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Syndrome Néphrotique : Diagnostic et Traitement

Le syndrome néphrotique, notamment la néphrose lipoïdique, se caractérise par une protéinurie excessive, une hypoalbuminémie et une hypoprotidémie, avec une prévalence élevée chez les enfants, en particulier les garçons. Le diagnostic repose sur des critères biologiques et des examens paracliniques, tandis que le traitement inclut des mesures non médicamenteuses et des corticostéroïdes, avec un suivi rigoureux pour prévenir les complications. L'évolution peut être variable, allant de la rémission à des formes résistantes nécessitant des immunosuppresseurs.

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Syndrome Néphrotique : Diagnostic et Traitement

Le syndrome néphrotique, notamment la néphrose lipoïdique, se caractérise par une protéinurie excessive, une hypoalbuminémie et une hypoprotidémie, avec une prévalence élevée chez les enfants, en particulier les garçons. Le diagnostic repose sur des critères biologiques et des examens paracliniques, tandis que le traitement inclut des mesures non médicamenteuses et des corticostéroïdes, avec un suivi rigoureux pour prévenir les complications. L'évolution peut être variable, allant de la rémission à des formes résistantes nécessitant des immunosuppresseurs.

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SYNDROME NEPHROTIQUE

Physiopathologie, diagnostic, évolution, traitement de la néphrose lipoïdique

I. INTRODUCTION
1) Définition :
Strictement biologique : syndrome biologique, caractérisée par
 protéinurie de 24h> 50mg/kg/24h chez l’enfant ou protéinurie>3g/24h chez l’adulte
 albuminémie<30g/l
 protidémie<60g/l.

2 entités :

 Syndrome néphrotique pur (néphrose lipoïdique)


 Syndrome néphrotique impur (HTA, hématurie, insuffisance rénale aiguë organique)

2) Intérêts
a) Prévalence : fréquent chez l’enfant
b) Urgence diagnostique et thérapeutique
c) Gravité lié à l’étiologie

3) Epidémiologie
 Age : surtout entre 2 et 6 ans
 Fréquent chez les garçons, Sex ratio H/F 3/1

4) Physiopathologie

Augmentation de la perméabilité de la membrane basale glomérulaire (MBG) aux protéines plasmatiques.

Les glomérules sont imperméables aux protéines de haut poids moléculaire [PM > 60 kDa (dont l’albumine)],
entrainant une fuite massive des protéines, à l’origine d’une protéinurie, hypoalbuminémie et hypoprotidémie.

II. SIGNES
1) TDD : Néphrose lipoïdique chez l’enfant [syndrome néphrotique PUR (dans sa forme typique)]

1.1 Interrogatoire

1.1.1 CDD :

 Syndrome œdémateux

1.1.2 ATCD :

 Facteurs déclenchants
 Infection respiratoire basse (pneumopathie)
 Allergie
 Vaccination

 ATCD médicaux
 Malformation
 Rein unique
 IRA
 IRC
 Lithiases
 Hématurie
 Protéinurie
 HTA
 Maladie systémique
 Allergie

1.1.3 SF :

 Début souvent brutal au réveil de syndrome œdémateux, périphérique, paupières, et déclives ;


œdèmes blancs mou, indolore, prenant le godet
 Epanchement des séreuses : péritoine (ascite), plèvres (pleurésie), vaginales (hydrocèle), péricarde
(péricardite aiguë), généralisé (état anasarque)
 Urines mousseuses (albuminémie massive)

1.1.4 SA : signes cutanées

1.2 SG :

 Apyrétique
 AEG
 Pâleur légère
 Prise de poids à chiffrer
 Pas d’HTA

1.3 SP :

Génito-urinaire :

 Pas d’Hématurie macroscopique


 Œdèmes des lombes
 Hydrocèle vaginale

Appareil digestif :

 Ascite : ombilic déplissé, matite déclive


 Circulation veineuse collatérale

Appareil respiratoire :

 Syndrome d’épanchement pleural liquidien


 Immobilité d’un hémithorax
 Diminution des vibrations vocales
 Matité des bases pulmonaires
 Diminution du murmure vésiculaire

Appareil cardiovasculaire

 Pouls paradoxal de Küssmaul (tamponnade)


 Souffle pleurétique

Signes négatifs : pas de signes cutanés (livedo, purpura)

Examen général et complet

Bandelette urinaire : protéinurie +++, pas d’hématurie

1.4 EXAMENS PARACLINIQUES


1.4.1 BIOLOGIE

Pour diagnostic

 Hypoalbuminémie <30g/l
 Hypoprotidémie <60g/l
 protéinurie de 24h> 50mg/kg/24h

Retentissements :

 Hémogramme : hématocrite (hémoconcentration)


 bilan rénal
 ionogramme urinaire
 ionogramme sanguin : normale
 urée normale
 créatininémie normale (pas d’insuffisance rénale)
 calcémie : hypocalcémie
 bilan lipidique : hyperlipidémie franche
 TG élevée
 Cholestérolémie totale élevée
 VLDL cholestérol élevée
 LDL cholestérol élevée
 bilan d’hémostase (hypercoagulabilité)
 Hémogramme : thrombocytose (hyperplaquettose)
 TP
 TCA
 Fibrinogène élevée
 Antithrombine III diminuée
 Protéine C
 Protéine S
 Autre :
 Electrophorèses des protéines sériques : hypoalbuminémie<30g/l, hyper α2 globuline, hyperβ
globuline, hypo δ globuline
 Electrophorèse des protéines urinaires : protéinurie sélective (albumine> 80%)
 D-dimères
 Urée urinaire
 Créatininurie
 ECBU
 Sédiment urinaire (cylindre=glomérulaire)
 Immunofluorescence : dépôt d’anticorps

Bilan étiologique

 Glycémie à jeun
 Sérologies
 HIV
 VHB
 VHC
 Exploration du complément : C3, C4 et CH50 normaux
 Immunofixation (amylose, myélome)
 Bilan immunologique
 AAN
 Anti-DNA
 Ac anti-MBG
 cryoglobulinémie

1.4.2 IMAGERIE

 Echographie rénale et des voies urinaires (hydronéphrose)


 Radiographie du thorax : épanchement pleural liquidien
 Echographie abdominale

1.4.3 HISTOLOGIE

 Ponction biopsie rénale

1.4.4 ELECTRIQUE :

 ECG : signes EP S1 Q3 (thromboses)

1.5 Evolution :

 Evolution, imprévisible
 Sans traitement
 Apparition des complications
 Avec traitement
 Corticosensibilité
 Récidive fréquente
 Cortico-résistant
 Complications infectieuses (septicémie)
 Insuffisance rénale terminale

1.6 Complications

 Complications aiguës
 Choc hypovolémique
 collapsus
 Insuffisance rénale aiguë (IRA fonctionnelle si élévation de l’urée est proportionnelle plus
élevée que la créatinine)
 Infections
 Complications thromboemboliques (TVP)
 Crise douloureuse abdominale (œdème mésentérique ou TVP)
 Surdosage médicamenteux

 Complications chroniques
 Insuffisance rénale chronique
 Dyslipidémie
 HTA
 Dénutrition
 Escarres
 Complications liées au traitement par corticothérapie
 Diabète
 Retard de croissance
 HTA
 Obésité
 Glaucome
 Insuffisance surrénalienne
 Complications liées au traitement immunosuppresseur
 Risque de stérilité
 Risque de néoplasie secondaire

2) FORMES CLINIQUES

2.1 Syndrome néphrotique impur

 Syndrome œdémateux associé :


 HTA
 Hématurie
 Insuffisance rénale

2.2 Forme selon les complications

2.2.1 Complications hémodynamiques

 Hypovolémie
 Collapsus cardiovasculaire

2.2.2 Complications infectieuses (Streptocoque, Pneumocoque)

 Péritonite
 Pneumonie
 Méningite
 septicémie

2.2.3 Complications thromboemboliques

 Thrombose veineuses : veine rénale, veine cave


 Thromboses artérielles : membres inférieurs (AOMI), pulmonaire (EP), cérébrale (AVC)
 Facteurs favorisants : diurétique, anomalie de l’hémostase, immobilité
 Complications rénales :
 Insuffisance rénale fonctionnelle liée à l’hypovolémie
 Insuffisance rénale chronique si cortico-dépendant
 Complications nutritionnelles :
 Kwashiorkor (insuffisance en protéine)
 Anémie
 rachitisme
 Complications liée aux traitements si corticothérapie prolongé
 Signes d’imprégnation Cortisolémique

2.3 Forme selon l’âge

Syndrome néphrotique apparait avant l’âgé de 3 mois

 Syndrome néphrotique primitif ou secondaire à une infection HIV, toxoplasmose (congénitale), syphilis
(congénitale)

2.4 Forme selon la réponse corticothérapie

 Cortico-sensible : fréquente
 Cortico-résistante : persistance de la protéinurie après 4 semaines de corticothérapie

III. DIAGNOSTIC
1) DIAGNOSTIC POSITIF
Evoquer devant un syndrome œdémateux d’allure rénale (apparition brutale, au réveil, débutant au niveau
des paupières)

Confirmer par les examens paracliniques :

 Protéinurie de 24h >50mg/kg/24h chez l’enfant ou protéinurie de 24h> 3g/24h chez l’adulte
 hypoalbuminémie<30g/l
 hypoprotidémie<60g/l

2) DIAGNOSTICS DIFFERENTIELS

Devant un syndrome œdémateux associé protéinurie au Bandelette urinaire

 Causes cardiovasculaires
 Décompensation d’une cardiopathie congénitale
 Décompensation d’une cardiopathie acquise (RAA ou cardiopathie rhumatismale)

 Causes hépatiques
 Cirrhose
 Intoxication
 Ictère
 Hépatomégalie

 Causes rénales :
 Glomérulonéphrite aiguë (HTA, hématurie, ASLO élevée, baisse du complément)
 Causes nutritionnelles
 Kwashiorkor : état nutritionnel, dépigmentation

3) DIAGNOSTIC DE GRAVITE
a) Terrain
b) Retentissements : complications
c) Etiologies : GNRP

4) DIAGNOSTICS ETIOLOGIQUES
 Néphrose lipoïdique
 Hyalinose segmentaire diffuse
 Glomérulopathie extra-membranaire
 Amylose
 Glomérulopathie diabétique
 Glomérulonéphrite endo-capillaire= GNA post-streptococcique
 Glomérulonéphrite membrano-proliférative= GNRP
 Glomérulonéphrite à dépôts mésangiaux d’Ig A (maladie de berger, Purpura rhumatoïde)
 Glomérulonéphrite prolifératives extra-capillaires

IV. TRAITEMENT (néphrose lipoïdique)


1) Buts
 Guérir la maladie
 Prévenir et traiter les complications

2) Moyens
 Moyens non médicamenteux
 Hospitalisation courte
 Régime désodé (0,5 à 1 meq/kg/j)
 Régime riche en protéine (1,2g/kg/j )
 Repos
 Mobilisation précoce
 Soutien psychologique et social

 Moyens médicamenteux
 Diurétique thiazidiques et épargneurs de potassium
 Albumine
 Corticoïde : Prednisolone 2mg/kg/j

 Traitement d’attaque : 2 mg/kg/j pendant 2 mois puis diminution très progressive


(dose alternée 1j/2) après disparition de la protéinurie
 Immunosuppresseurs : cyclosphosphamide, cisclosporine
 Déparasitage : lévamisol : 2,5 mg/kg
 Anticoagulant : AVK
 Transplantation rénale

3) Indications

1ère intention :

Moyens non médicamenteux toujours indiqué

Corticothérapie : Prednisolone

2ème intention si cortico-résistance (pas d’amélioration au bout 4 semaines de corticothérapie) :

 Reprise de la corticothérapie et décroissance lente


 Corticorésistance : immunosuppresseurs et corticoïdes
4) Résultats
 Bon pronostic (cortico-sensible)
 Récidive
 Cortico-résistant
5) Surveillance
 Réponses thérapeutiques et effets secondaires
 Auto-surveillance de la protéinurie (BU)
 Courbe de la protéinurie
 Clinique
 Poids (perte de poids)
 Taille
 courbe staturo-pondérale
 Disparition des œdèmes
 Absence des infections, maladies thromboemboliques er carentielles)
 TA
 Signes d’imprégnation cortisonique
 Diurèse
 Œdèmes
 Tolérance au traitement
 Paraclinique (1 fois 3 mois)
 Protéinurie de 24h
 Ionogramme sanguin
 Urée
 Créatininémie
 Protidémie
 Albuminémie
 Electrophorèse des protéines sériques

Traitement préventif pour les maladies chroniques

 Activité physiques conseillée


 Informer la famille
 Poursuite activité scolaire
 Vaccination à compléter sauf pour les vaccins vivants (BCG, ATR, Polio)

V. CONCLUSION

Néphropathie fréquente

Néphrose lipoïdique

Corticothérapie

Diagnostic de néphrose lipoïdique chez l’enfant : syndrome néphrotique pur et primitif

 Terrain : âge = 5 ans (supérieur à 1 an, inférieur à 10 ans

• Syndrome néphrotique

 Protéinurie supérieure à 50 mg/kg/24 heures


 hypoprotidémie inférieure à 60 g/I
 hypoalbuminémie inférieure à 25 g/l (30 g/l)

• Pur

 isolé - absence d'hématurie


 absence d'hypertension artérielle
 absence d'insuffisance rénale organique
 protéinurie sélective (indice de sélectivité inférieur à 0,15)

• Primitif : bilan étiologique négatif

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