En intro
1)lancement ou amorce du sujet: phrase générale qui amène le sujet en douceur (elle doit
avoir un rapport étroit et direct avec le sujet). Surtout éviter les généralisations hâtives et
banales du type « De tous temps, les hommes ont toujours.... ». Le lancement doit déjà
avoir un rapport avec le problème soulevé par le sujet. On doit le puiser dans sa culture sur
le sujet. Une bonne amorce entre déjà dans la problématisation du sujet et prouve qu'on l'a
cerné Bon lancement = lien avec le sujet
2) + reprise du sujet qui doit être cité intégralement dans l'intro et entre guillemets. On peut
le connecter à l'amorce par une phrase du type « il est donc légitime de se demander si...» :
si on peut le connecter ainsi à l’amorce, c’est qu'il y a une bonne logique de l'amorce et
qu'on a bien choisie
3) + explicitation (obligatoire, paraphraser le sujet) & problématisation du sujet (ses enjeux,
ses sous-entendus, ce à quoi il invite à réfléchir) : une bonne introduction de dissertation
contient obligatoirement une phase d'analyse du sujet, de ses implicites pour montrer qu'on
en a compris les enjeux. (Ce sera encore plus vrai en philo, en Terminale !) : expliquer un
sujet, c'est expliquer les mots clefs qui suggèrent son plan, sa logique ! (pas le sens des
mots en général : le sens des mots dans le sujet !)
Cette étape doit permettre de dégager une problématique comme en commentaire
c'est-à-dire un questionnement mettant en valeur l'enjeu du sujet. Cette problématique
s'annonce toujours sous forme de question indirecte (= se demander) « Nous nous
demanderons donc si... » et attention + syntaxe affirmative ! ex: si la comédie sociale est...
(et pas « est-elle » !!!) avec un point à la fin et non un point d'interrogation.
4) + annonce d'un plan clair en 3 parties (comme l'annonce du plan du commentaire,
l'annonce du plan de dissertation résume, dans l'ordre, le contenu des 3 parties). (« Pour ce
faire », « nous verrons que... », « puisque... », « et que... »). → alléger
Remarque : ces 4 étapes de l’intro peuvent se faire en même temps, dans la même phrase.
Rappel: ces 4 étapes de l'intro sont 4 phrases à rédiger en un seul paragraphe car intro et
conclusion se rédigent en 1 seul paragraphe !
Intro → par plus que 5/6 mots pour parler de l'oeuvre
Développement (quasi idem que dans le commentaire)
Bien annoncer clairement, dans la 1èe phrase de chaque partie, le thème de la partie
Puis, annoncer le thème de la 1ère sous-partie.
Puis, développer avec la méthode :
1 argument (idée générale)
2 + preuve par l'exemple (signaler les exemples comme tels en employant une formule
comme «...,par exemple, ou ainsi... », en incise) : l'exemple, en dissert, doit être soit une
phrase de l'œuvre étudiée, soit une allusion à un passage de l'œuvre, mais, dans les deux
cas, assorti(e) d'un commentaire. Par exemple, pour la dissert sur La Bruyère, cela donnera
: on le voit bien, par exemple, dans le portrait de Pamphile où LB théâtralise le personnage à
la fin du portrait pour renforcer la satire de la comédie sociale qu'il joue aux autres en disant
qu'il « se fait suivre, parle haut et (ressemble à ) un Floridor ou un Mondoris », des acteurs
de l'époque.
3 + petite phrase qui conclut en soulignant la valeur probante (de preuve) de l'exemple (ne
jamais achever une étape du raisonnement sur les exemples, mais toujours bien conclure
(conclusion d'étape) sur ce qu'on voulait démontrer grâce à eux. De même qu'en
commentaire, on n'achève jamais une sous-partie ou une partie sur une citation, de même,
dans une dissert, on n'achève jamais une sous-partie ou une partie sur un exemple, car,
dans les 2 cas, la citation ou l'exemplen'est là que pour servir de preuve au raisonnement.
On ne cède pas à la tentation de la compilation d'exemples: on analyse ses exemples pour
prouver qu'ils alimentent le débat posé par le sujet.
L'exemple n'est pas là pour faire joli ou seulement prouver une culture: il doit servir de
preuve au raisonnement !
Puis, en revenir explicitement au sujet à la fin de chaque sous partie et partie (: donc? En
quoi ce qu'on vient de dire éclaire-t-il un aspect du sujet et répond-il au thème de la partie ou
sous-partie qu'on vient de développer ? Cela doit être dit clairement (et non rester implicite)
car une dissertation est une démonstration qui doit être aussi logique qu'un raisonnement
scientifique). Donc finir chaque partie de dissert en redisant clairement, explicitement
l'aspect du sujet que la partie a traité ! Soigner les bilans à la fin de chaque partie, afin d'être
très démonstratif et les transitions (=> liens logiques clairs, comme « donc »): en
dissertation, les transitions ne doivent pas seulement être des petites phrases, elles doivent
être des bilans d'étape clairs de ce qu'on voulait démontrer. Ne pas hésiter, donc, à proposer
des conclusions de parties assez longues en dissertation !
La combinaison « argument + exemple + conclu » est à recommencer autant de fois qu'on a
de choses à dire, qu'on a de sous-parties et parties..
+ Sous-transitions entre les sous-parties (ou, au minimum un connecteur logique suivi d'une
virgule) et transitions entre les parties avec la même méthode que celle donnée pour le
commentaire.
Même principe de construction que le commentaire : intro, 3 parties avec sous-parties,
transitions, conclusion.
Conclusion: Ne pas oublier le lien logique conclusif « donc » qui signale qu'on conclut placé
après le 1° verbe).
En revenir au sujet et à la problématique de départ qu'on a posée dans l'introduction pour la
valider ou non. Répondre à la question qu'il pose. La conclusion se pense en miroir de
l'introduction. Une bonne conclusion ne se contente pas de résumer ce qu'on a dit ni de
redonner une Xe fois le plan !
Le prof le sait ! Elle doit être l'aboutissement logique de ce qu'on voulait démontrer et tenter
d'aller plus loin : donc quoi ?...
Un sens de la formule sera apprécié en conclusion ou bien une autre citation qui illustre bien
le sujet.
On peut, mais cela n’est pas du tout obligatoire, ouvrir en fin de conclusion : faire l’ouverture
en se servant des textes complémentaires du parcours associé pour prouver sa culture et
montrer qu'on sait que d'autres auteurs (avant ou après celui de l'œuvre), on traité le même
thème et/ou ont employé le même style (au sens général). Si le ou les auteur(s) qu'on
évoque sont avant, on dit « et l'on avait déjà ...chez...»; si l'auteur ou les auteurs sont après,
on dit « et l'on retrouvera encore...chez... », ce qui suppose de faire attention à la
chronologie.
L'art de bien disserter : trouver le juste équilibre entre la culture et le raisonnement :
Un raisonnement juste et intelligent (qui cerne bien les enjeux du sujet dans un bon plan)
doit être quand même nourri par des exemples (culture) qui lui servent de preuve! Un
raisonnement sans preuve est creux, il tourne à vide ou paraît contestable, surtout dans une
dissertation sur œuvre qui sert à vérifier que vous avez bien lu l'œuvre, et compris ses
enjeux, ses centres d'intérêt ainsi qu' étudié vos cours.
Une grande culture sera appréciée (d'où l'intérêt de lister, voire d'imaginer soi-même, les
différents types de sujets qui peuvent « tomber » et de se constituer des « dossiers de
documentation » au fil de l'année, voire des fiches de citations clefs), mais elle ne sert pas à
grand chose si elle n'est pas mise au service d'un raisonnement pertinent. Ne jamais étaler
gratuitement sa culture : celle-ci ne sert que de preuve dans le raisonnement ! Les listes,
énumérations et autres catalogues culturels sont absolument à proscrire !
Une bonne dissertation conjugue les deux : raisonnement logique nourri par une solide
culture, dans un équilibre harmonieux. Ce n'est jamais une récitation de cours !
Attention à la logique qui est la qualité 1ère d'une dissertation qui doit être une
démonstration : Il faut penser par soi-même et prendre une position en la justifiant par sa
culture: la prise de position ne se fait jamais en disant « je » ou autre. Elle se perçoit dans le
choix du plan et surtout dans les transitions qui comptent énormément. Celles-ci ne doivent
surtout pas juxtaposer les idées.
(Ensuite...) mais enchaîner logiquement d'une idée à l'autre, c'est-à-dire que la partie
précédente doit se terminer sur une transition c'est à dire 1) sur une conclusion de ce qu'on
voulait y démontrer (=> « donc ») et une amorce de l'idée qu'on va développer dans la partie
suivante (celle-ci étant la conséquence logique de ce qu'on a dit avant).
On renforcera sa logique transitionnelle en commençant la partie suivante par « En effet,... »
et attention à mettre une virgule après tous les connecteurs logiques. Si vous ne pouvez pas
commencer votre partie suivante par « En effet,... », c'est que vous avez mal fait votre
transition à la fin de la partie précédente.
Relire pour vérifier qu'on a bien souligné les titres d'oeuvres dans toute la copie (et pas de
guillemets), que toutes les citations (si on a jugé bon d'en faire, auquel cas elles doivent être
exactes) sont bien entre guillemets. + orth + gram (attention aux accords, y compris de « tel
») + ponctuation suffisante (attention: virgule après chaque connecteur logique) +
abondance de connecteurs logiques (donc, mais, en effet, étant donné que etc...) pour
rendre la pensée claire.
L'expression doit être élégante et claire. Il est bien venu de témoigner d'un certain « sens de
la formule »: ce qu'on appelle une « formule » est une phrase particulièrement frappante et
B rédigée qui joue sur les mots.
Attention à la précision du vocabulaire et à sa richesse! Comme en CC pas de répétition de
« montre », « il y a » et autres platitudes.
En résumé, les qualités d'une bonne dissertation sont les suivantes:
La qualité N°1 d'une bonne dissertation est d'abord et avant tout de bien répondre au sujet
(et pas à côté), ce qui implique d'avoir bien pris le temps de le cerner au préalable et d'en
avoir compris les implicites éventuels.
La qualité n°2 est d'être extrêmement logique (pour cela, il faut bien manier les liens
logiques, afin de guider le lecteur dans les traces de votre raisonnement): c'est grâce à la
logique de la pensée qu'on arrive à convaincre ! La dissertation doit être une démonstration.
La 3° qualité est de faire preuve d'une solide culture sur les œuvres au programme afin de
nourrir le raisonnement. Si le sujet ne convoque par dans votre esprit les œuvres, idées et
citations éventuelles de référence nécessaires, choisissez le commentaire au Bac !
Et la 4° qualité est l'élégance (ou, à défaut, la clarté) de l'expression (ainsi, bien sûr, que la
correction de l'orth, gram, ponctuation).
Un sens de la belle formule sera particulièrement apprécié, surtout en conclusion.