Présentation du Docteur
Vincent Renaud
Le docteur Vincent Renaud est médecin généraliste
depuis plus de trente ans. Fort de cette expérience, il est
également expert en médecine fonctionnelle et en
médecine anti-âge. Il est également formé en phyto-
aromathérapie, en micronutrition et en physionutrition.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence,
notamment « Hormones, arrêtez de vous gâcher la vie »
paru aux édition Leduc. Toujours à l’écoute de ses
patients le Dr Renaud se tient au courant des découvertes
scientifiques et des dernières études qui pourraient
soulager ses patients.
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Focus sur toutes les solutions
naturelles pour une thyroïde en pleine
forme !
Sommaire
L'alimentation et la thyroïde 9
L’alimentation peut-elle soutenir la thyroïde ? 10
Tyrosine : l’acide aminé de base 10
Où trouver la tyrosine dans l’alimentation ? 11
L’iode : le facteur limitant 12
Quelques sources alternatives d’iode 13
Attention à la carence silencieuse 14
Sel, iode et supplémentation : questions fréquentes 14
Faire une iodurie des 24h : utile et accessible 15
Le corps recycle l’iode... mais ça ne suffit pas 15
Supplémenter en iode : pourquoi et comment 16
Faut-il avoir peur de l’excès d’iode ? 16
Voie orale ou cutanée : à vous de choisir 16
Autres sources d’iode et laboratoires recommandés 16
Les autres nutriments indispensables à la thyroïde 17
Le sélénium : le cofacteur des désiodinases 17
Une critique de l’approche classique 17
Le zinc, la vitamine D, le fer... et compagnie 18
D’autres minéraux clés 18
Un mot sur les femmes et la grossesse 19
Une bonne alimentation ne suffit plus toujours 20
Intolérances & Thyroïde 20
Faut-il éviter le gluten et les produits laitiers en cas de troubles thyroïdiens ? 20
Le gluten : un lien prouvé avec les maladies auto-immunes 20
Quand le gluten est-il réellement un problème ? 21
Une transition alimentaire accessible 22
Et les produits laitiers ? 22
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Intolérances alimentaires et Hashimoto 23
Dernier point : les aliments goitrogènes 23
Les plantes qui soutiennent la thyroïde : que peut la phytothérapie ? 24
Les plantes adaptogènes : un soutien indirect mais précieux 24
L’extrait de myrrhe (Commiphora mukul) et la guggulstérone 25
Le coléus forskohlii : pour stimuler les récepteurs thyroïdiens 27
Le Kaempférol : un flavonoïde au potentiel prometteur 28
Exemples de compléments phyto-actifs 29
Organothérapie : une alternative interdite en France 29
Hormones bio-identiques : un pont entre nature et science 29
Gemmothérapie et aromathérapie 30
Hygiène de vie et thyroïde : quelles actions concrètes ? 32
Postures & Relaxation 32
L’apport de la Médecine Traditionnelle Chinoise 32
Petit point rapide sur l’aromathérapie et les plantes réchauffantes 33
Les huiles essentielles : un soutien indirect 34
L’importance du stress dans la santé thyroïdienne 35
Détoxifier la thyroïde des perturbateurs endocriniens 36
Limiter l’exposition : la première étape 37
Saturer les récepteurs thyroïdiens avec l’iode 37
Autres perturbateurs endocriniens : plastiques, pesticides… 37
Protéger les portes d’entrée : peau, intestin, muqueuses 38
Piéger les toxines dans l’organisme 39
Détoxification hépatique : soutenir le foie 39
Exemple clinique : excès d’iode et thyroïde 40
Renforcer la méthylation : un autre axe clé 40
Conclusion : une approche globale est indispensable 41
Les questions des auditeurs 42
Peut-on prendre de l’iode en oligo-éléments Catalyons ? 42
Où trouver du Lugol à 1 % ? 42
Plantes adaptogènes : cure ou en continu ? 43
Compléments : zinc, sélénium, manganèse… cure ou continu ? 43
Hashimoto : doit-on vraiment prendre la "petite pilule" à vie ? 44
Recommandations de médecins à Paris ? 45
Conclusion : un rappel essentiel 45
4
Ne pas oublier le travail de terrain 46
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Focus sur toutes les solutions
naturelles pour une thyroïde en pleine
forme !
Introduction
Natalène : Bonsoir à toutes, bonsoir à tous. Bienvenue à votre
conférence Planète Anti-Âge pour ce mois d’avril, en compagnie du Dr
Renaud. Bonsoir Docteur !
Dr Renaud : Bonsoir Natalène, bonsoir à tous les auditeurs. J’espère
que vous allez bien pour cette… je ne sais plus combienième soirée !
On ne les compte plus. Ce soir, on continue, mais cette fois-ci sur la
partie pratique autour de la thyroïde.
Natalène : Tout à fait, ce soir c’est : solutions naturelles !
Dr Renaud : Exactement !
Natalène : Bonsoir à tous, n’hésitez pas à nous mettre un petit
message dans le chat pour vérifier que tout fonctionne bien. Je vois
que Vinciane, Jeanne et René sont avec nous. Bonsoir à tous !
Installez-vous confortablement, nous partons pour ce deuxième volet
sur la thyroïde.
Retour sur la première session : comprendre la
thyroïde
Natalène : Effectivement, ce soir, on va reparler de la thyroïde. Lors
de notre première rencontre, vous avez été très nombreux à nous
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suivre, et vos retours nous ont confirmé combien il était précieux
d’avoir des explications claires sur ce sujet souvent mal compris.
Lors de cette première session, docteur, vous nous aviez offert un tour
d’horizon complet de la thyroïde :
• Son influence sur le métabolisme, le cerveau, le système
digestif,
• Son impact sur les hormones, le cœur et les os,
• Et le fait que les troubles thyroïdiens restent encore largement
sous-diagnostiqués.
Trop souvent, des symptômes comme la fatigue, la prise de poids, la
dépression, les troubles du sommeil ou digestifs sont attribués à
d’autres causes, alors qu’ils peuvent révéler un véritable déséquilibre
thyroïdien.
Nous avions aussi brièvement évoqué :
• Les carences nutritionnelles, notamment en iode,
• L'impact des perturbateurs endocriniens,
• Les problèmes de conversion hormonale,
• L’inflammation chronique de la thyroïde,
• La maladie d’Hashimoto,
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• Et ce fameux cercle vicieux qui s’installe...
Tout cela dans un contexte médical qui, malheureusement, reste
encore en retard sur ces questions.
Natalène : Donc n’hésitez pas à revisionner cette première
conférence si vous souhaitez rafraîchir vos connaissances !
Ce soir : cap sur les solutions naturelles
Natalène : Ce soir, on change d’approche : nous allons parler
solutions concrètes, accessibles et efficaces. Comment soutenir
naturellement sa thyroïde ? Comment favoriser une bonne conversion
hormonale ?
Nous parlerons ensemble :
• D’alimentation,
• De nutrition,
• De flore intestinale,
• Du stress,
• Et bien sûr, de la supplémentation en vitamines et minéraux.
Nous aborderons aussi la phytothérapie, qui est la spécialité du
docteur.
Bref, nous allons explorer toutes les pistes thérapeutiques que vous
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utilisez au quotidien dans votre pratique, docteur, pour vous apporter
des réponses claires et applicables.
Alors installez-vous confortablement, ouvrez grand vos oreilles, c’est
parti pour cette exploration de la santé de la thyroïde !
L'alimentation et la thyroïde
Natalène : Alors docteur, on commence : comment adapter son
alimentation pour soutenir ou relancer la fonction thyroïdienne ?
Dr Renaud : C’est relativement simple. Première chose : pour ceux
qui ne l'auraient pas encore fait, précipitez-vous sur mon livre co-écrit
avec Véronique Liesse, diététicienne spécialisée.
Il s'agit de la nouvelle édition 2025, enrichie de plusieurs chapitres
supplémentaires.
Vous y trouverez plein de menus, de recettes et d'idées concrètes
pour soutenir naturellement votre thyroïde.
Natalène : Super, un vrai outil pratique pour commencer !
Dr Renaud : Oui, et même ceux qui possèdent déjà l'ancienne édition
découvriront quelques nouveautés. En particulier un grand chapitre
écrit par mon ami Christian Vélo, un éminent spécialiste des
hormones, de l’épigénétique et de l’environnement.
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On parlera d’ailleurs, j’imagine, avec Natalène, de perturbateurs
endocriniens, puisque j’ai vu passer quelques questions à ce sujet,
notamment sur leur impact sur la thyroïde.
L’alimentation peut-elle soutenir la thyroïde ?
Natalène : Donc la question suivante : est-ce que l’alimentation peut
soutenir, voire relancer, la fonction thyroïdienne et les fonctions
endocriniennes en général ?
Dr Renaud : La réponse est oui, évidemment ! Comme on en a parlé
le mois dernier, toutes les hormones – y compris les hormones
thyroïdiennes – ont besoin de matières premières pour être
fabriquées.
Nos glandes endocrines, comme la thyroïde, les surrénales ou les
glandes sexuelles, fabriquent les hormones à partir de nutriments
bien spécifiques.
Tyrosine : l’acide aminé de base
Dr Renaud : Pour les hormones thyroïdiennes, deux éléments sont
essentiels :
1. La tyrosine,
2. L’iode.
10
La tyrosine est un acide aminé indispensable à la fabrication de la
thyroglobuline, la protéine de base utilisée par la thyroïde pour
produire les hormones T3 et T4.
La tyrosine est issue de l’alimentation et plus précisément des
protéines.
Elle provient notamment de la phénylalanine, un autre acide aminé
qui se transforme en tyrosine. Cette tyrosine sert aussi à fabriquer :
• La dopamine (neurotransmetteur bien connu),
• La mélanine (pigment de la peau),
• Et bien sûr, les hormones thyroïdiennes.
Où trouver la tyrosine dans l’alimentation ?
Dr Renaud : Vous la trouverez en priorité dans :
• Les œufs,
• Le jambon,
• Le fromage,
• Les produits laitiers en général,
• Et les protéines animales (viande, poisson...).
Mais il y en a aussi dans les protéines végétales, comme :
• Les lentilles,
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• Le quinoa,
• Les pois chiches,
• Et dans une moindre mesure, les oléagineux (amandes,
noisettes...).
Je recommande de consommer environ 200 à 300 g de protéines par
jour, répartis sur les trois repas :
• Protéines au petit déjeuner (œufs, jambon…),
• Une portion à midi,
• Et à nouveau un peu le soir.
Cela permet d’assurer un bon apport en tyrosine, indispensable pour
votre thyroïde.
L’iode : le facteur limitant
Dr Renaud : Deuxième ingrédient fondamental : l’iode.
Là, c’est plus problématique, car l’iode est volatil, rare dans nos sols,
et peu présent dans l’alimentation occidentale.
On en trouve surtout dans :
• Les produits de la mer,
• Les algues marines (tartares d’algues, algues déshydratées),
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• Et dans certains sels iodés comme le sel Cérébos ou La
Baleine.
Mais attention :
• Le sel naturel (Guérande, Camargue...) ne contient pas
d’iode,
• Et même le sel iodé, s’il est mal stocké, perd rapidement son
iode.
Pour atteindre les 150 microgrammes recommandés par jour, il
faudrait consommer 10 g de sel iodé par jour… ce que personne ne
fait (et ce n’est pas souhaitable pour le cœur non plus !).
Quelques sources alternatives d’iode
Dr Renaud : On retrouve un peu d’iode dans :
• Les fruits de mer (moules, huîtres, crevettes…),
• Le poisson,
• Les œufs (en fonction de ce que les poules ont mangé),
• Le lait de vache, via deux mécanismes :
1. L’alcool iodé utilisé pour désinfecter les mamelles,
2. La présence d’iode dans les pâturages riches en iode
(ex : Bretagne).
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Mais attention : la plupart des animaux en France proviennent
d’élevages industriels, donc nourris à l’alimentation standardisée,
pauvre en iode. Il devient difficile de trouver des aliments
naturellement riches en iode.
C’est pourquoi l’iode est souvent le facteur limitant dans la
production d’hormones thyroïdiennes, même avec une alimentation
variée et équilibrée.
Attention à la carence silencieuse
Dr Renaud : Donc oui, on peut optimiser son alimentation pour
soutenir la thyroïde, mais :
• La tyrosine est facile à obtenir si l’on consomme assez de
protéines,
• Tandis que l’iode est beaucoup plus difficile à obtenir en
quantités suffisantes.
C’est pour cela que je recommande parfois de compléter
l’alimentation avec un apport en iode, notamment via la solution
de Lugol, ou d’autres compléments iodés bien dosés.
Sel, iode et supplémentation : questions fréquentes
Natalène : Docteur, pendant qu’on est sur le sujet, j’en profite pour
poser deux petites questions des auditeurs. La première concerne le
sel de l’Himalaya : est-ce qu’il contient de l’iode ? Et la seconde : est-
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ce qu’il est recommandé de se supplémenter en iode via des
compléments alimentaires ?
Dr Renaud : Oui, bien sûr, c’est même indispensable pour la majorité
des gens. À part ceux qui vivent au bord de l’Atlantique, en
particulier en Bretagne, nous sommes presque tous carencés en
iode.
Et pour le vérifier, rien de plus simple : faites une iodurie des 24
heures, un examen d’urine qui vous donne votre niveau d’élimination
d’iode, donc un reflet de vos apports.
Faire une iodurie des 24h : utile et accessible
Dr Renaud : Vous pouvez faire ce test dans n’importe quel laboratoire.
Il n’est pas remboursé, donc vous paierez de votre poche (une
vingtaine d’euros), mais aucun labo ne peut vous le refuser,
prescription ou pas.
Si on vous dit le contraire, c’est que la personne ne veut pas
s’enquiquiner, car toutes les ioduries sont envoyées à Biomnis
(Eurofins) à Lyon, qui centralise ces dosages.
Demandez bien un bidon adapté pour recueillir les urines de 24
heures, et non un simple échantillon du matin, qui est moins fiable.
Le corps recycle l’iode... mais ça ne suffit pas
Dr Renaud : Heureusement, le corps stocke et recycle l’iode.
La glande thyroïde contient entre 25 et 50 mg d’iode, ce qui permet
15
de maintenir la fabrication hormonale un temps. Mais une fois que les
réserves s’amenuisent, il faut apporter de l’iode de manière régulière.
Supplémenter en iode : pourquoi et comment
Dr Renaud : Donc oui, la supplémentation en iode est essentielle.
Le plus connu, c’est le Lugol à 1 %. Il existe aussi en 2 %, 3 %, 4 %,
mais 1 % suffit largement. Une goutte par jour vous apporte 1,5 mg
d’iode, soit 10 fois l’apport recommandé de base (150 µg). Moi, j’en
prends une goutte par semaine, ça suffit à entretenir mes réserves.
Faut-il avoir peur de l’excès d’iode ?
Dr Renaud : On entend souvent que trop d’iode peut provoquer une
hyperthyroïdie.
C’est une idée fausse, largement véhiculée dans les années 60-70
par des laboratoires comme Merck, qui ont fait croire que l’iode était
dangereux.
Or, dans les régions carencées comme les montagnes, l’iode était la
norme préventive, et toutes les familles l’utilisaient, sans problème.
Voie orale ou cutanée : à vous de choisir
Dr Renaud : Vous pouvez prendre le Lugol par voie orale, ou bien
l’appliquer sur la peau : 1 à 2 gouttes frottées sur la peau suffisent,
car l’iode passe très bien par voie cutanée.
Autres sources d’iode et laboratoires recommandés
16
Dr Renaud : Parmi les autres formes, j’utilise les produits de Copmed
(comme Thyrostim), qui apportent 150 µg d’iode.
Chez Therascience, vous trouverez Tironat et Tironat gold, qui
contiennent aussi d’autres oligo-éléments.
Mais attention, l’iode seul ne suffit pas !
Les autres nutriments indispensables à la thyroïde
Le sélénium : le cofacteur des désiodinases
Dr Renaud : Le sélénium est crucial pour convertir la T4 en T3.
Les désiodinases, ces enzymes responsables de cette conversion,
sont séléno-dépendantes.
Apport recommandé : 100 µg par jour, soit environ 2 noix du Brésil
par jour. On en trouve aussi dans :
• Les crustacés,
• Les céréales complètes,
• Certains poissons, viandes...
Mais attention à la qualité des produits : les aliments importés ou
conservés longtemps perdent leur densité nutritionnelle.
Une critique de l’approche classique
Dr Renaud : J’entendais récemment un médecin très médiatisé dire
à la radio que "cinq fruits et légumes par jour suffisent à couvrir tous
17
nos besoins en vitamines et minéraux". C’est complètement faux
aujourd’hui.
Nos sols sont appauvris, nos aliments transformés et conservés
longtemps.
Résultat : leur valeur nutritionnelle est souvent très faible.
À part si vous êtes producteur bio, avec un sol riche et vivant, vous ne
pouvez pas tout tirer de l’alimentation seule.
Le zinc, la vitamine D, le fer... et compagnie
Dr Renaud : Autres nutriments indispensables à la thyroïde :
• Le zinc, présent dans les huîtres, les viandes, les
légumineuses.
• La vitamine A (beurre, fromage, huile d’olive, œufs),
• La vitamine E (oléagineux, huiles végétales),
• La vitamine D : il faut se supplémenter, pas juste une
ampoule tous les 2 mois ! Prenez 4000 à 6000 UI/jour.
Petite anecdote : Certains experts affirment qu’il suffit de mettre les
mains 10 min au soleil pour refaire le plein de vitamine D...
C’est totalement irréaliste. Il faudrait s’exposer 1h à 1h30 par jour,
en plein soleil, torse nu... ce que personne ne fait.
D’autres minéraux clés
Dr Renaud :
18
• Le magnésium : dans les fruits, légumes, et nécessaire pour
les pompes ATP dépendantes qui font entrer l’iode dans la
cellule.
• La coenzyme Q10 : dans les abats (foie de veau, rognons...),
peu consommés, mais riches.
• Le fer : surtout dans la viande rouge, mais aussi dans les
lentilles, poissons, œufs. Faites doser votre ferritine : en
dessous de 60, pensez à vous supplémenter (avec prudence).
Un mot sur les femmes et la grossesse
Dr Renaud : Les femmes en âge de procréer, en particulier avec
des règles abondantes ou pendant la grossesse, sont souvent
carencées en fer, ce qui peut entraîner une hypothyroïdie
fonctionnelle.
Heureusement, certains compléments de grossesse bien formulés
contiennent :
• Iode,
• Zinc,
• Sélénium,
• Fer,
• Vitamine A, D, E…
19
Une bonne alimentation ne suffit plus toujours
Dr Renaud : Si vous arrivez à réunir tous ces éléments dans votre
alimentation, tant mieux. Mais dans la grande majorité des cas, la
supplémentation devient nécessaire.
Faites-vous suivre, faites des analyses, ne faites pas d’automédication
à l’aveugle.
La thyroïde est une glande sensible, dépendante de nombreux
cofacteurs, et elle mérite toute votre attention.
Intolérances & Thyroïde
Faut-il éviter le gluten et les produits laitiers en cas de troubles
thyroïdiens ?
Natalène : Très bien, merci docteur. Si on a déjà un trouble thyroïdien
diagnostiqué, est-ce qu’il est judicieux d’éviter le gluten et les produits
laitiers ?
Dr Renaud : Alors oui, surtout si vous avez une maladie auto-
immune de la thyroïde, comme la thyroïdite de Hashimoto
(hypothyroïdie) ou la maladie de Basedow (hyperthyroïdie).
Dans ces cas-là, il est impératif d’arrêter le gluten.
Le gluten : un lien prouvé avec les maladies auto-immunes
Je sais, certains « gluten-sceptiques » vous diront que ça ne sert à
rien, que ce sont des idées reçues propagées par des naturopathes.
20
Mais ces gens-là, je pense, n’ont pas ouvert une publication
scientifique depuis très longtemps.
Aujourd’hui, grâce à des outils comme PubMed ou des plateformes
d’intelligence artificielle comme R Discovery, on a accès à une masse
de données scientifiques. Tapez simplement "gluten auto-immunité
thyroïde", et vous verrez : les publications s'accumulent depuis les
années 2000.
On sait désormais que le gluten peut favoriser une hyperperméabilité
intestinale, entraînant une inflammation, puis la production d’auto-
anticorps qui s’attaquent à la glande thyroïde.
Quand le gluten est-il réellement un problème ?
Si vous avez des anticorps positifs – anti-thyroperoxydase, anti-
thyroglobuline ou anti-récepteurs à la TSH – alors oui, le gluten
est un ennemi direct. Dans ce cas-là, on recommande une éviction
à 80 % minimum.
Il ne s’agit pas d’un régime aussi strict qu’en cas de maladie cœliaque,
mais il faut :
• Supprimer ou fortement limiter pain, pâtes, pizzas,
pâtisseries (les fameux « 4P »),
• Éviter les produits transformés qui en contiennent souvent en
excipient (jambon, céréales, sauces...),
21
• Privilégier les céréales sans gluten : sarrasin, millet, petit
épeautre, quinoa, riz...
Une transition alimentaire accessible
Moi-même, ma femme étant intolérante, nous utilisons régulièrement
de la farine de quinoa, de sarrasin, ou de riz.
Au début, ça surprend. Mais on s’y habitue vite, et la balance
bénéfice/risque est largement en faveur d’une éviction du gluten.
Alors oui, un plat de pâtes au restaurant de temps en temps, pourquoi
pas. Mais n'en faites pas une habitude, surtout si vous êtes déjà
fatigué, ballonné ou en hypothyroïdie.
Et les produits laitiers ?
Dr Renaud : C’est moins évident. Je n’ai pas trouvé de lien clair dans
la littérature scientifique entre la caséine (protéine du lait) et les
maladies auto-immunes thyroïdiennes.
Là, c’est du cas par cas. Il faut faire des analyses d’intolérances
alimentaires.
Par exemple, le test IGG (immunoglobulines G) réalisé par des
laboratoires comme :
• ImuPro (Belgique),
• Bioavenir (Metz).
22
Ces tests vous montrent si vous êtes sensible à certains aliments. Si
vous avez une réactivité marquée à un aliment, en le supprimant
pendant 6 mois, vous verrez souvent vos taux d’anticorps
thyroïdiens chuter significativement.
Intolérances alimentaires et Hashimoto
Il ne s’agit pas d’éliminer tout au hasard, mais de personnaliser.
Si vous n’êtes pas intolérant au lait, inutile de vous en priver
totalement.
Mais dans tous les cas, évitez les excès, surtout avec les produits
laitiers de vache, qui contiennent des facteurs de croissance
susceptibles de stimuler certaines réponses immunitaires.
Privilégiez alors les laits de chèvre ou de brebis, souvent mieux
tolérés.
Dernier point : les aliments goitrogènes
Natalène : Une dernière question sur l’alimentation : que pensez-vous
des légumes dits « goitrogènes », comme le chou ou le soja ?
Dr Renaud : Oui, très bonne question. Ces aliments inhibent la
fonction thyroïdienne, surtout en cas d’hypothyroïdie.
Les principaux goitrogènes :
• Le soja (yaourts, boissons végétales, tofu...),
• Les crucifères (chou, brocoli, chou-fleur, chou kale...),
23
• Toute la famille des Brassicacées.
Il ne s’agit pas de les supprimer totalement, mais de les limiter à une
fois par semaine. Et surtout, ne les consommez jamais en même
temps que votre traitement thyroïdien, par exemple évitez un
yaourt de soja le matin avec votre Lévothyrox ou Euthyral.
Les plantes qui soutiennent la thyroïde : que peut la
phytothérapie ?
Natalène : Très bien, merci beaucoup docteur. On va passer
maintenant aux plantes, à la phytothérapie. Quelles plantes peuvent
nous aider à garder notre thyroïde en pleine forme ?
Dr Renaud : Alors il n’y a pas tant de plantes que ça qui ont un effet
direct sur la thyroïde. D’abord, il faut savoir que les plantes ne
produisent pas d’hormones. Mais certaines ont une action qui mime
ou stimule l’activité des hormones thyroïdiennes. On va retrouver ici
principalement deux catégories : les plantes adaptogènes et les
plantes "thyroïd-like".
Les plantes adaptogènes : un soutien indirect mais précieux
Parmi les adaptogènes, vous avez :
• L’ashwagandha,
24
• Le ginseng,
• L’éleuthérocoque,
• La rhodiole,
• Le maca…
Ce sont des plantes qui agissent à large spectre (on dit qu’elles sont
« pléiotropes »), souvent au niveau des surrénales, mais comme les
surrénales et la thyroïde sont intimement liées, soutenir l’une revient
souvent à soutenir l’autre. Une surrénale qui fonctionne bien est un
bon soutien pour une thyroïde fatiguée.
En particulier, l’ashwagandha peut avoir un petit effet thyroïd-like : elle
stimule un peu la TSH et la régulation hormonale au niveau des
thyréocytes, c’est-à-dire des cellules de la thyroïde. Elle agit donc
indirectement, en régulant les surrénales, ce qui a un effet positif sur
la thyroïde.
L’extrait de myrrhe (Commiphora mukul) et la guggulstérone
L’une des plantes les plus documentées, c’est l’extrait de myrrhe,
aussi appelé Commiphora mukul, qui contient un principe actif bien
connu : la guggulstérone.
• C’est une résine gommeuse utilisée depuis des millénaires,
notamment en parfumerie, mais elle a aussi des propriétés
thyroïd-like très intéressantes.
25
• Elle stimule la conversion de T4 en T3 (la forme active de
l’hormone thyroïdienne) en activant les désiodinases.
• Elle favorise l’absorption de l’iode par la thyroïde, ce qui
soutient la production hormonale.
• Elle diminue le cholestérol : probablement via l’effet de la T3,
connue pour abaisser les taux de cholestérol.
Il y a même des études anciennes (déjà en 1994 !) qui montrent que
chez des rats albinos, la guggule augmente la captation d’iode et
l’activité des enzymes thyroïdiennes.
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Le coléus forskohlii : pour stimuler les récepteurs thyroïdiens
Autre plante intéressante : le Coléus forskohlii, qui contient un actif
phare : la forskoline.
• La forskoline active l’adényl-cyclase, une enzyme clé qui
stimule la production d’AMPc, un messager intracellulaire
impliqué dans l’entrée de l’iode dans les cellules thyroïdiennes
via les pompes à sodium (ATP-dépendantes).
• Elle améliore la conversion de T4 en T3.
• Elle augmente la réponse des récepteurs à la TSH.
• Elle bloque la transformation de T4 en T3 reverse, cette
hormone qui inhibe l’action de la T3 active. Donc on équilibre
mieux la balance T3 / T3 reverse.
• Et elle est souvent utilisée aussi pour la perte de poids, ce qui
est un plus chez les personnes en hypothyroïdie.
27
Le Kaempférol : un flavonoïde au potentiel prometteur
On parle aussi beaucoup aujourd’hui du Kaempférol (ou kampférol,
KAEMPFEROL), un flavonoïde présent notamment dans la renouée
du Japon (qui contient aussi du resvératrol).
• Il stimule la conversion de T4 en T3,
• Et améliore la sensibilité des récepteurs à la TSH, en
renforçant l’action des pompes à sodium magnésio-
dépendantes.
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Exemples de compléments phyto-actifs
On trouve aujourd’hui sur le marché plusieurs complexes bien
formulés :
• Thyrostim de Copmed : qui contient de la forskoline et de la
guggulstérone (extrait de myrrhe).
• Tironat Gold de Therascience : qui combine guggul,
kaempférol, et un peu d’ashwagandha (bien que je trouve que
cette dernière soit surtout utile pour les surrénales, avec un
effet indirect sur la thyroïde).
On y retrouve aussi généralement les oligoéléments essentiels :
iode, sélénium, zinc, vitamines B, magnésium… Ces micronutriments
sont indispensables, car ils activent les pompes ATP et soutiennent le
métabolisme énergétique.
Organothérapie : une alternative interdite en France
Il existe aussi une approche appelée organothérapie : ce sont des
extraits glandulaires (par exemple, broyat de thyroïde de bœuf). Elle
est utilisée en Belgique ou ailleurs, mais interdite en France.
Je l’ai testée en comparaison avec la phytothérapie + micronutrition :
les résultats ne sont pas supérieurs, sauf peut-être chez certaines
personnes très sensibles.
Hormones bio-identiques : un pont entre nature et science
29
Quand les plantes ne suffisent pas, ou dans les cas plus sévères, on
utilise des hormones bio-identiques, comme la T4 et la T3 de
synthèse (Levothyrox, Euthyral, etc.), qui imitent exactement les
hormones humaines.
Ces hormones bio-identiques respectent les mécanismes naturels,
contrairement aux perturbateurs endocriniens qui, eux, miment les
hormones sans en avoir les effets bénéfiques, ce qui est bien plus
dangereux.
Gemmothérapie et aromathérapie : que peut-on
utiliser pour la thyroïde ?
Natalène : Merci docteur ! Est-ce qu’en gemmothérapie ou en
aromathérapie, on peut soutenir la thyroïde ?
Dr Renaud : Alors en gemmothérapie, je commence à m’y intéresser.
Il existe quelques complexes intéressants, même si ce n’est pas aussi
spécifique que la phytothérapie.
En gemmothérapie, on peut citer :
• Figuier, qui a un effet régulateur intéressant,
• Cassis, plutôt pour soutenir les surrénales,
• Framboisier, utile pour les troubles hormonaux féminins,
• Genévrier, avec un léger effet métabolique.
30
Mais en réalité, les extraits de bourgeons sont moins ciblés
directement sur la fonction thyroïdienne que les plantes comme le
Coleus ou la guggul.
Natalène : Et du côté de l'aromathérapie ?
Dr Renaud : Pas grand-chose non plus. L’aromathérapie est
extrêmement efficace pour :
• Les pathologies infectieuses ORL ou digestives,
• Les problèmes dermatologiques,
• Les troubles gynécologiques ou rhumatologiques.
Mais pour la régulation hormonale thyroïdienne pure, on est beaucoup
moins équipé. Il n’existe pas à ma connaissance d’huile essentielle
spécifiquement active sur la thyroïde.
Je pourrai demander à mon ami, le Dr Franck Gigon, qui est beaucoup
plus spécialisé que moi en aromathérapie. Moi, je reste très axé
phytothérapie, qui fonctionne déjà très bien.
Conclusion sur les solutions naturelles pour la thyroïde
Dr Renaud : Si parmi les auditeurs, certains connaissent une plante
"miracle" spécifiquement pour la thyroïde que je n'aurais pas citée, je
suis preneur ! Pour l’instant, en dehors de la guggul, du Coleus, du
kaempférol et de quelques extraits de plantes spécifiques, je n’en
connais pas d’autres vraiment efficaces sur cette fonction hormonale.
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Hygiène de vie et thyroïde : quelles actions concrètes ?
Postures & Relaxation
Natalène : Très bien, merci docteur. Est-ce qu’il existe d’autres
actions d’hygiène de vie pour soutenir la thyroïde ? Je pense par
exemple à certaines postures de yoga : on dit que lorsque l'on met la
tête à l’envers, cela favorise l'irrigation de la thyroïde. Ou encore
prendre un bain froid en immergeant le cou. Qu’en pensez-vous ?
Avez-vous d’autres conseils de ce type-là ?
Dr Renaud : Oui, effectivement ! L’activité physique, la relaxation,
certains massages peuvent avoir un effet bénéfique sur la thyroïde.
Il est tout à fait possible de pratiquer des massages doux de la
région thyroïdienne avec un professionnel, comme un ostéopathe ou
quelqu’un formé à ce type de stimulation.
L’apport de la Médecine Traditionnelle Chinoise
En médecine traditionnelle chinoise, on utilise aussi des plantes
spécifiques pour soutenir la thyroïde. Mais en France, l’utilisation de
plantes chinoises est très encadrée, donc c’est relativement limité.
Par contre, l’acupuncture peut vraiment être efficace pour relancer
l’activité thyroïdienne. J’ai des collègues très compétents dans ce
domaine, capables d'améliorer une thyroïde un peu "fatiguée".
Natalène : Et pour les postures de yoga, alors ?
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Dr Renaud : Je n’ai pas d’études précises là-dessus, mais tout ce qui
agit sur le corps-esprit est forcément utile. La glande thyroïde est
extrêmement sensible aux émotions. On sait aussi qu’elle réagit :
• Aux changements de température (chaud/froid),
• Aux variations de lumière (comme la diminution de la durée des
jours),
• Aux dérèglements du sommeil.
Quand vous dormez mal, votre thyroïde fonctionne moins bien.
Donc tout ce qui aide à se relaxer, mieux dormir, méditer, respirer,
pratiquer du yoga ou d’autres soins corporels contribue
indirectement à soutenir la thyroïde.
Petit point rapide sur l’aromathérapie et les plantes réchauffantes
Dr Renaud : Pendant que nous parlions, je me suis amusé à jeter un
œil à la bibliographie en aromathérapie pour vérifier si je n’avais pas
oublié quelque chose...
Globalement, on retrouve toujours les mêmes grands classiques :
• La résine de guggul (Commiphora mukul),
• Le goémon, une algue riche en iode.
Mais attention, le goémon n'est pas une plante hormonale : il sert
simplement à apporter de l’iode, indispensable à la thyroïde.
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Natalène : Donc pas vraiment de nouvelles plantes miracle ?
Dr Renaud : Non, malheureusement ! Lors de mes recherches,
notamment quand je formulais des compléments alimentaires et que
j’écrivais mon livre "Hormones, arrêtez de vous gâcher la vie", je
revenais toujours aux mêmes plantes :
• Guggul,
• Coleus forskohlii (forskoline),
• Kaempférol,
• Et, dans une certaine mesure, ashwagandha (même si ce
n’est pas spécifique à la thyroïde).
Les huiles essentielles : un soutien indirect
Dr Renaud : En aromathérapie, on parle parfois de plantes
réchauffantes et stimulantes :
• Giroflier,
• Cannelle,
• Pin,
• Et l’huile essentielle de myrte.
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Elles ne stimulent pas directement la thyroïde, mais elles peuvent
réchauffer l’organisme et relancer l'énergie générale, ce qui est
toujours bénéfique dans un contexte de fatigue thyroïdienne.
Conseil pratique : vous pouvez masser délicatement la région de la
thyroïde (à la base du cou) avec une huile contenant de la myrrhe ou
du myrte.
L’importance du stress dans la santé thyroïdienne
Dr Renaud : À partir du moment où vous arrivez à diminuer le stress,
à faire baisser le cortisol, vous aidez automatiquement votre
thyroïde.
On sait que :
• L’excès de cortisol bloque l’activité des hormones
thyroïdiennes,
• Le stress chronique épuise l’axe hypothalamo-hypophyso-
thyroïdien.
Donc tout ce qui aide à diminuer le stress (yoga, respiration,
méditation, soins corporels, huiles essentielles relaxantes) aura un
effet positif indirect sur la thyroïde.
Natalène : Donc soutenir les surrénales, c’est aussi soutenir sa
thyroïde ?
Dr Renaud : Tout à fait ! C’est un duo inséparable.
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Détoxifier la thyroïde des perturbateurs endocriniens
: est-ce possible ?
Natalène : Très bien. On va passer encore une ou deux questions
avant de prendre celles de nos auditeurs. Si on réfléchit aux causes
profondes, notamment aux perturbateurs endocriniens, comment
peut-on détoxifier l'organisme de ces substances qui freinent la
thyroïde ? Peut-on faire des cures en prévention ? Comment agir
concrètement sur ce plan-là ?
Dr Renaud : Oui, très bonne question. On avait déjà évoqué la
dernière fois que les principaux perturbateurs endocriniens de la
thyroïde sont :
• Les retardateurs de flamme,
• Les dérivés bromés.
Malheureusement, on y est presque tous exposés : ils sont partout.
Le brome, par exemple, est un compétiteur direct de l'iode.
C'est le même principe que lors d’une alerte nucléaire : pour éviter que
la thyroïde capte des substances radioactives, on sature les
récepteurs avec de fortes doses d’iode (plusieurs grammes, pas juste
quelques microgrammes comme dans l’iodure classique).
Le principe est identique pour le brome, le chlore ou le fluor.
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Limiter l’exposition : la première étape
Dr Renaud : En pratique, il faut :
• Éviter les dentifrices au fluor,
• Éviter l’eau trop chlorée,
• Se méfier des produits cosmétiques, alimentaires et
ménagers contenant du chlore, du fluor ou des dérivés
bromés.
Par exemple, pour ma piscine personnelle, j’ai remplacé le chlore par
un système de filtration au sel. Cela évite l’odeur désagréable du
chlore et limite l’exposition cutanée et respiratoire.
En général, plus on limite les sources de perturbateurs, mieux c’est.
Saturer les récepteurs thyroïdiens avec l’iode
Dr Renaud : Si vous êtes exposés (piscine, environnement pollué...),
il faut saturer vos récepteurs thyroïdiens avec de l'iode pour
empêcher l'entrée des toxiques. C’est là que la solution de Lugol est
utile : une goutte apporte environ 1,5 mg d’iode, ce qui est bien plus
efficace qu'un simple apport alimentaire.
Autres perturbateurs endocriniens : plastiques, pesticides…
Dr Renaud : En plus du brome, du chlore et du fluor, on retrouve aussi
• Les phtalates,
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• Les bisphénols,
• Les dérivés perfluorés (comme le Téflon dans les ustensiles
de cuisine).
Contre eux, il faut mettre en place une stratégie de protection en 3
étapes :
1. Bloquer l’entrée par une bonne santé intestinale (éviter une
hyperperméabilité),
2. Neutraliser la circulation sanguine et lymphatique des
toxines,
3. Favoriser l’élimination par le foie et les reins.
Protéger les portes d’entrée : peau, intestin, muqueuses
Dr Renaud : La première défense, c’est votre barrière intestinale.
Un intestin poreux absorbe énormément de toxiques.
Il faut donc :
• Restaurer l'étanchéité intestinale,
• Utiliser des probiotiques,
• Consommer des aliments sains, bio si possible.
Il faut aussi protéger la peau (en évitant les cosmétiques toxiques) et
les muqueuses ORL, notamment en période d'épandage agricole, en
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rinçant nez, bouche et yeux régulièrement avec du sérum
physiologique.
Piéger les toxines dans l’organisme
Dr Renaud : Une fois que les perturbateurs sont passés dans la
circulation sanguine, on peut utiliser :
• Vitamines et minéraux : vitamine C, zinc, sélénium, calcium,
magnésium,
• Argiles comme la zéolite,
• Chlorelle pour piéger les toxines dans l’intestin.
Ces substances aident à neutraliser ou ralentir la diffusion des
polluants dans les tissus.
Détoxification hépatique : soutenir le foie
Dr Renaud : Le foie joue ensuite un rôle majeur :
• Il filtre,
• Détoxifie,
• Neutralise,
• Et élimine les toxines par les urines et les selles.
Pour aider le foie, on utilise :
• N-acétylcystéine (NAC),
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• Glutathion,
• Extraits de brocoli (riches en sulforaphane),
• Radis noir,
• Chardon-Marie,
• Artichaut,
• Pissenlit,
• Chrysanthélium.
Ces plantes soutiennent les phases 1 et 2 de la détox hépatique,
essentielles pour éliminer efficacement les perturbateurs
endocriniens.
Exemple clinique : excès d’iode et thyroïde
Dr Renaud : Un cas clinique parlant : Une patiente m’a consulté après
avoir fait un scanner avec injection d’iode. Un mois plus tard, son
iodurie était de 74 000 µg/L (norme : 150 à 200 µg/L !).
Et pourtant, elle allait parfaitement bien : pas de problème thyroïdien.
Cela montre que la peur exagérée autour de l’iode est souvent
infondée.
Quand la thyroïde est saine, elle gère très bien des variations
importantes d’apport en iode.
Renforcer la méthylation : un autre axe clé
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Dr Renaud : La méthylation est une voie de détoxication très
importante pour éliminer certains perturbateurs endocriniens.
Pour la soutenir, on utilise :
• Vitamines B3, B6, B9, B12,
• Coline,
• Bétaïne.
Je demande systématiquement un dosage de l’homo-cystéinémie
chez mes patients pour évaluer leur capacité de méthylation.
Conclusion : une approche globale est indispensable
Dr Renaud : En résumé, pour se protéger et se détoxifier des
perturbateurs endocriniens, il faut :
• Limiter l’exposition,
• Soutenir l’intestin,
• Utiliser des capteurs de toxines,
• Renforcer le foie,
• Optimiser la méthylation,
• Et soutenir son organisme en antioxydants (sélénium, zinc,
resvératrol, acide alpha-lipoïque...).
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Les radicaux libres générés par le stress, la pollution, ou une mauvaise
hygiène de vie, sont eux aussi de véritables "perturbateurs
endocriniens internes". Donc plus votre hygiène de vie est saine,
mieux votre thyroïde se portera !
Les questions des auditeurs
Natalène : Très bien, merci beaucoup docteur. On va passer
maintenant aux nombreuses questions de nos auditeurs !
Peut-on prendre de l’iode en oligo-éléments Catalyons ?
Natalène : Mireille nous demande : peut-on prendre de l’iode sous
forme d’oligo-éléments de la marque Catalyons ?
Dr Renaud : Alors, Catalyons, oui je connais. C’est un laboratoire
sérieux.
Pourquoi ne pourrait-on pas donner de l’iode sous cette forme ?
Je vois qu'ils proposent un iode concentré, dynamisé, sans phtalates,
sans bisphénol, sans métaux lourds. En général, 3 gouttes par jour
apportent 150 microgrammes d’iode, ce qui correspond à 100 % des
apports journaliers recommandés. Donc la réponse est : oui, Mireille,
vous pouvez utiliser Catalyons sans problème.
Natalène : Super, merci docteur !
Où trouver du Lugol à 1 % ?
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Natalène : Annie demande maintenant : dans quel laboratoire peut-
on acheter du Lugol à 1 % ?
Dr Renaud : Le plus connu, aujourd'hui, c'est le laboratoire
SuperSmart.
Le Lugol à 1 % est bien disponible chez eux. Attention, je précise :
SuperSmart est basé en Europe maintenant, apparemment en
Allemagne. Ce n'est plus un import direct des États-Unis.
Natalène : Merci pour la précision !
Plantes adaptogènes : cure ou en continu ?
Natalène : Fabienne demande : les plantes adaptogènes citées tout
à l’heure, faut-il les prendre en cure ou en continu ?
Dr Renaud : En cure : 3 à 6 mois, pas plus. On laisse ensuite reposer
l’organisme pour voir comment il réagit. Pendant ce temps, il est utile
de faire quelques bilans sanguins pour suivre l’évolution de la TSH, de
la T3, de la T4 et éventuellement refaire une iodurie.
Compléments : zinc, sélénium, manganèse… cure ou continu ?
Natalène : Et pour les compléments comme le zinc, le sélénium ou le
manganèse, docteur, c’est pareil ?
Dr Renaud : Idéalement oui, mais avec un dosage adapté. Pas besoin
de suivre aveuglément les doses indiquées sur l'étiquette. Par
exemple, si vous prenez Tyrosine, deux gélules par jour suffisent
souvent.
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Et si tout va bien, on peut réduire à une seule gélule par jour après six
mois ou un an.
Il est aussi possible de rajouter ponctuellement de l’iode via des
produits spécifiques comme Iode Premium chez Copenhague ou
Iode Plus chez Therascience.
Globalement, le soutien thyroïdien est quasi permanent, comme pour
la vitamine D. On peut faire une petite pause pendant l’été ou les
vacances, mais pas plus de deux ou trois mois.
Hashimoto : doit-on vraiment prendre la "petite pilule" à vie ?
Natalène : Catherine nous demande : j’ai une thyroïdite d’Hashimoto,
est-il vrai qu’on est condamné à prendre un traitement à vie ?
Dr Renaud : Pas du tout ! Sauf si cela fait plus de 10 ans que vous
êtes sous Lévothyrox ou Euthyral, et que votre thyroïde est
complètement détruite.
Sinon, il est tout à fait possible de récupérer une fonction
thyroïdienne normale :
• En travaillant sur la perméabilité intestinale,
• En restaurant un microbiote sain,
• En éliminant le gluten,
• Et en corrigeant les carences nutritionnelles.
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Avec un suivi sérieux par un médecin spécialisé en nutrition
fonctionnelle et maladies auto-immunes, vos anticorps peuvent
diminuer et votre thyroïde peut repartir. Mais surtout, ne jamais
arrêter son traitement seul, sans accompagnement médical.
Recommandations de médecins à Paris ?
Natalène : Plusieurs auditeurs demandent : avez-vous des noms de
médecins spécialisés, notamment à Paris ?
Dr Renaud : Je préfère ne pas citer de noms à l’antenne pour des
raisons déontologiques. Mais je transmettrai à Planète Anti-Âge
quelques contacts que vous pourrez leur demander directement.
Natalène : Très bien, merci beaucoup !
Conclusion : un rappel essentiel
Natalène : Merci infiniment docteur pour ce tour très complet sur :
• L’alimentation,
• Les plantes médicinales,
• Les compléments alimentaires pour soutenir la thyroïde !
Souhaitez-vous rappeler le titre de votre livre pour les auditeurs ?
Dr Renaud : Oui, bien sûr : "Hormones : arrêtez de vous gâcher la
vie", aux éditions Le Duc. Il coûte 19 €, et vous y trouverez tout ce que
nous avons abordé ce soir — et bien plus encore ! J'y traite aussi de
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nombreuses autres hormones, ainsi que de situations particulières
comme Hashimoto.
Ne pas oublier le travail de terrain
Dr Renaud : Et je veux insister : la clé, ce n’est pas uniquement les
plantes ou les compléments alimentaires. La thyroïde fait partie d’un
tout :
• Le terrain digestif (flore intestinale, perméabilité),
• L’équilibre acido-basique,
• La détoxification hépatique,
• Le stress et la santé mitochondriale.
Sans traiter ces éléments de fond, les plantes spécifiques pour la
thyroïde ne suffiront pas à rétablir une santé durable.
On en reparlera d’ailleurs dans d’autres conférences :
• Sur le microbiote,
• Sur l’équilibre acide-base,
• Sur la mitochondrie,
• Sur les plantes de la détoxification...
Si vous êtes abonnés à Planète Anti-Âge depuis plus d’un an ou deux,
vous pouvez retrouver les replays de ces conférences.
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Natalène : Très clair, merci beaucoup docteur. Un dernier conseil pour
nos auditeurs avant de conclure ?
Dr Renaud : Allez-y step by step. Appliquez progressivement ce que
nous avons vu ce soir, et surtout, faites-vous accompagner.
L’automédication peut parfois aggraver la situation. Faites-vous suivre
par un professionnel de santé compétent.
Natalène : Merci beaucoup docteur pour votre présence et tous ces
conseils précieux. On se retrouve dans un mois pour un nouveau
sujet.
En attendant, très bon mois de mai à tous !
Dr Renaud : Merci à tous ! Profitez du printemps et prenez soin de
vous. À très bientôt !
Natalène : Bonne soirée à tous !
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