit obtenir l’accord et
la participation du syndic dans les actes qu’il accomplit.
Dans le cas de la liquidation des biens, le syndic représente le débiteur et
assure sous la collaboration de ce dernier la conduite journalière de la
procédure collective.
Le syndic pparaît également comme le représentant de la masse.
En cette qualité, il est habilité à exercer des actions en justice, part les
actions eu représenté contre le 1/3 , les actions en opposabilité fondés sur les
règles de la période suspecte.
Bien que la nomination du syndic revienne au Tribunal dans la décision
d’ouverture, c’est au juge comissaire dont le rôle central n’est pas négliger de
proposer l’adjonction ou le remplacement du syndic au tribunal.
Le syndic représente ou peut représenter la masse des créanciers en tant
que mandataire de justice, et le cas échéant le débiteur.
- Ces fonctions
Les contrôleurs ; simple possibilité, leur nombre va de un à trois, et ils
sont choisis et nommés par le juge comissaire parmi les créanciers dans
la perpective de l’assister dans sa mission de surveillant du déroulement
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de la procédure collectiv. Ils veillent en oiutre aux intérpêts des
créanciers chargés de la mission de suvveillance et de contrôle. Ils
peuvent saisir le juge comissaire de toutes les contestations.
Ils peuvent également demander à ter informés de l’état d’avancement
de la procédure, des actes accomplis par le syndic, des versements
effectués sur le compte spécialement ouvert pour la procédure
collective.
La nomination des contrôleurs est obligatoire à la demande des
créanciers représentant au moins la moitié des créanciers.
Les partiees au jugement du règlemment de la prcédure collective
représentéees par les organes qui sont d’un côté les organes judiciaires
et de l’autre les auxiliaires
L’assemblée des créanciers ; Dans le cadres de la précdure collective, il
existe à côté une assembleé de créancier qui est chargée de vioter le
concordat en cas de redressement judiciaire et de contrôleurs dont la
mise en place effective dans une procédure donnée s est facultative sauf
si elle est demandée par les créanciers représentant au moins la moitié
du total des créanciers, même non vérifiés.
Chapitre II : Accès aux fonctions de mandataire judiciaire
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Elles sont classées en conditions de fond et de forme et sont soumisees à
des sanctions
Pour des questions de moralité, la profession est interdite aux pesonnes
qui ont fait l’objet de ….
L’aptitude juridique est vérifiée à partir de conditions d’honorabilité, de
capacité et de comptabilité. Quant à l’aptitude professionnelle, elle est
prévue à l’article …. Qui prévoit.
Conditions de formes
Ces conditions ont trait à une déclaration à faire à , suivie d’une autorisation de
celle-ci
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