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Solutions naturelles pour la thyroïde

Le docteur Vincent Renaud est un médecin généraliste avec plus de trente ans d'expérience, spécialisé en médecine fonctionnelle et anti-âge, ainsi qu'en phyto-aromathérapie et micronutrition. Le document aborde les solutions naturelles pour soutenir la santé thyroïdienne, en mettant l'accent sur l'importance de l'alimentation, des nutriments comme la tyrosine et l'iode, ainsi que des approches comme la phytothérapie et la gestion du stress. Il souligne également la nécessité d'une approche globale pour traiter les troubles thyroïdiens, souvent mal diagnostiqués.

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Solutions naturelles pour la thyroïde

Le docteur Vincent Renaud est un médecin généraliste avec plus de trente ans d'expérience, spécialisé en médecine fonctionnelle et anti-âge, ainsi qu'en phyto-aromathérapie et micronutrition. Le document aborde les solutions naturelles pour soutenir la santé thyroïdienne, en mettant l'accent sur l'importance de l'alimentation, des nutriments comme la tyrosine et l'iode, ainsi que des approches comme la phytothérapie et la gestion du stress. Il souligne également la nécessité d'une approche globale pour traiter les troubles thyroïdiens, souvent mal diagnostiqués.

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Présentation du Docteur

Vincent Renaud

Le docteur Vincent Renaud est médecin généraliste


depuis plus de trente ans. Fort de cette expérience, il est
également expert en médecine fonctionnelle et en
médecine anti-âge. Il est également formé en phyto-
aromathérapie, en micronutrition et en physionutrition.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence,
notamment « Hormones, arrêtez de vous gâcher la vie »
paru aux édition Leduc. Toujours à l’écoute de ses
patients le Dr Renaud se tient au courant des découvertes
scientifiques et des dernières études qui pourraient
soulager ses patients.

1
2
Focus sur toutes les solutions
naturelles pour une thyroïde en pleine
forme !

Sommaire
L'alimentation et la thyroïde 9
L’alimentation peut-elle soutenir la thyroïde ? 10
Tyrosine : l’acide aminé de base 10
Où trouver la tyrosine dans l’alimentation ? 11
L’iode : le facteur limitant 12
Quelques sources alternatives d’iode 13
Attention à la carence silencieuse 14
Sel, iode et supplémentation : questions fréquentes 14
Faire une iodurie des 24h : utile et accessible 15
Le corps recycle l’iode... mais ça ne suffit pas 15
Supplémenter en iode : pourquoi et comment 16
Faut-il avoir peur de l’excès d’iode ? 16
Voie orale ou cutanée : à vous de choisir 16
Autres sources d’iode et laboratoires recommandés 16
Les autres nutriments indispensables à la thyroïde 17
Le sélénium : le cofacteur des désiodinases 17
Une critique de l’approche classique 17
Le zinc, la vitamine D, le fer... et compagnie 18
D’autres minéraux clés 18
Un mot sur les femmes et la grossesse 19
Une bonne alimentation ne suffit plus toujours 20
Intolérances & Thyroïde 20
Faut-il éviter le gluten et les produits laitiers en cas de troubles thyroïdiens ? 20
Le gluten : un lien prouvé avec les maladies auto-immunes 20
Quand le gluten est-il réellement un problème ? 21
Une transition alimentaire accessible 22
Et les produits laitiers ? 22

3
Intolérances alimentaires et Hashimoto 23
Dernier point : les aliments goitrogènes 23
Les plantes qui soutiennent la thyroïde : que peut la phytothérapie ? 24
Les plantes adaptogènes : un soutien indirect mais précieux 24
L’extrait de myrrhe (Commiphora mukul) et la guggulstérone 25
Le coléus forskohlii : pour stimuler les récepteurs thyroïdiens 27
Le Kaempférol : un flavonoïde au potentiel prometteur 28
Exemples de compléments phyto-actifs 29
Organothérapie : une alternative interdite en France 29
Hormones bio-identiques : un pont entre nature et science 29
Gemmothérapie et aromathérapie 30
Hygiène de vie et thyroïde : quelles actions concrètes ? 32
Postures & Relaxation 32
L’apport de la Médecine Traditionnelle Chinoise 32
Petit point rapide sur l’aromathérapie et les plantes réchauffantes 33
Les huiles essentielles : un soutien indirect 34
L’importance du stress dans la santé thyroïdienne 35
Détoxifier la thyroïde des perturbateurs endocriniens 36
Limiter l’exposition : la première étape 37
Saturer les récepteurs thyroïdiens avec l’iode 37
Autres perturbateurs endocriniens : plastiques, pesticides… 37
Protéger les portes d’entrée : peau, intestin, muqueuses 38
Piéger les toxines dans l’organisme 39
Détoxification hépatique : soutenir le foie 39
Exemple clinique : excès d’iode et thyroïde 40
Renforcer la méthylation : un autre axe clé 40
Conclusion : une approche globale est indispensable 41
Les questions des auditeurs 42
Peut-on prendre de l’iode en oligo-éléments Catalyons ? 42
Où trouver du Lugol à 1 % ? 42
Plantes adaptogènes : cure ou en continu ? 43
Compléments : zinc, sélénium, manganèse… cure ou continu ? 43
Hashimoto : doit-on vraiment prendre la "petite pilule" à vie ? 44
Recommandations de médecins à Paris ? 45
Conclusion : un rappel essentiel 45

4
Ne pas oublier le travail de terrain 46

5
Focus sur toutes les solutions
naturelles pour une thyroïde en pleine
forme !
Introduction

Natalène : Bonsoir à toutes, bonsoir à tous. Bienvenue à votre

conférence Planète Anti-Âge pour ce mois d’avril, en compagnie du Dr

Renaud. Bonsoir Docteur !

Dr Renaud : Bonsoir Natalène, bonsoir à tous les auditeurs. J’espère

que vous allez bien pour cette… je ne sais plus combienième soirée !

On ne les compte plus. Ce soir, on continue, mais cette fois-ci sur la

partie pratique autour de la thyroïde.

Natalène : Tout à fait, ce soir c’est : solutions naturelles !

Dr Renaud : Exactement !

Natalène : Bonsoir à tous, n’hésitez pas à nous mettre un petit

message dans le chat pour vérifier que tout fonctionne bien. Je vois

que Vinciane, Jeanne et René sont avec nous. Bonsoir à tous !

Installez-vous confortablement, nous partons pour ce deuxième volet

sur la thyroïde.

Retour sur la première session : comprendre la


thyroïde

Natalène : Effectivement, ce soir, on va reparler de la thyroïde. Lors

de notre première rencontre, vous avez été très nombreux à nous

6
suivre, et vos retours nous ont confirmé combien il était précieux

d’avoir des explications claires sur ce sujet souvent mal compris.

Lors de cette première session, docteur, vous nous aviez offert un tour

d’horizon complet de la thyroïde :

• Son influence sur le métabolisme, le cerveau, le système

digestif,

• Son impact sur les hormones, le cœur et les os,

• Et le fait que les troubles thyroïdiens restent encore largement

sous-diagnostiqués.

Trop souvent, des symptômes comme la fatigue, la prise de poids, la

dépression, les troubles du sommeil ou digestifs sont attribués à

d’autres causes, alors qu’ils peuvent révéler un véritable déséquilibre

thyroïdien.

Nous avions aussi brièvement évoqué :

• Les carences nutritionnelles, notamment en iode,

• L'impact des perturbateurs endocriniens,

• Les problèmes de conversion hormonale,

• L’inflammation chronique de la thyroïde,

• La maladie d’Hashimoto,

7
• Et ce fameux cercle vicieux qui s’installe...

Tout cela dans un contexte médical qui, malheureusement, reste

encore en retard sur ces questions.

Natalène : Donc n’hésitez pas à revisionner cette première

conférence si vous souhaitez rafraîchir vos connaissances !

Ce soir : cap sur les solutions naturelles

Natalène : Ce soir, on change d’approche : nous allons parler

solutions concrètes, accessibles et efficaces. Comment soutenir

naturellement sa thyroïde ? Comment favoriser une bonne conversion

hormonale ?

Nous parlerons ensemble :

• D’alimentation,

• De nutrition,

• De flore intestinale,

• Du stress,

• Et bien sûr, de la supplémentation en vitamines et minéraux.

Nous aborderons aussi la phytothérapie, qui est la spécialité du

docteur.

Bref, nous allons explorer toutes les pistes thérapeutiques que vous

8
utilisez au quotidien dans votre pratique, docteur, pour vous apporter

des réponses claires et applicables.

Alors installez-vous confortablement, ouvrez grand vos oreilles, c’est

parti pour cette exploration de la santé de la thyroïde !

L'alimentation et la thyroïde

Natalène : Alors docteur, on commence : comment adapter son

alimentation pour soutenir ou relancer la fonction thyroïdienne ?

Dr Renaud : C’est relativement simple. Première chose : pour ceux

qui ne l'auraient pas encore fait, précipitez-vous sur mon livre co-écrit

avec Véronique Liesse, diététicienne spécialisée.

Il s'agit de la nouvelle édition 2025, enrichie de plusieurs chapitres

supplémentaires.

Vous y trouverez plein de menus, de recettes et d'idées concrètes

pour soutenir naturellement votre thyroïde.

Natalène : Super, un vrai outil pratique pour commencer !

Dr Renaud : Oui, et même ceux qui possèdent déjà l'ancienne édition

découvriront quelques nouveautés. En particulier un grand chapitre

écrit par mon ami Christian Vélo, un éminent spécialiste des

hormones, de l’épigénétique et de l’environnement.

9
On parlera d’ailleurs, j’imagine, avec Natalène, de perturbateurs

endocriniens, puisque j’ai vu passer quelques questions à ce sujet,

notamment sur leur impact sur la thyroïde.

L’alimentation peut-elle soutenir la thyroïde ?

Natalène : Donc la question suivante : est-ce que l’alimentation peut

soutenir, voire relancer, la fonction thyroïdienne et les fonctions

endocriniennes en général ?

Dr Renaud : La réponse est oui, évidemment ! Comme on en a parlé

le mois dernier, toutes les hormones – y compris les hormones

thyroïdiennes – ont besoin de matières premières pour être

fabriquées.

Nos glandes endocrines, comme la thyroïde, les surrénales ou les

glandes sexuelles, fabriquent les hormones à partir de nutriments

bien spécifiques.

Tyrosine : l’acide aminé de base

Dr Renaud : Pour les hormones thyroïdiennes, deux éléments sont

essentiels :

1. La tyrosine,

2. L’iode.

10
La tyrosine est un acide aminé indispensable à la fabrication de la

thyroglobuline, la protéine de base utilisée par la thyroïde pour

produire les hormones T3 et T4.

La tyrosine est issue de l’alimentation et plus précisément des

protéines.

Elle provient notamment de la phénylalanine, un autre acide aminé

qui se transforme en tyrosine. Cette tyrosine sert aussi à fabriquer :

• La dopamine (neurotransmetteur bien connu),

• La mélanine (pigment de la peau),

• Et bien sûr, les hormones thyroïdiennes.

Où trouver la tyrosine dans l’alimentation ?

Dr Renaud : Vous la trouverez en priorité dans :

• Les œufs,

• Le jambon,

• Le fromage,

• Les produits laitiers en général,

• Et les protéines animales (viande, poisson...).

Mais il y en a aussi dans les protéines végétales, comme :

• Les lentilles,

11
• Le quinoa,

• Les pois chiches,

• Et dans une moindre mesure, les oléagineux (amandes,

noisettes...).

Je recommande de consommer environ 200 à 300 g de protéines par

jour, répartis sur les trois repas :

• Protéines au petit déjeuner (œufs, jambon…),

• Une portion à midi,

• Et à nouveau un peu le soir.

Cela permet d’assurer un bon apport en tyrosine, indispensable pour

votre thyroïde.

L’iode : le facteur limitant

Dr Renaud : Deuxième ingrédient fondamental : l’iode.

Là, c’est plus problématique, car l’iode est volatil, rare dans nos sols,

et peu présent dans l’alimentation occidentale.

On en trouve surtout dans :

• Les produits de la mer,

• Les algues marines (tartares d’algues, algues déshydratées),

12
• Et dans certains sels iodés comme le sel Cérébos ou La

Baleine.

Mais attention :

• Le sel naturel (Guérande, Camargue...) ne contient pas

d’iode,

• Et même le sel iodé, s’il est mal stocké, perd rapidement son

iode.

Pour atteindre les 150 microgrammes recommandés par jour, il

faudrait consommer 10 g de sel iodé par jour… ce que personne ne

fait (et ce n’est pas souhaitable pour le cœur non plus !).

Quelques sources alternatives d’iode

Dr Renaud : On retrouve un peu d’iode dans :

• Les fruits de mer (moules, huîtres, crevettes…),

• Le poisson,

• Les œufs (en fonction de ce que les poules ont mangé),

• Le lait de vache, via deux mécanismes :

1. L’alcool iodé utilisé pour désinfecter les mamelles,

2. La présence d’iode dans les pâturages riches en iode

(ex : Bretagne).

13
Mais attention : la plupart des animaux en France proviennent

d’élevages industriels, donc nourris à l’alimentation standardisée,

pauvre en iode. Il devient difficile de trouver des aliments

naturellement riches en iode.

C’est pourquoi l’iode est souvent le facteur limitant dans la

production d’hormones thyroïdiennes, même avec une alimentation

variée et équilibrée.

Attention à la carence silencieuse

Dr Renaud : Donc oui, on peut optimiser son alimentation pour

soutenir la thyroïde, mais :

• La tyrosine est facile à obtenir si l’on consomme assez de

protéines,

• Tandis que l’iode est beaucoup plus difficile à obtenir en

quantités suffisantes.

C’est pour cela que je recommande parfois de compléter

l’alimentation avec un apport en iode, notamment via la solution

de Lugol, ou d’autres compléments iodés bien dosés.

Sel, iode et supplémentation : questions fréquentes

Natalène : Docteur, pendant qu’on est sur le sujet, j’en profite pour

poser deux petites questions des auditeurs. La première concerne le

sel de l’Himalaya : est-ce qu’il contient de l’iode ? Et la seconde : est-

14
ce qu’il est recommandé de se supplémenter en iode via des

compléments alimentaires ?

Dr Renaud : Oui, bien sûr, c’est même indispensable pour la majorité

des gens. À part ceux qui vivent au bord de l’Atlantique, en

particulier en Bretagne, nous sommes presque tous carencés en

iode.

Et pour le vérifier, rien de plus simple : faites une iodurie des 24

heures, un examen d’urine qui vous donne votre niveau d’élimination

d’iode, donc un reflet de vos apports.

Faire une iodurie des 24h : utile et accessible

Dr Renaud : Vous pouvez faire ce test dans n’importe quel laboratoire.

Il n’est pas remboursé, donc vous paierez de votre poche (une

vingtaine d’euros), mais aucun labo ne peut vous le refuser,

prescription ou pas.

Si on vous dit le contraire, c’est que la personne ne veut pas

s’enquiquiner, car toutes les ioduries sont envoyées à Biomnis

(Eurofins) à Lyon, qui centralise ces dosages.

Demandez bien un bidon adapté pour recueillir les urines de 24

heures, et non un simple échantillon du matin, qui est moins fiable.

Le corps recycle l’iode... mais ça ne suffit pas

Dr Renaud : Heureusement, le corps stocke et recycle l’iode.

La glande thyroïde contient entre 25 et 50 mg d’iode, ce qui permet

15
de maintenir la fabrication hormonale un temps. Mais une fois que les

réserves s’amenuisent, il faut apporter de l’iode de manière régulière.

Supplémenter en iode : pourquoi et comment

Dr Renaud : Donc oui, la supplémentation en iode est essentielle.

Le plus connu, c’est le Lugol à 1 %. Il existe aussi en 2 %, 3 %, 4 %,

mais 1 % suffit largement. Une goutte par jour vous apporte 1,5 mg

d’iode, soit 10 fois l’apport recommandé de base (150 µg). Moi, j’en

prends une goutte par semaine, ça suffit à entretenir mes réserves.

Faut-il avoir peur de l’excès d’iode ?

Dr Renaud : On entend souvent que trop d’iode peut provoquer une

hyperthyroïdie.

C’est une idée fausse, largement véhiculée dans les années 60-70

par des laboratoires comme Merck, qui ont fait croire que l’iode était

dangereux.

Or, dans les régions carencées comme les montagnes, l’iode était la

norme préventive, et toutes les familles l’utilisaient, sans problème.

Voie orale ou cutanée : à vous de choisir

Dr Renaud : Vous pouvez prendre le Lugol par voie orale, ou bien

l’appliquer sur la peau : 1 à 2 gouttes frottées sur la peau suffisent,

car l’iode passe très bien par voie cutanée.

Autres sources d’iode et laboratoires recommandés

16
Dr Renaud : Parmi les autres formes, j’utilise les produits de Copmed

(comme Thyrostim), qui apportent 150 µg d’iode.

Chez Therascience, vous trouverez Tironat et Tironat gold, qui

contiennent aussi d’autres oligo-éléments.

Mais attention, l’iode seul ne suffit pas !

Les autres nutriments indispensables à la thyroïde


Le sélénium : le cofacteur des désiodinases

Dr Renaud : Le sélénium est crucial pour convertir la T4 en T3.

Les désiodinases, ces enzymes responsables de cette conversion,

sont séléno-dépendantes.

Apport recommandé : 100 µg par jour, soit environ 2 noix du Brésil

par jour. On en trouve aussi dans :

• Les crustacés,

• Les céréales complètes,

• Certains poissons, viandes...

Mais attention à la qualité des produits : les aliments importés ou

conservés longtemps perdent leur densité nutritionnelle.

Une critique de l’approche classique

Dr Renaud : J’entendais récemment un médecin très médiatisé dire

à la radio que "cinq fruits et légumes par jour suffisent à couvrir tous

17
nos besoins en vitamines et minéraux". C’est complètement faux

aujourd’hui.

Nos sols sont appauvris, nos aliments transformés et conservés

longtemps.

Résultat : leur valeur nutritionnelle est souvent très faible.

À part si vous êtes producteur bio, avec un sol riche et vivant, vous ne

pouvez pas tout tirer de l’alimentation seule.

Le zinc, la vitamine D, le fer... et compagnie

Dr Renaud : Autres nutriments indispensables à la thyroïde :

• Le zinc, présent dans les huîtres, les viandes, les

légumineuses.

• La vitamine A (beurre, fromage, huile d’olive, œufs),

• La vitamine E (oléagineux, huiles végétales),

• La vitamine D : il faut se supplémenter, pas juste une

ampoule tous les 2 mois ! Prenez 4000 à 6000 UI/jour.

Petite anecdote : Certains experts affirment qu’il suffit de mettre les

mains 10 min au soleil pour refaire le plein de vitamine D...

C’est totalement irréaliste. Il faudrait s’exposer 1h à 1h30 par jour,

en plein soleil, torse nu... ce que personne ne fait.

D’autres minéraux clés

Dr Renaud :

18
• Le magnésium : dans les fruits, légumes, et nécessaire pour

les pompes ATP dépendantes qui font entrer l’iode dans la

cellule.

• La coenzyme Q10 : dans les abats (foie de veau, rognons...),

peu consommés, mais riches.

• Le fer : surtout dans la viande rouge, mais aussi dans les

lentilles, poissons, œufs. Faites doser votre ferritine : en

dessous de 60, pensez à vous supplémenter (avec prudence).

Un mot sur les femmes et la grossesse

Dr Renaud : Les femmes en âge de procréer, en particulier avec

des règles abondantes ou pendant la grossesse, sont souvent

carencées en fer, ce qui peut entraîner une hypothyroïdie

fonctionnelle.

Heureusement, certains compléments de grossesse bien formulés

contiennent :

• Iode,

• Zinc,

• Sélénium,

• Fer,

• Vitamine A, D, E…

19
Une bonne alimentation ne suffit plus toujours

Dr Renaud : Si vous arrivez à réunir tous ces éléments dans votre

alimentation, tant mieux. Mais dans la grande majorité des cas, la

supplémentation devient nécessaire.

Faites-vous suivre, faites des analyses, ne faites pas d’automédication

à l’aveugle.

La thyroïde est une glande sensible, dépendante de nombreux

cofacteurs, et elle mérite toute votre attention.

Intolérances & Thyroïde


Faut-il éviter le gluten et les produits laitiers en cas de troubles
thyroïdiens ?

Natalène : Très bien, merci docteur. Si on a déjà un trouble thyroïdien

diagnostiqué, est-ce qu’il est judicieux d’éviter le gluten et les produits

laitiers ?

Dr Renaud : Alors oui, surtout si vous avez une maladie auto-

immune de la thyroïde, comme la thyroïdite de Hashimoto

(hypothyroïdie) ou la maladie de Basedow (hyperthyroïdie).

Dans ces cas-là, il est impératif d’arrêter le gluten.

Le gluten : un lien prouvé avec les maladies auto-immunes

Je sais, certains « gluten-sceptiques » vous diront que ça ne sert à

rien, que ce sont des idées reçues propagées par des naturopathes.

20
Mais ces gens-là, je pense, n’ont pas ouvert une publication

scientifique depuis très longtemps.

Aujourd’hui, grâce à des outils comme PubMed ou des plateformes

d’intelligence artificielle comme R Discovery, on a accès à une masse

de données scientifiques. Tapez simplement "gluten auto-immunité

thyroïde", et vous verrez : les publications s'accumulent depuis les

années 2000.

On sait désormais que le gluten peut favoriser une hyperperméabilité

intestinale, entraînant une inflammation, puis la production d’auto-

anticorps qui s’attaquent à la glande thyroïde.

Quand le gluten est-il réellement un problème ?

Si vous avez des anticorps positifs – anti-thyroperoxydase, anti-

thyroglobuline ou anti-récepteurs à la TSH – alors oui, le gluten

est un ennemi direct. Dans ce cas-là, on recommande une éviction

à 80 % minimum.

Il ne s’agit pas d’un régime aussi strict qu’en cas de maladie cœliaque,

mais il faut :

• Supprimer ou fortement limiter pain, pâtes, pizzas,

pâtisseries (les fameux « 4P »),

• Éviter les produits transformés qui en contiennent souvent en

excipient (jambon, céréales, sauces...),

21
• Privilégier les céréales sans gluten : sarrasin, millet, petit

épeautre, quinoa, riz...

Une transition alimentaire accessible

Moi-même, ma femme étant intolérante, nous utilisons régulièrement

de la farine de quinoa, de sarrasin, ou de riz.

Au début, ça surprend. Mais on s’y habitue vite, et la balance

bénéfice/risque est largement en faveur d’une éviction du gluten.

Alors oui, un plat de pâtes au restaurant de temps en temps, pourquoi

pas. Mais n'en faites pas une habitude, surtout si vous êtes déjà

fatigué, ballonné ou en hypothyroïdie.

Et les produits laitiers ?

Dr Renaud : C’est moins évident. Je n’ai pas trouvé de lien clair dans

la littérature scientifique entre la caséine (protéine du lait) et les

maladies auto-immunes thyroïdiennes.

Là, c’est du cas par cas. Il faut faire des analyses d’intolérances

alimentaires.

Par exemple, le test IGG (immunoglobulines G) réalisé par des

laboratoires comme :

• ImuPro (Belgique),

• Bioavenir (Metz).

22
Ces tests vous montrent si vous êtes sensible à certains aliments. Si

vous avez une réactivité marquée à un aliment, en le supprimant

pendant 6 mois, vous verrez souvent vos taux d’anticorps

thyroïdiens chuter significativement.

Intolérances alimentaires et Hashimoto

Il ne s’agit pas d’éliminer tout au hasard, mais de personnaliser.

Si vous n’êtes pas intolérant au lait, inutile de vous en priver

totalement.

Mais dans tous les cas, évitez les excès, surtout avec les produits

laitiers de vache, qui contiennent des facteurs de croissance

susceptibles de stimuler certaines réponses immunitaires.

Privilégiez alors les laits de chèvre ou de brebis, souvent mieux

tolérés.

Dernier point : les aliments goitrogènes

Natalène : Une dernière question sur l’alimentation : que pensez-vous

des légumes dits « goitrogènes », comme le chou ou le soja ?

Dr Renaud : Oui, très bonne question. Ces aliments inhibent la

fonction thyroïdienne, surtout en cas d’hypothyroïdie.

Les principaux goitrogènes :

• Le soja (yaourts, boissons végétales, tofu...),

• Les crucifères (chou, brocoli, chou-fleur, chou kale...),

23
• Toute la famille des Brassicacées.

Il ne s’agit pas de les supprimer totalement, mais de les limiter à une

fois par semaine. Et surtout, ne les consommez jamais en même

temps que votre traitement thyroïdien, par exemple évitez un

yaourt de soja le matin avec votre Lévothyrox ou Euthyral.

Les plantes qui soutiennent la thyroïde : que peut la


phytothérapie ?

Natalène : Très bien, merci beaucoup docteur. On va passer

maintenant aux plantes, à la phytothérapie. Quelles plantes peuvent

nous aider à garder notre thyroïde en pleine forme ?

Dr Renaud : Alors il n’y a pas tant de plantes que ça qui ont un effet

direct sur la thyroïde. D’abord, il faut savoir que les plantes ne

produisent pas d’hormones. Mais certaines ont une action qui mime

ou stimule l’activité des hormones thyroïdiennes. On va retrouver ici

principalement deux catégories : les plantes adaptogènes et les

plantes "thyroïd-like".

Les plantes adaptogènes : un soutien indirect mais précieux

Parmi les adaptogènes, vous avez :

• L’ashwagandha,

24
• Le ginseng,

• L’éleuthérocoque,

• La rhodiole,

• Le maca…

Ce sont des plantes qui agissent à large spectre (on dit qu’elles sont

« pléiotropes »), souvent au niveau des surrénales, mais comme les

surrénales et la thyroïde sont intimement liées, soutenir l’une revient

souvent à soutenir l’autre. Une surrénale qui fonctionne bien est un

bon soutien pour une thyroïde fatiguée.

En particulier, l’ashwagandha peut avoir un petit effet thyroïd-like : elle

stimule un peu la TSH et la régulation hormonale au niveau des

thyréocytes, c’est-à-dire des cellules de la thyroïde. Elle agit donc

indirectement, en régulant les surrénales, ce qui a un effet positif sur

la thyroïde.

L’extrait de myrrhe (Commiphora mukul) et la guggulstérone

L’une des plantes les plus documentées, c’est l’extrait de myrrhe,

aussi appelé Commiphora mukul, qui contient un principe actif bien

connu : la guggulstérone.

• C’est une résine gommeuse utilisée depuis des millénaires,

notamment en parfumerie, mais elle a aussi des propriétés

thyroïd-like très intéressantes.

25
• Elle stimule la conversion de T4 en T3 (la forme active de

l’hormone thyroïdienne) en activant les désiodinases.

• Elle favorise l’absorption de l’iode par la thyroïde, ce qui

soutient la production hormonale.

• Elle diminue le cholestérol : probablement via l’effet de la T3,

connue pour abaisser les taux de cholestérol.

Il y a même des études anciennes (déjà en 1994 !) qui montrent que

chez des rats albinos, la guggule augmente la captation d’iode et

l’activité des enzymes thyroïdiennes.

26
Le coléus forskohlii : pour stimuler les récepteurs thyroïdiens

Autre plante intéressante : le Coléus forskohlii, qui contient un actif

phare : la forskoline.

• La forskoline active l’adényl-cyclase, une enzyme clé qui

stimule la production d’AMPc, un messager intracellulaire

impliqué dans l’entrée de l’iode dans les cellules thyroïdiennes

via les pompes à sodium (ATP-dépendantes).

• Elle améliore la conversion de T4 en T3.

• Elle augmente la réponse des récepteurs à la TSH.

• Elle bloque la transformation de T4 en T3 reverse, cette

hormone qui inhibe l’action de la T3 active. Donc on équilibre

mieux la balance T3 / T3 reverse.

• Et elle est souvent utilisée aussi pour la perte de poids, ce qui

est un plus chez les personnes en hypothyroïdie.

27
Le Kaempférol : un flavonoïde au potentiel prometteur

On parle aussi beaucoup aujourd’hui du Kaempférol (ou kampférol,

KAEMPFEROL), un flavonoïde présent notamment dans la renouée

du Japon (qui contient aussi du resvératrol).

• Il stimule la conversion de T4 en T3,

• Et améliore la sensibilité des récepteurs à la TSH, en

renforçant l’action des pompes à sodium magnésio-

dépendantes.

28
Exemples de compléments phyto-actifs

On trouve aujourd’hui sur le marché plusieurs complexes bien

formulés :

• Thyrostim de Copmed : qui contient de la forskoline et de la

guggulstérone (extrait de myrrhe).

• Tironat Gold de Therascience : qui combine guggul,

kaempférol, et un peu d’ashwagandha (bien que je trouve que

cette dernière soit surtout utile pour les surrénales, avec un

effet indirect sur la thyroïde).

On y retrouve aussi généralement les oligoéléments essentiels :

iode, sélénium, zinc, vitamines B, magnésium… Ces micronutriments

sont indispensables, car ils activent les pompes ATP et soutiennent le

métabolisme énergétique.

Organothérapie : une alternative interdite en France

Il existe aussi une approche appelée organothérapie : ce sont des

extraits glandulaires (par exemple, broyat de thyroïde de bœuf). Elle

est utilisée en Belgique ou ailleurs, mais interdite en France.

Je l’ai testée en comparaison avec la phytothérapie + micronutrition :

les résultats ne sont pas supérieurs, sauf peut-être chez certaines

personnes très sensibles.

Hormones bio-identiques : un pont entre nature et science

29
Quand les plantes ne suffisent pas, ou dans les cas plus sévères, on

utilise des hormones bio-identiques, comme la T4 et la T3 de

synthèse (Levothyrox, Euthyral, etc.), qui imitent exactement les

hormones humaines.

Ces hormones bio-identiques respectent les mécanismes naturels,

contrairement aux perturbateurs endocriniens qui, eux, miment les

hormones sans en avoir les effets bénéfiques, ce qui est bien plus

dangereux.

Gemmothérapie et aromathérapie : que peut-on


utiliser pour la thyroïde ?

Natalène : Merci docteur ! Est-ce qu’en gemmothérapie ou en

aromathérapie, on peut soutenir la thyroïde ?

Dr Renaud : Alors en gemmothérapie, je commence à m’y intéresser.

Il existe quelques complexes intéressants, même si ce n’est pas aussi

spécifique que la phytothérapie.

En gemmothérapie, on peut citer :

• Figuier, qui a un effet régulateur intéressant,

• Cassis, plutôt pour soutenir les surrénales,

• Framboisier, utile pour les troubles hormonaux féminins,

• Genévrier, avec un léger effet métabolique.

30
Mais en réalité, les extraits de bourgeons sont moins ciblés

directement sur la fonction thyroïdienne que les plantes comme le

Coleus ou la guggul.

Natalène : Et du côté de l'aromathérapie ?

Dr Renaud : Pas grand-chose non plus. L’aromathérapie est

extrêmement efficace pour :

• Les pathologies infectieuses ORL ou digestives,

• Les problèmes dermatologiques,

• Les troubles gynécologiques ou rhumatologiques.

Mais pour la régulation hormonale thyroïdienne pure, on est beaucoup

moins équipé. Il n’existe pas à ma connaissance d’huile essentielle

spécifiquement active sur la thyroïde.

Je pourrai demander à mon ami, le Dr Franck Gigon, qui est beaucoup

plus spécialisé que moi en aromathérapie. Moi, je reste très axé

phytothérapie, qui fonctionne déjà très bien.

Conclusion sur les solutions naturelles pour la thyroïde

Dr Renaud : Si parmi les auditeurs, certains connaissent une plante

"miracle" spécifiquement pour la thyroïde que je n'aurais pas citée, je

suis preneur ! Pour l’instant, en dehors de la guggul, du Coleus, du

kaempférol et de quelques extraits de plantes spécifiques, je n’en

connais pas d’autres vraiment efficaces sur cette fonction hormonale.

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Hygiène de vie et thyroïde : quelles actions concrètes ?
Postures & Relaxation

Natalène : Très bien, merci docteur. Est-ce qu’il existe d’autres

actions d’hygiène de vie pour soutenir la thyroïde ? Je pense par

exemple à certaines postures de yoga : on dit que lorsque l'on met la

tête à l’envers, cela favorise l'irrigation de la thyroïde. Ou encore

prendre un bain froid en immergeant le cou. Qu’en pensez-vous ?

Avez-vous d’autres conseils de ce type-là ?

Dr Renaud : Oui, effectivement ! L’activité physique, la relaxation,

certains massages peuvent avoir un effet bénéfique sur la thyroïde.

Il est tout à fait possible de pratiquer des massages doux de la

région thyroïdienne avec un professionnel, comme un ostéopathe ou

quelqu’un formé à ce type de stimulation.

L’apport de la Médecine Traditionnelle Chinoise

En médecine traditionnelle chinoise, on utilise aussi des plantes

spécifiques pour soutenir la thyroïde. Mais en France, l’utilisation de

plantes chinoises est très encadrée, donc c’est relativement limité.

Par contre, l’acupuncture peut vraiment être efficace pour relancer

l’activité thyroïdienne. J’ai des collègues très compétents dans ce

domaine, capables d'améliorer une thyroïde un peu "fatiguée".

Natalène : Et pour les postures de yoga, alors ?

32
Dr Renaud : Je n’ai pas d’études précises là-dessus, mais tout ce qui

agit sur le corps-esprit est forcément utile. La glande thyroïde est

extrêmement sensible aux émotions. On sait aussi qu’elle réagit :

• Aux changements de température (chaud/froid),

• Aux variations de lumière (comme la diminution de la durée des

jours),

• Aux dérèglements du sommeil.

Quand vous dormez mal, votre thyroïde fonctionne moins bien.

Donc tout ce qui aide à se relaxer, mieux dormir, méditer, respirer,

pratiquer du yoga ou d’autres soins corporels contribue

indirectement à soutenir la thyroïde.

Petit point rapide sur l’aromathérapie et les plantes réchauffantes

Dr Renaud : Pendant que nous parlions, je me suis amusé à jeter un

œil à la bibliographie en aromathérapie pour vérifier si je n’avais pas

oublié quelque chose...

Globalement, on retrouve toujours les mêmes grands classiques :

• La résine de guggul (Commiphora mukul),

• Le goémon, une algue riche en iode.

Mais attention, le goémon n'est pas une plante hormonale : il sert

simplement à apporter de l’iode, indispensable à la thyroïde.

33
Natalène : Donc pas vraiment de nouvelles plantes miracle ?

Dr Renaud : Non, malheureusement ! Lors de mes recherches,

notamment quand je formulais des compléments alimentaires et que

j’écrivais mon livre "Hormones, arrêtez de vous gâcher la vie", je

revenais toujours aux mêmes plantes :

• Guggul,

• Coleus forskohlii (forskoline),

• Kaempférol,

• Et, dans une certaine mesure, ashwagandha (même si ce

n’est pas spécifique à la thyroïde).

Les huiles essentielles : un soutien indirect

Dr Renaud : En aromathérapie, on parle parfois de plantes

réchauffantes et stimulantes :

• Giroflier,

• Cannelle,

• Pin,

• Et l’huile essentielle de myrte.

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Elles ne stimulent pas directement la thyroïde, mais elles peuvent

réchauffer l’organisme et relancer l'énergie générale, ce qui est

toujours bénéfique dans un contexte de fatigue thyroïdienne.

Conseil pratique : vous pouvez masser délicatement la région de la

thyroïde (à la base du cou) avec une huile contenant de la myrrhe ou

du myrte.

L’importance du stress dans la santé thyroïdienne

Dr Renaud : À partir du moment où vous arrivez à diminuer le stress,

à faire baisser le cortisol, vous aidez automatiquement votre

thyroïde.

On sait que :

• L’excès de cortisol bloque l’activité des hormones

thyroïdiennes,

• Le stress chronique épuise l’axe hypothalamo-hypophyso-

thyroïdien.

Donc tout ce qui aide à diminuer le stress (yoga, respiration,

méditation, soins corporels, huiles essentielles relaxantes) aura un

effet positif indirect sur la thyroïde.

Natalène : Donc soutenir les surrénales, c’est aussi soutenir sa

thyroïde ?

Dr Renaud : Tout à fait ! C’est un duo inséparable.

35
Détoxifier la thyroïde des perturbateurs endocriniens
: est-ce possible ?

Natalène : Très bien. On va passer encore une ou deux questions

avant de prendre celles de nos auditeurs. Si on réfléchit aux causes

profondes, notamment aux perturbateurs endocriniens, comment

peut-on détoxifier l'organisme de ces substances qui freinent la

thyroïde ? Peut-on faire des cures en prévention ? Comment agir

concrètement sur ce plan-là ?

Dr Renaud : Oui, très bonne question. On avait déjà évoqué la

dernière fois que les principaux perturbateurs endocriniens de la

thyroïde sont :

• Les retardateurs de flamme,

• Les dérivés bromés.

Malheureusement, on y est presque tous exposés : ils sont partout.

Le brome, par exemple, est un compétiteur direct de l'iode.

C'est le même principe que lors d’une alerte nucléaire : pour éviter que

la thyroïde capte des substances radioactives, on sature les

récepteurs avec de fortes doses d’iode (plusieurs grammes, pas juste

quelques microgrammes comme dans l’iodure classique).

Le principe est identique pour le brome, le chlore ou le fluor.

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Limiter l’exposition : la première étape

Dr Renaud : En pratique, il faut :

• Éviter les dentifrices au fluor,

• Éviter l’eau trop chlorée,

• Se méfier des produits cosmétiques, alimentaires et

ménagers contenant du chlore, du fluor ou des dérivés

bromés.

Par exemple, pour ma piscine personnelle, j’ai remplacé le chlore par

un système de filtration au sel. Cela évite l’odeur désagréable du

chlore et limite l’exposition cutanée et respiratoire.

En général, plus on limite les sources de perturbateurs, mieux c’est.

Saturer les récepteurs thyroïdiens avec l’iode

Dr Renaud : Si vous êtes exposés (piscine, environnement pollué...),

il faut saturer vos récepteurs thyroïdiens avec de l'iode pour

empêcher l'entrée des toxiques. C’est là que la solution de Lugol est

utile : une goutte apporte environ 1,5 mg d’iode, ce qui est bien plus

efficace qu'un simple apport alimentaire.

Autres perturbateurs endocriniens : plastiques, pesticides…

Dr Renaud : En plus du brome, du chlore et du fluor, on retrouve aussi

• Les phtalates,

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• Les bisphénols,

• Les dérivés perfluorés (comme le Téflon dans les ustensiles

de cuisine).

Contre eux, il faut mettre en place une stratégie de protection en 3

étapes :

1. Bloquer l’entrée par une bonne santé intestinale (éviter une

hyperperméabilité),

2. Neutraliser la circulation sanguine et lymphatique des

toxines,

3. Favoriser l’élimination par le foie et les reins.

Protéger les portes d’entrée : peau, intestin, muqueuses

Dr Renaud : La première défense, c’est votre barrière intestinale.

Un intestin poreux absorbe énormément de toxiques.

Il faut donc :

• Restaurer l'étanchéité intestinale,

• Utiliser des probiotiques,

• Consommer des aliments sains, bio si possible.

Il faut aussi protéger la peau (en évitant les cosmétiques toxiques) et

les muqueuses ORL, notamment en période d'épandage agricole, en

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rinçant nez, bouche et yeux régulièrement avec du sérum

physiologique.

Piéger les toxines dans l’organisme

Dr Renaud : Une fois que les perturbateurs sont passés dans la

circulation sanguine, on peut utiliser :

• Vitamines et minéraux : vitamine C, zinc, sélénium, calcium,

magnésium,

• Argiles comme la zéolite,

• Chlorelle pour piéger les toxines dans l’intestin.

Ces substances aident à neutraliser ou ralentir la diffusion des

polluants dans les tissus.

Détoxification hépatique : soutenir le foie

Dr Renaud : Le foie joue ensuite un rôle majeur :

• Il filtre,

• Détoxifie,

• Neutralise,

• Et élimine les toxines par les urines et les selles.

Pour aider le foie, on utilise :

• N-acétylcystéine (NAC),

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• Glutathion,

• Extraits de brocoli (riches en sulforaphane),

• Radis noir,

• Chardon-Marie,

• Artichaut,

• Pissenlit,

• Chrysanthélium.

Ces plantes soutiennent les phases 1 et 2 de la détox hépatique,

essentielles pour éliminer efficacement les perturbateurs

endocriniens.

Exemple clinique : excès d’iode et thyroïde

Dr Renaud : Un cas clinique parlant : Une patiente m’a consulté après

avoir fait un scanner avec injection d’iode. Un mois plus tard, son

iodurie était de 74 000 µg/L (norme : 150 à 200 µg/L !).

Et pourtant, elle allait parfaitement bien : pas de problème thyroïdien.

Cela montre que la peur exagérée autour de l’iode est souvent

infondée.

Quand la thyroïde est saine, elle gère très bien des variations

importantes d’apport en iode.

Renforcer la méthylation : un autre axe clé

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Dr Renaud : La méthylation est une voie de détoxication très

importante pour éliminer certains perturbateurs endocriniens.

Pour la soutenir, on utilise :

• Vitamines B3, B6, B9, B12,

• Coline,

• Bétaïne.

Je demande systématiquement un dosage de l’homo-cystéinémie

chez mes patients pour évaluer leur capacité de méthylation.

Conclusion : une approche globale est indispensable

Dr Renaud : En résumé, pour se protéger et se détoxifier des

perturbateurs endocriniens, il faut :

• Limiter l’exposition,

• Soutenir l’intestin,

• Utiliser des capteurs de toxines,

• Renforcer le foie,

• Optimiser la méthylation,

• Et soutenir son organisme en antioxydants (sélénium, zinc,

resvératrol, acide alpha-lipoïque...).

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Les radicaux libres générés par le stress, la pollution, ou une mauvaise

hygiène de vie, sont eux aussi de véritables "perturbateurs

endocriniens internes". Donc plus votre hygiène de vie est saine,

mieux votre thyroïde se portera !

Les questions des auditeurs

Natalène : Très bien, merci beaucoup docteur. On va passer

maintenant aux nombreuses questions de nos auditeurs !

Peut-on prendre de l’iode en oligo-éléments Catalyons ?

Natalène : Mireille nous demande : peut-on prendre de l’iode sous

forme d’oligo-éléments de la marque Catalyons ?

Dr Renaud : Alors, Catalyons, oui je connais. C’est un laboratoire

sérieux.

Pourquoi ne pourrait-on pas donner de l’iode sous cette forme ?

Je vois qu'ils proposent un iode concentré, dynamisé, sans phtalates,

sans bisphénol, sans métaux lourds. En général, 3 gouttes par jour

apportent 150 microgrammes d’iode, ce qui correspond à 100 % des

apports journaliers recommandés. Donc la réponse est : oui, Mireille,

vous pouvez utiliser Catalyons sans problème.

Natalène : Super, merci docteur !

Où trouver du Lugol à 1 % ?

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Natalène : Annie demande maintenant : dans quel laboratoire peut-

on acheter du Lugol à 1 % ?

Dr Renaud : Le plus connu, aujourd'hui, c'est le laboratoire

SuperSmart.

Le Lugol à 1 % est bien disponible chez eux. Attention, je précise :

SuperSmart est basé en Europe maintenant, apparemment en

Allemagne. Ce n'est plus un import direct des États-Unis.

Natalène : Merci pour la précision !

Plantes adaptogènes : cure ou en continu ?

Natalène : Fabienne demande : les plantes adaptogènes citées tout

à l’heure, faut-il les prendre en cure ou en continu ?

Dr Renaud : En cure : 3 à 6 mois, pas plus. On laisse ensuite reposer

l’organisme pour voir comment il réagit. Pendant ce temps, il est utile

de faire quelques bilans sanguins pour suivre l’évolution de la TSH, de

la T3, de la T4 et éventuellement refaire une iodurie.

Compléments : zinc, sélénium, manganèse… cure ou continu ?

Natalène : Et pour les compléments comme le zinc, le sélénium ou le

manganèse, docteur, c’est pareil ?

Dr Renaud : Idéalement oui, mais avec un dosage adapté. Pas besoin

de suivre aveuglément les doses indiquées sur l'étiquette. Par

exemple, si vous prenez Tyrosine, deux gélules par jour suffisent

souvent.

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Et si tout va bien, on peut réduire à une seule gélule par jour après six

mois ou un an.

Il est aussi possible de rajouter ponctuellement de l’iode via des

produits spécifiques comme Iode Premium chez Copenhague ou

Iode Plus chez Therascience.

Globalement, le soutien thyroïdien est quasi permanent, comme pour

la vitamine D. On peut faire une petite pause pendant l’été ou les

vacances, mais pas plus de deux ou trois mois.

Hashimoto : doit-on vraiment prendre la "petite pilule" à vie ?

Natalène : Catherine nous demande : j’ai une thyroïdite d’Hashimoto,

est-il vrai qu’on est condamné à prendre un traitement à vie ?

Dr Renaud : Pas du tout ! Sauf si cela fait plus de 10 ans que vous

êtes sous Lévothyrox ou Euthyral, et que votre thyroïde est

complètement détruite.

Sinon, il est tout à fait possible de récupérer une fonction

thyroïdienne normale :

• En travaillant sur la perméabilité intestinale,

• En restaurant un microbiote sain,

• En éliminant le gluten,

• Et en corrigeant les carences nutritionnelles.

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Avec un suivi sérieux par un médecin spécialisé en nutrition

fonctionnelle et maladies auto-immunes, vos anticorps peuvent

diminuer et votre thyroïde peut repartir. Mais surtout, ne jamais

arrêter son traitement seul, sans accompagnement médical.

Recommandations de médecins à Paris ?

Natalène : Plusieurs auditeurs demandent : avez-vous des noms de

médecins spécialisés, notamment à Paris ?

Dr Renaud : Je préfère ne pas citer de noms à l’antenne pour des

raisons déontologiques. Mais je transmettrai à Planète Anti-Âge

quelques contacts que vous pourrez leur demander directement.

Natalène : Très bien, merci beaucoup !

Conclusion : un rappel essentiel

Natalène : Merci infiniment docteur pour ce tour très complet sur :

• L’alimentation,

• Les plantes médicinales,

• Les compléments alimentaires pour soutenir la thyroïde !

Souhaitez-vous rappeler le titre de votre livre pour les auditeurs ?

Dr Renaud : Oui, bien sûr : "Hormones : arrêtez de vous gâcher la

vie", aux éditions Le Duc. Il coûte 19 €, et vous y trouverez tout ce que

nous avons abordé ce soir — et bien plus encore ! J'y traite aussi de

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nombreuses autres hormones, ainsi que de situations particulières

comme Hashimoto.

Ne pas oublier le travail de terrain

Dr Renaud : Et je veux insister : la clé, ce n’est pas uniquement les

plantes ou les compléments alimentaires. La thyroïde fait partie d’un

tout :

• Le terrain digestif (flore intestinale, perméabilité),

• L’équilibre acido-basique,

• La détoxification hépatique,

• Le stress et la santé mitochondriale.

Sans traiter ces éléments de fond, les plantes spécifiques pour la

thyroïde ne suffiront pas à rétablir une santé durable.

On en reparlera d’ailleurs dans d’autres conférences :

• Sur le microbiote,

• Sur l’équilibre acide-base,

• Sur la mitochondrie,

• Sur les plantes de la détoxification...

Si vous êtes abonnés à Planète Anti-Âge depuis plus d’un an ou deux,

vous pouvez retrouver les replays de ces conférences.

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Natalène : Très clair, merci beaucoup docteur. Un dernier conseil pour

nos auditeurs avant de conclure ?

Dr Renaud : Allez-y step by step. Appliquez progressivement ce que

nous avons vu ce soir, et surtout, faites-vous accompagner.

L’automédication peut parfois aggraver la situation. Faites-vous suivre

par un professionnel de santé compétent.

Natalène : Merci beaucoup docteur pour votre présence et tous ces

conseils précieux. On se retrouve dans un mois pour un nouveau

sujet.

En attendant, très bon mois de mai à tous !

Dr Renaud : Merci à tous ! Profitez du printemps et prenez soin de

vous. À très bientôt !

Natalène : Bonne soirée à tous !

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