ENS Lyon TD 1 18/09/2015
Géométrie symplectique
Exercice 1 : Dérivée de Lie
Sur un ouvert U ⊂ Rn , on définit la dérivée de Lie LX α de la forme différentielle α
suivant le champ de vecteurs X par
d ?
LX α = (ϕ α)|t=0
dt t
où ϕt est le flot du champ de vecteurs X, défini au voisinage du temps t = 0.
1. Soit X un champ de vecteurs sur U , montrer que LX : Ω(X) → Ω(X) est l’unique
application R-linéaire qui :
(a) vérifie LX f = df (X) pour toute f ∈ C ∞ (U ) ;
(b) est une dérivation i.e. LX (α ∧ β) = LX α ∧ β + α ∧ LX β pour toutes formes
α, β ∈ Ω(U ) ;
(c) commute avec la différentielle extérieure.
2. Soit X un champ de vecteur sur U . Montrer la formule de Lie-Cartan
LX = dιX + ιX d,
où ι désigne le produit intérieur et d la différentielle extérieure.
3. Soient X, Y des champs de vecteurs sur U , leur crochet [X, Y ] est l’unique champ
de vecteur tel que L[X,Y ] = LX LY − LY LX , montrer la formule
LX ιY − ιY LX = ι[X,Y ] .
Exercice 2 : Divergence et théorème de Liouville-Gibbs
Soit U ⊂ Rn un ouvert et ν une forme volume R sur U . On
R dit qu’un difféomorphisme
ϕ de U préserve le volume par rapport à ν si ϕ(V ) ν = V ν pour tout ouvert V ⊂ U
relativement compact. La divergence du champ de vecteur X par rapport à ν est le réel
divν X tel que
LX ν = divν X ν.
1. Déterminer divν X pour la forme volume standard νRn sur Rn .
2. Montrer que le flot de X préserve le volume par rapport à ν si et seulement si
divν X = 0.
3. On munit R2n de la forme symplectique standard ω = nj=1 dpj ∧ dqj . Soit H :
P
R2n → R lisse, le champ de vecteurs H ~ associé au système hamiltonien défini par
H est : ιH~ ω = −dH. Montrer que flot du champ H ~ préserve le volume par rapport
à νR2n .
Exercice 3 : Flot hamiltonien sur les ellipsoı̈des
Soient a1 , . . . , an des réels strictement positifs. On considère
H: R2n −→ R
2 .
1
Pn 2
(x, y) 7−→ 2 j=1 j xj + yj
a
1. Déterminer le système hamiltonien défini par H et le résoudre.
2. On suppose n = 2 et c > 0. Trouver les orbites périodiques dans le niveau H −1 (c)
et déterminer les périodes associées.
Exercice 4 : Forme normale d’une forme bilinéaire alternée
Soit V un espace vectoriel de dimension m. Soit Ω une forme bilinéaire alternée sur V .
Montrer qu’il existe une base (u1 , . . . , uk , e1 , . . . , en , f1 , . . . , fn ) de V telle que
• Ω(ui , v) = 0 pour i = 1, . . . , k et v ∈ V ;
• Ω(ei , ej ) = Ω(fi , fj ) = 0 pour i, j = 1, . . . , n ;
• Ω(ei , fj ) = δi,j pour i, j = 1, . . . , n.
Écrire la matrice de Ω dans cette base.
Exercice 5 : Formes symplectiques linéaires
Soit V un espace vectoriel de dimension 2n sur K de caractéristique nulle ou supérieure
à n. Soit ω une forme bilinéaire alternée sur V . On dit que ω est symplectique si elle est
également non-dégénérée.
1. Montrer que ω est non-dégénérée si et seulement si
ωn = ω · · ∧ ω} 6= 0.
| ∧ ·{z
n fois
2. On suppose ω non-dégénérée, soit u ∈ homK (V ) tel que u? ω = ω montrer que u
est de déterminant 1.
Exercice 6 : Forme normale locale d’une forme volume
Soit U ⊂ Rn et ν une forme volume sur U . Montrer qu’en tout point de U il existe des
coordonnées lisses locales (x1 , . . . , xn ) telles que ν = dx1 ∧ · · · ∧ dxn .
Exercice 7 : Chameau qui passe par le chas d’une aiguille
Soient n ≥ 2, ν la forme volume standard de Rn , B la boule unité euclidienne de Rn , un
réel strictement positif et M = {(x1 , . . . , xn ) ∈ Rn |x1 = 0 et x22 + · · · + x2n ≥ }. Montrer
qu’il existe une famille lisse de plongements ϕt : (B, ν|B ) → (Rn \ M , ν|Rn \M ), t ∈ [0, 1]
préservant le volume et telle que
ϕ0 (B) ⊂ (x1 > 0) et ϕ1 (B) ⊂ (x1 < 0).
Exercice 8 : Le carré et le disque √
Donner un difféomorphisme qui envoie le carré ouvert du plan de côté π centré en
l’origine sur le disque ouvert du plan de rayon 1 centré en l’origine en préservant l’aire.
ENS Lyon TD 2 25/09/2015
Géométrie symplectique
Exercice 2 : Extension symplectique de difféomorphismes : Corrigé
On note π : T ? M → M le fibré cotangentde la variété M et on note λ la forme de Liouville
sur T ? M.
1. Soit f un difféomorphisme de M , on pose
F : T ? M −→ T ? M
pq 7−→ pq ((Dq f )−1 ·),
alors
π◦F =f ◦π . (1)
Pour tout vp ∈ Tp (T ? M ),
(F ? λ)p (vp ) =λF (p) (Dp F (vp ))
=F (p)(Dp (π ◦ F )(vp ))
=pq (Dp (f −1 ◦ π ◦ F )(vp ))
=λp (vp ) d’après (1).
2. Soit G un difféomorphisme de T ? M vérifiant G? λ = λ.
Préliminaires :
Soit t ∈ R, on note mt : T ? M → T ? M la multiplication d’une 1-forme par t, c’est
une application lisse qui vérifie
π ◦ mt = π (2)
et dont la restriction à toute fibre π −1 (q) = Tq? M est R-linéaire, en utilisant l’égalité
(2) on a en tout t ∈ R :
(mt )? λ = tλ. (3)
On note X(p) := ds d
(ms (p))|s=t (m−t (p)) = ds
d
(ms (p))|s=0 (p) pour tout p ∈ T ? M ,
d
alors mt est le flot du champ de vecteurs X d’où LX λ = ds (sλ)|s=0 = λ (d’après
(3)). D’après (2), X ∈ ker dπ d’où λ(X) = 0, alors par la formule de Lie-Cartan
λ = ιX ω. (4)
(a) On veut montrer
G ◦ mt ◦ G−1 = mt (5)
pour tout t ∈ R ; il suffit de montrer que les deux membres de (5) sont les flots
de deux champs de vecteurs qui coı̈ncident avec même condition initiale.
L’égalité G? λ = λ évaluée en le vecteur tangent nul 0pq ∈ Tpq (T ? M ) donne
G ◦ m0 = m0 ◦ G.
En tout p ∈ T ? M et t ∈ R :
d
((G−1 ◦ mt ◦ G)(p)) =D(mt ◦G)(p) G−1 ((X ◦ mt ◦ G)(p))
dt
=(G? X)((G−1 ◦ mt ◦ G)(p))
où (G? X)(p) := DG(q) G−1 ((X ◦ G)(p)) pour tout p ∈ T ? M. Alors en utilisant
(4), ιX ω = λ = G? (ιX ω) = ιG? X G? ω = ιG? X ω ; donc par non-dégénérescence
de ω, X = G? X.
D’où (5).
(b) On notera aussi m0 la section nulle q ∈ M 7→ 0q ∈ T ? M. On pose g = π◦G◦m0 :
M → M . Alors
g ◦ π = π ◦ G ◦ m0 = π ◦ m0 ◦ G = π ◦ G,
où on a utilisé G◦m0 = m0 ◦G et π ◦m0 = π. On vérifie que g −1 = π ◦G−1 ◦m0 ,
donc g est un difféomorphisme de M.
(c) L’extension de g en un difféomorphisme symplectique est définie par
H(p)(wπ(p) ) = p{(Dπ(p) g)−1 wπ(p) }
pour tout wπ (p) ∈ Tπ(p) M ). Puisque π est une submersion, il existe un vp ∈
Tp (T ? M ) tel que wπ(p) = Dp π(vp ), alors
H(p)(wπ(p) ) =p{Dp (g −1 ◦ π)vp }
=p{Dp (π ◦ G−1 )vp } d’après 2.(b)
=((G−1 )? λ)G(p) (vp )
=λG(p) (vp )
=G(p)(wπ(p) ).
ENS Lyon TD 3 2/10/2015
Géométrie symplectique
Exercice 1 : Groupe symplectique linéaire
On note In la matrice identité de taille n et on définit la matrice carrée de taille 2n
suivante
0 −In
J0 = .
In 0
On pose Sp(2n, R) = {A ∈ M2n (R), AT J0 A = J0 }.
1. Monter que Sp(2n, R) est un sous-groupe de GL(2n, R) stable par transposition.
2. Décrire Sp(2, R).
3. Montrer 1 que tout élément de Sp(2n, R) est de déterminant 1 puis donner un
élément de SL(4, R) \ Sp(4, R).
4. Montrer que les valeurs propres de A ∈ Sp(2n, R) peuvent être regroupées en paires
λ, λ−1 ∈ R, λ, λ−1 ∈ S 1 et en quadruplets λ, λ1 , λ, λ1 .
Exercice 2 : Valeurs propres d’un endomorphisme symplectique
On considère (V, ω) un R-espace vectoriel symplectique de dimension 2n et u ∈ Sp(V, ω).
On note Eλ le sous-espace caractérisitique associé à la valeur propre λ ∈ C de u.
1. Soient λ et µ deux valeurs propres de A telles que λµ 6= 1. Soient nλ et nµ dans N∗ .
Montrer que si u ∈ ker ((A − λId)nλ ) et v ∈ ker ((A − µId)nµ ) alors ω(u, v) = 0.
2. Monter que ω est non dégénérée en restriction à E1 et en restriction à E−1 .
3. Pour toute valeur propre λ différente de 1 et −1, montrer que la restriction de ω à
Eλ ⊕ E 1 est non dégénérée.
λ
4. Supposons que u est R-diagonalisable, montrer qu’il existe une base symplectique
de vecteurs propres de u.
Exercice 3 : Décomposition polaire
1. Monter que pour tout M ∈ GLn (R), il existe un unique couple
(H, Q) ∈ S++ (n) × O(n)
tel que M = HQ.
2. Monter que
GLn (R) −→ S++ (n) × O(n)
M 7−→ (H, Q)
est un homéomorphisme.
1. voir le TD1.
Exercice 4 :
Soit (V, ω) un espace vectoriel symplectique. Soit J une structure complexe calibrée par
ω. On considère le produit scalaire g(·, ·) = ω(·, J·). Monter qu’un sous-espace vectoriel
L est lagrangien si et seulement si L⊥ = JL.
Exercice 5 : Contractibilité de l’espace des structures complexes calibrées
Soit (V, ω) un espace vectoriel symplectique. Soit g un produit scalaire quelconque sur V .
1. Montrer qu’il existe un isomorphisme A antisymétrique (pour g) tel que pour tous
u, v ∈ V on ait g(u, v) = ω(u, Av).
2. Monter qu’il existe B symétrique définie positive et J orthogonale pour g telles que
A = BJ, J 2 = −Id et A et B commutent.
3. Montrer que J est calibrée par ω.
4. Montrer que l’espace des structures complexes calibrées est contractile.
Exercice 6 : Topologie de J (R2n )
On munit les ensembles de classes à gauche O(2n)/U(n), GL(2n, R)/U(n, C) de la topo-
logie quotient.
1. Montrer que l’inclusion i : O(2n)/U(n) → GL(2n, R)/U(n) est une équivalence
d’homotopie. On pourra utiliser l’exercice 3.
2. Montrer que la pré-image de la classe de I2n par la projection p : GL(2n, R)/U(n) →
GL(2n, R)/GL(n, C) est contractile. En utilisant ce résultat on peut montrer que p
est une équivalence d’homotopie.
3. Décrire les composantes connexes de l’espace des structures complexes de R2 .
Exercice 7 : Non-tassement linéaire
On munit R2n = Cn de sa structure hermitienne standard h·, ·i qu’on écrit
hz, wi = g(z, w) − iω0 (z, w) où z, w ∈ Cn .
Soit u ∈ Sp(R2n , ω0 ) tel que l’image par u de la boule euclidienne unité B 2n (0, 1) ⊂ R2n
est contenue dans le cylindre {(z 0 , z 00 ) ∈ C × Cn−1 | |z 0 | ≤ R} ⊂ R2n . Montrer que R ≥ 1. 2
2. Indication : montrer |u? (1, 0 . . . , 0)| ≥ 1 ou |u? (i, 0, . . . , 0)| ≥ 1 où u? est l’adjoint de u pour g.
ENS Lyon TD 4 9/10/2015
Géométrie symplectique
Exercice 1 : Lagrangiens transverses à un lagrangien fixé
On munit R2n de la structure symplectique standard.
1. Soient X, Y ∈ Mn (R), on note L l’image de l’application linéaire Rn → R2n associée
X
à la matrice Z = Y dans les bases canoniques de R et R2n . Montrer que L est
n
lagrangien si et seulement si Z est de rang n et X T Y = Y T X.
2. On note L0 = 0×Rn ⊂ R2n et L(L0 ) l’espace des sous-espaces vectoriels lagrangiens
qui intersectent L0 transversalement. On considère l’application
Φ : S(n) −→ L(L0 )
A 7−→ {(x, Ax) ∈ R2n | x ∈ Rn }.
(a) Montrer que Φ est bien définie.
(b) Montrer que Φ est un homéomorphisme.
(c) En déduire que L(L0 ) est contractile.
Exercice 2 : Symplectomorphismes préservant un lagrangien
1. Soient A, B, C, D ∈ Mn (R). Montrer que
A B
∈ Sp(2n, R)
C D
si et seulement si
DT A − B T C = 1 et AT C, B T D ∈ S(n).
2. Soit (V, ω) un espace vectoriel symplectique et L0 un sous-espace lagrangien. Mon-
trer que le groupe Sp(V, ω, L0 ) des symplectomorphismes linéaires de V dont la
restriction à L0 est un automorphisme qui préserve l’orientation (définie par ω n |L0 )
est homéomorphe à GL+ (n, R) × S(n).
Exercice 3 : Grassmanienne lagrangienne de R4
On munit R4 de la structure symplectique standard ω0 .
1. (a) Montrer qu’une 2-forme linéaire alternée α sur R4 non nulle est de rang 2 si et
seulement si α ∧ α = 0.
(b) En déduire que que l’ensemble des 2-formes linéaires alternées de rang 2 sur R4
à un facteur réel non nul près est une quadrique projective M lisse de l’espace
projectif réel P (Λ2 (R4 )? ).
(c) Montrer que la grassmanienne des 2-plans de R4 est difféomorphe à M .
2. (a) Soit α une 2-forme linéaire alternée α de rang 2 sur R4 . Montrer que ker α ⊂
(R4 , ω0 ) est lagrangien si et seulement si α ∧ ω0 = 0.
(b) Montrer que la grassmanienne lagrangienne est difféomorphe à une quadrique
projective lisse de l’espace projectif réel P ({α ∈ Λ2 (R4 )? | α ∧ ω0 = 0}).
Exercice 4 : Calcul d’indice de Maslov
Soit k ∈ Z \ {0}. On munit Cn de la forme symplectique standard ω0 . On considère le
lacet de n-plans vectoriels réels de Cn
γ : R/Z → Gr(n, Cn )
t 7→ {At (x) ∈ Cn | x ∈ Rn }
où
eikπt 0
At = ∈ GL(n, C).
0 iIn−1
1. Montrer que γ est un lacet à valeurs dans la grassmanienne lagrangienne de (Cn , ω0 ).
2. On note L = Rn ⊂ (Cn , ω0 ), L0 (L) l’ensemble des lagrangiens de (Cn , ω) transverses
à L0 , L1 (L) l’ensemble des lagrangiens dont l’intersection avec L0 est une droite
réelle. Montrer que γ(R/Z) ⊂ L(L) ∪ L1 (L) et que γ est transverse à L1 (L).
3. Calculer l’indice de Maslov de γ.
Exercice 5 : Réduction symplectique linéaire
Soit S un sous-espace linéaire co-isotrope d’un espace vectoriel symplectique (V, ω).
1. Montrer que ω passe au quotient p : S → S/S ⊥ω et y définit une forme symplectique
ω0.
2. Soit L ⊂ (V, ω) un sous-espace lagrangien, montrer que p(L∩S +S ⊥ω ) ⊂ (S/S ⊥ω , ω 0 )
est un sous-espace lagrangien.
ENS Lyon TD 5 16/10/2015
Géométrie symplectique
Exercice 1 : Produit de variétés symplectiques
Soient (M1 , ω1 ) et (M2 , ω2 ) deux variétés symplectiques. On note p1 et p2 les projections
de M1 × M2 sur M1 et M2 .
1. Monter que ω = p∗1 ω1 − p∗2 ω2 est une forme symplectique que M1 × M2 .
2. Soit φ : M1 → M2 . Montrer que φ est symplectique si et seulement si son graphe
est lagrangien dans (M1 × M2 , ω).
Exercice 2 : Sections lagrangiennes du cotangent
Déterminer les sections lagrangiennes du fibré cotangent muni de sa structure symplec-
tique standard.
Exercice 3 : Conormal d’une sous-variété
Soient M une variété et S une sous-variété de M . Pour x ∈ S on note
Nx∗ S = {α ∈ Tx∗ M, α(v) = 0 pour tout v ∈ Tx S}.
On pose
N ∗ S = {(x, α) ∈ T ∗ M, x ∈ S et α ∈ Nx∗ S}.
1. Déterminer N ∗ S si S est un point et si S = M .
2. Donner la dimension de N ∗ S.
3. Montrer que N ∗ S est une sous-variété lagrangienne de T ∗ M (muni de la structure
symplectique standard).
Exercice 4 : Lagrangiennes de la sphère
1. Déterminer les sous variétés lagrangiennes compactes sans bord de S 2 .
2. On dit qu’une sous-variété lagrangienne L de M est déplaçable s’il existe un difféomorphisme
hamiltonien φ de M tel que φ(L) ∩ L = ∅. Déterminer les cercles déplaçables de S 2 .
Exercice 5 : Déplacer un carré sans effort ou presque
1. Soit C ⊂ R2 un carrré de côté 1. Montrer que pour tout > 0, il existe un hamil-
tonien Ht : R2 → R de flot φt tel que
(a) sup Ht − inf Ht < 1 + pour tout t ∈ [0, 1] ;
(b) φ1 (C) ∩ C = ∅.
2. Que peut-on dire dans le cas d’un disque ?
Exercice 6 : Difféomorphismes symplectiques de R2n
1. Montrer que tout symplectomorphisme lisse de R2n est isotope (parmi les symplec-
tomorphismes) à un symplectomorphisme linéaire.
2. Les symplectomorphismes lisses de R2n sont-ils tous hamiltoniens ?
Exercice 7 : Théorème de Poincaré-Birkhoff
Soient A = S 1 × [−1, 1] et à = R × [−1, 1]. On note (p, q) les coordonnées de A0 et on
considère la forme volume dp ∧ dq. L’objectif de l’exercice est de montrer le théorème
suivant dans deux cas particuliers.
Définition 1 Un homéomorphisme f : A → A vérifie la condition (C) si f admet un
relevé
f˜ : Ã −→ Ã
(p, q) 7−→ (p + a(p, q), q + b(p, q))
où
1. b(p, ±1) = 0 (f préserve les composantes de bord) ;
2. a(p, 1) > 0 et a(p, −1) < 0 (f fait tourner les composantes de bord dans des sens
différents).
Theorème 1 (Poincaré-Birkhoff ) Soit f un homéomorphisme de A qui préserve le
volume et vérifie la condition (C). Alors f a au moins deux points fixes.
1. Donner un exemple de difféomorphisme de l’anneau sans point fixe et vérifiant la
condition (C) mais ne préservant pas le volume.
2. Donner un exemple de difféomorphisme de l’anneau préservant le volume et ayant
exactement deux point fixes.
3. On suppose que f est le flot au temps 1 de l’hamiltonien h.
(a) Montrer que les points critiques de h sont des points fixes de f . En déduire que
f a au moins un point fixe.
(b) On suppose que h atteint son maximum en un unique point de A. On obtient
un deuxième point critique de h par la méthode du minimax. Soit
C = {γ : [−1, 1] → A, γ est C 1 et γ(±1) ∈ S 1 × {±1}}.
On pose
c = inf max h(γ(t)) .
γ∈C t∈[−1,1]
Montrer que c est une valeur critique de h.
(c) Conclure.
4. On suppose maintenant que det(df˜ + Id) 6= 0. Sur Ã × Ã muni de coordonnées
(p, q, p0 , q 0 ), on considère la forme symplectique dp0 ∧ dq 0 − dp ∧ dq. On note G le
graphe de f . Soit
Θ: Ã × Ã −→ R2 × Ã .
0 q+q 0
(p, q, p0 , q 0 ) 7−→ q − q 0 , p0 − p, p+p
2
, 2
On note (P1 , P2 , Q1 , Q2 ) les coordonnées sur R2 × Ã. On considère la forme sym-
plectique dP1 ∧ dQ1 + dP2 ∧ dQ2 .
(a) Montrer que Θ est un plongement symplectique.
(b) Montrer que sur Θ(G) on a
dP1 ∧ dQ1 + dP2 ∧ dQ2 = 0
P1 = P1 (Q1 , Q2 ), P2 = P2 (Q1 , Q2 ).
(c) Montrer qu’il existe S̃ : Ã → R, 1-périodique en Q1 , constante le long du bord
et de gradient sortant et telle que (p, q) est un point fixe de f˜ si et seulement
si (p, q) est un point critique de S̃.
Indication : on pourra considérer la 1-forme α = P1 (Q1 , Q2 )dQ1 +P2 (Q1 , Q2 )dQ2 .
(d) Conclure.
ENS Lyon TD 6 23/10/2015
Géométrie symplectique
Exercice 1 : Champ d’hyperplan non intégrable
Soit M une variété lisse de dimension 3 munie d’un champ d’hyperplans ξ. Montrer que
(M, ξ) est de contact si et seulement si aucune hypersurface lisse S ⊂ M ne vérifie la
condition
Tp S = ξp pour tout p ∈ S.
Exercice 2 : O
n munit R3 de la structure de contact ξ = ker(cos rdz − r sin rdθ)
ENS Lyon TD 7 6/11/2015
Géométrie symplectique
Exercice 1 : Contactomorphismes de la structure standard sur R3
2
On munit R3 du champ de plans ξ = ker α où α = dz + r2 dθ dans les coordonnées
cylindriques.
1. Montrer que α est lisse puis montrer que (R3 , ξ) est une variété de contact.
2. Soit h : R p → R un difféomorphisme croissant, montrer que l’application Φ :
(r, θ, z) 7→ (r h0 (z), θ, h(z)) est un contactomorphisme de (R3 , ξ).
3. Soit z0 ∈ R et g : R → R lisse, on note Ug = {(r, θ, z)|r2 g(z) > −2} ⊂ R3 .
Montrer que l’application suivante est un contactomorphisme :
(Ug , ξ) → (U−g , ξ)
Z z
r
(r, θ, z) 7→ ( p ,θ − g, z) .
1 + r2 g(z)/2 z0
Exercice 2 : Randonnée
On munit l’espace des 1-jets J 1 (R, R) = T ? R × R = R × R? × R de sa structure de
contact canonique.
1. Montrer que les sections lisses de J 1 (R, R) → R dont l’image est une sous-variété
legendrienne sont exactement les 1-jets de fonctions lisses R → R.
2. On note
F : R → J 1 (R, R)
x 7→ (x, 0, x) ,
montrer que F (R) n’est pas une sous-variété legendrienne et que pour tout > 0
il existe une sous-variété legendrienne lisse connexe L ⊂ R3 passant par (0, 0, 0)
et (1, 0, 1) et telle que la distance de L à F (R) dans J 1 (R, R) muni du produit
scalaire standard soit inférieure à .
Exercice 3 : Eléments de contact coorientés
Soit M une variété de dimension n, on appelle ensemble des éléments de contact corientées
et on note ST ? M le quotient de T ? M \0M par la relation d’équivalence définie par pq ∼ p0q0
si et seulement si q = q 0 et s’il existe λ > 0 tel que p0 = λp.
1. Montrer que ST ? M → M est un fibré vectoriel réel de rang n − 1.
2. Donner des difféomorphismes S(T ? T 2 ) ' T 3 et S(T ? S 2 ) ' SO(3).
3. Montrer que la forme de Liouville sur T ? M induit un champ de plans lisse ξ sur
ST ? M puis que (ST ? M, ξ) est de contact.
4. Déduire des deux questions précédentes des structures de contact sur T 3 , SO(3)
puis sur S 3 .
Exercice 4 : Condition de contact
Soit M une variété de dimension 2n + 1.
1. Soit E un espace vectoriel réel de dimension 2n+1 et soient α une forme linéaire et β
une forme bilinéaire alternée. Montrer que β|ker α est non dégénérée si et seulement
si α ∧ β n est non nulle.
2. Soit α une 1-forme sur M . Soient v, w ∈ ker αp . Soient X, Y deux champs de
vecteurs définis au voisinage de p, inclus dans ker α et vérifiant (X(p), Y (p)) =
(v, w). Montrer que αp ([X, Y ](p)) ne dépend pas du choix de (X, Y ). On note
(κα )p (v, w) := αp ([X, Y ](p)).
3. Montrer que
(dα)p (v, w) = −(κα )p (v, w).
4. En déduire que (M, ker α) est de contact si et seulement si la forme bilinéaire
alternée (κα )p sur ker αp est non dégénérée, pour tout p ∈ M.
Exercice 5 : Intégrabilité
Soit (M, ξ) une variété munie d’un champ de k-plans où 0 ≤ k ≤ dim M , on dit que ξ est
intégrable si en chaque point p ∈ M il existe une sous-variété S ⊂ M contenant p telle
que
Tq S = ξq pour tout q ∈ S .
1. Montrer que tout champ de droites est intégrable.
2. Montrer que sur R3 , le champ d’hyperplans ker(dz − ydx) n’est pas intégrable.
3. Montrer que si ξ est intégrable alors pour tous p ∈ M et X, Y deux champs de
vecteurs définis sur un voisinage de p, inclus dans ξ, [X, Y ](p) ⊂ ξp .
4. Montrer que si ξ est de contact alors ξ n’est pas intégrable. On pourra utiliser
l’exercice 4.
ENS Lyon TD 8 19/11/2015
Géométrie symplectique
Exercice 1 : Structures de contact standard sur R3
On munit R3 des coordonnées cartésiennes (x, y, z) et des coordonnées cylindriques (r, θ, z).
2
Montrer que les variétés de contact (R3 , ker(dz + r2 dθ)) et (R3 , ker(dz −ydx)) sont contac-
tomorphes.
Exercice 2 : Structure de contact standard sur S 3
1. On munit C2 de sa structure hermitienne standard (J, ω). On note R le gradient
pour la structure euclidienne de z ∈ C2 7→ |z|2 /4. Montrer que ιR ω est une primi-
tive de ω.
2. On note S 3 ⊂ C2 la sphère unité. En tout p ∈ S 3 on note ξp = Tp S 3 ∩ J(Tp S 3 ) ⊂
Tp S 3 . Montrer que ξp = ker(ιR ω)p en tout p ∈ S 3 .
3. Montrer que (S 3 , ξ) est une variété de contact.
Exercice 3 : L’espace et la sphère
On reprend les notations des exercices précédents. Montrer que (S 3 \ p, ξ) est contacto-
2
morphe à (R3 , ker(dz + r2 dθ)) pour tout p ∈ S 3 . Que peut-on dire sur R2n+1 et S 2n+1
pour n > 1 ?
Exercice 4 : Flot cogéodésique
1. (a) Soit (M, g) une variété riemannienne, on note
H : T ?M → R
(pq (vq ))2
pq 7→ sup .
vq ∈Tq M \0 g(vq , vq )
Montrer que le fibré cotangent unitaire Sg T ? M = {pq ∈ Tq M | H(pq ) = 1}
est une hypersurface de type contact de la variété T ? M munie de sa structure
symplectique canonique.
(b) En déduire l’existence d’une forme de contact canonique α sur Sg T ? M.
(c) Montrer que sur Sg T ? M le champ de Reeb associé à α coı̈ncide avec la restriction
du champ de vecteurs associé au hamiltonien H. Le flot de ce champ de vecteurs
est appelé flot cogéodésique sur M.
(d) Soit N ( M une sous-variété. Montrer que l’intersection du conormal à N
avec le fibré cotangent unitaire de M est une sous-variété legendrienne de
(Sg T ? M, ker α).
2. (a) Montrer que la structure euclidienne standard de R2 induit une métrique rie-
mannienne g sur le tore T 2 = (R/Z)2 .
(b) On définit la 1-forme suivante sur T 3 :
β(x, y, z) = cos(2πz)dx − sin(2πz)dy.
Donner un difféomorphisme f : Sg (T ? T 2 ) → T 3 tel que f ? (β) = α.
(c) Décrire les orbites périodiques du champ de Reeb associé à β.
(d) Déterminer les sous-variétés legendriennes de Sg T ? T 2 qui sont invariantes par
le flot cogéodésique.
Exercice 5 : Homotopie de champs de plans
On définit sur le tore T 3 = (R/Z)3 , muni des coordonnées (x, y, z), le champ de plans
co-orientés ξn = ker(cos(2nπz)dx − sin(2nπz)dy) pour n ∈ Z.
1. Montrer que (T 3 , ξn ) est une structure de contact co-orientée pour tout n 6= 0.
Quelle est l’orientation de T 3 induite par la forme cos(2nπz)dx − sin(2nπz)dy ?
2. Montrer que pour tous entiers n, m non nuls il existe une homotopie lisse de champs
de plans coorientés
H : T 3 × [0, 1] → S(T ? T 3 )
telle que H(·, 0) = ξn et H(·, 1) = ξm .
ENS Lyon TD 9 20/12/2012
géométrie symplectique
Exercice 1 On munit M × Rk des coordonnées (q, v). Soit S : M × Rk → R une fonction telle
que 0 soit valeur régulière de ∂S
∂v . Soit
∂S
ΣS = (q, v), =0 .
∂v
Montrer que
iS : ΣS −→ T ∗ M
(q, v) 7−→ (q, ∂S
∂q )
est une immersion lagrangienne exacte.
Exercice 2 Soit L1 et L2 des sous-variétés lagrangiennes de T ∗ M1 et T ∗ M2 de fonctions géné-
ratrices S1 et S2 . Déterminer une fonction génératrice de L1 × L2 dans T ∗ (M1 × M2 ).
Exercice 3 Déterminer une fonction génératrice de graphe Lα d’une 1-forme exacte α dans
T ∗ M . Que peut-on dire sur les points d’intersection de Lα et de la section nulle ?
Exercice 4 Dessiner ΣS , LS et le front d’onde {(q, S(q, v)) , (q, v) ∈ ΣS } pour les fonctions
génératrices suivantes :
S : R2 −→ R
(q, v) 7−→ q v + 31 v 3 − v
2
S: R2 −→ R
.
(q, v) 7−→ −qv + 31 v 3
Déterminer une fonction génératrice quadratique à l’infini de
[Link]
Exercice 5 Montrer que tout hypersurface compacte coorientée de Rn admet une immersion
lagrangienne dans R2n−2 .
ENS Lyon TD 10 4/12/2015
Géométrie symplectique
Exercice 1 : Exemple de fonctions J-holomorphes
Soit f : C → C une fonction holomorphe. On définit J : C2 → EndR (T C2 ) par
J(z1 ,z2 ) (v1 , v2 ) = (iv1 + f (z1 )v2 , iv2 )
où (v1 , v2 ) ∈ T(z1 ,z2 ) C2 .
1. Montrer que J définit une structure presque complexe lisse sur C2 .
2. Trouver les fonctions holomorphes (C2 , J) → C si f est l’identité (resp. la conjugaison).
Exercice 2 : W 1,2 (∆, C) 6⊂ L∞ loc (∆, C)
Montrer que f : z 7→ log | log |z|2 | appartient à W 1,2 (∆, C) \ L∞
loc (∆, C).
Exercice 3 : Une inclusion de Sobolev
On note T 2 = (R/2πZ)2 . On note W 2,2 (T 2 , C) le complété de C ∞ (T 2 , C) pour la norme
1 X Z ∂ i+j f
|f |2W 2,2 = | i j |2 dxdy.
(2π)2 ∂x ∂y
i+j≤2
2
Pour une suite (aij ) ∈ CN on pose |(aij )|22 = + i2 + j 2 + 4i2 j 2 + i4 + j 4 )|aij |2 et
P
i,j≥0 (1
2
H 2 = {(aij ) ∈ CN , |(aij )|2 < ∞}.
2
1. Montrer que l’injection linéaire C 0 (T 2 , C) → CN qui associe à chaque fonction sa série
de Fourier s’étend en une isométrie S : (W 2,2 , | · |W 2,2 ) → (H 2 , | · |2 ).
2. Soit a ∈ H 2 , montrer qu’il existe C ∈ R tel que pour tous (x, y) ∈ T 2 et n ≥ p ∈ N,
v
1
X X u X
i(xl+ym) i(xl+ym)
| alm e − alm e | ≤ |a|2 t .
u
(1 + l 2 + m2 )2
2 2 2
l +m ≤n 2 2 2l +m ≤p 2 2 2 l +m >p
3. Déduire de la question 2. qu’on a une inclusion continue W 2,2 (T 2 , C) ⊂ C 0 (T 2 , C).
4. Soit U un ouvert de R2 . Déduire de la question 3. qu’on a une inclusion continue
W 2,2 (U, C) ⊂ C 0 (U, C).
Exercice 4 : Courbes rationnelles dans CP 2
On note Cd [X, Y ] = {P ∈ C[X, Y ] | P (λx, λy) = λd P (x, y) pour (x, y) ∈ C2 et λ ∈ C }. Soient
P, Q, R ∈ Cd [X, Y ] sans zéro commun dans C2 \ 0.
1. (a) Montrer que l’application suivante est holomorphe
f : CP 1 → CP 2
[x : y] 7→ [P (x, y) : Q(x, y) : R(x, y)] .
(b) Soient N, M deux sous-variétés complexes closes d’une variété analytique complexe
close V telles que dimC N + dimC N = dimC V et qui s’intersectent transversalement.
Montrer que l’intersection [N ].[M ] ∈ Z des classes fondamentales de N et M coı̈ncide
avec le cardinal de N ∩ M .
(c) On note σ la forme de Fubini-Study sur CP 2 et i : CP 1 → CP 2 l’application induite
par l’inclusion C2 → C2 × 0 ⊂ C3 . Déduire de la question 1b que
Z
1
f ? σ = f? [CP 1 ].i? [CP 1 ] = d.
π CP 1
(d) Montrer que f? [CP 1 ] est σ-décomposable si et seulement si d ≥ 2.
2. Pour > 0 on note f l’application définie par P = XY, Q = X 2 , R = Y 2 /.
(a) Montrer que pour toute suite (ϕn )n∈N d’automorphismes de CP 1 , |d(fn ◦ϕn )|C 0 (CP 1 ) →
∞ quand n tend vers +∞.
(b) En déduire que (fn )n∈N ne converge pas dans Hol(CP 1 , CP 2 )/Aut(CP 1 ).
(c) On pose g : [x : y] ∈ CP 1 → [y : x : 0] ∈ CP 2 . Montrer que d(fn , g)C 0 (D(0,√n) → 0
quand n tend vers +∞.
(d) On pose ψn : [u : v] ∈ CP 1 → [u : nv] ∈ CP 1 et h : [u : v] ∈ CP 1 → [u : 0 : v] ∈ CP 2 .
Montrer que d(fn ◦ ψn , h)C 0 (CP 1 \D(0,√n) → 0 quand n tend vers +∞.
(e) Montrer que (f1/n )n∈N? converge dans Hol(CP 1 , CP 2 )/Aut(CP 1 ) et décrire sa limite.
Exercice 5 : Une preuve géométrique de la question 2b de l’exercice 4
On prend les notations de l’exercice 4. On note δ la distance induite par la forme de Fubini-Study
sur CP 2 .
1. Décrire fn (CP 1 ) comme le lieu des zéros d’un polynôme de C2 [X0 , X1 , X2 ].
2. Montrer que (fn (CP 1 ))n∈N converge vers le lieu des zéros de X1 X2 ∈ C2 [X0 , X1 , X2 ]
pour la distance de Hausdorff sur (CP 2 , δ).
3. Montrer que toute application holomorphe h : CP 1 → CP 2 s’écrit
CP 1 → CP 2
[x : y] 7→ [P (x, y) : Q(x, y) : R(x, y)]
où P, Q, R ∈ Cd [X, Y ] n’ont aucun zéro commun dans C2 \ 0.
4. Déduire des questions 2. et 3. que (fn )n∈N ne converge pas dans Hol(CP 1 , CP 2 )/Aut(CP 1 ).
Exercice 6 : Classe décomposable ?
Soit L > 0. On note ω la forme d’aire standard sur la sphère S 2 , τ la forme symplectique sur
le tore T = (R/LZ)2n quotient de la forme symplectique standard de R2n , pj la projection
de S 2 × T sur son j-ième facteur et Ω = p?1 ω + p?2 τ . Soit y ∈ T. A quelle condition la classe
d’homologie (IdS 2 × y)? ([S 2 ]) est-elle indécomposable ? Qu’en est-il de classe d’homotopie de
IdS 2 × y ?
ENS Lyon TD 11 8/12/2015
Géométrie symplectique
Exercice 1 : Inégalité isopérimétrique dans C
1. Soit γ : R/2πZ → C lisse, donner une application holomorphe h : ∆ → C dont la
restriction à ∂∆ ' R/2πZ coı̈ncide avec γ.
2. Soit γ : R/2πZ → C lisse, montrer
Z Z
0 2
|γ (s)| ds ≥ 2 |h0 (z)|2 .
R/2πZ ∆
3. On note ωC la forme d’aire standard sur C. Soit γ : R/2πZ → C un plonge-
ment, on note D la composante connexe bornée de C \ f (R/2πZ) montrer que
( R/2πZ |γ 0 (s)| ds)2 ≥ 4π D ωC .
R R
Exercice 2 : ’Lemme de Schwarz’ dans C
Soit f : ∆ → C une fonction holomorphe d’aire a(f ) finie. Montrer π|f 0 (0)|2 ≤ a(f ).
Exercice 3 : Lemme de la singularité levable dans C
Soit f : ∆ \ 0 → C une fonction holomorphe.
1. Montrer que l’aire de f (éventuellement infinie) est reliée aux coefficients du développement
en série de Laurent de f par l’égalité
X Z
2 2
a(f ) = 2π (k + 1) |ak | r2k+1 dr.
k6=0 [0,1]
2. Supposons f d’aire finie, montrer que f s’étend en une application holomorphe
∆ → C.
Exercice 4 : Courbes elliptiques dégénérant dans CP 2
Soit n ∈ N? . On pose S ⊂ CP 2 le lieu des zéros de X0 X22 − X13 − X03 ∈ C3 [X0 , X1 , X2 ] et
C ⊂ CP 2 le lieu des zéros de X0 X22 − X13 .
1. Montrer que S est munie d’une structure de surface de Riemann compacte.
2. On pose fn = ψn ◦ j : S → CP 2 où j : S → CP 2 est l’inclusion et
ψn : CP 2 → CP 2
[x0 : x1 : x2 ] 7→ [n1/2 x0 : n1/6 x1 : x2 ] .
Montrer que fn ne converge pas dans Hol(S, CP 2 )/Aut(S). 1
1. Le groupe d’automorphismes d’une surface de Riemann de genre au moins 1 est compact.
3. Montrer que
fn (S) ∩ {[x0 : x1 : 1] ∈ CP 2 , |x1 | ≤ n1/3 /2}) → C
[x0 : x1 : 1] 7→ x1 .
est un biholomorphisme pn sur son image.
4. On note h : v ∈ C 7→ [0 : v : 1] ∈ CP 2 et d la distance de Fubini-Study sur CP 2 ,
montrer que d(p−1
n , h)C 0 (D(0,n1/3 /2)) → 0 quand n tend vers +∞.
Exercice 5 : Courbes rationelles et équations implicites dans CP 2
On prend les notations de l’exercice 4 du TD 10. Soit d ∈ N? .
1. (a) Montrer que l’ensemble Md des applications
f : CP 1 → CP 2
[x : y] 7→ [P (x, y) : Q(x, y) : R(x, y)]
où P, Q, R ∈ Cd [X, Y ] sont sans zéro commun est un ouvert de CP 3d+2 .
(b) On note Sd l’ouvert de Md formé des f = [P : Q : R] tels que le plus grand divi-
seur commun à P (U )Q(V ) − Q(U )P (V ), P (U )R(V ) − R(U )P (V ), Q(U )R(V ) −
Q(V )R(U ) soit U − V . Montrer que tout f de Sd vérifie f −1 (f ([x : y])) = {[x :
y]} sauf en nombre fini de points de CP 1 .
(c) Montrer que l’action de P GL(2, C) sur Sd par pré-composition est libre c’est-
à-dire que tout élément différent de l’identité n’a aucun point fixe.
(d) Montrer que cette action est propre c’est-à-dire que si (ϕn ) et (fn ) sont telles
que (fn ) et (fn ◦ ϕn ) convergent, alors une sous-suite de (ϕn ) converge.
(e) Montrer que le quotient Sd /P GL(2, C) de cette action est une variété complexe,
quelle est sa dimension ?
2. On note Pd = P (Cd [X, Y, Z]), Rd le sous-ensemble formé des classes de polynômes
P dont la différentielle est non nulle en chaque point de C3 \0 et Id le sous-ensemble
formé des classes de polynômes dont la décomposition en produit d’irréductibles a
tous ses facteurs de multiplicité un.
(a) Montrer que Rd , Id et Rd ∩ Id sont denses dans Pd pour la topologie usuelle.
(b) Soient P, Q ∈ Id , montrer que P et Q ont même lieu de zéros si et seulement si
P et Q ont même image dans Pd .
(c) Comparer S2 /P GL(2, C) et I2 .
(d) Soit d ≥ 3, quelle est la dimension complexe de Pd ? Comparer Sd /P GL(2, C)
et Id .