I/Les moteurs asynchrones triphasés
I/1 Introduction :
Transformant l’énergie électrique en énergie mécanique en utilisant des phénomènes
électromagnétiques, les moteurs asynchrones triphasés, ou moteurs à induction triphasés,
représentent 80 % du parc moteur électrique.
Ils permettent un échange d’énergie bidirectionnelle entre une installation électrique
parcourue par un courant électrique alternatif et un dispositif mécanique.
Le moteur asynchrone peut être relié à un réseau électrique alternatif monophasé ou
polyphasé.
Le succès des moteurs triphasés est du à leurs performances jusqu’à 50 % supérieures à
leurs homologues monophasés, ils sont largement utilisé dans l’industrie, leur simplicité de
construction en fait un matériel très fiable et qui demande peu d’entretien.
Fig. 1: Moteur asynchrone triphasé
I.2 Constitution du moteur asynchrone triphasé :
Fig.2 : constitution du moteur asynchrone triphasé
I/2.1 Stator (Inducteur) :
Il est constitué de trois enroulements (bobines) parcourus par des courants alternatifs
triphasés et possède p paires de pôles. Les courants alternatifs dans le stator créent un champ
magnétique tournant à la pulsation du rotor.
Crée un champ magnétique tournant à la vitesse synchrone :
f
n s=60 en tr /min
p
ns : vitesse de synchronisme
p : nombre de pair de pôle
f : fréquence du réseau
p ns [tr/s] ns [tr/min]
1 50 3000
2 25 1500
3 16,67 1000
4 12,57 150
Tabl : vitesses synchrones possibles pour une fréquences f = 50 Hz
I/2.2 Rotor (Induit) :
Le rotor n’est relié à aucune alimentation qui tourne à la vitesse de rotation Ω.
I/2.2.1 Rotor à cage d’écureuil :
Il est constitué de barres conductrices très souvent en aluminium dont les extrémités de
ces barres sont réunies par deux couronnes également conductrices, on dit que le rotor est en
court-circuit et que sa résistance électrique est très faible.
Fig. Rotor à cage d’écureuil
I/2.2.2 Rotor bobiné :
Les tôles de ce rotor sont munies d’encoches où sont placés des conducteurs formant
des bobinages. On peut accéder à ces bobinages par l’intermédiaire de trois bagues et trois
balais.
Ce dispositif permet de modifier les propriétés électromécaniques du moteur.
Fig. Rotor bobiné
I/2.3 Courants d’induits :
Dans une machine électrique tournante, et notamment dans un moteur asynchrone, le
rotor est traversé par des courants induits, appelés courants de Foucault. Ces courants
apparaissent en raison de la variation du champ magnétique généré par le stator, qui provoque
une force électromotrice induite dans les conducteurs du rotor.
I/2.4 Entrefer :
L'entrefer d'un moteur est l'espace entre les dents du stator (noyau) et les aimants du
rotor. Cet entrefer est un élément clé de la conception du moteur et influence la résistance
globale du circuit magnétique et son rendement
I/2.5 Glissement :
Le rotor tourne à la vitesse n, plus petite que la vitesse de synchronisme ns .On dit que
le rotor « glisse » par rapport au champ tournant. Ce glissement g va dépendre de la charge.
n - n
s
g=
n
s
En charge, le glissement est typiquement de 2% à 5%
I/2.6 plaque signalétique d'un moteur asynchrone triphasé :
Elle fournit toutes les informations essentielles pour son installation, son utilisation et sa
maintenance.
I/2.7 Couplage du stator :
Le couplage des enroulements statorique permet de faire fonctionner les moteurs
asynchrones sous deux tensions.
II est fonction de la tension du réseau et de la tension que peuvent supporter les
enroulements. Le couplage est réalisé par une connexion, à l'aide de barrettes, sur la plaque à
bornes.
Fig Couplage d’un moteur asynchrone :
I/3 Bilan des Puissances d'un Moteur Asynchrone Triphasé
Le bilan des puissances permet d'analyser les différentes conversions d'énergie dans un
moteur asynchrone, depuis l'alimentation électrique jusqu'à la puissance mécanique utile sur
l'arbre.
I/3.1 Puissance Électrique Absorbée (Pabs)
C'est la puissance fournie par le réseau triphasé au stator :
P|¿|=√ 3 UI cos φ enwatts¿
U : Tension entre phases (V).
I : Courant de ligne (A).
cosφ: Facteur de puissance (souvent 0,8 à 0,9).
I/3.2 Pertes au Stator (pjs)
Pertes par effet Joule dans les enroulements statoriques :
pjs=3⋅Rs⋅I2(en watts)
Rs : Résistance d'un enroulement statorique (Ω).
I/3.3 Puissance Transmise au Rotor (Ptr)
Puissance électromagnétique traversant l'entrefer
Ptr =P|¿|− p − p Pertes fer statorique ¿
js fs
I/3.4 Pertes au Rotor (pjr)
p jr =g∗P tr g :≤glissement
I/3.5 Puissance Mécanique Utile (Pu)
Pu=Ptr −p jr −p mec Pertes fer statorique
pmec : Pertes par frottement et ventilation.
Expression alternative
Pu= (1−g )∗Ptr −p mec
I/3.6 Le rendement (η):
Le rendement (η) d'un moteur asynchrone représente le rapport entre la puissance
mécanique utile fournie sur l'arbre et la puissance électrique absorbée par le stator. C'est un
indicateur clé de performance énergétique
Pu
η=
P|¿|∗100 en % ¿
I/4 Avantages et inconvénients du moteur asynchrone:
I/4.1 Avantages :
Robuste et fiable (peu de pièces d'usure).
Faible coût par rapport aux moteurs synchrones.
Entretien réduit (absence de balais dans le cas des rotors à cage).
Adapté aux fortes puissances (utilisé dans les machines industrielles, pompes,
ventilateurs, etc.).
I/4.2 Inconvénients :
Démarrage à fort appel de courant (nécessite parfois des dispositifs de démarrage étoile-
triangle ou des variateurs).
Régulation de vitesse complexe sans variateur (vitesse dépendante de la fréquence du
réseau).
Rendement légèrement inférieur à celui d'un moteur synchrone à haut rendement.
I/5 Applications :
Industrie : Machines-outils, convoyeurs, compresseurs.
Ventilation : Ventilateurs industriels, climatisation.
Pompes : Systèmes hydrauliques, traitement de l'eau.
Ascenseurs et systèmes de levage (avec variateur).
I/6 Démarrage et contrôle
Démarrage direct (petits moteurs).
Démarrage étoile-triangle (réduction du courant de démarrage).
Variateur de fréquence (pour un contrôle précis de la vitesse).
I/7 Comparaison avec d'autres moteurs
Conclusion
Le moteur asynchrone triphasé reste la solution la plus équilibrée pour la majorité des
applications industrielles grâce à son coût, sa fiabilité et sa facilité d’entretien. Avec l’arrivée
des variateurs et des normes énergétiques strictes (IE4/IE5), il conserve une place dominante
face aux technologies alternatives.