Fonctionnement des réacteurs nucléaires
Fonctionnement des réacteurs nucléaires
F. Ravelet1
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LEMFI / ENSAM-ParisTe h,
3 mars 2009
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3 mars 2009
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Cours 1
Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur
de réa teur nu léaire
1 Introdu tion
Une entrale éle trique est une usine qui produit de l'éle tri ité. Il existe des entrales
thermiques, des entrales hydrauliques et des entrales nu léaires. Toutes sont basées sur
le même prin ipe : faire tourner une turbine ouplée à un alternateur qui fabrique de
l'éle tri ité. La diéren e de fon tionnement se situe au niveau de l'entraînement de la
turbine. Dans les entrales hydrauliques, l'eau des barrages a tionne la turbine. Dans les
entrales thermiques lassiques, un ombustible fossile ( harbon, gaz naturel ou pétrole)
est brûlé pour transformer de l'eau en vapeur apable d'entraîner la turbine. Dans les
entrales nu léaires, les noyaux d'uranium rempla ent le ombustible fossile. En se assant,
es gros noyaux libèrent de l'énergie nu léaire, qui sera utilisée pour produire de la vapeur
d'eau, laquelle, de la même manière que dans les entrales thermiques, peut a tiver la
turbine.
2 Composants du ÷ur d'un réa teur nu léaire
Ce premier ours va se on entrer sur la partie nu léaire de la entrale. La on ep-
tion d'un réa teur nu léaire ommen e par l'agen ement dans le ÷ur du réa teur de
matières ssiles et fertiles onstituant le ombustible, d'un aloporteur destiné à éva uer
la haleur produite par les réa tions de ssion, d'un modérateur (éventuellement) dont le
rle est de ralentir les neutrons, et d'un absorbant neutronique pour ontrler la réa tion
en haîne (voir Fig. 1).
3 Notion de lière de réa teur
Plusieurs options sont possibles pour ha un de es éléments, et, même si toutes les
ombinaisons ne sont pas viables, de nombreux types de réa teur sont envisageables. Le
hoix d'une ombinaison Combustible / Modérateur / Caloporteur onstitue une -
lière ou famille de réa teur. Cette te hnologie est relativement ré ente, et nous en
sommes a tuellement au développement de la troisième génération de réa teurs, en ours
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2 1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire
de onstru tion : par exemple l'EPR . Au niveau des a teurs prin ipaux, en Fran e, EDF
1
exploite les entrales de deuxième génération, tandis qu'Areva-NP onçoit les entrales.
L'EPR est une ollaboration européenne (EDF, Siemens et Areva). A tuellement, la re-
her he, pilotée par le CEA, porte sur la quatrième génération (voir Fig. 2).
An de bien omprendre quelles sont les raisons onduisant à un hoix de lière, nous
allons aborder la physique nu léaire, en nous limitant à des notions de l'ordre de la ulture
1 European Pressurized Rea tor
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1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire 3
générale. Puis, nous examinerons les diérents modérateurs et aloporteurs possibles, ainsi
que les absorbants de neutrons. Nous présenterons enn plus en détail la lière à Uranium
enri hi et Eau sous pression (REP).
4 Noyaux Atomiques
Les atomes sont omposés d'un noyau et d'un ortège éle tronique. La himie agit à
l'é helle molé ulaire et met en jeu e ortège, par l'intermédiaire des intera tions éle tro-
magnétiques. Pour les entrales nu léaires, les pro essus se passent au niveau du noyau
et font intervenir d'autres intera tions : les intera tions nu léaires.
Les atomes sont essentiellement onstitués de vide, le noyau qui on entre la quasi-
totalité de la masse d'un atome ayant un diamètre de l'ordre de 10−12 m, pour un diamètre
de l'atome de l'ordre de 10−8 m, soit l'équivalent d'une bille au entre d'un terrain de
football.
Un noyau est omposé de nu léons : protons et neutrons. Les protons, hargés positi-
vement, ont tendan e à se repousser à ause des intera tions éle tromagnétiques. D'autres
intera tions, attra tives et agissant à très ourte distan e sont à l'origine de la ohésion
des noyaux : les intera tions nu léaires fortes. On utilise souvent l'image d'une olle forte
entre nu léons.
Le nombre Z de protons dans l'atome dénit un élément (par exemple, l'hydrogène,
Z = 1, le arbone, Z = 6). Les éléments sont lassés selon leurs propriétés himiques
dans la table de Mendeleïev (voir Fig. 3). Le modèle des ou hes éle troniques apporte
un é lairage à ette lassi ation : les éléments d'une même olonne possèdant le même
nombre d'éle trons sur leur ou he externe, et les liaisons himiques ne faisant intervenir
que es éle trons de valen e, les éléments d'une même olonne ont le même type de
propriétés physi o- himiques.
Pour haque élément (déni par Z ), il peut exister plusieurs isotopes , diérant par
2
sous 287 isotopes. Le premier élément arti iel est le Plutonium dé ouvert par Glenn
Seaborg en 1941.
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4 1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire
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1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire 5
Fig. 4: Carte des noyaux en fon tion du nombre de protons et de neutrons. Le ode ouleur
donne la stabilité du noyau, et permet de mettre en éviden e l'existen e de la vallée de
stabilité : les noyaux en noir dont la demi-vie est supérieure à un milliard d'années se
rassemblent sur une droite, et plus on s'éloigne perpendi ulairement de ette droite, plus
les noyaux sont instables.
Vallée de stabilité
Tous es isotopes ne sont pas stables, et le nombre d'isotopes observés à l'état naturel
pour un élément donné est relativement faible : il est de l'ordre de 2 à 3. On a l'habitude de
représenter les noyaux sur une arte (voir Fig. 4), ave en abs isses le nombre de neutrons
n et en ordonnées le nombre de protons p. Si on représente par un ode de ouleur la
période de demi-vie, qui est le temps au bout duquel la moitié d'un grand nombre de
noyaux aura disparu et est don une mesure statistique de la stabilité d'un noyau, on
4
voit apparaître une on entration des noyaux le long d'une vallée de stabilité .
Dans le noyau, nous avons don vu que les nu léons étaient liés par les intera tions
nu léaires fortes, mais que les protons se repoussaient également à ause de leur harge
éle trique. An d'assurer la ohésion d'un noyau, on omprend intuitivement que plus
grand est le nombre de protons, plus grande doit être la proportion de neutrons. La vallée
de stabilité est telle que pour Z petit, on a n ≃ p et pour Z grand, on a n ≃ 1.5p. Le
dernier élément à avoir un isotope stable est le Bismuth 209 (209 83 Bi).
Un noyau instable a tendan e à évoluer vers un état plus stable. Cette évolution
se fait par des pro essus de désintégration radioa tive, qui permettent la transmutation
4 Par des pro essus de désintégration que nous dé rivons ensuite.
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6 1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire
d'un élément en un autre élément . Avant de dis uter des modes de désintégration, nous
5
En réalité, la masse du noyau est inférieure. Comme dans le as des liaisons ovalentes pour
les molé ules, les intera tions nu léaires qui ollent entre eux les nu léons se traduisent
par une énergie de liaison. Cette énergie est l'énergie libérée lors de la formation du
noyau, ou en ore l'énergie à fournir pour séparer ( dé oller ) tous les nu léons. Cette
énergie se traduit par un défaut de masse ∆m :
m = Z mp + (A − Z) mn − ∆m
Cette énergie de liaison est typiquement de 7 à 8MeV par nu léon lié, et plus ette énergie
est importante, plus le noyau est stable.
Modes de désintégration
Une désintégration radioa tive est la transformation spontanée d'un élément en un
autre élément plus stable. Comme toujours en physique, il y a onservation de ertaines
grandeurs. Au ours d'une désintégration, le nombre de nu léons est onservé, mais l'éner-
gie de liaison par nu léon augmente. Il y a prin ipalement deux modes de transition :
Mode β : un proton se transforme en neutron ou inversement, par le tru hement des
intera tions nu léaires faibles. Ce type de désintégration on erne prin ipalement
des noyaux tels que A ≤ 209. A est in hangé, Z varie de ±1. Pour assurer la onser-
vation de la harge éle trique, il y a alors émission d'une parti ule β(±) qui est un
éle tron ou un positon (un antiéle tron). La onservation du spin (moment inétique
intrinsèque) implique l'émission d'une parti ule appelée neutrino éle tronique, noté
νe . L'énergie mise en jeu est de l'ordre de 0.5MeV. Pour le mode β− :
1
0n →11 p + e− + ν¯e
Mode α : pour les plus gros noyaux, la transformation se fait par éje tion d'une
parti ule α, omposée de deux neutrons et deux protons (un noyau d'Hélium 4),
libérant au moins 4MeV :
A
ZX
A−4
→Z−2 Y +42 He
On peut rendre un noyau en ore plus instable en lui donnant des neutrons supplémen-
taires. Par exemple, l'absorption d'un neutron par l'Uranium peut aboutir à la réation de
5 Le rêve des al himistes.
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1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire 7
Fig. 5: A gau he : on entrés d'uranium ou Yellow ake, so iété des mines de Joua
(Haute-Vienne, Limousin). La répartition isotopique en masse de l'Uranium naturel est
de 99.3% d'238
92 U et 0.7% d'92 U . La radioa tivité de l'Uranium est faible et ne demande
235
pas des mesures de radioprote tion importantes pour le personnel. A droite : Plutonium à
l'état métallique. Les isotopes du Plutonium sont des émetteurs de rayons α. Les émetteurs
α ne posent pas de risques tant qu'ils ne sont pas inhalés ou ingérés. La ou he morte de
l'épiderme sut à les arrêter : on peut le tenir ave de simples gants.
Plutonium (voir Fig. 5). C'est ainsi qu'on a réé le premier élément arti iel. Le pro essus
se fait par deux désintégrations β− su essives :
238
92 U +10 n →239 239 −
92 U →94 P u + 2e + 2ν¯e
6 Fission nu léaire
Lors d'une désintégration radioa tive, un noyau onserve don tous (mode β ) ou
presque tous (mode α : perte de 4 nu léons) les nu léons qui le onstituent. Il se trans-
forme peu. Ex eptionnellement il peut subir une transformation beau oup plus profonde.
C'est ainsi que ertains noyaux lourds et fragiles se assent en deux fragments. C'est la
ssion spontanée. Ce mé anisme est extrêmement rare, sa probabilité étant de l'ordre de
10−8 par désintégration pour l'Uranium . 6
La ssion peut être provoquée à la suite de la apture d'un neutron, ave une probabilité
très signi ative pour des noyaux que l'on qualiera de ssiles . La réa tion libère en plus
7
6 238 Ua une période de 4.5 milliards d'années, 'est-à-dire que sur un grand nombre d'atomes d'Ura-
92
nium, la moitié seulement auront subi une désintégration au bout de e laps de temps. Sur eux- i, un
sur 108 aura subi une ssion spontanée.
7 Par apture d'un neutron, ertains noyaux peuvent se transmuter en un noyau ssile. On parle alors
de noyaux fertiles, par exemple, 238
92 U qui donne du 94 P u ssile. Citons également le Thorium 90 T h,
239 232
beau oup plus abondant sur terre que l'Uranium, qui par apture neutronique peut fournir du 92 U ssile.
233
8 Les propriétés physi o- himiques du ombustible usé des entrales nu léaire sont très omplexes, on
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8 1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire
parties égales, mais typiquement en {Brome, Krypton ou Zir onium} et {Iode, Xénon
ou Baryum} : la distribution est piquée autour de A = 90 et A = 140. Un exemple de
réa tion de ssion possible est :
235
92 U +10 n →236 140 94 1
92 U →54 Xe +38 Sr + 2 0 n
Fig. 6: Energie de liaison par nu léon. L'élément le plus stable est le Fer.
Nous avons vu que l'énergie de liaison par nu léon n'est pas onstante pour tous les
noyaux. Pour l'235
92 U , elle est de 7.6MeV, tandis que pour les PF, elle est de l'ordre de
8.45MeV (voir Fig. 6).
Cal uler l'énergie libérée par la ssion d'un atome d'Uranium.
En déduire, en Joules, l'énergie que peut dégager la ssion d'un gramme d'Uranium.
Exprimer ette énergie en MWj (Mégawatts-jour). En déduire la quantité d'Uranium
né éssaire à la produ tion de 1000MW d'éle tri ité pendant un an, dans une entrale
dont le rendement de la onversion de l'énergie thermique en énergie éle trique est
de 33% (un an se dé ompose en 330 jours de produ tion, et 35 jours d'arrêt pour
re hargement).
Sa hant que dans un assemblage, on a une masse de 500kg de ombustible qui ren-
ferme 4% de matière ssile, al uler le nombre minimum d'assemblages né éssaires
au fon tionnement d'une entrale pendant un an. En réalité, les assemblages sont
rempla és par tiers tous les ans (un assemblage reste trois ans en entrale et on n'en
onsomme qu'un tiers par an). Combien d'assemblages omporte le ÷ur ?
a par exemple des PF gazeux qui impliquent une pression très élevée dans les rayons de ombustibles.
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1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire 9
Fig. 7: Bilan du devenir des neutrons dans un réa teur à eau sous pression.
Les neutrons rapides ssionnent davantage de noyaux s'ils sont apturés. Ils sont
ainsi apables de ssionner, don de détruire, non seulement les noyaux réputés ssiles
mais les a tinides mineurs, des noyaux plus lourds que l'Uranium qui s'a umulent dans
le ombustible des réa teurs et onstituent des dé hets radioa tifs gênants. Pour détruire
es a tinides, il faut des neutrons rapides. L'in onvénient est que les neutrons rapides
sont di ilement apturés par les noyaux : leur probabilité d'intera tion ( se tion e-
a e ) est beau oup plus faible que elle des neutrons lents. En gros, les noyaux ibles
leur paraissent petits. Un ombustible ri he en éléments ssiles et des ux intenses de
neutrons sont né essaires pour ompenser ette faible probabilité d'interagir.
Les neutrons lents possèdent une grande probabilité d'être apturés par un noyau
ssile, puis de donner une ssion. Il devient alors possible, en utilisant un bon modéra-
teur, d'obtenir une réa tion en haîne ave des ombustibles pauvres en isotopes ssiles
(l'Uranium naturel en ontenant 0.7%) ou légérement enri his (à hauteur de 3 à 5%).
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10 1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire
Un milieu modérateur a pour but de ralentir les neutrons se ondaires de ssion, qui
sont des neutrons rapides. Ce pro essus se fait par diusion élastique ou ho s su essifs
des neutrons sur les noyaux du modérateur. De manière analogue à un arreau à la
pétanque, le ralentissement est favorisé par ho s sur des noyaux légers.
8 Modérateurs et absorbeurs de neutrons
Les noyaux légers sont don les plus e a es pour ralentir les neutrons. Un bon mo-
dérateur doit de plus ne pas être trop absorbant. On dénit ainsi un rapport de modé-
ration omme le rapport entre la se tion e a e de diusion sur la se tion e a e de
apture, e qui équivaut à omparer la probabilité qu'un neutron in ident soit ralenti à
sa probabilité d'être apturé par le noyau modérateur. Les prin ipaux modérateurs sont,
par ordre d'e a ité :
L'eau lourde, omposée de Deutérium 21H : très e a e et possédant un neutron de
plus que le noyau d'Hydrogène, le Deutérium est peu apturant. Mais il est très rare
et don her. On peut utiliser de l'Uranium naturel.
Le graphite : il absorbe peu les neutrons, mais doit être ultra-pur, et peut sourir de
problèmes de tenue sous irradiation. Le dé ouplage entre modérateur et aloporteur
peut poser des problèmes de stabilité (voir Cours 2).
L'eau ordinaire : e a e, disponible en grande quantité à faible oût, absorbe tou-
tefois légèrement les neutrons, d'où la né éssité d'enri hir le ombustible à au moins
3%.
An de ontrler la réa tion en haîne, il est important de disposer de matériaux
fortement absorbeurs de neutrons. Un noyau parti ulièrement friand de neutrons lents est
le Bore 10 (105 B ), qu'on utilise dissous dans l'eau sous forme d'a ide borique. Ce i présente
l'avantage de pouvoir ajuster sa on entration. D'autres noyaux sont utilisés sous forme
solide dans des barres de ontrle, par exemple l'Argent, l'Indium, le Cadmium, ou le
Carbure de Bore. Enn, ertains produits de ssion sont parti ulièrement neutrophages,
omme le Xénon. Cet eet est à prendre en ompte dans le pilotage des réa teurs dans
les régimes de transition, omme nous le verrons au ours 2.
9 Comparaison de quelques aloporteurs
Le aloporteur idéal n'existe pas, et tout est aaire de ompromis. L'idéal serait un
uide à haut pouvoir alorique, de faible vis osité, transparent, inerte et non toxique,
monophasique, non absorbeur de neutrons, et disponible en quantités importantes à faible
prix. Le tableau en Fig. 8 ompare les qualités de quelques aloporteurs. L'eau sous forme
liquide a un grand nombre d'avantages.
Toutefois, elle absorbe les neutrons et a un fort pouvoir modérateur qui la rend in om-
patible ave un réa teur à neutrons rapides (RNR, type Phénix ou super-Phénix). Dans
e as, on préfère le sodium ou un gaz sous pression. L'eau est sus eptible de subir des
hangements de phase, qui se traduisent par des modi ations fortes de ses apa ités à
éva uer la haleur, et de ses qualités de modérateur (voir Annexe A).
On envisage aussi d'utiliser de l'eau super ritique : au delà du point ritique T = 647K
et P = 22MPa, soit 374C et 220 bars, il n'y a plus de distin tion entre phases liquides
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1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire 11
et vapeurs.
10 Diérentes lières
Le hoix de l'ensemble Combustible / Modérateur / Caloporteur qui déni une lière
est basé sur un ensemble de ompromis et est motivé par des raisons historiques et de
stratégie. Le tableau de la Fig. 9 présente plusieurs famille de réa teurs.
Les réa teurs de première génération ont été motivés par la né éssité de re ourir à
l'Uranium naturel, et par leurs qualités plutonigènes. En Fran e, on trouve la lière
UNGG (Uranium Naturel Gaz Graphite) abandonnée depuis ; en URSS les réa teurs
9
de type RBMK (Graphite Eau Bouillante), au Royaume-Uni des réa teurs Graphite-Gaz
9 La lière Eau-Lourde Gaz Carbonique a été testée à Brennilis dans les monts d'Arrée puis abandonnée.
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12 1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire
du tion d'éle tri ité a tuellement en fon tionnement, 83% sont des réa teurs à eau et 3/5
sont des Réa teurs à Eau sous Pression (REP), qui équipent la totalité du par français.
Ces derniers ont également le monopole de la propulsion navale . Les Réa teurs à Eau
11
Fig. 10: S héma de prin ipe d'un réa teur à eau bouillante (REB). A : uve du réa teur.
B : ombustible. C : barre de ontrle. D : instrumentation. E : passage d'instrument. F :
bran he vapeur du primaire. G : bran he liquide du primaire. H : turbine. I : alternateur.
J. partie lassique de la entrale. K : ondenseur. L : eau de refroidissement.
10 L'usine Georges Besse à Pierrelatte, utilise le prin ipe de diusion gazeuse de l'UF6 (hexauorure
d'Uranium) et fourni 25% du ombustible en o ident. Pour fournir ette quantité d'Uranium enri hi,
l'usine né éssite 3 des 4 réa teurs du Tri astin. En développant l'ultra entrifugation, le besoin en énergie
sera bientt divisé par 50.
11 Certains sous-marins russes ont des réa teurs rapides à plomb fondu.
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14 1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire
Le réa teur CANDU est modéré et refroidi à l'eau lourde. Cela permet d'utiliser de
l'Uranium naturel. Le ombustible est ontenu dans des tubes de for e , pla és dans
un bain d'eau lourde. A l'intérieur de es tubes ir ule de l'eau lourde à l'état liquide sous
pression élevée (100 bars, sans avoir besoin d'utiliser un pressuriseur). Cette eau é hange
sa haleur ave un ir uit se ondaire au niveau de générateurs de vapeur (GV). On a
don présen e de deux ir uits distin ts, omme dans le as des REP. Cette te hnologie
ave tubes de for es, utilisée aussi pour les réa teurs RBMK permet un re hargement en
harge du réa teur : le ombustible neuf est hargé par une extrémité et le ombustible
épuisé est déposé à l'autre extrémité.
3 Réa teurs à eau sous pression
Dans un REP, l'eau qui ralentit les neutrons et refroidit également le ÷ur du réa teur
est maintenue sous pression à 155 bars et ne bout pas. Elle passe à travers un é hangeur
de haleur où elle transfère sa haleur à de l'eau maintenue à une pression plus faible.
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1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire 15
Cette eau se ondaire , portée à ébullition dans e générateur de vapeur, a tionne une
turbine pour produire de l'éle tri ité.
La vapeur se ondaire qui se détend dans la turbine n'est don pas en onta t ave des
éléments radioa tifs. Elle est re y lée après avoir été ondensée. Le pana he de vapeur
qui s'é happe de la tour de la entrale provient d'un troisième ir uit d'eau tertiaire qui
refroidit le ondenseur. Pour être rejeté dans l'environnement, un produit radioa tif doit
fran hir trois barrières, de la gaine à l'eau primaire, de l'eau primaire à l'eau se ondaire,
de l'eau se ondaire à l'eau tertiaire. C'est là l'avantage prin ipal des REP. Ces multiples
obsta les, qui garantissent un fon tionnement propre, ont un oût : elui d'é hangeurs et
de générateurs de vapeur omplexes.
4 Filières du futur
La re her he porte maintenant sur la quatrième génération de réa teurs. Il s'agit d'ex-
plorer de nouvelles lières. Les buts sont d'augmenter le rendement, de mieux utiliser
l'Uranium ou de développer des y les à base de Thorium, de produire moins de dé hets
à vie longue (en brûlant les a tinides mineurs), et de valoriser le Plutonium que nous
sommes en train d'a umuler.
Dans le adre du Forum génération IV, lan é en 2000, douze pays (Afrique du Sud,
Argentine, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Fran e, Japon, Royaume-Uni, Russie,
Suisse, USA) ollaborent autour de six projets retenus.
Les prin ipaux on epts sont :
Les Réa teurs Rapide à Sodium (pour détruire les a tinides mineurs et valoriser le
Pu) ;
Les Réa teurs à très haute température (pour un meilleur rendement, et produire
du H2 et permettre la ogénération) ;
Les Réa teurs à eau super ritique ;
Les Réa teurs à sels fondus (le ombustible est fondu dans le aloporteur).
Réponses à l'exer i e appli atif
Les produits de ssion sont plus liés que l'Uranium. Lors de la ssion, on libère don
8.45 − 7.6 = 0.85MeV par nu léon. Comme on met en jeu 235 + 1 = 236 nu léons, on a un
dégagement d'énergie lors de la ssion de 236 × 0.85 = 200MeV, soit 3.2 × 10−11J. Dans
un gramme d'Uranium, il y a 6.02 × 1023/235 atomes (la masse molaire de de AZX est en
première approximation de A [Link]−1). Don l'énergie libérée par la ssion de un gramme
est 8.2 × 1010J. Or 1MWj=106 × 86400 = 8.6 × 1010 J. Don un gramme d'Uranium libère
1.04MWj. Pour fournir pendant un an 1000/0.33 = 3000MW, il faut don environ 1 tonne
d'Uranium, soit la quantité ontenue dans 50 assemblages. En ne onsommant qu'un tiers
de haque assemblage, on en a besoin de 150. En réalité, e type de entrale en omporte
157. Par ombustion du arbone, il faut deux tonnes pour dégager 1MWj (au lieu d'un
gramme d'Uranium).
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16 1. Prin ipes de fon tionnement d'un ÷ur de réa teur nu léaire
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Cours 2
Analyse d'une entrale type P.W.R. du
palier 900 MWe.
1 Introdu tion
Les réa teurs des entrales P.W.R. appartiennent à la lière à eau ordinaire et à y le
1
indire t (présen e d'un ir uit se ondaire). Elles utilisent omme ombustible de l'oxyde
d'Uranium UO2 enri hi à 3% en 235 92 U . Le re ours à des ombustibles enri his permet
aux P.W.R. d'utiliser de l'eau ordinaire pour ralentir les neutrons. Le modérateur et le
aloporteur sont don de l'eau ordinaire. L'eau doit rester liquide dans le ir uit primaire :
elui- i est pressurisé à 155 bars. L'eau du ir uit primaire extrait la haleur du ÷ur et
la transfère au niveau d'un é hangeur qu'on appelle générateur de vapeur, en vaporisant
l'eau du ir uit se ondaire.
Le ir uit se ondaire est un ir uit fermé, réalisant un y le thermodynamique de Hirn-
Rankine ave une détente haute pression, une sur haue puis une détente basse pression.
Ce y le onsiste en une vaporisation de l'eau, une détente de la vapeur, sa ondensation
puis la ompression de l'eau ondensée. La sour e froide pour le ir uit se ondaire est
l'eau d'une rivière ou de la mer. L'é hange se fait au niveau du ondenseur. Parfois, ette
eau tertiaire est refroidie dans une tour aéroréfrigérante, produisant un pana he de vapeur
d'eau bien visible.
La vapeur se ondaire qui se détend dans la turbine n'est pas en onta t dire t ave
des éléments radioa tifs. Pour être rejeté dans l'environnement, un produit radioa tif doit
fran hir trois barrières, de la gaine à l'eau primaire, de l'eau primaire à l'eau se ondaire,
de l'eau se ondaire à l'eau tertiaire. Ces multiples obsta les, qui sont sensés garantir un
fon tionnement propre, ont un oût : elui d'é hangeurs et de générateurs de vapeur
omplexes.
De plus, l'eau primaire sous pression servant à la fois de uide aloporteur et de modé-
rateur, e double rle apporte une sé urité supplémentaire. Si l'eau disparaît brutalement
à la suite d'une rupture de analisation, la réa tion en haîne s'arrête en même temps.
L'arrêt du dégagement d'énergie limite la gravité de l'a ident, si toutefois les barrières
1 Pressurized Water Rea tor, en français Réa teur à Eau sous Pression REP.
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18 2. Analyse d'une entrale type P.W.R. du palier 900 MWe.
d'étan héité jouent leur rle. En dehors de es as extrêmes, les ingénieurs hoisissent un
point de fon tionnement qui assure une stabilité naturelle : le réa teur est onçu de telle
façon que si la température du ÷ur augmente sa réa tivité diminue.
2 Capa ité installée en Fran e
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20 2. Analyse d'une entrale type P.W.R. du palier 900 MWe.
A partir des tableaux A.3 et A.4 fournis en annexe, donnant les propriétés thermody-
namiques de l'eau, omparer les apa ités aloriques pour une même température
de 300C, et deux pressions telles que l'eau se trouve sous forme liquide ou sous
forme de vapeur. Pourquoi préférer la phase liquide ?
Connaissant la puissan e thermique dégagée dans le ÷ur du réa teur Q = 2785MW,
et les températures froides Tf = 284C et haudes Tc = 322C en entrée et sortie
du réa teur, al uler le débit massique et volumique d'eau dans la totalité du ir uit
primaire. On trouvera les données né essaires dans le tableau A.4 fourni en annexe
(rappelons que la pression est de 155 bars).
5 Le réa teur
La uve et son ouver le doivent soutenir le ÷ur, les stru tures internes et mé anismes
de ommande. C'est un ensemble mé ano-soudé en a ier ferritique bas arbone. Elle doit
également assurer l'étan héité, résister à la pression et être fa ilement démontable.
Elle repose par les 6 tubulures (trois entrées, trois sorties) du ir uit primaire sur un
anneau ir ulaire de béton. Le plan de joint entre la uve et le ouver le se trouve au
niveau du fond de la pis ine réa teur (voir plan de oupe en g. 1). Un ressaut supporte
tout le poids des stru tures inférieures. On trouve enn quatre guides situés en bas de la
uve pour assurer le entrage des stru tures internes.
Les stru tures internes isolent le ÷ur et la uve et doivent aussi analiser l'é oulement.
Elles sont en a ier fortement allié de type inoxydable ou In onel (alliage à base de ni kel,
ontenant également du hrome, fer et titane, très résistant à la orrosion).
Le ÷ur onstitue la partie a tive du réa teur et est omposé de 157 assemblages
répartis en forme de ylindre. Chaque assemblage est omposé de 17 × 17 rayons de
ombustible.
Exer i e appli atif 3 :
A votre avis, pourquoi le ÷ur a-t-il une forme pro he de l'ortho ylindre, i.e. d'un
ylindre dont le diamètre et la hauteur sont égaux ?
6 Le ombustible
Dans le ÷ur du réa teur, le ombustible, omposé d'Oxyde d'Uranium UO2 plus ou
moins enri hi en 235 U , se trouve sous forme de petites pastilles ylindriques faites à partir
de poudre frittée, ontenues dans un rayon étan he en Zir alloy (alliage de Zir onium,
à très faible se tion e a e d'absorption des neutrons thermiques, ave un peu d'étain
et de fer). Au ours de sa vie, ette gaine est soumise à de hautes températures, à un
bombardement neutronique intense, et à des pressions élevées : ertains produits de ssion
sont en eet gazeux, omme le Xénon. La pression en n de vie dans les rayons peut
atteindre 150 bars. Cette gaine joue un rle fondamental pour la sé urité, puisqu'elle doit
assurer la non-fuite de radioa tivité dans l'envionnement. D'autres barrières sont prévues
( uve du réa teur, en einte en béton, séparation primaire/se ondaire) sur le prin ipe de
la défense en profondeur , pour retenir les produits de ssions et produits a tivés.
Les rayons sont réunis en assemblage , réseau arré de 17 rayons, au moyen de
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22 2. Analyse d'une entrale type P.W.R. du palier 900 MWe.
passage. Pour la suite des al uls, on prendra un taux d'obstru tion de la se tion
de passage de 50%.
En déduire la vitesse débitante. Cal uler le nombre de Reynolds Re basé sur la
hauteur du ÷ur (H = 3.6m) et la vitesse débitante. On her hera la vis osité de
l'eau dans la table fournie en Fig 10, page 61.
En utilisant la relation Nu = 0.035Re0.8P r0.33, valable pour le transfert turbulent
sur plaque plane, Cal uler le nombre de Nusselt Nu, et le ÷ ient de transfert
onve tif h. On her hera aussi les valeurs de la ondu tivité thermique et du nombre
de Prandtl P r dans les tables. On trouve aussi dans la littérature pour le as du
réa teur nu léaire la formule de Colburn Nu = 0.023Re0.8P r0.33.
En déduire la diéren e de température au travers de la ou he limite entre uide
primaire et paroi de la gaine. En prenant la température moyenne du uide pri-
maire égale à 300C, la température à la surfa e de la gaine peut-elle dépasser la
température d'ébullition de l'eau (345C à 155 bars) ?
Résoudre l'équation de la haleur en axisymétrique pour trouver la température à
l'interfa e entre la gaine et le ombustible. L'épaisseur de la gaine est de 0.5mm, et le
÷ ient de ondu tivité thermique du matériau de gaine est λ = 0.6W. m−1.K−1.
Le onta t entre gaine et ombustible n'est pas parfait : il y a un gap , qui se
traduit par une résistan e thermique onduisant à un é art de température entre
intérieur de la gaine et extérieur du ombustible de l'ordre de 250C.
Résoudre l'équation de la haleur, dans la pastille ombustible, don ave sour e de
haleur en volume, et déterminer la température au entre de la pastille. Celle- i
doit rester inférieure à 2590C, au delà, l'Uranium fond. On al ulera la haleur
volumique en utilisant les paramètres géométriques des rayons, et on prendra un
÷ ient de ondu tivité λ = 3.5W.m−1.K−1 pour l'Oxyde d'Uranium.
7 Combustible après passage en entrale
Dans les gaines, en n de vie, la pression est montée à 100 − 150 bars. Après trois
ans passés en entrale, il reste dans le ombustible environ 93% d'238 U , et 2% de produits
potentiellement ssiles, dont 1% de Plutonium. Les 5% restants sont onstitués prin ipa-
lement de produits de ssions hautement radioa tifs. Cela ne signie pas né essairement
qu'ils soient les plus dangereux ou génants. Leur haute a tivité a pour onséquen e une
faible durée de vie. Leur mode de désintégration, prin ipalement β pour es noyaux lé-
gers (voir ours 1), est moins toxique pour le vivant que le mode de désintégration α des
a tinides mineurs (éléments transuraniens) produits en faible quantité, et de durée de vie
très longue.
Le ombustible usé doit don être re y lé, le Plutonium ne doit pas s'a umuler mais
être valorisé. Enn, le problème des dé hets à durée de vie longue doit trouver (enn) une
solution viable. Un travail a tif de re her he est né essaire, on (re-)parle ainsi d'utiliser
des ombustibles MOx (mixed oxydes) à base d'Uranium et de Plutonium, ou d'utiliser
des lières à neutrons rapides dans le but de transmuter les a tinides mineurs.
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24 2. Analyse d'une entrale type P.W.R. du palier 900 MWe.
On trouve une pompe par bou le. Leur rle est de vain re les pertes de harge dans
le ir uit primaire, qui sont d'environ 8 bars, e qui est relativement faible. Le débit à
assurer pour haque pompe est élevé : 21000m3.h−1. Il s'agit de groupes moto-pompes
à axe verti al, situés sur la bran he froide de la bou le. Leur vitesse de rotation est de
1485rpm. Leur masse totale est de 88 tonnes. Un gros volant d'inertie est présent et
sert à augmenter onsidérablement le temps d'arrêt de la pompe en as de oupure de
l'alimentation. Les pompes sont également munies d'un dispositif anti-dévirage à liquets
ea és par la for e entrifuge, an de les empê her de tourner dans l'autre sens.
Exer i e appli atif 5 :
Cal uler la vitesse spé ique et déterminer le type de pompe à partir de la gure 4.
Données : vitesse de rotation 1485rpm, débit 20100m3.h−1 et hauteur manométrique
84.5m.
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2. Analyse d'une entrale type P.W.R. du palier 900 MWe. 25
Son rle est de transformer l'eau du ir uit se ondaire en vapeur saturée grâ e à l'éner-
gie thermique apportée par le uide primaire. Il y a un GV par bou le. Il est intéressant
de maximiser la pression de vapeur, pour le rendement de la onversion éle trique dans
le ir uit se ondaire. La relation liant haleur transférée Q et températures des uides
primaire Tp et se ondaire Ts est du type Q = hS(Tp − Ts ), ave S la surfa e d'é hange
et h le ÷ ient de transfert. Pour avoir Ts grande, à quantité de haleur à faire passer
xée, il faut maximiser la surfa e d'é hange, et le ÷ ient h. L'eau primaire ir ule dans
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26 2. Analyse d'une entrale type P.W.R. du palier 900 MWe.
un fais eau de tubes immergés dans le uide se ondaire. Ce dernier arrive à l'état liquide,
s'é haue puis se vaporise. L'utilisation de très nombreux tubes (4000) permet d'avoir
une grande surfa e d'é hange. Pour augmenter h, on est ensuite limité par des ontraintes
sur l'épaisseur des tubes.
Le GV (voir Fig. 5) est muni de séparateurs y lones dont le rle est de séparer la
vapeur produite de l'eau qu'elle ontient en ore. En mélangeant ette dernière à l'eau
alimentaire froide, on arrive à fon tionner en régime d'ébullition nu léée et à obtenir de
bons ÷ ients d'é hange. Les températures du ir uit primaire sont en entrée Tep =
322C, en sortie Tsp = 284C à une pression de 155 bars. Dans le ir uit se ondaire, la
pression est de 55 bars, la température en entrée est de Tes = 224C, et la température
en sortie est pro he de la température de saturation (vérier sur le tableau en Fig. 10,
p. 61) Tss = 268C.
Compte tenu des faibles é arts de température entre les ir uits primaire et se ondaire,
la né essité de transférer une puissan e importante interdit en pratique de réaliser toute
sur haue dans le GV, ar les ÷ ients d'é hange entre le liquide primaire et la vapeur
sur hauée seraient trop faibles.
10 Le ir uit se ondaire
Le ir uit se ondaire fera l'objet du pro hain ours, où on étudiera en TD le détail du
y le thermodynamique. Il est un peu diérent du y le d'une entrale lassique.
Une parti ularité des GV des entrales nu léaires REP est, nous l'avons vu, l'absen e
de sur haue initiale. Une détente omplète de la vapeur à partir de et état onduirait à
un titre en vapeur trop faible, e qui serait à la fois pénalisant sur le plan des performan es,
et fatal pour la tenue mé anique des aubages des turbines. La solution retenue onsiste,
après une première détente dans une turbine haute pression (HP) tolérant une vapeur
relativement ri he en eau (titre 0.25%, 55 bars et 270C à l'admission, titre en eau de
12% à l'é happement), à utiliser un séparateur-sur haueur, à une pression d'environ
11 bars, e qui permet d'augmenter le rendement et de respe ter la ontrainte de titre de
n de détente dans une turbine basse pression (BP).
Le séparateur-sur haueur reçoit de la vapeur partiellement détendue de titre voisin
de 87%, dont la phase liquide est séparée et dirigée vers des ré haueurs, tandis que la
phase vapeur passe dans un é hangeur par ouru intérieurement par un faible débit de
vapeur saturée à haute pression (et don plus haute température), qui se ondense. Il y
a 4 séparateurs/sur haueurs dans le ir uit. La séparation se fait au moyen de grilles et
de plaques disposées en hi ane. L'eau ré upérée est dirigée vers des bâ hes. La vapeur
prélevée pour la sur haue représente 6% du débit total.
Le débit de vapeur étant très élevé, les ailettes doivent être grandes, et limitent la
vitesse de rotation à 1500rpm. On a un orps HP à double ux omportant 7 étages, et
trois orps BP à double ux omportant 7 étages. A la diéren es des turbines lassiques,
la détente est don partiellement humide, e qui provoque des phénomènes d'érosion et
de orrosion. An d'y pallier, dans la turbine, ertaines aubes ont des rainures parallèles
au bord d'attaque, piégeant et entrifugeant les gouttes.
Il y a également un ontournement pour protéger la turbine lors des transitoires : il
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2. Analyse d'une entrale type P.W.R. du palier 900 MWe. 27
peut absorber 85% du débit nominal. Une autre parti ularité est de ne pas avoir de bâ he
alimentaire dégazante : tout le dégazage s'ee tue au ondenseur.
Au niveau de la sour e froide (un euve ou la mer), il y a fort heureusement une
limitation légale : l'eau en aval de la entrale ne doit pas être é hauée de plus de 4C.
C'est beau oup !
Exer i e appli atif 6 :
Cal uler le débit orrespondant pour l'eau de refroidissement, en supposant qu'il
s'agit d'eau à 20C (Cp = [Link]−1.K−1, et ρ = 1000kg.m−3). On supposera un
rendement de la entrale de 33%.
11 Contrle- ommande, Régulation, Sé urité
Le ontrle- ommande est l'ensemble des systèmes permettant d'ee tuer les mesures,
d'assurer le pilotage, et la sé urité de fon tionnement du réa teur.
Une instrumentation spé ique permet d'ee tuer des mesures de ux neutronique, de
températures, de pressions et de débits. En parti ulier, le ux de neutrons est représentatif
de la puissan e dégagée. Les déte teurs mesurent l'ionisation induite dans un gaz par des
rayonnements ionisants. Les neutrons n'étant pas dire tement ionisants, on utilise des
hambres à dépt de Bore : le gaz est enfermé dans une hambre de mesure tapissée
de 105B , et munie en son entre d'une éle trode olle tri e. Les neutrons in idents sont
apturés par le Bore, qui se désintègre (mode α) en : 105 B +10 n →73 Li + α. Ces parti ules
α ont la propriété d'ioniser le gaz. En appli ant une tension au bornes de la hambre et
en mesurant le ourant, on peut alors remonter au ux de neutrons. Pour ee tuer des
artographies du ux, on introduit plusieurs sondes dans des doigts de gants, les sondes
pouvant se dépla er verti alement.
Il existe de nombreuses haînes de régulation, par exemple sur la température moyenne,
la pression, ou le niveau du pressuriseur. En parti ulier, la régulation en température
moyenne permet le pilotage du réa teur, par dépla ement des grappes de réglage, ou
modi ation de la on entration en Bore de l'eau primaire. Ces haînes de régulation sont
basées sur des bou les d'asservissement. Par exemple, le maintien de la pression s'ee tue
par hauage ou refroidissement de l'eau au pressuriseur, de manière proportionnelle à 2
l'é art de pression mesurée. En mar he normale, la puissan e de haue est de 100kW en
ontinu, sur les 1400kW disponibles sur les 78 annes hauantes au pressuriseur.
Pour garantir la sé urité de l'installation, les ir uits sont redondants, et on utilise
plusieurs apteurs pour la même mesure. Il y a aussi plusieurs ir uits de sé urité permet-
tant un arrêt d'urgen e, qui se dé len hent par exemple en 2/3, i.e. lorsque deux apteurs
sur trois dépassent la valeur seuil de dé len hement (voir ours de M. Lassagne).
Notion de ÷ ient de réa tivité
Pour la on eption même du réa teur et sa onduite, il est important de tenir ompte
de paramètres appelés ÷ ients de réa tivité. Soit k le nombre de neutrons se ondaires
absorbés à la génération suivante après une ssion. Le nombre de ssions évolue alors au
2 En réalité, il s'agit d'une bou le PID (Proportionnel - Intégral -Diérentiel) lassique.
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28 2. Analyse d'une entrale type P.W.R. du palier 900 MWe.
Fig. 6: Courbe de riti ité en fon tion du rapport de modérateur dans un REP.
ours du temps omme une exponentielle dont le temps ara téristique est proportionnel
à k − 1. Si k = 1, le réa teur est ritique, la réa tion en haîne est entretenue, à puissan e
onstante. Si k > 1, la réa tion diverge, le ux de neutrons et la puissan e augmente. On
dénit la réa tivité ρ = k−1 : une puissan e stationnaire est obtenue pour ρ = 0. Cette
quantité dépend d'un grand nombre de fa teurs, et est dominée par des eets statistiques,
k
12 Exploitation
En onduite, il faut faire oïn ider la puissan e du réa teur ave la puissan e demandée
sur le réseau, en ayant toujours une réserve d'antiréa tivité susante. Les eets importants
pour la onduite du réa teur sont liés à :
la température modérateur. On a vu que 'est un eet stabilisant dû à la baisse de
densité du modérateur.
l'eet Doppler, stabilisant, dû à la température du ombustible.
la présen e de Xénon et Samarium. Il s'agit de produits de ssion très neutrophages.
Le Xénon 135 apparaît par désintégration β de l'Iode 135 en 6 à 7 heures, et disparaît
en une dizaine d'heures. Il faut tenir ompte de et eet lors de transitoires vers
des puissan es plus basses, et prévoir une éventuelle augmentation de réa tivité à
la disparition du Xénon.
l'usure du ombustible.
On agit sur la réa tivité par dilution de Bore, ou par les grappes de ommande. Les
opérations de démarrage et d'arrêt sont soumis à des pro édures stri tes, où les ÷ ients
de réa tivité sont al ulés pour rester négatifs.
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30 2. Analyse d'une entrale type P.W.R. du palier 900 MWe.
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32 2. Analyse d'une entrale type P.W.R. du palier 900 MWe.
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33
Cours 3
TD autour du y le thermodynamique
d'une entrale à eau sous pression
Introdu tion
Le ir uit se ondaire des entrales P.W.R. est un ir uit fermé, réalisant un y le
1
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34 3. TD autour du y le thermodynamique d'une entrale à eau sous pression
fra tion de la vapeur du GV pour une sur haue. Cela permet d'augmenter le rendement
et de respe ter la ontrainte de titre de n de détente dans la turbine basse pression.
L'objet de ette séan e est de al uler tous les paramètres thermodynamiques pour un
modèle de e y le. Les résultats obtenus permettront, onnaissant la puissan e thermique
à la sour e haude que nous supposerons fournie par nos ollègues étudiant la partie
nu léaire de la entrale, de prédire la puissan e éle trique fournie, mais également le
débit à assurer dans le ir uit se ondaire : nous pourrons alors fournir les paramètres
dimensionnant pour les pompes, le ondenseur, et le séparateur-sur haueur.
Modélisation du y le
An de béné ier dire tement des tables donnant les propriétés thermodynamiques
de l'eau, nous allons supposer que le y le fon tionne entre les pressions Pc = 60 bars au
générateur de vapeur, Pi = 10 bars au niveau de la n de détente HP et Pf = 0.1 bars au
ondenseur. On négligera toutes les pertes de harges dans les analisations et é hangeurs.
1 Cy le de Carnot équivalent
En utilisant les tables fournies en annexe, trouver les températures haudes et froides
du y le. Cal uler le rendement d'un y le de Carnot qui fon tionnerait entre les mêmes
températures.
2 Cy le de Rankine
On va onsidérer dans un premier temps un y le sans étape intermédiaire. On le
nomme y le de Rankine. Un ir uit réalisant un tel y le est représenté en gure 1, et le
y le est tra é dans un diagramme T − s en gure 2.
On utilisera la numérotation des gures 1 et 2 pour notre exer i e. On supposera que
les détentes et ompressions se font de manière isentropique. L'eau est sous forme liquide
aux points 1 et 2, et sous forme de vapeur saturée au point 3. Au point 4, on a un mélange
liquide-vapeur à l'équilibre thermodynamique.
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3. TD autour du y le thermodynamique d'une entrale à eau sous pression 35
Fig. 1: Prin ipe du y le de Rankine : l'eau est vaporisée à la sour e haude où elle reçoit
Q̇in > 0. La vapeur saturée produite est détendue dans la turbine où le travail Ẇturbine < 0
est produit. Le mélange eau-vapeur se ondense en édant Q̇out < 0 à la sour e froide.
L'eau est ramenée à la pression de la bran he haude du ir uit par le travail Ẇpump > 0
de la pompe. Le travail utile est don Ẇu = Ẇturbine + Ẇpump . Attention aux signes !
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36 3. TD autour du y le thermodynamique d'une entrale à eau sous pression
On prendra un débit de masse unitaire dans le ir uit. Pour a éder aux vraies
valeurs des haleurs et travaux pour la entrale, il sura ensuite de tout multiplier par le
débit massique réel dans le ir uit se ondaire. On her he à remplir le tableau suivant :
Point T P v ([Link]−1) h s Cp x
1
2
3
4
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3. TD autour du y le thermodynamique d'une entrale à eau sous pression 37
L'é hangeur Sur haueur est onçu de telle sorte que pour sa bran he haude,
le uide sortant est de l'eau liquide à saturation. Ce i peut-être une demande du
on epteur de l'é hangeur, qui se débrouillera pour le dimensionner de la sorte une
fois que nous lui aurons fourni les résultats de nos al uls sur la bran he froide.
2 Ordre de grandeur réel, on peut, à la n du problème, refaire les al uls pour un autre débit prélevé
pour la sur haue.
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38 3. TD autour du y le thermodynamique d'une entrale à eau sous pression
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3. TD autour du y le thermodynamique d'une entrale à eau sous pression 39
Cal uler les haleurs et travaux, les titres en n de détente HP et BP, et le rendement
du y le. Pla er les points sur le diagramme de Mollier (Fig. 5). A-t-on beau oup gagné
en termes de rendement, en termes de titres ?
5 Prise en ompte des rendements des diverses ma hines pour le
y le omplexe
Nous avons vu que la détente est partiellement humide, e qui provoque des phéno-
mènes d'érosion et de orrosion, et dégrade fortement le rendement. La on eption des
turbines de entrales nu léaires est don très parti ulière, d'autant plus que les débits de
vapeurs étant très élevés, les se tions sont grandes et la vitesse de rotation faible. An de
pallier à la présen e de goutellettes, ertaines aubes ont des rainures parallèles au bord
d'attaque, piégeant et entrifugeant les gouttes.
On prendra pour rendement isentropique des pompes une valeur de 0.9, et pour les
turbines de détente, ette fois- i, un rendement meilleur (détente moins humide) de 0.85.
Comparer le rendement réel du y le au rendement réel du y le de Rankine. Le y le
d'une vraie entrale est en ore plus omplexe (voir Fig. 6).
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40 3. TD autour du y le thermodynamique d'une entrale à eau sous pression
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3. TD autour du y le thermodynamique d'une entrale à eau sous pression 41
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42 3. TD autour du y le thermodynamique d'une entrale à eau sous pression
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43
Annexe A
Notes de thermodynamique et de
transferts thermiques dans les uides.
Fig. 1: Expérien e de Joule : dans un système adiabatique, n'é hangeant que du travail
ave l'extérieur, Joule mesure l'élévation de température due au travail des pales d'un
agitateur, et montre que W = Q.
sont ainsi dé rits par la pression (P ), le volume (V ) et la température (T ), liés par une
équation d'état (type loi des gaz parfaits).
Dans le as d'une transformation réversible, le travail des for es de pression est :
δWrev = −P dV
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A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides. 45
Fig. 2: Pour une ma hine, le bilan d'énergie doit se faire en prenant un système fermé
déformable : à l'instant t, le volume dans la ma hine plus le volume de matière qui va
entrer entre t et t + dt ; et à l'instant t + dt, le volume dans la ma hine plus le volume de
matière qui est sorti entre t et t + dt.
L'expérien e de détente de Joule Thomson (voir Fig. 3) montre que l'énergie interne
des gaz ne dépend que de T . Pour un gaz parfait :
dU = Cv dT
dH = Cp dT
Ces relations sont également vériées en as, respe tivement, de transformations iso hores
(à volume onstant), et de transformations isobares (à pression onstante).
La apa ité alorique d'un orps s'exprime en J.K−1, ou en [Link]−1 .K−1 pour la a-
pa ité alorique massique. Cette dernière est en fait la quantité d'énergie qu'il
faut fournir pour élever de 1K la température de 1kg du matériau onsidéré.
Pour un liquide (phase ondensée), on a h ≃ u et don une seule apa ité alorique :
dh = CdT .
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46 A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides.
Autrement dit, pour le uide 1, on a ṁ1 ∆h1 = Pth1, pour le uide 2, on a ṁ2 ∆h2 =
Pth2 , ave Pth2 = −Pth1 et don ṁ1 ∆h1 = −ṁ2 ∆h2 . Dans le as des ondenseurs et
évaporateurs, on est de plus isobare.
Se ond prin ipe
Le se ond prin ipe est un prin ipe d'évolution. Il nous renseigne sur le sens dans
lequel les évolutions naturelles ont lieu : il ne peut pas s'ee tuer, sans ompensation,
de passage de haleur d'un orps froid à un orps haud . 1
On introduit alors une fon tion d'état, appelée entropie S , telle que
δQrev = T dS
Elle s'exprime en J.K−1. Le prin ipe d'évolution s'exprime par le fait que pour toute
transformation d'un système isolé (égalité pour les seules transformations réversibles ) 2
δQ
dS ≥
T
Cette fon tion d'état ne se onserve pas. La physique statistique é laire ette notion, en
liant l'entropie d'un système à l'information ontenue. Les transformations réelles sont
irréversibles à ause de phénomènes dissipatifs. Le système ne peut jamais spontanément
revenir en arrière. L'énergie perdue par le système sous forme de haleur ontribue à
l'augmentation du désordre global. On onstruit l'é helle absolue de température à partir
de la notion d'entropie : à 0K, S = 0 pour un orps pur ristallisé.
1 Formulation originale de Clausius.
2 Pour une adiabatique (δQ = 0) réversible, dS = 0 : 'est une isentropique.
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A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides. 47
Enn, une relation utile pour la ompression des liquides, et le al ul des onden-
seurs et évaporateurs que l'on déduit des premier et se ond prin ipes est
dh = T ds + vdP
en déduire ∆s sur l'autre bran he : 'est utile si on veut ensuite situer le point sur un
diagramme de Mollier (voir le sur les diagrammes thermodynamiques et leur appli ation
aux ma hines).
Ma hine y lique, rendement maximum du y le de Carnot
Transformation révérsible vs. transformation irrévérsible
Considérons une transformation ee tuée à la température T, qui fait passer un sys-
tème thermodynamique d'un état initial A à un état nal B d'équilibre. On peut pro éder
de façon réversible ou bien de façon irréversible. Comme l'entropie est une fon tion d'état,
sa variation ne dépend pas du hemin suivi. Par ontre, travail et haleur é hangés dé-
pendent du hemin suivi.
Par appli ation du se ond prin ipe :
Qrev
∆Ssys =
T
Qirrev
∆Ssys >
T
D'où
Qrev > Qirrev
D'après le premier prin ipe,
∆Usys = Qrev + Wrev = Qirrev + Wirrev
Don
Wrev < Wirrev
Pour un système moteur qui fourni du travail, elui- i est ompté négativement. Don
|Wrev | > |Wirrev |
On en déduit que la quantité de travail utile fourni par un système est plus
importante lorsque la transformation est réversible.
Ma hine idéale de Carnot
3 Par exemple pour une bran he où toute la vapeur se ondense, on a ∆H = L, ave L la haleur
latente, voir plus loin le sur les hangements de phase
3 mars 2009
48 A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides.
−T (S −S )+T (S −S )
2 B
T (S −S )
1
A
B
1
A
:B A
T2
η =1−
T1
Changements de phase
Un orps pur est sus eptible d'exister sous diérentes phases. Les phases solides et
liquides sont des phases ondensées. En phase solide, les atomes du orps pur sont en
général organisés en réseau ristallin. Le orps en phase liquide se omporte omme un
uide : il oule, remplit le ré ipient qui le ontient, on dénit une vis osité , . . . Dans la
5
3 mars 2009
A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides. 49
de transitions de phase. Pour un orps pur tel que l'eau, les transitions sont dites du
premier ordre : on a dis ontinuité d'une propriété physique au hangement de phase, par
exemple la masse volumique . 6
Les transitions de premier ordre sont elles qui impliquent une haleur latente.
Au ours de es transitions, le système absorbe ou émet une quantité d'énergie xe (et
en général grande), à pression et température onstantes. C'est l'un des moyens les
plus e a es d'absorber une grosse quantité d'énergie. Le fait de passer d'un état à un
autre permet un transfert thermique très élevé à la paroi où il se produit, dans un sens ou
dans l'autre suivant la transformation. Pour 1kg d'eau, sous 1 bar, à 25C, on a vu que
pour augmenter sa température de 1C, il faut lui fournir 4.18kJ. La haleur latente de
vaporisation de l'eau vaut [Link]−1 sous 1 bar à 100C : pour transformer entièrement
1kg d'eau liquide en vapeur, il faut lui fournir 2257kJ, soit 540 fois plus.
Relations entre haleur latente massique l1→2 ([Link]−1 ), variation d'enthalpie massique
∆1→2 h ([Link]−1 ) et variation d'entropie massique ∆1→2 s (J.K−1 .kg−1 ) lors d'une transition
entre les phases 1 et 2 à la température T0 :
l1→2
∆1→2 h = l1→2 et ∆1→2 s =
T0
Il existe un point triple où les trois phases oexistent. Le point triple de l'eau sert
de référen e à l'é helle de température absolue (T = 273, 16K et P = 611Pa). Il existe
également un point ritique au delà duquel on ne peut plus distinguer entre liquide et
vapeur : la transition de phase est du se ond ordre, il n'y a plus de haleur latente. Pour
l'eau : Tc = 647.3K et P = 22.09MPa.
Diagrammes thermodynamiques
Pour les uides auxquels on s'intéresse, dé rits par la donnée de P , V et T liés par
une équation d'état, on peut hoisir deux variables, et ainsi les dé rire omplètement . 7
3 mars 2009
50 A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides.
y = yv x + yl (1 − x)
mv
x=
mv + ml
La variable x est le titre (massique) de vapeur dans le mélange.
Diagramme de Clapeyron P − v. On tra e en abs isses le volume massique et en or-
données la pression. Son intérêt est que le travail fourni ou onsommé durant le y le est
égal à l'aire soustendue par le y le. Si le par ours est ee tué dans le sens horaire, le
travail reçu est négatif et le y le est moteur. Sinon, le y le est ré epteur.
Diagramme entropique T − s. On trouve en abs isses l'entropie massique et en ordon-
nées la température absolue. Sur un tel diagramme, le y le de Carnot est simplement
représenté par un re tangle. Il est également utile pour al uler les transferts thermiques à
température onstante : Q = T ∆S pour une transformation réversible, e qui orrespond
à l'aire située sous la transformation. On peut alors visualiser le rendement d'un y le :
l'énergie utile est représentée par la surfa e formée au dessus de la ligne de ondensation
alors que l'énergie perdue dans la sour e froide est représentée par la surfa e formée entre
la ligne de ondensation et le zéro absolu.
Diagramme de Mollier des motoristes h − s. Il est utilisé prin ipalement pour l'étude
des y les moteurs à vapeur. Comme pour le diagramme T − s, la zone liquide est quasi
onfondue ave la ourbe de ondensation et n'est en prin ipe pas représentée. Il est très
utile pour al uler le travail obtenu lors d'une détente isentropique (ou non) dans une
turbine : onnaissant les pressions hautes et basses, ainsi que l'enthalpie de départ, on
peut en déduire le ∆h qui est le travail ré upéré. On peut alors lire sur le diagramme le
titre en vapeur en sortie de turbine.
8 Par exemple h, s, v.
3 mars 2009
A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides. 51
3 mars 2009
52 A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides.
2 Transferts thermiques
La haleur, notée Q, est une forme d'énergie, elle s'exprime en Joule. Par onvention,
lorsque le uide reçoit de la haleur, ette quantité est positive. Lorsqu'il en perd, elle
est négative. Dans le adre des transferts thermiques, on s'intéresse souvent aux ux de
haleur, 'est-à-dire à des puissan es thermiques. Ce ux, s'exprime en J.s−1 , 'est-à-
dire en W. Nous le noterons φ mais attention, il est souvent lui aussi noté Q. Enn, les
transferts thermiques qui nous intéressent ont souvent lieu à travers l'interfa e entre deux
milieux. Il est alors plus pratique d'utiliser la densité surfa ique de ux de haleur, notée
i i ϕ, exprimée en W.m−2.
Modes de transfert de haleur
La haleur peut être transmise par ondu tion, onve tion ou rayonnement (voir
Fig. 7).
La ondu tion est un mode de transfert diusif : dans un milieu soumis à une diéren e
de température, le transfert de haleur ondu tif s'ee tue sans dépla ement de matière.
Le mé anisme de propagation de la haleur repose sur les vibrations des atomes ou sur
une transmission par les éle trons libres. La ondu tion repose sur l'hypothèse de Fourier :
la densité de ux est proportionnelle au gradient de température
ϕ = −λ ∇T
ave λ (W.m−1.K−1) la ondu tivité thermique du milieu. Le signe moins implique que
le transfert est dirigé des hautes températures vers les basses. Il existe une analogie très
forte entre la loi de Fourier et la loi d'Ohm en éle tri ité, la température jouant i i un
rle de potentiel, et la densité de ux de haleur étant l'analogue d'une densité de ux de
ourant éle trique. Les ondu tivités thermiques et éle triques sont d'ailleurs fortement
orrélées.
Dans les métaux, la ondu tivité thermique est très bonne : λ ≃ 400W.m−1.K−1 pour
le uivre. L'eau a une ondu tivité de 0.6W.m−1.K−1, et l'air, très bon isolant, a une
ondu tivité de 0.025W.m−1.K−1 .
La onve tion est un mode de transfert par dépla ement de matière. C'est pourquoi
on le ren ontre dès que l'on s'intéresse à des milieux uides. Pour le transfert entre une
paroi solide à la température Tp et un uide la balayant en venant d'un inni amont à la
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A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides. 53
température T∞ , on a la relation
ϕ = h (Tp − T∞ )
Le oe ient h est appelé oe ient de transfert, et s'exprime en W.m−2.K−1 . Sa valeur
est fon tion de la nature du uide, de sa vitesse et de la géométrie du problème. On peut
le al uler analytiquement pour des as simples omme elui d'une plaque plane parralèle
à l'é oulement, en régime laminaire.
Pour l'air, en onve tion libre , on a h ≃ 5−50. En onve tion for ée, on a h ≃ 10−500.
9
Pour l'eau, en onve tion libre on a h ≃ 100 − 1000 et en onve tion for ée h ≃ 102 − 104.
On peut atteindre des valeurs de l'ordre de 105 pour des métaux liquides, ou pour la
vapeur d'eau se ondensant.
Equation de la haleur
Dans un milieu homogène, de apa ité alorique massique c, de masse volumique ρ
et de ondu tivité thermique λ, s'é oulant à la vitesse u et soumis à une sour e de haleur
en volume q on peut é rire l'équation de la haleur sous la forme
10
∂T
ρc( + u∇T ) = λ∆T + q
∂t
Dans le adre de e ours (séan e 2), on est amené à onsidérer un solide axisymétrique,
en régime stationnaire. L'équation se simplie et devient : λ∆T + q = 0. Et en exprimant
le lapla ien en géométrie axisymétrique : 1r ∂r∂ (r ∂T
∂r
) + q = 0.
Les onditions aux limites peuvent être une ondition de température imposée, ou
en ore de ux imposé (dans e as, le ux s'exprimant par la loi de Fourier, ette ondition
se traduit en fait par un gradient de température imposé au niveau de la paroi).
Exemple dida tique
Supposons une maison ave des murs d'épaisseur e, de surfa e totale S , de ondu tivité
thermique λ séparant l'intérieur de la maison de l'extérieur. On souhaite onserver une
température Ti à l'intérieur, alors qu'à l'extérieur, la température est de Te . On suppose
qu'aux parois des murs, on a un é hange onve tif par onve tion naturelle (voir Fig. 8).
Tous les oe ients d'é hange sont pris égaux dans un premier temps à h ≃ 10W.m−2.K−1.
Quelle est la puissan e thermique né éssaire ?
Il y a deux façons de pro éder. Résolvons tout d'abord le problème dans le mur. Le
problème ne dépend que de x (voir Fig. 8). Dans e as, l'équation de la haleur se réduit
à: 2
∂ T
=0
∂x2
T (x) = Ax + B
9 L'é oulement est une onséquen e des variations de densité du uide, ausées par les variations de
température. En onve tion for ée, on impose un é oulement.
10 Par exemple la dissipation visqueuse orrespond à une sour e de haleur.
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54 A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides.
Fig. 8: Problème de transfert thermique à travers un mur d'épaisseur e, ave onve tion
aux parois. Les températures imposées sont Ti et Te loin des parois. On suppose onnus
les ondu tivités thermiques du mur et les oe ients de transferts h.
Fig. 9: Transfert thermique par onve tion dans un tube inni de diamètre D. Le uide
de masse volumique ρ, de vis osité dynamique µ, de apa ité alorique massique c et de
ondu tivité thermique λ s'é oule depuis un inni amont à la vitesse u, et à la température
T∞ . La paroi est maintenue à la température Tp , et un ux de haleur existe entre la paroi
et le uide, ara térisé par le oe ient de transfert h.
sous la forme
f (D, ρ, µ, c, λ, u, (T∞ − Tp ), ϕ) = 0
Dans notre as, on a besoin de dénir une jauge de temps T , de longueur L, de masse
M , de température θ, et, dans e problème de thermique, une jauge pour la quantité de
haleur Q onsidérée omme une inquième dimension fondamentale. Le hoix L = D,
M = ρD 3 , T = D/u, θ = (T∞ − Tp ) et Q = λD 2 (T∞ − Tp )/u onduit à la relation
f (π1 , π2 , π3 ) = 0
ave µ
π1 =
ρDu
11 Appli ation du théorème de Vas hy-Bu kingam.
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56 A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides.
ρuDc
π2 =
λ
ϕD
π3 =
(T∞ − Tp )λ
Le nombre adimensionnel π1 est l'inverse d'un nombre de Reynolds Re = ρuD µ
, le nombre
de Pé let π2 peut être réé rit sous la forme π2 = µ λ = ReP r ave P r = λ le nombre
ρuD cµ cµ
Tout l'enjeu est maintenant de trouver la fon tion g reliant nombres de Nusselt, de
Prandtl et de Reynolds.
Le nombre de Reynolds est le seul paramètre dont dépend l'é oulement sous les hypo-
thèses que nous avons faites . 12
Le nombre de Prandtl est une ara téristique physique du uide employé : il ne dépend
pas de la géométrie du poblème, ni des onditions aux limites dynamiques. Il ne dépend
que de la température. Il ompare les oe ients de diusion de quantité de mouvement
(i.e. la vis osité inématique) et de diusion de la haleur :P r = µρ ρcλ . Dans le as d'un gaz,
où es deux pro essus de diusion ont le même mé anisme physique, à savoir les ho s
entre molé ules , le nombre de Prandtl est d'ordre 1 (à température usuelle, P r = 0.7
13
pour l'air, et P r = 1.05 pour la vapeur d'eau). Pour les liquides, le nombre de Prandtl est
d'autant plus grand que le uide est huileux : P r = 7 pour l'eau, P r = 104 pour une
huile moteur, mais P r = 0.025 pour le mer ure et P r = 10−5 pour le sodium liquide.
Le nombre de Nusselt est le oe ient de transfert thermique sous forme adimension-
nelle. On peut également é rire Nu = , soit le rapport de la résistan e thermique de
D
λ
1
ondu tion par la résistan e thermique de onve tion. Il est d'autant plus élevé que la
h
onve tion est prédominante sur la ondu tion. Il ara térise aussi le type de transfert de
haleur.
3 mars 2009
A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides.
T K p kPa ρl ρv hl hv sl sv Cvl Cvv Cpl Cpv
kg.m kg.m [Link] [Link] [Link]
−3 −3 −1 −1 −1 .K−1 [Link]
−1 .K−1 [Link]
−1 .K−1 [Link]
−1 .K−1 [Link]
−1 .K−1 [Link]
−1 .K−1
316 8,583 991,056 0,05904 179,447 2578,60 0,6103 8,2025 4,0605 1,4583 4,1800 1,9356
320 10,546 989,387 0,07166 196,170 2585,71 0,6629 8,1302 4,0416 1,4627 4,1807 1,9417
324 12,882 987,610 0,08650 212,897 2592,79 0,7148 8,0601 4,0223 1,4673 4,1818 1,9482
328 15,649 985,728 0,10385 229,629 2599,83 0,7661 7,9923 4,0025 1,4722 4,1831 1,9551
332 18,909 983,747 0,12404 246,367 2606,83 0,8168 7,9267 3,9825 1,4774 4,1846 1,9625
336 22,730 981,671 0,14743 263,112 2613,79 0,8689 7,8630 3,9621 1,4829 4,1864 1,9705
340 27,188 979,503 0,17440 279,866 2620,69 0,9165 7,8013 3,9416 1,4888 4,1885 1,9790
344 32,366 977,247 0,20537 296,628 2627,55 0,9655 7,7414 3,9208 1,4951 4,1907 1,9882
348 38,354 974,904 0,24077 313,401 2634,35 1,0140 7,6833 3,8999 1,5018 4,1932 1,9981
352 45,249 972,479 0,28110 330,185 2641,09 1,0619 7,6270 3,8790 1,5089 4,1960 2,0088
356 53,158 969,972 0,32685 346,981 2647,77 1,1093 7,5722 3,8580 1,5166 4,1991 2,0202
360 62,194 967,386 0,37858 363,791 2654,38 1,1562 7,5190 3,8369 1,5247 4,2024 2,0326
440 733,67 900,649 3,8329 705,310 2764,73 2,0106 6,6911 3,4493 1,8448 4,3571 2,5597
444 808,59 896,580 4,2032 722,807 2768,74 2,0500 6,6580 3,4324 1,8693 4,3708 2,6040
448 889,45 892,439 4,6017 740,361 2772,57 2,0892 6,6253 3,4159 1,8945 4,3852 2,6503
452 976,56 888,225 5,0300 757,977 2776,21 2,1281 6,5932 3,3996 1,9204 4,4004 2,6986
456 1070,3 883,935 5,4897 775,658 2779,65 2,1668 6,5615 3,3835 1,9469 4,4165 2,7490
460 1170,9 879,569 5,9826 793,406 2782,88 2,2053 6,5303 3,3678 1,9739 4,4334 2,8014
540 5236,9 772,657 26,627 1169,29 2792,17 2,9476 5,9530 3,1134 2,6198 5,0770 4,5400
544 5576,5 766,042 28,476 1189,60 2788,98 2,9843 5,9243 3,1042 2,6585 5,1359 4,6888
548 5932,7 759,263 30,443 1210,13 2785,32 3,0210 5,8955 3,0955 2,6980 5,1994 4,8487
552 6306,0 752,308 32,538 1230,88 2781,16 3,0579 5,8663 3,0872 2,7385 5,2681 5,0210
556 6697,0 745,169 34,769 1251,86 2776,48 3,0948 5,8369 3,0794 2,7800 5,3427 5,2075
560 7106,2 737,831 37,147 1273,11 2771,24 3,1319 5,8071 3,0722 2,8225 5,4239 5,4099
Tab. A.1: Propriétés thermodynamiques de l'eau à l'équilibre liquide- vapeur. Les lignes horizontales marquent des sauts signi-
atifs dans les températures re opiées i i.
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58 A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides.
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A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides. 59
3 mars 2009
60 A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides.
Tab. A.4: Propriétés thermodynamiques de l'eau monophasique à 150 bars. La ligne ho-
rizontale en milieu de tableau sépare les domaines liquide et vapeur.
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A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides. 61
Fig. 10: Tableau donnant les propriétés de l'eau à la pression de saturation liquide /
vapeur, en fon tion de la température.
3 mars 2009
62 A. Notes de thermodynamique et de transferts thermiques dans les uides.
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